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Quelques études réalisées sur les Templiers

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L'architecture des Ordres militaires dans le sud-ouest de la France
Les constructions des Templiers et des Hospitaliers en Bordelais et en Gascogne
Il y a quelques années, M. Elie Lambert, étudiant l'architecture des Templiers et, en particulier, leurs chapelles et leurs églises, montrait que, contrairement à ce que l'on avait répété depuis plus d'un siècle, ils n'avaient que rarement adopté pour elles un plan circulaire et qu'ils avaient volontiers suivi d'autres partis (1). Le même auteur remarquait cependant que la plus grande partie des monuments laissés par l'Ordre n'avaient pas été recensés et que, de ce fait, une étude d'ensemble de ces constructions ne pouvait être entreprise. Toutefois, en ce qui concerne la France du Sud-Ouest, le dépouillement des très riches archives de l'ordre de Malte, et surtout celles du Grand Prieuré de Toulouse (2), permet, malgré ses insuffisances (3), de dresser la liste des édifices Templiers encore debout, ainsi que celle des bâtisses dues aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Ces dernières sont d'ailleurs d'un type très voisin qui rappelle les origines et les vocations presque semblables des deux milices chevaleresques. Leur expansion dans la région gasconne — Gironde, Lot-et-Garonne, Landes, Gers, Basses et Hautes-Pyrénées — se place surtout entre 1140 et 1200 (4) et tous les édifices que nous possédons encore, sauf le Temple de Port-Sainte-Marie (Lot-et-Garonne), qui date du XIIIe siècle, et la commanderie du Temple-sur-Lot, rebâtie vers 1500 par les chevaliers de Saint-Jean, remontent à cette époque. Les fondations de l'Hôpital ne se multiplièrent en effet qu'après sa réorganisation consacrée par une bulle de Calixte II (1119-1124) (5).

Celles du Temple furent plus tardives encore : c'est seulement en 1128 que les Templiers reçurent définitivement leur règle et ce ne fut qu'en 1139 que la bulle « Omne datum optimum », confirmée en 1145, par la bulle « Militia Dei », les autorisa à édifier dans leurs biens des oratoires particuliers réservés à leur usage ou à celui de leurs tenanciers (6).

Une trentaine d'édifices religieux, dont neuf dus aux Templiers, construits pendant la seconde moitié du XIIe siècle ou au XIIIe, ont pu nous parvenir (7). Des documents variés — procès-verbaux de visite, relevés, plans — nous donnent une idée plus ou moins précise d'une quinzaine d'autres (8), parmi lesquels se trouvait l'important Temple de Bordeaux, disparu depuis moins d'un siècle. Il s'agit tantôt de chapelles annexées aux commanderies, placées au centre des possessions les plus étendues des chevaliers, tantôt d'églises paroissiales pour les habitants de leurs seigneuries : elles restèrent jusqu'à la Révolution sous le patronage de l'ordre de Malte. Quelques constructions de l'Hôpital, placées sur les routes de Saint-Jacques, ont pu en outre accueillir les pèlerins : ce fut sans doute le cas des commanderies des Pyrénées centrales, dont les bâtiments ont presque tous disparus, à l'exception de ceux d'Aragnouet, dans la haute vallée d'Aure, et peut-être celui de Grayan, en Médoc, sur le chemin qui suivait la côte océane, de Caubin, en Béarn, de Saint-Jean de Saint-Esprit, au passage de l'Adour, en face de Bayonne. En fait, ce sont d'autres congrégations, comme celle de Sainte-Christine du Somport, des prieurés indépendants ou liés à certaines abbayes, qui ont exercé la plupart du temps ces fonctions charitables et hospitalières le long des voies de la Lande et des Pyrénées occidentales (9)

Notre étude portera donc essentiellement sur des monuments proprement religieux. Il ne reste, en effet, à peu près rien des bâtiments primitifs des commanderies : seul le logis des Templiers de Nomdieu (Lot-et-Garonne), jadis entouré de fortifications, a conservé deux fenêtres en arc brisé, géminées, ayant en leur milieu une colonnette surmontée d'un chapiteau assez fruste orné de têtes.
A Sallebruneau (Gironde), une échauguette et une baie gothique ne remontent pas plus haut que le début du XIVe siècle.
A Roquebrune, le château des chevaliers de Saint-Jean a été très remanié et réduit à un corps de logis.
On peut toutefois noter que certaines chapelles s'élèvent encore sur des mottes et sont parfois entourées de fossés (Benon, Montarouch).

La majorité des chapelles templières et hospitalières du Sud-Ouest que nous pouvons étudier, soit environ vingt-six, et la plupart de celles de la Gironde et du Lot-et-Garonne, appartiennent à un type unique et constituent un ensemble dont l'homogénéité a, depuis un siècle, frappé les archéologues qui se sont penchés sur notre région (10)

Elles ont cependant échappé à l'attention de tous les auteurs d'ouvrages généraux relatifs à l'architecture médiévale. Il s'agit de simples salles rectangulaires, dont la longueur varie de 15 à 25 mètres et dont la largeur se tient entre 5 et 7,2 mètres, et, généralement, entre 6 et 7 mètres. La seule exception est le petit oratoire de Blésignac (Gironde), qui n'a que 9 mètres X 4,75 mètres. Les murs ont une épaisseur voisine de 1 mètre (0,9 à 1,35 m). Ils sont particulièrement soignés et constitués par un blocage très dur enserré entre des pierres d'appareil moyen aux parements bien taillés (11). A Sallebruneau, une fouille récente montre des fondations faites de trois assises fort régulières, d'un pied de hauteur chacune, aussi bien travaillées que celles qui sont exposées à l'air libre. Des contreforts plats sont placés auprès de chaque angle et rythment, au nombre de un à quatre, chaque long côté vers l'extérieur.
Des corbelets encore en place prouvent qu'à l'origine, les bâtiments des commanderies pouvaient s'appuyer aux chapelles qui formaient dans ce cas une des faces du château (12), disposition que l'on peut encore vérifier à Sallebruneau et au Temple-sur-Lot, ainsi qu'à Roquebrune.

Les baies sont toujours étroites, à double ébrasement, plus prononcé vers l'intérieur ; elles sont surmontées d'un arc, le plus souvent en plein cintre avec claveaux apparents. Elles n'ont jamais de colonnettes vers l'extérieur et sont rarement décorées. Elles ne sont de règle qu'au chevet : celui-ci possède généralement un triplet (13), parfois doublé de fenêtres hautes (Lalande-de-Pomerol) ou réduit à deux ouvertures (Asques). La porte est située quelquefois sur les côtés nord ou sud (Villemartin, Blésignac). On la trouve le plus souvent à la façade occidentale, parfois sous une fenêtre étroite comme à Magrigne, ou sous une rose, comme dans l'ancien Temple de Bordeaux et à La Grave. Enfin le pignon de l'Ouest est presque toujours terminé par un clocher-mur à deux arcades.
Le mode de couverture le plus répandu est le berceau brisé (14).

Carte des localisations des constructions des Ordres Militaires

Mais on s'est contenté souvent d'une simple charpente et la croisée d'ogives apparaît parfois. Le départ des berceaux est marqué par des moulures qui peuvent avoir des profils variés. Au bas des murs court souvent un banc de pierre.
A Marcenais, Magrigne et Blésignac, il n'y a pas de doubleaux ; à Marcenais, ancienne construction templière, comme Magrigne, des colonnes d'angle soutiennent une sorte de formeret terminal. Ailleurs des doubleaux rythment la perspective des voûtes : il y en a le plus souvent deux, déterminant trois travées ne correspondant pas toujours aux intervalles séparant les contreforts extérieurs. Il existe aussi des édifices à deux travées (Montarouch, Asques) et Benon, seul de son espèce, en possède cinq — peut-être parce que la chapelle était à la fois le centre d'une paroisse et un lieu de pèlerinage fréquenté. Ces doubleaux sont en général à simple rouleau, de section rectangulaire ; il existe cependant de doubles rouleaux, nécessitant des supports formés de trois fûts : on en remarque dans les travées orientales de Benon et il devait en exister à Roquebrune, où la voûte a été détruite. A Nomdieu, les doubleaux retombent sur des consoles (15).

Figure 1. — Magrigne

La croisée d'ogives du chevet de Villemartin était montée sur des nervures à boudins et couvrait un carré : nous verrons plus loin qu'elle n'était pas prévue à l'origine, mais qu'elle avait été ajoutée au cours de l'édification. Les voûtes de la partie orientale du Temple de Port-Sainte-Marie sont en briques, portées par des nervures épannelées retombant sur des chapiteaux et des colonnettes aux arêtes vives, comme dans le Midi de la France au XIIIe siècle. Aux trois travées de ce type, qui constituent sans aucun doute la chapelle primitive, on en ajouta deux autres, en pierre, flanquées d'un petit collatéral très étroit, de même hauteur. Les autres voûtes d'ogives proviennent de réfections tardives.

La charpente a été préférée pour de petites églises, surtout dans la région pauvre des Landes (16). Mais on la trouve aussi dans des commanderies importantes, comme celles de Sallebruneau, de Villemartin (nef), de Saint-Léon (état ancien) et de Sauvagnas.

Le reste des édifices hospitaliers et Templiers du Sud-Ouest gascon offre beaucoup moins d'originalité. Dans la région pyrénéenne, les Hospitaliers ont construit ainsi des sanctuaires à nef unique, terminés par une abside semi-circulaire couverte d'un cul-de-four : Luz, en Bigorre, Caubin et les petites églises paroissiales de Maspie et de Lalonquette, en Béarn, Pécorade, en Tursan (17). Caubin, avec sa nef à colonnes engagées, son beau portail et ses chapiteaux, Luz, qui a également une porte avec tympan sculpté et qui a reçu un berceau brisé divisé en quatre travées, sont des bâtisses de belle qualité. Aux limites orientales du Bazadais, on peut encore voir les chapelles des commanderies templières de Romestaing et de Bouglon-Vieux. La première comporte un chevet en cul-de-four, un chœur surmonté d'un clocher et une nef unique, sous une voûte en berceau. La seconde a une large nef sous charpente, un chœur et une abside voûtés plus étroits. En Bazadais, des églises rurales de plan analogue dépendaient des commanderies de Sallebruneau et de Roquebrune (Saint-Genis, Clairac), mais nous ne savons pas si elles ont été édifiées après ou avant leur donation à l'Hôpital. L'église de Mauriac, petit édifice roman en croix grecque avec abside, n'a en tous les cas été cédée à Villemartin qu'au début du XIIIe siècle (18). La question se pose dès lors de savoir si l'on peut considérer ces deux types d'édifices comme des types fréquents dans l'architecture des ordres militaires. Ils n'ont jamais été, de toute façon, employés exclusivement, et le droit de contrôle que possédaient d'après les « Retrais » de 1177 les maîtres du Temple sur les constructions nouvelles désirées par les autorités locales ne semblent pas avoir entraîné l'élaboration de règles bien nettes à ce sujet. Des inventaires très partiels laissent cependant entrevoir que le plan à nef unique et à abside, d'ailleurs extrêmement répandu dans tout le monde chrétien, a été souvent utilisé en Espagne, et en particulier en Navarre (19), pays où les deux ordres acquirent rapidement une influence énorme, et en Castille, par exemple dans le célèbre couvent des Hospitaliers de San Juan de Soria. Il faut toutefois noter que les moines-soldats, aussi bien ceux des milices anciennes que ceux des ordres nouveaux de Calatrava et d'Alcantara, n'ont pas hésité à édifier, même dans leurs châteaux, de grandes églises basilicales (20). Le parti de la chapelle à nef unique et à abside est celui de nombreuses chapelles hospitalières et templières de la Bourgogne (21), du Nivernais (22), de la Bretagne (23), de la région alpestre (24).

Lalande de Libourne (Gironde).
Eglise des Hospitaliers. Relevé de 1869.

Tout près de notre région, en Comminges, sur la rive est de la Garonne supérieure, l'église templière de Montsaunès (Haute-Garonne), conserve des dispositions semblables (25). Dans deux des plus grandes forteresses de Terre Sainte, le Crac des Chevaliers et Safitha (Chastel-Blanc), on trouvait des édifices identiques, mais dont le cul-de-four était empâté dans un massif rectangulaire (26).
Mais il faut noter qu'en Palestine et en Syrie, comme dans toutes les provinces citées, d'autres schémas ont été reproduits.

En revanche, l'expansion des monuments du premier type étudié apparaît comme assez limitée. Ils sont très nombreux en Charente (27) quatorze environ où ils sont généralement plus simples encore et moins ornés que ceux de la Gironde. En Poitou, M. Crozet en cite trois exemples, dont deux possèdent encore le triplet caractéristique du chevet (28). L'inventaire des édifices religieux du département de la Creuse en décrit une dizaine, dont l'église des Hospitaliers de Bourganeuf, agrandie au XVe siècle, lorsqu'elle devint le siège du Grand Prieuré d'Auvergne (29). Il en existe d'analogues dans le Cher et dans l'Allier (30). Vers le Nord-Ouest, la chapelle Saint-Jean de Saumur, couverte de voûtes angevines à liernes, se classe encore dans cette catégorie, ainsi que quelques petits oratoires de commanderie en Bretagne (31).

Figure 1. — Hospitaliers de Queynac et Villemartin (Gironde).
Chœur de l'église des Hospitaliers de Queynac et Villemartin (Gironde).

Dans l'Yonne, la chapelle du Temple du Saulce d'Island, belle construction gothique du XIIIe siècle, reste encore un rectangle divisé en trois travées carrées (32). Elevée au XIVe siècle en Toulousain, l'église fortifiée de Poucharramet, qui était celle d'un établissement hospitalier fondé au XIIe siècle, conserve encore cette division traditionnelle (33). Il faut donc peut-être conclure provisoirement que, à quelques exceptions près, ce parti n'a été utilisé que dans la France de l'Ouest et du Centre — sans en exclure d'ailleurs les constructions d'un autre type.
L'aire d'expansion relativement restreinte du type de chapelles à « cella » rectangulaire laisse supposer qu'il a une origine régionale.

Effectivement beaucoup d'églises de l'époque romane et des premiers temps du gothique sont en Augoumois et plus encore en Périgord et en Bordelais et Bazadais, de grandes salles toutes simples : un tel plan convient bien à une couverture composée de coupoles ou de croisées d'ogives sur travées carrées. Dans la région girondine, c'est celui de l'abbatiale de Blasimon (quatre travées voûtées d'ogives, un triplet terminal), de l'église paroissiale de La Sauve (trois travées, untriplet) (34), de Saint-Martin-la-Caussade (triplet), de Rauzan. Les chevets plats d'édifices plus complexes, à Saint-Seurin de Bordeaux, Tizac-de-Curton, Marcillac, Macau, Tresses, et à l'abbatiale des Prémontrés de Pleineselve, sont aussi fréquemment sur plan carré et munis de triples (35). Plus archaïques encore, mais présentant les mêmes dispositions sont beaucoup de chevets saintongeais, angoumois et périgourdins (36). Signalons aussi que le croisillon septentrional de Sainte-Croix de Bordeaux a été reconstruit à l'image du chœur de Saint-Seurin à la fin du XIIe siècle et possède aussi un triplet.

L'étude des détails décoratifs et architectoniques conduit aux mêmes conclusions. Elle est d'autant plus intéressante que certaines de ces constructions hospitalières et templières peuvent être datées.

Benon, fondé en 1155, nous montre ainsi un exemple de l'emploi du berceau brisé, des doubleaux à double rouleau, des piliers constitués par des fûts accolés, formes fréquentes dans l'art de la France de l'Ouest, du Poitou au Bordelais. La croisée d'ogives de Villemartin, commanderie créée peu avant 1186, est du même type que les croisées d'ogives de l'abbatiale de La Couronne (Charente), entièrement reconstruite de 1174 à 1206 (37) : elle permet de dater le moment de l'introduction du nouveau mode de voûtement dans cette partie du Bordelais et, en particulier, à Saint-Emilion (dernière travée de la nef de la Collégiale et chapelle dite « du Chapitre ») (38). Il faut remarquer que ces innovations n'empêchent pas la conservation du plan général habituel, comme au Temple de Port-Sainte-Marie, à Saint-Jean de Saumur et au Saulce d'Island.

Figure 1. — Eglise des Templiers de Bouglon-Vieux Vue du Sud. (Lot-et-Garonne).

Le décor des églises des ordres militaires en Gironde est aussi très étroitement lié à l'art local, beaucoup plus que celui des chapelles charentaises, qui reste toujours assez pauvre. Les belles façades, assez exceptionnelles dans la série, de Lalande et de Benon reproduisent les beaux frontispices à étages d'arcatures, si fréquents en Bordelais, Augoumois et Saintonge (39).
Les trois étages du mur pignon occidental de Benon — porte en plein cintre à trois archivoltes nues en bas, décentrée par la présence d'un escalier dans l'angle sud-ouest (40), arcade à cinq éléments, dont un percé d'une fenêtre au-dessus, clocher roman à trois baies semblables à ces arcs pour terminer — forment une composition assez austère : les chapiteaux sont presque tous lisses, les modillons simplement épannelés. A Lalande, l'ensemble le plus riche et, à ce titre, le plus proche des monuments de la région, on remarque en bas un portail à quatre voussures entre deux fausses portes, une arcature haute à trois arcs, mais un clocher-mur de toute évidence refait vers le XVIIe siècle (41). En outre, d'abondants éléments décoratifs apparaissent : lignes de pointes de diamant sur les archivoltes et au long des tailloirs, chapiteaux à motifs végétaux, voussure inférieure de la porte polylobée, comme dans tant d'églises de l'Ouest (42). Ce parti, que l'on trouve en Gironde à Petit-Palais, à Puisseguin, à la salle capitulaire de Saint-Emilion et à la maison Séguin de La Réole, a été reproduit encore à la porte de deux autres chapelles hospitalières, celles de Villemartin et de Queynac.

Figure 2. — Eglise des Hospitaliers de Villemartin Porte Sud. (Gironde).

Toutefois ces recherches sont exceptionnelles et les chevaliers n'ont généralement eu à contempler chez eux qu'un décor sculpté pauvre, de caractère souvent géométrique, stylisant volontiers les formes et presque toujours aniconique. Par cet aspect aussi cette plastique est, à notre avis, purement aquitaine. Certes on a voulu parfois expliquer cette simplicité par l'action de saint Bernard qui a eu, on le sait, une grande influence sur l'organisation de l'ordre des Templiers et qui a célébré le dépouillement de ses sanctuaires, décorés seulement de trophées. On peut remarquer cependant que de tels principes ne semblent pas avoir été appliqués très longtemps en ce qui concerne la peinture murale : dès le XIIe siècle, le Temple de Cressac (Charente) était couvert de fresques rappelant les combats de Terre sainte (43). Elles ne sont pas exceptionnelles, puisque l'on voit encore des restes de peintures ornementales sous l'austère voûte de Magrigne (XIIe siècle ou XIIIe ?) et que la nef de La Grave fut revêtue, environ cent années plus tard, d'une série de compositions dont les traces subsistent encore (44). Tholin avait également aperçu des peintures dans la nef de Saint-Léon avant 1274 (45). Il y en a encore, remontant au XIIIe siècle, dans l'église de Montsaunès (Haute-Garonne).

Mais ce décor sculpté simplifié est bien celui qu'offrent, peut-être à la suite du développement des idées de réforme religieuse, beaucoup de monuments de la Saintonge, de l'Angoumois, du Périgord et du Bordelais, en particulier dans ceux qui ont été élevés sous l'influence des groupes les plus actifs de chanoines réguliers de saint Augustin (46).

Ces chapiteaux nus, ces modillons épannelés, ces voussures aux arêtes vives, portant parfois des ornements géométriques très discrets, nous les retrouvons dans les parties les plus anciennes de la nef de la cathédrale de Bordeaux — qui avait un chapitre augustin — à Saint-Emilion, à Sablonceaux, etc. La flore stylisée du portail de Marcenais, de la nef de Lalande, de Roquebrune — palmettes renversées ressemblant à des fleurs de lis, crochets élémentaires aux angles, série de feuilles d'eau lancéolées à peine incisées faisant tout le tour de la corbeille — sont communes dans toute notre contrée, à partir du milieu du XIIe siècle.
Si, par exception, on peut trouver trace d'autres courants artistiques, on s'aperçoit que ceux-ci ont agi en d'autres points de la région.

Ainsi les chapiteaux de Cadarsac sont d'un gothique assez primitif, avec des crochets qui rappellent ceux que l'on sculpta aux corbeilles du chœur de Notre-Dame de Paris, vers 1175 : ils se rapprochent aussi de ceux que l'on peut voir à la paroi nord de la nef de Saint-André de Bordeaux. De même un des chapiteaux de Roquebrune, représentant un aigle aux ailes déployées peut être comparé aux reliefs de l'abbaye voisine de Saint-Ferme.

Cette série de faits de comparaisons ne semble laisser aucun doute sur les origines locales de l'architecture templière et hospitalière dans le Sud-Ouest aquitain au XIIe siècle. Ce sont des maîtres formés dans les pays charentais, périgourdins et bordelais qui ont sans doute élaboré, à partir des modèles très nombreux qu'ils avaient sous leurs yeux, ce type de chapelle à « cella » rectangulaire. Avec le Périgord, le Bordelais est un des territoires les plus riches en églises de ce type : n'est-il pas curieux de constater qu'il est — avec les Charentes—celui qui a employé le plus souvent, et même presque uniquement, pour les chapelles des ordres militaires, ce schéma très simple ? Seules les petites églises paroissiales, peut-être déjà achevées quand elles furent attribuées aux chevaliers, ont une petite abside terminant une nef unique. On ne saurait en tous les cas chercher le prototype des petits sanctuaires rectangulaires ailleurs dans le Sud-Ouest gascon, où peu d'autres édifices religieux en particulier en Agenais (47), offrent un plan semblable.

Il faut enfin noter que les autres constructions du Temple et de l'Hôpital, celles qui présentent un parti que l'on peut qualifier d'aberrant, témoignent elles aussi de l'influence du milieu artistique local : ainsi à Romestaing, où la nef unique est séparée du chevet par un faux transept surmonté d'un clocher, comme tant de petits sanctuaires ruraux, du Poitou à l'Agenais. La Bigorre, et surtout le Béarn, montrent beaucoup d'exemples de vaisseaux directement rattachés dans une abside de même largeur (48) : c'est le plan que l'on remarque aux églises de Caubin et de Luz. Au contraire, à Bouglon-Vieux, à Saint-Genis, à Clairac, on préfère, comme en pays garonnais, construire le chœur et le chevet sur une largeur moins grande. Enfin, à Caubin et à Luz se font jour des traits archaïques, communs dans les régions occidentales des Pyrénées : Luz, bâtisse purement romane par la structure et par la décoration, était en cours de construction vers 1200 et ne fut consacrée qu'en 1240.

Bien qu'ils aient eu, dans la France du Sud-Ouest, une nette prédilection pour un type, d'ailleurs assez sommaire, d'édifice religieux, Templiers et Hospitaliers n'ont donc pas songé à l'imposer à leurs architectes. Ceux-ci, recrutés sur place, ne sont jamais allés chercher bien loin leur inspiration. Comme pour tant d'autres ordres, on ne peut donc parler d'une architecture des ordres militaires, dont les règles aient été codifiées et partout strictement appliquées. Il est cependant évident que les petites chapelles rectangulaires, qui ont toutes, tant de caractères communs, constituent une série particulièrement intéressante de monuments originaux. D'une technique parfaite, ils parviennent encore à nous donner, malgré leurs médiocres dimensions, au moins dans la mesure où ils n'ont pas été modifiés, une véritable impression de grandeur et de noblesse : tel est la chapelle de Magrigne ou celle de Marcenais, tel le chevet de Queynac, solitaire parmi les vignes, telle la ruine « romantique » de Villemartin.

L'économie très simple de ces petits monuments explique sans doute qu'ils aient été imités au-delà des limites des pays aquitains — s'ils n'ont pu, comme il semble, y trouver de semblables origines régionales et qu'ils aient été adaptés plus tard à des formes architecturales gothiques.
Sources: Charles HIGOUNET ET J, GARDELLES - Actes du 87e Congrès national des sociétés savantes, Poitiers, 1962. Section d'archéologie, page 173, Paris Imprimerie Nationale 1963. - Bnf
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Appendice, liste des monuments étudiés
ABRIN (commune Castelnau-sur-l'Auvignon, canton Condom, Gers) : ruines importantes.

Bibliographie et sources : S. DAUGE, « La commanderie d'Abrin », dans Bulletin de la société archéologique du Gers, 1921, pages 15-29.

ARAGNOUET (commune Vieille-Aure, Hautes-Pyrénées) : église des Hospitaliers de Saint-Jean.

ARCINS (canton Castelnau-de-Médoc, Gironde) : église des Hospitaliers disparue.
Bibliographie : Visite de 1759, dans Archives départementales de Gironde, H, Malte, 674; H. de MARQUESSAC, Hospitaliers de Saint-Jean en Guyenne depuis le XIe siècle jusqu'en 1793, Bordeaux, 1866, pages 197-198.

ARVEYRES (commune Libourne, Gironde) : église disparue et ruines de la commanderie des Hospitaliers.
Bibliographie : Visite de 1759, publiée par MARQUESSAC, pages 251-255.

ASQUES (canton Saint-André-de-Cubzac, Gironde) : église des Hospitaliers incluse dans l'église paroissiale agrandie au XIXe siècle.

BENON (commune et canton Saint-Laurent-et-Benon, Gironde) : église des Hospitaliers.
Bibliographie : MARQUESSAC, pages 246-247 et plan 40 ; J.-A. BRUTAILS, Les vieilles églises de la Gironde, Bordeaux, 1911, pages 190, 192 et passim.

BLESIGNAC (canton Créon, Gironde) : chapelle dite « Le Temple », mais probablement due aux Hospitaliers.
Bibliographie : BRUTAILS, page 190 et passim, figure 229 ; MARQUESSAC, pages 176-179.

BORDEAUX : Temple, détruit vers 1870.
Bibliographie : Visite de 1759 ; MARQUESSAC, pages 47-49 et plans 7 et 8 ; BRUTAILS, pages 168, 190 et passim ; relevés dans l'« Atlas de la commissions des monuments historiques de la Gironde », aux Archives départementales de la Gironde.

BORDEAUX : Hôpital-Saint-Jean, détruit aux XVIIIe et XIXe siècles.
Bibliographie : Visite de 1759 ; MARQUESSAC, pages 15-16; plan de Bordeaux par Lattré, 1743.

BOUGLON-VIEUX (commune et canton Bouglon, Lot-et-Garonne) : église des Templiers.

CADARSAC (canton Libourne, Gironde) : église des Hospitaliers.
Bibliographie : BRUTAILS, pages 42-42 (notice).

CAUBIN (canton et commune Arthez, Basses-Pyrénées) : église des Hospitaliers.
Bibliographie : P. LAFOND, « La commanderie de Caubin », dans Bulletin archéologique du Comité des travaux, 1898, pages 402-415 ; V. ALLÈGRE, Les vieilles églises du Béarn, Toulouse, 1952, tome I, page 386 et tome II, plan 22.

CLAIRAC (canton Sauveterre-de-Guyenne, Gironde) : église paroissiale dépendant des Hospitaliers.
Bibliographie : MARQUESSAC, page 182 ; BRUTAILS, pages 157, 158,268.

ESTHIER (commune Saint-Paul-en-Born, canton Mimizan, Landes) : petite chapelle hospitalière.

HOPITAL DE GRAYAN (commune Grayan-et-l'Hôpital, canton Saint-Vivien-de-Médoc, Gironde).
Bibliographie : MARQUESSAC, page 239 et plan 37 ; relevés faits avant destruction dans l'Atlas de la commission.

LA LANDE DE LIBOURNE (ou de Pomerol, canton Libourne, Gironde) : église des Hospitaliers.
Bibliographie : BRUTAILS, pages 56-57 (notice) et passim ; Atlas de la commission.

LA GRAVE (commune Ambarès-et-La Grave, canton Carbon-Blanc, Gironde) : église des Templiers.
Bibliographie : L. DROUYN, « Promenades archéologiques dans le département de la Gironde », dans Bulletin de la société archéologique de Bordeaux, 1874, pages 60-62 ; BRUTAILS, page 167.

LALONQUETTE (canton Thèze, Basses-Pyrénées) : église paroissiale dépendant des Hospitaliers.
Bibliographie : ALLÈGRE, tome I, pages 318 et 399, tome II, plan 22.

Luz (Hautes-Pyrénées), église paroissiale dépendant des Hospitaliers.
Bibliographie : Visite de Gourgues, « Notes sur trois églises du Lavedan : Lau, Luz, Saint-Savin », dans Bulletin monumental, 1844, pages 45-58 ; P.-L. LAPLACE, « Notice sur l'église de Luz », Pau, 899 ; G. BALENCIE et R. RITTER, De Lourdes à Gavarnie, Paris-Toulouse, 1936, pages 205-214.

MAGRIGNE (commune Saint-Laurent-d'Arce, Canton Saint-André-de-Cubzac, Gironde) : église templière.
Bibliographie : MARQUESSAC, pages 260-261 et plan 44 ; BRUTAILS, pages 70-73 (notice) et passim.

MARCENAIS (canton Saint-Savin, Gironde) : église templière.
Bibliographie : BRUTAILS, pages 160, 190, 198.

MARSILLAN (commune et conton Saint-Laurent-de-Médoc, Gironde) : chapelle des Hospitaliers disparue.
Bibliographie : MARQUESSAC, page 243 ; visite de 1759.

MASPIE (commune Maspie-Lalonquère-Juillacq, conton Lembeye, Basses-Pyrénées) : église dépendant des Hospitaliers, très modifiée.
Bibliographie : ALLÈGRE, tome I, page 401 et tome II, plan 22.

MIGNOT (commune Saint-Estèphe, canton Pauillac, Gironde) : chapelle de l'hôpital.
Bibliographie : Visite de 1759.

MONTAROUCH (commune et canton Targon, Gironde) : commanderie hospitalière, en ruines.
Bibliographie : MARQUESSAC, pages 94-95 et 101-102, plan 19 et 20 ; BRUTAILS, pages 165, 167, 187, 190 et passim.

NOMDIEU (canton Francescas, Lot-et-Garonne) : église templière très retouchée.
Bibliographie : G. THOLIN, Etudes sur l'architecture religieuse de l'Agenais, Agen, Paris, 1874, page 67.

PECORADE (canton Geaune, Landes) : église des Hospitaliers remaniée XVIIe siècle.
Bibliographie : MARQUESSAC, page 154 et plan 26.

PELLECAHUS (commune Saint-Julien, canton Pauillac, Gironde) : chapelle des Hospitaliers détruite.
Bibliographie : visite de 1759.

PLANQUETORTE (commune Vensac, canton Saint-Vivien-de-Médoc, Gironde) : église hospitalière détruite XIXe siècle, plan relevé par MARQUESSAC.
Bibliographie : MARQUESSAC, pages 100-101 et plan 38.

POMEROL (commune Libourne, Gironde), église des Hospitaliers, détruite XIXe siècle.
Bibliographie : MARQUESSAC, page 205 et plan 42 ; BRUTAILS, figure 290 (d'après DROUYN) et passim.

PORT-SAINTE-MARIE (Lot-et-Garonne) : belle église des Templiers.
Bibliographie : G. THOLIN, pages 213-220 (plan).

QUEYNAC (commune Galgon-et-Queynac, canton Fronsac, Gironde) : église des Hospitaliers en ruine.
Bibliographie : MARQUESSAC, page 264 ; BRUTAILS, pages 165, 167, 190 et passim, figure 317.

ROMESTAING (canton Bouglon, Lot-et-Garonne) : église des Templiers actuelle paroissiale.

ROQUEBRUNE (canton Monségur, Gironde) : église et commanderie des Hospitaliers.
Bibliographie : MARQUESSAC, pages 106, 119-121 et plan 21 et 22 ; BRUTAILS, pages 190, 201, 249.

SAINTE-CHRISTIE-D'ARMAGNAC (canton Nogaro, Gers) : église des Hospitaliers.
Bibliographie : J. CAMOREYT, « Notes archives sur l'hôpital de Sainte-Christie », Revue de Gascogne, 1931, pages 89-90.

SAINT-ESPRIT (à Bayonne) : chapelle détruite de l'hôpital de Saint-Jean.
Bibliographie : Plans du Génie, en particulier celui qui a été publié par E. LAMBERT, Etudes médiévales, Toulouse, 1957, plan 30.

SAINT-GENIS-Du-Bois (canton Sauveterre-de-Guyenne, Gironde) : église dépendant des Hospitaliers.
Bibliographie : MARQUESSAC, page 184 et plan 32, et visite du 1771, dans Archives départementales de la Gironde, H, Malte, 194.

SAINT-GERMAIN-D'ESTEUIL (canton Lesparre, Gironde) : chapelle détruite des Hospitaliers.
Bibliographie : Visite de 1759.

SAINT-LEON (canton Damazan, Lot-et-Garonne) : église des Hospitaliers.
Bibliographie : G. THOLIN, pages 65-67.

SAINT-PIERRE-DE-VAUX (commune Aveyres, canton Libourne, Gironde) : église détruite des Hospitaliers.
Bibliographie : Visite de 1759.

SALLEBRUNEAU (canton Sauveterre-de-Guyenne, Gironde) : château-commanderie et église ruinée des Hospitaliers.
Bibliographie : MARQUESSAC, pages 92-93; L. DROUYN, Variétés girondines, tome III, Bordeaux, 1886, pages 11-15 ; BRUTAILS, pages 157, 190, 204.

SAUVAGNAS (canton Larroque-Timbaut, Lot-et-Garonne) : église hospitalière dont la base des murs a été seule réemployée dans une construction du XIXe siècle.
Bibliographie : G. THOLIN, page 67.

VILLEMARTIN (commune Mouliets-et-Villemartin, canton Pujols, Gironde) : église hospitalière en ruines.
Bibliographie : MARQUESSAC, pages 76-78 et plan 14-15 ; DROUYN, tome II, 1883, pages 304-307 ; BRUTAILS, figure 162 et passim.
La communication, lue par M. Gardelles qui s'est spécialement consacré à l'aspect archéologique de la question, est également l'œuvre de M. Higounet, du point de vue historique.
M. Aubert rappelle l'observation de E. Lambert sur le manque d'uniformité des églises des Templiers et apprécie la prudence de M. Gardelles, refusant de faire du type rectangulaire, malgré sa fréquence en Gascogne, le type unique des églises de cette origine. Mlle Roques mentionne le tympan sculpté de l'église de Luz et la chapelle de Saint-Jean-de-Largentière. M. Crozet ajoute une comparaison avec les chapelles des Templiers en Saintonge, rectangulaires également, et dont le plan semble assez singulier pour la province. M. Jarry cherche une comparaison avec l'église de Triguères dans le Loiret.
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Notes, architecture militaire
1. E. Lambert « L'architecture des Templiers », dans Bulletin monumental, 1954, pages 8-60 et 129-165.
2. Aujourd'hui aux Archives départementales de la Haute-Garonne, série H, fonds de Malte.
3. Une liste à peu près complète des commanderies des deux ordres peut être tirée de l'ouvrage d'Alain DU BOURG, « Histoire du Grand Prieuré de Toulouse », Paris-Toulouse, 1881 ; le livre d'H. DE MARQUESSAC, « Hospitaliers de Saint-Jean en Guyenne Bordeaux », 1866, utilise surtout les documents conservés aux Archives départementales de la Gironde, série H, fonds de Malte. Les identifications et indications bibliographiques locales sont données en appendice.
4. On peut dater : Cazalis (Hôpital), 1141; Benon (Hôpital), 1155 ; Nomdieu (Temple fondé par Gaston IV de Béarn, 1154-1170) ; Bordères (Hôpital), 1148 ; Romestaing (Temple), vers 1160 ; Villemartin (Hôpital), avant 1186.
5. DELAVILLE-LE-ROULX, « Cartulaire général de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem », tome I, Paris, 1894, page XXVIII et IV, 1904, pages 37-40.
6. Marquis D'ALBON, « Cartulaire général de l'Ordre du Temple », tome X, page 382 ; en dernier lieu, voir D.-P. COUSIN, « Les débuts de l'Ordre des Templiers et saint Bernard », dans Mélanges saint Bernard, Dijon. 1954. D. 41-52.
7. Asques, Benon, Blésignac, Cadarsac, La Grave, Lalande-de-Pomerol, Magrigne, Marcenais, Montarouch, Queynac, Sallebruneau, Villemartin (Gironde), Bouglon-Vieux, Nomdieu, Port-Sainte-Marie, Romestaing, Saint-Léon, Sauvagnas (Lot-et-Garonne); Caubin, Lalonquette, Maspie (Basses-Pyrénées), Abrin, Sainte-Christie (Gers), Luz, Aragnouet (Hautes-Pyrénées), Pécorade (Landes).
8. Bordeaux, Temple et Hôpital, Arsins, Grayan, Planquetorte, Pellecahus, Marsillan, Saint-Pierre-de-Vaux, Mignot, Saint-Germain d'Esteuil (Gironde), Esthier (Landes), Saint-Esprit (Basses-Pyrénées).
9. Voir E. LAMBERT, « Ordres et confréries dans l'histoire du pèlerinage », dans Etudes médiévales, tome I, Toulouse, 1956, pages 127-144.
10. Sauf celle de Saint-Esprit, ces chapelles sont dans le département de la Gironde (Arcins, Asques, Bordeaux, Blésignac, Cadarsac, La Grave, Magrigne, Lalande, Marcenais, Montarouch, Pomerol, Queynac, Roquebrune, Sallebruneau, Villemartin, Saint-Pierre-de-Vaux, Grayan, Planquetorte), du Lot-et-Garonne (Nomdieu, Saint-Léon, Sauvagnas, Port-Sainte-Marie), du Gers (Abrin, Sainte-Christie). Ce type a été aperçu notamment par H. DE MARQUESSAC, opuscule cité, et J.-A. BRUTAILS, « Les vieilles églises de la Gironde », 1911.
11. A Queynac les assises sont d'épaisseur irrégulière.
12. Montarouch, Queynac, Benon, Marcenais par exemple. Une dépendance d'époque romane, remaniée et utilisée de nos jours comme sacristie, existe encore sur le flanc nord de l'église de Benon, à hauteur des deux travées orientales.
13. Temple de Bordeaux, Villemartin, Sallebruneau, Montarouch, Pomerol, Magrigne, Blésignac, Marcenais, Arcins (visite de 1774), Grayan, Sainte-Christie, Marsillan (?)
14. Asques, Benon, Cadarsac, Lalande, Roquebrune, Nomdieu, Montarouch, Marcenais, Magrigne, Blésignac, Temple de Bordeaux, Queynac, La Grave, Sainte-Christie, Arveyres (visite de 1759).
15. Nous ne savons pas si les doubleaux de l'église du Temple de Bordeaux reposaient sur des consoles ou si les colonnes en avaient été bûchées lorsque l'on en fit le relevé au siècle dernier.
16. Pomerol, Mignot, Pellecahus, Fargues, en Gironde ; Grayan, Planquetorte, Esthier, dans les régions de landes.
17. Cette commanderie a été sans doute partiellement reconstruite au XVIIe siècle ; elle conservait toutefois une porte gothique.
18. Date donnée par l'étude du cartulaire de Villemartin par J.-B. MARQUETTE, D.E.S., Bordeaux, 1956.
19. En Navarre, l'exemple le plus remarquable est celui de la commanderie de Cizur Menor, au sud de Pampelune.
20. Voir « plans et descriptions » dans Ars Hispaniae, tome V, Madrid, 1948, page 313 (Soria), 281, et VII, 1952, p. 119-120 (Villalcazar, de type cistercien, et Calatrava-la-Nueva).
21. Maison-Dieu, décrit par J. DICKSON, « Les églises romanes de l'archidiaconé de Châlons », Mâcon, s.d., page 190.
22. Comte DE SOULTRAIT, « Répertoire archéologique du département de la Nièvre » Paris, 1875 : Decize, page 331; Feuilloux, page 140; Villemoison, page 93.
23. R. GRAND, « L'art roman en Bretagne », Paris, 1958 : Madeleine de Clisson, page 249, Saint-Jean-d'Yvignac, page 476-477.
24. J. ROMAN, « Répartition archéologique du département des Hautes-Alpes », Paris, 1888 : L'Argentière, page 12.
25. Voir Ch. HIGOUNET, « Trois dates relatives aux origines de la commanderie et de l'église de Montsaunès » dans Revue de Comminges, 1952, pages 50-53.
26. C. ENLART, « Les monuments des croisés dans le Royaume de Jérusalem », tome I, Paris 1926, pages 40, 90-93, tome II, 1928, page 96 ; P. DESCHAMPS, « Les châteaux des Croisés en Terre Sainte », tome I, pages 95-96 et 197.
27. J Ch. DARAS, « Les commanderies et leurs chapelles dans la région charentaise », dans Mémoires de la société archéologique de la Charente, 1951-1952. D. 31-67.
28. « L'art roman en Poitou ». Paris. 1948. D. 106.
29. L. LACROCQ. « Les églises de France (Creuse) », Paris, 1934.
30. F. DESHOULIERES, « Les églises de France (Cher) », Paris, 1932, ne décrit, page 122, que la chapelle de Farges-Allichamps ; M. GENERMONT et P. PRADEL, « Les églises de France (Allier) », Paris, 1938, décrivent deux chapelles rectangulaires (Chassenard, Lamaids) et une à abside, celle de la Commanderie de Montluçon.
31. R. GRAND, opuscule cité, page 237 (Carentoir) ; Saint-Jean-de-Saumur a été décrit par A. RHEIN dans Congrès archéologique, 1910, tome I, pages 21-24.
32. J. VALLERY-RADOT, « La commanderie des Templiers du Saulce d'Island », dans Congrès archéologique. 1958. D. 298-301.
33. R. REY, « Les vieilles églises fortifiées du Midi de la France », Paris, 1925, page 194.
34. Voir les notices sur ces deux dernières églises dans Congrès archéologique, 1939, pages 193-216 (F. SALET) et 233-236 (A. MASSON).
35. Brutails, opuscule cité, page 147.
36. Par exemple à Chancelade, Saint-Amand-de-Coly, Saint-Etienne-de-Périgueux (Dordogne), Condéon, Biron, Bassac, etc., (Charentes).
37. D'après sa « Chronique », publiée par E. CASTAIGNE dans Documents historiques sur l'Angoumois, tome I, 1864, page 1-170.
38. J. GARDELLES, « L'église haute de Saint-Emilion et les abbayes augustines d'Aquitaine aux XIIe et XIIIe siècles » dans Annales dit Midi. 1958. Pages 391-402.
39. En Gironde : Petit-Palais. Peuiard. Sainte-Colombe, voisines de Lalande.
40. Escalier partant d'une porte à quelques mètres du sol, comme au Temple de Bordeaux et à La Grave.
41. Ses deux baies sont en arc brisé, sans moulures, et il est surmonté de trois petites pyramides portant une croix, comme dans les clochers dits « trinitaires » de la Soûle.
42. Sculptures refaites au siècle dernier, d'après les modèles des reliefs primitifs, comme on peut le constater dans les dessins anciens.
43 P. DESCHAMPS et M. THIBOUT, « La peinture murale en France », Paris, 1951, pages 132-137.
44. Elles forment une double frise au sud et au nord : on reconnaît au Sud une Vierge à l'Enfant. Les couleurs conservées sont un bleu, un rouge violacé, un ocre rouge et un ocre jaune, un blanc.
45. G. THOLIN, « Etudes sur l'architecture religieuse de l'Agenais », Agen-Paris, 1874, page 66.
46. Voir article cité, note 38 : les fondations de l'archevêque Geoffroi de Lorroux (Bordeaux 1134-1154) à Sablonceaux et Fontaine-le-Comte (vers 1130), Lisle-en-Médoc, de Géraud de Monlezun à Chancelade, l'abbaye de Saint-Amand-de-Coly, sont marquées par cette « quasi-austérité » que l'on peut remarquer dans beaucoup d'autres monuments.
47. G. THOLIN, opuscule cité, pages 63-67.
48. Voir en particulier les plans de petites églises béarnaises reproduits par V. ALLEGRE, « Les vieilles églises du Béarn », Toulouse, 1952, tome II, plans 22 A et B.

Sources: Charles HIGOUNET ET J, GARDELLES - Actes du 87e Congrès national des sociétés savantes, Poitiers, 1962. Section d'archéologie, page 173, Paris Imprimerie Nationale 1963. - Bnf

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