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Quelques études réalisées sur les Templiers

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L'Enclos du Temple


Maison Temple de Paris
Maison Temple de Paris


Après la suppression du célèbre Ordre du Temple par Philippe le Bel, au quatorzième siècle, l'ancien domaine que possédaient à Paris les Templiers fut concédé à l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et devint plus tard le siège du grand-prieur de la branche française des Chevaliers de Malte. Le grand-prieur y exerçait la justice et le Temple était un lieu d'asile pour les insolvables. Ce domaine des Templiers avait, jusqu'à la Révolution, conservé presque sans aucune modification ses dimensions primitives.
Vaste d'environ 126 hectares et entouré d'une enceinte percée seulement de quelques portes, il formait encore sous le nom d'Enclos du Temple, une sorte de petite cité complètement distincte de la grande ville et ayant sa juridiction et ses privilèges spéciaux, son marché, ses églises, sa prison, son cimetière, en un mot tous les éléments d'une autonomie complète. « On y avait, dit Mercier, autorisé la construction d'immeubles où s'étaient établis des artisans qui pouvaient échapper, dans cet enclos privilégié, aux ordonnances et règlements de leurs corporations peu à peu s'élevèrent des hôtels particuliers l'Enclos devint une véritable ville qui comptait, en 1789, environ quatre mille habitants. »

Dominant l'enchevêtrement des ruelles et des maisons qui avaient peu à peu envahi la majeure partie de l'Enclos, on distinguait à ce moment au Temple deux groupes principaux d'édifices, d'abord le Palais, où nous avons vu débarquer Sidney Smith et ses compagnons c'était une vaste construction du temps de Louis XIV qui servit, jusqu'à la Révolution, de résidence au grand-prieur dont le dernier fut le comte d'Artois. Et en arrière de ce palais, les restes de l'ancienne Commanderie consistant, outre l'église et les cloitres, en un massif donjon désigné habituellement sous le nom de Tour du Temple.
C'est ce second groupe sur lequel il nous faut insister plus spécialement puisque c'est dans cette tour, où Louis XVI et sa famille avaient souffert leur longue agonie, que furent enfermés les héros de notre récit.
Le vieux donjon des Templiers était arrivé jusqu'à cette époque absolument intact et il est probable qu'il eut survécu encore de longs siècles s'il n'avait pas été rasé en 1811, par ordre de Napoléon I. Il se composait de deux parties, la Grosse Tour et la Petite Tour, cette dernière, simple pavillon appuyé contre l'un des côtés de la première.

La Grosse Tour, haute d'environ 50 mètres, était un massif édifice carré, flanquée aux angles de quatre tourelles arrondies et surmonté d'une haute toiture lamée de plomb. En élévation cette tour formait quatre étages, comprenant chacun primitivement une seule et unique pièce, éclairée sur chaque face par deux ouvertures ; et comme les murs avaient plus de deux mètres d'épaisseur, les embrasures de chacune de ces croisées formaient une sorte de cabinet.

Cette tour, « destinée par la Commune à l'habitation des prisonniers, était, dit M. Lenôtre, dans un tel état de délabrement que Louis XVI et sa famille furent provisoirement logés (13 août 1792) dans la Petite Tour dont les chambres furent garnies, en hâte, de meubles apportés du Palais du Temple.

Louis XVI ne fut transféré dans la Grosse Tour que le 30 septembre. Marie-Antoinette, ses enfants et Mme Elisabeth ne l'y rejoignirent que le 26 octobre.

Dans l'intervalle, de grands travaux avaient eu lieu, et pour aménager l'intérieur de la Tour et pour l'isoler de telle façon que la surveillance pût s'exercer facilement. Cette surveillance eut été illusoire si le donjon était resté enclavé dans une masse de constructions habitées par des particuliers ; il fallait pour couper court à toute tentative d'évasion isoler absolument la prison, et c'est à quoi l'on s'occupa dès le 15 août 1792. Le patriote Palloy fut chargé des travaux et il se mit immédiatement à la besogne. Tous les bâtiments s'étendant entre la tour et l'église furent abattus en quelques jours et, à leur place, fut établi une sorte de préau entouré d'un mur élevé, soutenu par de nombreux contreforts intérieurs. Le mur de Palloy n'avait qu'une porte donnant sur le jardin du Temple en regard de la façade sud de la Grosse Tour. On y construisit tout d'abord un premier corps de garde ; bientôt, pour la facilité des communications, on perça dans le côté ouest du mur une autre porte, faisant face au perron du Palais et l'on y établit un second corps de garde. »

On sait combien ces mesures furent efficaces ; malgré les tentatives de royalistes dévoués pour délivrer la famille royale, la prison du Temple sut garder jusqu'à l'échafaud ou au lit de mort ses illustres captifs ; un seul de ceux-ci. La fille du Roi, en sortit pour être rendue à la liberté, dans le courant de 1795. Depuis cette date le sombre donjon était vide. En le choisissant comme lieu de détention pour Sidney Smith, le Directoire témoignait de l'importance toute spéciale qu'il attachait à la capture du commandant de l'escadre de la Manche, alors qu'au même moment les officiers de la marine britannique prisonniers de la République étaient simplement internés au château de Fontainebleau.
Le Journal de la jeunesse : nouveau recueil hebdomadaire illustré, page 307. Librairie Hachette (Paris) 3 juin 1905. - Bnf
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