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Quelques études réalisées sur les Templiers

Les Templiers en Roussillon
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Maisons du Temple en Roussillon
En 1129, époque où les Templiers commençaient à se répandre en Europe, il arriva deux chevaliers de cet ordre en Catalogne, frère Hugues Rigald et frère Pierre Bernard, de Perpignan, qui furent très-bien accueillis par le Comte de Barcelone Bérenger III. Ce prince fut si touché de leurs vertus et si charmé de leur ardeur guerrière, qu'il leur donna le château et la Granyena, à quatre lieues de l'Ebre, sur la gauche du Sègre. Bien plus, il prit lui-même l'habit de Templier et fit sa profession, entre les mains de ces deux chevaliers, l'an 1130 qui fut celui de sa mort. (Archives de Barcelone, Cartulaire du Temple, folio 84)

Les Templiers ne tardèrent pas à venir s'établir en Roussillon. Le 5 des nones d'octobre 1132, Bernard Pierre, seigneur de Banyuls-dels-Aspres, leur fit don d'une métairie dans le territoire de ce lieu, appelée « lo Contrast », avec ses dépendances, d'un homme lige qui l'habitait, de deux champs dans le territoire de « Brulla » et de la juridiction qu'il avait acquise de sa soeur sur un fief de son neveu.
1. Résumé, pour le fonds, d'un ancien cartulaire de près 1000 pages, où tout se trouve confondu, sans aucun ordre, et qui n'avait pas encore été exploré.  
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Mas-Deu
L'année suivante et le 4 des calendes d'août, une veuve nommée « Azalaïdis » donna à la sainte milice, avec l'assentiment de ses trois fils et de son gendre, un alleu situé au lieu dit « Cira » dans les territoires d'Anyils et de « Vilamulaca », que les chevaliers avaient racheté des mains d'Oliba de Candell, à qui il avait été engagé pour quatre livres d'argent. Cette donation fut acceptée par le chevalier Hugues Rigald, assisté de ses confrères Pierre-Bernard, de Perpignan, Bernard de Peralada et Bernard Utalgar.

L'alleu de Cira prit bientôt le nom de Mas-Deu (Maison-Dieu) et devint la commanderie principale et centrale de la contrée. Le nom de Mas-Deu paraît pour la première fois dans un acte de l'an 1137, et le titre de commandeur dans un autre de 1160. Dans un acte de 1151, on trouve un Arnaud de Saint-Cyprien, avec le titre de « magister ad mansionem templi. »

Le détail de toutes les acquisitions, que fit successivement cette commanderie, serait beaucoup trop long à exposer ici. Nous nous contenterons d'en signaler un qui paraît être le plus notable. C'est celle de l'Ancien Monastère double de Saint-Sauveur de Cira, près du Mas-Deu, vendu en 1237 par ordre de l'abbé de Saint-Sauveur de Beéda, diocèse de Gironne, de qui il dépendait, pour le prix de 12,000 sous melgoriens. Ce domaine se composait d'un grand nombre de métairies et d'autres propriétés situées dans les territoires de Toluges, de Canohas, de Banyuls, de Trullars, d'Anyils, du Monastir-del-Camp, de Saint-Jean de Pla-de-Corts, etc.  
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Mas de Lagarrigue ou de « Font couverte », sur, le Réart
En 1149, la milice reçut de la munificence de Gaufred, comte de Roussillon, et de son fils Guinard, un alleu qui s'étendait depuis une métairie appelée d'Escarbot jusqu'à Saint-Julien de Vilanova, entre deux chemins, dont l'un conduisait de Mallolas et l'autre de Perpignan au même lieu de Vilanova. Les mêmes seigneurs confirmèrent et accrurent cette donation en 1153 et en 1155. Telle fut la commanderie du Mas de la Garriga, dénomination qu'on trouve déjà en 1167. L'acte connu le plus ancien où figure le titre de commandeur est de l'an 1199.  
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Palau
Le premier établissement de l'ordre à Palau fut une métairie avec un pré attenant, situés dans le village, que lui léguèrent en franc-alleu deux frères nommés Guillaume Raymond et Pierre Raymond. Cette acquisition fut amortie en 1155 par le comte Gaufred et par son fils Gérard. Ce dernier, devenu comte de Roussillon, légua aux Templiers, par son testament de l'an 1172, son château de Palau avec toutes ses appartenances et ses dépendances.

En 1198, Guillaume de Rocafort (1), commandeur de Palau, intervint dans un acte d'achat des droits du quint sur les vignes du territoire.

En 1199, un autre commandeur, Bernard de Belcayre, accepta, avec ceux de la Garrigue et du Mas-Deu, la donation d'un héritage à Palau, faite par Guillaume Arnaldi qui se donna lui-même à la milice. Bien d'autres domaines furent encore acquis ou concédés à la commanderie du château de Palau.
1. En 1244, on trouve un lieutenant de grand-maître de ce même nom.  
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Maison du Temple de Perpignan
Le comte Gérard, dans son testament de 1172, légua à la milice les fours de Perpignan avec le droit de banalité; ce legs semble supposer que les Templiers avaient à cette époque quelque hospice dans la ville. Un acte de l'an 1203 nomme la Maison du Temple de Perpignan, et un antre de l'an 1211 fait mention de François Balaguer, commandeur de dette maison.

De même que les rois de France et d'Angleterre déposaient anciennement leur trésor et celui de l'Etat dans les palais du Temple, le premier roi de Majorque, Jacques Ier, qui avait établi sa résidence au château de Perpignan, tenait le sien enfermé dans la maison du Temple de cette ville. Zurita nous apprend que c'était une forteresse respectable, et si le Roi d'Aragon y pénétra lorsqu'il s'empara de Perpignan par surprise en 1285, il est clair que les chevaliers partageant les sentiments des Perpignanais, durent lui en ouvrir les portes.

Le Temple possédait de nombreux espaces de terrain vague dans l'ancienne enceinte de la ville, bornée comme l'on sait à la paroisse Saint-Jean. Il en possédait un d'une grande étendue hors de la porte de Mallolas, laquelle se trouvait à l'extrémité de cette enceinte vers le « Pont den Bastit ». Ce fonds, appelé « la Trilla (treille) del Temple », était situé entre les portes actuelles du Sel et de Saint-Martin, la grande rue et le rempart. Le cartulaire ne donne aucun indice sur l'acquisition de ces emplacements ; mais il nous les montre successivement inféodé par la milice, en entier ou par parcelles, à des particuliers qui s'obligeaient à y bâtir une ou plusieurs maisons dans le délai de deux ans, sous peine de déchéance. Ces inféodations sont au nombre de 300, dont le tiers concerne la partie en dehors de la porte de Mallolas, elles furent faites de 1241 à 1282. On voit par là combien la population et l'agrandissement de Perpignan sont redevables aux Templiers.  
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Saint-Hippolyte
Deux champs et quelques droits seigneuriaux dans le territoire de Saint-Hippolyte, vendus en franc-alleu à la milice ; en 1207, un alleu et un fief légués à la même, quatre mois après, par Bérenger de Palazol (1), paraissent avoir été le fondement de ce domaine du Temple. Pons de Vernet, riche et puissant seigneur, en augmenta considérablement la valeur et l'étendue : d'abord par deux donations faites en 1208 ; puis en vendant au Mas-Deu, en 1209, un grand nombre de pièces de terre, de métairies, de fiefs et les droits qu'il pouvait avoir dans le château de Saint-Hippolyte et ses dépendances, etc. ; enfin, en lui léguant par testament en 1211, le lieu, le château et tout ce qu'il pouvait avoir dans le territoire de Saint-Hippolyte, terres, édifices, vassaux, droits quelconques, le quart de la dîme sur le poisson de Torrelles, de Salses et de Barres, son cheval, ses armes et sa cuirasse.

En 1216, on trouve dans un autre recueil, un frère Cabot, avec le titre de commandeur du château de Saint-Hippolyte.

Les droits sur ce château, légués par Pons de Vernet, n'étaient pas sans doute complets ou très légitimes, puisque nous le voyons vendu une première fois en franc-alleu, à la milice, l'an 1236, par le chevalier Pierre de Castello pour 2,000 sous melgoriens, et une seconde fois en 1246, par un autre Pons de Vernet, petit-fils du précédent, pour la même somme de 2000 sous melgoriens, avec toutes appartenances et dépendances, chevaliers, vassaux, fiefs, justice civile et criminelle, etc.
1. C'est le nom que porte un des troubadours du Roussillon. Le Cartulaire du Temple fait voir le tort qu'on a eu dans ce dernier temps de le changer en celui de « Bérenger de Paracols. » Voyez l'Annuaire du département, 1834, page 140.  
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Orle
Le château, le village et le territoire d'Orle furent vendus, en 1271, à la milice du Temple du Mas-Deu, par le chevalier Bernard d'Oms, en franc-alleu, avec tous droits et toute juridiction.

En 1278, Jaubert du Soler, chevalier, vendit à la même milice tout ce qu'il avait de propriétés et de droits dans le hameau et dans le territoire de Saint-Etienne d'Orle, aux lieux dits « Las Grirrigolas », « l'Albedra », la Vallauria », et au lieu dit « la Pera » dans le territoire de Toluges.  
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Communes et les territoires où ils étaient situés
Ici finissent les renseignements les plus importants qu'offre le cartulaire relativement aux commanderies et aux châteaux de nos Templiers. Pour donner maintenant un aperçu des biens que, d'après ce cartulaire, ils ont possédés dans le département, nous allons signaler les communes et les territoires où ils étaient situés en plus ou moins grand nombre.

Cette indication aura l'avantage d'éclairer les gens du pays qui, par suite de la haute opinion, traditionnelle qu'a laissée partout le nom des Templiers, se flattent, avec ou sans raison, d'avoir eu chez eux quelque établissement ou quelque domaine de leur dépendance. Elle servira aussi à détruire ce préjugé, né d'un profond sentiment religieux, que le jour où fut fulminé le décret d'abolition de l'ordre, les linteaux monolithes des portes de ses églises se fendirent tous, et que par conséquent toutes les églises qui présentent cet accident lui ont appartenu.  
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1. Premier arrondissement
Canton de Perpignan
Alenya, Bonpas, Cabestany, Canet, Canohas, Castel-Roussillon, Cornella-del-Bercol, Mallolas, Perpignan, Saint-Mamert, Orle, Toluges, Tésa, Vernet, Villeneuve-de-la-Raho, Villeneuve-de-la-Rivière.

Canton de Rivesaltes
Garrius, Juègues, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent, Salses, Torrellas.

Canton de Millas
Corbéra, Saint-Feliu-d'Aval (dès 1137, nombreuses propriétés).

Canton de Tuhir
Anyils, Bages, Brulla, Camelas, Candell, Forgues, Llauro, Llupia, Monastir-del-Camp, Ortafa, Passa, Pollestres, Pontella, Terrats, Trullas, Trasserra, Vilamulaca, Vilarmila.

Canton de Saint-Paul
Auxonis, Borrat, Calmes, Jonqueroles, Prugnanes, Saint-Arnac, Saint-Etienne-de-Derg.

Canton de Latour
Mateperuste (bois), Tournefort.  
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2. Deuxième arrondissement
Canton de Céret
Banyuls-dels-Aspres, Céret, la Clusa, las Illas, le Vilar-d'Amont, Maurellas, (dix ou douze métairies, terres, droits, etc.), Saint-Jean-Pla-de-Corts, Saint-Martin, Vilaclara, Vivers.

Canton d'Argelès
Albéra, Argelès, Collioure, Palau, Pacol, Pujols, Suréda, Tatzo d'Aval, Vallbona.

Canton d'Arles
Montbolo, Saint-Marsal.

Canton de Prats-de-Mollo
Mas-Tallet.  
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3. Troisième arrondissement
Canton de Prades
Mosset, Orbanya, Villefranche.

Canton de Vinca
Belpuig, Finestret.

Canton de Sournia
Rebolhet.

Canton d'Oléta
Carensa.

C'est une chose digne de remarque, que le territoire de la Maison du Mas-Deu s'étendait précisément jusqu'aux limites qui ont été assignées à notre département dans la nouvelle division de la France.  
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Après 1312
Après l'extinction de l'Ordre du Temple, qui heureusement ne fut point accompagné ici de condamnation, les biens de nos Templiers furent donnés, comme ailleurs, aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, possesseurs alors de la seule commanderie de Bajolas, avec ses dépendances à Cabestany, à Saint-Nazaire, à Villarasa, à Collioure, à Bonpas, etc.

Bernard de Farges, Archevêque de Narbonne, convoqua son concile provincial par lettres du ? septembre 1315. Il y appela entre autres Guillaume, évêque d'Elne, son suffragant, avec ordre d'amener les Templiers détenus en son diocèse, et de les lui remettre avec les procédures instruites contre eux, pour disposer de leurs personnes. Guillaume étant absent et éloigné, le roi de Majorque, à qui il en fut référé, fit répondre qu'ayant été chargé par le feu Pape de la garde des Templiers, il ne pouvait les remettre sans un ordre de son successeur, et que s'ils devaient être punis, ce ne devait être que dans son domaine. Jean XXII, élu en 1316, accorda l'autorisation de livrer les Templiers (Don Vaissette Gallia). L'Archevêque ne tint plus de Concile, à ce qu'il paraît, et nous ne connaissons pas précisément la suite du procès. Ce qu'il y a de précis, c'est que les Templiers du Roussillon n'avouèrent aucun des chefs d'accusation, comme le témoigne M. Raynouard, et qu'on ne trouva point les Templiers coupables dans le ressort de l'archevêché de Narbonne.
Sources : M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

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