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Abraxas, Abacus, Beaucent, Gonfanon, Bouclier, épée, Chiffres, nombres, couleurs, croix

Neuf Sceaux de l'Orient Latin - (Planche I et II)
J'ai reçu d'Orient ou acquis depuis quelque temps à Paris un certain nombre de sceaux fort précieux se rapportant à l'histoire de l'Orient latin. Presque tous sont inédits. On sait la rareté extraordinaire de ce genre de monuments et l'intérêt très grand qu'ils présentent.

 

1. Sceau de plomb des Aumônes de la Confraternité d'Acre
Aumônes de la Confraternité d'Acre


+ ELEMOSINA . F[RATE]RNITATIS ACCO(nensis).
Aumônes de la Confraternité d'Acre.

Les saints Pierre et André entre les sigles de leurs noms: S. P. S. A. - Saint Pierre tient, les clefs traditionnelles et un volumen - Saint André tient un livre des Évangiles.

Rev. + IN . HONORE . DI . 7 . (pour ET). XP[IS]- T[I]ANITATIS . En honneur de Dieu et de la Chrétienté.

Le Saint-Sépulcre avec son toit en tronc de cône, entre le soleil et la lune. Ce magnifique sceau, dans un superbe état de conservation, m'a été apporté de Tyr. C'est peut-être celui de la fameuse Confrérie de Saint-André d'Acre, confrérie moitié religieuse, moitié militaire, qui joua un grand rôle dans la défense de Saint-Jean d'Acre, en 1188. Je n'ai trouvé aucun renseignement sur les confréries de charité de Terre-Sainte dans le beau livre du Dr Prutz intitulé: « Kulturgeschichte der Kreuzsuge. » Ces confréries devaient avoir pour objet principal le rachat des captifs et les soins à donner aux pèlerins et nouveaux arrivants malades ou nécessiteux.
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2. Sceau de plomb de Girard de Montolif, vicomte de Tripoli
Sceau de Girard de Montolif

+ S . GIRARDI . VICECOMITIS
Ecu portant trois jumelles (1)

Rev. + CIVITAS TRIPOLIS

La cité de Tripoli sous la forme d'une porte de ville crénelée, flanquée de deux tours surmontées chacune d'une guette à coupole hémisphérique.

Un autre exemplaire, publié par Paoli et reproduit par lui sous le numéro 40 de sa planche IV, était appendu, du temps de cet auteur, à un document en date du mois de mars 1181 ou du mois de juin 1184 (2) conservé aux Archives de Malte. Cet exemplaire a aujourd'hui disparu.

Un troisième exemplaire se trouve décrit dans un document en date de 1182, publié dans G. Muller, Docum. sulle relaz. delle citta toscane collection Oriente, etc., p. 24.

1. Du Cange (Familles d'Outre-mer, édition E. G. Rey, p. 557) dit que les armes des Montolif étaient « un escu chargé d'un lyon rampant, ayant pour cimier un dragon ». Voyez le sceau de Pierre de Montolif, bouteiller de Chypre.

2. Codice diplomatique, t. I, pages 71 et 76. Paoli a négligé de nous dire auquel de ces deux documents, dans chacun desquels figure le vicomte Girard, était appendu ce sceau qu'il a reproduit sous le numéro 40.
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3. Sceau de plomb de Guillaume, vicomte de Tripoli
Sceau de Guillaume, vicomte de Tripoli

+ S GVILLELMI: VICECOMITIS
Ecu portant deux fasces.
Rev. + CIVITAS TRIPOLIS

La cité de Tripoli sous la forme d'une porte de ville, etc. Au dessus une étoile; au dessous un croissant renversé.

On connaît deux Guillaume qui ont été vicomtes de Tripoli (1). Un premier a été témoin de plusieurs actes entre 1145 et 1174. Un second a été témoin de divers actes de 1236 et 1241. Je pense que ce sceau appartient plutôt au plus ancien de ces deux personnages.

1. Voyez Familles d'Outre-mer, édition E. G. Rey., p. 495.
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4. Sceau de bronze anonyme du châtelain de Nicosie
J'ai acquis d'un antiquaire de Venise une matrice de sceau de bronze portant la légende

Sceau anonyme du châtelain de Nicosie
+ CASTELLVM NICOSSIE

Château de Nicosie (1). C'est une des très rares matrices de sceau de bronze provenant de l'Orient, où Latins comme Byzantins scellaient presque toujours au moyen de la bulle de plomb. C'est, en outre, le premier sceau connu du château de la capitale royale cypriote. Il servait certainement à sceller les actes du châtelain ou du vicomte. Ce sceau porte, en outre de la légende déjà décrite, la représentation de la grande porte du château surmontée d'une haute tour crénelée et flanquée de deux tours moindres. Cette représentation offre une assez grande ressemblance avec celle qui figure sur certaines monnaies de bronze fort rares attribuées au roi Henri Ier de Chypre (2) pour qu'on puisse attribuer le sceau à l'époque de ce prince, c'est-à-dire à la première moitié du XIIIe siècle. J'ai vainement cherché dans les auteurs quelques renseignements sur le château de Nicosie (était-ce le même que le fameux château du Temple ?). D'après ce que je crois, il ne doit en subsister aucune trace.

1. Le graveur, par erreur, a écrit NIEOSSIE.
2. Voyez ma Num. de l'Orient Latin, p. 187, pl. VI, 10.
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5. Sceau de plomb de Raymond du Puy, grand maître de l'Hôpital
Sceau de Raymond du Puy


+ RAIMVNDVS CVSTOS

Le grand maître agenouillé devant la croix à double traverse flanquée d'un alpha et d'un oméga.
Rev. + HOSPITALIS . IHERVSALEM

Personnage traditionnel couché sous l'édifice du Saint-Sépulcre à triple coupole. Une croix à ses pieds ; une autre à son chevet. Une lampe est suspendue à la voûte. Un encensoir aux pieds du personnage, agité par une main invisible.

Raymond du Puy est le plus ancien haut dignitaire de l'Ordre dont on connaisse le sceau. Paoli en a publié un exemplaire qui était appendu à un document conservé aux Archives de Malte, en date de 1134 (1). Cet exemplaire est aujourd'hui perdu. Celui que je publie est le seul que je connaisse actuellement existant.

1. Codice diplomatique, t. I, p. 202, planche VIII, nº 1. Reproduit d'après Paoli par Paciaudi et par P. Ant. Paoli.
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6. Sceau de Bertrand Texi
Sceau de plomb de Bertrand Texi, grand maître de l'Hôpital (1230-1240)
Sceau de Bertrand Texi

+ FR . BERTRANDVS CVSTOS .

Le grand maître à droite agenouillé devant la croix à double traverse entre l'alpha et l'oméga.
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7. Guillaume de Châteauneuf
sceau de plomb du grand maître de l'Hôpital, Guillaume de Châteauneuf (1251-1260)
Sceau de Guillaume de Châteauneuf

Rev. + HOSPITALIS . IHERVSALEM .

Sceau provenant de Tyr. - On ne connaissait pas jusqu'ici le sceau de ce grand maître (1).

M. P. Savoye, consul de France à Tripoli, a bien voulu se dessaisir en ma faveur d'un magnifique exemplaire de sceau de plomb du grand maître de l'Hôpital, Guillaume de Châteauneuf (1251-1260), trouvé en même temps que celui de son contemporain Guillaume, vicomte de Tripoli (2). On ne connaissait jusqu'ici qu'un seul exemplaire de ce sceau. C'est celui qui est encore aujourd'hui conservé aux Archives de Malte, appendu à un document en date du mois de mai 1243, et qui a été reproduit par Paoli sous le numéro 8 de sa planche VIII. M. Jean Delaville Le Roulx en a donné également une reproduction à la page 19 de sa Note sur les sceaux de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ces deux figures sont malheureusement si défectueuses que je n'hésite pas à faire reproduire mon exemplaire.

1. On sait que, jusqu'à Guarin de Montaigu (1206-1230) inclusivement, la légende du droit sur les sceaux des grands maîtres se compose uniquement du nom du grand maître suivi du titre de Custos. Par contre, à partir de Guérin, cette même légende s'augmente du mot Frater écrit en entier, précédant le nom du titulaire. Sur le sceau nº6 on lit Fr. et non Frater. Je crois donc devoir l'attribuer à Bertrand de Texi, successeur de Guarin de Montaigu et prédécesseur de Guérin plutôt qu'à Bertrand de Comps, successeur de Guérin (1244-1248).
2. Cf. ci-dessus, nº 8.
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8. Sceau de Vitalis Druro
Buste de face de saint Jacques le Majeur.
Sceau de Vitalis Druro

SANCTVS . IACOBVS, dans le champ.

Rev. + SIGILLVM VITALIS DRVRO
Monogramme constitué par les caractères grecs NOIA (?).

Ce sceau fort curieux, du XIIe plutôt que du XIIIe siècle, m'a été apporté de Tyr. L'aspect du droit est tout byzantin, sauf que le nom du saint est écrit en caractères latins. Au revers, l'aspect de la légende est plus occidental. Mais que vient faire dans le champ ce monogramme où semble bien figurer un oméga et que je ne puis du reste déchiffrer ? Le nom de Vitalis Druro doit être celui de quelque négociant italien, peut-être bien vénitien, établi à Tyr ou dans quelque autre ville des côtes de Syrie.
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9.
Sceau des porte-aiguillon


Je donne sous ce numéro la reproduction d'une curieuse matrice de sceau en bronze, qui m'a été envoyée de Smyrne. Autour d'un écu portant un lion couronné à droite, on lit l'inscription: + S(igillum) STACELEFEROR(um), inscription en caractères du XIVe siècle que je ne puis parvenir à déchiffrer. Quelle était cette association de Stassiliferi ?

M. Salomon Reinach me communique la note suivante: « Les stacéléphores sont peut-être des « porte-aiguillon », Stackeltraeger, quelque chose comme des porte-étendards. En vieil allemand, Stackel, pointe ou pieu, se dit Stachila, d'où Stacila dans le composé hybride qu'on lit sur la légende du sceau. »
Sources: Gustave Schlumberger, Revue de l'Orient Latin, tome II, page 181, Paris 1894

Le Baphomet Bernard Marillier


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