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Accusateurs de l'Ordre du Temple et des Frères Templiers

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13 octobre 1307 : l'arrestation et le procès des Templiers
« Ira e dolor s'es dins mon cor assesa », « La colère et la douleur envahissent mon cœur. » Tout commence par un cri de désespoir. C'est la voix d'un troubadour, d'un Templier poète, qui décrit l'état de la chrétienté après la chute de Saint-Jean d'Acre, le 18 mai 1291. La résistance héroïque des chevaliers de l'ordre du Temple n'a pas empêché sa capitulation. Leur Grand Maître, Guillaume de Beaujeu, et celui des Hospitaliers marchent ensemble vers la mort, réconciliant pour un instant « les deux ordres rivaux séparés par un mur de haine », selon la formule de l'historien des croisades, René Grousset. Le couvent forteresse des Templiers, avec ses murailles en bord de mer, abrita les derniers survivants jusqu'au 28 mai, jour où fut donné l'assaut final. Le bâtiment s'effondre sur les blessés, les malades et les vieillards, et ensevelit sous les décombres deux mille mamelouks. « Il a juré, le Turc, qu'il ne laissera pas un seul homme en ce pays qui croie en Jésus-Christ, et il fera une bafomeria (mosquée) du moutier Sainte-Marie » (1)
1. Le poème de Ricaut Bonomel, Ira e dolor, a été publié en version bilingue par NELLI (René), Ecrivains anticonformistes du Moyen Age occitan. II : Hérétiques et troubadours, Phébus, 1977, page 193-197. On notera que l'œuvre de ce frère occitan utilise les mots de Bafomet et de Bafomeria, formes habituelles pour désigner Mahomet et la mosquée. Le fameux Baphomet, idole légendaire des Templiers, n'a pas d'autre origine !

Ricaut Bocomel, l'auteur de ce poème, aurait poussé des cris encore plus forts s'il avait connu la suite de l'histoire et partagé le destin tragique de ses frères. Son indignation n'aurait sûrement pas été aussi feinte que celle qui caractérise le début de l'ordre d'arrestation des Templiers du Royaume de France, expédié par Philippe le Bel à ses agents royaux : « Une chose amère, une chose déplorable, une chose assurément horrible à penser, terrible à entendre, un crime détestable, une infamie affreuse, une chose tout à fait inhumaine, bien plus, étrangère à toute humanité a, grâce au rapport de plusieurs personnes dignes de foi, retenti à nos oreilles, non sans nous frapper d'une grande stupeur et nous faire frémir d'une violente horreur. » (2)
2. Ordre d'arrestation des Templiers (14 septembre 1307), in Lizerand (Georges), Le dossier de l'affaire des Templiers, Paris, 1964, page 18.

Un Ordre affaibli
Par ces mots d'une rhétorique ampoulée et savamment travaillée par ses fameux légistes, Philippe le Bel justifie l'acte spectaculaire du vendredi 13 octobre 1307, l'un des plus beaux coups de filet de toute l'histoire. Il a fallu garder le secret pendant un mois jusqu'au petit matin du jour fatidique, lorsque les officiers royaux (sergents, sénéchaux, viguiers, bayles) se sont présentés aux portes des commanderies pour s'emparer des biens et des personnes.

L'ordre parti de l'abbaye de Maubuisson (Val d'Oise), où se trouvait le roi, le 14 septembre, avait été transmis à tous les sénéchaux et baillis du royaume.

Ce type d'opération avait déjà bien fonctionné l'année précédente, durant l'été 1306, quand le souverain s'était emparé des biens des Juifs et avait procédé à leur expulsion.

Il est difficile d'indiquer le nombre exact des Templiers arrêtés : environ cinq cents ont dû être capturés dans tout le pays ; nous possédons un chiffre précis de 296 dépositions conservées dans les archives, dont 138 recueillies à Paris et 94 en province. Les historiens de cette affaire pensent que seulement une douzaine de frères ont pu passer entre les mailles. (3)
3. Jules Michelet a publié entre 1841 et 1851 les interrogatoires menés par l'inquisiteur Guillaume de Paris en octobre et novembre 1307 : Procès des Templiers, 2 volumes, édition anastatique, Comité des Travaux historiques et scientifiques, Paris, 1987. Figure dans ce même ouvrage le texte de la commission pontificale qui mena ses auditions du 23 novembre 1309 au 15 juin 1311. Pour les estimations chiffrées, voir : Demurger (Alain), Vie et mort de l'ordre du Temple, Paris, le Seuil, 1989, page 300.

Pour donner un tel ordre, il fallait se sentir soutenu par l'opinion publique et les différents états du royaume ; avant 1307, de nombreuses critiques avaient été formulées contre les Templiers. Après la chute de Saint-Jean d'Acre, les dignitaires de l'ordre s'étaient réfugiés en Provence et à Paris, abandonnant l'Orient, alors que les Hospitaliers de Saint-Jean s'étaient repliés à Chypre, avant de s'établir dans l'île de Rhodes. Les Chevaliers Teutoniques avaient choisi Venise pour se déployer ensuite dans les pays baltes. En vue de favoriser la reconquête de Jérusalem, dès le concile de Lyon de 1274, une idée avait surgi dans la chrétienté : la fusion des ordres militaires en un seul. Elle sera reprise par Philippe le Bel, qui y voyait un moyen habile de contrôler la puissance des Templiers et de s'emparer de leurs richesses, en nommant un membre de sa famille à la tête du nouvel ensemble.

Jacques de Molay, Grand Maître des Templiers, avait flairé le piège et son intuition permet d'expliquer son opposition farouche au projet. Pour cette raison, on lui reprochera son orgueil, son entêtement et sa suffisance. Dans la littérature populaire, Renart le Contrefait avait résolu le problème à sa manière : il avait désigné son fils comme chef du nouvel ordre et il lui faisait porter une cape mi-partie, hospitalière (noire à croix blanche) et templière (blanche à croix rouge). Sa figure aussi était divisée en deux : rasée d'un côté comme un frère hospitalier et barbu de l'autre comme un Templier !

Pour faire arrêter les Templiers, il suffit de s'en remettre aux légistes : Guillaume de Nogaret, Enguerrand de Marigny, Guillaume de Plaisians sont les « rois » de la calomnie et de la manipulation ! Philippe le Bel savait qu'en matière de foi et d'ordres religieux, il convenait de laisser l'initiative au droit de l'Eglise et au pape. Dans le cas où ce dernier faillirait à son devoir, le roi avait conscience, comme petit-fils de Saint Louis, qu'il avait une mission religieuse à accomplir ; d'ailleurs il se considérait comme le grand inquisiteur de France ! Aussi, il avait commencé par demander à son confesseur dominicain, Guillaume de Paris, qui occupait précisément cette fonction, de s'informer au sujet de certains comportements étranges attribués aux frères de l'ordre.

Une enquête est menée dans tout le royaume, pour laquelle est sollicitée l'aide des tribunaux de province. Dans notre Languedoc, où les inquisiteurs sont rôdés par la chasse aux derniers cathares, Guillaume de Paris écrit à ses frères, Geoffroy d'Ablis, inquisiteur de Carcassonne, et Bernard Gui, inquisiteur de Toulouse.

Dès son élection, le 5 juin 1305 et jusqu'à sa consécration, le 14 novembre, le pape Clément V (1305-1314), le Gascon Bertand de Got, a eu plusieurs entrevues avec Philippe le Bel, à Poitiers ou à Lyon. Informé de ces rumeurs, il ne veut pas croire aux accusations portées contre un ordre aussi puissant et il tergiverse longtemps avant de décider quoi que ce soit, remettant les rencontres avec le roi pour des raisons de santé, car il est toujours malade ! Quand le coup de tonnerre se produit, informé aussitôt, il convoque un consistoire, une réunion des cardinaux, de toute urgence, pour le lundi 16 octobre. Sa protestation indignée ne changera rien à l'affaire. Philippe le Bel avait gagné la première manche et remporté une victoire éclatante en jetant l'opprobre sur les Templiers rattachés directement au pape.

Les rumeurs viennent de Gascogne ! L'une des deux versions des faits, contenue dans la Vie de Clément V, écrite par Augier Amalric, en 1363, à Avignon, rapporte comment un Templier renégat, condamné à mort pour meurtre, se confesse à son voisin de cellule, du côté d'Agen ou de Toulouse, et lui apprend les pratiques vicieuses de ses frères. Devant l'ampleur des aveux, dévoilés par son compagnon horrifié, il obtient des gardiens de la prison d'être présenté au roi. Ce personnage est bel et bien à l'origine de l'affaire.

Il s'appelle Esquieu de Floyrac (nom d'un quartier d'Agen) ou Esquieu de Floyran de Béziers, et est affublé du titre de « prieur de Monfaucon en Toulousain. » On ne connaît aucune maison templière de ce nom près de Toulouse. Par contre, un prieuré bénédictin de Monfaucon existe bel et bien en Périgord (Dordogne, canton de La Force). D'autre part, une famille de Béziers de ce nom-là, localisée dans le canton de Laplume, a fourni un chanoine d'Agen. Tout nous invite à faire de cet homme un Gascon, d'autant plus que d'autres documents cités lors des interrogatoires de Paris parlent de « quatre chevaliers gascons, traîtres » qui auraient diffamé l'ordre et seraient à l'origine des accusations contre lui. Parmi eux, figurent nommément Esquieu de Floyrac et Bernard Pelet, prieur du Mas d'Agenais. (4)
4. Ces informations nouvelles sur la personnalité d'Esquieu de Foyrac sont empruntées à l'ouvrage, réédité récemment, de Demurger (Alain), Jacques de Molay, le crépuscule des Templiers, Paris, Payot, 2007, pages 216-221.
Voici le témoignage en direct du frère Ponsard de Gisy (27 novembre 1309), l'un des rares écrits en vieux français : « Ce sont le treytour liquel ont proposé fauseté et délauté contre la religion deu Temple : Guillalmes Roberts moynes, qui les mitoyet a geine, Esquius de Floyrac de Biterris cumprior de Montfaucon, Bernardus Peleti prieus de Maso de Genois, et Geraues de Boyzol cehalier, veneus a Gisors. » Michelet, tome I, pages 36-37. Traduction : « Ce sont les traîtres, qui ont proposé des faussetés et des déloyautés contre l'ordre du Temple : Guillaume Robert, moine, qui les a soumis à la torture ; Esquieu de Floyrac de Béziers, co-prieur de Montfaucon ; Bernard Pelet, prieur du Mas d'Agenais et Gérard de Bozouls, chevalier venu à Gisors. »


Avant de convaincre Philippe le Bel, qui a su utiliser son témoignage, Esquieu de Floyrac avait tenté de vendre son récit au roi d'Aragon, Jacques II. Sa lettre du 28 janvier 1308 est très claire sur ses intentions : « Qu'il soit manifeste à votre majesté royale que je suis l'homme qui a dévoilé les agissements des Templiers au Seigneur Roi de France et sachez, mon seigneur, que vous fûtes le premier prince du monde entier auquel, à Lleida, en présence de frère Martin Detecha, votre confesseur, je révélai d'abord leurs activités. Comme vous, mon seigneur, n'avez pas voulu accorder une totale créance à mes paroles à cette époque, je les ai répétées au Seigneur Roi de France qui s'est enquis de leurs actes et les a trouvés clairs comme le soleil de façon certaine en son royaume, au point que le pape a été pleinement convaincu de cette affaire, de même que les autres princes, c'est-à-dire le Roi d'Allemagne, le Roi d'Angleterre et le Roi Charles [de Naples] et aussi tous les princes. » (5)
5. Texte traduit et publié par Barber (Malcom), Le procès des Templiers, Presses Universitaires de Rennes, 2002, page 66.

Le fourbe n'y va pas par quatre chemins : il réclame une commission de 3 000 livres en argent prise sur les biens des Templiers, et 1 000 livres de rente. « Songez à vous en souvenir ! », écrit-il dans l'envoi. Philippe le Bel saura récompenser son informateur, puisque Esquieu de Floyrac obtient en 1312 les revenus de la commanderie de Montricoux. Il en sera dépossédé en 1322. Une légende sans aucun fondement veut qu'il soit décédé de mort violente, comme tous les traîtres.

Les aveux sous la torture
Dès leur arrestation, les Templiers ont été emprisonnés (ils resteront sept ans dans de sombres cachots) et aussitôt interrogés. Pour le Quercy, c'est le sénéchal Jean d'Arreblay qui a fait saisir 44 personnes et les biens des commanderies du Bastit, de Cahors, de Montricoux et de Lacapelle-Livron. Le prieur de ce dernier lieu, At de Salvanhac a été entendu en octobre 1307, avec cinq autres chevaliers de sa maison, à Cahors même. Leurs dépositions font partie des 94 provenant de la province (44 de Cahors, six de Carcassonne, six de Bigorre, auxquelles s'ajoutent celles du Languedoc et de la Provence, pour « la Langue d'Oc », selon l'expression de l'époque). Nous savons qu'At de Salvanhac fut mis aux fers dans sa prison, au pain sec et à l'eau, un mois avant sa déposition. Mais il ne subit pas la question comme tant d'autres frères. L'un des témoignages les plus émouvants pris dans un interrogatoire de la région de Toulouse, le mardi 17 février 1310, est celui d'un prêtre d'Albi, Bernard de Vado. Il demande pour lui et ses compagnons d'infortune l'accès aux sacrements, l'enlèvement des fers et il ajoute : « J'ai tellement été malmené et torturé et je suis resté si longtemps exposé au feu que les chairs de mes talons ont brûlé et, en peu de jours, les os du talon sont tombés. » Il montre aux juges de la commission apostolique les deux os en question ! (6) Malcom Barber, consacre un long chapitre aux méthodes barbares employées : le chevalet ou l'estrapade, avec des poulies, des cordes et des poids, ou le supplice du feu. (7)
6. Michelet, tome 1, page 75.
7. Barber, opuscule cité, page 71.


Lorsque, pour la première fois, à la fin de novembre 1307, les deux légats de Clément V, les cardinaux Bérenger Frédol et Etienne de Suizy, peuvent rencontrer les Templiers, à Paris, dans leurs cellules, leur rapport est accablant ! Devant eux et une nombreuse assistance, dans une église de Paris, Jacques de Molay monte sur une estrade et prononce cette harangue : « C'est vrai que nous avons tout confessé, moi et tous mes frères du Temple qui sont ici »

Et la chronique continue : « il ouvrit son manteau, enleva son vêtement de dessus et défit sa chemise sur les côtés et sur les bras et se dévêtit devant l'assistance et il leur dit : « Voyez, Messieurs, qu'on nous a fait dire ce qu'on a voulu. »

Et il montra ses bras, qui étaient tous déchiquetés et décharnés au point qu'il ne restait que les os et les nerfs et qu'on lui avait arraché la peau du dos, du ventre et des cuisses. » (8)
8. Texte en catalan, publié par Finke, Papsttum und Untergang, II, p. 116-117, cité intégralement par Frale (Barbara). Il Papato et il processo ai Templari, Viella, 2003, page 133.

De tels procédés violents expliquent l'unanimité des réponses faites lors de premiers interrogatoires, en octobre et novembre 1307. Philippe le Bel avait triomphé sur toute la ligne, en obtenant ainsi, avec la complicité de ses inquisiteurs, des aveux suffisants pour prouver la culpabilité de l'ordre. Les dignitaires eux-mêmes, et Jacques de Molay en personne, ont confirmé la véracité des accusations. Cependant la ténacité de Clément V, qui choisit dès le 22 novembre de prendre les choses en main, va obliger le roi à prolonger l'affaire pendant quatre ans. Le pape décide, à la suite des aveux compromettants, d'arrêter tous les Templiers (les princes chrétiens le feront en son nom) et de placer leurs biens sous sa juridiction. Il suspend ensuite les inquisiteurs, trop manipulés par le roi de France. Durant l'été 1308, Clément V déploiera une intense activité, en publiant une série de bulles, qui auront pour effet de créer des commissions diocésaines et une commission apostolique afin d'entendre à nouveau les Templiers et leur proposer l'absolution pour leurs crimes. Car il ne fait aucun doute que l'admission des frères a connu de curieux développements et donné lieu à des pratiques condamnables.

L'essentiel des témoignages recueillis massivement confirme une chose avérée : l'existence d'un rituel secret à ce moment-là. Deux actes étaient commis : le reniement du Christ (apostasie) et l'outrage à la croix (cracher sur le crucifix).

Cette parodie, qui suivait le rite solennel d'admission des novices, est la seule accusation fondée. Les historiens spécialisés pensent que ces usages douteux devaient exister depuis un siècle environ, quand ils sont révélés au grand jour.

Il est aisé de trouver une explication à ce jeu carnavalesque : dans un contexte militaire, on peut l'assimiler à un bizutage que l'on imposait aux jeunes recrues pour les aguerrir. Cette sorte de pantomime reproduisait fidèlement les violences que les Sarrasins faisaient subir aux prisonniers qui tombaient entre leurs mains.

Le pape ne s'y est pas trompé, vite persuadé que ces actes indignes, contraires à la religion, n'étaient que des paroles vides, prononcées sans aucune conviction.

La formule canonique qui revient dans ses nombreuses bulles ainsi que dans les dépositions est : « ore non corde », en parole mais sans adhésion profonde. Le reniement est prononcé par la bouche, mais le cœur n'y adhère pas !

Malgré toutes les manœuvres de Philippe le Bel et de ses légistes, de telles pratiques ne pouvaient pas entraîner une condamnation de l'ordre pour hérésie. Il convient de saluer l'habileté de Clément V à déjouer leurs pièges et à arracher de nouvelles auditions. Il faut aussi détruire la légende noire d'un pape gascon, faible, sans réaction, soumis aux ordres du roi et qui n'aurait pas défendu les Templiers. Il a eu d'autant plus de mérite que son état de santé est allé en s'aggravant et qu'il a dirigé toutes ces péripéties de l'affaire, jusqu'au concile de Vienne, en souffrant d'un cancer de l'estomac en phase terminale.

Un document précieux
Ce changement de perspective et ce nouveau regard sur le procès des Templiers résultent d'une découverte fantastique. En 2001, Barbara Fraie, une jeune archiviste italienne, travaillant à l'Archivio Secreto Vaticano, a mis la main sur un document précieux, connu des historiens, mais dont on avait perdu la trace. Il s'agit de l'enquête engagée par le pape Clément V pour entendre les grands dignitaires de l'ordre et surtout pour leur octroyer l'absolution générale et le pardon de leurs crimes.

Après les révélations sur les traitements infligés aux Templiers, lors de la première enquête menée par les cardinaux à Paris (fin novembre 1307), le pape avait obtenu aussi que les frères emprisonnés soient soustraits à la juridiction royale et placés sous la protection du cardinal Pierre de La Chapelle. Pour satisfaire cette requête, durant l'été suivant, Philippe le Bel fait acheminer 72 Templiers et les dignitaires vers Poitiers, où résidait la cour pontificale. Mais, au dernier moment, se produit un nouveau coup de théâtre manigancé par le roi et ses conseillers : le Grand Maître et les quatre visiteurs (d'Outre-Mer, d'Occident, de Normandie et d'Aquitaine-Poitou) sont dirigés vers une destination inconnue et écartés de l'enquête papale, pour interdire toute mesure générale de pardon.

L'audition des détenus arrivés à bon port donnera lieu à une absolution, comme le souhaitait le pape, qui leur fut accordée en son nom par le cardinal Pierre de La Chapelle (13 juillet 1308). Au nom du roi, son représentant, Guillaume de Plaisians, qui surveillait toute la procédure, provoque un scandale devant la Curie, insultant le pape et exigeant en échange trois choses : la levée de l'excommunication de Guillaume de Nogaret, la canonisation de Célestin V et la condamnation solennelle du pape Boniface VIII pour hérésie ! Autant dire que le roi ne voulait pas baisser pavillon, il annonçait ses intentions, passant à un degré supérieur : si Clément V le déçoit dans l'affaire des Templiers, lui, Philippe IV engagera un procès contre la Papauté et l'Eglise même, en dénonçant les « crimes » du pape Boniface VIII, celui de la célèbre affaire d'Anagni (8 septembre 1303), où Guillaume de Nogaret avait giflé ce vieillard et provoqué indirectement sa mort. Il ne faut plus parler d' « attentat » pour caractériser cet épisode fameux !

Le document retrouvé dans les Archives du Vatican a conservé l'audition des dignitaires de l'ordre, opérée au nez et à la barbe de Philippe le Bel ! Clément V a joué au chat et à la souris avec le roi ; une fois terminée l'enquête de Poitiers, il a déclaré qu'il soumettrait le règlement de l'affaire des Templiers au concile qu'il réunirait dans deux ans ! Après un consistoire, daté du 12 août 1308, lui-même fait une escapade de détente vers l'abbaye de Ligugé et alors que tout le monde se repose, il expédie en secret trois cardinaux en direction de Chinon, où sont enfermés les dignitaires. Cette nouvelle audition s'est déroulée du 17 au 20 août 1308 et elle représente une étape importante : c'est la première fois que les responsables parlent librement, devant les représentants de leur chef suprême, en qualité d'ordre religieux dépendant directement du pape. La lettre des cardinaux, rendant compte de leur mission, le dit clairement : « Le pape entend enquêter officiellement sur les faits qui regardent la foi catholique, sur l'état de l'ordre du Temple et sur les faits pour lesquels les Templiers se trouvent diffamés par la voix publique. Il veut aussi enquêter sur les dignitaires de l'ordre : le Grand Maître, frère Jacques de Molay, le précepteur d'Outre-Mer, frère Raimbaud de Caromb, le précepteur de France, frère Hugues de Pairaud, le précepteur d'Aquitaine et Poitou, frère Géraud de Gonneville, et celui de Normandie, frère Geoffroy de Charney, chevaliers du Temple, afin de connaître d'eux la vérité sur les faits cités. » (9)
9. Frale, opuscule cité, pages 198-199.

A titre d'exemple, nous donnons ci-dessous des extraits de la déposition de Raimbaud de Caromb, qui a suivi Jacques de Molay en Occident, en quittant sa résidence de Limassol dans l'île de Chypre. Reçu dans l'ordre en 1265, à l'âge de dix-sept ans, il appartient à une famille noble de Carpentras. Son nom ne nous est pas inconnu : il a octroyé des coutumes aux habitants de Lacapelle-Livron (1268), de Montricoux (1276) et il a fondé Labastide-du-Temple en 1260. Des cinq grands dignitaires, il est le seul à ne plus figurer dans les listes après 1308, il est sûrement mort en prison avant la fin de l'affaire. Il comparaît le 17 août 1308 devant la commission pontificale et il s'exprime ainsi :
« J'ai été reçu dans l'ordre, il y a 43 ans, par les mains de frère Roncelin de Fos, alors précepteur de Provence, dans la localité de Richerenches, dans le diocèse de Carpentras ou de Tricastin, dans la chapelle de la Maison du Temple du lieu. Durant ma réception, le précepteur ne m'a dit que des choses bonnes ; mais, ensuite, une fois la cérémonie terminée, arriva un certain frère sergent, dont j'ai oublié le nom parce qu'il est mort depuis longtemps. Il m'isola à part et je notai qu'il tenait une petite croix sous son manteau. Après que les autres frères présents à la cérémonie se soient retirés, nous restâmes tous les deux seuls, ce frère sergent me montra la croix : je ne me souviens pas s'il y avait l'image du Crucifié, mais il me semble qu'elle y était, ou peinte ou sculptée. Puis le frère sergent me dit : « Il faut que tu le renies. » « Il faut que tu le renies. » Et moi, ne croyant pas commettre de péché, je répondis : « Alors je le renie. »
Ensuite le frère sergent me recommanda de garder la chasteté, en ajoutant que si je n'y arrivais pas, je devais à tout le moins agir en secret et sans causer de scandale. J'ai prononcé ce reniement, seulement en paroles, sans une vraie intention. Le lendemain, j'ai tout révélé à l'évêque de Carpentras, qui était mon parent, et qui était présent à la cérémonie d'admission. L'évêque m'a dit que j'avais mal agi et que j'avais péché.
Alors, je me confessai et j'accomplis ensuite la pénitence qu'il m'imposa.

Au sujet du vice de sodomie, je ne l'ai jamais pratiquée ni active ni passive et je n'ai jamais entendu dire que ce vice ait été pratiqué par des Templiers, mis à part seulement trois frères qui, pour ce vice, furent condamnés à la prison à vie dans les prisons de Château-Pèlerin. [....]
Au sujet du crachat sur la croix et de l'idole en forme de tête, je n'en sais rien et je n'en ai jamais entendu parler, jusqu'à ce que notre pape Clément les ait évoqués dans le cours de l'année écoulée. Au sujet du baiser, le frère Roncelin m'embrassa sur la bouche durant la cérémonie d'admission, mais je ne sais rien au sujet des autres baisers. Je persiste dans ma confession, je dis la vérité, je n'ai rien dit de faux ni omis quelque fait avéré, je reste ferme dans ma déposition, qui est vraie en totalité. » (10)
10. Traduction de la déposition de Raimbaud de Caromb, texte latin in FRALE, opuscule cité, pages 197-203. Michelet a publié sa première déposition, faite à Paris, le 10 novembre 1307, opuscule cité, tome II, pages 374-375.

Comme tous les dignitaires interrogés à Chinon, le frère Raimbaud de Caromb prononça son abjuration et promit de vivre dans la foi catholique et l'obéissance à l'Eglise. Il fut absous par le pape et réintégré dans la communion des fidèles, avec l'accès aux sacrements. On le voit bien avec cette déposition, le péché essentiel des Templiers se résume au cérémonial imposé aux novices le jour de leur entrée dans l'ordre, avec les deux actes du reniement et du crachat sur le crucifix (assimilés à une apostasie). Par contre, on remarque vite que l'accusation de crime de sodomie et de pratique de l'homosexualité n'a aucun fondement et qu'elle fait partie des accusations inventées par le Conseil du Roi. Quand des relations de ce type se produisaient au sein des commanderies, comme le cas cité dans la forteresse de Château-Pèlerin, les coupables étaient durement châtiés.

Le baiser sur la bouche ne doit pas nous surprendre, il représente le rituel normal de l'adoubement et du serment de fidélité dans la société féodale. Restent les baisers obscènes, avoués par 103 frères (sur 138) lors du procès de Paris en 1307 !
Pierre Donnadieu, interrogé à Cahors, avec ses frères du Quercy, décrit ainsi son rite d'admission : « Je me retournai vers le précepteur qui me recevait et je le trouvai se tenant dans la position d'un animal, à quatre pattes sur ses genoux et ses coudes, je dus le baiser sur l'échine et sur le nombril, cracher sur une croix et renier le Christ à maintes reprises. » (11)
11. Barber, opuscule cité, page 77.

La tête magique
Une dernière accusation revient avec insistance. Elle aurait pu, si elle avait été retenue par le pape, faire tomber l'ordre sous le chef d'inculpation d'hérésie.

Il s'agit de la rumeur autour d'une idole, appelée aussi la tête magique des Templiers et popularisée sous le nom mystérieux de Baphomet (dont nous avons expliqué l'origine, c'est le nom occitan de Mahomet). A cet acte d'idolâtrie, s'ajoute parfois la mention du port de cordelettes et de ceintures magiques, qui auraient été frottées contre l'idole ! Seuls neuf Templiers en parlèrent lors du procès de Paris, mais l'aveu obtenu du grand dignitaire, Hugues de Pairaud, le 9 novembre 1307, fit beaucoup de mal ! Il est l'un des plus explicites à ce sujet.

« Je l'ai vue cette tête humaine, je l'ai tenue, je l'ai palpée à Montpellier, lors d'un chapitre, et je l'ai adorée ainsi que tous les frères présents. Mais c'est de bouche et par feinte, et non de cœur que je l'ai adorée. Je ne sais pas où elle est maintenant : je l'ai laissée au frère Pierre Alemand, précepteur du Temple de Montpellier, mais j'ignore si les gens du roi l'ont trouvée. Elle avait quatre pieds, deux par devant et deux par derrière. » (12)
12. Michelet, opuscule cité, tome II, page 363.

Le même jour, un autre frère, Raoul de Gisy, originaire de la Champagne, donne plus de détails et campe un vrai scénario de film d'épouvante : « La tête, je l'ai vue sept fois, lors de sept chapitres que tenait le frère Hugues de Pairaud et d'autres. On la présente : tout le monde se prosterne à terre et enlève son capuce [capuchon du vêtement religieux].

Sa figure est terrible ! A son aspect, elle a la figure d'un démon, qu'on appelle en français, un maufé ! Chaque fois que je la regardais, une si grande terreur m'envahissait que je pouvais à peine la regarder, sinon avec une grand frayeur et un grand tremblement. On avait fait bien pire en reniant Jésus-Christ, on pouvait bien adorer la tête ! Je ne l'ai jamais adorée de cœur. » (13)
13. Michelet, opuscule cité, tome II, page 364.

La mention de Montpellier, comme lieu où l'on gardait cette idole, confirme un point : les interrogatoires menés dans la commanderie de cette ville font plus souvent allusion à cette pratique que ceux retranscrits dans les registres parisiens.

Ceci peut s'expliquer par le fait que les inquisiteurs du Midi ont transposé sur l'affaire les fantasmes accumulés au sujet de la sorcellerie : ils voulaient accabler les Templiers du crime d'hérésie. Toutes ces représentations font partie de l'imaginaire collectif autour des hérésies depuis l'An Mil et visent, par exemple, à déprécier les cathares en les transformant en adorateurs d'un chat noir (figure diabolique), qui participent à des orgies collectives et forniquent joyeusement avec des femmes-sorcières ! (14)
14. Ces accusations ont été analysées par FRALE (Barbara), « Du catharisme à la sorcellerie : les inquisiteurs du Midi dans le procès des Templiers », in Les ordres religieux militaires dans le Midi (XIIe -XIV siècle), Cahier de Fanjeaux, n° 41, pages 169-186.

Cette légende de la tête de diable, qui est à l'origine de la légende noire des Templiers, remonte en fait à l'Antiquité (la légende de la tête de Méduse) et a été reprise dans les récits de la littérature médiévale comme les romans de chevalerie. L'origine de cette tête mystérieuse remonte, selon les versions, à un récit rocambolesque et invraisemblable de viol du cadavre d'une jeune fille par un cordonnier de Constantinople ou par un jeune chevalier de Tripoli déçu, qui recueillent entre les jambes de la défunte le fruit de leur copulation post mortem !

Il faut ramener tout cela à un fantasme sexuel, lié au thème de la morte outragée et auquel peuvent se greffer des actes d'inceste et de sodomie, comme le fait remarquer Alain Demuger. Un siècle avant le procès qui nous occupe, la légende avait atteint l'Orient et le monde des croisés : on racontait que des chevaliers cachaient une tête magique. Ces Templiers s'étaient convertis à l'Islam et adoraient cette idole, qui porte le nom de Mahomet. Toutes les études sur ces récits stéréotypés, remontant à Ovide, aboutissent à cette conclusion : nous sommes devant un élément bien connu du folklore, de la tradition orale des contes, si souvent présents dans les récits du Moyen Age, et il faut reléguer cette sombre histoire au rang des fables et des racontars, faisant partie de l'imaginaire collectif. (15)
15. Le meilleur dossier sur ce sujet est celui de Malcom Barber, qui cite tous les textes de l'Antiquité au Moyen Age, en reprenant la démonstration faite en 1911 par Salomon Reinach. Voir Le procès des Templiers, pages 205-209.

La fin de l'Ordre
Nous l'avons vu, les enquêtes diocésaines et l'enquête apostolique voulues par Clément V ont bloqué le procès organisé par Philippe le Bel. Il se produisit alors un mouvement imprévisible : des frères se mirent à parler avec courage devant les évêques et lors de l'enquête menée à Paris (à partir de la fin du mois de novembre 1309). Galvanisés par Pierre de Bologne et Renaud de Provins, près de 600 d'entre eux défendirent le Temple, à tel point que le pape retarda d'un an l'ouverture du concile de Vienne ! Pour briser ce vent de révolte, Philippe le Bel poussa l'archevêque de Sens, Pierre de Marigny, frère d'Enguerrand, entièrement gagné à la cause du roi, à réagir de manière brutale. Il envoya 54 frères au bûcher, le 12 mai 1310. Tous faisaient partie des 72 volontaires pour aller témoigner à Poitiers devant le pape, en juin 1308, et ils avaient comparu devant une commission de six cardinaux.

Or, ils avaient été retenus par le Conseil du Roi parce qu'ils étaient susceptibles de charger l'ordre et avaient fait leurs aveux spontanément pour la plupart, souvent par dépit ou rancœur personnelle, sans être soumis à la torture.

Selon Bernard Frédefon, qui ne cite pas ses sources, parmi les témoins interrogés à Poitiers, figurent deux Quercynois, At de Salvanhac, ancien commandeur de Lacapelle-Livron, et Géraud de Labéraudie, qui furent simplement mis aux fers sans subir la question. Les 54 brûlés de Sens sont accusés d'être « relaps » et d'avoir renié leurs aveux ! Au nombre de ces martyrs, on compte deux Templiers de notre région : Pierre de Tayac et Guilhem Arnaud, qui furent torturés après leur arrestation et rétractèrent leurs aveux. (16)
16. Fredefon (Bernard), « La commanderie de Lacapelle-Livron », BSATG, 1953, pages 124-126 (« Procès des Templiers du Quercy »).

Mis devant le fait accompli et harcelé par les légistes, Clément V voulut mettre un terme à cette affaire : lors du concile de Vienne, le 12 mars 1312, par la bulle « Vox in excelso », le pape supprima l'ordre et une autre bulle, datée du 2 mai, attribua ses biens à l'autre grand ordre militaire, celui des Hospitaliers de Saint-Jean.
La plupart des frères, condamnés à la réclusion à vie, moururent en prison.

Restait à fixer le sort des grands dignitaires, qui croupissaient dans leur cellule. Ils comparurent devant un concile parisien, le 18 mars 1314. Des quatre condamnés, qui virent leur condamnation à la prison à vie prorogée, seuls Jacques de Molay et Geoffroy de Charney protestèrent et crièrent haut et fort l'innocence du Temple.
Sur-le-champ, Philippe le Bel les fit condamner comme relaps et le soir même, ils furent brûlés, dans l'île aux Juifs, sur la Seine. Le pape, malade à Roquemaure (Gard), ne réagit pas et il mourut un mois après (20 avril 1314).

Dans sa lettre au roi Jacques II d'Aragon, déjà citée, Esquieu de Floyrac donnait tout le sens de la manœuvre du Capétien : « Le pape veut une part des biens des Templiers, ce sont des religieux, mais le roi de France a réuni son Conseil et il ne se croit pas tenu de lui donner quoi que ce soit, car ils sont tombés dans l'hérésie. » En face de ces propos, je préfère citer, en terminant, l'acte d'obéissance au pape, formulé par son chambrier, Olivier de Penne, qui se trouvait auprès de Clément V, à Poitiers, lors de l'arrestation du 13 octobre : « Père saint, nous n'avons pas peur, vu que vous voulez nous défendre et nous faire justice : nous tous, les frères du Temple, nous sommes de bons chrétiens catholiques, bien solides dans notre ordre religieux. En tous temps, les Templiers ont été tués et capturés par les Sarrasins, au nom de la foi catholique, tant que certains ont été encore là-bas. Nous n'avons jamais eu peur de la mort, depuis bientôt 190 ans que l'ordre existe. Il n'est pas possible qu'il y ait eu de si mauvais agissements dans le Temple, car depuis tant de temps quelqu'un l'aurait bien su ! » (17)
17. Frale (Barbara), Il Papato e il processo..., page 50

Et pourtant, nous savons bien que l'ordre avait besoin d'une sacrée réforme et d'un bon coup d'étrillé, comme ceux que donnaient les frères sergents aux chevaux ! Cet Olivier de Penne, au nom si familier à nos oreilles, serait-il celui qui dirigea la commanderie de Lacapelle-Livron, après son rattachement à l'ordre des Hospitaliers ? Nous aimons le croire et bien des recherches érudites seront encore à mener pour parachever le travail déjà ancien mené par notre ancien vice-président, le capitaine Bernard Frédefon.

Mon propos était, à l'occasion du sept centième anniversaire du 13 octobre 1307, de tenter de mieux comprendre cet événement, qui bouleversa la chrétienté et a donné lieu à tant de publications commerciales ! Pour montrer que la légende noire des Templiers a laissé des traces dans un coin de notre Quercy, il faut ouvrir à la page 79 le Voyage littéraire et archéologique dans le département de Tarn-et-Garonne, publié par Alexandre Du Mège en 1828. Lors de son passage, un maire du canton de Saint-Antonin rapporte qu'on les accusait de « faire rôtir les petits enfants. » Ce type de rumeur, associé à un rituel, a souvent surgi en Occident pour justifier des pogroms et des massacres de communautés juives. On sait comment la bêtise et la haine peuvent conduire au meurtre d'innocents ; le procès des Templiers s'inscrit bien dans cette époque où la chasse aux sorcières est lancée par les inquisiteurs et relayée par les pouvoirs publics, avec l'affaire des Pastoureaux et du complot des Lépreux (1320-1321).
Sources: Georges Passerat - Bulletin de la Société Archéologique et Historique de Tarn-et-Garonne, tome CXXXII, page 45. Castelsarrasin 2007. - Bnf

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