La fin de l'Ordre du Temple   L'Ordre du Temple   La fin de l'Ordre du Temple

Divers informations sur l'Ordre du Temple

Jacques-Bernard de Molay
Dernier grand-maître des Templiers, prit son nom du village de Molay, près de Cintrey, bailliage de Vesoul, et non, comme on l'a prétendu, du village de Molay, bailliage de Dole (249).
Vers l'an 1265, il fut admis, encore très-jeune, dans l'Ordre du Temple. A peine arrivé en Palestine, il se distingua contre les infidèles. A la mort de Guillaume de Beaujeu, quoique Molay ne fût pas dans l'Orient, une élection unanime le nomma grand-maître. Il se trouva, en 1299, à la reprise de Jérusalem par les chrétiens. Forcé ensuite de se retirer dans l'île d'Arad, et de là dans l'île de Chypre, il allait rassembler de nouvelles forces, pour venger les revers des armes catholiques, lorsque le pape l'appela en France (1305).

Arrivé avec soixante chevaliers et un trésor considérable, il fut reçu avec distinction par Philippe-le-Bel, qui le choisit pour parrain d'un des enfants de France.
En rappelant le grand-maître, la politique qui préparait la destruction de l'Ordre des Templiers avait donné pour prétexte le projet de le réunir à celui de l'Hôpital. Le plan de cette destruction, concerté par le roi et ses agents, fut caché avec tant d'adresse que, le 3 octobre 1307, tous les Templiers furent arrêtés à la même heure dans toute la France.
Dès ce moment, les destinées de leur illustre chef furent liées à celles de l'Ordre entier. On sait que cet Ordre avait été institué par des croisés français, dans l'unique but de protéger et de défendre les pèlerins qui se rendaient aux saints lieux. La noblesse et la bravoure des chevaliers, l'utilité et la gloire de leur institution, la rendirent recommandable dès son origine.
Les statuts furent dressés dans un concile, et, pendant deux siècles, les privilèges accordés par les papes, la reconnaissance des rois, des grands et du peuple, l'autorité et le crédit qu'augmentaient chaque jour les exploits et les grandes richesses des Templiers, en firent l'Ordre le plus puissant de la chrétienté.
Il dut exciter la jalousie, même des rois, parce que dans le haut rang où il s'était élevé il était difficile que tous les chefs et tous les chevaliers se maintinssent toujours dans cette sage modération qui aurait pu seule prévenir ou désarmer l'envie et la haine.
Malheureusement pour l'Ordre, le roi de France eut plusieurs motifs de le perdre et le principal, peut-être, ce fut la pénurie du trésor royal, laquelle le rendit moins difficile sur les moyens de s'approprier une partie des biens de l'Ordre, et de jouir de tous pendant longtemps.
A l'instant où furent arrêtés le grand-maître et tous les chevaliers qui étaient avec lui dans le palais du Temple, à Paris, le roi occupa ce palais, et s'empara de leurs richesses.
En arrêtant les autres chevaliers dans les diverses parties de la France, on saisit aussi leurs biens.

Des inquisiteurs procédèrent aussitôt contre tous, et les interrogèrent en les livrant aux tortures, ou en les menaçant de les y soumettre, ou en joignant aux menaces des moyens de séduction. Partout, ou presque partout, ils arrachèrent au plus grand nombre des chevaliers l'aveu des crimes honteux dont on les accusait, et qui offensaient à la fois la nature, la religion et les mœurs. On croit généralement que le grand-maître lui-même céda comme ceux-ci, à la crainte des tourments et de la mort, ou à l'espérance qu'il obtiendrait quelques conditions favorables pour l'Ordre s'il ne résistait pas aux projets de la politique du roi.

Après avoir réussi à justifier ainsi la rigueur des mesures employées, Philippe-le-Bel mit en usage les moyens qui pouvaient achever de perdre l'Ordre et les chevaliers dans l'opinion publique, et réclama dans ce but le concours de Clément V. Cependant le pape, obligé de donner une apparence juridique à son intervention, convoqua un concile œcuménique à Vienne, et nomma une commission qui se rendit à Paris, afin de prendre, contre l'Ordre en général, une information nécessaire et même indispensable pour motiver la décision du concile.
La bulle portait que l'Ordre comparaîtrait devant le concile par le ministère de ses défenseurs. Jacques de Molay fut amené en présence des commissaires du pape, et on lui lut, en langue vulgaire, les pièces de la procédure. Quand il entendit des lettres qui lui prêtaient certains aveux, il manifesta son étonnement et son indignation contre une telle assertion.
Un grand nombre de Templiers comparurent après leur chef.
L'affaire prit alors un caractère imposant et extraordinaire les chevaliers se montrèrent dignes et de l'Ordre, et d'eux-mêmes, et des grandes familles auxquelles ils appartenaient. La plupart de ceux qui, forcés par les tourments ou la crainte, avaient fait des aveux devant les inquisiteurs, les révoquèrent devant les commissaires du pape. Ils se plaignirent hautement des cruautés qu'on avait exercées envers eux, et déclarèrent, en termes énergiques, vouloir défendre l'Ordre jusqu'à la mort, de corps et d'âme, devant et contre tous, contre tout homme vivant, excepté le pape et le roi, etc. etc.
Le grand-maître demandait sans cesse qu'on le conduisît en présence du pape, qui devait le juger.

Cinq cent quarante-six Templiers, soit de ceux qui avaient fait des aveux, soit de ceux qui avaient toujours résisté aux moyens des oppresseurs, se constituèrent défenseurs de l'Ordre. Bientôt d'autres chevaliers, détenus dans les diverses prisons de la France, demandèrent à partager cet honorable péril, et ils furent transférés à cet effet dans les prisons de la capital. Alors le nombre des défenseurs fut d'environ neuf cents.
Il était facile de justifier l'Ordre ; et comme ils commençaient à le faire avec un succès qui déconcertait le roi et le pape, on imagina un expédient aussi cruel que prompt ce fut de livrer au jugement des inquisiteurs les chevaliers qui, ayant rétracté les aveux précédents, soutenaient l'innocence de l'Ordre. Tous ceux qui persistèrent dans leurs rétractations furent déclarés hérétiques relaps, livrés à la justice séculière, et condamnés au feu. Ceux qui n'avaient jamais fait d'aveux et qui ne voulurent pas en faire furent condamnés à la détention perpétuelle, comme chevaliers non réconciliés. Quant à ceux qui ne rétractèrent pas les aveux des impiétés et des turpitudes imputées à l'Ordre, ils furent mis en liberté, reçurent l'absolution, et furent nommés Templiers réconciliés.

Pour accuser, interroger, juger les prétendus relaps, les condamner aux flammes et faire exécuter le jugement, il suffit du temps qui s'écoula du lundi 11 mai 1308 au lendemain matin. Cinquante-quatre chevaliers périrent à Paris ce jour-là. Tous les historiens qui ont parlé de leur supplice attestent la noble intrépidité qu'ils montrèrent jusqu'à la mort ; entonnant les saints cantiques, et bravant les tourments avec un courage chevaleresque, ils se montrèrent dignes de l'admiration de leurs contemporains. Les commissaires du pape crurent qu'il n'était plus possible de continuer la procédure quand la franchise, dont la religion faisait un devoir pour éclairer le concile qui devait juger l'Ordre, devenait un prétexte pour conduire les accusés au bûcher ils se retirèrent.
Le 13 octobre 1311, jour anniversaire de celui où, quatre ans auparavant, les Templiers avaient été arrêtés dans toute la France, Clément V ouvrit le concile œcuménique de Vienne. On lisait les procédures faites contre l'Ordre quand tout à coup neuf chevaliers se présentent comme délégués de quinze cents à deux mille, et offrent de prendre la défense de l'Ordre accusé. Le pape les fit mettre aux fers, et l'Ordre ne fut point défendu par ces dignes mandataires, quoique les membres du concile fussent d'avis de les entendre. Pour imposer aux pères du concile, Philippe-le-Bel arriva dans Vienne, accompagné de ses trois fils et d'une suite nombreuse de gens de guerre. Bientôt le pape, sans consulter le concile, publia le décret portant abolition de l'Ordre du Temple. Il parait qu'après ce décret la persécution contre les chevaliers cessa.

Cependant Molay restait en prison, réclamant toujours son jugement, que le pape s'était réservé. Clément V nomma enfin trois commissaires ad hoc, en les chargeant de juger en même temps trois autres chefs de l'Ordre. Ces commissaires, ayant appelé les accusés sur un échafaud dressé dans le parvis Notre-Dame, leur lurent une sentence qui les condamnait à la réclusion perpétuelle. Aussitôt Jacques de Molay, rendant hommage à l'innocence de l'Ordre, déclara qu'en parlant ainsi il se dévouait à la mort, mais qu'il aimait mieux renoncer à la vie que de faire des mensonges. L'un des trois chevaliers, Guy, grand prieur de Normandie, parla de même.
Le conseil du roi, assemblé à l'instant, les condamna tous deux à la mort, sans reformer la sentence des commissaires du pape, sans appeler aucun tribunal ecclésiastique à se prononcer. Le bûcher fut dressé à la pointe de la petite île de la Seine, à l'endroit même où est la statue d'Henri IV. Les deux chevaliers montèrent sur le bûcher, que l'on alluma lentement, et ils furent brûlés à petit feu (18 mars 1314). Jusqu'au dernier soupir, ils protestèrent de leur innocence et de celle de l'Ordre (Biographie universitaire, tome XXIX, page 276)

Beaucoup d'ouvrages ont été publiés sur ces événements. Si quelques écrivains ont tenté d'établir la réalité des crimes imputés aux Templiers, d'autres en plus grand nombre se sont constitués les défenseurs de cet Ordre célèbre, et l'opinion publique paraît désormais fixée sur l'injustice des accusations qui servirent de prétexte pour en prononcer l'abolition (1).
1. Un des plus estimables membres de l'académie de Besançon, M. Bousson de Mairet, professeur émérite de littérature, aujourd'hui bibliothécaire de la ville d'Arbois, est auteur d'un poème sur Jacques de Molay, dont M. Rappetti a parlé avec éloge dans la Biographie Didot.
Sources: Suchaux, Louis. Galerie biographique du département de la Haute-Saône, pages 401 à 405. Vesoul 1864 - Bnf
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L'erreur politique de Jacques de Molay
Les revers de la septième croisade hâtèrent la chute de l'empire latin en Orient. Le Saint-Siège voulut tenter un dernier effort : il eut la pensée de réunir en un seul les Ordres du Temple et de l'Hôpital. Grégoire X réunit un concile à Lyon pour le 7 mai 1274, où l'on devait traiter cette question.

La proposition fut repoussée, en prévision de l'opposition du roi de Castille et du roi Jacques d'Aragon.

Accon, (Acre), la dernière place de la chrétienté, tomba au pouvoir des Sarrasins le 16 juin 1291 le grand maître Guillaume de Beaujeu y fut tué avec cinq cents chevaliers. Dix-huit Templiers et seize Hospitaliers, seuls, échappèrent au massacre.

Templiers.net Acre ou Accon avait été prise en 1104 par le roi Baudouin ; Saladin s'en empara en 1187. Les croisés la reprirent sur les Sarrasins en 1191 ; elle resta au pouvoir des chrétiens jusqu'au 16 juin 1291 ; c'était le principal port des Templiers.
Le pape Nicolas IV se hâta de convoquer un concile à Salzbourg, afin d'envisager les moyens de porter secours à la Terre sainte. L'opinion générale était que si les Ordres militaires, que si le peuple avaient réuni tous leurs efforts au lieu de se diviser par des querelles d'intérêts, que si tout le monde avait fait son devoir, la ville n'eût pas été prise.

Nicolas IV n'avait pas perdu tout espoir ; des envoyés mongols étaient venus dans le but de contracter une alliance contre les Sarrasins. Le concile de Salzbourg décida qu'il fallait absolument réunir en un seul les trois Ordres militaires sous une règle uniforme, et appeler, le roi des Romains et les autres princes à la défense de la Terre sainte.
Nicolas IV mourut sans avoir rien pu entreprendre. Le grand maître Jacques de Molay se montrera hostile à ce projet de fusion. Il le déclarera impossible, à cause de la jalousie qui divisait le Temple et l'Hôpital.
Cette obstination des Templiers fut une des causes de leur perte ; on les accusa de sacrifier la Terre sainte à de mesquines jalousies, à des intérêts purement matériels.
Mais, n'oublions pas que les Hospitaliers n'étaient pas plus chauds que cela, le grand maître de l'hôpital, qui fut reçu par le pape, émit lui-même des réserves sur cette union.
Nous (les historiens) estimons que ceux qui s'opposèrent à la réunion des deux Ordres, que ceux qui ne poursuivirent pas la mise en œuvre de cette mesure devenue nécessaire, manquèrent de sens politique : ces deux Ordres réunis, avec leurs immenses richesses, leur valeur militaire, pouvaient créer dans les îles du Levant et de la Grèce un vaste empire maritime, arrêter l'essor des flottes musulmanes, empêcher le ravitaillement des côtes de Syrie, dominer les mers, préparer à la France un avenir immense de relations commerciales et politiques.

Certes, organiser des campagnes militaires avec les deux ou trois ordres sous l'autorité d'un quartier général tripartite pour une période et une guerre programmée, aurait été à mon avis plus rentable qu'une union qui aurait attisé les jalousies et les souvenirs de gloire de tel ou tel Ordre au détriment de l'autre.

L'utilité de cette fusion avait déjà frappé l'esprit de Louis IX ; c'est ce qu'on lit dans un mémoire de Jacques de Molay remis à Clément V en 1307. Nous croyons que Louis IX, Grégoire X et ses successeurs étaient dans le vrai. La campagne que Pierre I, roi de Chypre, accompagné de quelques chevaliers français, opéra en 1265 à Alexandrie, qui fut prise et pillée le 4 octobre ; les succès remportés sur les Sarrasins en 1267 à Japhé et à Sur (l'ancienne Tyr, en Syrie) par Pierre I, qui était devenu le maître de la mer, nous donnent la mesure de ce qu'on pouvait entreprendre avec les deux Ordres réunis, leurs richesses, leur valeur, leur organisation militaire. Il est permis de croire que si l'armée des Hospitaliers, qui combattit si vaillamment en 1267 à Japhé, avait été doublée de celle du Temple, le résultat de la descente sur cette partie des côtes de Syrie eût été bien différent.

Il est vrai que ces exemples sont réels et qu'ils ont donné toute satisfaction. Mais, c'était des armées distinctes sous une autorité réunie dans ce but identique et temporaire.

Il faut plutôt se demander pourquoi, ces unions n'ont telles pas été plus souvent utilisées ?

Les seuls réels unions réalisées et toujours gagnantes, ont eu lieu sous l'autorité des rois Baudouin au tout début des états latins. A ces moments là, la Terre Sainte était à conquérir. Plus tard, ne contait plus que son intérêt et ses biens, d'où perte de puissance et de réalité.

« La fusion des deux Ordres du Temple et de l'Hôpital eût elle réellement sauvé le Temple ? »

J'en doute personnellement, Philippe le Bel, voulait en tout premier lieu, les richesses des Templiers et secondairement que son pourvoir soit absolu.

En outre, je ne crois pas que l'union des deux Ordres aurait arrêté Philippe le Bel dans ses desseins de s'emparer des richesses de l'Ordre du Temple, il aurait fait la même chose avec les deux Ordres réunis.

Je suis et reste persuadé, que si l'Ordre du Temple était resté en Orient, sur l'ile de Chypre après la chute de Saint-Jean d'Acre, et qu'il ait joint ses forces restantes à celles des Hospitaliers, leur triste sort n'eut jamais existé.

Il ne faut pas perdre de vue qu'un des arguments des conseillés de Philippe le Bel était : L'Ordre du Temple est né pour reconquérir la Terre Sainte et garder les lieux saints, depuis que les chrétiens ont perdu l'un et l'autre, l'Ordre du Temple n'a plus lieu d'être.

La perte de Jérusalem


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