Ses origines. Ses divers emplacements. Étude topographique et historique.
Nous voulons, en commençant, remercier la revue de la Cité de nous donner un moyen de publier ce travail sur Paris que nous croyons absolument nouveau. En mettant généreusement ses colonnes à notre disposition, elle nous permet, tout dabord, de relever les affirmations des auteurs qui regardent la recherche des origines du Temple comme un problème insoluble. Nous laisserons les lecteurs apprécier la façon dont nous pensons lavoir résolu.
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M.COCHERIS écrit :« Les Templiers étaient établis à Paris, en 1139 ; seulement on ne possède aucun document positif au sujet des constructions de leur demeure primitive. On sait que léglise avait été élevée pendant le XIIe siècle,
« Eu 1215, REGNAULT DU TEMPLE dormait 20 livres aux chevaliers pour que son anniversaire y fût célébré (1) »
1. Cocheris et Lebeuf, tome II, page 467.
Sources : Lebeuf et Cocheris, Jean, abbé. Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris. Tome 1. BNF
Il est évident quil ne sagit pas ici de léglise du Temple qui était situé dans le IIIe arrondissement actuel.
De son côté, M, DE CURZON sexprime ainsi : « Installé au milieu des champs, des bois et de terres de culture qui bordaient le nord-est de la capitale, les débuts du nouvel établissement... sont très mal connus. La maison, une ferme dabord, à dû être quelque temps fort pauvre (1) »
1. Henri De Curzon, La Maison du Temple, page 198.
Et ailleurs, page 12 : « Origine de la Maison du Temple à Paris, Aucun titre primordial ne subsiste plus depuis de longs siècles. Aussi, cette grosse lacune Risque-t-elle de nêtre jamais comblée. »
Et tous les historiens modernes se sont inclinés devant lopinion de ces deux érudits.
Cependant, il est certain que les Templiers nont dû commencer à construire le premier Temple, le Vieux Temple, qualors quils avaient gagné assez dargent en Orient, ou reçu assez de dons pour pouvoir se permettre cette grosse dépense, et rien ne justifie les hypothèses de M. de Curzon, comme nous lallons prouver.
Les divers emplacements du Temple à Paris
Tout le monde est daccord sur lemplacement du Temple à Paris. Il occupait un vaste espace borné par les rues du Temple, de Vendôme, Charlot, de la Corderie ; actuellement, boulevard du Temple, au nord ; rue des Franc-Bourgeois et de Rambuteau, au sud ; rue Vieille-du-Temple et rue Charlot, à lest, et rue du Temple, à louest.
Suivant lopinion généralement acceptée, le Temple aurait été construit vers 1211 ou 1212 — du moins la Tour — par frère Hubert, trésorier du Temple.
On verra, plus loin, que cette théorie est inadmissible. Daprès M. Léopold Delisle, le donjon aurait été élevé en 1265-1270. Il nest pas probable que lon ait attendu cinquante ou soixante ans pour le construire : les Templiers étaient très riches.
Cest dans La Tour du Temple (du IIIe arrondissement), — ou mieux dans ce donjon — que fut enfermé Louis XVI. Depuis, on lutilisa comme prison dÉtat jusquen 1811 époque de sa démolition partielle. Ce qui restait du Temple, en 1814, devint le quartier général de larmée doccupation. Après linvasion,
Louis XVIII donna le Temple à la princesse de Condé, abbesse de Remiremont, qui y établit une congrégation de religieuses Augustines. En 1848, le couvent fut transformé en caserne. Enfin, en 1854 tous les bâtiments furent démolis et Haussmann posait la première pierre du marché et des maisons nouvelles. Il ne resta que la rotonde qui disparut un peu après 1860. La tour était située au nord-ouest de la mairie actuelle du IIIe arrondissement, et aujourdhui, on élève maladroitement des maisons de rapport sur cet emplacement que le moindre bon sens aurait dû conserver pour agrandir le square du Temple, insuffisant pour la population si dense de ce quartier, absolument dépourvu despaces libres.
Templiers 1290, 1225 et fin XIIIe siècle
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Les historiens qui se sont particulièrement occupés de la question du Temple sont :MM, A, BRUEL : la Tour de lhôtel de Sainte-Mesme, Paris, 1887, in-8.
Henri de CURZON : la Maison du Temple à Paris. Paris, 1888, in-8.
LEOPOLD DELISLE : Opérations financières des Templiers. Paris, 1894, in-4°.
Sans parler de SAUVAL, FELIBIEN, LEBOEUF, JAILLOT, etc. Nous nous appuierons surtout sur les travaux des trois auteurs modernes.
Les Temples à Paris
Daprès nous, il existait, à Paris, deux autres maisons du Temple, plus anciennes, dont ces auteurs nont pas tenu compte.
M. Bruel ne commence son travail qua partir de 1322.
M. de Curzon connaît les deux autres maisons quil cite sans sy arrêter comme elles le méritent.
M. L. Delisle nen parle pas.
Les autres historiens les ignorent presque complètement.
Nos Documents
Pour comprendre ce que nous allons dire au sujet des Temples, il faut forcément lire la rubrique de la troisième quête de Saint-Servais, dans la Taille de 1292, publiée par Géraud, en 1837, page 110 b ainsi conçue :
La tierce queste de Saint-Gervès, en revenant enprès lenceinte de la Tannerie et enprès la division qui a esté fête de Grève, tout contremont la rue Frogier-lAsnier (1) et en retournant à la méson Jehan de Chanevières (2), tout contreval la viez Tissanderie, ce qui est de la parois ne Saint-Gervès, jusques à la meson feu mestre Estienne du Guet (3) et dilleiques jusques à la méson Jehan de Ferières (4), et tout contremont, si comme la parroisse se comporte, tout le remanant de celle parroisse.
1. Cette rue est citée dès 1152. Cest à Frogier lAsnier quappartenait la maison donnée aux Templiers, par Mathieu de Beaumont, dans cette rue, en 1154.
2. Jehan de Chenevières, rue Forgier-lAsnier, paie 26 sous de taille. Geraud, page 107 b.
3. La fame feu mestre Estène du Guet, 40 sous. Géraud, page 108 b.
4. Jehan de Ferrières, cordouanier, en la Tessanderie, 8 sous, Geraud, page 120 a.
Consultons maintenant le livre la Taille de 1292.
Nous lisons, page 109 b :
En celle parroisse [Saint-Gervés], en la rue Garnier-dessus lEaue, si comme elle se comporte, et de Sainne jusques aus Chapeaus (1).
Et sous cette rubrique, page 110 a :
La MÈSON NEUVE DU TEMPLE
Puis page 110 b : de la méson Jehan le Tondéeur jusqnes à Saint-Jehan dune part et dautre, et en la rue Estienne-de-Bailly (2) :
LE VIEZ TEMPLE
1. Ce nom inexpliqué provient (dune enseigne).
2. Estienne de Bailly, 36 sous, Géraud, page 110 b.
Nous en avons les preuves.
La rue Estienne de Bailly est La rue dentre Saint-Gervais et Saint-Jehan, devers Sayne, de la taille de 1313, page 115. Elle devint la rue de Longpont.
Jehan le Tondéeur : on ne rencontre dans les tailles, un tondeur [de drap] que là où il y a un drapier, fabricant.
Il y a effectivement un drapier, Jehan Gascoin, 25 sous, au bout de la rue de la Barre. Géraud page 118 b.
Il y a en outre, dans les environs : 2 foulons, 1 tailleur de robe, 1 tondeur, Guiart, 10 sous, qui demeure près de la porte Baudoyer (1) et de la rue du Temple.
Jean le Tondeur devait donc demeurer dans les parages.
1. La place Beaudoyer est à la fin de la rue du Boug Tibourg.
Voici donc la mention de deux bâtiments ayant certainement été construits par les Templiers, Nous remarquons, en outre, que la ligne qui précède le nom du Vieux Temple est ainsi libellée :
LE CONCIERGE AU SEIGNEUR DE COUCI
« 8 sous " Nous apprenons ainsi que lhôtel de Coucy se trouvait auprès du Vieux Temple.
Continuons et consultons-les Livres des Tailles, de 1296 à 1300, et nous trouvons :
1296. — Castelain de Chiés, le seigneur de Couci, 10 sous (folio 21 v°).
1297. — Sous lorme Saint-Gervès le renc au seigneur de Couci.
JEHAN CASTELAIN, concierge ou seigneur de Couci, 10 sous (folio 56 v°).
1298. — La viez Tesseranderie, du coing de la méson mestre Estinne du Guet, à destre, par devant lOstel-Dieu Saint-Gervèse, et par devant lourme jusques au Temple.
JEHAN CASTELAIN, CONCIERGE AU SEIGNEUR DE COUCI, 10 sous (folio 117 v° et folio 118 r°).
Aalizy fame Richart, vallet au visiteur [du Temple], 3 sous (folio 182, v°).
1300. — Du coing devant lourme. . ., à Saint-Jehn, à destre.
Troisième queste de Saint-Gervais :
JACQUELINE, CONCIERGE AU SEIGNEUR DE COUCI, 5 sous (folio 275, r°)
Enfin la Taille de 1313, cite au même endroit :
Robert, de Londres, concierge de lhostel de Coci : 22 deniers.
Nous sommes fixés.
Ces documents, dune incontestable authenticité, suffisent pour déterminer dune façon certaine, lemplacement des deux premiers Temples à Paris.
Appelons le Temple le plus ancien ou le Vielz Temple : Temple A, et le second, la méson neuve du Temple : Temple B et délimitons leur emplacement respectif.
En 2025
La rue Vieille-du-Temple, dune longueur de 855 mètres, est située dans les 3e et 4e arrondissements, quartier des Archives, Saint-Gervais et Enfants-Rouges. Elle commence au 36, rue de Rivoli et finit au 1, rue de Bretagne.
Le Vieux Temple (A)
Ce Temple, le premier en date, était situé entre Saint-Gervais et Saint Jean-en-Grève, mais plus près de Saint-Jean-en-Grève.
La distancé entre ces deux églises était denviron 115 mètres. A la fin du XIIIe siècle, il était voisin de lhôtel de Coucy et ce dernier était situé non loin de lorme planté devant la façade ou le porche de Saint-Servais, à droite, en se dirigeant vers Saint-Jean. Il devait donc se trouver tout près de cette tour quon a appelée le Pet-au-Diable, mais cette tour na jamais rien eu de commun avec le Temple A.
Voir le plan sur Wikipédia
Nous faisons remarquer que cette tour a été démolie au milieu du XVIe siècle et quil nen restait que quelques substructions au XIXe siècle, quoiquon dise Bonnardot.
En voici la preuve :
« En 1554, on abattit la maison du Pet-au-Diable pour construire le trésor, revestier et chapelles neuves de léglise [Saint-Jean-en-Grève]. Lestimation des travaux fut faite par Charles Leconte, juré du roi et maître des œuvres de charpenterie, Guillaume Guillain, maistre des œuvres de maçonnerie et Etienne Grandrancy [lire : Grandrémy], clerc des œuvres (1) »
1. AN. S. 3403, cité dans COCHERIS et LEBEUF, tome I, page 359.
En 1322, le Vieux Temple (A) est ainsi qualifié « maison ou manoir. . . qui est communément appelé le Viez Temple, assis à Paris au cheveiz de léglise mons. Saint-Jehan-en-Grève, tenant dun costé à la maison ou hostel du seigneur de Coucy et dautre-part à la place ou voye commune par laquelle lon va à laditte église Saint-Jehan. . . en la censive de lhospital [Saint-Gervais], qui jadis fu du Temples (2) »
2. AN. S. 5075a, cité par BRUEL, page 17.
En 1466, II janvier, un arrêt du Parlement porte : « hostel, lequel souloit anciennement estre appelé le Vielz Temple, pour ce que jadis il avoit esté et appartenu aux Templiers, et depuis au grand prieur de France, à cause de sa dite commanderie », Voici donc bien déterminé remplacement du plus ancien, du premier Temple à Paris, avant 1252 (3).
3. Cest le Temple en 1146.
Actum Papisius in Templum, première mention de la maison du Temple à Paris, bien que M. de Curzon fasse remonter cette mention à 1143 (Cartulaire général de Paris).
La Villeneuve du TEMPLE (B)
Méson neuve du Temple à Paris
Vers 1152, Mathieu de Beaumont (sur Oise), avec lassentiment de Mathilde, sa femme, et de ses enfants, Mathieu et Philippe, donnait aux Templiers une maison sise rue aux Barres, ayant appartenu à Frogier lAsnier, avec tous ses droits et 41 sous de rente à prendre sur son domaine de Reuilly (1).
Les Templiers possédaient, en outre, en 1233, dans la rue aux Barres, une grange : granchia Templi de Barris, in censiva Templi (2), qui est encore citée : une grange aux Barres, en 1252 (3).
Cest là, certainement, lorigine du Temple B, En voici les preuves :
En 1351, ce Temple est ainsi désigné : manoir au chevet de léglise Saint-Gervais, avec une chambre ou il y a un huis de fer, appelée la voulte, où fut jadis le comptouer du Temple. (4).
1. AN, Original., K. 23, n°16, cité dans de Curzon, page 13.
1328, samedi 3 décembre : maison de Reuilly autrefois du Temple.
— G. Viard, Journaux du Trésor de Philippe VI de Valois. Paris, 1899, page 15. AN, S. 5086, n° 1. Parmi les témoins de lacte figurent les frères du Temple : G. de Drusencourt (Drucourt, Eure) et Galeran.
2. AN. S. 5075.
3. AN, MM. 128, cité par de Curzon, page 314.
4. AN. S. 5544, de Curzon, page 314.
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À notre avis, M, de Curzon sest trompé quand il a écrit que ce bâtiment était le comptoir de lordre, pour les arrivages par la rivière.Le mot comptouer ne signifie pas, à cette époque, un magasin ou un entrepôt, mais un endroit spécialement réservé aux comptes.
Ainsi : le comptouer des Lombards. Le mot comptoir na pris lacception de magasin, et depuis, le sens de comptoir de commerçant, drapier ou même marchand de vin, que beaucoup plus tard, Au XIIIe siècle, il désigne une salle où lon fait des comptes avec des gectouers (le mot jeton signifiait alors essaim dabeilles) sur la table dun échiquier ou abaque.
Le Vieux Temple en 1158 (A)
Une des premières réceptions solennelles, au Temple, à Paris, dont lhistoire fasse mention, est celle du chancelier du roi dAngleterre, Henri II, le fameux Thomas Becket en 1158 (1117-1170).
Thomas de Londres, était fils dun nommé Becket, et ce nom de Thomas Becket ne lui fut appliqué quune fois pendant sa vie : ce fut par un de ses assassins qui lui lança ce nom comme une insulte.
Thomas, ami du roi, était un homme actif et vigoureux, qui avait quinze ans de plus que le roi. Bien quordonné diacre, il navait rien de lhomme déglise quand il fut nommé chancelier. Il aimait à vivre dans le luxe et son train de maison somptueux, ainsi que léclat de ses fêtes étaient le sujet de toutes les conversations dans le pays. Bien quil aimât La plaisanterie et se montrât dhumeur joyeuse au milieu de sa grandeur, néanmoins jamais sa vie privée ne donna aucune prise à la médisance : elle était exemplaire. Un jour dhiver quil chevauchait à côté du roi Henri II, qui aimait les promenades à cheval, le roi essaya, en riant, de lui arracher un beau manteau neuf écarlate pour le donner à un pauvre. Thomas résista de son mieux et les deux cavaliers faillirent tomber de leur monture pendant la lutte. Finalement, le mendiant eut le manteau.
Au printemps de 1158, le roi envoyait son chancelier à Paris, pour demander la main de Marguerite, fille du roi de France, encore une enfant de trois ans, pour le fils du roi dAngleterre, également en bas âge, qui devait mourir sans avoir été roi, en 1183. Le mariage neut lieu quen 1170.
Pour éblouir les Français, lambitieux chancelier népargna aucune dépense, et il arriva en France avec un train vraiment royal. Il était accompagné dune escorte de plus de 200 cavaliers richement vêtus, sans compter les gens de pied. Parmi ces derniers on remarquait les écuyers, portant les boucliers des chevaliers et tenant en main les destriers ; les jeunes pages ayant sur le poing des oiseaux de vol ; les valets, les maîtres dhôtel, etc. le personnel de la maison du chancelier, chevaliers et clercs, tous défilant à cheval, deux par deux, et enfin, le chancelier entouré de ses familiers.
À la suite, venaient huit chariots traînés chacun par cinq chevaux, chargés de bagages. Le chancelier apportait vingt-quatre costumes dont plusieurs entièrement en soie et garnis de fourrure, destinés à être offerts en cadeau aux princes et aux princesses de la Cour de France. Deux chariots portaient de la cervoise en tonneaux, boisson quon voulait faire goûter aux Français (1).
1. Cent ans plus tard, en 1271, septembre, nous relevons dans la ruelle Guy-de-Han, plus tard Jean-Evroul, le nom de Marguerite la Cervoisière, Anglaise. Ce qui prouve que les Français avaient pris goût à ce genre de boisson (AN. S. 82 b).
Une voiture spéciale transportait une chapelle portative pour célébrer, encours de route, le service religieux.
Quand cet immense cortège traversait les villages ou pénétrait dans les châteaux, deux cent cinquante jeunes garçons ouvraient la marche en chantant des airs dans la langue de leur pays.
Le défilé se terminait par une troupe de valets tenant en laisse des chiens et des lévriers, et enfin des fourriers conduisant des sommiers chargés de meubles, etc.
A cette vue, Les Français étonnés sortaient de leurs maisons en demandant ce que cétait que cette bruyante multitude de gens.
« Cest le chancelier du roi dAngleterre qui se rend auprès du roi de France », leur répondait-on ; et les Français répliquaient : « Quel roi admirable que celui qui a un chancelier si puissant et si magnifique ! »
Thomas se dirigea vers Paris en passant par le château de Meulan (castrum Medlenti). Il traversa Poissy, le Pecq, Charlevanne (la chaussée de Bougival), Rueil, Nanterre, Neuilly, la chaussée du Roule, atteignit la place de Grève et descendit au Temple, situé alors derrière le chevet de Saint-Jean-en-Grève.
Le chancelier avait été prévenu que, suivant lusage, le roi de France avait lhabitude de se charger de la dépense des personnages qui lui rendaient visite, et quil avait défendu, par un édit, de lui vendre quoi que ce soit à Paris, Thomas envoya des fourriers faire des provisions de pain, de viande, de poisson, de comestibles à Lagny, à Pontoise, à Corbeil, à Saint-Denis, et à son arrivée au Temple, ses gens lui annonçaient quil pouvait compter sur trois jours de vivre davance pour mille hommes par jour. Un seul plat danguilles, fourni dans une journée, fut payé 100 livres sterling. Ce détail suffit pour avoir une idée de la richesse de la table du chancelier.
Nous ajouterons quil est probable que les chevaux de lescorte furent parqués dans les granges qui bordaient alors la place de Grève, et que les gens de la suite durent trouver à se loger, en partie au Temple, en partie chez lhabitant, parce que nous ne connaissons pas à cette époque de monument assez vaste, à Paris, pour recevoir une pareille affluence de monde.
Il est encore possible quon ait dressé des tentes sur la place de Grève, comme on avait dû le faire en route.
Selon nos calculs, la visite de Thomas à Paris, dura trois jours ; et il est vraisemblable quil y eut, à cette occasion, des fêtes dont le souvenir ne nous a pas été conservé et quil y eut de grandes réceptions, tant au Palais du roi de France quau Temple même, Nous savons que le chancelier sacquitta heureusement de son ambassade et quil obtint tout ce quil demanda.
Lors de son départ, il distribua tous ses vases dor et dargent, tous ses vêtements précieux, donnant soit un manteau, soit une cape de petit-gris, soit une pelisse, soit même un palefroi anglais ou un destrier.
Thomas devait revenir en France quelques années plus tard, mais alors il était archevêque de Cantorbéry et exilé et son histoire ne nous appartient plus.
En 1538, 16 novembre, Henri VIII défendait de célébrer la fête du saint martyr et ordonnait de détruire toutes ses images. . .
LHUIS DE FER
Nous relevons, dans le document de 1351, ce passage : une chambre où il y a un huis de fer, appelée la Voulte, où fut jadis, etc. (1)
Il y avait alors, à Paris, une autre maison fermée avec une porte de fer (2). En réalité, elle se composait de deux maisons réunies, données par leur propriétaire, Barthélemy de Roye, grand chambrier de France, à lAbbaye de Joyenval (3), fondée par lui, en 1221. Cet « ostel » était situé sur la paroisse Saint-Germain-Lauxerrois, dans une rue appelée rue des Deux-Portes : cest la rue aux II portes delez la rue Saint-Germain, dit Géraud, page 25, et la rue entre deux portes, de la Taille de 1313, de Buchon, page 20 (4).
1. Géraud, page 81 b. Porte du Temple et rue du Temple.
« Celui qui maint en lu méson Huitace de la voste, 8 sous. »
Il sagit très probablement ici de cette voûte, dans ce quartier bien quil y en eût dautres, comme la voûte dAuquanz (Ourscamp), place Baudoyer. Génaud, page 109, a et b et page 124 b. Cest dans cette dernière maison, appartenant, à labbaye dOurscamp, que descend, à Paris, Guichard, évêque de Troyes.
2. Nous rappelons que la tour du Louvre renfermait une chambre du Trésor, fermée avec un huis de fer.
3. Labbaye de Joyenval est une ancienne abbaye desservie par les Prémontrés, dont les vestiges se trouvent actuellement sur un golf en bordure de la forêt de Marly, près du désert de Retz, sur le territoire de la commune de Chambourcy (département des Yvelines).
4. Porto, amont et porte à veau, dit Guillot de Paris.
A cette époque, les deux portes étaient une mesure de précaution et de défense (2). Mais cet « ostel » donné aux moines prémontrés de Joyenval était, de plus, fermé avec une porte de fer (3).
2. Il existait alors une autre rue des Deux-Portes, sur la rive droite, entre les rues de la Verrerie et de la Tisseranderie.
3. Géraud, page 20.
— Nicole, la Chamberie de Geinval (Joyenval), 4 sous.
— 1296, Taille.
— Raoul le Breton, à luis de fer, 40 sous ; au coin de la rue des Lavandières, parmi la rue Saint-Germain, à destre, jusques au bout de la rue Thibaut ans dez.
1313. — Item, joignant les maisons de labbé de Joe en val que lon dit luis de fer.
(AN. KK. 283, folio 3 V° ; L, 1253, page 30 V°).
Fig. 17 - Encorbellement, au coin de la rue des Barres et de la rue Grenier-sur-lEau, et portant les armoiries de labbaye de Maubuisson (existant encore en 1911, date à laquelle ces recherches ont été écrites).
4. Delisle, Opérations financières des Templiers, page 67.
— Il existait certainement alors, à Paris, dautres endroits que le Temple où lon pouvait toucher de largent, ainsi quon le voit dans un acte où il est que question de 40.000 livres tournois à prélever apud Temptum vel alibi in civilité Pariseinsi ubi idem frater noster duxit eligendum (Layettes du Trésor des chartes tome III, page 132).
La Villeneuve du Temple (B)
Situé derrière le chevet de Saint-Gervais, dut servir de comptouer vers 1158, ou même jusquen 1265-7370, date de la construction de la Tour du Temple (Louis XVI), située en pleine campagne, en dehors des murailles de lenceinte de la ville (1).
1. Léopold Delisle, Opérations financières des Templiers, page 5. Cest dans cette tour que seffectuent les premiers paiements.
Au XVIIe siècle, la maison neuve du Temple de la rue des Barres, dite Petit-Temple, reconstruite en 1618, conservait toujours son nom (2).
2. Bruel, page 19.
COUCY SES SEIGNEURS
Un sire de Coucy, un des premiers barons du royaume, avait été condamné à mort par saint Louis pour avoir exercé le droit de justice seigneuriale dans son fief, en faisant périr trois jeunes gens coupables dun délit de chasse.
Sa grâce fut obtenue pour la noblesse.
Son fils, Enguerrand IV ; mort en 1311, épousait Jeanne de Flandre, comtesse de Nevers, fille du comte de Flandre. Elle mourait eu 1333. Ce seigneur de Coucy habitait, à Paris, lhôtel de Coucy, cité plus haut, quil tenait probablement de son père.
Enguerrand V (1260-1321) épousait, en 1284, Chrétienne de Bailleul et héritait, en 1311, de lhôtel de Coucy, de Paris (3).
3. AN. JJ. 46, page 61, de Lépinois, Histoire de Coucy et des seigneurs. Le 15 novembre 1400, Louis dOrléans achetait le château de Coucy 400.000 livres tournois, à Marie de Coucy, dont le père, Enguérand, et le mari, Henri de Bar venaient de mourir à la bataillé de Nicopolis. — Siméon Luce, la France au XIVe et au XVe siècle. Paris, 1890, page 235.
LES HOTELS DE COUCY A PARIS
Le terrain sur lequel étaient situés :
1° — Le vieux Temple ou Temple A.
2° — Le vieil hôtel de Coucy.
3° — Lhôtel de Raoul de Coucy, affectait une forme triangulaire. Deux côtés de ce triangle mesuraient 150 mètres de long, et le troisième 100 mètres.
Ces hôtels notaient donc pas très importants ; mais la disposition du terrain avait dû changer, si toutefois le vieux Temple avait jamais eu un enclos. Néanmoins, comme nous le répétons, la distance entre Saint-Gervais et Saint-Jean ne dépassa jamais 115 mètres ; mais le vieux Temple devait avoir des dépendances le long de la place de Grève, comme nous le verrons.
Cet emplacement denviron 1 hectare 44 ares renfermait, outre le vieux Temple, deux hôtels de Coucy.
Le premier, le plus ancien, est celui dont nous parlons plus haut et dont nous connaissons les concierges, de 1292 à 1313, qui était situé à côté du vieux Temple.
Le second avait été vendu, en 1376, par François Chanteprime de Sens (1), général sur le fait des aides, à Monseigneur Raoul de Coucy, chevalier, seigneur dEncre (et non dEntre, comme lécrit de Curzon et de Montmirail en Brie. Il comprenait :
« Une maison, tour, cour, jardin, séant au martelet Saint-Jehan-en-Grève, et fut pavé 3.000 francs dor (2).
1. En 1372, François Chanteprime était trésorier (Siméon Luce, la France au XIVe et au XVe siècle. Paris, 1890)
En 1398, Jacques Mercadé, et sa femme, Jeanne Chanteprime, font construire une chapelle à Saint-Gervais (Cocheris et Lebeuf tome I, page 344).
En 1475, Marguerite de Chanteprime, veuve de Pierre de Canteleu, fonde une chapelle Notre-Dame à Saint-Gervais (Cocheris et Lebeuf, I, 329). Chunteprime, maître des Comptes (1381-1417), a son jeton dans la collection Feuardent (Jeton et minéraux, tome I, n° 1694, page 131).
2. AN. S. 5075, n° 32, pièce II.
— Bruel, page 6. Cest cette tour qui devint la tour du Pet-du-Diable.
Dix ans après, août 1389, Raoul de Coucy, neveu dEnguerrand, mariait sa fille, Marguerite, à Guy de Nesle, seigneur dOffemont, et lui donnait en dot la maison de Saint-Jean-en-Grève.
Au mois de décembre, les deux époux léchangeaient avec maître Jean de Béthizy et sa femme pour sen aller demeurer rue Saint-Victor (3).
3. AN. S. 5595. Bruel, page 7.
Un censier de 1447, dans lequel est, pour la première fois, nommé lostel du Pet-du--Diable porte :
« Ou martelet Saint-Jehan.., sur un grant ostel où il y a une tour appelée lOtel du Pet-au-Diable les hoirs de feu maître Jehan de Bethisy, tenant par devers léglise Saint-Gervais à lostel de Coussy (1) »
Ainsi, les héritiers de Jean de Béthizy qui occupent lancien hôtel de Raoul de Coucy, avec une tour, sont voisins dun ostel de Coussy par devers (ou tourné vers) léglise Saint-Gervais (2)
Bien plus, en 1482, 24 juillet, nous trouvons la mention « dune maison et ses appartenances assise à Paris, près le chevet Saint-Jehan, appelée vulgairement lostel du Pet-au-Diable, tenant dune part à lostel du Grand-Cornet, appelé lostel de Coussy, et dautre part à lostel du Panier-Vert »
Il y avait donc sûrement deux hôtels de Coucy. Lun, cité dès 1292 ; lautre acheté en 1379 par Raoul de Coucy, et échangé par son gendre en 1389. Le premier était, nous le savons, voisin du vieux Temple ou Temple A ; le second était à côté ; Raoul de Coucy, neveu dEnguerrand, était venu habiter à Paris, auprès de son oncle.
Voici, du reste, la liste des propriétaires du petit hôtel de Coucy (dit Pet-au-Diable).
1322, Jean Billouard (3).
1. Lhôtel du Pet-au-Diable était donc le petit hôtel de Coucy.
(AN. Censier MM. 134).
2. Le vieil hôtel de Coucy, cité en 1292, était donc plus rapproché de Saint Gervais que le petit hôtel de Coucy. « Ces mots : par devers, dit M, Bruel, doivent indiquer seulement lorientation de lhôtel qui était situé assez loin de léglise Saint-Gervais. »
Cest trop dire : il nétait distant que dune soixantaine de mètres.
Un acte de 1466 porte : « Ostel du Pet-au-Diable tenant dune part à lostel du Grand-Cornet et dautre part à lostel du Panier-Vert »
3. En 1313 Jehan Billouard paie 45 livres de taille, il demeure : du bout de la Poterie juques au viez cimetière Saint-Jehan.
Son nom se trouve dans lInventaire de Rob. Mignon, édition Ch. V Langlois. Paris 1899, pages 367, 374, 378.
En 1469, 30 décembre, un Jean Billouard, escuyer, est seigneur de Tancio, de la Motte et de Monguirost, demeurant audit Tancio.
Tesseus, Montgirod, La Motteservolex (Savoie) ?
BN. français 20408.
En 1322, J. Billouard est argentier de Charles le Bel.
1328. Erard dAlemant (1).
1362, 1373. Pierre Paien (2).
1379, François Chanteprime, le vend à Raoul de Coucy.
1389. R. de Coucy le donne à son gendre et à sa fille qui léchangent en 1389, 21 décembre, avec Jean de Béthisy (3), dont les héritiers loccupent en 1438-1482.
Cet hôtel existait encore en 1780 (4).
« SAUVAL dit que le nom de Pet-au-Diable, vient dune ancienne tour carrée quon nommait autrefois la synagogue, le martelet Saint-Jean, le veux Temple, et hôtel du Pet-au-Diable, par dérision pour les Juifs. Le même auteur conteste, avec raison, lexistence dune synagogue en ce lieu, très voisin de la rue de la Tacherie, où les juifs en possédaient une (5) »
Nous devons dire quon rencontre, dans les titres du Temple, en 1298, la mention dune maison, en cet endroit, appelée la synagogue, sans quon puisse lidentifier avec le Pet-au-Diable : « Les juifs y avaient une synagogue encore en 1298 (6) »
La Taille de 1298 ne porte aucune mention de cette synagogue, pas plus que la taille précédente de 1292, ni les suivantes.
Les juifs du quartier demeuraient paroisse Saint-Merri, rue de lAttacherie (la Tacherie), dans la cour Robert-de-Paris, et paroisse Saint-Paul, au Franc-Mourier.
La Tour du Pet-au-Diable, dit M. de Curzon, page 435, ne dépendait pas du Temple, et il a raison.
La Tour barlongue du Pet-au-Diable écrit Bonnardot, fut démolie en 1843 ; elle comprenait deux étages et servait de magasin (7).
1. Clerc du Trésor. Bailli de Meaux en 1314-1315 ; dAmiens en 1318 (Inventaire de Rob. Mignon, pages 20, 202, 209, 221).
2. Chevalier, conseiller du roi, 1358, 5 novembre (Siméon Luce, Bertrand du Guesclin, page 246).
3 Jean de Bienville, de Béthisy (J. Viard, Journaux du Trésor, 1345, décembre n° 198).
4. Bruel « Chose remarquable, dit Bruel, le cens est toujours de 20 livres 1 denier, comme au moyen-âge. »
5. BRUEL et SAUVAL fait une confusion dans son énumération.
6, AN. S. 5544.
7. BONNARDOT, Dissertation archéologique sur les anciennes enceintes de Paris. Paris 1852, in-4°.
— Dautres auteurs prétendent que la tour était carrée, comme on le voit dans un dessin de la collection Destailleur (BN. Est).
Nous avons vu plus haut quelle avait été démolie en 1554. La tour vue par Bonnardot nétait donc pas la vraie tour du Pet-au-Diables mais une nouvelle bâtisse hybride élevée sur les anciennes substructions.
Nous ne parlerons pas de la grande pierre trouvée en cet endroit en 1451 (1).
1. Cf, SAUVAL, I, 145-157.
Réception de Henri III, roi dAngleterre, à Paris, en 1254
LES 9, 10 et 11 DÉCEMBRE.
« Après avoir pacifié la Gascogne, rien ne retenait plus Henri III dans ce pays [quil confiait à la garde de son fils aîné Edouard]. Mais il craignait un voyage en mer « qui, disait-il, lui causait toujours une fâcheuse indisposition » Il voulait revenir par la France, à petites journées, assister à la translation des ossements de sa mère morte huit ans auparavant, à Fontevraud, le 4 juin 1246, et y visiter les tombes de ses ancêtres (2) ; voir la célèbre abbaye de Marmoutier, et prier, à Pontigny, sur la tombe du saint évêque de Cantorbéry (1233-1240), Edmond Rich, et enfin rencontrer à Paris le roi de France, son beau-frère (3), à peine revenu de la Croisade. Pour un pareil voyage, quil voulait faire avec une pompe inaccoutumée, il fallait beaucoup dargent, sans parler de ce quil fallait pour acquitter les dettes que le roi avait contractées en Gascogne. Ces soins retinrent Henri III à Bordeaux jusquau 3 novembre, jour de son départ, » Voici son itinéraire.
2. Henri II roi dAngleterre, mort à Chinon en 1191.
Eléonore de Guyenne, son épouse, morte en 1204, à Fontevraud, Agée de quatre-vingt-un ans.
Richard, Cœur de Lion, son fils, mort à Chalus en Limousin, en 1199.
Isabelle, femme de Jean sans Terre (Bassebæur, Fontevraud Tours, 1890).
3. Marguerite de Provence, femme de saint Louis, était la sœur dAliéner (ou Eléonore de Provence), femme de Henri III.
Itinéraire nu roi Henri III
Parti de Bordeaux le 3, le 5 il est à Blaye ; le 6 et 7 à Cognac ; le 11 et 12 à Bois-Pouvreau (aujourdhui Boispoureau), commune de Ménigoûte (Deux-Sèvres) ; le 15 à Fontevraud ; le 20 à Marmoutier ; le 22 et 23 à Vendôme ; le 24 à Orléans ; le 27 à Chatillon-sur-Loing ; le 20 à la Ferté-Loupière ; le 3 décembre à Pontigny ; le 4 à Montereau ; le 6 et 5, à Saint-Maur-des-Fossés ; les 9, 10 et 11 à Paris ; le 11 et 12 à Saint-Denis.
De là, il gagne Beaumont-sur-Oise, Amiens, Montreuil-sur-Mer, Boulogne, Wissant ; revient à Boulogne où il célèbre la Noël et sembarque le dimanche 27 décembre. Enfin, il arrive à Londres, le 4 janvier 1255 (1).
1. Ch. Bemont, Rôles gascons, tome I. Supplément. Paris, 1896.
Fig. 19 à 20 - Sceaux divers des Templiers, de 1290.
Fig. 19 à 20 - Sceaux divers des Templiers, de 1280.
Actes promulgués par Henri III pendant son séjour de trois jours à Paris, les 9, 10, et 11 décembre 1254.
PS. Je ne note que les actes réalisés au Temple de Paris.
Au temple de Paris le 10 décembre.
Au Temple, Paris, 10 décembre.
A la demande de Robert de Glastonia (2), le roi autorise Roger de la Haul (3) et ses héritiers à avoir une garenne libre dans les terres de son domaine de Ewerlaund, dans le comté de Southampton.
2. Glastonbury, commune Somerset.
3. Ou de la Hangl (Bémont).
Au Iemple 10 décembre.
A la demande de Robert Galerand, un des chevaliers de son escorte, le roi autorise Hugh le Bigod (4) Jeanne, sa femme, et leurs héritiers, à ouvrir un marché hebdomadaire, le mercredi, dans leur manoir de Kirkeby Moresheved (5), comté dYork, et une foire annuelle, la veille, le jour et le lendemain de la Nativité de la Sainte Vierge (8 septembre), et un marché hebdomadaire, le jeudi, dans leur manoir dHesel-sur-Humbre, comté dYork (6).
4. Hugue le Bigod, lord justice dAngleterre, frère du comte de Norfolk, Roger et marié à Jeanne dEstouteville.
5. Kirkby Moorside.
6. Hessle on-Humber.
7. Isabelle de Lusignan, dame de Craon, femme de Maurice V de Craon (département de la Mayenne), sénéchal dAnjou.
Au Temple, 10 décembre.
Le roi fait délivrer un sauf-conduit jusquà lAssomption, à Guy de Chenevos ou de Goneros, chevalier, se rendant en pèlerinage à Saint-Jacques [de Compostelle], en traversant la Gascogne.
Au Temple, 10 décembre.
Le roi fait un don à Isabelle, lady de Groun, sa sœur (7). Ses exécuteurs testamentaires recevront annuellement 100 marcs que le roi lui avait accordés sa vie durant, pendant trois ans après sa mort, pour payer ses dettes.
Au Temple, 10 décembre.
Le roi reconnaît devoir à Geoffroi de Curtom, bourgeois de Paris, 60 marcs pour deux chapes brodées et une nappe dautel achetées à Paris, pour le service du roi. Payables à Westminster, à la Saint-Jean dété (24 juin).
Du Temple en dehors de Paris, 10 décembre.
A la demande de Barthélemy de Badellesmere (1), le roi autorise Raoul de Saint-Léger et ses héritiers, à établir un marché hebdomadaire, le vendredi, dans son manoir de Halecumbe (2), comté de Kent, et une foire annuelle, la veille, le jour et le lendemain de la Toussaint.
1. Barthélemy de Batlielamare, frère de Gilles (?)
2. Hallcomble.
Du Temple en dehors de Paris, 10 décembre.
A la demande de maître Walter de Titinden ou Titindon (3), le roi exempte Guillaume de Titinden de toute charge civile : juge, shérif, coroner, etc.
3. Tenterden, comte de Kent.
Du Temple en dehors De Paris, 10 décembre. — Le roi autorise Kobert Galerand à poursuivre, en cours de Rome, les affaires du roi et à contracter un emprunt de 100 parcs au nom du roi, ainsi quun autre de 50 marcs.
Du Temple en dehors de Paris, 10 décembre.
— A la demande de Jean de Gray (membre de lescorte), le roi accorde à maître Robert de Hersyn (ou Hèresyn [Bémont]) et à ses héritiers une garenne libre dans les terrains de son domaine de Grave Weston et Hordesal (4), dans le comté de Nottingham et de Ravenesfeld (5), dans le comté dYork.
4. Ordasall.
5. Ravenfield.
* * *
Nous ferons remarquer que, parmi ces actes, les uns sont dates du Temple — apnd Templum Parisiis — et les autres, du Temple en dehors de Paris (without) : apud Templum extra Parisios (1).1. BEMONT, pages LXXVIII, LXXIX.
Le roi dAngleterre aurait donc délivré ces actes, les uns au Vieux Temple, dans Paris, et les autres au Nouveau Temple en dehors des murs. Autrement, pourquoi cette distinction ?
Les Fêtes à Paris
Cest bar un chroniqueur anglais, Mathieu de Paris, que nous connaissons les détails de la réception du roi dAngleterre, Henri III, par le roi de France, Louis IX, dans la ville de Paris, au mois de décembre 1254.
Saint Louis avait ordonné de décorer les maisons et les façades des églises de feuillage et de guirlandes de fleurs. Les étudiants français et étrangers, et parmi ces derniers, les Anglais.se livrèrent à la joie et firent des manifestations enthousiastes en laveur du roi : ils illuminèrent, chantèrent des chansons et ornèrent leurs demeures de fleurs (?)
Henri III arriva à Chartres où Louis IX, parti à sa rencontre, lattendait. Il était escorté de mille superbes cavaliers (mille equos pulcherrimos) sans compter les chariots et les bêtes de somme. Les deux rois entrèrent dans Paris, et là, le roi de France dit au roi dAngleterre :
« Mon cher ami, vous voici dans la ville de Paris. Où vous plaît-il de descendre ? Voici mon palais, au centre de la ville [Louis désigne ainsi le Palais et non le Louvre, comme le pense M. de Curzon. Le Louvre na jamais été au centre de la ville].
Si vous voulez [habiter, il est à votre disposition ; mais si vous préférez le Vieux Temple, Vetus Templum qui est en dehors de la ville, où il y a plus de place, ou ailleurs, comme il vous plaira, vous êtes libre. »
Le Seigneur, roi dAngleterre, choisit pour domicile le Vieux Temple parce que sa compagnie était nombreuse et quil y avait dans ce même Vieux Temple des bâtiments suffisants et convenables pour y loger sa nombreuse escorte. Mais malgré le nombre des chambres, son cortège était si important que beaucoup de ses gens se virent obligés de camper à la belle étoile, à cause du nombre insuffisant des maisons inhabitées qui donnaient sur la place de Grève.
(Voici la preuve que le roi dAngleterre avait bien choisi le Vieux Temple pour sy loger avec sa suite et Mathieu de Paris sest trompé. Le Vieux Temple nétait pas en dehors des murs)
Les chevaux furent placés dans des écuries plus commodes que les chambres trop petites des maisons.
(La traduction de Huillard-Bréholle est mauvaise parce quil a pris le Vieux Temple pour le Nouveau).
« (Henri arrive à Paris le mercredi 9 décembre 1254 et y séjourne le jeudi 10 le vendredi 11 décembre ; en tout trois jours).
« Saint Louis le reconduisit une journée de chemin et Henri continua son voyage jusques à Boulogne où il arrête quelque temps pour prendre le vent. Il y passa la fête de Noël et sembarqua enfin le dimanche suivant, 27 de décembre, »
(Cette année, le jour de la naissance du Seigneur tomba à La sixième férie, cest-à-dire un vendredi).
Bonnin, léditeur dEude Rigaud, dit : le roi de France avec la reine Marguerite et la comtesse dAnjou alla à sa rencontre (à Henri III) jusquà Orléans et le conduisit à Paris. Henri III logea au Temple, appelé alors Ville neuve des Templiers
Quelques jours après, Louis le reconduisit à Soissons.
Larchevêque (de Rouen) naccompagna le roi quaux portes de la capitale avec le clergé et les dignitaires.
Voici donc le roi dAngleterre descendu le mercredi 9 décembre au Vieux Temple, derrière Saint Jean-en-Grève.
Le lendemain matin jeudi, il fit faire une distribution de vivres aux pauvres. On leur donna à profusion du pain, du vin, du poisson et de la viande. Il alla ensuite, guidé par Louis IX, visiter la Sainte-Chapelle (les reliques) et autres lieux saints où il laissa des offrandes. Cest ce même jour quil offrit un grand dîner au roi de France dans la vaste salle royale du Temple. Suivant la mode anglaise (doutre-mer) on avait tapissé les murs avec les boucliers des chevaliers anglais parmi lesquels se trouvait celui du roi Richard [Cœur de Lion] (1).
1. Nous donnons, dans lappendice, la description de quelques-uns de ces boucliers.
Le Festin au Vieux Temple.
À ce festin assistèrent les deux familles royales qui comprenaient beaucoup de personnes : Louis IX avait à sa droite Henri III, son hôte, et à sa gauche Thibaud II le Jeune, roi de Navarre, son futur gendre, alors âgé de dix-sept ans.
Parmi les dames :
La reine, Marguerite de Provence (trente-cinq ans).
Ses sœurs : Sancie ou Senchie de Provence, femme de Richard, duc de Cornouailles, frère de Henri III.
Beatrix, comtesse de Provence et de Forcalquier, comtesse dAnjou, femme de Charles dAnjou, frère de Louis IX.
Leur mère, Beatrix de Savoie, veuve de Raimond Béranger IV, et 18 comtesses (2).
2. La troisième sœur de la reine Marguerite, Aliénor de Provence, femme de Henri III, était restée en Angleterre avec Richard de Cornouailles, frère du roi pendant la régence (1253-1254).
Les Enfants
Isabelle, fille de Louis IX et de Marguerite de Provence, alors âgée de treize ans.
Louis, fils aîné de Louis IX, âgé denviron douze ans ; Philippe, second fils de Louis IX, âgé de neuf ans (Jean, le troisième fils, navait que quatre ans).
Planche des sceaux des Templiers à diverses dates du XIIIe siècle.
Les sceaux des Templiers BNF
Les princes
Alphonse, comte de Poitou, frère du roi, et sa femme, Jeanne de Toulouse.
Charles, comte dAnjou, frère du roi, et sa femme citée plus haut.
Les ducs au nombre de 25.
Les évêques au nombre de 12. Il y avait en France 12 archevêques et 84 évêques.
Parmi ceux qui assistèrent au festin, nous relevons :
Larchevêque de Bourges : Philippe Berruyer.
Larchevêque de Rouen : Eude Rigaud.
Lévêque dEvreux : Jean de la Cour dAubergenville.
Lévêque de Senlis : Robert de la Houssaye.
Le doyen de Saint-Agnan dOrléans : Étienne.
Le doyen de Saint-Martin de Tours : Guy de Neauphle.
Il nous faut encore ajouter des barons mêlés aux évêques et des chevaliers en grand nombre.
Parmi les autres personnages importants figurent le bouteiller Etienne de Sancerre, Pierre de Chambli, Guy de Chevreuse, etc.
Le repas fut abondant et splendide quoique ce fût un jour de poisson, cest-à-dire maigre.
Pendant le repas, le public fut admis dans la salle où tout le monde put circuler et même manger à laise : pas de concierge, pas de police (exactor).
Sur les instances de Louis IX, Henri III passa la nuit du 10 au 11 au Palais. Pour sy rendre, il traversa la place de Grève, prit la rue qui conduisait à Saint-Germain-Lauxerrois jusquau Grand Pont, quil traversa, non sans remarquer lélégance et la blancheur des maisons construites en gypse, cest-à-dire en plâtre, généralement à trois étages (tricameratas) (1).
1. Voici une nouvelle preuve que le festin eut lieu au Vieux Temple. Nous sommes en hiver et les deux rois revinrent au Palais avant quatre heures, sans quoi le roi dAngleterre naurait pu remarquer la blancheur des maisons situées sur le Grand Pont. De plus, cette description nous apprend que la rue Saint-Germain-Lauxerrois sétendait alors de léglise jusquà la place de Grève.
Ce récit nous prouve que le Vieux Temple ou Temple A était bien situé derrière Saint-Jean-en-Grève.
La Grève, place réservée par Louis VII, à la demande des bourgeois, commençât à se border de maisons, et le Vieux Temple avait des dépendances sur cette place dont il était distant dune trentaine de mètres.
Lors de la venue dHenri III à Paris, le Nouveau Temple ou le Temple Neuf, le Novum Templum dont parle Grégoire X dans sa lettre datée du 31 juillet 1274 et dont le donjon était élevé en 1265, pouvait déjà recevoir des hôtes, puisque le roi Henri III y rassemble ses conseillers pour promulguer des actes. Une partie des gens de lescorte put même sy loger.
Nous tenons les chiffres avancés par les chroniqueurs pour inexacts ; généralement ils sont exagérés. En donnant le nombre de mille cavaliers, Mathieu de Paris comprend sans doute les nobles et leurs valets ; mais néanmoins on se demande comment une pareille suite avait pu tenir dans les abbayes mentionnées dans litinéraire. Il ne faut pas oublier que nous sommes un hiver et que beaucoup de gens du cortège couchent dehors avec leurs chevaux.
Nous avons dit que la distance entre Saint-Gervais et Saint-Jean-en-Grève était denviron 115 mètres. Il était donc matériellement impossible de loger un pareil nombre de chevaux dans un espace aussi réduit, même en comptant la voie publique. Il est donc certain quune grande partie de lescorte fut obligée daller, en dehors de lenceinte de Philippe Auguste, demander un abri au Nouveau Temple.
Le roi Henri qui, en sortant de table, se rend au Palais avec Louis IX, traverse la Grève, prend la rue Saint-Germain-Lauxerrois, franchit le Grand Pont et entre au Palais par la Gour-le-Roy.
Mais malgré tous les efforts pour loger les hommes et les chevaux, un grand nombre passe la nuit à la belle étoile (sub divo).
En traversant le Grand Pout, bordé de maisons en plâtre et bois, Henri III passa devant la maison appartenant au Temple, don de dame Adélaïde la Gentille, qui se trouvait à la tête du pont, dans la Cité. Cette Maison était louée en majeure partie à des serviteurs de la maison royale.
En 1292, on en comptait encore dix-huit. Ce nest quen 1296 que tous ces domestiques furent logés dans la Cour-le-Roy, cest-à-dire dans la Cour du Palais, intérieurement : Ceux dedans la Cour-le-Roy.
Henri III sarrêta à Boulogne où il célébra la fête de Noël qui tombait un vendredi, et nous savons que si, à Paris, le banquet avait eu lieu un jour de poisson, a Boulogne on fut autorisé à manger de la viande le vendredi de Noël, 1254- Mais la fête fut attristée par la mort du trésorier de la reine, clerc spécial du roi et conseiller, nommé Lierre Chaceporc, qui succomba la veille de Noël à Boulogne même. Cétait un Poitevin, qui était archidiacre de Wells et parent de Hugue Chaceporc.
Le roi fut très sensible à cette perte.
CONCLUSIONS
Le premier Temple de Paris (Temple A) fut construit dans la seconde moitié du XIIe siècle, vers 1143, peut-être en 1145-1146, après la mort de Louis VI, sous le règne de Louis VII. La dédicace de léglise eut lieu le 11 janvier 1217.
Il était situé derrière Saint-Jean-en-Grève, alors chapelle baptismale de Saint-Gervais, qui ne fut érigée en paroisse quen 1212.
Lorigine, cette paroisse sétendit jusquau cimetière Saint-Jean, situé hors les murs, jusquà la porte Baudoyer.
Les Templiers construisirent ensuite le Temple B, méson neuve du Temple ou Petit Temple, vers 1256, sur des terrains qui leur furent donnés par Mathieu de Beaumont, derrière le chevet de Saint-Gervais, entre la rue des Barres, la rue Frogier-lAsnier et la rue Garnier-sur-lEau. Cette maison leur servit à placer les dépôts dargent et les valeurs quon leur confiait : ce fut leur comptouer.
Lors de la visite dHenri III, en 1253, on nen fait pas mention.
Enfin, le troisième et dernier Temple, le Temple Louis XVI, fut élevé en dehors de lenceinte de Philippe-Auguste, à 700 mètres des murailles, à 1.300 mètres des bords de la Seine.
Commencé vers 1240, Henri III y promulgue des actes et y loge une partie de sa suite ; mais le donjon ou la tour ne fut terminé quen 1265, par Jean de Tour, qui meurt en 1310. Il eut un enclos fortifié et devint la fameuse prison de la famille royale pendant la Révolution.
Jamais ce dernier temple nest nommé le Vieux Temple, excepté par erreur, mais quelquefois le Temple Neuf, Novum Templum. Cest celui que représente le sceau de 1290 que nous publions.
Nous ne saurions manquer de faire remarquer la solidité extraordinaire des constructions employées pour les temples par les Templiers.
Le Vieux Temple dure six siècles.
Le Petit Temple, à peu près le même temps.
Et le Temple Neuf ou Temple Louis XVI dure plus de six siècles.
Et on est obligé de démolira grand-peine ces massives constructions.
Cest dans lépaisseur du mur du Temple Louis XVI quun fondeur put couler en bronze une statue, grandeur naturelle, de Jeanne dArc.
Appendice
I. — Les Constructeurs du Temple à Paris
I
En lan 1222, le 29 mars, trépassa frère Hubert, trésorier de la religion du Temple ; et fut enterré en lélise du Temple, à Paris, devant le Crucifix. Lequel trésorier, en son temps, fit faire la tour et les logis du Temple et autres édifices comme il appert en lépitaphe dessus sa tombe.Requiescat in pace. Amen (1).
1. De Curzon, page 120. Tiré (les procès-verbaux de 1520).
Cette date est celle où le Trésor royal a été déposé pour la première fois au Temple, sous le règne de Philippe Auguste (1180-1223).
La tour avait donc été élevée pour cet usage (2).
2. De Curzon, page 122. Il sagit ici du Temple A.
II
Johannes, nomine de Turo, quondam thesaurarius Templi, qui Templi construi fecit Parisius (3).3. Recueil des Historiens de France, tome XXV, page 35.
— Léopold Delisle, Opérations financières des Templiers, page 68. Il sagit ici du Temple (Louis XVI).
Hubert, trésorier du Temple, meurt en 1222.
Jean de Tour, trésorier du Temple, meurt en 1310, près dun siècle après Hubert, il est donc fort possible que Hubert ait fait construire le Temple A, et Jean de Tour le Temple (Louis XVI).
Dautre part, on lit dans DUBREUL :
En lan 1306, lédifice de la grosse tour quarrée de lhostel du Temple fut achevé. Lequel avait esté dessiné et commencé sous la commanderie dun nommé Jean le Turc : lequel, peu après sa mort, ayant este accusé et convaincu dhérésie, ses os furent déterrer et brûle et la cendre espandüe au veut.
Cette Tour est flanquée de quatre petites tourelles aux quatre coins, et sert communément à mettre des poudres à canon, ou autres munitions, selon la volonté du Hoy ou du Grand maistre de lArtillerie (4).
Il est évident que Jeun le Turc est Jean de Tour. Quant au dépôt de poudre, nous verrons plus loin queffectivement on établit au XVI et au XVIIe siècles un magasin de poudre à canon tant au Temple quà la maison neuve du Temple ou Temple B.
4. Théâtre des antiquitez de Paris. Paris, 1639, page 650.
II — Le Trésor au Temple
Sous le règne de Louis VIII (1223-126) il y avait deux trésors distincts : lun qui resta au Temple [probablement la maison de la rue des Barres, ou Temple B], jusquau règne de Philippe le Bel ; lautre qui se trouvait au Louvre. Ce trésor du Louvre nétait pas une simple réserve, cétait une caisse aussi bien que le Trésor du Temple. Dans son testament, daté de 1225, Louis VIII désigne ainsi le Louvre : « Notre tour à Paris près de Saint Thomas », où il tient renfermé de lor, de largent, de la monnaie en espèces, « pour la défense du royaume », ad regni defensionem (1).
1. Petit-Dutaillis, Louis VIII, page 388.
Ceci tend à prouver que le Louvre, comme nous lavons toujours affirmé, ne se composait encore sous Louis VIII que dune tour unique.
M. Jousselin nous apprend que, sous Philippe le Bel, le Trésor fut officiellement transféré au Temple, le 24 juin 1303.
Au mois de juillet, Hugues de Pairaud, visiteur du Temple, en France, recevait plein pouvoir pour recueillir les recettes de la « seconde subvention », page 14.
La dîme de 1303 fut versée au Temple, page 15.
Dune façon générale les documents financiers étaient envoyés aux gens des comptes et largent au Temple (1).
1. Jusselin, lImpôt royal sous Philippe le Bel. Toulouse, 1906. Positions des thèses de lÉcole des Charles.
* * *
Le donjon était bâti avec des pierres du haut banc franc et liais du faubourg Saint-Jacques et de Montsouris (2).2. De Curzon, Procès-verbal de 1678, page 115.
En 1495, les fossés qui avaient contenu de leau autrefois, avaient été comblés du temps des Templiers, et il ny en avait plus eu depuis (3).
3. De Curzon, page 115. AN. S. 5558.
Nous nous demandons doù aurait pu provenir leau des fossés du Temple, sinon des pluies.
Ce quartier était en marais ; maïs nous savons quil y avait des étangs à poisson — [des mares] — place Baudoyer (1).
1. La place Baudoyer est une voie située dans le 4e arrondissement de Paris, en France, dans le quartier Saint-Gervais
En 1536, 24 mai, de Louviers, bourgeois du Paris, signait une requête des voisins de la porte Baudoyer pour la réparation dun cours deau, près de la Croix.
Cet endroit est, il est vrai, éloigné du Temple, mais ceci explique les industries énumérées par nous dans le quartier de la place Baudoyer, alors pourvu deau : teinturiers, foulons, baudroyers, etc.
Dans tous les cas, sil y avait jamais eu des eaux stagnantes dans les fossés du Temple, elles navaient pas dû y séjourner longtemps ; les fontaines de la rue Saint-Martin étaient la plupart du temps taries (Cf. notre Étude sur les fontaines à Paris, qui paraîtra incessamment).
III. — Présence des Rols de France au Temple
Philippe III le Hardi : 1275-1283, 10 mars, 9 et 12 avril ; 1285, 3 et 4 juin.
Philippe IV le Bel : 1295, septembre (4) ; 129O, juin ; 1302, du 6 janvier au i5 février, sauf le 28 janvier, jour où il se rend a Saint-Denis (5) ; 1306 (le roi se réfugie au Temple pendant une émeute).
Comme le Temple nest cité, à Paris, dans aucun acte de Louis VI (1081-1137), il est probable quil nexiste pas encore sous ce roi.
4. AN. J. 1020. — Histoire de France, tome XXI, page 435 b.
5. Histoire de France, tome XXI, page 435 b.
IV. — Les Clients du Temple
Rois, princes, princesse, etc.
Louis VII, Louis VIII, Philippe Auguste, la reine Blanche, Louis IX, Alphonse, comte de Poitiers, Charles dAnjou, Robert dArtois, Robert de Clermont, Robert de Nevers, Philippe le Hardi, Philippe le Bel, Jeanne de Navarre, etc. (1).
1. Léopold Delisle, Opérations financières des Templiers.
V. — Les Hôtes du Vieux Temple (Temple A)
1230. — Jacques de Bazoche, évêque de Boissons.
1236. — Pierre de Gollomedio, prévôt de léglise de Saint-Omer.
1246. — Arnoul, évêque dAmiens (2).
2. De Curzon, page 246.
VI. — Les Hôtes du Temple (Louis XVI), ou maison neuve du Temple ou Temple B.
Le comte de Clermont, Louis, petit-fils de Louis IX, fils de Robert de Clermont et de Beatrix de Bourbon, né en 1279, mort, en 1341 « se haherjoit de Paris près, cest assavoir dehors les Portes, com au Temple, ou au Louvre, ou au Trois Mors et ans Trois vis, près des Aveugles (3) »
Avant de partir pour lEspagne, sous-la conduite de du Guesclin, les chefs des routiers sont reçus au Temple par Charles V, en personne, pour y signer un traité (4).
1413. — Le duc de Berry loge au Temple avec ses gens.
1414. — Les ambassadeurs anglais : larchevêque de Winchester (le cardinal Henri Beaufort), les comtes de Dorset, de Salisbury, de Gray, avec 500 à 600 chevaux, descendent au Temple et y donnent, pendant trois jours, des fêtes : joutes, bals, festins, etc.
3. Histoire de France, tome XXI, 688 a.
4. De Curzon, page 245.
Prisonniers du Temple
Jacques de Molay, Enguerrand de Marigny, dabord au Temple, puis au Louvre et enfin reconduit au Temple.
VII — Ce que dévient le Vieux Temple (Temple A)
Le Vieux Temple qui appartint dabord au Templiers, puis au Grand Prieur, était loué en 1322, 20 livres 1 denier ; en 1376, 20 livres 1 denier.
Il existait donc lors de lachat de la maison aux piliers, le futur hôtel de ville, dont il devait être assez rapproché.
1438. — 20 livres à un tavernier.
1469. — « A Dreux Budé, pour lostel du Vielz Temple quil tient à louage pour 20 livres. »
1415. — « Sur une ruelle étroite, séant derrière lostel où demeure ledit maître Guillaume (maître des garnisons des vins de Charles VI, ce qui explique le nom de la rue des Vieilles-Garnisons), oultre le chevet de léglise de Saint-Gervais et au long dune masure à lui appartenant, aboutissant dun bout à la rue aux Bretons et dautre à la rue de la Mortellerie (1) »
1425. — Dreux Budé fait une fondation à Saint-Gervais.
1458. — 9 février. Dreux Budet Jeanne Pescharde, sa femme, revendiquent une somme de 8 livres parisis de rente aliénée par une confrérie de la Conception Notre-Dame, dans une chapelle de Saint-Gervais (2).
1480. — Hôtel des Garnisons. « Aux héritiers de feu maître Dreux Budé pour lostel du Vielz Temple, appelé lhostel des Garnisons, 4 livres. »
1528. — Loué pour 43 livres 4 sols.
1564. — Loué pour 120 livres.
1587. — Loué pour 120 livres.
Au XVIIe siècle, le Grand Prieur fait bail et transige au sujet de la maison du Petit Temple de la rue des Barres, qui quoique reconstruite en 1618, conservait encore son nom (3).
1. AN. JJ. 168, n° 325.
2. Léon Mirot, les Fondations de la famille Budé de léglise Saint-Gervais, (Bulletin de lHistoire de Paris, 1905, page 185.
3. Cest le Temple B. De Curzon et Bruel.
VIII. — Hôtel des Barres
Cité des 1269, cet hôtel était situé au coin de la rue des Barres (4), et de la Mortellerie (ancienne Foulerie) et appartenait à une famille célèbre.
4. Ce nom vient vraisemblablement des Barres en bois destinées à étendre les étoffes sorties des mains des foulons, des teinturiers, etc. La rue des Poulies était voisine et tirait son nom dun emploi analogue.
Un chevalier, Guillaume des Barres, doué dune force prodigieuse, accompagnait Philippe Auguste dans sa croisade (1191). Cest lui qui terrassait à Messine, le roi dAngleterre, Richard, dans une lutte courtoise.
En 1247, Evrard des Barres fait don dun moulin aux Templiers (5).
5. Cartulaire général de Paris, page 265.
Nous retrouvons un chevalier du même nom en Angleterre, sous Henri III : Jean des Barres.
Vers 1354, Guillaume des Barres, miles strenuissimus, donnait 40 livres parisis à la fabrique.
Vers 1362, Guillaume des barres vendait son hôtel de la rue des Barres au monastère de Saint-Maur, et il était presque aussitôt amorti par le régent Charles (1).
1. De Curzon, page 314.
1499. — Feu Gilbert Fournier, maître en théologie, donnait au collège Montaigu 10 livres tournois à prendre annuellement sur une maison de la rue des Barres, au chevet de Saint-Gervais, dont elle est séparée par la rue, et ayant pour enseigne Marie-Madeleine (2).
2. Obituaires de Sens, tome I, page 115 et 780.
En 1782, lhôtel des abbés de Saint-Maur, sappelait lhôtel de Charni (3).
3. Jaillot, la Grève, page 4.
IX. — Hôpital de Saint-Gervais ou de Saim-Anastase (4).
La Maison-Dieu Saint-Gervais avait été fondée en 1171, par Garin-Lemaçon et son fils, Harcher, prêtre et curé de Saint-Jacques-la-Boucherie. Elle était donc plus ancienne que Saint-Jean-en-Grève, et sappelait alors laumône Saint-Gervais (1179) (5).
4. Cocheris. Certains auteurs écrivent Saint-Anastase, dAprès labbé Gautier, curé de Saint-Gervais, il faut lire Saint-Anastase.
5. Bourbon, Lebeuf. Cette maison est citée en août 1239 : Domus Dei de Sancto Gervasio tunc dono C sol, test domino Petro, capellano (Histoire de France, tome XXII, page 600)
Elle était située à côté de Saint-Gervais ; en 1851, elle se trouvait au n° 65 de la rue de la Tisseranderie. A cette date, la chapelle, construite à environ 4 mètres au-dessous du sol, mesurait 6 mètres de côté et avait la forme dun parallélogramme régulier. La hauteur de la voûte darête atteignait 5 à 6 mètres, elle était soutenue par 12 colonnes (1).
1. Revue archéologique, tome VIII, avril, septembre 1851.
— Troche, Notice historique et archéologique sur lancien hôpital de, Saint-Gervais dit de Sainte-Anastase, page 255.
Rebâti en 1411, lhôpital fut transféré en 1657, 10 avril, dans un hôtel assez vaste de la rue Vieille-du-Temple, lhôtel dO, entre la rue des Rosiers et celle des Franc-bourgeois. Lancien hôpital demeura sur pied jusquen 1758, époque où on labattit parce que les bâtiments et la chapelle tombaient en ruines, dit Lebeuf ; mais Troche avait pu voir les fouilles de 1851, qui achevèrent den dispenser les derniers vertiges (2).
2. 1473. « Places à commencer de la maison appartenant à Saint-Gervais faisant le coin de la rue des Barres jusque-là la porte de léglise qui est devant lOstel-Dieu appelé lOstel-Dieu Saint-Gervais. » (Bournon et Lebeuf, page 56, 57.) Il y avait un « bel et notable cimetière » touchant à léglise à lendroit de la porte Baudoyer (Ibidem, page 56).
X. — La Tour de la rue des Deux-Portes
Dans le même quartier que le Vieux Temple, cest-à-dire rue de la Tixeranderie, existait une rue des Deux-Portes, citée en 1281, qui aboutissait rue de la Verrerie. Dans cette rue se trouvait encore un manoir avec une tour, appartenant, en 1350, à un certain Jean Billouard, qui meurt vers 1340 (3). Son hôtel passa à Poillevilain (4) puis au comte de Poitiers, de 1351 à 1362 ; au duc de Berry, à la reine Blanche, veuve de Philippe VI, en 1376 ; à Alexandre le Boursier, maître des Comptes, adjudicataire en 1415 ; enfin, aux héritiers de ce dernier de 1438 à 1447.
3. Ce Jean Billouard possédait deux immeubles dans ce quartier. Ce riche propriétaire était argentier de Charles-le-Bel. Voir plus Haut.
4. Jean Poillevilain, gouverneur de toutes les monnaies de France, en 1348 (J. Viard, Journaux du Trésor).
Au sujet de cette tour, SAUVAL écrit :
« Cest la vieille tour de M. Barentin » et Bonnardot ajoute quelle fut détruite vers 1685 ou 1702 (5).
Il sagit ici de Jean, sire de Basentin, conseiller du roi et maître des requêtes, cité par Cocheris et Lebeuf, en 1370, et non Barentin (6).
La Tour de la rue des Deux-Portes fut abattue en 1700 ou 1701 (7).
5. Bonnardot, Vieilles enceintes.
6. Bruel et de Curzon, page 324, 325. AN. S. 5586 ; MM. 133 ; S. 5075.
— Cocheris-Lebeuf, II, 477.
7. Mauperché, Paris ancien, Paris moderne, 1813.
XI. — La Maison de lAbbaye de Maubuisson
Suivant nous, le Temple B sélevait au coin nord formé par la rue des Barres et la rue Garnier sur leau. Dans le coin, en face, se trouvait une maison occupée par labbesse de Maubuisson, dès 1292.
Une pierre chargée des armoiries de la célèbre abbaye subsiste encore à cette place sous lencorbellement dune tourelle disparue, seul souvenir de cette demeure.
Nous lisons, en effet, dans Gèraud, page 128 b :
« Labbesse de Maubuisson, page 128, 12 d » dans la rue don Viez Poulies.
Il est probable que labbaye avait possédé une maison à Paris presque aussitôt après sa fondation (mai 1236) et que cette maison avait été bâtie pour elle sur un terrain situé derrière Saint-Gervais, quon lui aurait donné.
Les armes de labbaye de Maubuisson portaient : I au, de Castille, de gueules au château à trois tours dargent ; au 2, de France, dazur à la fleur de lis dor, sommé dune crosse dor tournée à senestre et entouré dune légère guirlande de feuillage et de fleurs bleues ou violettes au cœur dargent. La lettre gothique M posée sous lécu.
Mais nous préférons les armes suivantes :
Parti de France et de Castille, séparé par une crosse abbatiale tournée à gauche, lécu entouré de deux palmes. Ces dernières Semblent conformes à celles que présente la pierre encore en place au coin de la rue aux Barres (lAbbaye de Maubuisson, page 85.).
La pierre qui porte ces armoiries est fruste et à peine lisible, mais on y distingue encore très nettement la fleur de lis.
Emplacement de la maison de lAbbaye
Géraud identifie la rue des Vieilles-Poulies avec limpasse Putigneux ; nous allons démontrer quil a raison.
Nous relevons, en effet, parmi les possessions de labbaye de Maubuisson, à Paris :
« La maison de la rue des Barres, derrière Saint-Gervais, acquise en 1327, par transaction, de la succession de maître Guillaume Hilaire, doyen de Péronne, divisée primitivement en deux maisons appelées lHôtel de la Crosse et lHôtel dit Cerf. Cet immeuble qui portait aussi le nom de Maison de Maubuisson, était enclave dans le pâté de maisons circonscrit par la place Baudoyer (prope portam Baldoerie) la rue des Barres, la rue Garnier-sur-lEau, la rue Frogier-lAsnier et la rue des Viez-Polies.
Elle était dans la censive du grand chambrier de France. » [Il faut lire suivant nous, du grand prieur.]
La Taille de Géraud nous prouve que cette maison appartenait à labbaye avant 1327, et que la rue des Vieilles-Poulies donnait, dun côté, rue Frogier-lAsnier et de lautre, rue Barres. Cest le passage Putigneux, prolongé jusquà la rue des Barres.
Cette maison est ainsi qualifiée dans la suite : « Maison au chevet de Saint-Gervais, dans la censive des Filles-Dieu de Paris, avec grange sur la rivière, vers la rue des Barres, censive Saint-Eloy. »
En 1520 1er avril, lHôtel de la Crosse, tenant à lHôtel du Cerf est loué à Guillaume Galois et à sa femme, moyennant 42 livres, 4 sols parisis de cens annuel, la vie durant des preneurs.
En 1520, une partie de la Maison de Maubuisson est louée à Jehan, dit Léon, moyennant 50 livres.
En 1534, cette maison est louée pour 70 livres à Guillaume Poussepain.
En 1681, 18 avril, Germain Jolly et Louis Sallé prennent la maison entière à bail, pour 700 livres.
En 1689, 5 février, le procureur de labbaye la loue aux Dames de la Croix qui loccupent vraisemblablement jusquà la Révolution, moyennant un loyer de 1,450 livres à lorigine, somme qui descend jusquà 1.200, et même 875 livres (1712 1er avril) pour remonter à 1.400, 1.500, 1.600 livres (1753, 1er mai).
« On possède une quittance de finance délivrée par Jean de Turmenyes de Nointel, garde du Trésor royal, aux dames de Maubuisson, propriétaires dune maison, rue des Barres, occupée par les Dames de la Croix, de la somme de 457 livres 4 deniers pour le rachat au denier 18 de celle de 21 livres 8 sols pour Laquelle ladite maison a été employée au rôle arrêté pour lentretien des lanternes et nettoiement des rues, en 1703... pour être lesdites dames déchargées à lavenir et à commencer du 1er janvier 1704 desdits entretiens (1). »
1. Dutilleux et J. Depoin, labbaye de Maubuisson 4e partie. Analyse du Cartulaire. Pontoise, 1885, pages 257, 258.
Jaillot avance que la maison fut reconstruite en 1610 et que le couvent des Filles de la Croix ne sinstalla quen 1636. Nous voyons plus haut que ce nest quen 1689 que les Dames de la Croix la louent au procureur de labbaye (2). Ceci ne prouve pas que la maison ne fut pas reconstruite, mais Jaillot a dû faire confusion.
2. Jaillot, la Grève page 56.
En effet, Dulaur dit quil y avait, à Paris, quatre couvents des Filles de la Croix. La communauté dont nous nous occupons, se nommait : les Filles de la Congrégation de la Croix, et était située rue des Barres, n° 14. Elles sétablirent à Paris, en 1664. Supprimées en 1790, leur maison fut convertie en une maison particulière (3).
3. Dulaure, tome V, page 191. Les numéros de la rue sont, depuis Dulaure, intervertis, cest-à-dire que les numéros pairs sont actuellement de lautre côté de la rue et ne se suivent plus dans le même ordre. Il existe des travaux de spécialistes sur le numérotage des rues de Paris. La date de linstallation nous parait être 1689.
Enfin, après avoir cité la maison de labbaye de Maubuisson, Lefeuve ajoute : « Les chapelles à colonnes quelles (les religieuses) ont laissées dans les caves des numéros 9 et 10 de la rue de la Barre, nétaient pas des lieux de plaisance. Le n° 17 est plus vieux encore. La rumeur publique le fait dépendre dun couvent dhommes, mais lequel ? (1) »
1. Lefeuve, Anciennes maisons de Paris.
Il est probable que le couvent dhommes auquel il est fait allusion nétait autre que la maison neuve du Temple Malheureusement, nous navons pu vérifier les assertions de Lefeuve ; mais M. le curé de Saint-Servais nous a promis de sen occuper.
Lorsquon démolira la Maison de Maubuisson, on ce qui en reste, ce qui ne peut tarder, on sera fixé et on verra si vraiment les caves sont dignes dintérêt. Quant aux substructions de la maison neuve du Temple, il est probable quelles ont depuis longtemps disparu. Du moins, rien dans les immeubles de cette rue ne permet de supposer quil reste des traces du vieux comptouer des Templiers
XII — LE FOUR DU TEMPLE
Mathieu de Beaumont avait encore donné aux Templiers, en 1152, un four et ses dépendances, situé à la porte de Paris. MM. de Curzon et de Lasteyrie ont cru quil sagissait, ici de la porte du Châtelet, rue Saint-Denis, alors la Sellerie (1). Mais Jaillot (2) nous apprend que ce four, dit Four du Temple, était situé entre la maison de la Barre (du Bec) et la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, par conséquent sur le territoire et dans la censive du Temple, alors quil se trouvait encore dans lenceinte. Lorsque les Templiers furent installés en dehors des murailles, ils navaient plus besoin dun four distant de plus de 800 mètres de leur enclos : ils le louaient. M. de Curzon cite, page 328, la rue du Four-du-Temple, qui est mentionnée en 1252 (3), 1270 et 1274 (4), et la met aux Barres. Ce four était loué 8 livres de croît de cens, à ferme. Évidemment, le Temple, à ce moment, navait pas besoin de deux fours, et il y a eu confusion entre la rue Barre-du-Bec et la rue aux Barres, si Jaillot a raison, ce qui est probable.
1. La porte de Paris ne signifie pas nécessairement la porte du Châtelet. Il y avait une porte des Barres ou suivant dautres auteurs, des Barrés, à Paris, avant Philippe Auguste ou de son temps. Les Templiers navaient pas besoin dun four aussi éloigné de leur Temple, même du Temple A.
2. Jaillot, Quartier Saint-Avoye, page 4.
3. AN. MM. 128.
4. AN. S 5544.
Nous lisons, en effet, dans les Cartulaires Notre-Dame (5) : 1280, août. « Item, in vico veteris Templi, in domo Hilarii de Polies que est de Sancto Eligio et facit cuneum vici Anquetini Falcatoris, etc..., a parte vici qui dicitur la Bretonnerie, eundo versus Furnum Templi, a parte sinistra continue usque ad ruellam du Franc-Mourier, que est de Sancto Eligio. »
5. III, 279.
La censive de Saint-Eloi était très importante, et labbaye de Saint-Eloi, alors aux moines de Saint-Maur, avait un four dans sa censive, connue nous le voyons dans le Livre de la Taille de 1292.
Rue du Porte-Baudoyer :
Aceline du four Saint-Eloy, 2 sous (page 125 a) et rue des Viez-Poulies ; Nicolas, du four Saint-Eloy, 2 sous (page 128 b).
Le four Saint-Eloy était rue de lAigle, premier nom de la rue Saint-Antoine.
En 1813, on voyait encore, rue Saint-Paul, n° 40, la grange Saint-Eloi, et, avant la Révolution, il y avait tout près de cet endroit la prison Saint-Éloi (6).
6. Mauperché, Paris ancien, Paris moderne, 1813.
XIII. — LA RUE GARNIER-SUR-LEAU
La méson neuve du Temple, on Temple B, était située au coin de la rue aux Barres et de la rue Garnier-sur-lEau. La rue Garnier-dessus-lEau, était-elle donc été baignée par la Seine, en 1292, et avant ?
Cest certain, et, les murs de la vieille église Saint-Gervais trempèrent souvent dans les eaux du fleuve. Troche (1) ne parle-t-il pas des travaux que le besoin de se préserver des inondations de la Seine nécessitait dans ce quartier ?
En 1292, cette rue compte, parmi ses 57 habitants : un pêcheur, Gervais, qui paie 2 sous ; un passeur, Jacques, 2 sous ; un porteur deau, Nicolas, 2 sous, du cote situé sur la paroisse Saint-Gervais ; et deux teinturiers, Bertaut, 2 sous, et Gaufroi, 3 sous, du côté situé sur la paroisse Saint-Paul.
1. Troche, Notice historique et archéologique sur lancien hôpital Gervais dit de Sainte-Anastase (Revue archéologique, tome VIII, avril septembre 1851, page 259).
Il faut se bien garder de lire Grenier-sur-lEau. Le mot grenier ne se trouve ni dans Godefroy, ni dans la Curne de Sainte-Palais (Cf. Dueange, Graneria et Granerium et Batifollum). Ce mot na aucun sens ; mais cest probablement, lui qui a fait croire à M. de Curzon que les templiers avaient là des magasins pour les arrivages par la rivière.
Le mot grenier, dans le sens de réserve sons les toits est peu usité au XIIIe siècle. Au XVe siècle, on disait galatas — doù galetas — nom dérivé dun faubourg de Constantinople, Galata. Mais il ny avait sûrement pas dentrepôt sur leau, dans cette rue, ni au XIIIe siècle, ni avant, ni après.
Dans la rue voisine et perpendiculaire à la rue Garnier-sur-lEau, nommée rue Frogier-lAsnier (2) située sur la paroisse Saint-Gervais, dun côté, on comptait deux teinturiers : Sohier et Bertaut, 2 sous chacun.
Tous ces métiers, comme ceux cités plus haut, avaient besoin deau et ils en trouvaient à leur portée. Nous pouvons affirmer que les pêcheurs, et surtout les passeurs, se trouvent tous nécessairement sur le bord même du fleuve, à cette époque, comme du reste, les meuniers, ces derniers assez souvent sur leau (3).
2. Frogier-lAsnier (Asinarius) vivait en 1154 la rue, nouvelle alors, prit son nom en 1152.
3. Géraud, page 107, 108, 109, 128 et passim.
Guillot de Paris dit :
Je ving en la Mortelerie,
Ou a mainte teinturerie.
Ce qui donnerait raison à Bournon, qui fait venir le nom de porte Baudoyer des (Baudraiers) qui sont encore 15 à Paris, en 1282.
Lebeuf, nous apprend que sur la place Baudoyer il y a alors des étangs à poissons (Cocheris-Lebeuf, tome I, page 548).
Comme nous le disons ailleurs, ces étangs étaient des mares provenant des eaux pluviales ; autrement rien ne les justifie.
XIV. — RUE DU TEMPLE ET RUE VIEILLE DU TEMPLE
Lorsque le Temple (Louis XVI) ou (Maison neuve du Temple avec son donjon) fut construit, à 700 mètres des murailles de lenceinte de Philippe Auguste, la voie qui y conduisait directement prit, le nom de rue du Temple, tandis que lautre rue du Temple, la première située presque dans le prolongement de la rue de la Barre prit le nom de « Viez-rue-du-Temple »
La rue du Temple mesure actuellement 1200 mètres de longueur (1) à partir de la place de Grève (place de lhôtel-de-Ville), mais en 1292, elle ne comprenait que la partie située entre la rue neuve Saint-Merry (rue Saint-Merry) et le passage Sainte-Avoye ; cest-à-dire quelle navait que 200 mètres de longueur.
1. La rue du Temple mesure actuellement 1335 mètres, depuis la place de lhôtel-de-Ville jusquà la place de la République ; niais nous avons supprimé les 135 mètres compris entre le square du Temple et la place de la République. Il y avait donc plus dun kilomètre entre la Grève et le Temple (Louis XVI).
La « Viez-rue-du-Temple » ou rue Vieille-du-Temple mesure 885 métrés de longueur, depuis la rue de Rivoli jusquà lu rue de Turenne : mais en 1292, elle partait de la « Grand-Rue » à la porte Baudoyer de (rue de Rivoli), et aboutissait à la porte Barbette (rue des Franc-Bourgeois), mesurant environ 260 mètres de longueur.
Vers 1200, la rue Vieille-du-Temple, en dehors de la muraille, nétait quun chemin se dirigeant à travers les marais et la culture du Temple, dit Bonnardot (page 251) qui nen sait rien (2).
2. Vieilles enceintes.
La rue du Temple (Viez-du-Temple) se nommait, en 1235, Vicus militiæ Templi, et, en 1252, rue de la Chevalerie-du-Temple (Jaillot-Sauval).
Cette rue est la rue qui devint par la suite, la rue Vielle-du-Temple parce quil ny en avait quune seule à cette époque. Mais le prolongement de la rue du Temple, du côté de la Grève, sappelait alors rue aux Barres ou rue de la Barre. Au XIIIe siècle, il y avait, dans ce quartier, deux rues de la Barre : lune dite Barre-du-Bec (Hélouin) paroisse Saint-Merri : lautre, la rue de la Barre ou aux Barres, paroisse Saint-Gervais.
En 1313, on lit celle rubrique ; « De lostel des Barres jusques au Coing des Chapiau. » Il existait donc alors un ostel des Barres dans cette rue. Nous en donnons lhistoire appendice VIII.
XV. — LA GRÈVE ET LÉGLISE SAINT-JEAN
Avant 1234, B. prieur de Saint-Martin-des-Champs, donnait au couvent de Saint-Martin-des-Champs 40 sous à prendre sur des chambres situées sur la Grève.
Au XIIe siècle, Robert, prêtre, avait donné à Saint-Victor, 5 sous à prendre sur sa maison sise à la Grève.
Vers 1275, Alard, dit : le Passeur, a une maison située rue Saint-Jehan-en-Grève.
Parmi les habitants, nous relevons les noms de Jeanne la Coquatrix, du curé de Saint-Jean, Jean Juin, de Jean Gencien, bourgeois de Paris, de Dreux Budé et de sa femme Richard (nommée plus haut, la Peschard, quand il faut lire la Richarde).
XIIIe siècle. Raherus Chanarius a sa maison dans la grand-rue, devant lospital Saint-Gervais (1).
1. Obituaires de Sens, tome I, pages, 443, 448, 601, 836, 798, 853.
XVI. — LABBAYE de PREUILLY (Indre-et-Loire)
Gantier, lévêque de Chartres, en 1239, avait été prieur de Preuilly, ensuite abbé de Fontaine-Jean (Loiret), enfin évêque. Cest lui qui donna à labbaye de Preuilly la grande maison de la rue Frogier-lAsnier.
Jeanne la Champenoise et sa fille, Jeanne fies Places, avaient donné à labbaye de Preuilly 20 livres à prendre annuellement, sur Plusieurs maisons, sises à Paris, rue Frogier-lAsnier, avant la maison. (2).
Labbaye de Quinssi, sise dans le même quartier, et citée par Géraud, est celle de Quincy-sous-Sénart (Seine-et-Oise).
2. Obituaires de Sens, tome I, pages, 884, 887.
XVII. — SAINT-JEHAN-EN-GREVE
Lérection de la cure do Saint-Jean-en-Grève daté de janvier 1212 (3). Mais la petite église fut depuis agrandie. Léglise fut supprimée en 1790, vendue le 7 janvier 1800, et démolie pour élargir la rue du Tourniquet.
3. Bournon-Lebeuf.
La chapelle de la Communion, construite en 1735, fut annexée à lhôtel de ville, où elle servit de lieu de réunion sous le nom de salle Saint-Jean. Elle lui abattue en 1837, reconstruite par Lesucur en 1842 et brûlée en 1871.
Suivant Jaillot, les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem furent ainsi appelés parce que leur chapelle était sous linvocation de saint Jean lAumônier ou de saint Jean-Baptiste.
Il ny aurait donc rien dinvraisemblable à ce que les Templiers eussent donné ce nom à léglise Saint-Jean-en-Grève ; auparavant chapelle baptismale de Saint-Gervais.
Ce nest quen 1326, cest-à-dire longtemps après le déménagement des Templiers, que Charles le Bel permit dagrandir léglise ancienne et dabattre des maisons voisines (peut-être celles qui avaient servi décuries aux gens de lescorte de Henri III en 1254).
Du reste, la dédicace de léglise du Temple était sous le litre de la sainte Vierge et de saint Jean-Baptiste (1).
1. Lebeuf.
Les comptes de 1227 à 1326 nous apprennent que le cens capital des places libres, place de Grève, sélevait à 15 livres.
En 1285, Raoul le Normand payait 10 sous par an la place quil occupait place de Grève. Il y avait donc une trentaine de places à bâtir à la fin du XIIIe siècle, autour de la place de Grève (2).
2. Histoire de France, tome XXII.
XVIII. — Le Petit Temple au XVe siècle (3).
« En 1427, vint à Paris une femme nommée Margot, assez jeune, comme de vingt-huit à trente ans, qui était du pays de Hainaut, laquelle jouait le mieux que oncques on eût vu, et avec ce jouait devant main [davant-main ou de la paume], derrière main [darrière-main] très puissamment, très malicieusement, très habilement, comme pouvait faire homme ; et peu venait dhommes à qui elle ne gagnât, si ce nétait les plus puissants joueurs. Et était le jeu de Paris, où le mieux on jouait, en la rue Garnier-Saint-Ladre, qui était nommée le Petit Temple (4), »
3. Jeu de Paume.
4. Journal dun bourgeois de Paris (1405-1440), édition Tuetey. Paris, 1881, page 222.
Notre bourgeois se trompe à notre avis : il a voulu dire rue Garnier sur leau : il aura confondu, sauf erreur de noire part.
En 1640, dans la rue Geoffroi-lAsnier (Frogier-lAsnier), il existait deux culs-de-sac : Putigno et Putigneux (ce dernier subsiste toujours) qui servaient de passage et dentrée à deux jeux de paume (5).
5. Jaillot, Saint-Paul, page 18.
Ceci prouverait que Margot fréquentait le jeu de Paume de la rue Garnier-sur-lEau et non Garnier-Saint-Lazare.
Le cul-de-sac Putigneux est lancienne rue des Vieilles-Poulies.
En 1292, il y avait, dans la queste Temple hors les murs, 5 paumiers (sur les 13 paumiers alors à Paris ; payant 5, 10, 18 et 20 sous de taille. Ces paumiers devaient avoir leurs établissements de jeu tout contre les murailles de lenceinte de Philippe Auguste. Ce détail peut être utile pour lorientation suivie par les répartiteurs de la taille (Géraud, page 177 a).
XIX. — Un Mariage au Temple
En 1349, 5 juillet, Gaston III Phébus, comte de Poix, épousait Agnès, fille de Philippe III, roi de Navarre. Les conditions arrêtées, dès 1347, il Vincennes, le mariage fut béni au Temple, et le 5 juillet
1349, Philippe de Valois ratifia le contrat à Pontigny. Agnès fut répudiée en 1373 et Gaston de Poix mourut en août, en 1391 (1).
1. J. Viard, Journaux du Trésor, n° 2537, page 449.
XX. — Une Réception au Temple
Réception dAlexandre de Vendôme, frère cadet de César, second fils naturel de Henri IV. Il avait cinq ans, 1er février 1604.
(Cf. H. de Curzon, Une Réception au Temple. Paris, 1886).
XXI. — Fondation dun autel à Saint-Gervais
1305, 22 février. — Jean Clairsens, clerc du roi, chanoine de léglise de Saint-Quentin, en Vermandois, demeure rue du Vieux-Temple (2), et fonde une chapellerie à Saint-Gervais (3).
2. C. N. D.
3. Bournon-Lebeuf, page 57.
— Cf. Inventaire de Rob. Mignon, Edition Ch.-V, Langlois. Paris, 1899, pages 93, 94, 96, 250, 329, (1289-1293).
— Clairsens junior (1294), page 71.
— Le clerc junior est le petit-fils dun G. Clairsens.
XXII. — La Haute Justice du Temple
En 1338, la haute justice du Temple comprenait le territoire circonscrit par les rues du Temple et Vieille-du-Temple à louest et à lest, et par les murailles de Philippe-Auguste au sud (4).
4. Tanon, les Justices, page 135.
XXIII. — La Couture du Temple
La Couture du Temple, vaste territoire, comprenait les marais de la Boucelle (veuve Boucel), le Pré du Temple, la Terre aux Lions, les Courtilles Barbette, Beauchamp, de Mesnil Mautemps (Ménilmontant de Menies (?), du pressoir Saint-Martin et du pressoir Vaudetar, etc.
(Ces pressoirs sont les anciens pressoirs du chapitre Notre-Dame et de lévêque de Paris, en 1282) (5).
5. De Curzon, page 208.
XXIV. — Armoiries décorant la salle du banquet offert par Henri III à Louis IX au Vieux Tempe, en 1254.
Mathieu de Paris nous a laissé la description de quelques-uns des écus suspendus aux murailles de la grande salle royale du Vieux Temple. Il est même probable que les dessins conservés dans le manuscrit publié par Luard sont de sa main.
Écu royal dAngleterre : de gueules à trois lions dor [ces lions sont des léopards, à notre avis].
Clare ou Gloucester : dor à trois chevrons de gueules.
Gray : dargent à trois fasces dor (1).
Valence : le Comté de March : écu burelé fascé dazur et dargent, ligues à volonté, mais en commençant par la ligne dargent.
Pour son fils, ajouter : Lambel de gueules à cinq pendants à la ligne supérieure dargent qui reste libre avec trois léopards passant à chaque pointe.
1. Rietstap dit : fascé dargent et dazur.
Plessis-Warwick : échiqueté dor et dazur à la bande dhermine.
Lusignan ou Luzignan champ dargent.
De Moles (Nicolas) : dargent à deux barres de gueules avec trois tourelles en chef.
Fitz-Nicolas (Raoul) de gueules à un quintefeuille dor à la bordure échancrée dargent.
Bigot (Hugue) comte de Norfolk : dor à la croix de gueules.
Nous trouvons en outre, dans Mathieu de Paris, les armoiries suivantes :
France : dazur à six fleurs de glaïeul dor (gladioli flores aurei) ou semis de fleurs de lis dor.
Navarre (roi de) : dazur à la bande dargent (alba) avec lignes dor de chaque côté (utrobique lineata aureo).
Des Barres (Jean) : de gueules à la croix ancrée dor.
Templiers : dargent au chef de sable.
XXV. — Dons au Temple ou mini cartulaire
1137 avant 1147. — Don aux Templiers, par dame Gente, dun moulin sous le Grand Pont.
Cette pièce est une des plus anciennes qui intéressent la maison du Temple à Paris (2).
2. Cartulaire général de Paris, page 265.
1141. — Don par Louis VII à son médecin qui la tenait du Temple, dune maison sur le Grand Pont. M. de Curzon lappelle Dulcisson.
— M. Luchaire le nomme Obison. Cest le mari dAdélaïde dite la Gente, citée dans la pièce précédente, dont il vivait séparé.
1145. — Le doyen Barthélemy et le chapitre Notre-Dame de Paris donnent aux Templiers 60 sous à prendre sur le change.
1247, 5 avril. — Donation aux Templiers par Bernard de Bailleul, mentionnant le premier chapitre tenu par le Temple à Paris (1).
1. Cartulaire générât de Paris, page 307. Quand les Templiers se rendaient aux époques et termes fixés à leur chapitre général, ils trouvaient au Vieux Temple des logements convenables. Or, il faut quils reposent tous dans un seul palais, car ils traitent de nuit leurs affaires dans le chapitre (Mathieu de Paris, année 1254).
1152. — Mathieu, comte de Beaumont-sur-Oise, donne à Dieu et aux frères du Temple de Salomon, un four et une maison ayant appartenu à Frogier lAsnier, avec la justice, et le port situé devant les Barres, et 41 sous de cens à prélever sur son domaine de Reuilly, puis 17 setiers davoine, une mine et des poules à prendre chaque année (2).
2. Douet dArcq, Recherches sur les anciens comtes de Beaumont-sur-Oise. Amiens, 1865, in-4° page 3.
En 1328, la maison de Reuilly, quondam Templi, était passée a labbaye de Saint-Antoine (3).
3. J. Viard, Journaux du Trésor.
1170. — Don de 69 sous, offert au Temple par le chapitre Notre-Dame, à prendre sur le Grand Pont.
1179. — Malgré lopposition du prévôt de Paris, on reconnaît au Temple le droit de justice foncière dans les maisons et sur toutes les places situées dans sa censive, en deçà de lenceinte des murs de la Ville (1).
1. Cocheris-Lebeuf, II, 463.
— AN. S. 5544. Le Temple nétait pas encore en dehors des murs qui nétaient même pas commencés.
1179. — Les Templiers possèdent en paix et à perpétuité toutes les maisons, les jardins, les rues et places de leur censive, avec les droits de cens et de rente, domaine et justice foncière qui y sont attachés... en dehors desquels le roi se réserve tout autre droit de justice, haute et basse (2).
2. De Gurzon, page 177 (AN. K. 34, n° 24).
1181-1182. — Don au Temple dune arche du Grand Pont.
1185. — Don du comte Robert au Temple de 30 livres à prélever sur la prévôté de Paris (3).
3. Léopold Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste.
1190. — Philippe-Auguste assigne aux Templiers 10 livres à prélever à Lorris (4).
4. Léopold Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste.
1194. — La Comtesse Eléonore de Vermandois, fille de Raoul, comte de Péronne, femme de Mathieu III, comte de Beaumont-sur-Oise, donne au Temple 10 livres parisis à prendre sur le péage de Grespi (5).
5. Douët dArcq, Recherches sur les anciens, page 59. Les comtes de Beaumont-sur-Oise et leur famille sont particulièrement généreux envers les Templiers.
1199. — Mathieu III, comte de Beaumont-sur-Oise donne aux Templiers le bois de Verrines, au diocèse de Senlis (6).
6. Douët dArcq, Recherches sur les anciens comtes de Beaumont-sur-Oise. Amiens, 1865, in-4° page 4.
1205. — Christophe Malcion, chambellan de Philippe Auguste, lègue 10 sous de rente au Temple (7).
7. Jaillol, le Temple, page 35.
1208. — Différend entre Mathieu III et les Templiers (8).
8. Douët dArcq, locution cité, page 41.
1215, octobre. — Raoul Arondel donne aux Templiers des vignes situées entre Rosny et Villemomble (9).
9. Douët dArcq, locution cité, page 92.
1253. — Don de Philippe III au Temple (10) ?
10. Cartulaire Notre-Dame.
1239. — Le Temple tient à main morte du chapitre Notre-Dame la maison et le moulin donné par dame Gente. « Nous lavions laissée (la maison) à feu Thomas le Coffrier, à raison de 9 sous de cens annuel à payer par nous auxdits doyen du chapitre » (11)
11. Cartulaire Notre-Dame.
1282, juillet. — Philippe le Hardi concède aux Templiers deux étaux à boucheries dans leur domaine, hors les murs, malgré les réclamations des bouchers de Paris. Les étaux auront 12 pieds de longueur et les bouchers seront au nombre de deux. Ils pourront avoir un aide pour écorcher, cuire et rôtir la viande, main non pour la débiter et la vendre (1).
1. Cartulaire Notre-Dame.
1293. — Le Temple possède des moulins au port de Grève.
— Le port de Grève était situé en face la rue des Barres (2).
2. Ruelle aux moulins des Barres, ruelle des moulins du Temple.
— Cf. Jaillot, le Temple, page 5.
1304, juin. — Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel, reine de France, est tellement satisfaite des services que lui ont rendus les Templiers, quelle leur fait accorder lamortissement général de leurs biens.
— Cet acte est scellé des sceaux de la reine et du roi, et date de Paris. (3)
3. De Curzon.
1385. — Le Temple possède les 3 moulins dits moulins du Temple : 240 livres (4).
4. Cartulaire Notre-Dame.
Fig. 34. — Plan daprès Jaillot (1782). BNF
1211. — Le prieur du Temple donne à Sainte-Opportune une maison sise in vico novo juxta domum defuncti Simonis Franques. (5).
5. Dubreul, opuscule cité, page 875. Telle est lorigine du nom de la rue Simon-le-Franc.
1217, 11 janvier. — Cest en ce jour queut lieu la dédicace de léglise du Temple à Paris que les Templiers venaient dagrandir (6).
6. De Curzon, Documents annexes, page 301. Il sagit fort probablement ici du Temple construit par le frère Hubert qui meurt en 1222, cest-à-dire du Temple A.
1240, mars. — Le Temple na aucun droit de justice ni dans son moulin, ni dans sa maison du Grand Pont. Ponce dAlbon est alors précepteur du Temple.
1240, avril. — Saint-Martin-des-Champs est situé sur le chemin qui conduit au Temple (7).
7. Le Temple était donc déjà, à cette date, installé à la place où nous le trouvons dans la suite : cest le Temple (Louis XVI).
1247, juillet. — Pierre de Louveciennes et Jacqueline, sa femme, vendent à Henry de Montmorency, pour (5 livres parisis, une maison située à Paris, outre Grand Pont, sur le chemin qui conduit au Temple, dans la censive dite Cramoel (?)
— Il sagirait, dans ce cas, du chemin qui conduisait du Grand Pont au Vieux Temple, derrière Saint-Jean, empruntant la rue Saint-Germain-Lauxerrois et la place de Grève.
1256, 23 juin. — Courtille située après le Temple, devant la Pissote Saint-Martin. Il est certain que cest le Temple (Louis XVI).
1263, mars. — Thomas dit le Marchand, et Marguerite, sa femme, reçoivent du chapitre Notre-Dame une maison sise outre Grand Pont sur le chemin du Temple.
1264, juillet. — Léonard de Plaisance, bourgeois de Paris et Aline, sa femme, ont vendu en janvier 1260, pour 50 livres, un cens de 58 sous 8 deniers à prendre sur des maisons sises à la Grève, à la Bouclerie (et non à la Boucherie) et auprès du four du Temple.
1266, janvier. — Isabelle dAuton, veuve de Raoul dAuton, chevalier, et Jeanne, sa fille, ont vendu aux maître et frères de la milice du Temple, à Paris, pour 2.440 livres, la ville de Blavo-Monte (Blémont ?).
1270. — Les « hôtes et mansionnaires » du Temple, tant hors les murs que dedans, sont contraints de payer la taille et de faire le guet ; mais, en 1298, le Parlement fait rendre les gages saisis par le prévôt de Paris, à la suite du refus du Temple et de ses habitants en 1296, de payer pour le don de 100.000 livres offert au roi par la ville (1).
1. De Curzon, page 164.
1270, novembre. — Frère H..., trésorier du Temple, reçoit en don de Philippe de Nemours, des terres sises à Guercheville (Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Fontainebleau - 77) (2).
2. Ce nest pas le frère Hubert, cité plus haut, qui meurt en 1222.
1279, août. — Philippe le Hardi conclut un accord avec les Templiers au sujet de leurs droits et privilèges. Les Templiers auront dans les censives et dans les terres qui leur appartiennent dans lenceinte, le droit de propriété et de justice. Le roi se réserve pour lui et ses successeurs la haute et basse justice.
1282, 15 février. — Mention de sept arpents de terre situés près du Temple, dans le territoire de Dives et du tiers du pressoir de Divis.
1282, 20 août. — Albert, dit de Laye (lHaye), possède deux parts du pressoir appelé vulgairement pressoir du Chapitre, situé à Paris, près du Temple, dans le territoire de Dives, auprès du pressoir de lévêque de Paris (3).
3. Cest là une preuve que lévêque et le chapitre de Notre-Dame avaient des vignes non loin du Temple (Louis XVI). Mais où ? à Charonne.
1286, 28 février. — Geoffroi de Vichier est visiteur général du Temple.
1280, 16 octobre. — Jeanne, dite la Meresse, de Chevilly, habitant Paris, et sa sœur, Isabelle, reçoivent, leur vie durant, 7 arpents de vigne et le pressoir du chapitre, près du Temple, dans le territoire de Dives, moyennant un cens annuel de 100 livres.
1388, 27 octobre. — Prélèvement de 15 livres annuellement sur la rue du Vieux-Temple.
1315, 27 août. — Maison sise rue du Vieux-Temple dans la censive de labbé de Tiron (1).
1. Les documents sans référence proviennent du cartulaire Notre-Dame, III, passim.
1328, mars ; 1329, mai. — Denis de Lorris est ordinator scriptorum Templi, et reçoit 5 sous par jour (2).
2. J. Viard, Journaux du Trésor, page 4.
1469. — Dreux-Budé, pour lostel du Vielz Temple quil tient à louage, 20 livres (3).
3. De Curzon, passim.
1480. — Location aux héritiers de feu Dreux-Budé « pour loslel du Vielz Temple », appelé lostel des Garnisons, 24 livres.
1575, 27 décembre. — Le Petit Temple est cité dans une énumération entre Saint-Antoine-le-Petit et Sainte-Catherine-du-Val, comme magasin dapprovisionnement de poudre.
Saint-Antoine-le-Petit était situé dans la rue Saint-Antoine, à gauche, en allant vers la Bastille, et il sagit certainement, ici, de la méson neuve du Temple de Géraud, page 110 a, autrement dit du Temple B (4).
4. Registres de la ville.
1585, 29 et 30 mars. — Le Temple (Louis XVI) est gardé par le capitaine Ragueneau avec 6 hommes, de 6 heures du soir à 5 heures du matin (5).
5. Registres de la ville, VIII, pages 435, 436.
1588, 20 mai. — Une garnison de 20 hommes garde dans le Temple les « pouldres à canon » (6).
6. Registres de la ville, IX, page 136.
1590. — M. Lhuillier établit au Temple sa « place de bataille » (7).
7. Registres de la ville, IX, page 617.
1594, 29 avril ; 1596, 21 mars ; 1598, 27 avril ; 1603, 24 avril ; 1604, 28 avril. — Le capitaine Marchant se tient dans la Cour de la Commanderie, au Temple, avec sa monstre darchers » (8).
8. Registres de la ville, XI, pages 25, 101, 225, 286, 310.
1596, 7 juin. — Le bureau de la ville reçoit, pour fabriquer le « pain des pauvres », 15 muids de blé pris en la maison du Pet-au-Diable (9).
— Nous savons que cette maison avait été démolie en partie en 1554, selon le document cité par M. Bruel. On la reconstruisait en 1610, et nous la retrouvons encore au XVIII siècle. Cependant, elle existait toujours en 1596 puisquelle était utilisée comme entrepôt de grains.
9. Registres de la ville, XI, page 291.
1559, 27 mars. — Jean Thomas, prêtre, demeurant au Temple, à Paris, donne à son filleul, Jean Brisemiche, une maison avec jardin et vignes, sise à Cernay et Sannois, quil tenait de Nicole Brisemiche, prieur de léglise du Temple, à Paris (10).
10. Coyecques, Insinuations, page 673, n° 5193.
1230, mars. — Gaultier le Mortellier loue, à lHôtel-Dieu de Paris, une maison sise aus Polies (aux Poulies) censive de Saint-Gervais (1).
1. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, 1894, n° 257.
1232, juin. — Maison située à Paris, auprès des Barres, dans la rue où sont les Mortelliers (Mortaria) (2).
2. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, n° 290. Ces deux articles nous fournissent létymologie de la rue de la Mortellerie.
1238, janvier. — Marie des Barres, mère du vénérable maître Jean des Barres, chanoine de Paris, possède une grange située auprès de la maison du curé (presbytère) de Saint-Jean-en-Grève, quelle donne à Dreux-Lenches et à ses héritiers (3).
3. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, n° 375.
1242-1243, avril. — Odeline, veuve de Simon, dit Poisson, certifie que sa mère, feue Héloïse la Morelle, a donné à lHôtel-Dieu de Paris, 13 sous parisis à prendre sur un pré situé entre le Temple et la courtille Barbette, que tient Herbert Gatosis, dans la censive de Sainte-Opportune (4).
4. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, n° 470.
1244, janvier. — LHôtel-Dieu de Paris vend à Durand Bruisebant et à Erembourg, sa femme, moyennant 4 livres parisis de croit decens, un pré situé entre la courtille Barbette et le Temple, près du pré de Pierre-dit-Vilain (5).
5. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, n° 480.
1262, mai. — Perrenelle, veuve de Guillaume Toutain, donne à lHôtel-Dieu de Paris, avec réserve dusufruit de 40 sous parisis de cens annuel, 3 arpents de terre situés derrière le Temple, où poussent en certains endroits des roses, dans la censive du Roi (6).
6. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, n° 701.
1259, janvier. — Rue qui va de la porte Baudoyer à la maison quon appelle les Barres (7).
7. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, n° 674.
1279, mars. — ... Plusors mésons qui sont devant Saint-Gervès que le Temple de Paris tient (8).
8. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, n° 783.
1286, 24 mai. — Vidimus du testament de Arnoul, le cervoisier de la porte Baudoyer. Il ordonne de vendre une maison située derrière Saint-Gervais, contiguë à la maison de Thomas dHierres et à celle de Raoul Normand (9).
9. Coyecques, Archives de lhôtel-Dieu. Paris, n° 816.
1341 (n. s.) 11 janvier. — Maison de Jean du Temple... soyans en la parroisse de Saint-Gervais-de-Grève, de Paris, entre deux rues, dont lune est appelée rue du Neuf-Temple et autrement rue des Barres, devant le cimetière Saint-Gervais..., et lautre, rue Frogier-lAsnier (1).
1. J. Viard, Documents parisiens. Paris, 1900, page 105.
— M. J, Viard fait remarquer dans une note, quil na vu indiquer nulle part ce nom de rue du Neuf-Temple, II, 100.
1348, septembre. — Maison dYsabeau de Lagny à présent à Pierre Mignier, place Baudoier, tenant dune part à Jaquemart de Montreuil, et dautre à M. de Maubuisson (2).
2. J. Viard, Ibidem, page 320.
1348, septembre. — Maison Robert le serrurier, rue de la Vieille-Tisseranderie, devant lostel Billouard (3).
3. J. Viard, Ibidem, page 320.
1348, septembre. — Maison au coin de la rue de la Vieille-Tisseranderie et de la rue Violeite, tenant dune part à Jean Billouard (4).
4. J. Viard, Ibidem, page 322.
1340, 1er au 15 avril. — Maison de Pierre de Charonne, en la Viez Tisseranderie, tenant dune part à une maison qui est au chapitre Notre-Dame de Paris, qui fu Nicolas le tapicier et dautre à la maison au seigneur de Coucy (Enguerrand V, qui épouse Catherine dAutriche en 1338 et meurt vers 1344) (5).
5. J. Viard, Ibidem, page 53.
XXVII. — Topographie
1230, mars. — Gaultier le Mortellier loue, à l'Hôtel-Dieu de Paris, une maison sise aus Polies (aux Poulies) censive de Saint-Gervais (1).
1232, juin. — Maison située à Paris, auprès des Barres, dans la rue où sont les Mortelliers (Mortaria) (2).
1238, janvier. — Marie des Barres, mère du vénérable maître Jean des Barres, chanoine de Paris, possède une grange située auprès de la maison du curé (presbytère) de Saint-Jean-en-Grève, qu'elle donne à Dreux-Lenches et à ses héritiers (3).
1242-1243, avril. — Odeline, veuve de Simon, dit Poisson, certifie que sa mère, feue Héloïse la Morelle, a donné à l'Hôtel-Dieu de Paris, 13 sous parisis à prendre sur un pré situé entre le Temple et la courtille Barbette, que tient Herbert Gatosis, dans la censive de Sainte-Opportune (4).
1244, janvier. — L'Hôtel-Dieu de Paris vend à Durand Bruisebant et à Erembourg, sa femme, moyennant 4 livres parisis de croît de cens, un pré situé entre la courtille Barbette et le Temple, près du pré de Pierre-dit-Vilain (5).
1262, mai. — Perrenelle, veuve de Guillaume Toutain, donne à l'Hôtel-Dieu de Paris, avec réserve d'usufruit de 40 sous parisis de cens annuel, 3 arpents de terre situés derrière le Temple, où poussent en certains endroits des roses, dans la censive du Roi (6).
1259, janvier. — Rue qui va de la porte Baudoyer à la maison qu'on appelle les Barres (7).
1279, mars. — ... Plusors mésons qui sont devant Saint-Gervès que le Temple de Paris tient (8).
1286, 24 mai. — Vidimus du testament de Arnoul, le cervoisier de la porte Baudoyer. Il ordonne de vendre une maison située derrière Saint-Gervais, contiguë a la maison de Thomas d'Hierres et à celle de Raoul Normand (9).
1341 (n. s.) 11 janvier. — Maison de Jean du Temple... soyans en la parroisse de Saint-Gervais-en-Grève, de Paris, entre deux rues, dont l'une est appelée rue du Neuf-Temple et autrement rue des Barres, devant le cimetière Saint-Gervais..., et l'autre, rue Frogier-l'Asnier (10).
1348, septembre. — Maison d'Ysabeau de Lagny à présent à Pierre Mignier, place Baudoier, tenant d'une part à Jaquemart de Montreuil, et d'autre à Madame de Maubuisson (11).
— Maison Robert le serrurier, rue de la Vieille-Tisseranderie, devant l'ostel Billouard (12).
1348, septembre. — Maison au coin de la rue de la Vieille-Tisseranderie et de la rue Violeite, tenant d'une part à Jean Billouard (13).
1340, 1er au 15 avril. — Maison de Pierre de Charonne, en la Viez Tisseranderie, tenant d'une part à une maison qui est au chapitre Notre-Dame de Paris, qui fu Nicolas le tapicier et d'autre à la maison au seigneur de Coucy (Enguerrand V, qui épouse Catherine d'Autriche en i338 et meurt vers 1344) (14).
1. Coyecques, Archives de l'hôtel-Dieu. Paris, 1894, n° 357.
2. Ibid., n° 290. Ces deux articles nous fournissent l'étymologie de la rue de la Mortellerie.
3. Ibid., n° 375.
4. Ibid., n° 470.
5. Ibid., n° 480.
6. Ibid., n° 701.
7. Ibid., n° 674.
8. Ibid., n° 783.
9. Ibid., n° 816.
10. J. Viard, Documents parisiens. Paris, 1900, page 105.
M. J, Viard fait remarquer dans une note, qu'il n'a vu indiquer nulle part ce nom de rue du Neuf-Temple, II, 100.
11. J. Viard, ibid., page 320.
12. Ibid., page 320.
13. Ibid., page 322
14. Ibid., page 53.
XXVIII. — Censive du Temple dans lenceinte de Philippe-Auguste
Avec le censier de 1247. On peut se former une idée des terrains possédés par les Templiers, lors de leur premier établissement dans le territoire que Philippe-Auguste devait, par la suite, enclore de murailles. Ces terrains étaient, suivant nous, bornés par les rues qui furent ultérieurement nommées : rue des Blancs-Manteaux (1297) ; Vieille-rue-du-Temple ; rue Frogier-lAsnier, rue de la Barre, rue Saint-Jean-en-Grève, rue Sire-Gentien, rue Barre-du-Bec (1273) et rue du Temple.
Ce fut ce territoire qui, très probablement, devint la paroisse de Saint-Jean-en-Grève, en 1212, dès que lenceinte de Philippe-Auguste fut terminée, et alors que les Templiers abandonnèrent lintérieur de la ville. Saint-Gervais forma un îlot dans ce territoire (6).
6. Vers 1125, Galleran, comte de Meulan, avait donné à Saint-Victor 40 sous à prendre sur le monceau Saint-Gervais (Obituaires de Sens, I, 552). Le monceau Saint-Gervais fut donné au roi par lévêque Guillaume et le chapitre Notre-Dame, en 1222, par la Charta Pacis. (Tardif, Layettes du Trésor des chartes, I, 555).
Voyons les parties de la censive de la Commanderie du Temple situées dans lintérieur de lenceinte en 1247 :
En la grant Bretonnerie jusques à la rue Dorée (rue des Billettes, rue Barre-du-Bec) ;
La petite Bouclerie (et non Boucherie comme lécrit Cocheris), la rue Andriu-Malel, la Tisserande, Barres-sur-les-Molins, rue Sans-Chief où li juifs demeurent, la rue feue Alice-dou-Temple (1), la petite Bretonnerie, la rue Thibaut-le-Talleur (est-ce la rue Bourc-Thihout ?), la rue des Rosiers (2), la rue de lEscouffe (nom darbre ou doiseau [milan]), entre la rue des Rosier et la rue de Marivaux, les Barres, cest à laisser au polies desriers nostre granche (3), et en la rue devant nostre granche des Barres, rue Frogier-lAsnier, cimetière Saint-Jean, joste la meson de la bæsse de Chiele (4) au commencement de la Venerie (la Vannerie), cest en la Tannerie ;
Cest au for (place) Villorille (Guillorille) ou bout de la Poterie ;
Cest en la rue Saint-Germain-Lauxerrois, cest là où lon vent les gélines (la poulaillerie), cest au bout de la Scierie devant nostre halle. (Cette halle aux Champeaux avait été donnée aux Templiers par Constance, sœur de Louis VIII, en 1172 [de Curdons] (5);
Cest au perron Gascelin, en la Harengerie, en la rue Pierre-Chiel-dAil, en la Chartonnerie la Charronnerie delez Saint-Innocent ;
Cest en Champiaux, vers Saint-Eustache, en la rue où lon fait les huches et tonniax (la Tonnellerie), devant Saint-Michel, on bout de lOrberie, devant la Cavaterie de lez Saint-Germain-le-Vielz, ou bout de la Juyrie en marché palu, sur le pertuis ou la boe coule à petit pont, ce est oultre petit pont a senestre seur Seinne, en la boucherie du petit pont encontre rue qui va à Saint-Julien-le-Povre en la rue de Loreillon, en la rue feu Estienne le Mour (?), en la ruelette eprés sur Sainne, Platrière vers le palais des Ternies ;
Cest le devant des moines de Sarnay ;
Cest devant celle ruelette ;
Cest en la rue des Escrivains, emprès la méson à seigneur de Lices ;
Cest ou bout en montant la Grant-Rue, les halles au poisson, en Merderel, la Tisserandcrie (6)
1. Plus tard nommée rue Perrot-dEtampes, puis rue des Singes.
2. Les enfants de Jean Pain-Molet y demeurent (Cocheris).
3. En 1247, les Templiers possédaient donc encore la grange qui leur avait été donnée en 1233.
4. Géraud, page 125 a. Porte Baudéer, par. Saint-Paul. La méson de labbéesse de Chièle, 12 deniers. Elle navait pas changé depuis 1247 jusquen 1292.
5. Cette maison des Halles provenait de Durand de Clichy qui lavait cédée à Béatrice, femme dHermann. Tardif, Cartons des rois, n° 640.
6. Cocheris-Leheuf (AN. MM. 128).
XXIX. — Philippe le Bel et les Temple (1292)
En 1292, le Temple était propriétaire dune maison sur le Grand Pont, dans laquelle étaient logés des attachés au Palais.
Sur 33 locataires nous relevons 18 employés de Philippe le Bel, dont voici les noms :
Guillaume, le portier le Roi : 4 livres. » , »
La fame Alain du Celier : » 16 sols. »
Galeran, des napes : » 58 »
Estienne de la Chambre, la guète : » 32 sols. »
Son gendre : » 8 sols »
Robin le Picart : » 8 sols »
Henri, le gardinier : » 3 sols »
Mahi, le tailléeur : » 6 sols »
Renaut, le Tailléeur [au Comte de Clermont] (1) » 20 sols »
Adam, la guète : » 9 sols »
Prot, la guète, son frère : » 6 sols »
André, la guète : » 6 sols »
La famé Boudran : » 2 sols »
Morise, le coutepointier : » 12 sols »
Raoul des Estables : » 8 sols »
Gilet, du Séjour : » 8 sols »
Quait, du Séjour : » 6 sols »
Rogier, le portier le Roy : » 8 sols » (3).
1. Louis 1er, petit-fils de saint Louis, fils de Robert de Clermont et de Beatrix de Bourbon, né en 1279, mort en 1341.
2. Perrot ou Pierre.
3. Géraud, page 137 a. Paroisse Saint-Barthélemy. — La méson du Temple sus Grand Pont.
En 1296, toutes ces personnes étaient logées dans la Cour du Palais (1).
Ceux dedans le court le Roy
Morise le breton, coutepointier : » 30 sols »
Simon, la guète : » 12 »
Pierre, la guète : » 9 »
Renaut, le tailléeur au Comte de Clermont : » 20 »
Adam, la guète : » 10 »
Estienne, de la chambre : » 38 »
Galeran, le concierge : 6 livres 15 sols »
Gilet du Celier et sa mère : » 18 »
Roger, le portier : » 36 »
Mestre Gautier, le mareschal : 4 livres 12 sols »
Mahi, le tailléeur : » 20 »
1. AN. KK. 283, folio 26.
Mêmes noms en 1297 (2) :
Morise, le coutepoinlier : » 36 »
André, la guète : » 10 »
Simon, la guète : » 12 »
Pierre, la guète : » 10 »
Henri, le gardinier : » 12 »
Mahi, le gardinier : » 20 »
Renaut, le tailléeur au Comte de Clermont : » 20 »
Ameline, la bouderane (3) : » 36 »
Adam, la guète : » 10 »
Estienne, de la Chambre : » 30 »
Galeran, le concierge : » 15 »
Gile du Celier et sa mère : » 18 »
Roger, le portier : » 36 »
Mestre Gautier, le mareschal : 6 livres » »
2. KK. 283, page 60.
3. Veuve de Bouderan.
Noms en 1299 (4)
Ce sont ceux de lostel le Roy
Eudes Dechies [Deschiens], le portier : » 10 sols »
Gile du Celier : » 20 »
Galeran, le concierge : 6 livres 4 sols »
Estienne, de la chambre : » 30 »
Symon, la guète : » 12 »
Adam, la guète : » 10 »
Thomas, de la Chambre aus deniers : » 30 »
Gilbert, le lyonnier (5) : » 8 »
Henri, le gardinier : » 12 »
Mestre Gautier, le mareschal : 7livres, 10 sols »
Ameline, la bouderane : » 36 »
Le fuiz feu Morize, le coutepointier : » 36 »
Mestre Guillaume Julien, orfèvre : 6 livres, 4 sols »
4. KK. 283, folio 209.
5. Est-ce que Philippe le Bel aurait-eu des lions ?
Enfin en 1300 :
Eude Deschiens, portier (2) : » 10 »
Guillaume dÉvreues, du Gelier : » 36 »
Galeran, le concierge : 6 livres, 4 sols »
Estienne, de la Chambre : » 30 »
Symon, la guète : » 12 »
Adam, la guète : » 10 »
Thomas, de la Chambre aus deniers : » 30 »
Gilbert, le lyonnier : » 8 »
Henri, le gardinier : » 12 »
Mestre Gautier, le mareschal : 7 livres, 10 sols »
Ameline, la boudrane : » 36 »
Denyse, neveu feu Morise, le coutepointier : » 36 »
Morize, la guète : nichil
Renaut, le tailléeur au comte de Clermont : » 50 »
Mestre Guillaume Julien, orfèvre : 6 livres, 4 sols »
2. Deschiens est un nom propre, parce que nous lisons en 1299 (folio 220 r°)
Rue pavée (quartier Saint-André-des-Arts) :
Jehan Isaac, qui garde les chiens le roy « 3 » et en 1296, (folio 30).
Jehan Isaac, qui garde les lévriers du roy « 6 »
Ce valet de chien demeurait tout à côté de lhôtel de Jeanne de Navarre, la femme de Philippe le Bel (lycée Fénelon).
XXX. — Relevé des noms des personnes présentant un intérêt.
POUR NOTRE TRAVAIL (1292)
Géraud. Page 131 b. — Dame Jeanne des Poulies, 70 sous.
Sa fille, 20 sous.
P. III b. — Guillaume des Poulies, 20 sous, demeurant rue Jean-Noblet.
P. 130 a. — Denise des Poulies, 58 sous, rue Vieille-du-Temple.
Tous ces personnages jouissent dune certaine aisance ; si rien ne prouve quils fussent parents, du moins venaient-ils tous de la rue des Poulies, et probablement exerçaient-ils le métier détendeurs.
P. 128 b. — Jean desouz lOrme [Saint-Gervès ?] 2 sous, rue des Vielz-Poulies.
P. 127 a. — Guillaume de la Voûte, 2 sous, rue aux Nonnains-dIerre.
P. 128 a. — Guillaume de Saint-Gervès, 4 livres, 12 sols, en la Foulerie.
P. 107 a. — Benoiet de Saint-Gervès, 36 sous, vers Barbéel.
P. 111 b. — Jehan de Saint-Gervès, clerc, 2 sous, Vieille-rue-du-Temple.
P. 133 a. — Jehan de Saint-Gervès, clerc, 2 sous.
P. 104 b. — Jehan de Saint-Gervès, clerc, 2 sous, en la Tanerie.
P. 84 b. — Richart de Saint-Gervès, couraier, 8 sous, rue des Petiz-Chans.
P. 108 a. — Fremin de lEgle, 16 sous, cimetière Saint-Jehan. Ce Fremin est voisin du four Saint-Eloi, rue de lEgle.
P. 123 a. — Guillaume de la Foillie, 2 sous, en la Bretonnerie, vraisemblablement de la Folie-Morel, hors les murs.
P. 132 a. — Agnès, des Barres, 2 sous.
Maisons religieuses
P. 106 b. — Frère Poince pour les mésons de Reingni, 16 livres.
P. 107 a. — Méson de Barbeau, 10 livres.
P. 107 a. — Méson de Prully, 10livres.
P. 108 a. — Méson de Quinssi, 8 livres.
Toutes ces maisons, situées sur la paroisse Saint-Gervais, paient une taille beaucoup plus élevée que les autres.
P. 109 b. — Jacques, concierge dOsquanz (Ourscamp), 12 sous.
P. 109 b. — Etienne de Roissy, concierge de lostel de larcevesque de Bourges, 8 sous.
P. 120 a. — Dame Asceline, concierge à labbé de Saint-Faron de Miauz, 2 sous.
P. 125 a. — La méson à labbéesse de Chièle, à la porte Baudéer, 12 deniers.
P. 127 b. — La méson à labbéesse dIerre, rue aux Nonnains-dIerre, nichie.
P. 128 b. — Labbéesse de Maubuisson, rue des Viez-Poulies, 12 deniers.
Toutes ces maisons sont sur les paroisses Saint-Jehan-en-Grève ou Saint-Gervais.
XXXI. — Membres du Parlement en 1255
Il est pour nous fort probable que la plupart des personnages cités sur cette liste assistèrent au banquet donné lannée précédente dans la salle royale du Vieux Temple.
Le doyen : Guy.
Eude Rigaud, archevêque de Rouen.
Simon, trésorier de Saint-Martin de Tours.
Maître Eude de Lorris.
Etienne, doyen de Saint-Aignan dOrléans.
Maître Jean de Wlliaco (de Sully) (Loiret, arrondissement Gien).
Maître Guillaume de Milly.
Maître Simon de Pogneiis (?)
Maître Thomas de Paris.
Le seigneur de Nesle (Jean).
Le comte de Ponthieu.
Le connétable de France.
Le seigneur Pierre de Fontaines.
Le seigneur Pierre, le Chambellan (de Chambly).
Le seigneur Gervais de Seranis (de Sézanne, Marne).
Le seigneur Julien de Péronne.
Le seigneur Jean de Quarrois (?).
Le seigneur Mathieu de Belna (de Beaune ?).
Le maître des arbalétriers (G. de Chatillon).
Les baillis de Vermandois.
Les baillis de Cæn.
XXXII. — Les Vieux endroits de Paris au XIIIe siècle
Lorsque les Templiers construisirent le Vieux Temple, au milieu du XIIe siècle, ils trouvèrent à leur disposition un terrain très bien placé, sur la rive droite, dans la ville naissante, à côté du vetus forum, autrement dit la Grève, par opposition au novum forum des Champeaux.
Les contours de la Grève commençaient à se couvrir de maisons, et il est certain pour nous, daprès le récit de Mathieu de Paris, que le Temple possédait des dépendances en bordure sur cette place.
Saint-Jean navait pas encore limportance quil acquit par la suite : cétait une ancienne chapelle baptismale de Saint-Gervais — Ce qui explique sa proximité de la vieille église — et cette chapelle navait été érigée en paroisse quen 1212, cest-à-dire une quarantaine dannées avant la visite du roi dAngleterre, Henri III, en 1254.
Tous les endroits qualifiés de vieux, en 1292, sous Philippe le Bel, existaient sûrement cent ans auparavant, sous Philippe-Auguste.
Par exemple, le vieux cimetière Saint-Jean, qui était alors entouré de maisons, était un ancien champ de sépulture, situé naturellement en dehors de lenceinte de Louis VI, mais il fut enclavé dans celle de Philippe-Auguste. Nous disons naturellement, parce que jusqualors les cimetières étaient en dehors des villes.
Puis : la vieille Draperie, la vieille Joaillerie, la vieille Pelleterie, la vieille place aux Fourneaux : la vieille Platrière (par. Saint-Nicolas-des-Champs), la vieille Tannerie, la vieille Monnaie, la vieille Juyrie (Juiverie), la rue ou les rues des vieilles-Poulies (2), et enfin la vieille rue du Temple et le Vieux Temple, tous lieux compris dans lenceinte de Philippe-Auguste.
2. Ce nom venait des poulies qui servaient à tendre les cordages sur lesquels on exposait les toiles, les draps, les étoffes teintes pour les faire sécher. A Montfort-lAmaury, les poulies sont actuellement les anciennes prairies dans lesquelles on étendait les étoffes fabriquées dans cette ville. Ce nom désigne toujours les anciens remparts de cette ville. En Italie, à Florence, on tendait les cordes en travers des rues pour faire sécher les draps et on voyait encore récemment des traces de ce mode de suspension.
Quelquefois on se servait de perches ou de barres, comme à Paris, doù le nom de rue des Poulies et de rue des Barres.
Toutes les fois quune rue, citée dans la Taille de 1292, ne renferme plus dartisans exerçant le métier que porte le nom de la rue, ce fait seul prouve lancienneté de la rue. Ainsi, la rue de la Barillerie qui ne renferme plus quun seul barillier, en 1292, remonte au XIe siècle. On peut donc ainsi se former, à la rigueur, une idée des voies nouvelles percées sous Philippe le Bel.
La plus grande partie des voies du quartier où se trouvaient le Temple A et le Temple B fut ouverte entre les règnes de Philippe-Auguste et de Philippe le Bel. Auparavant, le quartier comprenait des enclos plus ou moins importants que le percement des rues nouvelles fit disparaître.
En 1292, la porte du Temple était située rue du Temple, un peu au-dessous du passage Saint-Avoye actuel.
Nous lisons, en effet, dans un acte de 1485 : « Rue Sainte-Avoye, anciennement dite rue du Temple, à commencer au lieu où souloyt être la porte du Temple, près de la chapelle Sainte-Avoye (1). »
Sainte-Avoye remontait à 1288, et la porte du Temple fut reportée plus loin en 1485.
XXXIII. — Templiers à Paris
1150. — Evrard, grand-maître de lordre du Temple.
1172. — Frère Gillebert, chapelain du Temple.
1172. — Eustache Chien, précepteur du Temple.
1172. — Bernard, changeur.
1172. — Jean de Saint-Martin.
1172. — Jozon.
1172. — Guillaume Tranchevache.
1172. — Ponce.
1172. — Fubert (2).
1224. — Frère Alain Martel, maître de la milice du Temple en Angleterre, est un des ambassadeurs de Henri III auprès de Louis VIII, à Paris.
— Frère Olivier de la Roche, précepteur du Temple en France.
1224. — Chrétien, aumônier du roi.
1226. Frère Evrard le Templier, conseiller du roi (3).
1240. — Gilles, trésorier du Temple (4).
1257, 27 juin. — Frère Pierre dit Boucel, trésorier du Temple.
1257. — Bienvenu, trésorier du Temple (5).
1257. — Guillaume dArgenteuil, clerc du trésorier, puis trésorier du Temple, mort en 1307.
1. De Curzon, 316 (AN. S. 1571, MM. 172).
2. Tardif, Carton des rois, n° 640.
3. Ch. Petit-Dutaillis, Louis VIII.
4. Layettes du Trésor des chartes, II, 431 a.
5. Layettes du Trésor des chartes, III, n° 4350.
Agnès de Ferrières, femme de Baudouin Boucel, morte en 1303, a un pré près du Temple (1).
1314. — Guy Florent, maître Geoffroy de Briançon ou Briénon (2).
1. Gaignières, Catalogue, n° 207, 3395, 3396.
2. Notices et extraits des Mss., tome XX, page 212.
XXXIV. — La Voûte dOuscamp à Paris, 1292
Nous donnons, en terminant, quelques détails intéressants sur la maison que possédait à Paris labbaye dOurscamp, parce que ce nom est tellement estropié quil a dérouté des auteurs comme M. Abel Rigault, qui na pas pu lidentifier dans son travail sur Guichard, évêque de Troyes, où il cite, page 149, lostel dOcans, porte Baudover, où descend Guichard dans un de ses voyages à Paris, sans deviner quil sagissait de la maison de labbaye dOurscamp.
Nous lisons dans les cens dus à labbaye dOurscamp : « Aux frères de lHôtel-Dieu de Paris, 30 sous payables aux quatre termes habituels pour la maison que Mathieu de Saint-Germain, bourgeois de Paris, et sa femme, Heluis, nous ont donnée, située à Paris, à la porte Baudoyer, devant lAigle, faisant le coin de la rue [F]rogier-lAsnier (3). »
3. Peigné-Delacourt, Cartulaire dOurscamp, page 575.
Abbaye Ourscamp
Cette maison est évidemment celle qui se trouve mentionnée dans Géraud, en 1292 :
Raoul dAuquanz, 12 sous ; Moreau, de la petite voûte dAuquanz, son compaignon, 18 sous (4).
Et dans Buchon, Taille de 1313, du Coing des Chapiaus jusquà labbé de Joy [Jouy] : Geneviève, fame feu Moriau dAuquens, 30 sous ;
Jean Ride, concierge dAuquens, 4 livres 10 sous.
LAigle est le nom du territoire et probablement dune enseigne qui donne son nom à la rue, dans laquelle se trouvait le four Saint Eloy, qui devint la rue Saint-Antoine.
Comme on le voit, dans les pièces du procès de Guichard, cette maison se trouvait tout près de la porte Baudoyer, sur la place du même nom, ce que viennent confirmer la Taille de Géraud et celle de Buchon.
4. Géraud, page 124 b.
XXXV. — Sceaux du Temple
Il existe un sceau du Temple appendu à une charte doctobre 1214, alors que les Templiers occupaient le Vieux Temple. On y voit la représentation grossière du Saint-Sépulcre ou temple rond à deux portes ouvertes. En exergue, on lit : Milites Templi Salomonis
On trouve dans la collection Clairambault (Collection du Saint-Esprit, 1144, tome XLV, n° 68) un autre sceau du Temple dont nous donnons le croquis en fac-similé. Nous croyons quon peut le dater de 1280, et il était probablement appendu au testament dun seigneur de la Tour dAuvergne. Il représenté deux chevaliers du Temple armés de lances et montés sur le même cheval. En exergue : Sigillum militum Xristi (Christi).
Le contre-sceau qui laccompagne nous montre un frère du Temple en robe assis sur un escabeau, le bras étendu. Légende : Sigillum secretum.
Enfin, le plus curieux est celui dont nous publions la photogravure. Il se trouve aux Archives nationales, n° 9915 du catalogue (S. 5067).
Il nous offre la vue du Temple (Louis XVI) en 1290. Cest la plus ancienne vue authentique dun monument de Paris, croyons-nous.
Nous en avons déjà publié une autre, mais moins ancienne, qui représente le Palais de Philippe le Bel (Palais de justice) vers 1313, daprès un des trois jetons conservés à la Bibliothèque nationale (département des médailles) ; au musée de Cluny et dans la collection Feuardent.
Légende : Sigillum terre et dominii domus milicie Templi Parisius
Sceau Templiers
Limportance de ces sceaux conservés aux Archives nationales est confirmée par la comparaison quon en fera avec les armoiries données par Mathieu de Paris.
Cette comparaison est dautant plus intéressante quil ny a pas à hésiter un seul instant sur lauthenticité entre les sceaux et les armoiries données par Mathieu de Paris ; le sceau fait foi.
1259, 30 octobre. — Henri III.
Type de Majesté. Long sceptre terminé par un oiseau, à la main droite ; à la gauche, le globe surmonté dune longue tige terminée par une croix. Les pieds posés sur deux lionceaux.
Henricus, dei gracia rex anglie, dominus hybernie, dux Aquitannie.
Revers. — Type équestre. Le heaume couronné, le bouclier aux trois léopards. Même légende.
Eléonore de Provence, femme de Henri III. La reine debout, sur un socle, sous lequel est un lionceau.
[Aliénor de] I gracia regina anglie domina hyber [nie].
Revers. — Un arbre auquel est suspendu un écu aux trois léopards... ducissa normannie [et a] quitannie co [milissa].
1269, octobre. — Bigod (Hugues le) lord justice dAngleterre.
Armorial. Un lio (1).
† Sigillum hugonis Bigod (Cf. Mathieu de Paris).
1. Mathieu de Paris se trompe quand il dit : croix de gueules sur champ dor.
1259, octobre. — Glocester (Richard de Clare, comte de).
Equestre, aux armes, la cotte darmes flottantes.
[Sig]illum Ri[cardi de Cla]re comitis Hertfordie.
Revers. — Ecu à trois chevrons, timbré dun fleuron et supporté de deux lions dans la pose de ladossé.
[Sig]illum Ricardi de Clare [comitis G [lovernie].
1259. — Gray (Richard de).
Equestre, le bouclier aux armes (deux fasces). (Mathieu de Paris dit trois fasces dor).
† Sigillum Ricardi de Gréai.
1228, juin. — Raoul, sénéchal du roi dAngleterre.
Armorial. Ecu à un quintefeuille et à lorle de huit besants.
Sigillu[m] Radulfi fil. Nicola (Cf. Mathieu de Paris).
1259, octobre. — Warwick (Jean du Plessis, comte de).
Armorial. Ecu à six annelets, 3, 2 et 1.
† S. Joh [ann]is de Plessetis, comitis Warewichie (1).
1. Mathieu de Paris se trompe encore dans les armes quil attribue à ce personnage.
1195. — Richard, Cœur de Lion.
Type de Majesté, avec lépée à la main droite et à la gauche, le globe, qui est surmonté dune tige terminée par une croix. De chaque côté de la tête, un soleil et un croissant ; de chaque côté du trône, une branche à trois fleurs.
† Ricardus, dei gracia rex Anglorum.
Revers. — Type équestre. Sur le bouclier, un lion rampant,
† Ricardus dux normannorum et aquitanorum et comes andegavorum.
Nous donnons le sceau de Richard Cœur de Lion parce que ses armoiries figuraient sur son écu appendu dans la salle royale du Temple, au banquet du 10 décembre 1264, où il fut lobjet dune remarque de la part dun seigneur anglais, disant au roi Henri III que les Français seraient froissés et même noseraient pas manger ! (Cf. Mathieu de Paris).
1227. — Richard, frère de Henri III, comte de Poitou avant 1242-1243, régent dAngleterre avec sa belle-sœur, la reine Aliénor, pendant labsence du roi (1253-1254).
Equestre, aux armes,
Sigillum Ricardi filii...
Revers. — Ecu au lion rampant couronné et à la bordure besantée ... [Pic] taviensis.
(Richard, mort en 1199, était représenté par son écu.).
Sources : PITON. La Cité de Paris : bulletin de la Société historique et archéologique du IVe arrondissement, page 105 à 177. Paris 1911 BNF