Anécdote N° (11)
23-07-2018
Templiers de Baugy
Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Balleroy, Commune: Planquery - 14
Depuis la fondation de la Commanderie de Baugy, jusqu'à l'abolition de l'ordre des Templiers, en 1313.
L'ordre des Templiers était le premier des ordres militaires religieux. Il commença, en 1118, à Jérusalem, et eut pour fondateur huit gentilshommes.
Beaudouin II, roi de la ville sainte, les logea près du temple de Salomon, d'où leur vint le nom de Templiers. Ils ajoutèrent aux vœux ordinaires de religion, celui de consacrer leur vie à la défense des pèlerins de la Terre-Sainte et du Saint-Sépulcre, ce qui en fit un ordre militaire.
Après la ruine du royaume de Jérusalem, l'ordre des Templiers se répandit dans tous les états de l'Europe, et s'accrut extraordinairement. Les exploits de ces religieux et les services qu'ils rendirent aux chrétiens d'Europe et d'Asie, leur attirèrent, à juste titre, les éloges des princes, avec des richesses immenses.
Ils avaient aussi de belles possessions, en Normandie, et surtout cinq commanderies, dans le grand baillage de Caen, celle de Baugy, de Noismer, de Bretteville-le-Rabet, de Courval, et de Louvagny.
La commanderie de Baugy était située dans la paroisse de Planquery. Elle fut fondée, en 1148, par Roger Bacon, I du nom, chevalier et châtelain du Molay, seigneur du Breuil, de Saon, de Blay, de Couvains, de Planquery, de Baynes, de Blâgny, de la Quièze de Martragny, de Septvents et de Saint-Contest. Plusieurs seigneurs se réunirent pour sa fondation, et aumônèrent des terres pour la doter.
Dans le même siècle, Roger Bacon, IIe du nom, fut aussi le bienfaiteur de la commanderie de Baugy. En 1247, il fit présent aux Templiers d'une portion du bois de Baugy, et, en 1281, il leur donna la cure et les dîmes de Saon.
Pendant le 13e siècle, on remarque une vénération profonde et la confiance la plus entière de la part des Bas-Normands, dans les chevaliers du Temple.
On faisait pour eux, et pour les églises qui leur appartenaient, des quêtes annuelles, dans, chaque diocèse.
En 1258, les Templiers de Baugy eurent une contestation, avec les religieux du Plessis-Grimoult, pour des droits de dîmes, à Planquery ; mais, elle fut terminée, à l'amiable. C'est tout ce que nous savons, sur ces religieux, jusqu'à leur arrestation, en 1307.
Le 13 octobre 1307, les Templiers furent emprisonnés, dans toute l'étendue de la France. Jean De Verrot, Bailli de Caen, se transporta, le 6 octobre 1307, à la Commanderie de Baugy ; et, en présence du Commandeur et de ses frères d'armes, il fit faire l'inventaire du mobilier de cette maison, dont il laissa la garde à cinq sergents du roi. Le 13 du même mois, les Templiers furent mis en arrestation.
La Commanderie de Baugy était comme une grosse ferme, ayant surtout un bétail considérable ; mais, au reste, aucun luxe, aucun ameublement marquant.
La chapelle n'avait qu'un calice et un seul ornement ; quant aux caves, on ne trouva ni cidre ni bière, mais seize tonneaux et demi de vin.
Arrêtés le 15 octobre, ces chevaliers furent conduits à Caen, en prison, et, ce ne fut que le 28 qu'on entama une procédure contre eux.
D'abord, on donna lecture aux accusés des lettres patentes du prince et de celles du chef de l'inquisition, qui constituaient le tribunal.
On posa ensuite les chefs d'accusation, dont voici le précis :
1°. Tous les profès, en entrant dans l'ordre, sont tenus de renier J.-C., et de cracher sur la croix.
2°. Le profès est déshabillé et embrassé d'une manière sale, par celui qui le reçoit, et, on lui permet d'en agir de même avec ses frères ; parce que les statuts de l'ordre autorisent de telles indécences.
3°. A chaque réception, on ceint le profès d'une corde, qui à touché une idole que le grand-maître et les chefs de l'ordre adorent, dans les chapitres provinciaux.
4°. Les prêtres de l'ordre ne consacrent point, en disant la messe.
Après cette lecture, on demanda aux accusés le serment de dire la vérité, sur chacun de ces articles. Dans l'interrogatoire, ils déclarèrent les quatre chefs d'accusation faux et calomnieux. Après leur dénégation formelle et unanime, les juges conférèrent, et, après quelques moments de relâche donnés aux accusés, on arrêta de procéder à un nouvel interrogatoire. Un nouveau serment fut demandé et prêté, et les Templiers persistèrent toujours dans leur dénégation. Alors, on prit un troisième parti, ce fut de les interroger isolément. Ils comparurent tous successivement, au nombre de treize, venant des cinq commanderies. Ceux de Baugy étaient au nombre de trois : Guillaume Le Raure, Aubin Langlois et Raoul de Pérouse.
Ils avouèrent tous les crimes de l'ordre, sur les deux premiers chefs d'accusation en repoussant les autres inculpations.
Cependant, un concile générai fut tenu, à Vienne, en 1311. Cette assemblée de l'église universelle fut en partie convoquée, pour abolir l'ordre des Templiers. On y sévit contre cet institut, prodigieusement dégradé : on en détruisit les fondements, on n'en laissa aucun vestige. A l'égard de leurs personnes, ceux qu'on jugea innocents, furent entretenus sur les biens de l'ordre, on pardonna à ceux qui avaient confessé leurs crimes, et l'on traita, avec la dernière rigueur, ceux qui, après l'aveu s'étaient rétractés. Ils furent brûlés, à Paris, en protestant, au milieu des flammes, de leur innocence et de celle de leur ordre.
Le concile de Vienne donna leurs biens aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Guillaume Bacon. Seigneur du Molay, confirma, en cette même année, la donation, faite par le concile général, et renonça à toutes les prétentions qu'il pourrait avoir sur les biens des Templiers de Baugy.
Sources : Barette, Jean. Histoire de Balleroy et de son canton, page 24 à 35. Condé-sur-Noireau 1843. - BNF
Anécdote N° (12)
01-11-2020
La rue du Temple de Paris
Département: Île-de-France, Arrondissement: 3e, Ville Paris - 75
La grande voie publique qui a pris le nom de l'ordre des Templiers commence à la place de Grève par une série de rues qui portaient encore, il y a quelques années, les noms des Coquilles, Barre-du-Bec, Saint-Avoye, noms absorbés aujourd'hui dans celui du Temple. Elle n'était pas probablement comprise dans l'enceinte de Louis VI et s'est arrêtée d'abord près de la rue de Braque, où était une porte de l'enceinte de Philippe-Auguste, ensuite à la bastille du Temple, près de la rue Meslay, dite autrefois du Rempart, ou était une porte de l'enceinte de Charles VI, démolie en 1684.
La rue des Coquilles se nommait autrefois Gentien, d'une famille célèbre qui a donné a la ville un prévôt des marchands et le savant auteur de l'Histoire de Charles VI ; elle a pris son autre nom d'une maison dont toutes les fenêtres étaient ornées de coquilles sculptées. Cette maison, détruite récemment, était située au coin de la rue de la Tixeranderie et formait, en 1519, l'hôtel du président Louvet.
La rue Barre-du-Bec tirait son nom de l'abbé du Bec, qui avait, dit-on, son tribunal ou sa barre de justice dans cette rue, au n° 19.
La rue Sainte-Avoye avait pris son nom d'un couvent fondé en 1228 en l'honneur de sainte Hedwige ou Avoye, et qui fut occupé, en 1623, par des Ursulines. Ce couvent (n° 47), aujourd'hui détruit, a servi de temple israélite sous l'Empire. Dans cette rue étaient :
1 — L'hôtel de Mesmes, bâti par le connétable de Montmorency, et où il vint mourir en 1567, après la bataille de Saint-Denis. Henri II y séjourna quelquefois. Henri III y dansa aux noces du duc d'Épernon. Plus tard, il devint l'hôtel de la famille de Mesmes, de ces grands diplomates qui ont donné à la France l'Alsace et la Franche-Comté, qui ont signé les traités de Westphalie et de Nimègue. Sous l'empire on y établit l'administration des droits réunis, et, sous le gouvernement de Juillet, on l'a détruit pour ouvrir la rue Rambuteau.
2 — Les hôtels de Saint-Aignan, Caumartin, la Trémoille, etc. Ces grandes demeures de l'aristocratie du XVIIe siècle sont aujourd'hui encombrées de marchandises et principalement de barils d'huile et de tonnes de sucre, car les anciennes rues Sainte-Avoye, Barre-du-Bec, des Coquilles sont les succursales du commerce d'épicerie, dont les rues de la Verrerie et des Lombards sont la métropole.
Enclos du Temple de Paris BNF

La rue du Temple, proprement dite, était jadis un vaste marais ou culture situé hors des murs de la ville : vers le milieu du XIIe siècle, les moines-chevaliers du Temple, défenseurs du saint sépulcre, y bâtirent un grand manoir, qui devint le chef-lieu de leur ordre, La grosse tour fut construite en 1212, par le frère Hubert ; et quand l'enclos eut été entouré de murailles et garni de tourelles, quand il commença à se couvrir de maisons, l'ensemble de ces constructions fut appelé la ville neuve du Temple et devint une forteresse imprenable.
Philippe-Auguste, en partant pour la croisade, ordonna d'y déposer ses revenus ; Louis IX y logea Henri III d'Angleterre, et ses successeurs y enfermèrent leur trésor ; Philippe-le-Bel y chercha un asile contre la fureur populaire. Les richesses qui y furent amassées par les Templiers étaient réputées les plus grandes du monde, et elles n'ont pas été une des moindres causes de leur ruine. Le 13 octobre 1307, Philippe IV se transporta au Temple avec ses gens de loi et ses archers, mit la main sur le grand maitre, Jacques de Molay, et s'empara du trésor de l'ordre. Le même jour et à la même heure, tous les Templiers furent arrêtés par tout le royaume. Alors commença ce procès mystérieux, qui est resté pour la postérité un problème insoluble, et après lequel périrent sur l'échafaud ou dans les prisons les derniers défenseurs du saint sépulcre. Les biens de l'ordre furent donnés aux hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui se transformèrent dans la suite en chevaliers de Malte.
Enclos du Temple de Paris BNF

Le Temple devint la maison provinciale du grand prieuré de France, et la grosse tour renferma successivement le trésor, l'arsenal et les archives de l'ordre. Alors l'on n'entendit plus parler de cet édifice, si ce n'est dans les guerres des Anglais et celles de la Ligue, ou l'on s'en disputa souvent la possession.
En 1667, le grand prieur Jacques de Souvré fit détruire les tours et les murailles crénelées de l'enclos, restaurer l'église, embellir les jardins, qui furent rendus publics enfin, il fit bâtir, en avant du vieux manoir, un vaste hôtel, qui a été récemment détruit. Ce fut le théâtre des plaisirs de son successeur, Philippe de Vendôme, dont les soupers donnèrent au Temple une célébrité nouvelle, par le choix, l'esprit, le scepticisme des convives. Là brillait le galant abbé de Chaulieu, qui mourut en chrétien fervent dans ce palais on il avait vécu en nonchalant épicurien. Là, le jeune Voltaire vint compléter les leçons qu'il avait commencé de recevoir dans la société de Ninon de Lenclos.
Le grand prieuré, qui donnait 60,000 livres de revenu, passa ensuite au prince de Conti, qui, en 1765, y donna asile à Jean-Jacques Rousseau, les lettres de cachet ne pouvant pénétrer dans cette enceinte privilégiée. Le dernier titulaire fut ce duc d'Angoulême qui est mort, il y a quelques années, dans l'exil ; et son père (Charles X) y vint quelquefois renouveler les soupers du prince de Vendôme.
Les fleurs de ces fêtes étaient à peine fanées, les échos de ce voluptueux séjour murmuraient encore de tant de rires, de petits vers, de chants obscènes, quand Louis XVI et sa famille furent amenés au Temple pour y expier ces plaisirs.
Ce ne fut pas dans l'hôtel du grand prieur qu'ils furent enfermés, mais dans le donjon du frère Hubert, vaste tour quadrangulaire, flanquée à ses angles de quatre tourelles, et qui, élevée de cent cinquante pieds, dominait tout le quartier de sa masse sombre et sinistre ; on n'y arrivait que par trois cours garnies de murs, très-élèves ; on n'y montait que par un escalier fermé à chaque étage de portes de fer (1).
1. 0n peut se figurer l'emplacement de la tour du Temple, en prolongeant les rues des Enfants-Rouges et du Forez la tour était exactement a l'intersection du ces deux prolongements.
Après l'horrible drame qui se passa dans ses murs, après que le malheureux fils de Louis XVI y fut mort de misère et d'abrutissement, après que sa fille, seul reste de la famille royale, en fut sortie, la tour du Temple eut d'autres hôtes : d'abord les vaincus du camp de Grenelle, qui n'en sortirent que pour être fusillés ensuite les proscrits du 18 fructidor, qu'on transféra de là dans les cages ambulantes qui les conduisirent à Sinamary ; les conspirateurs royalistes Brottier, Duverne de Presles, Laville-Heurrois, Montlosier, etc.
Sydney Smith y fut captif en 1796 et délivré deux ans après par le dévouement de ses amis. Toussaint-Louverture y resta pendant quelques mois. Pichegru y vintavec Cadoudal, Moreau, les frères Polignac, etc. ; il y fut trouvé mort dans son lit. Le capitaine anglais Wright s'y coupa la gorge. Le gouvernement impérial fit disparaître cet édifice, qui rappelait tant de sinistres événements. Bonaparte, à peine consul, l'avait visité et avait dit « Il y a trop de souvenirs dans cette prison-là, je la ferai abattre. » En 1810, l'hôtel du grand prieur était devenu une caserne de gendarmerie ; on commençait à y bâtir la façade qu'on a récemment démolie, et l'on devait y placer le ministère des cultes la plupart des autres bâtiments du Temple n'existaient plus ; on avait démoli l'église, qui était de construction romane, avec son portail en forme de dôme et les mausolées élevés à des chevaliers du Temple et de Malte.
En 1814, l'hôtel projeté du ministre des cultes devint l'un des quartiers généraux des armées alliées ; il eut le même sort en 1818, et la cavalerie prussienne campa dans l'enclos et les jardins.
En 1816, il fut donné par Louis XVIII à une abbesse de la maison de Condé, qui s'y enferma avec des Bénédictines du Saint-Sacrement pour pleurer et prier sur les infortunes royales. Cette princesse ajouta à l'hôtel Souvré une jolie chapelle, dont l'entrée était rue du Temple.
Après la révolution de 1848 les Bénédictines abandonnèrent le palais du Temple, qui resta pendant plusieurs années sans destination ; il vient d'être détruit, et sur son emplacement on a ouvert un jardin.
A côté du Temple était un vaste enclos qui s'étendait jusqu'aux remparts de la ville et qui, de temps immémorial, servait d'asile aux criminels, aux débiteurs, aux banqueroutiers, aux ouvriers qui travaillaient sans maîtrise. Grâce à privilège, l'enclos se couvrit de maisons, qui louées à des prix très-élevés, procuraient un revenu considérable au grand prieur, lequel y avait d'ailleurs droit de haute et basse justice.
Celles qui avoisinaient l'église formaient une suite de baraques qu'on appelait les charniers du Temple et qui servaient de marché.
En 1781, on construisit sur une partie des jardins, au levant de l'église et de la grosse tour, un bâtiment d'architecture bizarre : c'est la Rotonde du Temple, élevée sur les dessins de Pérard de Montreuil, vaste et lourde construction de forme elliptique, dont le rez-de-chaussée figure une galerie couverte percée de quarante-quatre arcades. Cette maison est habitée par des ouvriers et des petits marchands ; elle a appartenu à Santerre, qui y est mort en 1808.
L'enclos du Temple devint en 1790 propriété nationale lorsque l'église, la tour, les charniers eurent été détruits, on construisit, sur leur emplacement, en 1809, un vaste marché, formé de quatre grands hangars en charpentes, sombres, hideux, ouverts à tout vent, où campent plus de six mille marchands et où viennent s'étaler tous les débris des vanités et des misères de Paris : c'est la halle aux vieilleries et le marché très-abondant et très-utile où le peuple monte à bas prix sa toilette et son ménage.
Plusieurs rues furent alors ouvertes et qui portent des noms de l'expédition d'Egypte : Perrée, Dupetit-Thouars, Dupuis, etc. La grande porte de l'enclos, qui était située en face de la rue des Fontaines, n'a été détruite qu'en 1818.
La rue du Temple renfermait jadis plusieurs établissements religieux :
1 — Le couvent des Filles Sainte-Elisabeth, fondé en 1614 par Marie de Médicis et dont l'église fut construite en 1630. Ces religieuses appartenaient au tiers ordre de Saint-François et se vouaient à l'éducation des jeunes filles. Les bâtiments, qui, depuis la révolution, avaient été convertis en magasins de farine, sont occupés aujourd'hui par des écoles municipales. L'église a été rendue au culte en 1809.
2 — Le couvent des Franciscains de Notre-Dame-de-Nazareth, par le chancelier Séguier en 1630, et dont l'église belle et vaste renfermait les tombeaux de cette famille. Il ne reste aucune trace de ce couvent, qui occupait tout l'espace compris entre les rues Neuve-Saint-Laurent et Notre-Dame-de-Nazareth.
Le quartier du Temple est un des plus importants, des plus populeux, des plus industrieux de la capitale. La partie qui avoisine le Marais a l'aspect de ce dernier quartier ; elle est, comme lui, coupée de rues droites et belles, couverte d'anciennes et grandes maisons, où jadis demeurait la magistrature, et qui sont aujourd'hui envahies par l'industrie ; ainsi en est-il des rues des Chantiers, d'Anjou, de Vendôme, etc.
La partie qui avoisine le quartier Saint-Martin est, comme ce quartier, remplie de rues sales, humides et étroites, couverte de hautes et laides maisons, entièrement peuplées d'ouvriers ainsi en est-il des rues des Gravilliers, Phétipeaux, Transnonain, etc. La population de ce quartier peut être regardée comme le type de la population ouvrière de Paris elle a tous ses défauts et ses qualités laborieuse, gaie, spirituelle, mais insouciante, prodigue, amie du plaisir ardente, généreuse, brave, éclairée, mais mobile, présomptueuse, facile à égarer, prompte à se faire des idoles, plus prompte à les détruire ; pauvre, désintéressée, passionnée pour la gloire du pays, mais turbulente, indocile, encline au bruit et au désordre, hostile à l'autorité.
En 1792, la section des Gravilliers comptait parmi les plus révolutionnaires la rue Transnonain et les rues voisines furent le principal théâtre de l'insurrection de 1834 ; dans la révolution de février, dans les journées de juin 1848, les rues du quartier du Temple ont été hérissées de barricades et ensanglantées par des combats.
Les industries qui dominent dans le quartier du Temple sont celles des bronzes, de la bijouterie, de la tabletterie, etc., elles font à l'étranger l'honneur de Paris et de la France.
Parmi les rues qui débouchent ou qui débouchaient dans la rue du Temple, nous remarquons :
1 — Rue de la Tixeranderie.
L'une des plus anciennes rues de Paris, qui avait pris ce nom dans le XIIIe siècle des tisserands qui y demeuraient. C'était une des plus importantes et des mieux peuplées du vieux Paris. Elle a été récemment détruite, et son sol est occupé par la rue de Rivoli et la place de l'Hôtel-de-Ville ; avec elle ; ont disparu les rues du Coq, des Deux-Portes, des Mauvais-Garçons, qui y aboutissaient, ainsi que les hôtels célèbres qu'elle renfermait et dont voici les principaux :
1 — L'hôtel de Sicile.
Entre les rues des Coquilles et du Coq, habité, au XIVe siècle, par les rois de Naples de la maison d'Anjou en fouillant les fondations de cet hôtel en 1682, on y a trouvé plusieurs tombeaux romains.
2 — L'Hôtel de la reine Blanche.
Entre les rues du Coq et des Deux-Portes, habité par Blanche de Navarre, veuve de Philippe de Valois ; il en restait quelques débris, entre autres une tourelle au coin de la rue du Coq.
3 — L'Hôtel Saint-Faron, appartenant aux abbés de Saint-Faron de Meaux.
4 — Au coin de la rue du Coq était le modeste appartement habité par Scarron, ce créateur de la littérature facile, si célèbre de son temps, aujourd'hui presque oublié, c'est là qu'il épousa, en 1652, Melle d'Aubigné ; c'est là que les deux époux, malgré leur pauvreté, recevaient toutes les illustrations du XVIIe siècle, Turenne, Madame de Sévigné, Mignard, Ninon de Lenclos, le duc de Vivonne, le maréchal d'Albret, le coadjuteur de Retz ; c'est là que s'étaient rassemblés les plus ardents frondeurs et que s'étaient faits les plus piquants libelles contre Mazarin c'est là que le spirituel Cul-de-jatte mourut ; et sa jeune veuve, qui devait s'asseoir à côté de Louis XIV, presque sur le trône de France, se trouva si pauvre, qu'elle fut obligée de quitter ce chétif appartement pour se retirer dans un couvent de la rue Saint-Jacques.
La rue de la Tixeranderie a joué un grand tôle dans la bataille de juin 1848 ; c'est à l'entrée de cette rue, du côté de l'Hôtel-de-Ville, que le général Duvivier reçut une blessure mortelle.
2 — Rue de la Verrerie.
Elle date du XIIe siècle et tire son nom des verriers qui y étaient établis, suivant les habitudes du moyen âge, les métiers de cette époque ayant tendance à se réunir dans les mêmes lieux, à s'associer par des intérêts communs, à contracter, sous le patronage d'un saint, les liens d'une pieuse fraternité. Dans cette rue demeurait, en 1392, Jacquemin Gringonneur, qu'on croit être l'inventeur ou du moins le restaurateur de l'invention des cartes à jouer « Ce fut, dit un chroniqueur, pour l'esbattement du seigneur roy Charles VI. »
Au coin de la rue de la Poterie était l'hôtel d'Argent, où les comédiens italiens s'établirent en 1600. Aujourd'hui, la rue de la Verrerie, une des plus tumultueuses et des plus commerçantes de Paris, renferme principalement les négociants en épiceries, ou, comme l'on dit aujourd'hui, en denrées coloniales.
3 — Rue Rambuteau.
Cette grande et belle voie publique a été ouverte récemment pour faire communiquer la place Royale et le faubourg Saint-Antoine avec les Halles : elle part de la rue de Paradis, traverse l'ancien hôtel de Mesmes, absorbe la rue des Ménétriers, occupe la place du couvent Saint-Magloire, absorbe la rue de la Chanverrie et arrive à la pointe Saint-Eustache : elle a pris ses aises aux dépens de tout ce réseau inextricable de sales maisons qui se pressaient de la rue Sainte-Avoye aux Halles, coupant à droite et à gauche un morceau à chaque rue, mais aussi donnant de l'air et du soleil à trois quartiers. Le commerce et l'industrie se sont emparés de cette rue nouvelle, dont quelques maisons sont assez élégamment construites l'une d'elles (n° 49) a sur sa façade un buste de Jacques Cœur, élevé par les soins de la ville, avec cette inscription : A JACQUES COEUR PRUDENCE, PROBITE, DESINTERESSEMENT.
On croit que ce financier avait une maison dans le voisinage, les uns disent rue de l'Homme-Armé, les autres rue Beaubourg.
4 — Rue de Braque.
Il y avait là une porte de Paris, près de laquelle un bourgeois, Arnoul de Braque, fit construire une chapelle et un hospice en 1348. Marie de Médicis, en 1613, y transféra les religieux de la Merci. On sait que ces religieux aux trois vœux ordinaires de religion joignaient celui « de sacrifier leurs biens, leur liberté et leur vie pour le rachat des captifs. » Ce couvent et son église furent rebâtis au XVIIIe siècle, au coin de la rue du Chaume : ils sont aujourd'hui à demi-détruits. La grande salle du couvent a servi de théâtre pendant la révolution.
6 — Rue des Vieilles-Audriettes.
Elle tire son nom d'un couvent de religieuses hospitalières dont le fondateur s'appelait Audry. Au coin de la rue du Temple était une échelle patibulaire de cinquante pieds de haut, élevée par le grand prieur du Temple pour les criminels de sa juridiction ses débris ont subsisté jusqu'en 1789.
6 — Rue Chapon.
Dans cette rue était un couvent de Carmélites, fondé en 1617, et qui occupait l'espace compris entre les rues Chapon, Montmorency et Transnonain. Ce couvent ayant été détruit en 1790, plusieurs maisons furent construites sur son emplacement : dans l'une des maisons de la rue Transnonain (1), un amateur de théâtre, nommé Doyen, fit construire une salle de spectacle, où la plupart des acteurs célèbres du XIXe siècle ont débuté. A la mort de Doyen, cette salle fut démolie, et à sa place on bâtit une maison qui devint horriblement célèbre le 14 avril 1834 par le massacre de quatorze de ses habitants.
1. On a fait récemment disparaitre le vieux nom de cette rue fameuse qui n'est plus, aujourd'hui, que la continuation de la rue Beaubourg.
7 — Rue Portefoin Portefoin.
Ainsi appelée d'un bourgeois qui l'habitait au XIVe siècle. A l'extrémité de cette rue se trouvaient l'église et l'hospice des Enfants-Rouges, fondé par François Ie et sa sœur Marguerite de Valois, « pour les pauvres petits enfants orphelins qui ont été et seront d'ores en avant trouvés dans l'Hôtel-Dieu. » On les appela d'abord Enfants-Dieu et plus tard Enfants-Rouges, à cause de la couleur de leurs vêtements. Cet hospice fut supprimé en 1772 et réuni au grand hospice des Enfants-Trouvés. On donna les bâtiments aux Pères de la Doctrine chrétienne, qui les occupèrent jusqu'en 1790. Ils furent vendus en 1797, et sur leur emplacement on a ouvert une rue.
Le ministre Machault et le constituant Duport ont demeuré rue des Enfants-Rouges. Au coin de la rue d'Anjou était l'hôtel du maréchal de Tallard, qui existe encore.
8 — Rue des Fontaines.
Dans cette rue se trouve la prison, autrefois le couvent des fondé en 1620, pour les filles débauchées, par un bourgeois Robert de Montry, et par une grande dame, la marquise de Meignelay. Il formait trois divisions : celle des filles débauchées qu'on y renfermait de gré ou de force ; celle des filles repenties ; celle des religieuses de Saint-Michel, qui gouvernaient les unes et les autres. En 1793, cette maison devint une prison politique pour les suspects, et qui eut le privilège de ne fournir aucun de ses hôtes pour l'échafaud. C'est là que furent renfermés l'abbé Barthélémy, le poète Champfort, le ministre Fleurieu, le général Lanoue, les acteurs du Théâtre-Français, etc. En 1795, on en fit ce qu'elle est encore, une maison de détention pour les femmes condamnées. L'église, qui datait de 1680, a été détruite.
9 — Rue Meslay.
Elle s'appelait d'abord rue du Rempart, et, à son extrémité, près de la rue Saint-Martin, était une butte où il y avait trois moulins. C'est dans cette rue que se trouvait l'hôtel du commandant de la garde de Paris : en 1788, une troupe de jeunes gens, ayant brulé devant cet hôtel l'effigie du ministre Brienne, fut assaillie par les soldats et en partie massacrée.
10 — Rue de Vendôme.
Ouverte en 1696 sur les terrains de l'ordre de Malte, lorsque Philippe de Vendôme en était grand prieur. Dans cette rue était l'hôtel du général Friant, l'un des volontaires parisiens de 1792 ; c'est aujourd'hui la mairie du sixième arrondissement.
Sources : Lavallée, Théophile. Histoire de Paris, depuis le temps des gaulois jusqu'en 1850. Tome 2, pages 114 à 127. - BNF
Anécdote N° (13)
16-02-2021
Chauvigny
Département: Vienne, Arrondissement: Poitiers, Commune: Chauvigny - 86
Ceci est une très belle recherche, mais aucune preuve réelle de la présence des Templiers. Pas même une rue du Temple...
Les manoirs des Puys et du Temple
D'après la Chronique les Chevaliers du Temple ou Templiers possédaient à Chauvigny deux résidences : l'une dans la ville haute le « Manoir des Puis » et l'autre dans la ville basse le « Manoir du Temple »
Le Manoir des Puis est maintenant la Métairie des Puis. Elle est située à peu de distance des anciennes enceintes de la ville, sur la gauche de la rue qui va au cimetière, coin des rues de la Porte Chevrault et des Rosiers.
Ce manoir était construit sur le plateau dominant la vallée de la Vienne, sur l'emplacement de l'extrémité nord de l'ancien Oppidum, dont on voit encore à quelques distance les traces.
Dans les bâtimehts on voit des vestiges du Moyen-Age, (XIIe siècle), notamment une fenêtre à accolade maintenant murée qui s'ouvrait sur la rue. De là, on découvre la belle vallée de la Vienne.
Il est probable que la construction principale du Manoir était le vieux bâtiment qui se trouve un peu plus au sud en dedans de l'ancienne enceinte extérieure et au-dessus des jardins du « Belvedère » L'antique édifice a son accès par l'impasse de la rue qui va au cimetière ; il apparaît du côté de la rue des Grandes Ecoles, on aperçoit plusieurs baies murées où l'on retrouve l'ogive et le plein cintre qui domine. Le logis se compose de deux bâtiments, l'un en retrait sur l'autre. L'intérieur est complèment transformé. Un grand souterrain muré sortait dans les jardins de la rue des Grandes Ecoles.
Le Manoir du Temple, XIIIe siècle, est situé en ville basse dans la rue de Châtellerault, face à la rue du Port. C'est un carré long de 20 mètres 50 sur 13 mètres environ.
La façade qui se développe sur la rue à un étage inférieur assez nu. Au-dessus se profile un cordon où s'ouvrent quatre fenêtres cintrées à nervures ornées de trèfles à jour et de fines colonnettes.
La boulangerie de M. Lebeau est installée dans le bâtiment. Des caves voûtées avec arceaux en pierres d'appareil existent au-dessous du bâtiment. L'entrée actuelle est une coupure dans la maçonnerie, mais on voit la trace de l'ancienne ouverture à côté. La propriété s'étendait vers l'ancienne Grande rue (rue Saint-Léger).
Le Grand Gauthier mentionne les fourches patibulaires des Templiers dressées près de la forêt de Chauvigny et qui ont été enlevées vers le commencement du XIVe siècle, un peu après la suppression de l'ordre du Temple qui eut lieu en mars 1312.
On sait que, après cette suppression, les biens du Temple furent remis à l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, car ces derniers eurent jusqu'à la fin de l'Ancien régime des possessions dans le voisinage, à la Lande et à Sainte-Radégonde.
Ne diffuser pas cette information
Personnelement, je n'ai jamais trouvé de document confirmant la présence des Templiers à Chauvigny, pas plus de celle des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
J. F. Lavrard. Association Guillaume de Sonnac.
D'après ses recherches, il ne croit pas à la présence des Templiers à Chauvigny.
Sources : Jouteau, Pol. Chauvigny et les Chauvinois, pages 198-199. Lezay 1933. - BNF
Anécdote N° (14)
07-01-2022
Les Templiers en Tricastin
Département: Drôme, Arrondissement: Nyons, Canton: Pierrelatte - 26
Fondation des Templiers dans le Tricastin
Hormis les archivistes et les érudits, qui se doute aujourd'hui des établissements que les chevaliers du Temple fondèrent dans le Midi de la France et chez nous, dans le Tricastin, il y a huit cents ans ? Ceux-là mêmes qui ont appris à l'école quelle fut leur fin tragique, soupçonnent-ils l'essor prodigieux de cette milice monastique, son rôle immense aux points de vue religieux militaire, économique et social ? Leur histoire demeure vivante, cependant, sous la poussière des vieux papiers.
Ainsi en est-il des chartes vénérables, dont l'original se trouve soit aux archives soit au Musée Calvet d'Avignon et que le marquis de Ripert Monclar édita, pour la première fois, en 1907 sous le titre de « Cartulaire de la commanderie de Richerenches, de l'ordre du Temple. »
Ce fut la révélation d'un trésor. Ces vieux actes du XIIe siècle intéressent la plupart des localités du Tricastin (Basse-Drôme et Haut-Comtat, de Rac, Rochefort, Taulignan, à Valréas, Vaison et Orange).
Déjà, plusieurs historiens ou archéologues ont exploité ce Cartulaire comme une mine mais leurs précieux travaux sont restés trop souvent enclos dans les bulletins savants inaccessibles pour le commun, des mortels. Beaucoup de nos lecteurs seront heureux de trouver, ici des détails exacts sur un passé glorieux ou douloureux, à jamais enseveli.
Né à Jérusalem, en 1118, de l'association de quelques chevaliers français, l'ordre du Temple fut approuvé au concile de Troyes en 1128 et y reçut une règle inspirée par Saint-Bernard. Cette règle même prévoyait renvoi dans toute la chrétienté, de frères chargés de solliciter les dons et de recruter des chevaliers.
Saint-Paul-Trois-Châteaux
Or, voici qu'au mois de mars 1130, l'un des envoyés, Arnaud de Bédos, arrivait à Saint-Paul-Trois-Châteaux. On imagine l'accueil qui lui fut réservé, par la charte du Jeudi-Saint, 19 mars, où l'évêque Pons de Grillon, et quelques seigneurs de la vieille cité (Bertrand Viaders et ses frères ; et Guillaume de Saint-Paul, et Pierre Artaud ; Pérégrine et son fils Pierre de Donzère, autant de familles depuis des siècles disparues), donnent au Temple « dans-la ville de Saint-Paul, l'église et le palais de Saint-Jean, avec le quartier qui les entoure. »
D'après son titre, cette église était vraisemblablement l'ancien baptistère de l'évêché : bien auparavant, elle avait appartenu à la célèbre abbaye de Montmajour, et des documents anciens semblent prouver qu'elle avait été érigée sur les ruines d'un cirque romain.
En 1172, on trouvera, dans une reconnaissance de cette donation « Adalard, gardien de la maison de Saint-Jean. » Etait-ce le seul occupant de cette maison du Temple ? Peut-être, mais en tous cas elle n'eut jamais qu'un personnel très restreint, et, dès l'an 1203, par une transaction avec l'évêque Bertrand de Pierrelatte, les Templiers cessèrent d'être coseigneurs de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Mais il faut noter que la petite commanderie de Saint-Paul est l'aînée de celle de Richerenches, et par conséquent le premier établissement que l'ordre du Temple ait acquis ou fondé dans le marquisat de Provence.
Nous avons vu, au 19 mars 1136, la fondation de la maison de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Avant la fin de cette même année 1136, Armand de Bédos recevait une autre donation plus magnifique : celle des terres de Richerenches, sur lesquelles il commença aussitôt l'édification d'une commanderie qui devait devenir puissante et célèbre.
Le monastère était encore en construction le 15 mars 1143, comme l'indique la charte n° 19 ; on ne sait pas l'époque exacte où les travaux furent terminés, mais ils durent l'être avant la mort, survenue en 1151, du véritable fondateur, Hugues de Bourbouton. Ce généreux seigneur, non content de sacrifier ses possessions et ses droits, dit adieu à son épouse Marchise, et se donna lui-même à l'Ordre du Temple.
Bientôt, Hugues devenait commandeur. Puis, en 1145, son fils Nicolas, imitant son exemple, se consacrait, lui et ses biens, aux frères du Temple. Parmi les témoins de sa profession, il faut signaler Dom Leuzon, abbé d'Aiguebelle : on pense que c'était Dom Guillaume Leuzon, le bienheureux Guillaume, signalé comme le premier abbé par les Annales d'Aiguebelle. Honneur dû sans doute aux parentés et alliances qui existaient entre les familles des fondateurs ou des moines d'Aiguebelle, et celles des fondateurs et chevaliers de Richerenches.
Mais témoignage de déférence et d'amitié, renouvelé par plusieurs autres chartes, envers la jeune abbaye cistercienne, fondée en 1137, et dont l'année 1937, verra se célébrer les fêtes grandioses du huitième centenaire destinée des moûtiers !
Abbaye cistercienne à Léoncel 26190 (Drôme)
Tandis qu'il ne reste que des ruines de la commanderie de Richerenches, le monastère cistercien demeure une ruche florissante et fervente après huit cents ans d'existence, à peine interrompus par le baron des Adrets, et la Révolution.
Combien d'autres localités de la Drôme et du Vaucluse sont citées par le Cartulaire des Richerenches :
Abolena (Bollène 84) ; Aleyrac (26) ; Alençon (26 Teyssières) ; Allan (26) ; Les Aubagnans (26 Rochegude) ; Alixan (26) ; Autichamp (26), Aubres (26) ; Alcyon ( ?) ; Aucelon (26) ; Barry (Vercheny 26) ; La Baume-de-Transit (26) ; Bagnols (26 Montauban-sur-l'Ouvèze) ; Barcelonne (26) ; Bourdeaux (26) ; Caderousse (84) ; Lachau (26) ; Chamaret (26) ; Colonzelle (26) ; Châteauneuf-du-Rhône (26) ; Chantemerle (il y en a plusieurs) ; Charols (26) ; Clansayes (26) ; Clérieux (26) ; Crest (26) ; Donzère (26) ; Espeluche (26) ; La Garde-Adhemar (26) ; Lagarde-Paréol (84) ; Grignan (26) ; Grillon (84) ; Gigondas (84) ; Mérindol (84) ou Mérindol-les-Oliviers (26) ; Mirabel (26) ; Montauban (Montauban-sur-l'Ouvèze 26) ; Montdragon (81) ; Montjoyer ( 26) ; Montségur-sur-Lauzon (26) ; Montélimar (26) ; Mornas (84) ; La Motte ( ?) ; Nyons (26) ; Orange (84) ; Pierrelatte (26) ; Puy-Saint-Martin (26) ; Rac (Montélimar 26) ; Rochefort ( ?) ; Roussas (26) ; Saint-Paul-Trois-Châteaux (26) ; Saint-Restitut (26) ; Sauzet (26) ; Suze-la-Rousse (26) ; Taulignan (26) ; Tulette (26); Valaurie (26) ; Valréas (84) ; Visan (84), etc....
Sans compter les lieux-dits encore existants ou disparus depuis des siècles, que l'historien même, sans ces précieuses chartes des Templiers, n'aurait pas soupçonnées !
Il y a là des noms de donateurs ou de simples témoins, des noms de seigneurs de dames : de chevaliers du temple ; les noms des lieux où l'Ordre acquiert soit des terres, soit des droits de dépaissance. Car ces moines militaires ont besoin non seulement de blé et de laine ; mais il leur faut des facultés d'élevage, en particulier de beaux chevaux d'armes qui se vendent de 200 à 500 sous, ce qui ferait tout de même quelques billets de mille en monnaie actuelle !
Avant la venue des Templiers, Richerenches n'était qu'un simple lieu-dit de la seigneurie de Bourbouton. Mais un village important se groupa bientôt à l'abri de ce couvent puissamment fortifié. Aujourd'hui, il ne subsiste de la Commanderie que quelques restes d'un grand caractère ; mais si évocateurs qu'ils soient pour l'érudit, ces murs ne nous révèlent point toute la vie intérieure et extérieure de ces Templiers, priants, négociants, hospitaliers, et combattants. Quelle tentation de les faire revivre, comme en un film de cinéma, au milieu de ces décombres où les légendes poussent comme les ronces, et sur lesquelles on se prend à se demander avec une sorte de crainte religieuse, ou de mélancolique sympathie : Ames des chevaliers, revenez Vous encore ?
Sources : Abbé BOISSE. Le Tricastin : histoire, arts, littératures, tourisme, page 101 à 104. Pierrelatte octobre 1936. - BNF
Anécdote N° (15)
10-02-2021
Étampes et les Templiers
Département: Ile-de-France, Arrondissement et Canton: Étampes - 91
Je ne sais pas quoi en dire. Je n'ai aucune preuve des dons cités dans cette étude. Mais, peut-être sont-ils réels.
Le nom du territoire d'Étampes se retrouve souvent mêlé aux récits des largesses dont, à l'exemple de plusieurs autres rois de France, Louis VII enrichit de célèbres églises et d'illustres monastères. En suivant le cours des libéralités de nos monarques, plus d'une fois en effet, on reconnaît que les objets de leurs donations furent quelques-uns de ces nombreux moulins ou autres domaines dont ils étaient possesseurs dans la vallée d'Étampes (1).
1. Une foule de monuments historiques constatent que plusieurs de nos rois, tels que Louis-le-Gros, Louis VII, la reine Blanche, saint Louis, etc., ont concédé à diverses abbayes, entre autres à l'abbaye de Saint-Victor de Paris, les revenus de plusieurs moulins royaux d'Étampes. (Voyer la plupart de ces actes au Trésor des Chartes, Archives du royaume.)
Or, dans le texte de ces actes d'un âge si éloigné de nous, on retrouve le nom même, quoique souvent défiguré, que ces moulins ou autres propriétés, après plusieurs siècles, conservent encore aujourd'hui (2). Plusieurs anciens documents attestent que quelques-uns de ces revenus furent aussi attribués aux religieux hospitaliers de l'ordre du Temple. Ceci devrait nous inviter à rechercher si cet ordre militaire, fruit des croisades, n'avait point établi l'un de ses séjours dans le territoire d'Étampes.
2. C'est ainsi qu'on retrouve dans de vieilles chartes, conservées aux Archives du royaume, le nom des moulins Derneteau, du Sablon, de Chaufour, etc. (Voyer Trésor des chartes, Archives du royaume)
Mais les ruines d'une chapelle des Templiers que l'œil découvre encore non loin de la ville sur une colline au-dessus du vallon de Valnay, dispensent, ce nous semble, de citer d'autres preuves, et ne permettent point de douter de l'ancienne présence dans ces lieux de ces célèbres chevaliers. On ignore à quelle époque fut détruite cette antique chapelle ; mais on ne doit point-faire remonter sa destruction aux temps où fut aboli l'ordre du Temple auquel elle appartenait. Un fait, puisé dans l'histoire de nos guerres civiles du dernier siècle, porterait à croire au contraire qu'elle survécut longtemps encore à cet ordre religieux et militaire dont la gloire fut si grande, et la fin si tragique. Il est probable du moins que ces ruines, servant alors de prison, n'étaient pas dans le même état de dégradation où nous les voyons aujourd'hui (3).
3. Les chevaliers de l'ordre du Temple, fondé au douzième siècle et supprimé par décision du concile de Vienne, le 3 avril 1312, possédaient, en France un grand nombre de chapelles isolées dont on retrouve souvent les débris sûr des collines, ou au milieu des bois. Le fait qui se rapporte à celle des environs d'Etampes, m'a été raconté par des habitants qui en conservent encore le souvenir. Sur la fin du dernier siècle, à l'époque des guerres de la Vendée, une troupe nombreuse de prisonniers vendéens ayant été amenée à Etampes, on choisit pour le lieu de leur prison, les ruines mêmes de la chapelle des Templiers. Mais après quelques jours d'une dure captivité dans cette enceinte, ils parvinrent, dit-on, à s'évader, et plusieurs regagnèrent leurs foyers.
Entre les divers actes émanés des rois de France en faveur des Templiers, et où se trouve mêlé le nom d'Étampes, on doit remarquer une charte de Louis-le-Jeune, de l'an 1163. Un seigneur de sa cour, Théodoric Haleran, avait reçu de sa libéralité une rente annuelle de dix muids de froment à prendre sur le moulin royal de Dabustalle (de Dabustallo) à Étampes. Plus tard, étant devenu chevalier de l'ordre du Temple, il avait transporté cette rente aux Templiers, et le monarque ; par cette charte précitée ; s'empressa de confirmer ce transport (4).
4. Voyez aux manuscrits de la Bibliothèque royale un vidimus de cette charte, sur parchemin, de l'an 1173.
Dans les donations de nos rois de la troisième race, il est quelquefois fait mention d'une monnaie d'Étampes, (moneta Stampensis) (5) Ces mots nous font connaître un privilège important dont jouissait cette ville : c'était le droit de battre monnaie dans son enceinte. Ce droit a toujours été regardé comme une faveur spéciale, que les monarques étaient loin de prodiguer indifféremment à toutes les cités. Un grand nombre de villes considérables n'en ont jamais joui ; aussi devrait-on s'étonner que celle d'Étampes l'eût obtenue de préférence, si l'on ne se rappelait qu'avant été l'une des résidences habituelles de plusieurs rois de France, elle dut a ce titre d'être honorée des marques particulières de leur affection.
5. Voir entre autres une charte de saint Louis, de l'an 1252, par laquelle ce monarque fait don aux Templiers de trente livres, monnaie d'Etampes (triginta, libras monetæ Stampensis) à prendre sur le monnayeur d'Etampes. (Le Blanc, Traité des monnaies, page 155. — Trésor des chartes, Archives du royaume)
Sources : Montrond, Maxime Fourcheux. Essais historiques sur la ville d'Étampes avec des notes et des pièces justificatives, page 16 à 128, Tome 1. Paris 1836 - BNF
Anécdote N° (16)
09-06-2018
Maison du Temple oubliée
Département: Côte-d'Or, Arrondissement et Canton: Dijon - 21
Une ancienne maison des Templiers oubliée
Livrée à la publicité éphémère du journal, la note de M. Foisset souleva quelques contradictions. Dans le singulier bâtiment de la rue Franklin, votre confrère avait cru reconnaître une ancienne possession de l'ordre du Temple. Il appuyait cette manière de voir sur ce fait que, dans le plan de 1792, le bâtiment en question est désigné sous le nom d'ancien Temple ; il est certain d'ailleurs qu'une tradition plus ou moins vérifiée plaçait en ce lieu même une ancienne maison de Templiers, que la suppression de cet ordre en 1312 aurait permis aux religieux franciscains d'annexer à leur monastère.
Cette opinion n'aurait rien d'absolument invraisemblable, quoiqu'il soit assez difficile de la concilier avec ce que l'on sait de l'emplacement de la grande commanderie du Temple et de ses dépendances dans cette hypothèse, il faudrait admettre l'existence d'une seconde maison, d'un établissement séparé de cette Commanderie (1).
1. Il y avait dans cette chapelle deux inscriptions, l'une de 1007, l'autre de 1077, qui provenaient sans doute, comme le fait très justement observer l'abbé Chenevet, « d'une ancienne chapelle ou d'un ancien cimetière qu'on a détruit pour quelque raison qu'on ignore, ou pour faire l'établissement des Cordeliers. »
Cependant, dans le temps même où M. Foisset vous soumettait cette hypothèse, une opinion toute différente se fit jour dans un article publié par une des feuilles de notre ville. L'auteur anonyme de cet article, s'appuyant sur un passage des Mémoires de l'abbé Chenevet sur le couvent des Cordeliers de Dijon, crut reconnaître au contraire, dans le bâtiment qui nous occupe, l'ancien oratoire qui servit aux religieux pour la célébration des offices, depuis l'époque de leur établissement à Dijon, vers 1243, jusqu'à l'achèvement de leur église définitive en 1321. Voici le passage de l'abbé Chenevet qui a suggéré cette opinion...
Dans ce débat, M Foisset estime qu'il y a eu un simple malentendu. « Deux rues parallèles, vous a-t-il dit, traversent aujourd'hui l'emplacement du monastère, l'une à l'ouest des bâtiments, c'est la rue Turgot, l'autre à l'est de ceux-ci, c'est la rue Franklin. Or, au temps de l'abbé Chenevet, la cour d'entrée des Cordeliers n'était point dans la ligne de la rue Franklin, mais bien dans la ligne de la rue Turgot ; les plans de Dijon de l'époque ne laissent aucun doute à cet égard. Dès lors, tout ce que dit cet abbé s'applique à la région de la rue Turgot, non à celle de la rue Franklin ; c'était dans cette direction que se trouvaient les chapelles Saint-Jacques, Saint-Sébastien, Saint-Martin et des Martyrs, accolées comme autant d'annexés au flanc nord de la grande église.
Un regard jeté sur le plan de 1759 en dit plus qu'une démonstration. On y retrouve clairement la description que fait des lieux l'abbé Chenevet dans cette succession de chapelles qui paraissent en effet établies après coup, profitant de l'emplacement et peut-être même des fondements de l'ancienne église. De plus Chenevet dit positivement: « On reconnaît encore l'emplacement de cette ancienne église qui a été réparée et jointe à la nouvelle. »
L'ancienne église touchait donc à la nouvelle, et l'on sait parfaitement où était cette nouvelle église, dont le chevet s'aperçoit encore au fond de la première cour du couvent actuel des Dominicains. Or, entre le chevet et le bâtiment que l'on démolit rue Franklin, il n'y a aucune suite, aucune relation possible les deux constructions sont dans des directions différentes et séparées l'une de l'autre par 50 mètres au moins. Au reste, par la phrase qui vient d'être citée, on voit que, dans l'opinion de l'abbé Chenevet, ce primitif sanctuaire n'existait plus.
Sources : Commission départementale des antiquitées de la Côte-D'Or. Du premier juillet 1868 au 1er juillet 1869. Tome 7, années 1865, 66, 67, 68, 69. Dijon, Paris 1869. - BNF
Anécdote N° (17)
12-05-2017
Maisons du Temple de Troyes
Département: Aube, Arrondissement et Caton: Troyes - 10
Lettre à M. de Jubainville
Il fut un ordre religieux qui, pendant deux siècles, joua un rôle fort important, non-seulement en France, en Europe, mais aussi en Terre-Sainte, et qui, par ses institutions et ses premiers dignitaires, se rattache surtout à la Champagne.
Après avoir rempli le monde du moyen âge de sa brillante et bruyante renommée, après l'avoir peuplé de ses riches établissements, cet Ordre prit fin à la suite d'un procès resté fameux dans nos annales judiciaires. Bien que la milice du Temple ait reçu sa règle à Troyes, de la main de saint Bernard ; que son premier grand-maître fut originaire de Champagne, peut-être de Troyes, puisqu'il portait le nom de l'un des villages de la banlieue de cette ville, vous n'avez trouvé, pour tout souvenir de l'Ordre des Templiers, que la chapelle de la Commanderie d'Avalleurs ; citée par tous les ouvrages d'archéologie locale, et les ruines, non moins connues, de la Commanderie de la Saulsotte ; pourtant, parmi les publications locales, comme dans le recueil des pièces du Procès des Templiers, sans nous étendre davantage sur la bibliographie qui intéresse cette grande milice, vous auriez pu trouver, si vous aviez pris la peine de chercher, des indications utiles. Mais n'avez-vous pas entre vos mains un document important ? Le Cartulaire de la Commanderie de Troyes, qui aurait dû vous fournir de précieux renseignements.
Mais non vous nous avez laissé le soin de signaler à l'attention publique les nombreux établissements des Templiers dans notre département, et, après en avoir nommé plusieurs, nous craignons d'en laisser encore dans l'oubli.
Ainsi, il faut que nous rappelions la Commanderie de Bonleu, dont le siège est encore indiqué par la ferme de ce nom et par l'ancienne chapelle de la ferme de l'Hopitau, orné d'un beau tympan sculpté, du XIIe ou XIIIe siècle ; celle d'Orient, signalée sur les lieux par les débris de sa maison-forte et ses fossés qui l'entouraient ; Le temple de Buxières ; ceux de Payns, de Fresnoy, du val de Thors, de Sancey, aujourd'hui Saint-Julien celui de Verrières, dont l'emplacement ne serait autre que celui de la ferme encore nommée Ferme du Temple.
II faut que nous rappelions que l'église paroissiale du Mesnil-Saint-Loup, village qui s'éleva sous la protection de la valeureuse milice, était la chapelle de leur vaste maison, dans laquelle, comme dans le temple de Sancey, dans ceux de Payns, de Troyes, etc., eurent lieu les mystérieuses cérémonies de la réception des chevaliers. Vous n'avez pas trouvé un mot pour une contrée, située à la Chapelle-Saint-Luc, qui porte encore le nom de la Loge dit Temple.
— Vous avez passé sous le plus complet silence la Commanderie de Troyes, qui donna son nom à tout un quartier de la ville, et passa aux mains des Chevaliers de l'Ordre de Malte ; Enfin, vous n'avez eu que l'ombre d'un souvenir pour un ordre qui, par ses richesses, par ses nombreux et vastes domaines, anima toute notre contrée pendant deux siècles. Je ne crois pas être trop hardi en leur attribuant la création d'un grand nombre de fermes, de hameaux, et même de villages, notamment ceux qui portent le nom de Loges, parce que ceux-ci se trouvent placés sur les terrains qu'ils ont défrichés, et dans le voisinage de leurs Commanderies (1).
1. Nous n'avons pas mis au rang des établissements des Templiers, la ferme de la Gloire-Dieu, située dans un site un peu sauvage, sur les bords de la Seine, au territoire de Courteron, quoi qu'il y ait présomption que la création en remontât aux Chevaliers du Temple. Mais ce qui ne parait pas laisser de doute, c'est qu'elle aurait appartenu aux Chevaliers de Malte, dont la croix est sculptée sur son portail, qui, comme les principales constructions, remonte au XVIe siècle.
Nous ne vous dissimulerons pas que cet oubli si complet nous étonne nous nous permettons de vous le signaler. Quelle est donc la cause de cette omission, quand vous aviez entre les mains de quoi éveiller, au moins votre attention, si ce n'était votre souvenir ? Est-ce un oubli involontaire ? Ou ce silence est-il dû, au contraire, à l'intention de rayer de l'histoire les souvenirs qui se rattachent à cet ordre vaincu plutôt par l'abus des richesses que par ses crimes ? Si telle était votre intention, quelques efforts que vous puissiez faire dans ce but, votre autorité, comme historien ou comme archéologue, n'ira pas jusqu'à faire oublier les faits et les lieux auxquels se rattache cette grande association religieuse et militaire, qu'elle soit innocente ou coupable.
Votre travail peut-il servir de guide, et même de renseignements, pour des recherches sur l'Ordre des Templiers dans notre contrée ?
Nous attendons votre réponse.
pages 73 à 74
MESML-SAINT-LOUP
Moyen âge. Portail assez remarquable du XIIe siècle, ayant appartenu à une église de Templiers ; une maison de cet ordre existait aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles sur le territoire de Mesnil-Saint-Loup, dans une contrée appelée le Cloitre, et tenant la chapelle où l'on trouve encore des restes de fondations assez importantes. (A. A., 1853, page 95, et, Pièces du procès des Templiers publiées par Michelet)
page 22
LA CHAPELLE-SAINT-LUC
Moyen âge. La propriété, dite le Temple, rappelle un autre souvenir du XIIe siècle.
page 33
SAINT-JULIEN
Moyen âge. Etablissement de Templiers, sur l'emplacement duquel s'élève aujourd'hui une ferme encore appelée le Temple. Voir Pièces du procès des Templiers, publiées par Michelet.
page 35
ROYES
Commanderie du Temple, fondée an XIIe siècle, à Troyes, rue Composte, aujourd'hui rue du Temple, remplacée au XIVe par une Commanderie de Malte. On n'en connaît que l'emplacement occupé par des bâtiments modernes, rue du Temple, nos 1 et 3.
page 37
MOULINS DE SANCEY
Dans la seigneurie du commandeur du Temple, de 1152 à 1180. Détruits pendant la guerre des Anglais, premières années du XVe siècle, reconstruits, en 1477, avec vannage pour les besoins de la avigation, disparus définitivement à il la fin du XVIIe siècle. (Ces moulins sont nommés, avec ceux de Troyes, étant placés sur la dérivation de la Seine qui conduit l'eau dans la ville)
page 41
VENDEUVRE
Moyen âge. Forêt d'Orient, emplacement de la Commanderie d'Orient, fermé de larges fossés, XIIIe siècle. Anciennes forges de Vendeuvre et du Temple-lès-Vendeuvre, exploitées au moyen Age et jusqu'en 1540.
page 12
LES RICEYS
Moyen âge. Dans la contrée dite Sous-le-Temple, on a découvert, sur l'emplacement attribué au prieuré des Templiers, des cercueils en pierre et des armes anciennes.
page 19
DIERREY-SAINT-JULIEN
Moyen âge. Dans l'église, plusieurs tombeaux qu'on dit être des tombeaux de Templiers, dont une maison existait, d'après les traditions, entre Dierrey et Mesnil-Saint-Lonp.
(A. A., 1853, p. 71 et 72.)
page 21
LA SAULSOTTE
Moyen âge. Le moulin principal de Resson est établi dans une maison ayant appartenuaux chevaliers de Malta. On y retrouve quelques petites colonnes gothiques qui ont été déplacécs. (S. A., 1853, tom. 17, p. 214.)
Plusieurs bornes, sur le territoire de Resson, portent gravée la croix des Templiers.
page 26
Sources : Socard, Émile ; Boutiot, Théophile. Revue critique pouvant servir de supplément au Répertoire archéologique du département de l'Aube. Troyes 1862. - BNF
Anécdote N° (18)
07-07-2018
Chapelle de Taillefer
Département: Creuse, Arrondissement et Canton: Guéret - 23
Pierre de la Chapelle de Taillefer
Préneste ou Palestrina
Rome, Latrium, Itale
Essai sur la littérature Limousine
N° XIV. Chapelle De Taillefer (Pierre de la), né à la Chapelle de Taillefer, près de Guéret, fut d'abord Prévôt d'Eymoutiers. En 1170, il enseignait le Droit-Canon à Orléans, et on prétend qu'il eut dans cette ville pour écolier Bertrand de Got, depuis Pape, sous le nom de Clément V. Il fut ensuite nommé à un Canonicat de l'Eglise de Paris, et à une place de Clerc de la Chapelle du Roi. Dans ce temps-là, l'année 1288, il tint le Parlement à Toulouse, et deux ans après à Paris. L'an 1292, il fut élevé sur le Siège de Carcassonne. Trois ans après, Philippe IV, Roi de France, le chargea avec Pierre de Bourges, Sous-chantre d'Orléans, de veiller à l'exécution du traité de paix fait entre lui, Charles, Comte de Valois, son frère, Jacques, Roi d'Aragon, et Jacques, Roi de Majorque.
L'an 1298, Pierre de la Chapelle fut transféré à l'Evêché de Toulouse. Clément V le créa Cardinal le 15 Décembre 1305, et lui donna l'évêché de Préneste : dés-lors il ne fut plus connu que sous le nom de Cardinal de Préneste. Le même Pontife le nomma quatre ans après Inquisiteur — général des Templiers.
Pierre de La Chapelle-Taillefert, évêque de Toulouse, cardinal-prêtre de Saint-Vital puis cardinal-évêque de Palestrina (décès en 1312).
En 1311, il obtint du Roi un ample privilège pour fonder une Collégiale dans le lieu de sa naissance. Il fit bâtir l'église, mais il ne put l'achever ; il mourut l'année d'après, le 16 Mai. Il fut enterré dans le chœur de cette Eglise. Sur son tombeau en marbre, très-bien travaillé, on lit l'inscription suivante en vers léonins. Suite latin
Ses armoiries sont de gueules à deux Fasces d'or. Nous avons de lui — Constitutiones Petri de Capella episcopi Carcassonensis éditæ an 1297...,
Catalogue des manuscrits de Baluze, page 17, N° 788.
Quelques Auteurs prétendent que Pierre de la Chapelle est le même que Pierre d'Arrablais.
Le Gallia Christi met Æqui.
Sources : Feuille hebdomadaire de la généralité de Limoges, page 51. 1780 - BNF
Anécdote N° (19)
06/03/2011
Bois de Sery
Département: Somme, Arrondissement: Amiens, Canton: Saint-Maulvis, Commune: Frettecuisse - 80
Frettecuisse
Département: Somme, Arrondissement: Amiens, Canton: Poix-de-Picardie, Commune: Frettecuisse - 80
Vestiges de la chapelle des Templiers 12e siècle au lieudit: Correaux (bois de Sery)
Propriété privée : Base Mérimée - Fichier PDF
Bois de Sery
Barthélemy de Saint-Maxent souscrivit la donation du droit d'usage dans les bois de Sery, faite aux Templiers par Anseau de Cayeu, en 1128.
Sources: Belleval, René. Nobiliaire de Ponthieu et de Vimeu. Volume 2, page 274. Amiens 1864. - BNF
Anécdote N° (20)
11/03/2011
Le monastère de Vals, Chapitre 1
Département: Haute-Loire, Arrondissement et Canton: Le Puy-en-Velay - 43
De Vals près du Puy-en-Velay
Introduction - Le monastère de Vals près du Puy-en-Velay, étude critique
1325, samedi après la fête de sainte Marie-Madeleine (27 juillet), Charles étant roi de France et Durand évêque du Puy.
« Clause codicillaire ajoutée par Jean dens Salvatges à son testament du 7 août 1324. Il charge ses héritiers de payer tous les ans 20 sols tournois au monastère de Vals-près-le-Puy, pour un anniversaire perpétuel ; ou bien de s'acquitter, à leur choix, de cette redevance par 20 livres une fois données.
Dans ce testament, il veut qu'après son décès, on porte son corps à l'église de Saint-Barthélemy, ancienne dépendance des Templiers du Puy, et que là il soit déposé dans le sépulcre de ses parents, au-dessous duquel était peinte l'image de la bienheureuse Vierge Marie (1). Reçu par Gui Verjat notaire. »
1. Animam suam, cum migrata fuerit de corpore, suo commendavit altissimo Creatori ; corpori vero suo inferius ecclesiam beati Bartholomei apostoli, (que olim fuit milicie Templi Anicii), scilicet in loco ipsius ecclesie superius imaginem depictam ibidem beate Virginis Marie, in sepulcro parentum suorum elegit sepulturam suam.
Ce parchemin, déchiré en plusieurs endroits, a beaucoup souffert de l'humidité. Le sceau ne s'y trouve plus (1).
La date de ce document est assez remarquable. On sait, en effet, que quelque mois après, Durand de Saint-Pourçain était déjà évêque de Meaux (2). On ne saurait encore préciser le jour de sa translation. Ce qui est certain, d'après les documents cités par le Nova Gallia, c'est que son prédécesseur sur le siège épiscopal de Meaux fut transféré à celui de Viviers le 16 octobre 1325 (3), et que Durand était évêque du Puy le 1er septembre de cette année (4) . Notons, en passant, que le commencement de son épiscopat, dans notre diocèse, il a été mal indiqué par le Nova Gallia (5) ; car il est certainement antérieur au 18 octobre 1318. C'est ce que nous apprennent trois parchemins de nos archives départementales, fonds Saint-Mayol. Le premier (6) est du 10 septembre, l'autre (7) du 15 août, et le dernier (8) du 13 juin 1318. Du reste, si l'on examine attentivement les pièces du procès contre les fratricelli brûlés vifs à Marseille le 7 mai de cette même année, nul doute qu'avant ce jour, Durand n'en ait signé (9) la plus importante comme évêque du Puy.
Mais ce qu'il faut surtout remarquer dans notre document, c'est la lumière qu'il jette sur l'histoire des Templiers du Puy, à peu près oubliée, quand elle n'est pas dénaturée par nos chroniqueurs.
On savait par Médicis (9) que la belle église de Saint-Barthélemy, dont on voit encore presque en entier l'enceinte vénérable dans la brasserie de M. Schwab, en face du Breuil, appartint jadis aux Templiers ; et qu'aussitôt après leur abolition, elle devint propriété des chevaliers de Saint-Jean.
Pour établir ce fait, le R. P. Odo de Gissey (10), et à la suite de Gissey, le frère Théodore (11), le chanoine Le Jeune (12), Arnaud (13), Mandet ne se sont fondés que sur le témoignage de Médicis. Mais nous avons sous les yeux, pour vérifier ce fait intéressant, un titre presque contemporain, qui nous apprend, en outre, que le droit de sépulture était attaché à cette église, et nous fait soupçonner que ce droit datait de loin. Il nous donne enfin, sur cette église, d'importants détails topographiques qu'il serait maintenant impossible de vérifier. Tâchons d'approfondir ces données. (14), etc.,
Le Gallia se trompe derechef en affirmant (1) que ce dernier fut promu à l'évêché de Saint-Flour le 12 juillet 1318, puisque l'an premier du pontificat de Jean XXII commence le 5 septembre 1316.
1. II. 422 « Ad episcopales infulas provectus est anno 1318. bulla, data IIII, idus Julii, Joannis papæ an. I.
L'ordre du Temple et celui de Saint-Jean avaient chacun, au Puy, un établissement, vers le commencement du treizième siècle. Ce fait, que personne jusqu'à présent n'avait signalé et qui nous servira tantôt pour résoudre bien des problèmes, nous est découvert par le testament de Guillaume de Chapteuil (15), daté du 25 juin 1223. En voici quelques clauses tout-à-fait remarquables pour l'histoire du Velay :
Item relinquo.
Domui Silve (16) .... C, solidos.
Domui de Clavas (17) .... IIII, libras.
Domui de vourey (18) .... XXX, solidos.
Domui Viaie (19) .... XXX, solidos.
Domui Doensi (20) xxx, solidos.
Hospitali beate Marie (21) .... C, solidos.
Domui infirmorum Brive (22) ... LX, solidos.
Domui infirmarum Vallis (23) .... xv, solidos.
Domui ordinis Predicatorum (24) .... I, convivium. convicium.
Domui Minuloram (25) .... aliud.
Unicuique IIII, inclasarum (26) .... XII, denarios.
Domui militie Templi .... XX, solidos.
hospitalis sancti Johannis .... XX, solidos.
Rapprochons, maintenant, de ce premier document supplémentaire d'autres pièces du même genre, qui enrichissent également nos archives départementales, et qui répandent, en même temps, une grande lumière sur le problème des origines de la léproserie et du monastère de Vals.
Mars 1233 (vieux style)
« Domui de Via..., de Vourey..., de Briva..., hospitali sancti Johannis, domui milicie Templi fratribus Praedicatoribus..., fratribus Minoribus..., domui de Valle..., pauperibus scolaribus C, solidos ad faciendum acapitum (28) et in usum eorum reddigendum. »
1255, fête de saint Médard évêque (8 juin) (29)
« Item lego fratribus Minoribus ad vestes faciendas XV, libras et fratribus Prœdicatoribus alias decem libras ad idem....
Item sororibus penitentibus (30) lego XL, solidos ad faciendum eis vestimenta, et leprosis de Valle, XXti ad idem.... Hospitali sancti Egidii (31) XL, solidos ad emendos pannos in quibus jaceant pauperes.
Item hospitali Aculee (32) viginti solidos ad idem .... Hospitali sancti Johannis XX, solidos ad idem.
Domui Templi Aniciensi XX, solidos ad idem. lnfirmis Brive C, solidos ad unum convivium. »
Notes chapitre 1
1. Cette circonstance étant commune à la plupart de nos chartes. nous ne l'indiquerons désormais que dans les cas exceptionnels.
2. VIII. col. 1634, Paris, 1744 (1).
1. A ce sujet, une erreur typographique, facile à constater, s'est glissée dans nos Tablettes, page 62, ligne 10. Au lieu de XXXe, lisez XIXe.
— Note de l'Editeur.
3. VIII. col. 1634, Paris, 1744 (1).
4. I. col. 114, Paris, 1715.
5. II. col. 722, Paris, 1720 : « Hoc ipso anno (1318) Pontius Bolzard de Laulanher miles ei (Guillelmo de Brossa) fecit homagium die 18 Octobris » Cet hommage est de 1418 et fut adressé à Guillaume de Chalancon.
6. Cotte 75.
7. 13.
8. Baluze, Miscellanea, 1, 271 : « Ego frater Durandus episcopus Aniciensis et doctor sacrœ theologiœ judico omnes suprascriptos articulos et quemlibet illorum esse hæreticos, in cujus rei testimonium me manu propria subscripsi et sigillum meum feci apponi. » Comparez pages 202, 204, 206, 208.
— Avec Durand signent Déodat, évêque de Castres et Raymond, évêque de Saint-Flour.
9. Après l'expulsion de ceste mauldite gent, environ l'an mil trois cens et huit, vint l'ile de Rodes en la puissance des chrestiens, laquelle ile par l'auctorite du pape Clement quint sus mentionne fut commandée en la main des freres hospitaliers de sainct Jehan de iherusalem ; et du consentiment dudit pape et princes chrestiens les biens desdits Templiers, ia estaincts par leurs mauldictes erreurs et infidélités, furent a iceulx freres de sainct Jehan conferez, prometant tenir la reigle sainct Augustin. Disent aucuns, nompas que ie l'aye trouue, que quant ceste expulsion advint, lesdits Templiers de sainct Barthélémy, voiant leurdommaigeuse desconvenue et que ne pouaient resister a la force de leurs excequteurs qui fort approuchaient, pensarent trouuer eschapatoire, et ne sçay qu'ils deuindrent. Mais auant par folle vindication gestarent dans ung puys de léans grande porcion de bonnes et excellentes reliques, qui leans reposoient, desquelles leau de ce pays est moult utile et vertueuse au purgement de plusieurs et diuerses langueurs et egritudes, ainsi que Dieu le permet pour l'honneur des glorieux saincts ; ce fut en l'an mil Ille X. » Mss., tome I, folio xxiii, verso, — xxiv, recto. Ce texte n'a pas encore été publié par M. Chassaing.
— Tout ce qu'ajoute Médicis à propos des Templiers est tiré des Chroniques de Jacques de Bergame, et n'a rien de particulier concernant ceux du Velay.
10. Opuscule cité, I. III, chapitre 19.
11. Histoire de l'église angélique de Notre-Dame du Puy, I. III, chap. 6.
12. Histoire critique et apologétique de l'ordre des chevaliers du Temple de Jérusalem, dits Templiers, par feu le R. P. M. J., chanoine régulier de l'ordre de Prémontré, docteur en théologie, etc., tome II, 69, Paris, 1789.
13. Opuscule cité I. 198.
14. Opuscule cité IV. 113.
15. Fonds Saint-Vosy, 19.
16. Abbaye de bénédictines à Saint-Didier-la-Séauve, chef-lieu de canton. Les donc à tort que M. Malègue (page, 361) dit que cette abbaye fut fondée en 1228.
— Cf. Nov. Gallia, II, 777.
17. Canton de Montfaucon. Malègue se trompe encore en disant (p. 363) que cette abbaye fut fondée en 1230. Cf. Nov. Gallia, II, 780.
18. Prieuré de bénédictines à Vorey, chef-lieu de canton, voir Arnaud, I, 72.
19. Prieuré de religieux de l'ordre de Grandmont, dans la commune de Saint-Vincent, canton de Saint-Paulien.
— Cf. Arnaud, I, 134, et le précieux document publié par M. Béliben, dans le Bulletin des recherches historiques, page 70, le Puy, 1859.
20. Abbaye de Doue près le Puy. Voyez Nova Gallia, II, 769 et suivantes.
21. Hôpital général du Puy.
22. Maladrerie d'hommes à Brives-Charensac, près le Puy.
23. Maladrerie de femmes à Vals, près le Puy.
24. Couvent de Saint-Laurent au Puy. - L'acte de fondation, par Etienne de Chalancon (1), daté du mois d'octobre 1221, a été publié par le Nova Gallia (II, 711) ; mais il renferme une grave erreur. Cette erreur, déjà soupçonnée par Mamachi (2), est complètement redressée par un vidimus de Bernard de Castanet (9 mai 1314) conservé dans le fonds Saint-Laurent des archives de la préfecture. Aussi, faut-il éliminer de nos histoires la fable de la fondation du couvent Saint-Laurent reçue par saint Dominique lors de sa venue au Puy. Ce grand patriarche, on le sait, mourut le 6 août 1221.
1. Une pièce de l'Hôtel-Dieu (série B. 199) scellée du sceau de cet évêque avec la légende S. STEPHI A(niciensis el)ECTI montre qu'il était déjà élu au mois de juillet 1220 ; et, par conséquent avant l'époque fixée jusqu'à présent par tous les auteurs.
2. Annal, ord, Prœdicatorum, volume I, Append. mon., LIII ; Romœ 1756 : « Primus provinciœ Provinciœ Prior provincialis, ad quam cœnobium Aniciense pertinebat, Bertrandus fuit de Garriga, Quum igitur datœ an. MCCIII. litterœ fuerint, argumento est non R. sed B in iisdem esse legendum. »
25. Couvent des Cordeliers qui furent, par conséquent, fondés au puy au vivant même de, saint François, décédé le 4 octobre 1226. D'après le Nova Gallia (II, 712), cette fondation eut lieu sous l'épiscopat d'Etienne de Chalancon (1220-1230) ; d'après le document publié par M. Béliben, ce fut en 1222, ce qui est vraisemblable.
26. Recluses.
27. Fonds Saint-Agrève, Az. XVIII.
29. Voyer Ducange sur ce mot.
30. Fonds Saint-Mayal, 153.
31. Il s'agit ici du monastère de Vals, ce que nous démontrerons dans le prochain article.
32. Il y a aux archives de l'Hôtel-Dieu (A. 1) une pièce importante concernant cet hôpital de Saint-Michel-l'Aiguilhe, hôpital que nos historiens ne mentionnent pas et qu'il ne faut pas confondre avec celui de Saint-Laurent. Elle est datée du mercredi 7 mars 1089 (1088 v. st.) : « Anno ab incarnatione Domini millesimo octoagesimo octavo mense Martio, feria IIII, luna (1) octava décima, regnante Philippo rege Francorum feliciter. »
Cette maison, destinée à servir les malades et aussi à recevoir les pauvres et les pèlerins, est appelée pour la beauté de ses proportions pulcrum xenodochium. Elle obtinl ators du célèbre Adhémar de Monteil un cimetière parliculier. Selon nous, l'élégante chapelle de Saint-Clair, placée entre l'hôpital et le cimetière, fut bâtie en cette circonstance. Elle servit d'oratoire domestique ou peut-être de maison mortuaire. Les symboles du soleil, de la lune et de deux étoiles sculptés sur le linteau du frontispice, à droite et à gauche d'une croix épatée, n'indiquent pas, comme on le prétend, un temple de Diane ; mais ces ornements étaient les décors habituels et obligés de l'image du crucifix au moyen-âge. D'ailleurs, l'architecture elle-même nous rapporte à la fin du onzième siècle, ou au commencement du douzième.
1. Il s'agit ici du cycle lunaire proprement dit, que le décetnnovénal laisse trois jours en arrière.
33. Sur l'hôpital de Saint-Gilles, voyer Aymard, Etude historique sur l'ancienne estrade du Puy au Forez, aux Annales de la Société académique du Puy, tome XXIX, page 63 ; le Puy, 1868.
Sources : Fidel Fita S. J.. Tablettes historiques de la Haute-Loire, 1870-1871, pages 193 à 207. Le Puy 1871. - BNF
Anécdote N° (21)
11/03/2011
Puy-en-Velay, Chapitre 2
Département: Haute-Loire, Arrondissement et Canton: Le Puy-en-Velay - 43
1279 (1278 v. st.) 30 janvier (1)
« Ego Johannes Chalvos presbiter clericus Aniciensis ecclesie....
Imprimis animam meam concedo Domino Jesuchristo, corpori vero meo eligo sepulturam in cimiterio domus milicie Templi Aniciensis...
Item do et lego domui predicte Templi viginti libras podienses ad emendum debitale (2) per manus executorum meorum infrascriptorum ; de quo debitali volo et precipio quod magister dicte domus Templi faciat et facere teneatur annis singulis unum anniversarium X solidorum podiensium in die obitus mei pro anima mea et pro animabus parentum et benefactorum meorum, X sacerdotum, et quod dentur cuilibet sacerdoti X denarios podienses, et residuum X solidorum (3) capellariis et clericis seu diaconibus deservientibus missis dicti anniversarii distribuat.
Item volo et precipio quod residuum dicti debitalis ipsa die distribuatur in dicta domo ad mensam in victualibus inter fratres et donatos ac familiares dicte domus ; quas XXti libras podienses volo et precipio quod universitas clericorum Anicii, seu bajuli ejusdem, executoribus meis solvant et solvere teneantur pro dictis domibus meis, quas eisdem superius donavi....
Item do et lego Petro Moncia clerico, nepoti meo omnes libros meos.
Item domino Guillelmo Batifolet capellano Templi unum capucium meum de camelino cum pona....
Item operi ecclesie sancti Evodii v, solidos podienses.....
Item Repentitis de Valle v, solidos podienses...
Item fratribus de Penitentia (4) Aniciensibus v, soliclos podienses semel tantum do et lego. »
Il est donc avéré que l'établissement des Templiers au Puy, au moment du drame fatal qui amena leur destruction sous Philippe-le-Bel, jouissait depuis longtemps d'un état prospère. Ses hauts créneaux qui dominaient deux vallées ; ses murs, dont l'épaisseur (5) en impose encore lorsqu'on la mesure par l'ouverture de rares fenêtres laissant à peine percer le jour dans les bas corridors à voûte ogivale ; sa tour d'entrée, peut-être octogone (6), dont le pont-levis s'abattait sur le profond et large fossé formé naturellement par le Dolaison, faisaient de cette forteresse, ainsi que de celle de Saint-Jean, placée non loin de la Borne, les deux avant-postes les plus formidables et les plus propres à défendre la ville.
Ce n'était pas, à proprement parler, une commanderie ; c'était un prieuré (7) avec son maître ou précepteur, son chapelain, ses frères chevaliers, ses donats ou affiliés, et ses familiers ou domestiques (8), ainsi que le document numéro 4 nous l'a prouvé.
Toutes les commauderies du Velay relevaient de ce prieuré ; et, à son tour, il dépendait du grand-prieur de la province de Provence, qui siégeait à Montpellier.
En effet, à défaut du titre original, malheureusement perdu, nous lisons ce qui suit dans l'énorme in-folio (8) déposé aux archives de la Préfecture, que M. Adrien Lascombe a pris à tâche de publier :
« Accord fait entre Monseigneur de la Roue évêque du Puy et Révérend frère Chambarut, précepteur de la commanderie de Saint-Jean de Jérusalem du Puy. Ils ont accordé que le commandeur du Puy et de la maison de la Sauvetat (10) qui est et sera, reconnaitre à l'évêché du Puy la maison et Temple du Puy avec ses appartenances, la ville de la Sauvetat et appartenances, la maison et grange de Montredon (11), de Bessamorel (12), de Barlhels (13), Chantonne (14) et leurs appartenances, et tout ce que ladite maison et Temple ont dans la ville et diocèze du Puy ; ledit accord portant hommage, ensemble vidimé du susdit accord aussi en parchemin, est encore au livre (15) cotté A. 1. fol. 75. »
La Sauvetat
Département: Haute-Loire, Arrondissement: Le Puy-en-Velay, Canton: Landos - 43

Domaine du Temple de La Sauvetat
En marge de ce compte-rendu, est notée la date et la matière du document : « 1270 en aout, parchemin. » On ne saurait donc douter de son identité avec celui de même date qu'analyse le Nova Gallia (16) ; d'où il résulte que l'évêque accordait, en même temps, la permission de faire bâtir auprès de la maison de l'ordre, à la Sauvetat, une chapelle dédiée à Notre-Dame avec cimetière pour les frères, ou chevaliers, et les domestiques.
Or, il est certain que dans cette charte, il ne s'agissait pas des Hospitaliers, mais des Templiers. Nous en avons, à coup sûr, la preuve dans deux autres pièces non moins intéressantes et qui nous sont fournies par le Nova Gallia lui-même.
Dans la première (17) on voit une transaction passée le 13 janvier 1273 (1272 v. st.), chez les Templiers du Puy, entre Guilhaume de Chambarut, précepteur de cette maison et Guillelmine de la Pierre, abbesse de Saint-Pierre-les-Chases.
Dans la seconde (18), c'est Jourdain de Cereys (19) précepteur, à son tour, de la maison du Temple du, Puy qui, se trouvant le 15 avril 1284 dans celle de la Sauvetat, renouvelle, au nom de cette commanderie, vis-à-vis de l'autorité diocésaine, le même acte de soumission qu'avait fait son prédécesseur.
Ce dernier titre, que Le Jeune a très-étrangement interprété (20), est surtout important, parce qu'on y voit les Templiers du Velay dépendants du maître provincial de Provence.
Aussi la ville de Montpellier est-elle désignée comme centre des assises de leur province, dans le procès poursuivi au château d'Alais, durant le mois d'août 1312, contre frère Bernard de Salgues (21) chevalier commandeur de Saint-Gilles, frère Raymond Segeri prêtre et frère Bertrand de Silva (22) chevalier de la commanderie du Puy (23).
21. Saugues, chef-lieu de canton, arrondissement du Puy.
22. Saint-Didier-la-Séauve.
Maintenant, si l'on cherche la cause première de cette confusion, qui non-seulement nous laisse un grand vide à combler, mais aussi de sérieux obstacles à aplanir, nous la trouverons dans le fait indiqué par Médicis ; c'est-à-dire que les chevaliers de Saint-Jean succédèrent aux Templiers du Velay dans la possession de tous leurs domaines. Ce fait, qui s'accorde entièrement avec les données générales de l'histoire (24), a pour garantie, en ce qui concerne notre contrée, bon nombre de titres analysés dans le Répertoire du Père Cazalède.
Nous citons comme exemple ce qu'il dit (25) en date du 10 septembre 1329 : « Transaction passée entre Messire Bernard évêque du Puy d'une part, et Pons de Montlor et frère Artau de Fayne, régent des commanderies de Saint Jean et maison de la Sauvetat, et frère Guillaume Somier procureur dudit ordre, et Sire noble Maurice de la Tour Seigneur de Saint Vidal, Hugon de la Guilhamine, baillie de la cour commune du Puy. »
Mais Cazalède ne sut pas se tenir assez en garde contre l'illusion que nous avons signalée ; et ce n'est qu'avec une extrême réserve que l'on doit accepter celles de ses conclusions (26) qui ont trait aux chevaliers de Saint-Jean, antérieurement à 1312.
Dom Denys de Sainte-Marthe commet aussi la même erreur en citant (27) deux pièces de l'an 1296 (1295 v. st.). Il se trompe en désignant Ponce de Fayne comme précepteur de l'ordre de Saint-Jean, tandis qu'il était l'un des plus célèbres Templiers de ce temps (28).
Vers le 9 octobre de l'an 1300, son successeur était Guy Aymard ; et celui-ci probablement ne fut pas le dernier précepteur de l'ordre dans le Velay, puisque d'après la déclaration (29) faite à Paris, aux inquisiteurs pontificaux, par Guy de Roche-Taillade (30), Gui Aymard, qui le reçut dans l'ordre, était mort au commencement d'avril 1311.
Cette déclaration est très-importante ; car on y mentionne la commanderie de Vauzelle (?) (31) et, de plus, on y constate que, dans l'église Saint-Barthélemy, des novices étaient admis à la profession, privilège qui n'était pas accordé aux simples commanderies.
Du reste, jusqu'à ce que de nouveaux documents viennent confirmer cette opinion, tout donne lieu de croire que le dernier successeur qu'eurent Armand d'Allègre (1263) ?, Raymond de Chambarut (32) (1270-1273), Malfred de Châteauneuf (1275) ?, Jourdain de Sereys (1284), Ponce de Fay (33) (1296) et Guy Aymard (1300), fut bien Bertrand de Silva ou de Saint-Didier-la-Séauve, cité plus haut.
Ne poussons pas plus loin nos recherches. Nous n'avons fait que soulever un coin du voile qui couvre l'histoire des Templiers du Velay, et cela suffit au but que nous nous sommes proposé. Nous venons de voir que, soit au Puy (34), soit à la Sauvetat (35), les Templiers, profitant du privilége à eux accordé par Alexandre IV (1254), avaient un cimetière attenant à chacune de leurs églises dans ces deux endroits.
Il est vrai que quatorze ans plus tard, des discussions s'étant engagées, sous ce rapport, entre eux et l'autorité diocésaine, le pape Clément IV, qui avait été évêque du Puy, régla qu'il leur serait permis de bâtir sur leurs terres des oratoires, et d'y enterrer les sujets de l'ordre, sans préjudicier cependant aux droits des curés. C'est ce qui semble devoir expliquer, en partie au moins, les différents accords ou transactions passées entre les évêques du Puy et les précepteurs du Temple Saint-Barthélemy, que nous venons de citer. Quoi qu'il en soit, il est désormais certain que l'endroit de l'église Saint-Barthélemy, désigné par Jean des Sauvages, comme sépulture de ses ancêtres, doit se trouver dans le cimetière attenant à l'église. Malheureusement, il nous a été impossible de découvrir la place exacte de ce précieux monument. Par des fouilles savamment dirigées, on pourrait, sans doute, retrouver non-seulement ce tombeau, si intéressant au point de vue de l'art par ses bas-reliefs et ses peintures, mais aussi plusieurs épitaphes qui enrichiraient beaucoup les documents, d'ailleurs si peu nombreux, sur les Templiers du Velay. En effet, nous trouvons déjà, presque deux siècles auparavant (1154), le droit de sépulture accordé à des maisons isolées, par exemple, au Temple d'Arles (36). Rien ne nous empêche de supposer que les Templiers du Puy existaient à cette époque. Nous voyons dans les archives du département un titre dans lequel Ponce, frère d'Armand, seigneur d'Allègre, accorde aux Templiers du Puy une indemnité pour réparer les pertes subies pendant la guerre qu'il avait faite au doyen du chapitre, Guy de Châteauneuf (37). Or, Guy de Châteauneuf mourut en 1232 (38), et c'est, par conséquent, avant cette époque, que les Templiers du Puy luttaient pour les évêques contre toute tyrannie féodale. Au reste, quoique les pièces nous manquent pour remonter plus haut, nous savons que déjà, au douzième siècle, d'autres maisons étaient établies dans le Velay (39) ; et dès lors, il faut supposer l'existence antérieure de celle dont toutes les autres relevaient.
D'après les documents que nous avons présentés, il est désormais acquis à l'histoire que les Templiers existaient au Puy au commencement du treizième siècle. Parmi eux se placerait naturellement le célèbre Hugues de Montlaur, maître de Provence. Nous pourrions ainsi revendiquer, comme une gloire de notre département, ce preux chevalier. Après avoir, dans la guerre contre le Maures, sous la bannière de Jacmes 1er, roi d'Aragon, attaché son nom à la conquête de Valence (28 septembre 1238), il serait peut-être venu au Puy un peu plus tard, avec ce grand prince élevé au château de Monzon, parmi les Templiers. C'est dans la ville du Puy que, au mois de juin 1243, Jacmes-le-Conquérant eut une conférence avec le roi saint Louis (40). Notre évêque Bernard de Montaigu, qui reçut les deux rois dans sa cathédrale, était lui-même neveu de Pierre de Montaigu, grand-maître du Temple (41).
Arrivons, enfin, à un dernier fait qui intéresse le monastère de Vals. On sait que les Templiers furent abolis par le concile œcuménique de Vienne (42), dont la première séance se tint le 16 octobre 1311 et la dernière le 6 mai de l'année suivante 1312. Bernard de Castanet, comme évêque du Puy, dut se trouver à Vienne pendant cet intervalle, et partant, ne put donner la règle de saint Augustin aux religieuses de Vals, le 16 mars 1312, ainsi que nos historiens l'avaient supposé. Mais il le fit plutôt à son retour ; ce qui s'accorde parfaitement avec les autres preuves chronologiques que nous avons déjà données.
Le tirage de notre dernier article était fini, lorsque nous avons eu la bonne fortune de découvrir dans les archives de la préfecture la pièce monumentale que l'on verra ci-après. Datée du 23 avril 1248, cette pièce a pour objet de décider par sentence arbitrale le différend qui s'était élevé entre les chevalier de Saint-Jean et le chapitre Saint-Agrève, auquel l'évêque Etienne de Chalancon avait accordé les droits de paroisse sur le faubourg de l'Ouche. Ce faubourg, à l'orient de la ville, était, pour ainsi dire, encadré par les deux voies qui, partant de la montée de Vienne et des maisons des Hospitaliers, aboutissaient respectivement aux portails du Pozarot et de Penavaire, situés dans l'ancienne muraille. C'est ce que l'on nomme aujourd'hui le quartier Saint-Jean.
Les chevaliers, seigneurs de cet endroit, ne voulurent pas reconnaître la cession des droits paroissiaux faite par Etienne de Chalancon à l'église Saint-Agrève. On voit par là une éclatante confirmation de ce que nous avons avancé à propos de l'ancien établissement de ces chevaliers au Puy ; et il nous paraît vrai de dire que ce faubourg, autant, que celui de Saint-Barthélemy, doit quelque importance aux approches d'une maison religieuse. C'est ainsi que Paris et Londres ont eu leurs célèbres quartiers du Temple. Notre pièce nous apprend encore deux noms, jusqu'à présent ignorés, des recteurs ou précepteurs ou baillis de Saint-Jean au Puy : Guillaume Dumont sous l'épiscopat d'Etienne de Chalancon (1220-1232) et Pierre de Seneujols (23 avril 1248) qui céda aux chanoines de Saint-Agrève la dîme qu'il percevait à Rochalbert Voici ce document.
Notes chapitre 2
1. Fonds Saint-Mayol, 123.
2. 20 sous.
3. C'est-à-dire 20 deniers.
4. Ces frères de la Pénitence, ou sachets, appartenaient peut-êtr e au même ordre que nos sœurs de la Pénitence, ou Repenties de Vals. Ils étaient alors très-favôrisés par l'évêque Guillaume de la Roue. Cf. Nova Gallia, II, 718.
5. Cette épaisseur est de 1m80.
6. Voyez Arnaud, II, 380. Rien n'autorise la comparaison que fait cet auteur entre l'église Saint-Barthélemy et la chapelle octogonale de Saint-Clair, si ce n'est l'abside vraiment octogonale du corps de l'église quadrangulaire, ainsi qu'il semble être démontré par une partie des fondements que nous avons mesurés avec l'aide de M. Schwab et de M. Camille Robert. Quant à l'âge de l'église, toute en pierre taillée, elle accuse dans sa façade, par un cintre à demi voilé, le style roman du douzième siècle.
7. Sur la distinction entre commanderie et prieuré, voyez Le Jeune.
8. Sur cette nomenclature, voyez Wilker, Geschichte des Ordens des Tempelherren, I, 355, et suivantes; Halle, 1868.
9. Répertoire général de tous les hommages et investisons qui se sont trouvés dans les archives de l'évêché du Puy, rendus aux seigneurs évêques depuis l'an 1154 jusques à présent, tiré de livres et liasses comme il est marqué par frère Jean-François Cazalède, jésuite, et écrit par M. Pierre Fargues, receveur des tailles, conseiller du roy, en l'année 1740 et 1741, par ordre de messire François de Beringhen, évêque, seigneur du Puy, comte de Vellay, etc.. C'est dommage que cette intéressante publication, inaugurée par le journal « La Haute-Loire » dans son numéro du 5 février 1870, n'ait pu se suivre. Puisse-t-elle honorer nos Tablettes, autant par la richesse de ses documents que par le talent illustrateur, de M. Lascombe.
10. Chef-lieu de commune, canton de Pradelles.
11. Commune de Saint-Just-près-Chomelix, canton d'Allègre.
12. Chef-lieu de commune, canton d'Yssingeaux.
13. Commune de Bournoncle, canton de Brioude ; ou de Connangles, canton de la Chaise-Dieu.
14. Chantoin, commune de Bains, canton de Saugues.
15. Ce livre a disparu.
16. Excerpta ex chronico Aniciensi et ex variis chartis de Guillelmo de Rota episcopo : « Guillelmus fratri Raymundo de Chambarone, praeceptori S. Johannis Aniciensis concedit ut juxta domum suam de la Salvetat, construere faciat capellam in honorem B. Mariae, cum cimiterio pro fratribus et familiaribus suis ; eidemque alia indulget privilégia, reservato sibi suisque successoribus homagio solito. M. CCC. LXX. mense Augusti. »
— Nova Gallia, II, Instrum., 236.
17. II, 452. « Item transigit Guillelma de Petra cum religioso viro fratre Raimundo de Chambarut, prœceptore domus militiœ Templi Aniciensis, nomine fratris Guillelmi de Menteyras sive Poget, ejusdem ordinis. Actum in dicta domo Templi Aniciensis anno 1272, die Veneris in festo S. Ilarii. » Nous ignorons quelle charge alors occupait, dans l'ordre, le chevalier Guillaume Pouget, né à Menteyras, commune de la Foraine d'Allègre. Probablement, il se trouvait à la tête de quelque commanderie du Velay, au sujet de laquelle accord fut passé en 1263 entre ladite abbesse Guillermine et le chevalier Armand d'Allègre.
— Cf. Nova Gallia, ibid.; Le Jeune, Opuscule cité, II, 69.
18. II, 719 : « Eo (Guidone IV. episcopo mortuo vel cedente, Casto de Cornon canonicus et prœcentor ecclesiœ Aniciensis, administrator fuit bonorum temporalium ejusdem, sede vacante, una cum abbatibus Secureti et S. Pétri de Turre ac Johanne de Barone canonico Aniciensi ; et hoc nomine transegit cum fratre Jordane de Cereys prœceptore domus militiæ Templi Aniciensis pro domo de Salvitate. Actum apud villam de Salvitate, die sabbati post festum Resurrectionis Domini, anno Domini M. CC. LXXXIV. Quam transactionem confirmavit Pontius de Broeto, magister domorum militiœ Templi in Provincia. »
19. Commune de Saint-Jean-de-Nay, canton de Loudes.
— Il ne faut pas oublier que, pour être chevalier, il fallait être noble. La charge de précepteur ou bailli n'était ordinairement conférée qu'aux membres de familles illustres.
20. II, 82. « En Provence, Ponce de Broet, qui approuve une transaction faite en faveur des chevaliers de la Salvetat par frère Jourdain de Cereys, commandeur de Nice en 1284. Cereys est une ancienne famille du Velay, qui tire son nom d'un château, où l'on voit encore les débris d'un temple dédié à Gérés. »
— Le Jeune a eu la simplicité de traduire Anicium (le Puy) par Nice. Cela, ce nous semble, explique comment Wilcke, dans sa savante Histoire des Templiers (édition cité, II, 20), en faisant l'énumération des villes principales où résidaient ceux de Provence, ne fait aucune mention du Puy, tandis qu'il y fait entrer Nice.
21. Saugues, chef-lieu de canton, arrondissement du Puy.
22. Saint-Didier-la-Séauve.
23. Histoire générale de Languedoc, IV, 141 ; Paris, 1742.
24. Bulle « Ad providam » de Clément V, 12 mai 1312.
25. Folio 162, recto. — Cf. fol. 98, recto.
26. Voir folio 154, verso : « 1273. Permutation entre le commandeur de Saint Jean et l'abbé de Monastier. »
— Folio 54, recto : 1275 en parchemin: « Remission faite par Adhémar et Guilaume, père et fils à frère Malfrait de Chateau-neuf commandeur de Saint Jean du Puy des freres (sic) du chateau de Beaudiné et Montregard pour le payement de six cens cinquante livres ; dans lequel acte Messire Guilhaume évêque du Puy se rend caution ; et en même temps par ledit acte, ils lui ont fait hommage de ces chateaux. »
— Folio 158, verso : « 1305. Transaction entre le seigneur évêque du Puy et le commandeur de Pebulit (liser Pebelit), lous Paudraux (liser Pandraux) et lous Roussilious et de tout ce qu'il a à Saint Germain Laprade. »
CC. XCV. mense Januario. — Guigo de Novavilla cum prœceptore domus hospitalis Sancti Johannis de Jerusalem extra muros Anicii transigit mense Januarii
anno M. CC. XCV. »
27. II, docum. 238 : « Johannes cardinalis transigit nomine Guidonis (episcopi) cum fratre Pontio de Fayno prseceptore Sancto Johannis Aniciensis M.
28. Le Jeune, II, 107.
29. « Die Veneris, 2. Aprilis... frater Guigo de Ruppe Talhata presbiter, preceptor domus Templi de Drulhi diœcesis Ruthenensis, testis suprajuratus, xxx, annorum vel circa, mantellum deferens, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus (perdnum epum ?) Ruthenensem, lectis et expositis arliculis..... Dixit enim se fuisse receptum circa instans festum beati Dionisii, erant x, anni in capella domus Templi Aniciensis per fratrem Guigonem Ademari militem quondam, presentibus fratribus Bernardo Usclas (pbro ?), Guillelmo preceptore de Bocelis, Guillelmo de Castro Novo commorante in dicta domo et Johanne l'Alvernhatz servientibus, de quorum vita vel morte non habet certitudinem, etc. »
Procès des Templiers publiés par M. Michelet, membre de l'Institut, II, 154 ; Paris, imprimerie nationale, 1851.
30. Ancienne rue du haut Puy.
31. Commune de Josat, canton de Paulhaguet.
32. Nommé tantôt Chambaron, tantôt Chambarut, par des interprètes qui n'ont pas fait preuve d'habileté dans l'art de lire les anciens documents, nous croyons qu'il tira son nom de la Champ de Baraud, commune de Queyrières, canton de Chapteuil.
33. De Latour-Maubourg. D'après Arnaud (I, 188), il était fils puîné du seigneur de Chapteuil.
34. Document 4.
35. Document 5.
36. Le Jeune, II, 69.
37. Fonds Saint-Mayol, 149 : Item dono et lego hominibus dell Erm et de Chalconiac Aniciensis diocesis centum libras podienses, de quibus, secundum quod fieri poterit volo et precipio quod emendetur unicuique ipsorum hominum illud quod juramento suo dixerunt amisisse in illo forisfacto quod feci eisdem tempore et occasione guerre, quam habui cum Guigone de Castro Novo quondam, decano Aniciensi. Et domo milicie Templi Aniciensis dono et lego CCC, solidos podienses, pro emenda corum, que in eodem forisfacto Templarii ejusdem domus se asserunt amisisse. » Ce testament porte la date de l'an 1252 (1251 v. st.), vendredi avant l'Epiphanie (5 janvier)....
38. Nova Gallia, II, 742.
39. Histoire générale de Languedoc, III, 45. — Camp. Nov. Gall., I, 195.
40. Marca Hispanica, 529 ; Paris, 1688. En fournissant ce titre, dont l'authenticité est incontestable, Baluze a rendu un éminent service à l'histoire générale de France. M. Chassaing, dans ses notes à Médicis (page 211), a savamment prouvé que la seconde arrivée de saint Louis, au Puy, eut lieu du 9 au 11 août 1254. L'erreur de Gissey (I. III, chapitre 13), qui signale le mois de juin comme époque de cette arrivée, ainsi que celles de Brussel et de Médicis, qu'a très-judicieusement critiquées M. Chassaing, s'expliquent aisément si l'on admet que nos chroniqueurs ont confondu les dates de la première venue et de la seconde. D'après Médicis, saint Louis logea chez Pierre Chambafort. Le testament (1) de Catherine, vicomtesse de Polignac et baronne de Bouzols, daté du 18 avril 1332, montre l'emplacement de cette maison : in domo Petri Chambaforti burgensis Anicii, in carreria Montis-Ferrandi, in fornello in quo dicta domina testatrix inhabitat.
41. Nova Gallia, II, 714.
42. La vraie bulle d'abolition « Vox in excelso » donnée par Clément V, sacro approbante concilio, le 22 mars 1312, a été inconnue jusqu'à nos jours à la plupart des historiens qui, par suite, se trompent en assignant tantôt une date antérieure, tantôt postérieure à cet événement. Cette bulle fut cependant publiée par Villanueva dans son Viaje literario à las iglesias de Espana (tom. V, append.; Madrid, 1806). Elle a été reproduite naguère, avec de savants commentaires, par la Civilta cattolica (ser. vi, vol. VII ; Rome, 1866, juillet-septembre).
Sources : Fidel Fita S. J.. Tablettes historiques de la Haute-Loire, 1870-1871, pages 193 à 207. Le Puy 1871. - BNF
Anécdote N° (22)
11/03/2011
Puy-en-Velay, Chapitre 3
Département: Haute-Loire, Arrondissement et Canton: Le Puy-en-Velay - 43
Suite étude critique
1248, samedi avant les Rogations (23 avril). (1)
Nos Poncius de Glavenatio (2) canonicus thesaurarius et bajulus Aniciensis, notum facimus universis presentibus pariter et futuris, quod cum causa esset seu controversia inter capitulum sancti Agrippani Aniciensis et cappellanos ipsius Ecclesie curam animarum habentes ex una parte, et Willelmum de Monte (3) tunc preceptorem et fratres hospitalis sancti Johannis Jherosolimitani Aniciensis ex altera, super perrochianatu vel jure perrochiali Ouche quam vocant Ouchasancti Johannis et hominum in ea commorantium, que contiguatur ex una parte cum domibus dicti hospitalis et extendit se usque ad portale de Posarot, extra et usque ad viam qua itur ad portale de Penavaira inter duas vias dictorum portalium, et usque ad viam qua itur a superiori parte ad domum ViLalis Martini : — dicebant enim canonici, capitulum et cappellani curati ecclesie sancti Agrippani, perrochianatum et jus perrochiale dictorum hominum, vel dicte Ouche ad se pertinere ex collatione venerabilis patris, bone memorie, Stephani quondam Aniciensis episcopi ; et ad hoc litteras sigillo suo sigillatas inducebant : — preceptor vero sive rector et fratres dicti hospitalis e contrario opponebant quod collatio a domino Stephano Aniciensi episcopo, ecclesie sancti Agrippani facta non valebat ; ex eo quod, cum dicta Oucha sit de pleno dominio seu senioria ecclesie sancti Johannis, non poterat perrochianatum vel jus perrochiale dicte Ouche ecclesie sancti Agrippani aliquatenus conferre sine licentia eorumdem. Tandem, cum super hoc esset primo in curia Aniciensi, et postmodum in curia Romana a partibus diutius litigatum, compromisit utraque pars libere et sine omni conditione et retentione, non coacta sed spontanea, per se et successores suos in dictis domibus seu ecclesiis in futurum instituendos, quelibet sub pena centum librarum podiensium super hoc stare et parere dicto nostro arbitrio seu mandato.
Nos vero, auditis positionibus, responsionibus, et diligenter inspectis rationibus utriusque partis, habito prudentum virorum consilio, dictum nostrum arbitrium seu voluntatem nostram tulimus in hunc modum : videlicet, quod canonici, capitulum et cappellani curati ecclesie sancti Agrippani quittent, cedant, remittant, per se et successores suos, quicquid juris habebant, vel habere poterant, in perrochianatu vel jure perrochiali dicte Ouche et hominum ibidem nunc et in futurum commorancium, ecclesie hospitalis sancti Johannis Jherosolimitani Aniciensis, et ipsi hospitali et successoribus suis, predicta ratione, vel quocunque alio modo ; et renuntient donationi seu collationi, quam dicitur dominus Stephanus quondam Aniciensis episcopus ecclesie sancti Agrippani fecisse. Quod, Capitulum et Canonici Sancti Agrippani, scilicet Rotbertus Alazardi, Petrus de Chantamerle (4), Stephanus de Busilio (5), Petrus de Scabrin Lugdunensis, et cappellani dicte ecclesie, scilicet Willelmus de Maizonil (6) et Stephanus Girardi, in nostra presentia conslituti, incontinenti hunanimiter et concorditer omnes et singuli fecerunt.
Item arbitrati fuimus quod capitulum et canonici ecclesie sancti Agrippani Aniciensis, qui pro tempore fuerint, habeant, teneant et possideant, vel quasi, nunc et in perpetuum sine contradictione et inquietalione alicujus, decimam, quam ecclesia sancti Johannis Jherosolimitani Aniciensis, hospitalis, et rector et fratres ipsius hospitalis consueverunt habere, recipere et possidere, vel quasi, in villa et toto tenemento de Rochalber in heremo (7), et vestito cum pertinenciis suis, et cum omni jure suo utili vel directo ; et quod in dicta decima, ecclesia hospitalis predicti et rector et fratres ipsius hospitalis, vel in parte ipsius decime et pertinentiis ejusdem, nichil de celero petant, nec capitulum et canonicos sancti Agrippani per se vel per alium non molestent ; et quittent, cedant et remittant quicquid juris in dicta decima habebant, vel habere poterant aliqua ratione.
Qui incontinenti, decimam cum omni jure et pertinenciis suis, preceptor et fratres dicti hospitalis pura et mera liberalitate capitulo et canonicis dicte ecclesie sancti Agrippani recipientibus donaverunt ; et ipsam decimam cum suis pertinenciis penitus quitaverunt ; et de evictione et re habere licere, in nostra presentia constituti, capitulo sancti Agrippam et successoribus suis fideliter et hunanimiter niehilominus promittentes pleniter resarsire.
Item arbitrati fuimus quod utraque pars, quantis posset viribus, niteretur per se et majores suos quod omnem diligentiam adhiberet quod dictum nostrum mandamentum, arbitrium nostrum, nunc et in perpetuum servaretur et robur obtineret perpetue firmitalis ; et hoc bona fide, et hoc sine omni machinatione utraque pars fideliter repromisit, et omnem firmitatem per majores suos faceret quam Nos vel alius jurisconsultus consuleret faciendam.
Item diximus quod utraque pars rem sibi per Nos, ut superius dictum est, adjudicatam propria auctoritate posset libere nansisci.
Quod dictum nostrum arbitrium, mandamentum, volunlatem nostram, prout superius dictum est utraque pars acceptavit ; et omnia predicla et singula rata et firma habuit, et nunquam contravenire bona fide promisit.
Actum in chesia sabbato ante Rogationes (8) anno Domini M° CC° XL° octavo, presentibus Nobis, assistente magistro Willelmo de Vernassals (9) gerente vices Raimundi Matthei judicis et officialis Aniciensis auctoritate (sic) nobis prestante, Mathya presbitero, Willelmo de Rocha et Willelmo de Villanova clericis Aniciensibus, Johanne cappellano sancti Johannis Jherosolimitani, Petro Pereti, Mattheo Malmorcel, Blanco Baucha, Johanne Pointier, Bertholome (sic) Cortes, Petro Ricardi, et Willelmo sancti Vitalis (10).
In cujns rei testimonium, memoriam et perpetuam firmitatem ad instanciam et requisitionem utriusque partis fuit liec presens carta sigillis Aniciensis curie, — Poncii de Glavenatio thesaurarii et bajuli Aniciensis, — et Petri de Seniol (11), qui snccessit dicto fratri Willelmo in preceptoria seu bailia dicti hospitalis sancti Johannis Ierosolimitani Aniciensis, de consensu fratrum suorum, — et capituli sancti Agrippani Aniciensis sigillata.
De ces quatre sceaux il ne reste que les deux premiers, dont le second a pour légende : S. P. DE GLA[vanat bajul. a]NICIEN.
Le premier etait en tout semblable a celui de l'an 1200, qu'on a vu ailleurs (12). Il ne conserve de ses deux legendes (sceau et contre-scel) que : (Sigillum cur)IE : ANICIENSIS
SALVE : SAN(cta paen)S.
Ce sceau, disons-le encore, est de l'an 1248. Nous avons là au coutre-scel, par conséquent, le type de l'effigie de Notre-Dame du Puy pendant la première moitié du treizième siècle. La Vierge porte l'Enfant sur le bras gauche, et tient en main le sceptre surmonté d'une fleur de lis.
C'est à ce type et à cette époque qu'il faut rattacher les images en plomb ou enseignes de pèlerinage que faisaient fabriquer les maîtres de l'Hôtel-Dieu du Puy, en vertu d'un acte épiscopal à la date de l'an 1210, et dont le spécimen a été d'abord publié par M. Aymard (13), puis par M. Mandet (14). Ce dernier auteur ajoute (15) que c'est en 1165 (liser 1265), onze ans après le pèlerinage de saint Louis, qu'on remarque le premier changement dans les sceaux du chapitre. Il se fonde apparemment sur cette phrase de Gissey (16) :
« Et pour confirmer davantage ce que je dis de la venue de cet Image, ie diray auoir veu un seel fort ancien du chapitre de Nostre Dame du Puy, en deux hommages et recognoissances faictes audit chapitre de l'an 1263, huit ou neuf ans apres le retour de sainct Louys, par Iausserant, seigneur d'Usson, et l'autre de l'an 1266 par Guillaumme de Bassia son successeur, où l'on y void relevee en cire l'Image de Nostre Dame, toute différente de celle d'aujourd'huy, estant assise comme dans un trhosne portant son Fils au bras droit, et de la main gauche un sceptre avec une fleur de lys au bout, et l'Enfant une semblable en sa gauche. »
On voit par là qu'en 1263, après la seconde visite de saint Louis (9-11 août 1254), le type de l'image n'était plus le même qu'en 1248. La Vierge, au lieu de porter l'Enfant divin sur le bras gauche, le porte sur le bras droit. Ce fait est confirmé par un parchemin des archives départementales (17)daté du mercredi 3 octobre 1286, auquel est appendu le sceau du chapitre (18) parfaitement conservé. D'autres sceaux de la seconde moitié du treizième siècle, portant le même type, se trouvent, soit aux mêmes archives, soit dans celles de l'Hôtel-Dieu ; quant à ceux de l'officialité ou de la cour ecclésiastique, on voit qu'à partir de cette même époque le contre-scel n'est plus en usage. Ce fait, que jusqu'à présent personne n'avait signalé, ouvre un nouveau champ aux recherches sur la forme qu'avait la véritable statue donnée par saint Louis. Nous ne pousserons pas au-delà nos recherches, faute de temps pour analyser tous les documents nécessaires ; mais, assurément, de ce que nous venons d'exposer, nous pouvons conclure que cette forme n'était pas celle de la Vierge portant l'Enfant au giron. Nous ne connaissons pas d'autre sceau avec cette effigie plus ancien que celui publié par M. Aymard (19). Or, il est du seizième siècle, ou tout au plus du quinzième.
Notes Suite étude critique
1. Fonds Saint-Agrève LXXX.
2. Glavenas, commune, canton et arrondissement d'Yssingeaux.
3. Mons (?) comm. près le Puy, dont le château seigneurial existe encore.
Nous avons constaté qu'avant le quatorzième siècle, Vals (Valles) est toujours désigné sous le nom de Val (Vallis).
4. Commune de Chaudeyrolles, canton de Fay-le-Froid.
5. Boussillou, commune de Saint-Germain-Laprade, canton du Puy.
6. La Maisonial, commune de Tence, ou peut-être Mezonnial, commune de Férussac, canton Pinols.
7. Roche-Aubert, commune d'Estables, canton de Fay-le-Froid.
8. Le dimanche des Rogations est le cinqiuème apres Pâques.
9. Vernassal commune, canton d'Allègre.
10. Saint-Vidal, commune du canton de Landes.
11. Senenjols, commune du canton de Cayres.
12. Tablette, pagages 7, 8 et 49.
13. Congrès scientifique de France, vingt-deuxième session tenue au Puy en septembre 1855, tome II, 626 ; Paris, 1856.
— La médaille des Chaperons blancs, publiée par le même auteur (ibidem, 623), offre un type ressemblant, mais plus ancien.
14. Opuscule cité, II, 195.
15. Opuscule cité, 196, notes.
16. L. II, chapitre 7.
17. Fonds Saint-Vosy VIe XX (620).
18. Voici sa légende : SIGILLVM CAPITVLI BEATE MARIE ANICIENSIS.
19. Fonds Saint-Vosy VIe XX (611).
Sources : Fidel Fita S. J.. Tablettes historiques de la Haute-Loire, 1870-1871, pages 193 à 207. Le Puy 1871. - BNF
Anécdote N° (23)
20/03/2011
Val-de-la-Haye
Département: Seine-Maritime, Arrondissement: Rouen, Canton : Saint-Martin-de-Boscherville - 76
Après Biessard, dont il a été dit un mot à propos de l'excursion de Quevillon, et qui est encore un hameau de Canteleu, le bateau de La Bouille fait escale au Val-de-la-Haye, l'une des plus coquettes stations du parcours.
L'histoire du Val-de-la-Haye est fort intéressante. Le village avait déjà une certaine importance dès le VIIIe siècle, et les rois d'Angleterre, ducs de Normandie, y venaient volontiers en villégiature au XIIe siècle.
Selon M. l'abbé Tougard, le nom de Haye, qui signifiait, au Moyen-Age, enclos pour la chasse, fut donné à cette localité parce que Guillaume-le-Conquérant y avait bâti un manoir entouré d'un parc. C'est ce manoir, agrandi par Henri Ier et désigné sous le nom de Sainte-Vaubourg, qui fut par lui donné aux Templiers en 1173.
La commanderie de Sainte-Vaubourg prospéra et était l'une des plus florissantes de l'ordre du Temple quand s'ouvrit, sous Philippe-le-Bel, le procès qui se termina par la spoliation des biens de cette puissante institution.
Le débarcadère du bateau de La Bouille est en aval d'une très vieille maison du XVe siècle ; c'est plus loin, à la station dite de Couronne, que l'on rencontre la route qui monte à l'église du Val-de-la-Haye. Le presbytère est à droite, le château moderne, à gauche. En continuant de gravir la petite côte, on voit ce qu'il subsiste de l'ancienne commanderie de Sainte-Vaubourg.
Une partie de la ferme actuelle est une construction du XIIe siècle ; dans la cour, on remarque une belle et vaste grange, bâtie sous Saint-Louis, et où le clergé de la contrée enfermait les produits de la dîme. L'intérieur en est partagé en trois nefs par des piliers de bois.
Tout au sommet du coteau, on a, à droite et gauche, une magnifique route, ombragée de grands arbres et sur laquelle descend une pelouse gazonnée.
Grange dîmeresse, au Val-dela-Haye

Dans le bois de la Commanderie, qui confine à la forêt de Roumare, on trouve des bornes de pierre où l'on distingue encore les armoiries des commandeurs.
Si l'on redescend vers la Seine, dans la direction du courant, on arrive auprès d'une autre station du bateau de La Bouille, celle de Couronne, dont il vient d'être parlé, près de la colonne commémorative érigée par souscription le 15 août 1844. Elle marque l'endroit où, le 9 décembre 1840, les cendres de Napoléon Ier, ramenées de Sainte-Hélène par le prince de Joinville, touchèrent pour la première fois le sol français. C'est un monument d'ordre dorique, surmonté d'une aigle de bronze aux ailes à demi-repliées.
Le Val-de-la-Haye a conservé une légende sur Sainte-Vaubourg, fille d'un chef normand nommé Richard.
Elle avait l'habitude de traverser la Seine pour se rendre en prière à l'église de Grand-Couronne, et toujours les flots s'écartaient devant elle, la laissant passer à pied sec.
Un jour, elle se croisa sur la berge avec une bande de soldats qui entraînaient au gibet un malheureux condamné à mort. Le pauvre diable implora sa compassion ; elle s'arrêta et demanda pourquoi on le voulait pendre.
— C'est, lui dirent les soldats, un misérable qui s'appropriait le bien d'autrui.
— Oh bien ! Répondit-elle, que justice soit faite. Et elle continua sa route.
L'homme fut pendu ; mais le soir, quand la trop peu compatissante Vaubourg, revenant de Couronne, voulut franchir le fleuve comme elle en avait l'habitude, l'eau continua de couler, et le miracle ne se renouvela plus.
Il y a, sous cette fiction ingénieuse, une assez jolie leçon de charité.
Sources : Müller, Louis. Autour de Rouen, page 148 à 150. Rouen 1890 - BNF
Anécdote N° (24)
03/04/2011
Vicomtes de Saint-Antonin
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Commune: Saint-Antonin-Noble-Val - 82
La Décadence des Vicomtes de Saint-Antonin
Appauvris par leurs expéditions outre-mer, diminués moralement peut-être par la concession des coutumes, les vicomtes de Saint-Antonin virent bientôt pâlir leur étoile ; ni la haute fortune de leur frère Raymond, évêque de Toulouse, ni la gloire littéraire du troubadour Raymond-Jourdain, fils de Guillaume-Jourdain, ne purent arrêter la décadence.
Dès 1155, ils durent bailler en fief honoré une notable partie de leurs droits à Guillaume de Fontanes et à Humbert de Fontanes, frères, et aux fils de ce dernier. Quand les vicomtes eurent fait le partage de leurs biens, les frères Fontanes reconnurent à Pierre, l'un d'eux, 11 albergues de chevalier et 45 sols d'acapte, et à Isarn 4 albergues de chevalier et 45 sols d'acapte seulement. Remarquons que le droit d'albergue consistait à se faire défrayer avec chevaux une fois par an chez les vassaux, et l'acapte était un droit à payer en argent à la mort des vassaux. La part de Guillaume-Jourdain fut nulle dans ce partage, soit qu'il eût été déjà indemnisé, soit parce qu'il avait épousé l'héritière des Paris, seigneurs de Parisot. La reconnaissance de ces droits avait eu lieu au mois de juin 1155, et c'est le 2 août que se fit le partage des possessions vicomtales (1).
1. Inventaire Philippy.
Cependant, le vicomte Isarn fit encore figure pendant quelque temps, car, le 1er octobre 1180, il fut témoin à l'acte par lequel Raymond, comte de Toulouse, fils de Faidite, prit sous sa protection Pierre, abbé d'Aurillac, contre les habitants, et que celui-ci céda en retour ses droits sur Tonnac, et sur le four de Puycelsi (2).
2. Histoire de Languedoc, VIII, 344-345.
Cependant, la dépossession avait déjà commencé.
La fortune se retira des vicomtes comme aussi des chanoines, et elle passa aux Templiers de Vaour qui s'étaient établis vers 1145. A partir de ce moment, c'est à ces derniers que vont les donations ; les chanoines impuissants leur cèdent la défense de leurs terres et leur en confient l'exploitage, avec quelques réserves.
Peu à peu les vicomtes font vente au Temple de leurs biens, ou bien ils ratifient les cessions antérieures. C'est ainsi que, en 1182, le vicomte Frotard et son frère Sicard confirment la vente de leurs terres, pâturages, abreuvoirs, cabanes et bois, pour la somme de 300 sols melgoriens. Cette somme, qui, comme d'autres, fut dissimulée sous le nom d'aumône, leur fut payée, à la côte de Parriac, en face de Bonne.
Au mois d'avril de cette même année, quand Armand de Penne abandonna la dîme de Cogusac et celle des Albis, le vicomte Isarn dut consentir à cette donation, à cause des droits qu'il avait sur ces redevances.
Au mois de mai, le même vicomte ratifia toutes les acquisitions faites par les Templiers, dans ses terres, pâturages, fontaines, cabanes, usage des bois par les bergers, et il reçut de ce chef une somme de 200 sols melgoriens, à titre de charité, que, dans la rue de Penne, lui donna Fortz Sans, maître de la commanderie de Vaour.
Au mois de décembre 1184, le vicomte Sicard, pressé vraisemblablement par le besoin, céda aux Templiers ses droits sur Castres et sur les biens acquis des chanoines ; il céda aussi ses droits sur ses bois, fontaines et pâturages, même sur les bêtes sauvages du masage de l'Olmet, et il reçut sans honte 200 sols melgoriens.
C'est le besoin d'argent qui obligea Isarn IV à aliéner, le 22 février 1197 (1198) le grand pré, dit vicomtal, qui longe la Bonnette ; il reçut de ce chef 2000 sols cahorsins que lui payèrent les consuls mentionnés ici pour la première fois. Furent témoins : S. de Paris, Guillaume de Granoillet, fils de R..., R. de Cregoalla (Cargoale), et autres encore. La preuve de la détresse du vendeur se prouve par le fait de dégager un prêt de 200 sols assis sur ce pré, et dont il était redevable aux banquiers ou usuriers : et outra aquetz II M sols, feiro lo assolve de CC sol que ell devia allz peingnaters acui ell n'avia
empeignat aquest prat.
La famille comprenait les membres suivants : Isarn IV, Frotard, son frère, mort peu après, Isarn V, fils de Frotard et de Bertrande de Caussade, Armant, vicomte, et Pierre, son frère, créancier de l'évêque d'Albi pour la monnaie, et Adhémar Jordas (Aymar Jourdain), leur cousin, qui était fils du troubadour.
Il est vrai que, le 4 octobre 1185, le vicomte Isarn céda à Raymond, Raymonde et à Raymond Isambard les biens qu'il avait à Négousas, et cela par bienveillance ou amitié (3).
— Témoins : Bertrand de Granolhet, Jean de Fontanes.
3. Inventaire Philippy. — Les actes de vente des possessions vicomtales se trouvent dans Cabié, Le Cartulaire des Templiers de Vaour.
Frotard, devenu chef de famille, avait épousé Bertrande de Caussade. Celle-ci vendit à Ratier, fils de Ratier, vicomte, le 6 des nones de juillet 1198, dans la galerie du château de Caussade, les droits que, du chef de sa femme, ce dernier avait à Caussade et sur le territoire de la paroisse de Saint-Cirq. A cet acte, et pour en souligner l'importance, furent présents : Amiel de Penne, Olivier, son frère, Rocafors, Mafre de Penne, G. del Cause, Peyre Armand, plus vingt-cinq autres personnages, et R. Marcandairus qui écrivit l'acte, et R. Begon, qui le dicta (4).
4. Archives de Saint-Antonin, DD16. Teulet. Layettes, I, 196. — Publié par Clovis Brunel. Chartes en provençal page 312.
Au mois de juin 1166, indiction 14, Alexandre III étant pape, et Louis VII, roi, le vicomte Flotard fut présent à la donation que fit Pierre Verrouls, à Géraud, abbé de Beaulieu, de trois domaines ou masages de Saint-Journet, Guillaumens, Charrens, situés en la paroisse Notre-Dame de Servanac, où il avait le quart des oublies, esplèches, services, vicairie, mondanie, donnant au mois de septembre une rente de cinq setiers froment et cinq setiers mixture. Il est vrai que par un dernier testament le dit- Pierre Verrouls donna tous les droits susmentionnés aux charités de Saint-Antonin.
Je n'ai pas tout copié de cette étude, c'est juste pour les Templiers de Vaour et les quelques noms de lieux cités. Vous pouvez lire la suite à la BNF
Sources : Le Chanoine Firmin Galabert. Bulletin archéologique, historique et artistique de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, page 27 et suivantes. Tome LXII, année 1934. Montauban 1935 - BNF
Anécdote N° (25)
14/06/2022
Itinéraire, 77
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Fontainebleau, Canton: Château-Landon - 77
De Sully-sur-Loire à l'orée de la forêt de Bière
Jusqu'à Bellegarde (20 km au plein nord de Sully) aucun problème : c'est à partir de là, on l'a vu, que les avis divergent, la thèse du trajet direct par Melun infléchissant l'itinéraire plus à l'ouest. S'il faut abandonner cette thèse, ainsi qu'on le pense généralement, et chercher un peu plus à l'est, d'autres suppositions sont offertes.
Trois auteurs (1) proposent les étapes suivantes : Château-Landon atteint par une ancienne voie celtique (2), La Chapelle-la-Reine par « le grand chemin de Bourgogne », Ury, Fontainebleau, Avon. L'un de ces auteurs, Eugène Plouchart, est plus précis que les deux autres (3).
A partir de Bellegarde, il fait passer l'itinéraire par Ladon, Le Temple, d'où, avant le XIVe siècle, les Templiers assuraient la sécurité des routes proches de pèlerinage, et Grand-Gasson, un peu en aval de Château-Landon. Entre Landon et Le Temple et Grand-Gasson se trouvait un ancien chemin presque en ligne droite (4) que les premiers Capétiens avaient longtemps entretenu pour faciliter leurs déplacements vers Lorris-en-Gâtinais, important centre rural plus au sud : le Gâtinais ayant été réuni au domaine royal en 1068.
A Grand Gasson la petite troupe rejoignait « le grand Chemin » Paris-Lyon. Mais elle devait se porter vers le nord-ouest pour éviter Nemours, tenue par les Anglais.
1. Abbé Casimir ROUETTE, Itinéraire de Jeanne la Pucelle, Vulaines-sur-Seine, 1894, 2 vol.
– Eugène PLOUCHART, Jehanne à Fontainebleau, ivi, 1929.
– Marie-Paule RENAUD, op. cit., page 70.
– L'abbé ROUETTE intercale deux étapes, à Gien et à Montargis, entre Sully et La Chapelle-la-Reine. Mais on peut écarter ce détour qui rallonge l'itinéraire, inutilement semble-t-il. Après Fontainebleau, l'abbé fait passer la Seine par Jeanne d'Arc au pont de Samois : puis, de là, place l'arrivée à Melun ; ce qui, nous l'avons vu, n'est pas vraisemblable.
2. Les Anglais s'étaient retirés de Château-Landon en 1427. Georges PEYRONNET, L'action des combattants de l'ombre de la guerre de Cent Ans à l'heure du plus grand péril (1420-1429), Bulletin de l'Association des Amis du Centre Jeanne d'Arc, Orléans, n° 24, 2000, page 21.
3. PLOUCHART, op. cit., pages 15-6 et 20.
4. Cf. la carte en couleurs de l'Institut Géographique National au 1/100 000, série verte, n° 21, Paris-Montargis.
Sources : Connaissance de Jeanne d'Arc (Chinon, Indre-et-Loire). Chinon 2006. - BNF
Anécdote N° (26)
16/06/2022
Moules à enseigne de pèlerinage et médailles (XIVe siècle)
Département: Vienne, Arrondissement: Montmorillon, Canton: Civray - 86
Le R. P. de la Croix donne lecture d'une note archéologique relative à des moules à enseignes et à médailles de pèlerinages trouvés il y a quelques mois à Civray dans des terrains portant au cadastre le nom de Temple. C'est sur ces terrains que s'élevait autrefois un établissement de Templiers qui fut remplacé par une commanderie de Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Sur ces moules en parfait état de conservation sont représentés:
1° — Un Saint Jean-Baptiste et un Agnus Dei, l'un ayant servi d'enseigne et l'autre de médaille ; 2° un autre saint jusqu'ici indéterminé, mais destiné à une enseigne, et une croix pattée utilisée sans doute comme médaille. Ces moules, d'un grand intérêt, seraient, d'après le R. P., du XIVe siècle et auraient appartenu a cette commanderie.
Une circonstance fortuite m'a mis, il y a quelques mois, en possession de deux moules à Enseignes et à Médailles de pèlerinages, trouvés à Civray (Vienne), dans l'emplacement d'une commanderie, qui s'appelle aujourd'hui le Temple, et qu'occupaient, au XIIe siècle, des Templiers ; au XIVe siècle, des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (1).
1. — Il y avait à Civray une maison de Templiers, domus Templi apud sivoicum, 1184 (Fontenceau, tome XVIII, page 555), qui devint une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem... (Dictionnaire topographique de la Vienne, Redet)
L'intérêt que présentent ces objets m'engage à en donner la description et à ajouter quelques observations.
Ces deux moules, en pierre calcaire lithographique, contiennent chacun deux sujets assez grossièrement gravés en creux. Leurs contreparties, destinées à donner une épaisseur convenable aux objets fondus, n'ont pas été retrouvées ; mais, à l'examen des moules, il semblerait qu'elles auraient été planes ou ne possédaient qu'un simple évidement d'une minime profondeur, et que cet évidement aurait uniquement suivi, non les détails des sujets, mais leurs contours.
Moule n° 1 Image
Après avoir décrit les deux moules et les sujets qui y sont gravés, examinons ce que peuvent représenter les sujets qui s'y voient.
2° — A quelle époque on pourrait les classer.
3° — Enfin, où ils ont dû être confectionnés.
Le moule n° 1 contient deux sujets représentant des personnages, et à la forme d'un parallélogramme irrégulier déformé sur trois de ses côtés ; sa hauteur est de 87 millimètres ; sa largeur, de 77 millimètres, et son épaisseur, de 88 millimètres. Le principal sujet représente un personnage debout, nimbé, vêtu d'une tunique, le bras droit plié au coude vers la gauche et paraissant montrer l'animal qui est sur l'autre bras ; le bras gauche écarté du corps, et le bas des jambes apparent. On voit aussi à côté du bras droit un petit motif fort mat gravé qui pourrait peut-être figurer tige avec des fleurs. Malgré l'incorrection du dessin et de la gravure, l'animal figuré sur les bras et l'épaule gauche du saint semblerait être un agneau.
— Ce personnage occupe le centre d'une ornementation circulaire à doubles traits qui forme encadrement. La partie laissée libre entre les deux traits est remplié par des jambages graves de droite sur gauche, et le trait extérieur est meublé de petites perles. Quatre annelets y sont également annexés et paraissent avoir été destinés à fixer l'objet sur de l'étoffe ou sur du bois. Quant à la grande cannelure qui vient aboutir au bas de cette sorte de cordelière décorative formant cadre, elle n'est autre chose que la coulée par laquelle le métal en fusion entrait dans le moule. Pour ce qui est des quatre traits un peu longs et épais qui rompent le rang de perles circulaires, ils ne sont, ce semble, que les évents destinés à recevoir les bulles d'air que produisait nécessairement le métal en fusion au moment de son introduction dans le moule....
Moule n° 2 Image
Le moule n° 2, beaucoup plus petit que le précédent, possède également deux sujets, mais a subi de regrettables mutilations. Il n'a plus que 55 millimètres de hauteur, 41 millimètres de largeur et 15 millimètres d'épaisseur. Le principal sujet, qui est entier, représente un Agneau ou Agnus Dei marchant de droite à gauche la tête retournée, coupé par une croix latine à longue tige, dont les trois bras supérieurs semblent pattés. Sur ses flancs existent des traits assez mal gravés qui paraissent représenter deux petites croix.
Le tout se trouve enchâssé dans un anneau composé d'un simple cercle garni de perles à l'extérieur. Au haut du cercle se voit un annelet, et au bas une coulée.
Le second sujet représente une croix ancrée à quatre branches égales (il n'en reste que deux), entourée d'un cercle composé d'un seul trait ; de petites ciselures reliaient deux par deux et en courbes opposées à celle du cercle formant cadre, les extrémités des bras de la croix.
Ces deux sujets étant de petites dimensions paraissent n'avoir été que des médailles ou souvenirs pieux, mais non des enseignes de pèlerinages. Si, comme cela parait probable, la partie brisée du moule avait comporté la ciselure d'un annelet semblable à celui qui surmonte l'Agnus-Dei, ces deux médailles auraient pu être suspendues.
Après avoir décrit les deux moules et les sujets qui y sont gravés, examinons:
1° — Ce que peuvent représenter les sujets qui s'y voient.
2° — A quelle époque on pourrait les classer.
3° — Enfin, où ils ont dû être confectionnés.
1°. — Il semblerait que le personnage debout, nimbé, sur le bras et l'épaule gauche duquel se voit une sorte d'agneau ou de mouton, serait saint Jean-Baptiste. Ce qui porterait à le croire, c'est que d'une part le personnage paraissant nimbé représente par-là même un saint, et possède l'agneau ou le mouton, l'un des attributs de saint Jean-Baptiste ; d'autre part, le moule a été trouvé dans une Commanderie occupée d'abord par des Templiers, puis par les Hospitaliers de
Saint-Jean de Jérusalem, dont saint Jean Baptiste était le patron.
— Nous ne pouvons également méconnaître que cet autre sujet, représentant un Agnus Dei, puisse rentrer, par l'agneau lui-même, parmi les attributs représentés sur les objets ayant trait au culte de saint Jean-Baptiste. Il serait de même possible, croyons-nous, de voir un saint Eloi dans le personnage debout, mitré, revêtu de l'aube et de la chasuble, bénissant de la main droite et tenant de la gauche un marteau. Ce saint était évêque, et c'est dans l'attitude d'évêque debout et tenant à la main un marteau, qu'il est le plus souvent représenté (1).
Quant à la petite croix pattée, elle rentre dans les souvenirs communs à tous les pèlerinages.
1. Père Cahier. Caractéristique des Saints.
2° — Pour ce qui est de l'époque à laquelle ces moules auraient été confectionnés, nous croyons qu'il serait difficile de la placer ailleurs que dans le XIVe siècle. En effet, ces moules ont été trouvés dans une Commanderie qui n'a été habitée par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qu'au XIVe siècle ; de plus, ils représentent des personnages dont les emblèmes sont ceux de saint Jean-Baptiste, patron de ces mêmes Hospitaliers enfin, la chasuble dont est revêtu un des personnages a la forme usitée à cette époque.
3° — Quant à l'usage de ces moules, il parait très probable que celui (n° 1) qui contient, comme nous le pensons, un saint Jean-Baptiste et un saint Eloi, aurait servi à des enseignes de pèlerinages, si l'on en juge du moins par les annelets qui les entourent. Il semblerait au contraire que celui (n° 2) sur lequel sont gravés un Agnus Dei et une croix ancrée était destiné à fondre des médailles de pèlerinages, que l'on pouvait suspendre ou attacher à un morceau d'étoffe ou de bois.
R. P. De la Croix, S. J. Bulletins de la Société des antiquaires de l'Ouest, page 301. Tome V. Poitiers 1892. - BNF
Anécdote N° (27)
08-10-2022
Le Château de Gagny
Département: Seine-Saint-Denis, Arrondissement et Canton: Le Raincy - 93
Le musée de souvenirs que constitue notre région, vient de senrichir de la découverte dun plan du XVIIIe siècle, tiré des Archives Nationales, représentant le château féodal de Gagny, lune de nos plus anciennes forteresses locales, construite selon toute apparence an début du XIIIe siècle.
Cet édifice, qui ne doit pas être confondu avec le château sur lemplacement duquel sélève aujourdhui la Mairie de Gagny, émergeait du vaste étang du parc des Sources, aménagé en vue de sa construction. Ses ruines disparurent vers 1765.
Il avait été donné en 1272 aux religieux du Temple, de Clichy-sous-Bois (Clichy-en-lAulnois), avec ses dépendances, fiefs et arrière fiefs, par Guérin de Gagny, chevalier, qui lui-même sétait engagé dans lordre des Templiers (1), alors en grande vénération.
1. A. Hustin. Histoire de Gagny.
Ses héritiers avaient solennellement confirmé cette importante donation et accepté de ne conserver de ce domaine que leur part en usufruit, leur vie durant. Son fils, Pierre de Gagny, avait obtenu la promesse dêtre inhumé dans leur église (2).
2. A. Hustin. Histoire de Gagny.
Dans le cours du XIVe siècle, le château fut dévolu, ainsi que la Commanderie de Clichy, sous la dépendance de laquelle il resta jusquà la Révolution, aux religieux de lordre de Malte, et dans la suite, aliéné à la charge dune rente perpétuelle à percevoir sur tous les héritages qui composaient le fief, au profit de cet ordre nobiliaire. En conséquence de cette réserve subsista un vestige de copropriété doù il résulta que le prince de Conti, puis M. de Crussol, grands prieurs de lordre de Malte, se trouvèrent dans la nécessité de faire dresser en 1730 et 1785, des plans détaillés de lancien fief de Guérin de Gagny qui constituent pour lhistoire de cette commune des documents de premier ordre.
Le château fut cédé en 1706, pour le prix de 84.650 livres, par M. de Billy, fils de Madeleine de Férary qui le tenait de son père, Dominique de Férary. La vente en fut consentie à la condition que lacquéreur, messire Joseph Blondel, chevalier du Saint-Sépulcre de Jérusalem, accepterait le marché que M. de Billy venait de conclure avec un entrepreneur de Paris pour faire réparer les bâtiments du château, moyennant un prix convenu de 14.650 livres. Il y a lieu de croire que cette condition ne fut pas remplie, et que la forteresse sachemina, faute dentretien, vers une rapide destruction.
En 1725, le château de Gagny passe aux mains de M. de La Bouexière, financier connu pour ses prodigalités et le faste avec lequel il avait meublé et décoré sa maison du faubourg Montmartre à Paris, dont les glaces et les trumeaux lui avaient coûté cente mille livres, et lornementation des cheminées vingt-cinq mille (3).
3. Capefigue. Histoire des Fermiers Généraux.
Soit que les bâtiments du château de Gagny fussent devenus inhabitables, soit que le séjour de ses tours massives lui parût triste ou incommode, M. de La Bouexière abandonna cette demeure et prit possession du prieuré de Maison Rouge, plus logeable et mieux situé, quil obtint par bail emphytéotique de cinquante ans, à des conditions qui seront relatées ailleurs, et parmi lesquelles la suppression du prieuré comme établissement religieux lui fut accordée.
Lancienne forteresse de Guérin de Gagny, depuis longtemps sans raison dêtre sous son aspect anachronique, fut définitivement délaissée. Lorsque M. Emmanuel Hocquart, petit fils par sa mère de M. de La Bouexière fit transformer en 1765 le château de Montfermeil, son entrepreneur, Lécluse, accepta en même temps denlever ce qui restait des matériaux du château de Gagny.
Létang qui lentourait, créé et alimenté par les eaux de la fontaine Saint-Fiacre, que la pente naturelle du sol conduisait en cet endroit, avait été asséché.
Depuis longtemps dailleurs, on avait comblé la partie étroite de la pièce deau qui séparait lîle de la terre ferme, du côté de la rue de Montfermeil, afin de permettre aux voitures laccès du château, et de créer une cour spacieuse, de laquelle la carte Delagrive, ainsi que lancien plan cadastral de Gagny, indiquent les dimensions et le contour extérieur, en partie conservés par la parcelle n° 1427 de la section A du village, qui forme maintenant plusieurs propriétés (4).
4. La création de cette cour offrit linconvénient de modifier le parcours de la rue de Montfermeil et dobliger les habitants à un détour incommode. La cour bordait au sud la rue Gossec. Des diverses propriétés construites aujourdhui sur cet emplacement, la plus importante est celle de M. Gaiffe, 41, rue de Montfermeil.
Suivant le plan des Archives Nationales auquel nous nous référons principalement, la citadelle affectait la forme dun trapèze dont chacun des angles comportait une grosse tour. Elle est représentée, placée entre deux gerbes de jets deau dun goût discutable, situées lune au Nord, lautre au Sud du château.
Une rue dite de lEtang marque aujourdhui lendroit le plus profond de lancienne pièce deau qui se développait le long et au bord même de la rue de Montfermeil. Mais rien ne distingue plus lemplacement du château des terrains avoisinants. Toutefois, étant donné sa position dans laxe de la cour qui le précédait, on est fondé à le placer sur les deux parcelles du même plan cadastral n° 1511 et 1513.
Il semble quaucun des historiographes de notre région nait eu connaissance du plan des Archives Nationales (5) dressé lorsque le prince de Conti voulut se rendre compte de létat des Commanderies du Grand Prieuré de France confiées à son administration (6).
5. Archives Nationales — Seine-et-Oise, tome III, page 251.
6. Ce plan reproduit également lancienne église de Gagny. Le dessin, recueilli par nos soins, est déposé aux Archives de la Société Historique du Raincy, à la disposition de MM. les Sociétaires.
On observe que la forteresse de Gagny, spécimen remarquable de larchitecture militaire du moyen âge, avait subi peu de modifications depuis le XIIIe siècle. Des ouvertures pratiquées dans les bâtiments dhabitation et les tours, pour laisser pénétrer lair et la lumière, en avaient quelque peu modernisé laspect qui, en perdant de sa sévérité primitive, était devenu plus accueillant. On ne peut sempêcher de regretter quelle ne soit parvenue intacte jusquà nous, car elle présentait, en même temps que limage la plus pittoresque, le modèle achevé des châteaux construits antérieurement à la découverte de lartillerie, mais où cependant les armes à jet et les engins de siège de cette époque avaient atteint la perfection et la variété les plus complètes.
Contentons-nous den avoir rappelé lexistence, déterminé lemplacement, reproduit laspect (7), et formons le vœu que quelque chercheur consciencieux nous offre prochainement lhistoire complète du château de Gagny, ainsi que de la construction plus moderne édifiée sur le même emplacement après la disparition de la forteresse, et que la carte Delagrive indique avec la plus parfaite netteté.
7. Voir lEcho du Raincy du 3 janvier 1931.
Presque tous ces châteaux, nombreux au moyen âge, ont disparu sans quaucun dessin ni aucun plan en aient été conservés (8).
8. Cest ainsi que la forteresse qui constituait le chef-lieu du fief du Beauzay, à Montfermeil, na laissé dautre souvenir que le tracé du pourtour extérieur de ses fossés de protection, indiqué sur le plan cadastral de la commune de Montfermeil, section C du bois Thysbé.
Suivant lavis éclairé de M. le Commandant Bailly-Maître, de qui les études d'architecture militaire du moyen-âge, font autorité, la forteresse du Beauzay, daprès sa forme et ses dimensions, aurait été construite sous Philippe-Auguste. Le fief du Beauzay, bien que situé sur le territoire de Montfermeil, échappait à lInfluence des seigieurs de cette localité. Ses propriétaires avaient pour suzerains les seigneurs de Pomponne.
Le château de Gagny était protégé par de fortes murailles émergeant de létang. Une seconde ligne de défense se dressait en arrière de la première, comportant à chacun de ses angles une tour menaçante, faisant saillie extérieure. Enfin, à lintérieur, près de la paroi de lenceinte, le donjon, suprême refuge de la garnison, dressait sa silhouette redoutable et commandait les alentours.
On ignore si, à lorigine, la citadelle était reliée à la terre ferme par un pont, quelles en étaient les défenses, et si une issue masquée permettait à la garnison, serrée de trop près à lintérieur du donjon, de séchapper en gagnant la campagne.
Les habitants de Gagny vécurent durant les longues années dinsécurité du moyen âge sous la protection de cette citadelle à lintérieur de laquelle ils accoururent sans doute bien des fois, à lappel du tocsin, quittant la charrue pour prendre les armes et participer à la défense commune. Respectons et conservons ces souvenirs qui mettent en lumière lénergie et lesprit de solidarité dont nos pères ont longtemps continué la tradition.
Sources : Noël, Lucien. Montfermeil et sa région : fragments historiques - BNF
Anécdote N° (28)
29-10-2022
Histoire de Chartres
Département: Eure-et-Loir, Arrondissement et Canton: Chartres - 28
Lordre du Temple, à peine au berceau, fondait, entre Beauvoir et le bourg Muret, une maison dHiérosolymitains (vers 1115) ; et les religieux de Marmoutier recevaient en pur don labbaye de Saint-Martin-au-Val (1128).
Après le désastre de Vitry, Louis-le-Jeune avait formé le vœu de prendre la croix ; labbé de Clairvaux encouragea cette résolution et la croisade fut proclamée dans lassemblée tenue à Vézelay le jour de la Nativité 1145. Parmi les princes qui senrôlèrent sous la bannière du Christ, on remarqua Henri, fils aîné du comte Thibault.
Saint Bernard étant venu, sur la demande de lévêque Geoffroy, prêcher la guerre sainte à Chartres, en 1146, ses discours enflammèrent dune telle admiration les seigneurs de la Beauce, quils voulurent lui décerner le commandement de lexpédition. Mais lexemple de Pierre lHermite, si malheureux dans la conduite de la première armée de la Croix, détermina Bernard à décliner cette mission. Avec le jeune comte Henri et son épouse, partirent Geoffroy, vicomte de Châteaudun, Guillaume dAiguillon, les trois frères du Mesnil-Simon, Robert, frère de Geoffroy dOrrouer, Philippe de Tréon, Eudes Brunei, Renaud et Hugues dOuarville (1147) (1)
1. Renaud dOuarville rapporta de Constantinople, pour léglise Saint-Martin dOuarville, des reliques quil mit sous la garde des chanoines de Saint-Jean-en-Vallée, possesseurs de cette église, à la condition de les exposer, chaque année, le jour de saint Philippe, à la piété des fidèles. (Archives départementales, Cartulaire de Saint-Jean, inventaire n° 242. Charte passée en présence de Garin, abbé de Saint-Jean, de Foucher, abbé de Sainte-Marie de Châteaudun, de Thibault, abbé de Saint-Cheron, dEudes de Montigny, de Gervais et de Galatin, chevaliers du Temple.
Les trois frères du Mesnil-Simon eurent les mains écorchées par les infidèles, doù ils prirent pour armes dargent à six mains de gueules. (Souchet-Etienne, page 498.)
Des fondations religieuses importantes, dues, sans doute, à la piété de Jean et au zèle ardent de lévêque Gauthier, augmentèrent vers la même époque la milice monacale de Chartres. Les frères Prêcheurs ou Jacobins, enfants de saint Dominique, et les frères Mineurs ou Cordeliers, enfants de saint François, furent introduits dans la ville en 1231. Les premiers se logèrent près de la maison des frères Templiers, entre les bourgs Muret et de Beauvoir, dans un lieu que leur assigna le doyen Hugues de la Ferté ; les seconds sétablirent dans le faubourg, hors la porte des Épars.
Ce moment de paix entre les Seigneurs temporels et spirituels de Chartres fut mis à profit par linstitut des frères Prêcheurs ou Jacobins, fondé récemment, comme on la dit plus haut, près de lhôpital des chevaliers du Temple de Jérusalem. Ces religieux, protégés par le Roi et par le Comte, avaient une réputation de science qui attirait la foule dans leur église et leur faisait de nombreux amis.
En 1258, quelques bourgeois généreux leur donnèrent ou vendirent à prix modéré les maisons, les hébergements et autres héritages qui les avoisinaient ; de sorte que leurs possessions sétendirent promptement depuis lancienne forteresse ou Bretèche, située à la tête du bourg Muret, jusquau four de lEvêque, et de là, jusquà la maison des Templiers.
On ne voit pas que le lugubre drame des Templiers, qui se joua de 1307 à 1311, ait fait beaucoup de bruit à Chartres.
On sait seulement que le Chapitre figura par députés au concile provincial de Paris, convoqué par larchevêque de Sens au mois de mai 1310, qui condamna lOrdre dans la province ecclésiastique, et que le comte Charles assista, vers la fin de 1311, avec son fidèle conseiller le sire de Valéry, lévêque Jean de Gallande et les chanoines Jean de Brosse et Jean de Jessia, au concile général de Vienne, où le pourvoi en cassation des condamnés fut rejeté. Les biens que les Templiers possédaient à Chartres et dans le comté passèrent aux chevaliers de lhôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, en vertu des conditions réglées par le Roi et le Pape (1).
La mort de Philippe-le-Bel (29 novembre 1314), en appelant au trône le jeune Louis X, dit Hutin, donna le pouvoir effectif au comte Charles. Il en profita pour punir les anciens ministres de son frère, quil détestait; le plus important dentre eux, Enguerrand de Marigny, fut pendu au gibet de Montfaucon la veille de lAscension 1315.
1. On na que des renseignements incomplets sur létablissement des Templiers à Chartres. La tradition fait connaître que leur maison principale était située à lendroit où est aujourdhui la Cour dassises. Un chirographe (*) de 1183 apprend que cette maison touchait au four des frères de lAumône-Notre-Dame et à un terrain possédé jadis par Juquel de Corileto.
(Archives départementales, Chapitre, Maisons canon, K, n° 24, caisse 61.)
* A. - Document portant une signature autographe ; en partie promesse écrite, reconnaissance de dette, contrat.
* B. - Document rédigé en deux parties semblables sur une même pièce de parchemin, découpée après rédaction suivant une ligne brisée qui traverse une inscription (le rapprochement des deux moitiés valant preuve dauthenticité.
Il résulte de deux actes capitulaires de 1320 et 1323, que les chevaliers de lHôpital avaient succédé aux Templiers dans la possession dune autre maison située dans la rue du Grand-Beauvoir, et qui était tenue à vie par M Radulf de Chivry, chanoine, puis doyen du Chapitre.
(Registre capitulaire; Mss. Bibliothèque).
Les Templiers avaient à Sours un vaste domaine à eux aumôné par la comtesse Adèle en 1192.
Lordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui prit plus tard le nom de Malte, fut introduit à Chartres longtemps avant la destruction de lordre du Temple. On voit par un titre de Saint-Père (1129-1150) que le sellier Gauthier divisa, en mourant, sa maison sise en la Sellerie (rue des Trois-Maillets) entre les couvents de Saint-Père et de Josaphat et lhôpital des Hiérosolymitains.
(Cartulaire Saint-Père, volume 2, page 336.)
Un acte de 1258 indique que les maisons des Hospitaliers de Chartres étaient situées à peu de distance de celles des frères Prêcheurs ou Jacobins, dans la censive de lEvêque.
(Archives départementales, Jacobins.)
Enfin dans un chirographe de 1200 environ frère Barthélémy est qualifié procureur des Hospitaliers du bailliage de Chartres, procurator hospit. Carnoten. bajulie.
(Archives départementales, Saint-Jean.)
En 1312, frère Jean Massut était commandeur de lordre de lHôpital à Ouarville ; en 1316, cette commanderie appartenait à frère Jean du Pont ; en 1357, frère Gilbert du Sceau prenait le titre de Commandeur en chartrain ; frère Thomas de Valleran était commandeur dOuarville en 1362.
(Archives départementales, Saint-Jean.)
Ouarville paraît avoir été au XIVe siècle le siège principal des possessions chartraines de lordre de lHôpital, Lévêque Jean de Gallande trépassa à Berchères le jeudi après la Saint-Rémy 1315 (1).
1. Jean de Gallande possédait un hôtel sur le quai des Célestins, à Paris. (Sauval, Antiquités de Paris, volume 2, page 264)
Il fut inhumé dans léglise des frères mineurs et remplacé, avec la permission du Roi donnée à Royaumont, par Robert de Joigny, chanoine de Notre-Dame depuis longues années. Ce prélat, neveu de Mahaud de Châtillon, troisième épouse du comte Charles, débuta par enjoindre au Chapitre de lancer des excommunications contre les rebelles flamands, selon lordonnance dun concile provincial tenu à Sens vers la fin de 1315, et auquel le doyen et le chanoine Giles de Fortensia avaient été députés. Une dîme pour la guerre projetée par le Roi frappa les biens ecclésiastiques en 1317 et fut continuée jusquen 1319, alors même que le royaume, échu à Philippe-le-Long, nétait plus agité par la question flamande (2).
2. Registre capitulaire Séance du jour de la lune après la Purification 1319. Mss. Bibliothèque.
Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem
Nous avons donné, dans le chapitre VIII de cette histoire, les seuls renseignements qui nous soient parvenus sur les Templiers de Chartres.
Les Hospitaliers ou Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, connus plus tard sous le nom de Chevaliers de Rhodes, puis de Malte, réunirent, en 1312, aux biens de leur ordre, à Chartres, les maisons que possédaient les Templiers. Néanmoins cette agglomération de propriétés ne forma en aucun temps une commanderie, et le chapitre de Notre-Dame sopposa toujours à ce que les Hospitaliers fissent bâtir dans leur hôtel une chapelle ou même un simple oratoire (3).
3. Archives départementales Registre des Privilèges du Chapitre, Cap de Capellis et oratoriis, folio 5, recto.
En 1496, le procureur des Chevaliers, chargé de la régie des revenus de Chartres, et demeurant dans la maison de lOrdre voisine de celle des Jacobins, fut obligé, malgré la prépondérance militaire et religieuse de ses maîtres en France, de composer avec les gagers de Saint-André, moyennant quelques sommes de deniers, pour éviter dêtre mis à la taille comme un simple paroissien (1).
1. Archives départementales. Livre de bois de Saint-André.
Cette position subalterne dans les rangs de la milice monacale chartraine décida probablement lOrdre à se défaire de ses domaines urbains. Vers 1656, il céda aux Carmélites lantique maison des Templiers et disparut définitivement de la liste des gens de mainmorte de Chartres.
Les Frères Prêcheurs, dits Jacobins, ordre de Saint-Dominique.
Comme nous lavons dit plus haut, les frères Prêcheurs ou Jacobins nentrèrent à Chartres quen 1231, mais lédification des bâtiments réguliers commença vers 1221 et fut poursuivie jusquà parfait achèvement, quoique avec lenteur grâce aux libéralités du doyen Hugues de la Ferté, de lévêque Gauthier et des religieux de Saint-Jean-en-Vallée. La première messe conventuelle fut célébrée, le dimanche de loctave de la Fête-Dieu 1231, dans une vieille chapelle concédée aux nouveaux venus par les Templiers, leurs voisins.
Sources : Lépinois, Eugène de. Histoire de Chartres. Tome 1. Chartres 1854 - BNF
Anécdote N° (29)
11-11-2022
Commanderie de Sainte-Vaubourg
Département: Seine-Maritime, Arrondissement et Canton: Rouen - 76
Lhistoire du Val-de-la-Haye est fort intéressante. Le village avait déjà une certaine importance dès le VIIIe siècle, et les rois dAngleterre, ducs de Normandie, y venaient volontiers en villégiature au XIIe siècle.
Selon M. labbé Tougard, le nom de Haye, qui signifiait, au Moyen-Age, enclos pour la chasse, fut donné à cette localité parce que Guillaume-le-Conquérant y avait bâti un manoir entouré dun parc. Cest ce manoir, agrandi par Henri Ier et désigné sous le nom de Sainte-Vaubourg, qui fut par lui donné aux Templiers en 1173.
La commanderie de Sainte-Vaubourg prospéra et était lune des plus florissantes de lordre du Temple quand souvrit, sous Philippe-le-Bel, le procès qui se termina par la spoliation des biens de cette puissante institution.
Le débarcadère du bateau de La Bouille est en aval dune très vieille maison du XVe siècle ; cest plus loin, à la station dite de Couronne, que lon rencontre la route qui monte à léglise du Val-de-la-Haye. Le presbytère est à droite, le château moderne, à gauche. En continuant de gravir la petite côte, on voit ce quil subsiste de lancienne commanderie de Sainte-Vaubourg.
Une partie de la ferme actuelle est une construction du XIIe siècle ; dans la cour, on remarque une belle et vaste grange, bâtie sous Saint-Louis, et où le clergé de la contrée enfermait les produits de la dîme. Lintérieur en est partagé en trois nefs par des piliers de bois.
Tout au sommet du coteau, on a, à droite et gauche, une magnifique route, ombragée de grands arbres et sur laquelle descend une pelouse gazonnée.
Grange dîmeresse, au Val-de-la-Haye

Grange dîmeresse, au Val-de-la-Haye
Dans le bois de la Commanderie, qui confine à la forêt de Roumare, on trouve des bornes de pierre où lon distingue encore les armoiries des commandeurs.
Si lon redescend vers la Seine, dans la direction du courant, on arrive auprès dune autre station du bateau de La Bouille, celle de Couronne, dont il vient dêtre parlé, près de la colonne commémorative érigée par souscription le 15 août 1844. Elle marque lendroit où, le 9 décembre 1840, les cendres de Napoléon Ier, ramenées de Sainte-Hélène par le prince de Joinville, touchèrent pour la première fois le sol français. Cest un monument dordre dorique, surmonté dune aigle de bronze aux ailes à demi-repliées.
Le Val-de-la-Haye a conservé une légende sur Sainte-Vaubourg, fille dun chef normand nommé Richard.
Elle avait lhabitude de traverser la Seine pour se rendre en prière à léglise de Grand-Couronne, et toujours les flots sécartaient devant elle, la laissant passer à pied sec.
Un jour, elle se croisa sur la berge avec une bande de soldats qui entraînaient au gibet un malheureux condamné à mort. Le pauvre diable implora sa compassion ; elle sarrêta et demanda pourquoi on le voulait pendre.
— Cest, lui dirent les soldats, un misérable qui sappropriait le bien dautrui.
— Oh bien ! Répondit-elle, que justice soit faite. Et elle continua sa route.
Lhomme fut pendu ; mais le soir, quand la trop peu compatissante Vaubourg, revenant de Couronne, voulut franchir le fleuve comme elle en avait lhabitude, leau continua de couler, et le miracle ne se renouvela plus.
Il y a, sous cette fiction ingénieuse, une assez jolie leçon de charité.
Sources : Müller, Louis. Autour de Rouen, page 148 à 150. Rouen 1890 - BNF
Anécdote N° (30)
21-11-2022
Templiers Esternay
Département : Marne, Arrondissement : épernay, Canton: Anglure - 51
La France se trouvait divisée entre la faction des Orléanistes et celle des Bourguignons (1418) ; les provinces, partagées dintérêt ou dinclination, étaient en proie aux pillages, aux incendies et aux massacres. Toutes les villes, les bourgs et les moindres villages, engagés dans lun ou lautre parti, sétaient couverts de remparts et ressemblaient à des places de guerre.
Alexandre Leboursier restaura son château et le mit en état de défense ; mais ses soins furent inutiles.
Les Anglais, sous la conduite de Salisbury, sétant avancé dans la Champagne, en 1425, sous le règne de Charles VII, vinrent assiéger Sézanne ; ils lui livrèrent bien des assauts, depuis Pâques jusquà la Saint-Jean. Il avait établi leur camp dans la forêt qui se trouve entre Sézanne et Esternay, qui en retint le nom de bois de lArmée. Mais la ville de Sézanne voyant tomber, sur ses remparts, Marin, fameux capitaine qui la défendait avec un courage invincible, et Royer de Criquelot, capitaine de Normandie, fait prisonnier, fut forcée de se rendre. Après la prise de cette ville, les Anglais attaquèrent successivement toutes les forteresses de la Champagne et de la Brie ; ils se rendirent maîtres de Vertus, dEpernay ; rien ne pouvait leur résister. Mont-Aiguillon qui est à deux lieues et demie dEsternay, était vaillamment défendu par les seigneurs de Bourbe et de Coligny. Cette forteresse était la place la plus forte et la plus importante de la Champagne et de la Brie ; mais, après six mois de siège, elle fut contrainte de se rendre (1).
La France se trouvait divisée entre la faction des Orléanistes et celle des Bourguignons (1418) ; les provinces, partagées dintérêt ou dinclination, étaient en proie aux pillages, aux incendies et aux massacres. Toutes les villes, les bourgs et les moindres villages, engagés dans lun ou lautre parti, sétaient couverts de remparts et ressemblaient à des places de guerre.
Alexandre Leboursier restaura son château et le mit en état de défense ; mais ses soins furent inutiles. Les Anglais, sous la conduite de Salisbury, sétant avancé dans la Champagne, en 1425, sous le règne de Charles VII, vinrent assiéger Sézanne ; ils lui livrèrent bien des assauts, depuis Pâques jusquà la Saint-Jean. Il avaient établi leur camp dans la forêt qui se trouve entre Sézanne et Esternay, qui en retint le nom de bois de lArmée. Mais la ville de Sézanne voyant tomber, sur ses remparts, Marin, fameux capitaine qui la défendait avec un courage invincible, et Royer de Criquelot, capitaine de Normandie, fait prisonnier, fut forcée de se rendre. Après la prise de cette ville, les Anglais attaquèrent successivement toutes les forteresses de la Champagne et de la Brie ; ils se rendirent maîtres de Vertus, dEpernay ; rien ne pouvait leur résister. Mont-Aiguillon qui est à deux lieues et demie dEsternay, était vaillamment défendu par les seigneurs de Bourbe et de Coligny. Cette forteresse était la place la plus forte et la plus importante de la Champagne et de la Brie ; mais, après six mois de siège, elle fut contrainte de se rendre (1).
Ce texte est de 1850. Il est inutile de rechercher cette forteresse de nos jours.
1. Mont-Aiguillon ou Mont-Aigu (Mons aculeus), fortesse située sur la crête dun monticule, au milieu dun bois, fut construit par les Templiers, comme le prouve linscription dune pierre qui gît dans les herbes, à droite en entrant. Quand les Anglais furent chassés de Troyes par Jeanne dArc, ils évacuèrent aussi Mont-Aiguillon, après y avoir mis le feu; mais il fut bientôt rétabli.
Au commencement du règne de Louis XIII, lorsque les grands cherchaient à rompre lunité de létat, en couvrant de nouveau le royaume de duchés, comtés, baronnies, il devint indispensable dabattre ces forteresses nombreuses. Celle-ci, comme la plus redoutable, fut une des premières à subir le sort que les autres devaient éprouver dans la suite. Le Gouvernement lacheta, en 1615, à M. de Villemonté, son possesseur, pour une somme de soixante mille écus, et la fit démanteler. On fut forcé demployer la mine ; mais elle était bâtie avec une telle solidité en pierres de grès que des murs entiers sautaient sans se déjoindre. On voit une tour, qui na pu être entamée, qui a été soulevée tout entière, et qui sest rassise par son propre poids : elle est restée fortement inclinée. Dans létat où le temps et la mine lont réduite, cette forteresse présente encore une masse imposante et pleine de grandeur.
Elle forme un carré parfait: chaque angle est défendu par une tour ronde ; mais, au milieu de la façade principale, il y a deux tours entre lesquelles se levait et se baissait un pont-levis. Ces tours étaient crénelées et communiquaient entre elles par un chemin qui régnait sur le sommet des murs, et qui subsiste encore en quelques parties. On remarque les traces des divers étages qui formaient les logements ; mais les séparations en ont disparu. On voit des débris descaliers dans lépaisseur des murs, et des fragments de cheminées gothiques qui sélèvent encore à plus de quarante pieds de hauteur. Il reste encore quelques parties de murs à ogives dune chapelle. On descend dans un souterrain fort large et dont la voûte est très hardie, doù lon passe dans un autre souterrain qui forme la croix : on ne peut savoir sil conduisait plus loin. Il y a dautres souterrains qui sétendent dans la plaine, et que la tradition populaire fait aller jusquà Provins; mais on ne peut y pénétrer fort loin, parce que les lumières séteignent et quil y a des éboulements de terre. Tous les murs en grès étaient de plus de trois mètres dépaisseur à la base; des pans dune immense dimension gisent dans les larges fossés. Le côté Est est moins conservé que le côté opposé. Pendant la révolution (1793), les habitants des pays circonvoisins ont enlevé une grande quantité de pierres. On admire, dans des restes de salles, des peintures sur joint, qui datent de six cents ans. On voit, au milieu de la cour, un puits fort profond, construit en grès et de deux mètres de largeur. Il parait quil y a un souterrain qui y communique. Ces ruines majestueuses appartiennent à Madame la marquise de Saint-Chamans, de Bouchy-le-Repos. Où sont les superbes guerriers qui ont défendu cette forteresse, quils croyaient imprenable ?
Du haut de ces tours gigantesques, ils défiaient leurs ennemis. Hélas ! Ils ne sont plus : on ignore même leurs noms. Leur oeuvre, toute magnifique quelle est encore, nest toujours quune ruine. Elle a beau braver la main destructive du temps, elle présente toujours limage de la caducité humaine.
Sources: Boitel, Alexandre-Clément. Recherches historiques, archéologiques et statistiques sur Esternay, son château et les communes du canton. Chalons 1850. BNF
Maison de Saint-Chamans
La maison de Saint-Chamans, originaire du Limousin, apparaît dès le 12e siècle. On croit que sa tige est un cadet de la maison dArmagnac. Elle a donné un grand maître à lordre du Temple, des Templiers, et un autre à lordre de Saint-Jean de
Jérusalem. Les seigneurs de Saint-Chamans étaient si puissants quils traitaient librement avec les rois de France et dAngleterre. Sous Charles VIII et Louis XII. Ils étaient premiers chambellans de France.
Sources: Boitel, Alexandre-Clément. Recherches historiques, archéologiques et statistiques sur Esternay, son château et les communes du canton. Chalons 1850. BNF
Maison dhospitaliers
Non loin de Champguyon (Marne) sélevait une maison dhospitaliers ou de lordre de Malte, dont : il ne reste aucun vestige. Elle relevait de la commanderie de Chevru, près Coulommiers ; tous les biens dont elle jouissait avaient été réunis à cette commanderie ; mais ils furent vendus en 1793 et 1794 avec dautres biens, ainsi que le presbytère.
Sources: Boitel, Alexandre-Clément. Recherches historiques, archéologiques et statistiques sur Esternay, son château et les communes du canton. Chalons 1850. - BNF