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Paul Deschamps, Royaume de Jérusalem → Suite

 

Une visite à l'île de Graye
La caravane de l'Ecole biblique ne voulait pas défiler pour la troisième fois (1) devant l'île de Graye sans essayer d'y aborder. Depuis plusieurs jours nous songions au moyen de nous procurer quelques troncs de palmiers pour construire un radeau sur lequel nous aurions tenté de traverser le petit bras de mer qui sépare l'île de la côte. La Providence nous facilita la besogne.

Île de Graye de nos jours
Île de Graye de nos jours- Image: Wikipedia

Au moment où nous venions de franchir le large estuaire de l'ouâdy Teleyat nous crûmes apercevoir aux abords de l'île une embarcation. Un de nos hommes, aussitôt dépêché, ne tarda pas à revenir, ramenant avec lui deux pécheurs d''Aqaba. Le poisson se faisant rare, parait-il, du côté d''Aqaba, trois individus de cette localité se sont entendus pour construire avec des bouts de planche une manière de barque qui leur permit d'aller à la pèche du côté de l'île de Graye où le poisson est beaucoup plus abondant (2). L'esquif étroit, allongé en forme de périssoire, est trop frêle et trop peu étanche pour affronter la haute mer. Nos pêcheurs font le voyage le long de la côte. L'un d'eux, assis dans la barque, préalablement lestée avec des cailloux, dirige l'embarcation au moyen d'une planchette fixée à l'extrémité d'un bâton, tandis que ses deux compagnons, marchant sur la grève, le remorquent à tour de rôle à l'aide d'une corde. Assurément ce n'est pas très engageant de s'embarquer sur un pareil canot ; mais nous sommes encore trop heureux de l'avoir. Il n'y a guère plus de quatre à cinq cents mètres de mer entre l'Ile et la côte et nos nommes ont souvent fait la traversée; nous ne courons donc pas grand risque à les imiter; aussi acceptons-nous avec empressement l'offre qui nous est faite de nous transporter, deux par deux, d'un bord à l'autre. Six d'entre nous réussissent ainsi à visiter l'île.

Île de Graye
1. — île de GRAYE. Vue générale prise du sud-ouest, de sur le rivage.



Île de Graye
2. — Ile de GRAYE. La partie septentrionale portant le château. Vue prise du rivage, à l'ouest.



Île de Graye
3. — Ile de GRAYE. Front méridional du château et ruines plus au sud. Vue prise du sud-est à l'intérieur de l'île.



Île de Graye
4. — Ile de GRAYE. Front méridional du château avec le petit port intérieur. Vue prise de sur le rocher du sud.



Île de Graye
— Ile de GRAYE. Plan de L. de Laborde



La traversée fut moins facile qu'on l'eût conjecturé tout d'abord. Les deux voyageurs accroupis, l'un à l'avant, l'autre au centre de l'embarcation, avaient ordre de ne pas bouger, tandis qu'un des pécheurs, placé à l'arrière, faisait avancer rapidement le frêle esquif, en agitant tantôt à droite, tantôt à gauche sa rame primitive. Le moindre mouvement des passagers, une fausse manoeuvre du nautonier pouvaient à chaque instant faire chavirer le tout. Comme le vent se levait et qu'une mer tant soit peu mauvaise eût rendu tout retour impossible, il fallut se hâter. L'excursion fut abrégée et nous dûmes nous contenter de prendre des photographies de l'intérieur de l'île, une rapide esquisse et quelques notes (3).

L'île de Graye, el-Querayeh ou Geziret el-Fir'aun (l'île du Pharaon) (figure 1), est située vers l'extrémité nord-ouest du golfe d''Aqaba, tout près de la côte occidentale, à quatre heures et demie de marche de Qala'at el-'Aqaba, en suivant le rivage, et à une douzaine de kilomètres de cette localité, à vol d'oiseau. Elle peut mesurer 250 à 275 mètres de long sur soixante mètres de large. Elle est formée de deux énormes rochers émergeant d'une vingtaine de mètres au-dessus du niveau de la mer et reliés entre eux par une sorte de col dans lequel se dresse un troisième rocher, tout petit en comparaison des deux précédents (plan I, 1).

Île de Graye
Île de Graye. Planche I-1

L'orientation, d'une façon générale, est du nord au sud, mais à chaque extrémité, du côté nord surtout, la pointe s'infléchit vers l'est d'une manière très sensible.

Cet îlot jadis fortifié en entier, constituait une sorte de forteresse flottante; le château proprement dit occupait le rocher septentrional, de beaucoup le plus important, long de 150 mètres environ. Une enceinte flanquée de plusieurs tours carrées et encore assez bien conservée, à l'ouest, couronnait cette roche nue, aux pentes escarpées (plan I, 2).

Île de Graye
Île de Graye. Planche I-2

A l'intérieur, contre le mur d'enceinte, à l'ouest et au sud, étaient appuyés une série de réduits et d'appartements disposés un peu à l'avenant, semble-t-il, et qui n'ont jamais formé un ensemble bien régulier. Un certain nombre de ces chambres ont dû être ajoutées après coup, suivant le besoin du moment et sans aucun souci d'un plan général. Les murs, épais en moyenne de 80 centimètre à 1 mètre, ne présentent rien de remarquable. L'appareil est très ordinaire; les pierres, prises sur place, sont assez mal équarries et ont été cimentées la plupart du temps, simplement avec de la boue.

Actuellement toutes les chambres sont à ciel ouvert et le plus grand nombre n'ont peut-être jamais été voûtées. Pour les habitations secondaires, on avait dû se contenter de jeter en travers, au-dessus des murs, quelques troncs de palmiers ou d'autres arbres, recouverts ensuite de branchages et d'un battu de terre, comme font encore aujourd'hui les Arabes de Ma 'an ou d''Aqabah pour couvrir leurs maisons. Les portes et les fenêtres étaient surmontées de linteaux en bois dont plusieurs sont encore en place (4).

En dehors du front méridional du château, déjà fort irrégulier comme le montre la vue générale de ce côté, se trouvent, vers l'angle sud-est, les ruines d'une petite mosquée. On peut distinguer sur les photographies (plan II, 1 et 2) le mihrab encore bien conservé et en saillie sur le mur extérieur. C'est à tort que dans le plan dressé par de Laborde cette mosquée est isolée ; elle était reliée par un autre bâtiment à l'ensemble du château dont elle formait comme une sorte d'appendice ajouté peut-être après coup.

Du côté de l'est, il n'y avait point d'habitations, mais un simple mur d'enceinte, courant au sommet de l'escarpement du rocher dont il suivait assez bien les zigzags (5). La première partie de ce mur, au nord, est encore conservée sur une certaine hauteur; le reste est presque entièrement détruit. L'espace entre le mur oriental et les habitations qui lui faisaient face constituait une cour. Vers l'extrémité nord de cette cour se trouve une grande et belle citerne divisée en trois nefs par deux murs, percés de trois grandes arcades en plein cintre (fig. 1, dans l'angle, à gauche). La voûte de la citerne parait avoir été ogivale. Non loin de là, un grand trou, creusé dans le roc, et destiné peut-être à devenir aussi une citerne, a fourni de nombreuses pierres de construction. De Laborde y a vu un réservoir; mais comme il n'est point cimenté et que le rocher est très fendu, il nous semble que l'eau n'aurait pas pu s'y conserver pendant longtemps.

Au sud de la cour, le mur oriental se rapprochait des habitations et gagnait ensuite le bord de la mer, enveloppant différentes constructions secondaires et vraisemblablement postérieures, placées sur une faible éminence, au sud-est de la colline principale (plan II, 1).

Île de Graye
Île de Graye. Planche II-1

Il n'y avait qu'un étroit passage entre l'enceinte et la mosquée. Au-delà de celle-ci, au sud, sur le dernier penchant de la colline, se trouvent les ruines d'une maison, visibles dans les photographies (plan II, 1 et 2); et tout à côté était une petite citerne en partie effondrée.

Île de Graye   Île de Graye
Île de Graye. Planches II-1 et II-2

Au pied de cette colline rocheuse qui portait le château, au sud-ouest, on aperçoit un étang rempli d'eau de mer qui dut constituer jadis un port intérieur (plan II, 2). Cet étang n'est pas aussi allongé dans la réalité que sur le plan de de Laborde. Nous avons estimé ses dimensions à 50 mètres de long sur 25 mètres de large. Au moment où nous l'avons visité, c'était la marée basse ; à certaines heures de la journée il est plus grand, ainsi qu'on peut s'en rendre compte d'après la photographie qui montre, à droite surtout, jusqu'où l'eau s'étend.

Île de Graye
Île de Graye. Planche II-2

Ce bassin, en effet, ne se remplit pas seulement par les gros temps, ainsi que l'a écrit de Laborde, mais il communique constamment avec la mer par un étroit chenal plus ou moins encombré de pierres. Ce chenal n'apparaît pas dans la photographie à cause de la perspective, mais on peut le situer très exactement. Il est au nord du petit tas de pierres élevé sur la langue de terre qui sépare la mer du bassin (plan II, 2).

Un mur d'enceinte, partant d'une tour bâtie à la pointe septentrionale de l'île, longeait au bord de l'eau le rocher de la citadelle, abritait le petit port, du côté de la mer, et allait rejoindre la colline du sud. En plus de la tour placée en vedette au nord de l'île, il y en avait une autre en face du château, vers le milieu, et une troisième élevée au bord du bassin, sans doute pour en défendre l'entrée. On peut voir dans la planche I, 2, l'emplacement de ces trois tours avec leurs débris. La tour centrale est encore en partie debout; elle était carrée, mais du côté de la mer les angles extérieurs avaient été arrondis.

A l'est du château, il ne semble pas qu'il y ait eu un avant-mur sur le bord de la mer; de ce côté nous avons noté seulement une ruine, située assez exactement dans le plan.

Île de Graye
Île de Graye. Plan

Le rocher qui se dresse au sud de l'île n'offrait qu'une assiette très restreinte pour des constructions. Ce n'est guère qu'une crête, allongée dans sa plus grande partie, d'est en ouest, avec une pointe bien marquée vers le sud-est. Un mur la couronne, dominant la mer quasi à pic d'une vingtaine de mètres, et descendant ensuite au bord de l'eau, à la pointe sud-est, qu'il vient envelopper en faisant presque un angle droit. Du côté nord, où le rocher s'incline d'abord moins rapidement, on a pu appuyer contre le mur d'enceinte quelques petites bâtisses servant d'abris aux soldats chargés de défendre cette partie de l'île. Une de ces constructions, vers l'angle décrit par le mur d'enceinte, a été l'objet d'un soin particulier; les assises des murs sont égalisées avec de petites pierres de grès, plates, apportées du continent. En arrière, sur le dernier penchant de la colline, un trou, analogue à celui dont il a été question un peu plus haut à propos de la partie septentrionale de l'île, doit marquer remplacement d'une carrière. Nous ne croyons pas qu'il ait pu être utilisé comme réservoir pour l'eau.

Nous venons d'achever la description de la petite île de Graye et des restes d'édifices qui y subsistent encore. On voudrait bien connaître de qui sont ces constructions et avoir un aperçu historique de cette forteresse. Malheureusement, nous avons peu de documents en main pour satisfaire cette légitime curiosité. L'aspect des ruines ne peut pas fournir un argument décisif, car ces débris ne renferment rien d'absolument caractéristique. La présence d'une mosquée n'indique pas nécessairement une origine musulmane. Cette mosquée en effet pourrait avoir été ajoutée après coup. Néanmoins nous devons reconnaître que, dans l'ensemble, les restes de construction de l'île de Graye produisent l'impression d'une oeuvre sarrasine. Ces habitations disposées sans beaucoup d'ordre et suivant le besoin du moment; le front méridional de la citadelle, si irrégulier; le mur d'enceinte relativement peu épais et construit avec des pierres d'assez petites dimensions, ce sont là autant d'indices invitant à conclure qu'on a sous les yeux un travail arabe et non point une oeuvre des Croisés.
Le mur crénelé, visible dans la photographie (plan I, 2), ressemble aux murs de maints châteaux arabes de la Palestine ou des environs.

Île de Graye
Île de Graye. Planche I-2

Par contre, nous n'avons remarqué dans l'île rien qui rappelât la manière de construire ni de tailler la pierre, propre aux Croisés, et qu'on retrouve dans les ruines de toutes les forteresses franques de la terre d'« Oultre Jourdain »
Il est peu vraisemblable cependant que les Francs n'aient pas occupé pendant un certain temps cet îlot en même temps que la ville d'Aïlah.



En l'an 1116, le roi Baudouin Ier étant venu visiter la forteresse de Montréal poussa une pointe jusqu'à la mer Rouge, accompagné d'une faible escorte. A son approche, les gens d'Aïlah abandonnèrent la ville et s'enfuirent sur la mer avec leurs barques. Les Croisés restèrent quelques jours dans cette localité qu'ils croyaient être la station d'Elim, puis, craignant d'avoir la retraite coupée par une armée ennemie, regagnèrent Jérusalem (6). Cette excursion ne fut, semble-t-il, qu'un voyage de reconnaissance. Baudouin se contenta de piller la ville et n'y laissa point de garnison. Mais les Francs ne durent pas tarder à occuper cette place qui complétait si bien leurs possessions d'au-delà du Jourdain et était un point important sur la route du Caire à Damas. Si l'année de cette occupation est inconnue, les auteurs sont d'accord du moins pour l'attribuer au roi Baudouin (7). Elle ne peut donc être postérieure à l'an 1118, date de la mort de ce prince.

La prise de possession d'Aïlah entraîna nécessairement la construction d'une forteresse, surtout à cette extrémité du royaume. On fortifia la ville, et peut-être aussi l'île voisine. Néanmoins les auteurs arabes, les seuls qui nous parlent de la place forte d'Aïlah, ne disent rien tout d'abord de l'île. Le plus explicite, l'auteur du Livre des Deux Jardins, s'exprime ainsi : « Une d'elles (des places fortes conquises) est la place frontière d'Eilah; les Francs l'avaient bâtie sur les bords de la mer des Indes, sur le chemin des deux villes saintes et du Yémen; ils menaçaient de là les côtes du territoire sacré, et y faisaient des prisonniers... Nous avons reconquis Eilah; elle est devenue une des citadelles de la guerre sainte, un refuge pour les voyageurs du pays et pour d'autres serviteurs de Dieu (8). »

De ce que Saladin fit construire des bateaux pour s'emparer d'Aïlah et assiégea la place par terre et par mer (9), il ne s'ensuit pas que celle-ci fût située au milieu des flots. Les Croisés, maîtres d'Aïlah, possédaient certainement une flottille sur la mer Rouge. Pour les réduire il était nécessaire à l'assiégeant d'avoir lui aussi des vaisseaux à sa disposition.

En 1182, lors de la fameuse équipée de Renaud de Châtillon sur la mer Rouge, le Livre des Deux Jardins, cité quelques lignes plus haut, nous représente la forteresse d'Aïlah comme placée, non plus sur les bords de la mer, mais au milieu même de l'eau. « Le prince de Kérak, irrité des dommages que lui faisaient subir sans trêve nos troupes cantonnées dans Aïlah, place forte que sa situation au milieu de la mer rendait inaccessible aux infidèles... fit donc construire des vaisseaux dont les différentes pièces furent transportées à dos de chameau jusqu'au rivage... Deux de ces navires furent postés devant l'île où est située la forteresse d'Aïlah... (10). »

Le site de la forteresse d'Aïlah aurait-il donc varié entre les années 1170 et 1182 ? On serait tenté de le croire, à prendre à la lettre les expressions de l'historien arabe, et il faut avouer que ce que nous avons dit plus haut des ruines actuelles de l'île de Graye favoriserait assez cette opinion. Avant de s'y arrêter définitivement, il serait nécessaire cependant de soumettre ces ruines à une étude plus minutieuse, surtout dans les parties susceptibles de fournir quelque indice d'un travail des Francs (11). L'opinion traditionnelle, en effet, qui attribue à ces derniers la construction de la citadelle de l'île de Graye, se présente comme fort vraisemblable. Comment supposer que les Croisés, maîtres d'Aïlah pendant un demi-siècle, n'aient point songé à fortifier un îlot si facile à défendre ? Les traces de leurs travaux ont pu certainement disparaître lors d'une reconstruction sarrasine, mais le silence des historiens sur ce point reste néanmoins un peu énigmatique.

La fin des luttes historiques entre Orientaux et Occidentaux entraîna rapidement la déchéance de la forteresse de l'île de Graye. Sa position un peu en dehors des chemins et son manque d'eau absolu, lui firent préférer le château d''Aqaba établi au centre de l'oasis voisine, sur la voie des pèlerins de la Mecque.
En 1217, le pèlerin Thietmar trouva l'île habitée par des Sarrasins et des chrétiens, esclaves francs, anglais et latins, qui y péchaient pour le compte du Soudan d'Egypte (12).
Un siècle plus tard, au dire d'Abou'l-Feda (1273-1332), le gouverneur égyptien abandonnait le château de l'île de Graye qui tombait en ruines, pour aller habiter un château bâti sur le rivage, sans nul doute la forteresse d''Aqaba (13). Dès la fin du XIIIe siècle la citadelle de l'île de Graye présentait donc à peu près le même aspect qu'aujourd'hui.

Il y a à peine sept ans, lors de l'incident de bîr Taba, elle faillit de nouveau jouer un rôle dans l'histoire. Mais le différend entre la Turquie et l'Egypte, disons plutôt l'Angleterre, fut vite aplani. Une commission mixte rectifia paisiblement la frontière turco-égyptienne et les quelques soldats égyptiens qui avaient occupé un instant l'île se retirèrent. De nouveau c'est le silence et la désolation qui planent sur ces ruines où viennent à peine s'abriter de temps en temps quelques misérables pêcheurs.
Jérusalem. M. R. Savignac.
Sources: Une visite à l'île de Graye. Savignac M. Raphaël. In : Revue biblique, ISSN 0035-0907. — (1913) volume 2214, pages 588-596. — Sources numériques : Scans Library Utoronto. - Page 588 et suivantes
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Île de Graye. Notes
1. Février 1893, février 1902 et février 1913.
2. Un coup de filet lancé devant nous, sur la côte en face de l'île, a ramené trente-deux poissons longs d'une vingtaine de centimètres.
3. Plutôt que de publier un nouveau plan, encore incomplet, de l'île de Graye, nous reproduisons ici le plan qu'en a donné Léon de Laborde, quoique ce travail laisse à désirer; nous signalerons à l'occasion quelques-unes des corrections qui seraient à faire.
4. De Laborde parle d'une chambre dont la porte était ornée d'une colonne de pierre blanche et dont les fenêtres, de forme ogivale, étaient également encadrées en pierre blanche [Voyage en Arabie Pétrée, page 49). Nous n'avons malheureusement pas visité cette salle dont l'étude détaillée pourrait être très importante pour déterminer l'âge et l'origine du château.
5. Sur le plan, ce mur est beaucoup trop régulier. Peu après la troisième tour, en venant du nord, il décrit un angle rentrant très prononcé.
6. Historiens des Croisades; — Historiens occidentaux des Croisades, tome I, 1, page 505; tome III, pages 432, 573; tome IV, page 703; tome V, page 182 suivantes, 645.
— D'après Albert d'Aix, le roi aurait voulu aller jusqu'au monastère du Mont Sinaï: mais il céda au désir des moines qui le supplièrent de renoncer à son dessein pour ne pas les exposer au ressentiment des Sarrasins (Historiens occidentaux des Croisades, tome V, page 703.
Maîtres d'Aïlah, les Croisés s'avancèrent plus tard jusqu'au Mont Sinaï. Quoi qu'il en soit d'un fief du Sinaï situé dans le voisinage de la montagne sainte et relevant de la Seigneurie du Kérak (Rey, Les Colonies franques en Syrie, page 599 et suivantes), le passage des Francs au Sinaï est attesté par les monuments. Le réfectoire actuel du monastère de Sainte-Catherine est une belle salle gothique, portant tous les caractères de l'architecture des Croisés; sur les pierres d'arc sont gravés de nombreux écussons de chevaliers accompagnés souvent de graffites.

7. Historiens occidentaux des croisades, III, page 437; V, page 183.
8. Historiens occidentaux; Historiens orientaux, tome IV, page 175.
9. — « Revenu en Egypte, il (Saladin) repartit pour Aïlah, forteresse appartenant aux Francs et située sur la mer orientale. Il attaqua la place par terre et par mer, y ayant fait transporter des navires, et, s'en étant emparé, il livra aux soldats tout ce qui s'y trouvait, effets et gens. »
— « A son retour en Egypte, Salah ed din fit construire des vaisseaux susceptibles de se démonter, et en ayant chargé les pièces sur des chameaux, il se rendit à Aïlah. »
— « Alors il fit assembler les divers morceaux de navires, lança ceux-ci sur mer et assiégea Aïlah par terre et par eau. Il prit cette place dans le premier tiers du mois de rebi second (12-21 décembre 1170). »
— Extrait des annales d'Aboul-Féda et du Kamet-Alterarykh dans les Historiens des Croisades; Historiens orientaux des Croisades, tome I, page 41 et 578.

10. Historiens orientaux, IV, pages 230 et suivantes.
— Voir pour le récit de cette féerique expédition des Francs sur la mer Rouge : Schlumberger, Renaud de Châtillon, page 205 et suivantes.

11. Par exemple, les fenêtres ogivales signalées par de Laborde devront être examinées de très près. Certaines parties du château de Ou'aireh (Li Vaux Moyse), bâties assez négligemment, pourraient à première vue susciter quelques doutes sur leur origine. Mais un simple coup d'oeil jeté sur les fenêtres gothiques d'une tour, encadrées de pierres soigneusement appareillées et taillées en diagonale, suffit pour se convaincre qu'on a devant soi une oeuvre des Croisés.

12. Super rupem quandam a littore ad dimidium campum in isto mari quoddam castrum vidi situm, cujus castellani partim erant Christiani, partim Sarraceni; Christiani quidem captivi Gallici, Anglici, Latini, sed omnes, et isti et illi, piscatores Soldani de Babilonia. » (Mag. Thietmari Peregrinatio, XVII 6.

13. « Nostra tempestate turris est in qua prefectus Egyptus residel, arcem olim habuit in mare (l'île de Graye) sed ea destructa prefectus in turrim ad littus sitam se recepit. » Ap. Rey, Les Colonies franques de Syrie, page 399.
— Actuellement, le château lui-même d''Aqaba vient d'être abandonné: ce n'est plus qu'un amas de ruines. Le qaïmaqam nous a reçus dans une pauvre chambre louée à un indigène. Mais bientôt il aura un nouveau sérail, à l'achèvement duquel on travaillait lors de notre passage.
— A un quart d'heure au nord d''Aqaba, sur le rivage, se trouve la misérable oasis d'Ila qui doit marquer l'emplacement de la ville d'Aïlah. Il n'y a pas d'autre trace d'établissement ancien au nord du golfe. L'oasis d'ed-Deir qu'on voit figurer sur quelques cartes, à l'extrémité nord-ouest de la langue de mer, au bord de l'eau, n'existe pas dans la réalité, du moins à cet endroit. Il y a là seulement, à 300 mètres du rivage, environ, trois maisonnettes en terre et quelques débris de huttes, marquant remplacement d'un poste militaire turc assez important, aujourd'hui abandonné, établi lors du différend anglo-turc au sujet de la frontière turco-égyptienne.

Sources: Une visite à l'île de Graye. Savignac M. Raphaël. In : Revue biblique, ISSN 0035-0907. — (1913) volume 2214, pages 588-596. — Sources numériques : Scans Library Utoronto. - Page 588 et suivantes

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