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Quelques études réalisées sur les Templiers

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Histoire de la province appelée de Provence, qui jadis était de l'Ordre du Temple.
Le grand prieuré de Saint-Gilles, dont j'ai décrit l'histoire, renferme, dans son district, plusieurs commanderies qui formaient anciennement une province de l'Ordre du Temple, appelée de Provence. Cette considération m'a engagé de rechercher les faits les plus remarquables, qui sont arrivés dans cette province, et les actions les plus signalées de ceux qui l'ont gouvernée, pendant le temps qu'elle a subsisté. (1)
1. Guillaume de Tyr, His. Hiero.

L'Ordre du Temple prit son commencement de cette manière Hugues de Payens, chevalier français, Geoffroy de Saint-Omer et sept autres chevaliers, dont les noms ne sont point venus jusqu'à nous, qui étaient allés à la Terre Sainte, lors des premières croisades, se dévouèrent au service de Dieu, en l'année 1119, et firent profession de garder les trois vœux substantiels de chasteté, pauvreté et obéissance, entre les mains de Guermond de Pequigny, patriarche de Jérusalem, et par-dessus cela, de défendre les pèlerins de la cruauté des infidèles, et de tenir les chemins et passages libres, pour ceux qui feraient le voyage de la Terre Sainte. Ils élurent, pour ce sujet, un chef qui fut Hugues de Payens, sous la conduite duquel ils pussent marcher avec la permission du roi (2). C'était Baudouin II. Ce prince, non seulement y consentit, mais encore voulant seconder leur zèle, il leur donna un palais, qu'il avait appelé le Temple de Salomon (peut-être parce qu'il en était proche), pour y loger, jusqu'à ce qu'ils en eussent fait bâtir un. De là, ils prirent le nom de frères de la chevalerie du Temple de Salomon. Dans la suite ils firent bâtir un palais magnifique dans un emplacement qui était près de celui-là, que les chanoines du Temple de la Résurrection leur donnèrent, et que Saladin, sultan d'Egypte, fit démolir, lorsqu'il prit Jérusalem.
2. Codice diplomatico dell. ord. hier., tome I, page 467.

Ces premiers confrères furent neuf ans sans admettre aucune personne dans leur société, jusqu'en l'année 1128, qu'ils furent au Concile de Troyes, en Champagne, tenu sous le pape Honoré II. Le Concile chargea frère Bernard, abbé de Clairvaux, de dresser une règle pour eux. On y voit que cet Ordre fut divisé en trois états. Le premier était celui des chevaliers le second celui des servants ou écuyers ; ils servaient les chevaliers à la guerre, et ceux-ci en avaient chacun un et le troisième était celui des serviteurs.

On ordonna que les chevaliers porteraient un habit blanc, et que les servants seraient habillés de noir. Le pape Eugène III ajouta, en l'année 1145, une croix rouge sur leurs manteaux.

M. Dupuis a cru, mal à propos, que ce que nous avons n'est qu'un abrégé de la règle. L'institution de cet Ordre fut d'abord regardée comme très utile à la chrétienté. Les princes et les seigneurs favorisèrent leur établissement en Europe, et on vit, en très peu de temps, fonder des maisons de cet Ordre, principalement dans les provinces méridionales de la France. Un des premiers établissements que firent les Templiers fut à Toulouse. Raimond Ratier, fils de Toset de Toulouse, son frère et ses sœurs donnèrent au grand maître Hugues de Payens tout l'honneur, c'est-à-dire tout le terrain, qui était depuis l'église de Notre-Dame de la Dalbade, jusqu'à la rue, et jusqu'à celle qui allait devant l'église de Saint-Rémy. Cette donation est sans date mais elle fut probablement faite en 1129. Pierre Bernardes, sa femme, donnèrent tous leurs biens à frère Hugues Rigaud et Raimond Bernard, chevalier du Temple (1).
1. Pour plus amples détails voir Du Bourg, opuscule cité, page 70 et XIV des pièces justificatives N° XXI, où se trouve un extrait d'un ancien cartulaire de la Maison du Temple de Toulouse, sans date mais à peu près vers l'an 1134. (Archives de Toulouse, L. I B. S.)

Richerenches
Département: Vaucluse, Arrondissement: Avignon, Canton: Valréas - 84
La maison de Richar Cucher, dans le pays Venaissin, fut fondée environ cette année par Hugues de Bolboton, qui se rendit donné de l'Ordre conjointement avec sa femme, et lui fit donation de cette seigneurie. Le grand maître mit, dans cette maison, quelques Templiers, et en établit commandeur frère Hugues de Panas. Bolboton étant dans la suite devenu veuf, fit ses vœux dans l'Ordre.
1. La Commanderie de Richerenches fut fondée en 1136 par le frère Templier Arnaud de Bedos, chargé de prospecter en Provence à la recherche de terrains et de recrues. Le lieu-dit Ricarensis (qui donna le nom de Richerenches) lui fut donné par Hugues de Bolboton, à l'initiative de l'évêque Pons de Grillon.

Avignon
Département: Vaucluse, Arrondissement et Canton: Avignon - 84
Laugier, évêque d'Avignon, voulant attirer les Templiers dans cette ville, donna, le 29 janvier 1130 (1131), au grand maître, une église dédiée à Saint-Jean-Baptiste, située dans la paroisse de Saint-Agricol, avec les maisons qui en dépendaient. Ils changèrent, dans la suite, le titre de cette église en celui de Notre-Dame. Toutes leurs églises étaient dédiées à la Sainte-Vierge. Cette pratique leur fut inspirée par Saint Bernard, qui lui était fort dévot. En effet toutes les églises de l'Ordre de Cîteaux lui sont consacrées.

Guillaume Ermengaud et Ermessende, sa femme, donnèrent, le 26 de mai 1130, au grand maître, des biens situés dans le diocèse de Carcassonne, entre les mains de frère Hugues Rigaud.

La vie exemplaire des Templiers et les services qu'ils rendaient à la chrétienté, engagèrent Raimond Béranger III, comte de Barcelone, et premier de nom, comte de Provence, d'embrasser leur institut. Ce prince fit auparavant son testament, le 8 de juillet 1131. Il laissa à Raimond Béranger, son fils ainé, le comté de Barcelone, et les comtés de Carcassonne et de Rafès et donna à Béranger Raimond, son fils puiné, le comté de Provence, et tout ce qu'il possédait dans le Rouergue, le Gévaudan et le pays de Carlad. Six jours après, il se fit recevoir dans l'Ordre du Temple et y fit sa profession entre les mains de frère Hugues Rigaud, du consentement de Raimond Béranger, son fils, et avec l'approbation de ses barons qui étaient Aimeri, vicomte de Narbonne, Guillaume Castelvier, Guillaume Ramond, sénéchal du palais de Barcelone, et Bernard de Belloc.
Il mourut, sur la fin de ce mois de juin, âgé de 48 ans, et fut enseveli dans le monastère de Ricepull, en Catalogne, ainsi qu'il l'avait ordonné par son testament.

Pézenas
Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Pézenas - 34
La maison de Pézenas fut fondée, en cette année, par Ponce, femme de Pierre Guillarvieve de Colrat et par sa sœur. Elles donnèrent pour ce sujet à l'Ordre, le 19 de juin de cette année, un domaine situé au terroir de cette ville.

Le Salzet
Région : Occitanie, Département : Gard, Arrondissement : Alès, Canton : La Grand-Combe, Commune : Malons-et-Elze - 30
Bermond petit seigneur d'Alais, Agnès, sa femme, Raimond et Bernard, leurs enfants, donnèrent dans le même mois de juin, le 19e jour de la lune, qui était le 18 du mois, entre les mains de frère Hugues Rigaud, la terre de Salcet, (de nos jour Le Salzet), avec sa juridiction, située dans la paroisse de Malons, au diocèse d'Uzès.

Albon
Département: Drôme, Arrondissement: Valence, Canton: Saint-Vallier - 26
L'Ordre s'établit, dans ce temps-là, en Dauphiné, par la piété de Guigues IV, Dauphin de Viennois, qui donna, le 30 de janvier 1131 (1132), à frère Hugues Rigaud, une métairie située sur le terroir d'Albon, et d'autres possessions. Il fit ce don du consentement de Guigues III, comte d'Albon, son père, de la comtesse Mathilde, sa mère, et de Marguerite, son épouse, sœur de Guillaume, comte de Bourgogne.

Bracafeuil
Département: Aude, Arrondissement et Cantons: Carcassonne - 11
Roger 1e, vicomte de Carcassonne, donna à l'Ordre, le 1e d'avril 1133, entre les mains du même frère Rigaud, la seigneurie de Bracafeuil, située dans le comté de Carcassonne. Il fit cette libéralité du consentement de Cécile (de Provence), sa mère, de Raimond Trencavel, vicomte de Béziers, et Bernard, ses frères, et pour le salut de l'âme de Bernard Aton, vicomte de Béziers, son père. Il leur permit aussi d'acquérir des biens dans ses états.

Douzens
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Trèbes - 11
La maison de Douzains fut fondée, dans ce temps-là, par Bernard de Canet, Reine sa femme, Bernard Aimeric de Barbairac et Galburge sa femme, qui donnèrent à l'Ordre, le 11 du même mois d'avril, entre les mains de frère Rigaud, le village de Douzains, situé aussi dans le comté de Carcassonne.

Puy-en-Velay
Département: Haute-Loire: Arrondissement: Le Puy-en-Velay - 43
Frère Rigaud et frère Guillaume de Salomon, son confrère, procurèrent, en cette année, un établissement de leur Ordre au Puy en Velay. Ils achetèrent, à ce sujet, des maisons dans cette ville. Humbert, fils du comte d'Albon, était alors évêque de cette ville.

Alphonse, comte de Toulouse, procura aussi aux Templiers les moyens de s'établir dans ses états. Dans cette vue, étant à la ville du Puy, il donna un diplôme, le 15 d'août 1134, par lequel il permit à ses sujets de leur donner des seigneuries, et d'autres biens, et à ceux-là de pouvoir les posséder tout de suite, dès qu'ils en auraient obtenu en Orient, du roi de Jérusalem, du prince d'Antioche et du comte de Tripoli.

Guillaume, évêque du Puy, Béranger Raimond, comte de Provence, Guillaume IV, seigneur de Montpellier, Roger, vicomte de Carcassonne, et Rostain de Sabran furent présents à cette concession. Ces princes tinrent, à cause de la solennité de la fête du jour, une assemblée, qu'on appelait dans ce siècle Cour plénière.

Larramet
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Montech - 82
Baron de Catrepach (2), noble toulousain, fit donation à l'Ordre, le 3 de juin de cette année, entre les mains de frère Arnaud de Bedos, de la terre de Larramet. Et Amiel, évêque de Toulouse, lui fit aussi donation, au mois de septembre suivant, de l'église du même lieu, du consentement de son chapitre.
2. Catrepach est appelé Quaterpech par du Bourg dans son Histoire du grand prieuré de Toulouse, page 52

Guillaume, archevêque d'Auch, Vidal Itier, son frère, et Bernard Jourdain donnèrent aussi la même église, et Raimond de Saissac et Arnaud Raimond donnèrent, dans le mois d'octobre, la juridiction de ce lieu qui leur appartenait. Raimond Trencavel, vicomte de Béziers, conjointement avec Adélaide Pons sa femme, donna, en l'année 1135, permission à ses sujets de faire donation de leurs fiefs aux Templiers, ou autrement par testament, et déclara que ceux-ci les posséderaient en franc-alleu. Frère Arnaud de Bedos accepta ce privilège.
Il reçut aussi, avec frère Raimond de Gaure (Gauré), le don que Pons Bernard et quelques autres firent à l'Ordre, le 18 mars 1135 (1136), du lieu des Couds.

La Nougarède
Département: Ariège, Arrondissement et Canton: Pamiers - 09
Ces mêmes chevaliers acceptèrent la donation que Roger III, comte de Foix, de concert avec Vincence de Barcelone sa femme, fit à l'Ordre, le 27 d'octobre de cette année, du lieu de la Nogarède, situé aux environs de la rivière d'Ariège. Il voulut que ce lieu s'appelât à l'avenir Ville-Dieu (1).
Amiel, évêque de Toulouse, fut présent à cette donation et érigea ce lieu en franc-alleu et planta des croix autour du terroir de ce lieu, comme il se pratiquait en pareille occasion.

Richerenches
Département: Vaucluse, Arrondissement: Avignon, Canton: Valréas - 84
Hugues de Bolboton ou Borbouton, fondateur de la maison de Richerenches, et Nicolas, son fils, donnèrent, en l'année 1138, des héritages à l'Ordre, entre les mains de frère Arnaud de Bedos, de Géraud de Montpeyroux, et Bertrand Roland, chevalier. Bedos accepta une donation qu'Hugues de Montsegue et quelques autres firent, en cette année, de tout ce qu'ils avaient à Richerenches, en présence de Pons de Grillon, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, et des chevaliers frère Hugues de Panas, et d'Hugues de Bolboton. Ce dernier était apparemment fils ou frère de l'autre Hugues dont nous venons de parler.

Ce prélat donna, à peu près dans ce temps-là, à l'Ordre, l'église et le quartier de cette ville qu'on appela dans la suite de Saint-Jean l'église et la maison qui furent données au pape dans le XIVe siècle, ont été détruites. Les vestiges se voient encore près de la porte de Notre-Dame.

Bedos accepta encore une donation que Adélaide, veuve de Guillaume de Sabran, et Emenon Rostain, Guillaume Raimond Pierre, et Pierre Archidiacre et ses enfants firent à l'Ordre, pour le salut de l'âme de leur père. Raimond, évêque de Carcassonne, donna aussi à l'Ordre, le 27 de septembre, du consentement de son chapitre, les dîmes de l'église de Douzains (Douzens). Frère Arnaud de Bedos, Hugues de Béziers, et Raimond de Gaude acceptèrent cette donation.

Pierre, abbé de Saint-Gilles, accorda aux Templiers, en l'année 1139, l'exemption du payement des droits de sextellage (1) pour les blés et les farines, provenant de leurs terres, qu'ils vendraient dans cette ville. Frère Robert, grand maître de l'Ordre, accepta ce privilège.
1. Sextellage, droit qui se payait autrefois pour les grains vendus aux halles. Il tirait son nom du sextier ou setier. (Chéruel, Dictionnaire des institutions de la France)

Roaix
Département: Vaucluse, Arrondissement: Carpentras, Canton: Vaison-la-Romaine - 84
Bertrand de Baumes fit, environ ce temps-là, profession dans l'Ordre entre ses mains, à la persuasion de Pons de Grillon, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, et en sa présence. Potelende et ses enfants donnèrent à Bedos, au mois de février, tout ce qu'ils avaient au lieu de Roaix au pays de Venaissin.

Andrivaux
Département: Dordogne, Arrondissement: Périgueux, Canton: Coulounieix-Chamiers - 24
Les Templiers s'établirent, en cette année, dans le Périgord. Geoffroy (de Cauze), évêque de Périgueux, leur donna l'église de Saint-Maurice d'Andrivaux, et fut le fondateur de cette maison.

Montpellier
Département: Hérault, Arrondissement et Cantons: Montpellier - 34
L'Ordre s'était, dans ce temps-là, fort étendu dans les provinces méridionales de la France la perte des anciens titres est cause que nous ignorons l'établissement de la plupart de leurs commanderies. Il y a apparence que Guillaume VI, seigneur de Montpellier, fit bâtir une maison du Temple dans le faubourg, près de la porte appelée de la Sonerie. Gariel, en son Histoire des évêques de Maguelone, dit sans aucune autorité, qu'ils furent reçus dans cette ville par le prince Guillaume V. Mais il s'est fort trompé, puisqu'il était mort en 1121, et que les Templiers ne s'établirent en France qu'après le Concile de
Troyes tenu l'an 1128.

Lunel
Département: Hérault, Arrondissement: Montpellier, Canton: Lunel - 34
La maison de Lunel fut aussi fondée dans ces premiers temps. Le plus ancien titre qui reste est de l'année 1153.

Ils s'établirent aussi dans les villes de Narbonne, Nimes, Alais (Alès) et le bourg de Saint-Andiol.
Dans le Rouergue, les Templiers s'établirent à Rodez, La Selve, Espalion, Limoux et Millau.
La province de Quercy les reçut aussi dans le même temps.
On fonda des maisons de l'Ordre à :
Cahors — Département: Lot, Arrondissement et Cantons: Cahors - 46
Durbans — Département: Lot, Arrondissement: Figeac, Canton: Gramat - 46
Salomès — Département: Lot, Arrondissement: Gourdon, Canton: Causse et Vallées - 46
Montricoux — Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Aveyron-Lère - 82
Le Bastit — Département: Lot, Arrondissement: Gourdon, Canton: Gramat - 46
Lacapelle-Livron et — Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Quercy-Rouergue - 82
Trévais (Trebaix). — Département: Lot, Arrondissement: Cahors, Canton: Luzech - 46

On en fonda aussi dans plusieurs villes de la Guyenne, et dans des villages dont on leur donna la seigneurie, savoir :
Bordeaux — Département: Gironde, Arrondissement et Cantons: Bordeaux - 33
Le Breuil — Département: Charente, Arrondissement: Angoulême, Canton: Mansle, Commune: Cellefrouin - 16
Agen — Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Cantons: Agen - 47
Argenteins — Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Nérac, Commune: Nérac - 47
Arsins — Département: Gironde, Arrondissement: Lesparre-Médoc, Canton: Le Sud-Médoc - 33
Montsaunès — Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Saint-Gaudens, Canton: Bagnères-de-Luchon - 31
Golfech — Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin, Canton: Valence - 82
Boudrac — Département: Haute-Garonne, Arrondissement et Cantons: Saint-Gaudens - 31
Et quelques autres aussi en plusieurs endroits du Périgord.

Aix
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Canton: Aix-en-Provence - 13
La Provence fut des premières à favoriser l'établissement de l'Ordre. On y fonda des maisons d'abord après la tenue du Concile de Troyes. Ils se logèrent à Aix, près du palais du comte, et ils se placèrent à Arles dans un faubourg près d'une porte qui de leur nom fut appelée porte de la Cavalerie en langue vulgaire et elle a depuis conservé ce nom. Leur maison était très spacieuse.

Marseille
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Canton: Marseille - 13
Ils furent aussi reçus à Marseille leur maison était située sur le port. Il en est fait mention dans une bulle de l'an 1182, qui contient la confirmation des droits de l'église cathédrale.

Orange
Département: Vaucluse, Arrondissement: Avignon, Canton: Orange - 84
La maison qu'ils avaient à Orange était située dans le faubourg et à la paroisse de Saint-Florent.
Ils s'établirent aussi dans les villes de Nice, Grasse, Hyères, Tarascon, Digne, Vence et quelques autres.

Durbans
Département: Lot, Arrondissement: Figeac, Canton: Gramat - 46
Ils s'établirent aussi dans le comté de Forcalquier, et principalement à Embrun Gap, Saint-Maurice, près Saint-Savournin et Châteauneuf dans le pays de Venaissin, outre la maison de Richerenches (1) dont nous avons parlé. On en fonda à Cavaillon, Roaix (2) et Boisson (3).
1. Richerenches (Vaucluse), arrondissement d'Orange, canton de Valréas. Toutes les Maisons des Templiers qui s'établirent dans les environs furent de simples commanderies qui relevaient toutes de la préceptorale de Richerenches celle-ci passa aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui la remirent au Saint-Siège, en 1320.
(J. Courtet, Dictionnaire des communes du département de Vaucluse, page 271.)
2. Roaix (Vaucluse), arrondissement d'Orange, canton de Vaison. L'église sous le titre de l'Assomption était un prieuré dont les Templiers faisaient hommage au pape. (J. Courtet page 274.)
3. Boisson (Boissonum), aujourd'hui Buisson (Vaucluse), arrondissement d'Orange, canton de Vaison Commanderie des Templiers relevant de la préceptorale de Richerenches et érigée en fief dans le XVIe siècle.


Les villes du comté de Valentinois, où ils furent reçus sont :
Valence — Département: Drôme, Arrondissement et Cantons: Valence - 26
Monteil — Département: Cantal, Arrondissement et Canton: Mauriac - 15
Aimar — (?)
Saint-Paul-Trois-Châteaux Département: Drôme, Arrondissement: Nyons, Canton: Le Tricastin - 26

L'Ordre s'étant extrêmement accru en Europe par le grand nombre de maisons qui furent fondées, le grand maître Robert rangea ces maisons sous des provinces, ou maîtrises qu'il forma dans les différents royaumes, qui étaient situées dans cette partie du monde. Il établit, dans chacune de ces provinces, un supérieur général des frères qui y résideraient, et il lui donna le titre de maître. Il voulut qu'ils seraient élus à l'avenir dans les chapitres généraux. Ces maîtres prêtaient, après leur élection, un serment dont voici la substance.
Ils promettaient à Jésus-Christ et au pape obéissance et fidélité perpétuelles.
Ils s'obligeaient de défendre la religion chrétienne, non seulement de parole, mais encore par la force des armes, d'obéir au grand maître, selon la règle qui leur avait été donnée par Saint Bernard, qu'ils passeraient la mer pour combattre, toutes les fois qu'il serait besoin, qu'ils donneraient des secours aux rois et princes contre les infidèles, s'ils étaient Turcs ou Sarrazins, qu'ils ne vendraient pas les biens de l'Ordre, et ne consentiraient point à ce qu'ils fussent aliénés, enfin qu'ils garderaient perpétuellement la chasteté.

Le Languedoc était, dans ce temps-là, exposé à de grands désordres. Ils venaient principalement de la tyrannie des seigneurs, qui s'étaient arrogé le droit de venger leurs querelles par les armes, se faisaient une guerre implacable. On ne trouvait nulle part ni aide ni secours.
Ces maux s'étendaient par tout le royaume, et on ne parlait que de meurtres et de rapines. Pour remédier à ces désordres, Arnaud de Levezon, archevêque de Narbonne, convoqua un concile de sa province, en l'année 1140, où assistèrent ses suffragants, et encore Alphonse, comte de Toulouse, Hugues, comte de Rodez, Roger Ier, vicomte de Béziers, et plusieurs autres seigneurs du pays. On y ordonna d'y établir la paix et la trêve de Dieu. C'est ainsi qu'on l'appela depuis.

Ce règlement avait été déjà fait dans un concile provincial tenu à Tubuges en Roussillon, cent ans auparavant, par les évêques et les seigneurs de la Septimanie et conséquemment on ordonna que les bœufs et les autres bêtes de labour, les bouviers et les hommes et les bêtes qui porteraient les semences dans les champs, seraient en sûreté en tout temps et attendu que les chevaliers du Temple défendaient les peuples contre ceux qui violaient cette paix et cette trêve, on leur donnerait, tous les ans, un setier de froment par charrue. Le pape Innocent II confirma le décret du concile de Narbonne.

On forma une maîtrise d'une partie des provinces méridionales de la France, qui étaient comprises sous le nom général de Provence, qui furent le Languedoc, les comtés de Rodez et de Millau, la Gascogne, la Guyenne, les comtés de Provence, de Forcalquier et de Valentinois et de Diois, le Viennois et le pays de Venaissin tous ces pays appartenaient à divers souverains.

Le grand maître joignit à cette maîtrise ses maisons du royaume d'Aragon et de la Catalogne. Elle était, comme l'on voit, d'une très grande étendue. Celui qui en fut nommé le chef prit le titre de maître des maisons du Temple en Provence et dans les parties d'Espagne, et quelquefois il se qualifiait maître de la chevalerie du Temple dans les parties d'Aragon, Catalogne et Provence.

Le grand maître donna cette charge, environ l'année 1141, à frère Pierre de la Rovière (1). Il était natif de Languedoc. Zurita, en ses Annales d'Aragon, l'appelle Cavalero Muy Sennalado. Il reçut une donation de quelques biens que Bernard de Casalo fit à l'Ordre, le 8 de juillet 1142 ; il ne prit, dans cet acte, d'autre qualification que celle de confrère du Temple.
1. De la Rovière (de Roveria) comme porte le beau Cartulaire de la maison du Temple de Saint-Gilles conservé à la Bibliothèque d'Arles.
— Du Bourg, à la page 369 de son Histoire du grand prieuré de Toulouse, a tort de l'appeler de la Rosière.


Il tint à Arles, dans le mois de décembre, le chapitre provincial de cette année qui fut apparemment le premier qu'il tint il y accepta la donation que Guillaume de Trosset fit à l'Ordre de plusieurs héritages situés dans le Rouergue. Il prit dans cet acte le titre de maître du Temple.

Raimond Béranger IV, roi d'Aragon, comte de Barcelone, étant à Girone, le 17 de novembre 1143, fonda un Ordre militaire pour défendre l'Espagne contre les Maures et les Sarrasins, qui serait soumis à celui du Temple. En même temps, il donna au dernier le lieu de Moniou, et quelques autres seigneuries, et la cinquième partie des conquêtes qu'il ferait sur les Maures, à condition qu'il leur ferait continuellement la guerre et déclara qu'il faisait ces donations pour le salut de l'âme de son père, qui avait été chevalier et frère de cet Ordre, dans lequel il avait glorieusement fini ses jours.

Bayles
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Aix-en-Provence, Canton: Trets, Commune: Saint-Antonin-sur-Bayon - 13
Frère Everard des Barres, maître de France, Pierre de la Rovière, qui a le titre de maître de Provence et d'Aragon, et d'autres chevaliers acceptèrent ce don La maison de Bailes (Bayle) fut fondée en cette année. Pons, abbé de Montmajour, donna à l'Ordre cette terre, qui est située à deux lieues de la ville d'Aix.
Pierre de La Rovière accepta, en l'année suivante 1144, quelques donations qui furent faites à la maison de Richerenches.

Nicolas de Bolboton déclara, le 3 de décembre 1145, que Hugues son père, sa mère et lui s'étaient rendus donnés de l'Ordre, et lui avaient donné un domaine qu'ils avaient et qui était situé entre la rivière de Louson et le ruisseau d'Olière que sa mère avait ensuite retenu ces héritages par les conseils du grand maître Robert que, peu de temps après, de l'avis de frère Pierre de la Rovière et des autres chevaliers du Temple, elle avait pris l'habit de l'Ordre, et lui avait redonné le même terroir. Par le même acte, Nicolas fit donation à l'Ordre, entre les mains de Pierre de la Rovière, de tous ses biens, qui consistaient en seigneuries de Bolboton et de Solerières.

Montfrin
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Aramon - 30
La maison de Montfrin, diocèse de Nîmes, fut fondée en l'année 1146, par Pons de Meynes qui, au mois de novembre, se rendit donné de l'Ordre, entre les mains de Pierre de la Rovière, et il lui fit donation de la quatrième partie des lieux de :
Meynes — Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Aramon 30
Asières — Les Aires, ferme de la commune de Meynes
Théziers — Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Redessan - 30
Et de la moitié du village de Montfrin et du terroir d'Orgne.

Cours
Département: Gironde, Arrondissement: Langon, Canton: Grignols, Commune: Cour-les-Bains - 33
Ce maître et frère Béranger de la Rovière, son frère acceptèrent la donation que Guillaume de Clermont et Raimond de Rieux, son frère, firent à l'Ordre de tout ce qu'ils avaient au village des Cours. La Rovière cessa, en cette année, d'exercer sa charge.

Frère Béranger, d'Avignon, fut fait maître de Provence et d'Aragon l'an 1147. L'Ordre entretenait, dans ce temps-là, un bataillon pour le service du roi d'Aragon, dans les guerres qu'il avait contre les Maures. Il était composé des chevaliers et commandé ordinairement par le maître de Provence et d'Aragon.

Béranger, d'Avignon, alla, en cette année, avec ses chevaliers, à la campagne que le comte de Barcelone, prince d'Aragon, fit dans l'Andalousie, où il prit sur les Maures la ville de Cordoue.

Jalès
Département: Ardèche, Arrondissement: Largentière, Canton: Vans - 07
La commanderie de Jalès en Languedoc fut fondée, en cette année, par Pons de Rerrias, qui donna à l'Ordre la dime qu'il prenait sur le terroir de Jalès.

Campagne-sur-Aude
Département: Aude, Arrondissement: Limoux, Canton: Quillan - 11
Roger Ier, vicomte de Carcassonne, de Rasès et d'Alby, donna, le 19 de juillet de cette année, à l'Ordre, entre les mains de frère Pierre de la Rovière, le lieu de Campagne situé dans le comté de Rases, sur la rivière d'Aude, pour le salut de l'âme de Bernard Aton, son père, de l'avis et consentement de Cécile (de Provence), sa mère, de Raimond Trencavel et de Bernard Aton, ses frères.

Roger était alors sur son départ pour la Terre Sainte, et peu après, étant à Agde au port de la Tourrete, il confirma cette donation entre les mains de frère Béranger de la Rovière, en présence de frère Pons d'Alon de Luzenson, et de quelques autres chevaliers. Mais quelques obstacles étant survenus, et que nous ignorons, son voyage fut interrompu, comme je l'ai déjà remarqué.

Bordères
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Tarbes, Canton: Bordères-sur-l'Echez - 65
La maison de Bordères fut fondée par Pierre, comte de Bigorre et vicomte de Marsan, qui, de concert avec Béatrix (de Bigorre), sa femme, et de Centulle, son fils, donna à l'Ordre, le 7 de février 1148 (1149), le lieu de Bordères au diocèse de Tarbes.

Béranger d'Avignon se trouva à la prise que le comte de Barcelone fit, en cette année, sur les Maures, des villes de Tortose et de Lérida (1). Ce prince ayant accordé, le 30 novembre de cette année, des privilèges aux habitants de Tortose, frère Béranger en souscrivit la charte avec quelques commandeurs de l'Ordre.
1. Tortose et Lérida, villes de Catalogne en Espagne.

Douzens
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Capendu - 11
Frère Pierre de la Rovière fut fait, une seconde fois, maître de Provence et d'Aragon, en l'année 1150. Guillaume de Durban, et Bernard et Raimond, ses enfants, lui donnèrent, le 19 de mai de cette année, tout ce que ceux-ci avaient du chef de leur mère, dans le lieu de Douzains.

Roger 1e, vicomte de Carcassonne, qui était, dans ce temps-là, revenu de la Terre Sainte, fit son testament, le 11 d'août de cette année, à Fanjeaux (1), où il était tombé malade. Il élut sa sépulture parmi les chevaliers du Temple, sans désigner l'endroit où il voulait être inhumé. Il ne laissa point d'enfants et institua son héritier Raimond
Trencavel, vicomte de Béziers, son frère. Frère Béranger de la Rovière, frère Raymond de la Bruguière, commandeur de Puisubran, y furent témoins.

Pexiora ou Puisubran
1. Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: La Piège-au-Razès - 11
La première mention de l'église paroissiale « Sanctus Martinius de la Landa » apparaît en 1197 dans les archives de la commanderie de Puisubran.

Bernard Aton V, vicomte de Nîmes, accorda, en l'année 1151, aux chevaliers de l'Ordre et à quelques particuliers, tous ensemble propriétaires d'un four à chaux bâti dans cette ville, qu'il ne donnerait point à personne autre permission de bâtir dans cette ville un semblable four.

Le maître de la Rovière reçut à Richerenches, en l'année 1151, Hugues de Bolboton confrère de l'Ordre. Frère Begon de Veyrières et lui passèrent, en l'année 1152, un accord avec le chapitre de l'église d'Arles, dans lequel l'archevêque Raimond de Montredon intervint, par lequel on convint qu'il serait permis à l'Ordre d'avoir un cimetière près de l'église de la commanderie, et d'y ensevelir toutes sortes de personnes.

Sainte-Eulalie du Larzac - Sainte-Eulalie-de-Cernon
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Cornus, Commune: Sainte-Eulalie-de-Cernon - 12
Il tint dans cette ville, au mois de décembre, le chapitre provincial et à la session du 23 de ce mois, on y confirma la donation que Raimond d'Uzès, abbé de Saint-Guillem-le-Désert, avait faite à l'Ordre, entre les mains de frère Begon de Veyrières, de l'église de Sainte-Eulalie au diocèse de Rodez, de l'avis de Pierre Raimond, évêque de
Lodève, et de Pons, évêque d'Agde.

La Rovière se trouva avec ses chevaliers à la conquête que le comte de Barcelone et prince d'Aragon fit sur les Maures, en l'année 1153. Ce prince ayant pris le château de Miravete, il le lui donna en garde.

Drulhe ou La Villedieu-du-Temple
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Saint-Porquier - 82
La commanderie de Drulhe en Rouergue fut fondée, environ ce temps-là, par Gauche de Mirabel, qui donna à l'Ordre la seigneurie de ce lieu. L'acte de la donation est sans date. Il y est dit qu'elle fut faite du temps de Pierre, évêque de Rodez. Ce prélat siégea depuis l'an 1146 jusqu'en 1161.

Le pape Adrien IV confirma, par une bulle adressée à tous les prélats et prieurs de la chrétienté, l'ordonnance du concile de la province de Narbonne, tenu sous l'archevêque Arnaud de Levezon, l'an 1140, qui établissait la paix et trêve de Dieu. Il leur recommanda de commettre dans toutes les villes et villages, des personnes pour recueillir l'aumône d'un setier de froment pour chaque charrue, établie en faveur des chevaliers du Temple et attendu que le pape Innocent, son prédécesseur, les avait priés de vive voix dans le concile de Pise tenu l'an 1133, et de Latran de l'an 1138, d'aider les Templiers dans leurs entreprises, il leur fait la même prière dans sa bulle, qui est datée du 1er janvier. Mais l'année n'est pas marquée. Elle est sans doute de l'année 1155, qui était le premier de son pontificat.

Saint-Gilles
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30
Bertrand de Saint-Cosme, abbé de Saint-Gilles, donna, le 23 de janvier 1155 (1156), au maître La Rovière, un jardin qui touchait la maison de la commanderie de cette ville (1). Ce dernier fut témoin à un privilège d'exemption de leudes et autres impositions que Raimond Trencavel, vicomte de Béziers, accorda, en cette année, au monastère de Salvanès, de l'Ordre de Cisteaux en Rouergue, et à un semblable privilège que Raimond Béranger IV, comte de Barcelone et marquis de Provence, et Raimond Béranger, son neveu, comte de Melgueil, de Provence et de Millau, étant à Montpellier, accordèrent à ce même monastère au mois d'avril de cette année.
1. Cartulaire de la maison du Temple de Saint-Gilles, folio 1. Archives d'Arles.

J'ai remarqué ailleurs que Béranger Raimond, comte de Provence, étant mort l'an 1144, laissant un fils unique nommé Raimond Béranger, qui était en bas-âge, Raimond Béranger, comte de Barcelone, prit sous sa tutelle ce jeune prince, que les provençaux l'avaient reconnu pour souverain sur son neveu, et dans tous ses autres états, que de là il avait pris le titre de marquis de Provence.

Grosfau
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Grandrieu, Commune: Chaudeyrac - 48
Guillaume, seigneur de Randon en Gévaudan, et Marie, sa femme, donnèrent à l'Ordre, le 7 de novembre 1156, la seigneurie de Grosfau (1), en présence d'Arnaud, Bertrand et Jordain de Châteauneuf, de Jausselme du Tournel.

Ruou
Département: Var, Arrondissement: Draguignan, Canton, Salernes, commune: Villecroze - 83
La maison de Rue ou Ruou, située dans un endroit champêtre au terroir de Villerose, dans le diocèse de Fréjus, avait été fondée par un seigneur de Salerne ; les seigneurs de Flayosc, d'Entrecasteaux et de Tourtour donnèrent à l'Ordre les terres nobles de Salègues et Saleguete.
Le comte de Barcelone, marquis de Provence, étant à Montpellier le 15 de janvier 1156 (1157), confirma toutes les donations que ces seigneurs avaient faites à la maison de Rue.

Frère Pierre de la Rovière cessa, cette année, la charge de maître de Provence et d'Aragon. On la donna à frère Hugues de Barcelone. Il accepta, au mois de septembre 1157, une donation qu'Arnaud de Bordet fit à la maison de Richerenches ; il reçut aussi celle que Nicolas de Visan fit à cette maison, au mois d'août 1158, de tout ce qu'il avait au terroir de Bolboton ou Borbouton.

Sainte-Eulalie-de-Cernon
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Cornus, Commune: Sainte-Eulalie-de-Cernon - 12
Le comte de Barcelone, toujours affectionné pour l'Ordre, lui donna, au mois de décembre 1159, le lieu de Sainte-Eulalie de Larsac, situé dans le comté de Millau, qui lui appartenait, déclarant que c'était pour le salut de l'âme de son père, qui avait été Templier. Frère Hélie de Montbrun, maître de l'Ordre en Rouergue, accepta ce don, qui fut fait à Girone, en présence de Bernard, évêque de Saragosse, d'Odon, évéque d'Huesca, d'Arnaud Miron, comte de Paillas, de Bernard, comte de Comminges, et de quelques autres seigneurs.

Frère Hugues de Barcelone reçut la confirmation que Guillaume, seigneur de Sabran, fit, l'an 1159, de toutes les donations qu'Adélaïde, sa mère, avait faites à l'Ordre. Il passa, à Saint-Gilles, une partie de l'année suivante, 1160.

Montpellier
Département: Hérault, Arrondissement et Cantons: Montpellier - 34
Guillaume de Tortose, fils puiné de Guillaume VI, seigneur de Montpellier, étant devenu veuf sans enfants, prit l'habit de l'Ordre en cette année. Son père lui avait légué, par son testament, la ville de Tortose en Espagne, que le comte de Barcelone lui avait donnée. Il mourut, en l'année suivante 1161 : il institua son héritier Guillaume VII, seigneur de Montpellier, son frère, et il fut enseveli dans i'église du Temple de cette ville.
Celui-ci fut troublé dans cette succession par Guy, seigneur de Paulian (1), son frère, qui se prétendait héritier de Guillaume de Tortose ; il fut passé, là dessus, une transaction entre eux dans la maison de la commanderie, au mois d'octobre de cette année.
1. Paulhan, Département: Hérault, Arrondissement: Lodève, Canton: Clermont-l'Hérault - 34

Mas d'Argence
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Beaucaire - 30
Raimond V, comte de Toutouse, vendit, au mois de janvier 1160 (1161) à frère Hugues de Barcelone, Begon de Veyrières et Bernard Catalan, commandeur de Saint-Gilles, 60 muids de terre, dans le terroir d'Argence (sénéchaussée de Baucaire), situé le long du Rhône et il leur donna en même temps dix autres muids (2). Constance de France, épouse du comte, l'approuva.
2. Mas d'Argence, n° 1 - Histoire de Languedoc, tome II, Preuves, page 577 et 578. Nouvelle édition, to V, page 1238.

Raimond de Posquières, ou d'Uzès, abbé de Saint-Guillem, et depuis évêque d'Uzès, qui avait donné à l'Ordre l'église de Sainte-Eulalie, avait réservé à son monastère une redevance de 80 sols melgoriens et de six fromages. L'abbé Richard d'Arbons, son successeur, déchargea de cette rente frère Elie de Montbrun, commandeur de cette maison, du consentement de ses religieux, et de Gaucelme, évêque de Lodève, moyennant 2.000 sols melgoriens qu'il reçut. Pierre, évêque de Rodez, approuva cet acte, qui fut passé le 1e de septembre.

Raimond, évêque d'Uzès, dont je viens de parler, donna à l'Ordre, le 5 d'octobre 1161, l'église de Saint-Martin-de-Trévils (1) près du lieu de Montfrin, avec ses dimes, et déclara que, si les Templiers faisaient bâtir une église paroissiale dans le même lieu de Montfrin, il la leur donnerait aussi. Aldebert d'Usez, évêque de Nîmes, son frère, Bermond d'Usez, seigneur de Posquières, et Rostain de Sabran, connétable du comté, furent présents à cette donation (2).
1. Saint-Martin-de-Trévils, église rurale, aujourd'hui détruite, commune de Montfrin, canton d'Aramon (Gard). Cette église dépendait du prieuré de Saint-Privat et relevait de la commanderie de Montfrin.
2. Eglise de Montfrin, n° 1 et 2.


Le pape Alexandre III la confirma par une bulle donnée à Bénévent, le 26 de juin l'année n'y est pas marquée il est dit que les Templiers avaient fait alors bâtir l'église de Montfrin.

Châteauneuf-de-Randon
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Grandrieu - 48
Guillaume, seigneur de Randon, donna, en l'année 1162, à la maison de Jalès, pour le repos de l'âme de Guérin, son frère, les terres nobles de Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Grandrieu, Commune: Châteauneuf-de-Randon - 48Groslac et Grosfau, et le droit de faire dépaître ses bestiaux dans toutes ses terres.
Raimond de Carjac, son fils, accorda une semblable faculté au commandeur, l'an 1196.

Montmejan
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Calvisson, Commune: Montmirat - 30
Hugues, seigneur de Montmejan en Provence, se rendit donné de l'Ordre, le 3 d'octobre 1164, et donna, en même temps, à la maison de Saint-Maurice de Régusse, une terre appelée Champlong et la faculté de faire couper du bois et pâturer ses bestiaux dans sa terre de Montmejan. Guillaume et Raymbaud, ses frères, approuvèrent cette donation.

Le pape Alexandre III, ayant été obligé de quitter l'Italie, en l'année 1162 pour éviter les persécutions de l'empereur Frédéric Ie, qui soutenait le parti de l'anti-pape Victor III, était venu se réfugier en France. Il avait abordé à Montpellier, au mois d'avril de cette année pendant le séjour qu'il y avait fait, il avait confirmé, par une bulle du 2 mai, l'ordonnance du Concile de la province de Narbonne tenu l'an 1140, sous l'archevêque Arnaud de Leveson, dont j'ai déjà parlé, et qui était si honorable aux chevaliers du Temple. Le pape, après avoir resté plus de trois années en France, résolut de retourner en Italie. Il passa à son retour à Montpellier, où il arriva au mois de juillet 1165 ; il y fit un assez long séjour, en attendant son embarquement. Il y confirma, pour la deuxième fois, le 3 d'août, l'ordonnance du Concile de Narbonne. Il partit de cette ville le 21 de ce mois (1).
1. Histoire de Languedoc, tome II, page 490. Nouvelle édition, tome V, page 821.
— Privil, d'Aix, liasse des bulles n° 2.


Frère Geoffroy Foulcher, commandeur de la maison de Jérusalem (Palestine), avait été envoyé par le grand maître Bertrand de Blanchefort vers le roi de France, Louis-le-Jeune ; à son retour il passa par le Languedoc. Il y accepta la donation que Guillaume de Roquemaure fit à l'Ordre, du droit qu'il avait sur le Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Roquemaure - 30Pont de Lers qui était sur la rivière du Rhône elle est sans date. Il y a apparence qu'elle fut faite environ l'année 1165. Il se trouve quelques lettres qu'il écrivit au roi à son retour. Dans une de ces lettres, il se qualifie commandeur de la maison de Jérusalem, sans dire de quel Ordre (3).
3. Cartulaire de Saint-Gilles folio 98, Archives d'Arles.

Le père Pauli, ayant cru qu'il était grand commandeur de l'Hôpital, l'a rapporté dans son Code diplomatique de cet Ordre. C'est un défaut d'attention de sa part ; puisque Foulcher a, dans toutes ses autres lettres, le titre de commandeur du Temple.

Frère Hugues Geoffroy fut fait maître de Provence et d'Aragon en l'année 1166. Les auteurs de la Nouvelle histoire du Languedoc disent qu'il était sorti des vicomtes de Marseille, ce qui est très probable (3).
3. Cartulaire de Saint-Gilles, folio 188 et 190. Archives d'Arles.

Il était fils du vicomte Raimond Geoffroy et de Ponse. Il est qualifié maître dans un titre du mois de janvier 1166 (1167). Il était à Saint-Gilles dans le mois de mai suivant. Il y inféoda quelques héritages, qui appartenaient à cette maison. (1)
1. Histoire de Languedoc, tome III, page 41. - Nouvelle édition, tome VI, page 48.

Clamador ou Clamadours
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles, Commune, Saintes-Maries-de-la-Mer - 13
Alphonse Ier, roi d'Aragon, vint, en cette année, en Provence, pour prendre possession des états que le Raimond Déranger, son cousin, mort sans enfants, lui avait laissés. Ce prince possédait une vaste forêt dans l'ile de Camargue. Il en donna, en cette année 1167, à l'Ordre, une portion appelée les Clamadours (2), La charte de cette donation est perdue mais il en est fait mention dans une sentence d'Imbert, archevêque d'Arles, de l'année 1201, dont je parlerai en son lieu (3). Il y est dit qu'elle avait été faite du sceau de Raimond Béranger IV, comte de Barcelone et marquis de Provence, son père, parce que, quoiqu'il portât le titre de roi, il ne jouissait point de ce royaume ni des droits attachés à la royauté, mais bien la reine, Pétronille, sa mère, qui vivait alors, à qui il appartenait Frère Hugues Geoffroy accepta apparemment cette donation. Il cessa, vers le milieu de cette année, d'exercer la charge de maître.
2. Les Clamadours, en Camargue (Bouches-du-Rhône), arrondissement d'Arles, canton et commune des Saintes-Maries-de-la-Mer. La Vernède, section de la Pinède en Camarguette qui ne compte qu'un enclos dit du Juge, commune des Saintes-Maries-de-la-Mer.
3. La Vernède, de Clamadour Clamador, n° 1.
Sur les cartes de Cassini, il est bien indiqué la pinède et le Mas du Juge, mais pas Clamadours. Sur les cartes IGN, il est indiqué Clamador.


Frère don Arnaud de Torroga (de Toroge) succéda à frère Geoffroy. Il était déjà maître au mois de septembre de cette année. Son nom s'exprimait en latin de Turre Rubea. Torroga, baronnie dans la Catalogne, avait donné le nom à cette maison qui la possédait (4).
4. Cartulaire de la maison du Temple de Saint-Gilles, page 106 et suivantes.

Pierre de Torroga était, dans ce temps-là, évêque de Saragosse. Guillaume de Torroga, évêque de Barcelone, fut fait, en 1173, archevêque de Taragone. Cette maison était très illustre et alliée à la couronne d'Aragon. Notre Arnaud, étant encore laïque, fut donné pour otage, avec Béranger, son frère, et Raimond de Torroga, son cousin en l'année 1153, par le roi d'Aragon, aux Génois, pour l'assurance de ce qu'il leur devait, pour prix de la troisième partie de la ville de Tortose, qu'ils lui avaient remis.

Les maîtres de Provence et d'Aragon résidaient ordinairement en Aragon, pour commander les troupes que l'Ordre fournissait au roi contre les Maures, ou pour servir dans les conseils de ce prince, auxquels ils étaient toujours appelés.

Pour cette raison, environ en ce temps-là, on créa un commandeur, qui, en leur absence, faisait la fonction de leur lieutenant dans les provinces comprises sous le nom de Provence. Il prenait le titre de maître du Temple en Provence, et quelquefois celui de maître dans des maisons de la chevalerie du Temple, dans les provinces de Narbonne, Arles et autres.

Raimond, abbé de Saint-Gilles, donna, en l'année 1169, à Torroga, la permission de faire bâtir une église dans le jardin qui joignait la maison de l'Ordre, avec un cimetière, en présence de Raimond V, comte de Toulouse, de Guillaume de Sabran, connétable de ce prince, de Bermond d'Uzès, baron d'Aresnes, et de plusieurs seigneurs et de treize Templiers.

Guillaume VII, seigneur de Montpellier, était fort affectionné envers l'Ordre. Il passait des actes les plus importants dans la maison de cette ville sans doute qu'il prenait avis de ceux qui en étaient commandeurs. On y célébra, au mois de novembre 1169, le contrat de mariage de Guillemette, sa fille, avec Raimond, fils de Bertrand, seigneur d'Anduze.

Alphonse, roi d'Aragon et comte de Provence, étant à Almaria, ville du royaume de Grenade, au mois de mars 1169 de l'Incarnation, et selon l'ère moderne 1170, permit à tous ses sujets de donner leurs biens aux Templiers. Il déclara que si ceux-ci faisaient dans ses états une peuplade, il n'y exigerait aucune albergue ni usage. Il leur donna aussi le droit de faire paître leurs bestiaux dans toute la province. Ce privilège fut souscrit par Guillaume, évêque de Barcelone, et par plusieurs seigneurs.

Consoultes
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - (près de Sénébier) - 13
Torroga accepta, en l'année 1170, la donation que Bertrand de Mejan fit à la maison de Saint-Gilles des biens situés à Consoultes (1).
1. Cartulaire de la maison du Temple de Saint-Gilles, folio 97. Archives d'Arles.
1. En 1178, l'abbaye de Psalmodi concède l'honneur de vienna avec l'usage de toutes ses rives au Temple de Saint-Gilles. Les moines recevront une tanche en guise de cens et le produit de quatre pêches ou levées, réalisées de nuit. Ils interdissent en outre aux Templiers de faire de nouvelles pêcheries sans leur accord.


Guillaume VII, seigneur de Montpellier, étant tombé malade en l'année 1172, fit son testament, le 30 de septembre. Il ordonna que Guy, son troisième fils, serait élevé pendant six ans parmi les chevaliers du Temple, et qu'il prendrait leur habit, si dans cet intervalle l'un ou l'autre de ses fils ainés n'étaient pas décèdes ; mais Guy n'exécuta pas la volonté de son père, et il resta dans le monde.

Venderelle ou Claire-Farine
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles, Commune: Saint-Gilles-du-Gard - 30
Paul, seigneur du Bourg d'Arles, donna à Torroga, au mois de juillet 1173, tout ce qu'il avait à Venderelle (à présent Claire-Farine) (2) qui était un terrain dépendant de la maison de Saint-Gilles. Guillaume Porcelet, seigneur de Fos et Porcel, ses enfants, confirmèrent depuis cette donation, au mois de décembre 1190 ; et ils la confirmèrent, une deuxième fois, avec Galburge, leur sœur, et y ajoutèrent d'autres héritages, au mois de décembre 1192. J'ai parlé de ces deux seigneurs dans l'histoire du grand prieuré (3).
2. Claire-Farine. - Ferme de la commune de Saint-Gilles-du-Gard.
— Sur les cartes de Cassini, sur le cours du Petit-Rhône, Le Baron et la Grande Motte en dessous Claire-Farine.
— Sur les cartes IGN, sur le cours du Petit-Rhône, Albaron, La Motte en dessous Claire-Farine.
3. Cartulaire de la maison de Saint-Gilles, folio 93.


Torroga assista, avec les prélats et seigneurs d'Aragon et de Catatogne, aux épousailles d'Alphonse II, roi d'Aragon, avec la fille d'Alphonse, roi de Castille, qui se firent dans la ville de Saragosse, le 18 de janvier 1174.

Frère Hugues Geoffroy, ci-devant maître de Provence et d'Aragon, était un homme d'un mérite très distingué, et d'une grande estime auprès des souverains de son temps.
Raimond (de Boutène), archevêque d'Arles, avait, dans ce temps-là, une contestation avec Pierre de Lambesc, et Raimond de Rognes-Alice, enfants de Pierre (Porcellet), seigneur de Lambesc. Elle fut terminée, en cette année 1174, par la médiation de Bernard, évêque de Chalon, frère Hugues Geoffroy, la comtesse de Forcalquier, Bertrand de Baux (c'était le prieur d'Orange ou son fils), et Guillaume de Sabran, connétable du comte de Toulouse.
Les enfants de Pierre de Lambesc remirent à l'archevêque une partie des lieux de Salon, du Vernègue, et du Valon qui lui revenaient.

Salon-de-Provence
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Aix-en-Provence, Canton: Salon-de-Provence - 13
Vernègue
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Arles, Canton: Pélissanne - 13
Le Vallon
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Aix-en-Provence, Canton: Salon-de-Provence - 13
Banlieue de Salon-de-Provence

Bayles
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Aix-en-Provence, Canton: Trets, Commune: Saint-Antonin-sur-Bayon - 13
Torroga étant à Aix, passa une transaction, au mois de février 1175 (1176), avec le prieur de l'église de Puilobier, par la médiation de Pons Niel, trésorier du comte de Provence, pour les dimes qu'il prétendait sur les terres de la maison de Bailes. II était assisté de frère Hugues Geoffroy, et d'Hugues de Falsa, commandeur de Bailes. Le commandeur Geoffroy termina, cette année, par la médiation de Raimond, archevêque d'Arles, la contestation qui était entre le commandeur de cette ville et le chapitre de l'église cathédrale, au sujet du payement de la dime des terres, qui appartenaient à cette maison dans le Trébon.

Le roi d'Aragon considérait fort frère Geoffroy. Ce prince avait alors plusieurs différends avec Raimond V, comte de Toulouse. Ils en remirent la décision à sept arbitres. Ces médiateurs leur firent passer une transaction, le 18 d'avril 1176. Raimond remit au roi tous les droits, qu'il avait sur le comté de Provence, et sur les vicomtés de Millau, de Gévaudan, et de Carlad.
Le roi alla ensuite à Nice pour mettre à la raison les habitants de cette ville, qui s'étaient révoltés. Frère Geoffroy l'accompagna dans ce voyage, et fut un des témoins du traité de paix, qui se conclut, au mois de juin suivant, entre le roi et ces habitants.

Aix-en-Provence
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Aix-en-Provence - 13
Ce même prince étant retourné à Aix, donna à la maison d'Aix, le 25 du même mois de juin, un domaine situé au terroir de cette ville. Cette donation fut souscrite par Raimond Béranger IV, son frère, à qui il avait donné le comté de Provence en jouissance pendant sa vie, et par le prince Sanche, son autre frère. Torroga l'accepta ; il était assisté de frère Geoffroy et de quelques autres chevaliers.

Il transigea, en cette année, avec Vital, abbé de Fontfroide nous ignorons quel en fut le sujet ; il était assisté de frère Raimond de Canet, commandeur de.....
Tarroga fut présent à une donation que le roi d'Aragon fit, en l'année 1177, dans la ville de Saragosse, à Humbert, abbé de Gemond, de l'Ordre de Cîteaux. Il resta pendant quelques années dans ce royaume.

Trets
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Aix-en-Provence, Canton: Trets - 13
Raimond, évêque d'Uzès, donna à l'Ordre, en l'année 1178, entre les mains de frère Bertrand Catalan, commandeur de Trets, l'église de Saint Paul de Montagnac (1) près de Montfrin, en présence d'Albert, évêque de Nîmes, Bermond d'Uzès, etc. Catalan accepta ce don ensuite de la permission que le maître Torroga lui avait donnée (2).
1. Saint-Paul-de-Montagne, chapelle ruinée, commune de Montfrin (Gard). Elle fut donnée, en 1178, aux Templiers par l'évêque d'Uzès.
2. Eglise de Montfrin, n° 3.


Torroga se trouva, avec les principaux seigneurs du royaume d'Aragon, à l'accord qui se fit, le 20 de mars 1179, entre le roi de Castille, Alphonse, au sujet des limites des terres, qu'ils possédaient dans le royaume de Valence.

Frère Béranger d'Avignon, ci-devant maître de Provence et Aragon, fut fait, en cette année, commandeur de Provence.

Le roi d'Aragon vint, quelques mois après, dans ce pays. Ce prince et Raimond Béranger, son frère, comte de Provence, accordèrent à l'Ordre, le 22 d'octobre, l'exemption du paiement des leudes, péages et pulvérages par tous leurs états. Frère Béranger d'Avignon, Pons de Rigaud, commandeur de Rue, et Arnaud de Lespivant acceptèrent ce privilège. Béranger, archevêque de Taragone, et quelques seigneurs aragonais furent présents.

Millau
Département: Aveyron, Arrondissement et Cantons: Millau - 12
Le roi, en qualité de vicomte de Millau, accorda à l'Ordre une sauvegarde générale et lui confirma la possession du lieu de Sainte-Eulalie, et de la terre de Larsac avec leurs juridictions.

Carcassonne
Département: Aude, Arrondissement et Canton: Carcassonne - 11
Torroga accepta, le 3 novembre 1182, la donation que Pierre de Cannes fit don à l'Ordre de tout ce qu'il possédait dans la ville de Carcassonne. Il fut fait grand maître de l'Ordre en l'année suivante 1183.

Frère Raimond de Canet succéda à Torroga en la charge de maître de Provence et Aragon ; il était probablement fils de Bernard, seigneur de Canet au diocèse de Narbonne, un des principaux barons de la cour de Roger, vicomte de Carcassonne, qui l'employait en plusieurs négociations importantes. Il acheta, au mois d'août 1184, de Pierre Isnard, archevêque d'Arles, un jardin qui touchait la maison de la commanderie.

L'empereur Frédéric étant à Trévisse en Italie, le 24 novembre de cette année, mit sous sa protection et sauvegarde tous les biens que l'Ordre possédait dans l'empire, ses chevaliers et leurs vassaux, et les déclara exempts de tout tribut.

Berrias-et-Casteljau
Département: Ardèche, Arrondissement: Largentière, Canton: Les Vans - 07
Bertrand Pelet, comte de Melgueil et seigneur d'Alais, donna, le 3 de mai 1185, à frère Guillaume de Garrigue, commandeur de Jalès, la seigneurie de Berrias en Languedoc. Raimond Pelet, son fils, consentit à ce don et Raimond d'Uzès, évêque d'Uzès, donna, en la même année, à l'Ordre, l'église paroissiale de ce lieu avec les dîmes.

Jalès
Département: Ardèche, Arrondissement: Largentière, Canton: Les Vans - 07
L'évêque Nicolas, successeur de Raimond, donna, le 11 de février 1186 (1187), au même commandeur de Jalès, les églises de Saint Pierre de Bane, frère Martin de Chaudolas, et frère Martin d'Avours, avec leurs dîmes, en présence de Bertrand de Pierrelate, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Le pape Grégoire VIII confirma cette donation, le 5 novembre, la première de son pontificat.

Hugues II, comte de Rodez, accorda à l'Ordre, en l'année 1187, l'alleu et seigneurie de tous les biens qu'il avait acquis ou qu'il acquerrait à l'avenir dans ses états, et le déclara exempt du paiement des leudes, péages et autres impositions, lui permit d'acquérir toutes sortes de biens et de bâtir des villages et d'autres maisons. Ce privilège fut donné à Creisset, et frère Bernard Escaffre, commandeur de Saint-Eulalie, l'accepta.

Le pape Clément III envoya, l'année suivante 1188, Héraclius, patriarche de Jérusalem, en ambassade avec les rois de France et d'Angleterre, pour les exhorter à prendre les armes, pour recouvrer la ville de Jérusalem, que Saladin, sultan d'Egypte, avait prise l'année d'auparavant.

Orange
Département: Vaucluse, Arrondissement: Avignon, Canton: Orange - 84
Le commandeur d'Orange avait alors des contestations avec le chapitre de l'église cathédrale de cette ville, au sujet du droit de sépulture, de la quarte funéraire, des légats et sur d'autres questions. Ils prirent le patriarche pour arbitre. Ce prélat termina ce différend par une sentence qu'il prononça à Avignon, en présence d'Hugues (Guy), archevêque d'Aix, de Bernard, archevêque de Narbonne, de Rostaing (de Marguerite), évêque d'Avignon, de Nicolas, évêque d'Orange, de Viviers de Frédol, évêque de Fréjus, d'Arnoux, évêque, et autres personnes de distinction.

Saint-Georges-de-Luzençon
Département: Aveyron, Arrondissement et Cantons: Millau - 12
Guillaume VIII, seigneur de Montpellier, exempta, par un diplôme du mois d'avril 1189, les personnes de l'Ordre du payement de tous les droits seigneuriaux, qu'il exigeait dans cette ville. Hugues (de Rodez), évêque de Rodez, confirma, dans ce même mois, l'Ordre, dans la possession des biens dont il jouissait dans la paroisse de Saint-Georges (1), et des églises qu'il possédait dans son diocèse. Et en même temps frère Bernard Escaffre, maître des maisons de Rouergue, du consentement de frère Raimond de Canet, maître de Provence et d'Aragon, quitta l'évêque de toutes les demandes que l'Ordre pouvait lui faire.
1. Vers 1140, les Templiers y ont des possessions. Le tènement du Temple rappelle leur souvenir.

Richard, roi d'Angleterre, duc de Normandie et de Guyenne, confirma tous les dons et concession que le roi Henry, son père, et la reine Eléonor (de Guyenne), sa mère, avaient faits à l'Ordre, et le déclara exempt du payement de tous droits et tributs. Ce diplôme fut donné à Winchester, le 6 de septembre l'année première de son règne, qui répond à l'an 1189.

Imbert (d'Aiguière), archevêque d'Arles, convoqua, en l'année 1190, un concile de sa province, où assistèrent ses suffragants Guillaume, évêque de Béziers, Alphonse, roi d'Aragon, Raimond V, comte de Toulouse, Guillem, comte de Forcalquier, Barral, vicomte de Marseille, et plusieurs seigneurs.
Ces assemblées étaient mixtes et composées du clergé et de la noblesse. Le sujet fut pour remédier aux désordres qui se commettaient en Provence, semblables à ceux qui affligeaient le Languedoc, dont j'ai déjà parlé ; et pour établir la tranquillité, on y fit les mêmes règlements que la province de Narbonne avait faits à cette occasion l'an 1140 ; et qu'ainsi les habitants des villes et villages donneraient, tous les ans, aux Templiers qui tenaient les chemins libres, un setier de froment par charrue.
Le pape Clément III confirma ce décret et celui de la province de Narbonne, par une bulle du 13 avril, l'année troisième de son pontificat, qui tombe à l'an 1190.

Saint-Pierre de Campublic
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Beaucaire - 30
Frère Pons de Rigaud fut fait maître de Provence et d'Aragon, environ l'année 1193. L'archevêque d'Arles, Aiguière, lui donna, en cette année, l'église de Saint-Pierre de Campublic (1). Aimar 1e de Poitiers, comte de Valentinois et Diois, exempta l'Ordre, par un diplôme du 25 de septembre, du payement des péages et pulvérages qu'il levait dans ses états. Ce privilège fut donné entre les mains de frère Guilbert Hérail, maître (ou grand commandeur) de deçà la mer.
1. L'église Saint-Pierre-de-Campublic

Une commanderie templière (1193 -1310) et hospitalière (1312 -1789)
En 1193, Imbert d'Eyguières, archevêque d'Arles, donne à l'Ordre du Temple l'église rurale Saint-Pierre-de-Campublic avec ses droits paroissiaux (2). Ainsi se développera une nouvelle installation des moines-soldats placée dans la mouvance de la maison-mère de Saint-Gilles. Malgré la présence plus ancienne et toute proche de nombreuses propriétés de l'Ordre de l'Hôpital (Le Blévec 1997, p. VI et 337, Escrihuela 1997), ce domaine prendra rapidement de l'importance : la résidence d'un commandeur est signalée dès 1202. La fonction paroissiale de Saint-Pierre-de-Campublic semble bien avoir été maintenue pendant longtemps, même après la disparition des Templiers. En 1297, l'Ordre du Temple achète à des particuliers une tour et son mur d'enceinte qui jouxtaient le cimetière entourant l'église pour constituer la maison castrale de la commanderie. Au tout début du XIVe siècle, à la suite de la répression - dans la sénéchaussée de Beaucaire soixante-six Templiers sont arrêtés en 1307 - et de la suppression de l'Ordre du Temple, Saint-Pierre-de-Campublic est dans un premier temps, en 1310, confié à une administration laïque avant de passer en 1312 aux Hospitaliers (cf. note 4).
2. Pour la commanderie templière on consultera Damien Carraz 2005 (notamment page 95 et 99, note 84 ; page 139, note 30 ; page 227, note 188 ; page 524 et page 534, note 82).

Saint-Gilles
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30
La maison de Saint-Gilles était gouvernée depuis près de 40 années par frère Raimond Catalan, qui l'avait extrêmement augmentée de par l'acquisition de plusieurs héritages, et par des dons de personnes pieuses, qu'il lui avait procurés.

Ce commandeur étant tombé dans la décrépitude, on lui donna pour adjoint, vers le mois d'août 1194, frère Gisbert de Costabelle. Ils exerçaient indifféremment l'un et l'autre la charge de commandeur. Il n'y avait pourtant qu'un seul qui stipulât comme tel dans les actes et si l'autre intervenait ce n'était que comme témoin et il n'y prenait point de qualification. Mais nonobstant cela, Catalan était regardé comme le supérieur. Environ une année après, cet usage cessa, et on établit un autre commandeur. Peut-être que Catalan était mort.

Frère Pons de Rigaud fut fait maître de deçà la mer, vers la fin de cette année, ou au commencement de la suivante 1195. Frère don Arnaud de Claramond lui succéda à la charge de maître de Provence et Aragon. Frère Déodé de Breissac (ou Bruissac), il prenait indifféremment l'un et l'autre nom, fut fait en même temps commandeur de Provence. Il était sorti d'une noble famille du Languedoc.

Bertrand de Breissac fut présent à un accord passé, l'an 1103, entre Guillaume, seigneur de Montpellier, et Guillaume Raimond, évêque de Nîmes. Raimond de Breissac fut présent au testament de Raimond, comte de Melgueil, de l'an 1110.

Bressieu
Département: Isère, Arrondissement: Grenoble, Canton: Saint-étienne-de-Saint-Geoirs, Commune: Saint-Siméon-de-Bressieux - 38
Nicolas Chorrier, en son Histoire de Dauphiné, l'appelle mal à propos de Bressieu, qui était une maison de cette province bien différente de celle-là.

Salègue ou Salgues
Département: Var, Arrondissement: Brignoles, Canton: Cotignac, Commune: Saint-Antonin-du-Var - 83
Boniface Roux de Castellane, fils de Boniface, seigneur de Castellane et d'Alasatie de Moustiers, confirma, le 25 de mai de cette année, en faveur de la maison de Rue (Ruou), le bail en acapte que Roustain de Salernes lui avait fait de la terre de Salègue. Orable, femme de Boniface Roux, et leur fils, Boniface, la confirmèrent aussi.

Maguelonne
Département: Hérault, Arrondissement: Montpellier, Canton: Pignan, Commune: Villeneuve-lès-Maguelone - 34
Le chapitre de l'église de Maguelonne donnait du trouble au commandeur de Montpellier, au sujet des offrandes qui se faisaient dans l'église que l'Ordre possédait dans cette ville, du droit de sépulture et quelques autres chefs. L'Ordre eut recours au pape Célestin III, qui commit Imbert (d'Aiguière), archevêque d'Arles, pour décider ces contestations. Ce prélat rendit sa sentence dans cette ville, au mois d'avril 1196 ; et sa décision fut favorable à l'Ordre.

Frère Déodé de Breissac, commandeur de Provence, Pierre de Cabrespive, commandeur de Montpellier, et Guillaume de Talar, commandeur d'Arles, assistèrent au jugement et l'acquiescèrent du consentement de frère Pons de Rigaud, maître de deçà la mer.

Le commandeur Cabrespive obtint du pape la confirmation de ce jugement, par une bulle du 23 juillet de cette année, qui était la sixième de son pontificat ; et ensuite du pape Innocent III, le 31 décembre, l'année première de son pontificat, qui était 1198.

Alphonse, roi d'Aragon, étant à Lérida dans le même mois d'avril, donna au grand maître Gilbert Hérail, et à frère Pons de Rigaud, maître de deçà la mer, les lieux d'Alchambra, Orrios et la Penna del Cid. Comme ils étaient absents, frère Arnaud de Claramont accepta cette donation.

Le roi mourut le 27 du même mois d'avril. Pierre, son fils ainé, lui succéda au royaume d'Aragon, à la Catalogne, et au vicomte de Millau et Gévaudan. Alphonse, son fils puiné, eut la Provence.

Montfort-sur-Argens
Département: Var, Arrondissement et Canton: Brignoles - 83
Fouques, seigneur de Pontevès et de plusieurs autres terres en Provence, se rendit donné de l'Ordre, au mois de septembre 1197, de l'avis et consentement de Mabile, sa femme, et de Roncelin, vicomte de Marseille, son cousin et lui donna tout ce qu'il avait dans le lieu de Montfort (Montfort-sur-Argens) et dans la vallée de Carces.

Cette donation fut faite à Marseille, dans le palais qu'on appelait Domus Telonei, parce qu'on y levait les droits qu'ils prenaient sur les marchandises, qui arrivaient au port, en présence de l'évêque de cette ville, et de plusieurs autres personnes, et scellé du sceau de ce prélat, de celui du vicomte Roncelin, et de celui de Pontevès, où sont représentées ses armes, qui étaient un pont à trois arches.
Ce seigneur fit son testament dans ce même mois et dans la même ville, en présence de l'évêque. Il élut sa sépulture dans le cimetière de l'église de Notre-Dame de Rue, et légua à cette maison son cheval, sa cuirasse et toutes ses autres armes, et tout ce qu'il lui avait donné, dont on vient de parler, à condition que le commandeur donnerait à ses héritiers 3.000 sols pour être employés en bonnes œuvres.
Il ne laissa que deux filles, Douceline et Ronceline, entre lesquelles il partagea ses terres, qui étaient très considérables. Celle de Pontevès échut à l'ainée. Il déclara cependant que son intention était que Ronceline se fit religieuse au monastère de la Celle, et qu'en ce cas tous ses biens reviendraient à son aînée. Que si elle ne voulait point entrer en religion, elle donnerait à ce monastère mille sols.
Douceline épousa Isnard d'Agout dit d'Entrevenes, seigneur de Sault ; de ce mariage sortirent trois fils. Fouquet, Raimond et Isnard. Fouquet fut héritier de la terre de Pontevès, et des autres principaux biens de sa mère, à charge de prendre le nom et les armes de Pontevès, ce qu'il fit et dès lors il écartela ses armes, et mit à la droite celles de Pontevès, et à la gauche celles d'Agout, ce que ses descendants, qui se sont partagés depuis en plusieurs branches, ont pratiqué jusqu'à présent.

Frère Pierre de Montagu fut fait maître de Provence et Aragon en l'année 1197. Il était fils de Pierre, seigneur de Montagu, au diocèse de Clermont en Auvergne, et frère de Guérin de Montagu, grand maître de l'Hôpital. Frère Déodé de Bruissac continua d'exercer la charge de commandeur de Provence. Montagu alla, en cette année, en Aragon ; il y fut appelé par le roi Pierre, qui le fit son conseiller au commencement de son règne.

Avignon
Département: Vaucluse, Arrondissement et Cantons: Avignon - 84
Le chapitre de l'église cathédrale d'Avignon ayant accordé, en l'année 1198, au commandeur de la maison de cette ville, la permission d'avoir un cimetière près de son église, et d'y enterrer toutes sortes de personnes, le curé de Saint-Agricola, dans la paroisse duquel l'église de l'Ordre était, y forma opposition ; mais il s'en départit par une transaction qu'il passa avec le commandeur l'année suivante 1199.

Frère don Raimond de Gurb, aragonais, fut nommé maître de Provence et Aragon, en l'année 1200. Le commandeur de Marseille était alors en contestation avec le chapitre de l'église cathédrale au sujet du droit de sépulture dans l'église de l'Ordre, située dans la paroisse de Saint-Martin, et du payement des dimes. Le pape Innocent III commit Imbert d'Ayguières, archevêque d'Arles, pour décider ce différend. Ce prélat leur fit passer une transaction, le 1e d'avril 1201, où frère Déodé de Breissac, commandeur de Provence, intervint. L'Ordre y fut maintenu dans ses privilèges.

Clamador ou Clamadour
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - 13
Il termina aussi, peu de temps après, une autre contestation que l'Ordre avait, et dont voici le sujet : Alphonse, roi d'Aragon et comte de Provence, avait donné à l'Ordre, en l'année 1167, le terroir de Clamadour (1) situé dans l'ile de Camargue, qui faisait partie d'une forêt que le comte possédait. Ce prince donna à l'Ordre de Cîteaux, en l'année 1194, le restant de cette forêt, pour y bâtir un monastère, qui fut appelé de la Selve (2). Ces religieux prétendirent qu'ils ne pouvaient le faire construire dans un endroit plus commode que dans le terroir de Clamadour. Frère Bernard de Lacase, commandeur de la maison d'Arles, de qui le Clamadour dépendait, s'y opposa, parce que la donation, que le roi d'Aragon lui avait faite, était antérieure à celle des religieux. Ceux-ci prétendaient qu'elle était suspecte, parce qu'elle n'était pas scellée du sceau du roi Alphonse, mais bien de celui de Raimond Béranger, comte de Provence.
1. La grange de Clamadour, qui appartient à la maison d'Arles, reçoit des biens dans ce terroir dès 1167.
1. La grange de Clamadour, qui appartient à la maison de Salier, n'est inventorier qu'en 1309.
2. La Selve ou Sliveréal, ancienne abbaye (Bouches-du-Rhône), canton des Saintes-Maries-de-la-Mer.

J'ai déjà donné la raison de cette particularité. Les moines eurent là-dessus recours au pape Innocent III, qui commit Imbert d'Aiguière, archevêque d'Arles, pour décider cette contestation.

Amédée, abbé de Bonneval (2) au diocèse de Nîmes, qui était supérieur de l'abbaye de la Selve, et qui était encore muni de l'abbé et du chapitre de Cîteaux, et Etienne Elen, abbé de la Selve du chef des religieux, Raimond de Gurb, maître de Provence et Aragon, Déodé de Bruissac, commandeur de Provence, et le commandeur d'Arles, du chef de l'Ordre, prirent l'archevêque pour arbitre. Ce prélat se porta à la Selve, le 13 de mai 1201, et ayant examiné la charte de la donation de Clamadour, il déclara qu'elle était véritable et antérieure à celle des religieux.
2. Bonneval, abbaye de Bonnevaux, ruines d'un monastère fondé au IXe siècle, (Gard), arrondissement d'Alais, canton de Génolhac.

Alors le commandeur reconnaissant que l'Ordre du Temple avait reçu les commencements de la régularité, des mains de Saint-Bernard, abbé de Clervaux, qui en avait composé la règle, donna gratuitement aux religieux le terrain qu'ils demandaient pour bâtir un monastère, qui fut désigné par l'archevêque, qui en bénit le cimetière, et y célébra la messe.

Pierre, roi d'Aragon, avait eu une contestation avec la reine Sanche, sa mère, pour l'assignation de son domaine, qui avait été terminée par l'entremise du roi de Castille. Mais Pierre avait rompu l'accord, ce qui causa de grands troubles dans le royaume. Cependant les grands du pays, du nombre desquels étaient Gurb et frère Simon Ximen de Lavata, châtelain d'Emposte, l'obligèrent de se réconcilier avec sa mère. Leur entremise se fit à la ville d'Aroca, au mois de novembre de cette année 1201.

Frère Pons de Rigaud, maître de deçà la mer, était, dans ce temps-là, à Acre. Il fut présent à une transaction qui fut passée, le 17 d'avril 1201, entre les Ordres du Temple et de l'Hôpital. Il vint en Provence, en cette année il reçut, au mois de mars 1201 (1202), Blacas seigneur d'Aups (1) dans la confraternité de l'Ordre. Ce seigneur accorda, en même temps, aux maisons de Rue ou Ruou et de Saint-Maurice-de-Régusse, la faculté de faire dépaître leurs bestiaux et de couper du bois dans toutes ses seigneuries. Rigaud y est qualifié maître des maisons du Temple en Italie, Provence et Espagne ce qui prouve que sa maîtrise de deçà la mer s'étendait sur ces pays.
Aups : Département: Var, Arrondissement: Brignoles, Canton: Flayosc - 83

Alphonse II, comte de Provence, confirma, le 13 de décembre de cette année, en faveur de l'Ordre, tous les héritages qu'il possédait dans ses états, et tous les privilèges, qui lui avaient été accordés par ses prédécesseurs. Le même Pons de Rigaud, frère Hugues de Roquefort, commandeur de Provence, Pierre de Colonia, et Bermond, commandeur de Rue ou Ruou, acceptèrent ce privilège, qui fut donné à Aix.

Périès ou Peyriès
Département: Hérault, Arrondissement et Canton: Béziers, Commune: Nissan-lez-Enserune - 34
Raimond Roger, vicomte de Béziers, de Carcassonne et Albi, confirmèrent, au mois d'octobre de cette année, le privilège que Raimond Trencavel, vicomte de Béziers, son aieul, et Roger, frère de celui-ci, vicomte de Carcassonne et d'Albi, avaient fait à l'Ordre, de pouvoir acquérir des biens dans leurs états, et de recevoir des donations par testament ou autrement, par leurs diplômes des années 1135 et 1136 et celui que Roger II, son père, lui avait accordé dans la juridiction sur ses vassaux et donnés. Frère Frotard de Rocosel, commandeur de Peyriès, accepta cette confirmation.

Narbonne
Département: Aude, Arrondissement et Cantons: Narbonne - 11
Frère Guillaume Catel, commandeur de Saint-Gilles, fut fait, environ l'année 1202, commandeur de Provence. Il fut présent avec frère Bernard de Cabrespive, commandeur de Montpellier, et Fretard de Rocosel, commandeur de Narbonne, à l'hommage qu'Aimeri III, vicomte de Narbonne, prêta, au mois de mars 1203 (1204), dans la ville de Capestang, de sa vicomté, à Raimond VI, comte de Toulouse.

Marie, fille unique et héritière de Guillaume VIII, seigneur de Montpellier, épousa, en cette année 1204, Pierre 1e, roi d'Aragon. Leur contrat fut publié, le 5 de juin, en présence d'un grand nombre de princes et de seigneurs, dans le cimetière de la maison du Temple cette ville.

Peyrassol
Département: Var, Arrondissement: Brignoles, Canton: Le Luc, Commune: Flassans-sur-Issole - 83
Alphonse, comte de Provence, fit donation à l'Ordre, au mois de décembre suivant, entre les mains du commandeur Catel, de la coseigneurie de Cogolin, située dans le diocèse de Fréjus. Elle fut unie à la maison de Peirassol.

Cogolin
Département: Var, Arrondissement: Draguignan, Canton: Sainte-Maxime - 83
Frère Pons de Rigaud, commandeur de deçà la mer, fut nommé, une deuxième fois, maître de Provence et Aragon, en l'année 1205. Au mois de novembre de la mème année, Guillaume des Baux, prince d'Orange, permit à la maison du Temple de cette ville, Déode de Beausac stipulant pour elle, d'acquérir dans ses états jusqu'à la valeur de vingt mille sols en immeubles, sans payer aucune sorte de droits, se réservant seulement le droit de confirmer les acquisitions faites à prix d'argent, ce qui fut aussi accordé, le même jour, par Anselme, baile d'Orange, Pons Tiburge et Raimbaud d'Orange il acheta, au mois d'avril 1206, un domaine pour la maison d'Aix.

Montfort-sur-Argens
Département: Var, Arrondissement et Canton: Brignoles - 83
Le comte de Provence donna à l'Ordre, entre les mains du commandeur Catel, au mois d'octobre 1207, la seigneurie de Montfort (sur-Argens) au diocèse de Fréjus ; il fit ce don dans le lieu de Puich à deux lieues d'Aix, en présence de Fos, archevêque de cette ville, et de plusieurs seigneurs.
Cette terre fut unie à la maison de Rue Ruou. Isaac et Guillaume Augier, son frère, seigneurs de la ville de Riez, accordèrent, au mois de novembre suivant, à la maison de Saint-Maurice, entre les mains du commandeur Catel, l'exemption du payement des péages et le droit de faire dépaître les bestiaux dans toutes leurs terres.

Biot
Département: Alpes-Maritimes, Arrondissement: Grasse, Canton: Antibes - 06
Frère Pierre de Montagu fut nommé, une deuxième fois, maître de Provence et Aragon en l'année 1208. Le comte de Provence continua de donner à l'Ordre des preuves de sa bienveillance et, étant à Grasse, il lui fit donation, au mois de mars i209, entre les mains du commandeur Catel, du lieu du Biot, situé dans le diocèse de Grasse, en présence de Hermond Cornut, évêque de Fréjus, et de Bertrand, évêque d'Antibes.
Grasse
Département: Alpes-Maritimes, Arrondissement et Cantons: Grasse - 06
Cette terre fut unie à la maison de Grasse. On lui unit, environ vingt années après, la maison de Nice, et de là le commandeur prit le titre de commandeur des maisons de Grasse, Département: Alpes-Maritimes, Arrondissement et Cantons: Nice - 06Nice et Biot.

Alphonse alla, peu de temps après, en Sicile, où il mena la princesse Constance, sa sœur, qui devait épouser le roi Frédéric. Il y mourut au mois d'octobre.
Pierre, roi d'Aragon, son frère, vint, en cette année, en Provence, pour prendre soin de la personne, des états, et du comté de Provence, qui appartenait à Raimond Béranger, son neveu, qui était en bas âge. Montagu accompagna le roi, et fut présent à la confirmation qu'il fit, étant à Aix, le 13 décembre, des privilèges du monastère des religieuses de Saint-Pons de Gemenos.

Guillaume IV, comte de Forcalquier, mourut, au mois de février de cette année 1209. Il avait donné, longtemps auparavant, ses états, sous la réserve de l'usufruit, à Garsende de Sabran, sa petite-fille, en la mariant avec Alphonse II, comte de Provence.

Cependant Guillaume de Sabran, fils de Gérard Ami (de Sahran) et d'Adelaïde de Forcalquier, sœur du comte Guillaume, prétendit que le comté lui appartenait, et en prit même le titre ; il supposait que Guillaume, son oncle, lui avait donné tous les droits qu'il avait sur le comté. Il prétendait aussi d'y avoir droit du chef d'Adélaïde, sa nièce, et du comte Bertrand, son oncle.

Toutes ces protestations furent ensuite réglées par une sentence arbitrée du 29 juin 1220, par laquelle Garsende, veuve du comte Alphonse II, et Raimond Béranger, son fils, remirent a Guillaume une partie des terres du comté de Forcatquier.

Embrun
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Embrun - 05
Montagu reçut, dans le mois de décembre 1209, le même Guillaume, comte de Forcalquier, donné de l'Ordre, en présence d'Adélaïde de Forcalquier, sa mère, de Giraud ...., son frère, de Raimond, seigneur de Mévillon, et de plusieurs autres Guillaume Catel, commandeur de Provence, et les commandeurs des maisons de Rue, Bailes, Embrun et Limoges y furent aussi présents.

Il était fort estimé de Simon de Montfort, comte de Leycestre, un des principaux chefs de l'armée des croisés, qui était, dans ce temps-là, en Languedoc pour exterminer les hérétiques albigeois. Le pape avait permis aux croisés de s'emparer des biens de ceux qui favoriseraient ces hérétiques. De ce nombre était Raimond VI, comte de Toulouse, et Raimond Roger, vicomte de Carcassonne et de Béziers. Ce dernier fut dépouillé de ses états. Il fut lui-même fait prisonnier et mourut, en cette année 1209. Ses états furent donnés à Simon de Montfort.

Ce seigneur passa, le 20 novembre, avec l'avis de Montaigu, un accord avec Marie de Montpellier, veuve de Raimond Roger, au sujet de son douaire l'acte en fut passé dans la maison de la commanderie de Montpellier, Le roi d'Aragon retourna dans ses états, au commencement de l'année 1210 : il emmena avec lui le jeune comte Raimond Béranger ; il chargea Montaigu du soin de son éducation. Celui-ci le mit au château de Mention entre les mains de ses chevaliers.

Tortose
Pays: Espagne, Communauté autonome: Catalogne, Province: Tarragone, Comarque: Baix Ebre - 43500
Peu de temps après, le roi alla faire la guerre aux Maures, qui occupaient le royaume de Valence. Montaigu se mit dans cette campagne avec le bataillon de l'Ordre et l'aida a prendre trois places importantes. Le roi donna, le 9 septembre, à l'Ordre, en reconnaissance de ce service, la ville de Tortose.

Bertrand, évêque d'Antibes, permit, le 5 de juillet, à frère Bremond, commandeur de Rue, et à Olivier Audier, commandeur de Grasse, de bâtir une église dans cette dernière ville, et d'y avoir un cimetière. Elle fut dédiée à Saint Jacques et a ensuite été donnée, dans le XVIIe siècle, aux pères capucins, sous une redevance.

Port de Marseille
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Canton: Marseille - 13
L'Ordre était, depuis longtemps, en coutume d'entretenir des vaisseaux, pour porter en Syrie ses chevaliers, et même les laïques, qui allaient à la Terre-Sainte. Roncelin, Adelaïde, sa femme, Hugues de Baux, Barrale (de Marseille), son épouse, Raimond de Baux, son neveu, Giraud Ademar, seigneur de Monteil, Mabile de Marseille, sa femme, et Raimond Geoffroy de Trets, vicomte de Marseille, accordèrent à l'Ordre, en l'année 1212, la permission de tenir au port de cette ville toutes sortes de navires, pour transporter les choses qui leur appartenaient, et d'y embarquer des pèlerins et des marchands. Frère Déodé de Bruissac, commandeur de Richerenches, accepta ce privilège, par ordre du commandeur de Provence, Catel.

Pierrelate
Département: Drôme, Arrondissement: Nyons, Canton: Le Tricastin - 26
Frère Raimond Béranger était lieutenant du grand maître en Provence, et dans les parties d'Espagne, en l'année 1213, et en cette qualité il accepta une donation que Guillaume de Cors, prieur du lieu de la Gavarnie dans les Pyrénées, lui fit, le 20 d'octobre, de tout ce qu'il avait à Pierrelatte (1) : apparemment la maîtrise de Provence vaquait.
1. Au début du XIVe siècle, les Templiers développent et rénovent l'agriculture.

Frère don Guillaume de Montredon, natif de la ville d'Ossone, en Catalogne, fut fait maître de Provence et d'Aragon, en cette année 1213, ou la suivante 1214. Son grand mérite, qui lui avait attiré l'estime et la confiance de Pierre, roi d'Aragon, le fit parvenir à cette charge.
Le comte de Toulouse, beau-frère du roi d'Aragon, était, dans ce temps-là, extrêmement pressé par l'armée des princes croisés contre les albigeois, commandée par le comte Simon de Montfort. Le roi marcha à son secours et de ses alliés ; il passa les Pyrénées à la tête d'une armée ; il se donna un combat, le 12 de septembre 1213, près de la ville de Muret, où le roi fut tué.

Ce prince avait promis, quelques années auparavant, de donner en mariage Jacques, son fils unique, à la fille du comte de Montfort, lorsque l'un et l'autre seraient parvenus à un âge compétent. En attendant, il l'avait laissé en otage au comte pour la sûreté de ses promesses.

Les Etats du royaume étant assemblés, députèrent Montredon et trois autres seigneurs au pape, pour le prier d'obliger Montfort de relâcher ce prince ; il le remit à Narbonne, au mois d'avril 1214, au cardinal Pierre de Mora, légat du pape dans les parties de Provence.
Après la perte de la bataille, le comte de Toulouse et ses alliés se soumirent à l'église. Les comtes de Comminges et de Foix firent leurs soumissions entre les mains du légat, le 18 de ce mois et les consuls de Toulouse firent aussi la leur, le 25 du même mois. Montredon assista à ces deux actes.

Les états de l'Aragon donnèrent l'éducation du jeune roi Jacques à Montredon ; il éleva ce prince dans le château de Monçon, avec le comte de Provence, son cousin ; et il les garda jusqu'en l'année 1216, qu'ils en sortirent.

La Ville-Dieu-du-Temple
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Castelsarrasin - 82
Baudouin, frère du comte de Toulouse, s'était rangé du parti du comte de Montfort, et faisait depuis longtemps la guerre à son frère, par une conduite très repréhensible. Mais le comte se saisit de lui par la trahison d'un seigneur, en l'année 1214, et le fit mourir à Montauban. Le commandeur de la maison de la Ville-Dieu, qui n'en est éloigné que de deux lieues, enleva son corps avec la permission du comte, et le fit ensevelir dans le cloitre de l'église de la commanderie.
Je suis allé visiter La Ville-Dieu-du-Temple, bien mal m'en a pris. Il ne reste aucun vestige, seule une place devant l'école en briques rouge, se nomme place de La Commanderie.
J'ai essayé d'avoir des renseignements historiques à la mairie, à croire que personne ne savait que les Templiers avaient une commanderie et un très grand domaine en ce lieu.
Et, j'ai enfin eu ce renseignement : l'école a été construite sur les vestiges de la commanderie. Il y aurait sous cette école quelques salles voutées de l'ancienne commanderie. Malheureusement, lors de cette construction, personne n'a fait de relevé des vestiges.
Idem pour La Bastid-du-Temple
Jack Bocar


Raimond Gaucelme, seigneur de Lunel, fit son testament, le 1e d'avril 1215 ; il élut sa sépulture dans le cimetière de l'église de la maison de l'Ordre à Montpellier, et institua son héritier Pons Gaucelme, son fils ; il mourut vers le commencement du mois de juillet de cette année.

Le commandeur de Provence, Catel, députa, en l'année 1216, vers l'empereur Frédéric II, le chevalier Guillaume d'Antioche, pour lui demander la confirmation du privilège que les vicomtes de Marseille avaient accordé à l'Ordre, en l'année 1212, dont j'ai déjà parlé. L'empereur était alors à Aldembourg ; il accorda cette confirmation, dans le mois de septembre et déclara, en même temps, l'Ordre exempt du payement de toutes les impositions.

Le maître Montredon vint en Provence, en l'année 1217 ; il intervint dans une sentence arbitrale qui fut rendue, le 15 de septembre, par frère Guillaume d'Allac, commandeur de Provence, et Bernard, doyen de l'église d'Arles, entre le commandeur de cette ville et le chapitre de l'église métropolitaine, au sujet de la quarte funéraire des légats, des offrandes qui se faisaient à l'église de cette maison.

Montredon était du conseil de régence de Jacques 1e, roi d'Aragon, dont le prince Sanche, son oncle, était le chef, et que le pape lui avait établi pour ce qui regardait le spirituel. Il fit, en cette année, prêter serment de fidélité aux habitants de Montpellier, en faveur du roi ; il assista aux états du royaume d'Aragon que le roi avait assemblés a Lérida, au mois de septembre 1218. Ce fut par son avis et par celui des autres conseillers d'Etat, que ce prince confirma, le 28 de ce mois, les privilèges de la ville de Montpellier.

Allacs ou Allac (peut-être)
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement: Villeneuve-sur-Lot, Canton: Le pays de Serres - 47
Le commandeur d'Allac était, en cette année, auprès du comte de Montfort, qui faisait le siège de Toulouse ; il fut présent avec Bertrand, cardinal du titre de Saint-Jean et de Saint-Paul, légat du Saint-Siège, Théodise, évêque d'Agde, Pierre, évêque de Lodève, et plusieurs seigneurs, à l'hommage que Rostain d'Uzès prêta au comte de Montfort, le 3 de février, pour les lieux de Posquières (1) et de Marguerites.
1. Posquières, Vauvert (Gard), arrondissement de Nîmes.

Carlat
Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Vic-sur-Cère - 15
Henry II, comte de Rodez et vicomte de Carlat en Auvergne, ayant formé le dessein d'aller à la Terre-Sainte, fit, avant son départ, son testament, au mois d'août 1219 ; il légua à la maison du Temple de Carlat, un domaine en franc-alleu appelé Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Vic-sur-Cère - 15Badailhac (1) : il institua son héritier Hugues, son fils ainé. L'Auvergne dépendait de la maîtrise ou province de France.

Le commandeur d'Aix était en contestation avec le chapitre de l'église métropolitaine, au sujet du droit de sépulture, des offrandes qui se faisaient dans l'église de l'Ordre, et de la quarte funéraire des légats. Elles furent réglées par une sentence arbitraire rendue, l'an 1219, par Bernard, évêque d'Antibes.

Montredon cessa, en cette année, ou au commencement de la suivante 1220, d'exercer la charge de maître de Provence et Aragon. Frère Guillaume d'Allac lui succéda. Il assista au mariage que le roi d'Aragon contracta, en 1221, avec Eléonore, fille du roi de Castille.

Limoux
Département: Aude, Arrondissement et Canton: Limoux - 11
Le roi étant à Huesca, le 29 mai de cette année, accorda en qualité de comte de Millau, à la maison de Sainte-Eulalie-de-Cernon, une sauvegarde générale. Frère Pierre de Montagu, qui avait été ci-devant maître de Provence, fut fait en cette année grand maître de l'Ordre. Le comte de Rhodes tomba malade dans la ville d'Acre, en cette année ; il fit un codicille le 26 d'octobre ; il légua à l'Ordre un de ses chevaux, et les pâturages qu'il avait près de la commanderie de Limoux ; il déclara à la comtesse Algayete de Féorailles, son épouse, et à Hugues, son fils, qu'il se louait fort des chevaliers du Temple, qui lui avaient rendu beaucoup de services en Syrie, et les pria de les protéger.

Agnès, fille d'Epase, seigneur de Riez, confirma, le 18 de mars 1221 (1222) le privilège que ce seigneur et Guillaume Augier, son frère, avaient accordé, en l'année 1207, à la maison de Saint Maurice, de l'exemption du payement des péages, et droit de faire dépaître ses bestiaux dans toutes leurs terres. Le Frère Allac cessa, en cette année, de faire les fonctions de maître.

Frère Fouques de Montpesat fut fait maître, en l'année 1223. Zurita, en ses Annales, l'appelle mal à propos François ; ce qui l'a fait tomber dans l'erreur, c'est que dans la plupart des chartes de ce maître, son nom n'est marqué que par la lettre initiale F., et comme il ne l'a vu écrit que de cette manière, il a cru qu'il s'appelait François. Il avait été auparavant commandeur de Provence. Ce qui le fait présumer ainsi, c'est qu'il était intervenu dans une transaction passée, au mois de mars 1200, entre Guillaume de Talar, commandeur d'Arles, et Guillaume Raimond, commandeur de Trinquetaille (Hospitaliers), et qu'il y est qualifié maître en terme absolu, titre qu'on ne donnait ordinairement qu'à des chevaliers qui avaient possédé des charges.

Frère Guillaume Catel, ci devant commandeur de Provence, fut fait, dans ce temps-là, maître de deçà la mer. On voit des lettres siennes datées de Paris du mois d'août de cette année, au sujet d'un legs de cinquante mille marcs d'argent que le roi Philippe Auguste avait fait dans son testament, pour le secours de la Terre-Sainte, qui devaient être employés par les Templiers.

L'empereur Frédéric II, étant au mont de Saint-Jean en Italie, confirma, au mois de février 1223 (1224), tous les privilèges qui avaient été accordés il l'Ordre par l'empereur Henry VI, son père, et Frédéric 1e, son aïeul, et par ses autres prédécesseurs.

Lorgues
Département: Var, Arrondissement: Draguignan, Canton: Vidauban - 83
Frère Fouques de Monpezat ratifia l'acquisition que frère Rostain de Comps, commandeur de Rue, avait fait, le 25 septembre de cette année, d'une partie de la seigneurie de Lorgues, par échange de Raimond Colomb et de ses enfants.

Toulon
Département: Var, Arrondissement et Cantons: Toulon - 83
Frère don Arnaud de Claramont, aragonais, Rostain d'Agout, Raimond Geoffroy et Gaufridet de Trests, frères, seigneurs de Toulon, accordèrent à l'Ordre, en cette année, la permission de faire bâtir des maisons dans Toulon près du rivage de la mer, afin que ses vaisseaux et ses galères pussent charger tout ce qui serait nécessaire, sans payer aucun droit aux seigneurs de Toulon ; déchargèrent les frères de l'Ordre du paiement des péages et leudes, et leur permirent de recevoir dans leurs navires des marchands et des marchandises.

Frère Montpezat faisait son séjour ordinaire a la cour d'Aragon. Il se trouva, l'an 1225, à l'accommodement, que le roi fit avec l'infant don Fernand, son oncle. Il fut député en cette année avec l'archevêque de Tarragone et l'évêque de Lérida pour recevoir le serment de fidélité que les villes de Saragosse, Huesca et Jaça, qui avaient suivi le parti de don Fernand, prêtèrent au roi, après qu'il leur eut pardonné.

Toulouse
Département: Haute-Garonne: Arrondissement et Cantons: Toulouse - 31
Le comte de Toulouse, Raimond VII, était, dans ce temps-là, engagé dans une fâcheuse guerre. Le roi de France était venu en personne dans le Languedoc pour s'emparer de ses Etats, et s'était mis à la tête de l'armée des croisés.

Raimond avait été excommunié, une seconde fois, par le légat du pape, sous prétexte qu'il favorisait les hérétiques albigeois. Il assiégea, vers Pâques de l'année 1228, la ville de Castel-Sarazin, occupée par les croisés. L'évêque de Toulouse était campé auprès de la commanderie de la Ville-Dieu-du-Temple, avec des troupes qui étaient au service du comte Frère Guy de Bruissac, qui en était commandeur, reçut cet évêque et lui fournit des vivres, dont ses troupes avaient un extrême besoin.

Montméjan
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Raspes et Lévezou - 12
Blacas et Guillaume de Beaudinar, son fils, donnèrent à la maison de Saint-Maurice, tout ce qu'ils avaient dans le terroir de Montméjan, le 1e de mars 1228 (1229). Frère Archambaud de Sainas, commandeur de Provence, accepta cette donation, et reçut en même temps Beaudinar donné de l'Ordre.

La Clau
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Vézins-de-Lévézou - 12
La maison de Clau en Rouergue fut fondée, le 6 de septembre de cette année, par Grimal de Salis et Angline, sa femme, fille de Bégone de Vésin, qui se rendirent donnés de l'Ordre entre les mains de frère Guillaume Fouques, lieutenant du maître Fouques de Montpezat, et lui donnèrent le lieu de La Clau en présence des commandeurs Guillaume Arnaud, de Sainte-Eulalie-du-Cernon, de Rostain d'Avène, de Pézénas, et Bertrand de Jalès, de la Sèlve et Limoux.

Frère Guillaume Catel, ci-devant maître de deçà la mer, fut fait maître de Provence et d'Aragon, l'an 1230.

Mujolan
Département: Hérault, Arrondissement: Montpellier, Canton: Pignan, Commune: Fabrègues - 34
Etant à Montpellier, Raimond, seigneur de Mujolan près de Larnac, donna à l'Ordre, le 28 de janvier 1229 (1230), la terre de Mujolan qu'il possédait en toute justice et Frère Catel la lui remit ensuite, sous la réserve de la mouvance en faveur de l'Ordre, de l'hommage et de l'albèrgue de deux chevaliers. Il accepta aussi pour les maisons de Saint-Gilles et Montfrin la donation qu'Albaron, seigneur de Montfrin, fit, le 3 septembre 1231, de la portion qu'il avait en la rivière de Gardon, avec le pouvoir d'y faire bâtir des moulins.
Près de Fabrègues, il y a Mujolan le Vieux et le Neuf, près de ce dernier, Launac le Vieux (ancien château des Templiers) et tout près le Clos des Templiers.

Jacques, roi d'Aragon, étant tombé malade, fit son testament le 5 de mai 1232, donna la tutelle de l'infant don Alphonse, son fils, à l'archevêque de Tarragone, au châtelain d'Emposte, et au maître du Temple en Provence et Aragon, et ordonna qu'il serait élevé dans le château de Monçon.

Burriana
Pays: Espagne, Communauté autonome valencienne, Province de Castellon, Comarque: Plana Baixa, 12530
Frère don Raimond Patat fut fait maître en l'année 1233. Il servit avec ses chevaliers le roi d'Aragon à l'armée qu'il mena, en cette année, contre les Maures du royaume de Valence. Ce prince ayant pris la ville de Burriana, il en donna, par un motif de reconnaissance, une partie à l'Ordre.

Les habitants de Marseille, qui avaient acheté la souveraineté de leurs vicomtés, contestaient à l'Ordre le privilège, que ces princes lui avaient accordé en 1212, de pouvoir tenir au port de cette ville toute sorte de vaisseaux, pour porter à Acre les chevaliers de l'Ordre, et les pèlerins qui allaient à la Terre Sainte. Ils disputaient aussi ce droit aux Hospitaliers, qui avaient le même privilège, mais les deux Ordres y furent maintenus, par une transaction qu'ils passèrent à Acre, le 3 d'octobre de cette année, avec les députés de la ville de Marseille.

Fos-sur-Mer
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Canton: Istres - 13
Cette communauté la ratifia, le 17 d'avril de l'année suivante 1234. Les commandeurs de Bailes et de Fos et frère Guillaume de Campamelier, commandeur du vaisseau de l'Ordre, y furent présents. Ce traité ne fut pas bien observé par les marseillais, puisqu'en l'année 1246, l'Ordre obtint une bulle du pape Innocent IV, qui le priait de l'observer, et ordonnait à l'évêque de Marseille de le leur enjoindre à peine d'excommunication.

Frère Hugues de Montlaur fut fait maître de Provence et d'Angon, en cette année 1234. Il y avait dans le Languedoc trois maisons de ce nom ; la première était dans Toulouse, la seconde était dans le diocèse de Maguelone, et la troisième dans le Vivarais. Frère Hugues était sorti, à ce que je crois, de la troisième.

Hugues de Baux, vicomte de Marseille, était, extrêmement endetté. Le prix qu'il avait reçu de sa portion de la vicomté de Marseille, qui appartenait à Barale, sa femme, qu'il avait rendue aux habitants de cette ville, ne suffisant pas pour le payement de ses dettes, il engagea, le 24 novembre 1234, à frère Hugues de Montlaur, sa seigneurie de Trinquetaille, Méjanes et Villeneuve, situées dans l'ile de Camargue, avec les ports d'Arles et de Trinquetaille pour cent mille sols raimondins neufs.

Lansac
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Arles, Canton: Châteaurenard - 13
Gilbert et Baral de Baux, ses enfants, approuvèrent cet engagement et il s'obligea de le faire ratiner à Alasatie, sa fille. L'acte en fut passé dans la maison du Temple d'Arles, en présence de frère Archamhaud, de Sainas, commandeur de Provence, et des commandeurs de Montpellier, de Saint Gilles et d'Arles. Le même jour Hugues donna à l'Ordre la seigneurie de Lansac, située entre les villes d'Arles et de Tarascon.

Le maître Montlaur, se trouva avec ses chevaliers à la campagne que le roi d'Aragon fit, l'année suivante 1235, contre les Maures dans le royaume de Valence. Le roi, ayant soumis à des arbitres le différend qu'il avait avec don Nuros Sanche, fils du prince Sanche, au sujet des prétentions que ce dernier avait sur le comté de Cardaigne et de Conflour, Montlaur fut choisi pour être le leur. Frère Rostain, de Comps, commandeur de Rue, accepta, en son absence, la confirmation des privilèges de l'Ordre que Raimond Béranger V fit, étant à Tarascon, le 22 de novembre de cette année.

Bras
Département: Var, Arrondissement: Brignoles, Canton: Saint-Maximin-la-Sainte-Baume - 83
Pierre de Pontevès, seigneur du Bras, au diocèse d'Aix, et Guillaume son fils, Alasatie, Andrée, Jourdaine, Huguette et Laure, ses filles, vendirent à l'Ordre, le 31 janvier 1235 (1236), tout ce qu'ils possédaient dans ce lieu et son terroir, tant en juridiction que domaines, moyennant 5 000 sols raimondins.

Montlaur étant à Montpellier, au mois de juin 1236, confirma, du consentement des chevaliers de l'Ordre en Auvergne, en faveur du roi Saint Louis, la donation que frère Gilbert Hérail, maître de deçà la mer, avait fait au roi Philippe-Auguste, son aïeul, du parcage des lieux de Paluel et Salaie appartenant à l'Ordre, situés dans la sénéchaussée de Beaucaire, à condition que les revenus que le roi possédait dans ces lieux seraient en commun avec l'Ordre que la moitié des censes, que l'Ordre y avait, seraient aussi en commun, de même que la juridiction ; qu'il s'était réservé à l'Ordre la maison de la commanderie et les terres qui en dépendaient ; que les habitants de ces lieux seraient exempts du droit de sénéchaussée.
Le roi le prit sous sa protection, et ordonna qu'ils seraient gouvernés selon les usages et coutumes de Villefranche de Saint-Pierre.

Jacques, roi d'Aragon, tint à Monçon, au mois d'octobre de cette année 1236, les états d'Aragon et de Catalogne. Montlaur y assiste. Il acheta, au mois de janvier 1236 (1237), à pacte de rachat, de Raimond Béranger, comte de Provence, la haute juridiction de la ville de Toulon et de son terroir, moyennant 12.000 sols royaux. Mais le comte ne tarda pas bien longtemps de racheter cette seigneurie.

Frère Montlaur cessa, en cette année, de faire les fonctions de maître de Provence et d'Aragon. Il se voit par un titre, du 5 de juin 1242, qu'il était maréchal de l'Ordre.

Frère don Raimond Béranger fut fait maître de Provence et Aragon, en l'année 1237. J'ai déjà parlé de lui en l'an 1213. Le roi d'Aragon ayant, en l'année suivante 1238, assiégé la ville de Valence, qui était occupée par les Maures, il s'y trouva avec ses chevaliers, et ne contribua pas peu à la prise de cette ville. Il n'exerça sa charge que pendant une année.

Montolin (?)
Frère Vastruc de Belmont fut maître en l'année 1239. Il y a apparence qu'il était fils de Bernard de Belmont, qui, conjointement avec Bernard de Belmont, son père, prêta hommage, l'an 1261, à Roger Bernard, comte de Foix, pour la seigneurie de Montolin.

Geoffroy ou Gaufridet, seigneur de Trests et de Toulon, mourut le 7 de juillet de cette année. Il fut enterré au dehors de l'église cathédrale de Touton. La pierre qui avait servi à son tombeau et sur laquelle est son épitaphe se voit encore sur la façade de cette église. Il avait fait son testament, le 22 décembre 1238, par lequel il avait institué son héritière Sibile, sa fille, et Guillaume de Blacas, et en cas qu'elle vint à mourir sans enfants, il légua à l'Ordre la moitié de sa terre. Il ne la nomme point ; mais c'était sans doute celle de Trets (1).
1. Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Aix-en-Provence, Canton: Trets - 13

Orange
Département: Vaucluse, Arrondissement: Avignon, Canton: Orange - 84
Le commandeur d'Orange avait une contestation avec le prieur de l'église de Saint-Florent, au sujet du droit de sépulture et des offrandes, qui se faisaient dans les églises de la commanderie. Elle fut terminée, en l'année 1241, à l'avantage de l'Ordre par la médiation d'Amic, évêque de cette ville, par une transaction qui fut confirmée par le pape Grégoire IX, le 2 du mois d'octobre de cette année.

Méjanes
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantos: Arles - 13
Hugues de Baux, vicomte de Marseille, était mort dans ce temps-là Gilbert, seigneur de Baux son fils et son héritier, avait racheté les terres que son père avait engagées à l'Ordre en 1234. Mais il lui avait vendu celle de Méjanes. Gilbert étant mort sans enfants, Barral, son frère, qui lui succéda, fonda, le 25 d'octobre 1243, l'entretien d'un prêtre qui devait dire la messe tous les jours à son intention dans l'église Notre-Dame de la maison d'Arles, et donna au commandeur pour cette fondation 8.000 sols, qu'il lui devait pour reste du prix de cette terre. L'acte fut passé à Marseille en présence de Benoit (d'Alignan), évêque de cette ville, de Bertrand Porcelet, et Gantelmet, chevaliers. L'Ordre remit, dans la suite, cette seigneurie à Charles Ie comte de Provence.

Environ cette année ou la suivante 1244, on démembra apparemment dans un chapitre général, de la maîtrise de Provence, l'Aragon et la Catalogne, et on en fit une maîtrise particulière. On supprima, dans le même temps, la charge de commandeur de Provence. On conféra alors celle de maître de Provence à frère Roncelin de Fos.

Hyères
Département: Var, Arrondissement: Toulon, Canton: La Crau - 83
La maison était sortie des anciens vicomtes de Marseille. Un cadet de cette famille prit le nom de la terre de Fos-sur-Mer, au diocèse d'Arles, qui lui échut en partage ; il possédait aussi la ville d'Hyères. Roncelin était, sans doute, fils d'Amiel, seigneur de Fos et d'Orgères. Il était auparavant commandeur de Tortose, ville de Syrie ; il avait été présent à une sentence arbitrale rendue, le 17 de juin 1412, par Albert, patriarche d'Antioche, légat du Saint-Siège, entre les Ordres du Temple et de l'Hôpital.
Il se voit, par les actes de ce temps-là, que les grands vicaires ne lui donnèrent et à ses successeurs que le titre de commandeur, et on n'y en mit point d'autre dans son sceau. Cependant ceux-ci continuèrent de prendre en France le titre de maître.

Bordères
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Tarbes, Canton: Bordères-sur-l'Echez - 65
Pétronille, comtesse de Bigorre et vicomtesse de Marsan, fille et héritière de Bernard, comte de Cominges et de Bigorre, qui était fort en affection envers l'Ordre, confirma, en l'année 1247, la donation que Pierre de Bigorre, son bisaïeul maternel, avait faite à l'Ordre, l'an 1149, du lieu de Bordères. Elle fit cette confirmation au bas de la charte originale de la donation.

Générac
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30
Pons de Montlaur, seigneur de Posquières, donna à l'Ordre, le 6 de juin 1248, entre les mains de frère Roncelin de Fos-sur-Mer, le village de Générac au diocèse de Nîmes.
Frère Raimbaud de Caromb succéda à frère Roncelin de Fos-sur-Mer en la maitrise de Provence, mais nous ignorons en quelle année ; il y a apparence qu'il était fils de Ricard, seigneur en partie du lieu de Caromb au comté Venaissin, qui fut un des barons vassaux de Raimond VI, comte de Toulouse, qui prêtèrent avec lui serment de fidélité à l'église l'an 1209, lorsqu'il fut absous par Milon, légat du pape, de l'excommunication qu'il avait encourue ; il se régla par une sentence arbitrale rendue entre lui et frère Portalès, commandeur de l'Hôpital d'Orange, le 9 de février 1237 (1238), au sujet de la succession de Roux de Mourmoiron.

Caromb étant à Montpellier, au mois de janvier 1250 (1251), ratifia, du consentement des chevaliers d'Auvergne, en faveur d'Alphonse, comte de Toulouse, le partage que frère Gilbert Hérail, maître de deçà la mer, avait fait des lieux de Patuel et Salajac en faveur du roi Philippe Auguste.

Pétronille, comtesse de Bigorre, étant tombée malade au monastère de Lescale-Dieu, fit son testament, le 3 décembre de cette année, et en nomma les exécuteurs, les évêques de Tarbes et de Cominges, Marthe, sa fille, le commandeur de Bordeaux et quelques autres.

Ruou
Département: Var, Arrondissement: Draguignan, Canton, Salernes, commune: Villecroze - 83
Frère Roustain du Buis, commandeur de Rue ou Ruou, présenta le 9 d'avril 1252, avec Pierre de Mison, prieur de Notre-Dame de l'Agrave en Dauphiné, et ses religieux, l'église de Notre Dame de la Baume, au diocèse de Gap, qui appartenait à l'Ordre, pour celle de Saint-Pierre d'Entraigues (1), au diocèse de Fréjus, avec les églises qui en dépendaient, dont la principale était celle de Vidauban. Ce commandeur déclara qu'il faisait cette permutation par ordre de maître Raimbaud de Caromb, et au nom des Templiers de Saint-Gilles et des autres frères de Provence.
1. Département: Var, Arrondissement: Draguignan, Canton: Flayosc, Commune: Figanières - 83

Caromb et le même commandeur de Rue ou Ruou firent, le 5 de février 1252 (1253), un échange avec Boniface de Gaubert, seigneur de Salerne. Ils lui donnèrent toutes les quêtes ou tailles que la maison de Rue ou Ruou exigeait sur ses habitants de Salerne, en vertu de la donation que Boniface de Castellane, père de ce seigneur, lui en avait faite ; et ce dernier remit à l'Ordre l'albergue de 21 chevaliers que les habitants de Ville-Crose lui faisaient.

Le roi Saint Louis revint, au mois de juillet 1254, de la Terre-Sainte, où il était resté pendant six années. Il parcourut à son arrivée une partie du Bas-Languedoc. Caromb obtint de ce prince la confirmation de la donation que Pons de Montlaur avait faite à l'Ordre de la terre de Générac. La charte fut donnée à Alais (Alès) au mois d'août (1).
1. Générac, n° 1.

Caromb reçut, dans Montpellier, l'hommage de Guillaume, seigneur de Majotan, le 15 de février 1255 (1256). Il obtint du pape Alexandre IV la confirmation de l'échange qu'il avait fait, en 1252, de l'église de Saint-Pierre d'Entraigues. La bulle fut donnée, le 7 de mars, l'année deuxième de son pontificat, qui tombait en 1256. Il en obtint aussi la confirmation de Bertrand, évêque de Fréjus, le 28 juin de la même année.

Bertrand de Baux, seigneur de Meyrargues, fonda, le 1e de mars 1256 (1257), dans l'église de la maison de Bayles, l'entretien d'un prêtre pour prier Dieu pour l'âme de Raimond de Baux, son père, qui y avait été enseveli, et promit de donner tous les ans cent sols pour l'entretien de ce chapelain.

Le roi Saint Louis confirma à l'Ordre, par des lettres patentes données à Vincennes, au mois de juillet 1258, tous les biens qu'il possédait dans ses états.

Pierre d'Auteuil, sénéchal de Carcassonne et de Beaucaire, ordonna, au mois de janvier 1259, qu'elles seraient exécutées dans l'étendue de ses deux sénéchaussées.

Labastide-du-Temple
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement et Cantons: Castelsarrasin - 82
Frère Roncelin de Fos fut fait, une deuxième fois, maître de Provence, en l'année 1259 ; il tint à Saint-Gilles, le 3 de mai 1260, son chapitre de cette année. Il y donna, du consentement des commandeurs qui y assistèrent, des coutumes aux habitants de la Bastide du Temple, qui étaient des vassaux de la commanderie de la Ville-Dieu-du-Temple.

Frère Guillaume de Saint-Jean, commandeur de Toulouse, étant entré en des différends avec le chapitre de l'église métropolitaine de cette ville, ils furent terminés par une sentence arbitrale du 2 février 1261 (1262). Frère Roncelin de Fos, qui était alors à Toulouse, la ratifia, de l'avis des commandeurs Bernard Guillaume d'Asperel, d'Agens, Pons de Castellane, de la Ville-Dieu-du-Temple, Roux de Montsaunès, et frère Geoffroy, son compagnon.

Peiriès
Département: Hérault, Arrondissement et Cantons: Béziers, Commune: Nissan-lez-Enserune - 34
Olivier, seigneur des Termes, étant sur son départ pour la Terre Sainte, vendit, le 3 de févier 1262, à frère Raimond de Boisson, commandeur de Peyriès, les seigneuries de Massac (1), Carcassés (2) et la Roque de Faus (3), au diocèse de Narbonne. Il réserva au roi les cas d'hérésies, d'homicide et d'incendie, et le droit de chevauchée sur les habitants, moyennant 18.000 sols melgoriens. Le roi Saint Louis approuva cette vente par lettres données à Paris, le mois de mars suivant.
1. Massac : Département: Aude, Arrondissement: Narbonne, Canton: Fabrezan - 11
2. Carcassés: Département: Aude, Arrondissement: Narbonne, Canton: Fabrezan, Commune: Laroque-de-Fa - 11
3. Roque de Faus : Probablement Laroque-de-Fa - 11


Saliers
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - 13
Fos transigea, en l'année 1263, avec Florent, archevêque d'Arles, au sujet des droits que ce prélat prétendait avoir sur la métairie de Saliers, qui appartenait à la maison de
Saint-Gilles.
Ancienne église de la commanderie de Saliers

Camaret
Département: Vaucluse, Arrondissement: Avignon, Canton: Orange-Est - 84
Guillaume VII, prince d'Orange, avait fait dans son testament un legs considérable à l'Ordre. Raimond 1e et Raimond II, son neveu, refusèrent de le délivrer. Il s'agissait apparemment de quelques seigneuries. Fos termina, en l'année 1264, cette contestation avec les princes, et par le traité qu'ils firent, il se départit du legs, et les princes lui remirent 38 saunées de terre au terroir de Camaret et lui donnèrent aussi seize mille sols viennois.

Ce maître obtint, en l'année 1266, d'Alphonse, comte de Toulouse, la restitution de la troisième partie du terroir d'une chapelle, que le défunt comte Raimond VII avait donnée à l'Ordre, dont ce dernier avait été dépouillé par le baile d'Alphonse.

Frère Roncelin alla à Acre, en l'année 1267. Il fut présent à un compromis, qui fut passé entre le grand maître Thomas Bérard et frère Hugues Revel, grand maître de l'Hôpital, au sujet des limites de la ville de Gahel et de celles du château de Margat, qui appartenaient aux deux Ordres.

Rodez
Département: Aveyron, Arrondissement et Cantons: Rodez - 12
Alphonse, comte de Toulouse, mari de Jeanne, fille et héritière du comte Raimond VII, étant à Aimargues, au mois de juin 1270, en attendant de s'embarquer pour la Terre-Sainte avec le roi de France, son frère, accorda à Roncelin la confirmation de tous les biens que l'Ordre possédait et avait acquis dans les diocèses de Toulouse, Agen, Cahors, Albi et Rodez, et dans la sénéchaussée de Venaissin.

La comtesse Jeanne approuva ce que son mari avait fait. Roncelin fit, dans ce même temps, un échange avec le roi ; il lui remit les portions de la Silve, ou Terre de port, près d'Aigues-Mortes, qui appartenait à l'Ordre, et le roi lui donna une contenance de terre à Argence, qui touchait celles de l'Ordre.

Saint-Pierre de Campublic
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Beaucaire - 30
Le même Roncelin ratifia, dans la métairie de Saint-Pierre de Campublic, au mois de juillet 1271, une transaction, qui avait été passée entre frère Pierre Raimond, commandeur de Saint-Gilles, et le châtelain pour le roi, à la Motte, au sujet des limites du terroir de la Motte, d'avec celui de Claire-Farine, qui appartenait à cette maison, et se trouvant à Roaix au pays de Venaissin, le mercredi après la quinzaine de la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul, 15 de juillet 1272, il approuva une transaction, que frère Pons de Grillon, commandeur d'Orange, avait passée avec le couvent des Frères-Prêcheurs de cette ville.

Le commandeur d'Avignon avait entrepris, dans ce temps-là, de bâtir une nouvelle église. Durand, prieur de l'église de Saint-Agricol, éleva une contestation au sujet de la construction de cette église, qui était dans sa paroisse, et des offrandes qui s'y faisaient. Frère Roncelin et le prieur remirent la décision de leur différend à Robert, évêque de cette ville, qui le termina par une sentence qu'il rendit, le 19 de septembre 1273.

Lacapelle-Livron
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Quercy-Rouergue - 82
Frère Roncelin étant à la Capelle, le 30 de juin 1276 (1277), donna des coutumes aux habitants du lieu de Montricoux (1), dont l'Ordre était seigneur. Il transigea, en cette année, pour la maison de Castel-Sarazin (2), avec Bertrand, abbé de Moissac, au sujet des dimes des lieux de Moissac (3), Gaudoton (?), et Laraguet (?) Peut-être Villefranche-de-Lauragais.
1. Montricoux
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Aveyron-Lère - 82
2. Castel-Sarazin
Département: Landes, Arrondissement: Arrondissement: Dax, Canton: Coteau de Chalosse - 40
3. Moissac
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin: Canton: Moissac - 82
4. Villefranche-de-Lauragais
Région : Occitanie, Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Revel - 31

Henri II, comte de Rodez, prétendait que les seigneuries que l'Ordre possédait dans la montagne de Larsac, étaient tenues de lui en fief. Le commandeur de Sainte-Eulalie s'opposa à ces prétentions.

Frère Roncelin de Fos, qui était en Rouergue, au commencement de l'année 1278, fit là-dessus une protestation contre le comte. Ce différend fut soumis à des arbitres, qui, par leur sentence rendue dans l'octave de la fête de tous les saints de cette année, ordonnèrent qu'à la réserve du lieu de Cornac, qui appartenait au comte, tout ce que l'Ordre possédait dans la montagne et terroir de Larsac lui appartiendrait, avec les lieux de Sainte-Eulalie, la Cavalerie, et la Couvertoirade, sans que le comte pût prétendre aucun fief ni juridiction.

Frère Pons de Broet fut fait maître ou commandeur de Provence, en l'année 1278 ; il était sorti d'une maison noble de Languedoc. Hugues et Raimond de Broet furent présent à une transaction passée, l'an 1150, entre Raimond Trencavel, vicomte de Carcassonne, et Bernard Atton, vicomte de Béziers, son frère.

Frère Pons était commandeur de Saint-Gilles en 1260 et l'était de Jalès en 1261. Il reçut l'hommage que Pons, seigneur de Mucolan, prêta à l'Ordre pour sa terre, le 28 d'août 1280, dans la ville de Montpellier.

Frère Broet tint à Marseille, le 12 de décembre, son chapitre de l'année 1284. Henry, comte de Rodez, contestait à l'Ordre la juridiction des lieux d'Espalion (1), Albinchac (2), Limoux (3) et la Selve (4). Frère Broet, qui fut assisté de frère Josselin de Saint-Gory, commandeur d'Espalion et Limoux, et de Guillaume de Follaquier, commandeur de la Selve, et le comte arbitrèrent cette contestation à Rostain, abbé de Bonneval, et à frère Guillaume de Cendres, commandeur du Puy-en-Velay. Ces arbitres rendirent leur sentence à Rodez, le lendemain de la fête de Saint-Hilaire, qui était le 14 de janvier 1287 (1288), dans le couvent des Frères-Mineurs. Ils maintinrent l'Ordre dans la possession de toutes ces juridictions. Nous apprenons d'un titre daté du dimanche après la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul, qui était le 6 de juillet de cette année, que Broet était alors à Alais (Alès)
1. Espalion
Département: Aveyron, Arrondissement: Rodez, Canton: Lot et Truyère - 12
2. Albinhac
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Tarn et Causses, Commune: Montjaux - 12
3. Limoux
Département: Aveyron, Arrondissement: Rodez, Canton: Rodez-Onet, Commune: Onet-le-Château - 12 (sur la carte de Cassini: Limouze)
4. la Selve
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Monts du Réquistanais - 12

Avisan (?)
Bas-Dauphiné: Hautes-Alpes, Gap, Embrun et Briançon
Bertrand III, prieur d'Orange, avait acquis, en 1287, de Raimond, seigneur de Mévillon, le domaine supérieur de la terre d'Avisan située dans le Bas-Dauphiné ; le restant de cette seigneurie appartenait à Albert Médis et à Béatrix de Mévillon. Ce prince mit, le 28 de janvier 1289 (1290), ce domaine supérieur à la mouvance de l'Ordre, moyennant 21 .000 livres tournois, que Broet lui compta. Broet étant à Montpellier, le 24 d'août 1291, ordonna à frère Pierre Alaman, commandeur de cette ville, et à Guillaume de Châteauvieux, commandeur de Pézénas, de satisfaire aux fondations que Bernard Bevin avait faites dans les églises de ces deux commanderies.

Le sultan d'Egypte se rendit maître, en cette année, de la ville d'Acre. Le grand maître se retira avec tout le couvent à l'ile de Chypre, ainsi que firent les Hospitaliers, et établit son siège à la ville de Limisso. Broet donna, le vendredi après la fête de l'Ascension, 30 de mai 1292, permission au commandeur de Pézenas de soumettre un différend qu'il avait avec le prieur de l'église de cette ville. Il était alors à Montpellier. Il cessa en cette année d'exercer la charge de maître de Provence et fut fait commandeur de Saint Gilles.

La charge de maître de Provence fut conférée, en l'année 1293, à frère Guigues Aimar (ou Adhémar), commandeur de Sainte-Eulalie ; il était fils de Lambert II Adhémar, seigneur de la Garde (1) et de la moitié de Monteil-Aimar, au comté de Valentinois, et de Mirande Adhémar, dame de Rochemaure.
1. Département: Cantal, Arrondissement: Saint-Flour, Canton: Neuvéglise, Commune: Lieutadès - 15

Espalion
Département: Aveyron, Arrondissement: Rodez, Canton: Lot et Truyère - 12
Il confirma, en cette année, une sentence arbitrale qui avait été rendue, le 5 de juin 1288, par Raimond (de Caumont), évêque de Rodez, entre le chapitre de son église et frère Gaucelme de Saint-Jori commandeur d'Espalion.

Clamdor ou Clamadour
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - 13
Adhémar autorisa par sa présence une transaction que frère Pierre Alancandin, commandeur de Saint-Gilles et de Montpellier, passa, le 25 novembre de cette année, avec Guigues, seigneur de Roche, et frère Vesianus, commandeur de Clamadour (1), qui firent borner avec la communauté de Notre-Dame de la Mer, La Palun, dite de Lorbière (de Larberia) (1), située dans le territoire de Silve Réal, au sujet de la terre de Ribeyres qui appartenait à la maison de Saint-Gilles ; il fit dans Montpellier, le 24 de juillet 1294, une procuration au même commandeur Alacandin, pour transiger avec la communauté de la ville Notre-Dame de la Mer (2), au sujet de la métairie de Clamadour, qui appartenait à la maison de Montpellier. Le 18 novembre 1293, Raimond Chausard, percepteurdu Temple d'Arles, transigea avec Pierre, abbé d'Olmet, sur les droits que la maison du Temple d'Arles avait sur le bois dit d'Albaron (3).
1. La Lobière, en Camargue (Bouches-du-Rhône), commune des Saintes-Maries.
2. Notre-Dame de la Mer, Les Saintes-Maries (Bouches-du-Rhône), arrondissement d'Arles.
3. Albaron : Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - 13


Il reçut, en l'année suivante 1295, l'hommage que Bertrand III, prince d'Orange, prêta à l'Ordre pour le domaine supérieur d'Avisan (?).

Humbert 1e, dauphin de Viennois, acheta, dans ce temps-là, la coseigneurie de ce lieu ; il acquit alors la portion du prince d'Orange, et la mouvance féodale de l'Ordre. Frère Adhémar prêta lui-même hommage au Saint-Siège, le 13 de septembre de cette année, entre les mains de Jean de Grillac, recteur du comté Venaissin.

L'auteur de l'histoire de la noblesse de ce comté a rapporté cet hommage qu'il a daté de l'an 1290. Mais il s'est fort trompé. Adhémar n'était pas encore alors maître de Provence, et Grillac n'était pas non plus recteur du comté ; c'était Philippe de Bervisson, et cet auteur, dans un autre endroit de son ouvrage, rapporte un hommage prêté au pape entre les mains de Bervisson, le 29 de juillet 1290, par Guillaume Pierre Astonaud, seigneur de Velleron et Masan. Grillac ne fut recteur qu'environ l'an 1295. Ainsi Adhémar ne prêta hommage entre ses mains qu'en cette année, ou au plus tard en la suivante 1296. Il tint en ce lieu de Montpellier, vers la fin du mois d'avril, le chapitre de cette année.

Argentens
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Nérac, Commune: Nérac - 47
Frère Adhémar étant à Toulouse, le 13 de janvier 1297 (1298), après avoir pris avis des commandeurs Jean de Roquefort de Douzains, Bernard de Laroque d'Argenteins, et Guillaume Bernard de Voymont d'Agen, donna pouvoir à frère Hugues Saumade, commandeur de Toulouse, d'affranchir quelques particuliers des redevances qu'ils faisaient à cette maison.

Montricoux
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Aveyron-Lère - 82
Il était à Lacapelle-Livron (1), le 8 de mars suivant, auquel jour il accorda aux habitants de Montricoux la faculté de tenir un marché, le mercredi de chaque semaine, et une foire le jour de Sainte-Madeleine ; il tint à Montpellier, vers la fin du mois d'avril, le chapitre de cette année, et reçut dans cette ville l'hommage que Pons, seigneur de Mucelan, prêta à l'Ordre, pour sa terre, le 5 d'août suivant.
1. Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Quercy-Rouergue - 82

Saint-Michel-de-Rivière
Département: Dordogne, Commune: La Roche-Chalais - 24
Elie Talagran, comte de Périgord et vicomte de Lomagne, confirma, le 7 de janvier de cette année, à la considération de frère Géraud de La Vergue, commandeur de Saint-Michel-de-Rivière, les privilèges que les vicomtes de Fronsac avaient accordés aux commandeurs et maisons de Saint-Michel-de-Rivière, et toutes les acquisitions qu'ils avaient faites.

Elzéard de Montdragon, du diocèse d'Orange, fit demander à Adhémar, le 3 de février 1301 (1302), à Montpellier, où il était alors, la permission de quitter la religion et d'entrer dans une autre approuvée du Saint-Siège ; mais il le lui refusa, et le traita d'apostat, parce qu'il avait déjà quitté l'Ordre. Il y a pourtant apparence qu'il la lui accorda ensuite, puisqu'il est prouvé qu'il entra dans l'Ordre de l'Hôpital. Il était commandeur de Nîmes aux années 1319 et 1320.

Frère Raimond de la Roche, lieutenant d'Adhémar, étant à Montsaunès, confirma, le 29 de mars 1303, les coutumes que frère Cerebrin Dupin, commandeur de ce lieu, et Bernard d'Aspel seigneur de Berat, l'un et l'autre seigneurs de Plaignes, avaient données aux habitants de ce lieu.

Vaours
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Carmaux-2 Vallée du Cérou - 81
Frère Bernard de la Roche, commandeur de Vaours, assista, en qualité de lieutenant d'Adhémar, à l'assemblée générale des prélats et ecclésiastiques de la province de Languedoc, qui se tint à Montpellier dans le couvent des Frères-Mineurs, le 25 de juillet de cette année, au sujet du grand différend qui existait alors entre Philippe le Bel, roi de France, et le pape Boniface VIII. Il avait succédé en la charge de frère Raimond de la Roche, qui était apparemment son frère ; il déclara qu'il intervenait dans cet acte pour le visiteur des maisons du Temple en Provence, pour lui et pour les commandeurs de ces maisons.
Adhémar exerçait encore la charge de commandeur de Provence en l'année 1305, en laquelle il tint son chapitre provincial à Montpellier.

Puy-en-Velay
Département: Haute-Loire, Arrondissement et Cantons: Le Puy-en-Velay - 43
Frère Bernard de la Roche avait été, en premier lieu, commandeur de Vaours, et fut ensuite fait commandeur du Puy-en-Velay, et après, il le fut d'Argentens (1) ; et il l'était encore, suivant les apparences, lorsqu'il fut nommé maître de de Provence, environ l'année 1306. Etant à Sainte Eulalie, le jeudi avant la fête de Sainte-Madeleine, qui tombait au 18 de juillet 1307, il ratifia une transaction que frère Bernard Guibal commandeur de cette maison avait passée avec Raimond Guillaume, religieux du monastère de Vabres, prieur de Combabrios.
1. Argentens : Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Nérac, Commune: Nérac - 47
Sources: Manuscrit de Jean Raybaud, Mémoires de l'Académie de Nîmes, VIIe série. Tome XXVIII, page 271 à 338, Nîmes année 1905. - Bnf
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