Les Templiers   Les neuf Croisades   Les Croisades

Joseph-François Michaud - Histoire des Croisades

Menu général des neuf croisades

 

Première Croisade

 

 
12 - La victoire des soldats Chrétiens sur les soldats Musulmans
SIGNOL Emile PRISE DE JERUSALEM.15 JUILLET 1099 Mais le combat allait bientôt changer de face. Tout à coup les croisés voient paraître sur le mont des Oliviers
mont des Oliviers
un cavalier agitant un bouclier et donnant à l'armée chrétienne le signal pour entrer dans la ville. Godefroy et Raymond, qui l'aperçoivent les premiers et en même temps, s'écrient que saint George vient au secours des chrétiens. Le tumulte du combat n'admet ni réflexion ni examen, et la vue du cavalier céleste embrase les assiégeants d'une nouvelle ardeur : ils reviennent à la charge. Les femmes mêmes, les enfants, les malades, accourent dans la mêlée, apportent de l'eau, des vivres, des armes, réunissent leurs efforts à ceux des soldats pour approcher des remparts les tours roulantes, effroi des ennemis. Celle de Godefroy s'avance au milieu d'une terrible décharge de pierres, de traits, de feu grégeois, et laisse tomber son pont-levis sur la muraille. Des dards enflammés volent en même temps contre les machines des assiégés, contre les sacs de paille et de foin et les ballots de laine qui recouvraient les derniers murs de la ville. Le vent allume l'incendie et pousse la flamme sur les musulmans. Ceux-ci, enveloppés de tourbillons de feu et de fumée, reculent à l'aspect des lances et des épées des chrétiens. Godefroy, précédé des deux frères Lethalde et Engelbert de Tournai, suivi de Baudouin du Bourg, d'Eustache, de Rimbaud Croton, de Guicher, de Bernard de Saint-Vallier, d'Amenjeu d'Albret, enfonce les ennemis, les poursuit et s'élance sur leurs traces dans Jérusalem. Tous les braves qui combattaient sur la plate-forme de la tour, suivent leur intrépide chef, pénètrent avec lui dans les rues, et massacrent tout ce qu'ils rencontrent sur leur passage.

En même temps le bruit se répand dans l'armée chrétienne que le saint pontife Adhémar et plusieurs croisés morts pendant le siège viennent de paraître à la tête des assaillants et d'arborer les drapeaux de la croix sur les tours de Jérusalem. Tancrède et les deux Robert, animés par ce récit, font de nouveaux efforts, et se jettent enfin dans la place, accompagnés d'Hugues de Saint-Paul, de Gérard de Roussillon, de Louis de Mouson, de Conon et Lambert de Montaigu, de Gaston de Béarn. Une foule de braves les suivent de près : les uns entrent par une brèche à demi ouverte, les autres escaladent les murs avec des échelles, plusieurs s'élancent du haut des tours de bois. Les musulmans fuient de toutes parts, et Jérusalem retentit du cri de victoire des croisés : Dieu le veut ! Dieu le veut ! Les compagnons de Godefroy et de Tancrède vont enfoncer à coups de hache la porte de Saint-étienne, et la ville est ouverte à la foule des croisés, qui se pressent à l'entrée et se disputent l'honneur de porter les derniers coups aux infidèles.

Raymond éprouvait seul encore quelque résistance. Averti de la conquête des chrétiens par les cris des musulmans, par le bruit des armes et le tumulte qu'il entend dans la ville, il relève le courage de ses soldats. Ceux-ci, impatients de rejoindre leurs compagnons, abandonnent leur tour et leurs machines qu'ils ne pouvaient plus faire mouvoir. Se pressant sur des échelles et s'aidant les uns les autres, ils parviennent au sommet du rempart : ils sont précédés du comte de Toulouse, de Raymond Pelet, de l'évêque de Bira, du comte de Die, de Guillaume de Sabran. Rien ne peut arrêter leur attaque impétueuse : ils dispersent les musulmans, qui vont se réfugier avec leur émir dans la forteresse de David (3), et bientôt tous les croisés, réunis dans Jérusalem, s'embrassent, pleurent de joie, et ne songent plus qu'à poursuivre leur victoire.

Suite

Sources : Joseph-François Michaud - Histoire des Croisades. Dezorby, E. Magdeleine et Cie Editeurs. 1841
Top

 

Notes
3. Les auteurs orientaux ne donnent presque point de détails sur le siège de Jérusalem. Les histoires manuscrites arabes qui se trouvent à la Bibliothèque royale et dont M. Reinaud a traduit le récit (Bibliothèque des Croisades) ne renferment que des renseignements vagues. Il y est dit seulement que le siège dura plus de quarante jours, que les chrétiens tuèrent un grand nombre de musulmans. On peut faire ici une remarque générale : les historiens arabes, lorsque les musulmans éprouvent des revers sont avares de détails, et se contentent de dire des choses vagues, en ajoutant ces mots : Ainsi Dieu l'a voulu, que Dieu maudisse les chrétiens ! Aboul Féda ne donne guère plus de détails que les autres. Il dit que le massacre des musulmans dura sept jours de suite et que soixante-dix mille personnes furent tuées dans la mosquée d'Omar : ce qui est évidemment exagéré.

Sources : Joseph-François Michaud - Histoire des Croisades. Dezorby, E. Magdeleine et Cie Editeurs. 1841

Les Croisades visitées 509184 fois

Licence Creative Commons
Les Templiers et Les Croisades de Jack Bocar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une oeuvre à http://www.templiers.net/.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.templiers.net/.