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Les commanderies de l'Ordre du Temple

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Cabanne (La)   (17)
Maison du Temple de La Cabanne
Charente-Maritime, arrondissement Rochefort, canton Surgères, commune Saint-Georges-du-Bois


Maison du Temple de La Cabane

Localisation: Maison du Temple de La Cabane


Aucun document ne permet d'attribuer au Temple ou à l'Hôpital la fondation de cette maison dépendant de la commanderie du Temple de La Rochelle au XIVe siècle.

En 1373, elle était gouvernée par un frère prêtre âgé de 40 ans environ, Jean Regnon, qui y habitait avec un domestique et une servante. Les troubles du temps avaient fait tomber ses rentes annuelles, en argent, de 42 livres 12 sous 6 deniers à 18 livres 6 sous 6 deniers. De 8 à 10 setiers, les rentes et terrages en grain étaient passés à 20 boisseaux estimés 1 livre 13 sous 4 deniers. En raison des guerres, beaucoup des terres étaient incultes et les broussailles avaient envahi les champs (creveruntque ibidem nemora in multitudine). La culture des quelques terres encore emblavées coûtait fort cher et ne rapportait, tous frais payés, que 10 setiers de céréales par an, évalués 15 livres. Le foin récolté dans les prés était estimé 20 livres mais, une fois prélevée la quantité nécessaire à la nourriture du bétail de la maison, la vente du reste ne rapportait que 50 sous. Les rentes en vin étaient de 4 tonneaux sur lesquels 2 étaient réservés à la consommation du gouverneur, de ses serviteurs et des hôtes de passage, les 2 autres étaient vendus 12 livres.

L'enquête de 1373 ne mentionne pas de chapelle à La Cabane. Il semble bien pourtant qu'il en ait existé une puisqu'un document du XVe siècle indique que — ...d'ancienneté il y souloit avoir chapelle garnie d'aulter et y a encores gens en vie qui l'ont veu... et qui y ont veu chanter et vestir des frères dudit ordre de Saint Jean de Jérusalem —.

La maison de La Cabane possédait un droit d'usage dans la forêt toute proche de Benon. Elle pouvait y prendre du bois de chauffage et y faire pacager son bétail.

En 1564, La Cabane était considérée comme une simple métairie et les visiteurs notent dans leur procès-verbal — ...nous sommes enquis... s'il y avoit chappelle en la subjection ou collation du commandeur, nous ont dit que non —. Aucune allusion à des ruines de chapelle n'est faite dans ce document.

En 1675, le rapport des commissaires montre les bâtiments de La Cabane en piteux état: —...après avoir assemblé les habitans dudit lieu et nous estre informé des logemans de ladite seigneurie, nous ont fait voir certaines mazures, contenant en leur largeur, huit toizes et demye et dix toizes de longueur, opozés du costé du village par un bout au septantrion et de l'autre bout au midy, consistant en maison, grange, escurie, toîts à pourceau, brebis et pigeonnier, tous lesquels bastimans il est besoing de restablir pour loger les fruits de la mesterie de La Cabanne... l'ung des anciens habitans du lieu nous a dit avoir veu la charpente desdits bastimans et qu'il y a quarante ans qu'ung commandeur de ladite commanderie avoit fait marché pour remettre les bastimans en estât d'y pouvoir loger et y serrer les fruits—.

En 1699, les édifices, récemment restaurés, sont jugés en bon état de même qu'au siècle suivant, en 1783.
Sources: Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - Anne-Maris Legras - Editions du CNRS - 1983

Maison du Temple de La Cabanne
Frère Guillaume de la Cabanne, sergent, est mentionné dans les pièces du procès des Templiers. La proximité géographique des lieux cités dans sa déposition semble bien le rattacher à cette maison.

Cependant, seule une enquête du XVe siècle nous permet d'inclure avec certitude La Cabanne parmi les maisons templières. Divers droits possédés par cette maison dans la forêt de Benon portaient le nom de « Montre des Croisés » qui consistait au «... droit de prendre tant pour eux que lours hommes et tenant leur usage et exploit de chauffage par toute la forest de Benon, droit de pascage, droit et exploit de monstre grousse et graille en ladite forest tant pour édifier, rédiffier que pour lours ustenciles nécessaires pour ladite maison... ».
Jean-Claude Bonnin - Les Templiers de La Rochelle. La commanderie, la chapelle, les fiefs, seigneureries et maisons templières. La Rochelle : J.-C. Bonnin. 2005
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Cabriac   (11)
Maison du Temple de Cabriac
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Capendu, commune: Douzens 11


Maison du Temple de Cabriac
Localisation: Maison du Temple de Cabriac


Les Templiers de Douzens, avaient dans l'environnement de la commanderie même, une possession qui se nommait « Cabriac », elle était elle aussi très importante et d'un très gros revenu.

Je vous donne quelques actes qui concernent cette Maison de Cabriac

1169, 24 novembre. Gilles fait don à la milice du Temple, avec le consentement de son père, de sa personne et de « l'honneur » qu'il avait dans le territoire de Cabriac.

1169, 5 mars. Raimond d'Albas fait son testament, par lequel il donne à la milice du Temple sa personne, son « honneur » et tous les biens qu'il avait dans la « villa » et le terroire de Cabriac.
A. Original: Arch. Haute-Garonne, H Malte, fonds de Douzens, liasse 29 (anc. Cabriac, liasse 1, nº 9).
La concordance d'un mercredi avec le 5 mars s'observe bien en 1169; le millésime a donc changé avant cette date. Le scribe a donc employé soit le style de Noël, soit plus probablement le style de l'Annonciation selon le calcul pisan.

1169, 9 décembre. Alazaïs (Aladaicia) Xatmara, ses enfants et son gendre vendent au Temple trois pièces de terre dans le terroir de Cabriac, pour 104 sous melg. - Serment de Gaviosa.

1157, 11 février. Bernard, fils de Raimond At (Ato) et sa soeur Columba donnent au Temple « l'honneur » qu'ils avaient dans les terroirs de Douzens et Cabriac, avec réserves concernant les droits de Columba et de son mari, plus trois vignes à Villar-Tinhol et des fief s que Raimond tenait du Temple.

1163, juin. Pierre de Bubas et sa famille échangent avec les frères de la milice une pièce de terre dans le terroir de Cabriac, contre un « honneur » à Bubas.

1159, 13 juillet. Garsen (Garsendis) et les siens échangent avec Hugues de Bubas, leur parent, et ses confrères du Temple, un jardin sis au terroir de Cabriac et dont une convention règle l'irrigation, contre une pièce de vigne, 10 sous, valeur pour laquelle ils avaient engagé au Temple une terre, et le rachat du gage de 8 sous qui grevait le jardin.

1171, 4 mars. Garsen (Guarsendis) confirme en son nom et en celui de ses enfants la donation faite au Temple par feu Raimond d'Albas, son frère, d'un « honneur » à Cabriac. Si les frères de la milice ne pouvaient entrer en possession des biens donnés, elle devrait leur restituer les 25 sous melg. qu'elle a reçus d'eux en aumône. Elle confirme par serment l'ensemble de ces dispositions.

1110, 24 avril. Arsen (Arsendis) et Lucie échangent avec Foi leur soeur « l'honneur » de Cabriac contre un autre honneur ayant appartenu à leurs parents. Lucie échange avec Foi les trois parts qu'elle possède sur les oliviers de « Vassa », engagées par Raimond « Siger », contre une vigne à Barbaira. Clauses de réversibilité en faveur de Foi.
Le nom d'Ermengau de Barbaira, cité à la fin, se retrouve à la date de 1113 (nº 89). Bien que n'intéressant pas directement le Temple, cet acte a été joint au précédent à cause de l'honneur de Cabriac: il n'y a pas de raison de penser que sa date soit erronée.
Sources: Cartulaires des Templiers de Douzens - Publiés par Gérard et Elisabeth Magnou, sous la direction de Philippe Wolff - Paris, Bibliothèque Nationale - 1965
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Cabrieres (Gard)   (30)
Domaines du Temple à Cabrières
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Marguerittes - 30


Domaines du Temple à Cabrières
Localisation: Domaines du Temple à Cabrières


Certaines munificences seigneuriales sont particulièrement remarquables. En 1146, Pons de Meynes donne la coseigneurie de quatre castra avec tous les biens qu'il y posséde à Trévils « Saint-Martin-de-Trévils, église rurale, détruite Ecclesia Sancti-Martini de Trivils; fratres de Templo de Trevils, sive ad Montfrin, 1161.
(bibliothèque du grand séminaire de Nîmes)

Montfrin
Département Gard, Arrondissement Nîmes, Canton Aramon - 30


Maison du temple de Montfrin
Localisation: Maison du temple de Montfrin



Meynes
Département Gard, Arrondissement de Nîmes, Canton d'Aramon - 30


Domaine du Temple de Meynes
Localisation: Domaine du Temple de Meynes



Théziers
Département Gard, Arrondissement de Nîmes, Canton d'Aramon - 30


Domaine du Temple de Théziers
Localisation: Domaine du temple de Théziers



Bassargues
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Remoulins - 30


Domaine du Temple de Bassargues
Localisation: Domaine du Temple de Bassargues


— Un jardin et un manse à Bassargues avec l'homme qui l'habite, un honneur à Montagnac, ce qu'il a à Cabrières, un fief à Fourques, des biens à Saint-Gilles et enfin le quart du fief de Pouzilhac

Saint-Gilles
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Maison du Temple de Saint-Gilles
Localisation: Maison du Temple de Saint-Gilles


— Les biens donnés à Saint-Gilles ne sont pas détaillés dans la charte de donation mais nous sont connus par une confirmation adressée aux Templiers par l'abbé en 1156: il s'agit de cens prélevés sur au moins cinq maisons, un atelier et deux vignes:
Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 007 et Chartier du Temple de Montfrin et les Maisons du Gard, nº 001

Calvisson
Département Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Sommières - 30


Domaine du Temple de Calvisson
Localisation: Domaine du Temple de Calvisson


— Ainsi, rares sont les chartes illustrant la constitution des domaines de Calvisson ou d'Aimargues.
— Mais également de castra environnant Nîmes, comme Cabrières, Marguerittes et Manduel.

Les Templiers concèdent pourtant des terres en emphytéose dans tous ces lieux dès les années 1160, ce qui suggère la présence d'un patrimoine sans doute déjà respectable.
— Baux à Calvisson.
— Quelques achats apparaissent à Manduel et à Cabrières entre 1160 et 1188:
Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 013, 034, 099, 169
— D'autres secteurs dépendant de la maison de Saint-Gilles accueillent des fiefs: Cabrières:
— Albergue de cinq cavaliers versée en échange d'un fief à Cabrières:
« Chartier du Temple de Saint-Gilles, (nº 099) »
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Saint-Martin-de-Trévils
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Aramon - 30


Eglise de Saint-Martin
Localisation: Eglise de Saint-Martin


— Eglise rurale, aujourd'hui détruite, commune de Montfrin.
— Ecclesia Sancti-Martini de Trevils.
— Frates de Templo de Trevils, sive ad Montfrin, 1161 (Bibliothèque du grand séminiaire de Nîmes)
— Cette église dépendait du prieuré de Saint-Privat (E. Trenquire, Mémoires sur Montfrin)
— C'est encore aujourd'hui le nom d'une section cadastrale de la commune de Montfrin.
Sources: Dictionnaire Topographique du département du Gard, rédigé sous les auspices de l'académie du Gard par M. E. Germer-Durand, membre de cette académie. Paris Imprimerie Impériale M DCCC LXVIII.
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Cadeillan   (32)
Biens du Temple à Cadeillan
Département: Gers, Arrondissement: Auch, Canton: Lombez - 32


Biens du Temple à Cadeillan
Localisation: Biens du Temple à Cadeillan


De la commanderie de Montsaunès dépendait, dès l'origine, le membre de Cadeillan, situé dans la partie méridionale de la Gascogne. Ici, le seul document qui nous reste de la domination des Templiers dans cette localité est un acte qu'ils semblent avoir légué en partant à leurs vassaux de Cadeillan, comme pour inspirer leurs regrets.

C'est une charte par laquelle Bernard de Revel, précepteur de Montsaunès, concédait aux habitants les droits d'usage de pâturage dans les bois du Temple, en n'exigeant en retour que la redevance annuelle d'une galline grasse et suffisante.
10 avril 1305 - Archives de Cadeillan.

A une petite distance de Cadeillan, l'Ordre de Saint-Jean possédait en paréage avec le roi la ville de Plantier ou de Saint-Jean du Planté.
Après la suppression du Temple, les chevaliers réunirent ces deux domaines et en formèrent la Commanderie de Plantier, qui subsista jusqu'au XVIe siècle, époque où elle fut réunie à celle de Montsaunès. Mais ce ne fut pas du reste la dernière transformation de cette petite circonscription de l'Ordre.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, elle fut de nouveau reconstituée; vers la fin de ce siècle, elle fut supprimée une seconde fois Cadeillan fut réunie à Montsaunès et le Plantier fut adjoint, malgré son éloignement, à la commanderie de Lugan, située dans le Rouergue.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M. A. Du Bourg (1883)

Maison du Temple de Cadeillan
Sa situation stratégique en a fait depuis le Haut Moyen Age le siège de deux Commanderies d'Ordres de Chevalerie, disposant d'un château, sis au Lieu dit Le Casteret, disparu depuis, et d'une église, demeurée en son emplacement actuel.

Cadeillan fut une Commanderie de l'Ordre des Templiers, jusqu'à la dissolution de l'Ordre en 1312 par le Pape Clément V, sous le règne de Philippe le Bel.
C'est en 1305 que le Commandeur de Montsaunès, Bernard de Revel, donna à Cadeillan le statut de Commune.

De 1312 à la révolution, Cadeillan fut une Commanderie de l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, devenu, après la prise de l'île de Rhodes par les Turcs en 1522, l'Ordre des Chevaliers de Malte (1530).

L'église actuelle possède, peintes au plafond, au-dessus du choeur, les deux croix de l'Ordre des Chevaliers de Saint Jean et de l'Ordre de Malte. Elle renferme la tombe de Pierre de Carsalade du Pont, seigneur de Cadeillan, Chevalier de l'Ordre de Saint Louis, qui possédait une maison forte au lieu-dit « Au Pont. » Le tabernacle de l'église, en bois doré, date du XVIIIème siècle.
Sources: Lombez Tourisme
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Caen   (14)
Les Templiers dans le bailliage de Caen
Département: Calvados, Arrondissement et Canton: Caen - 14

Les aléas de l'histoire font que bien des aspects de la vie des maisons du Temple en Occident nous échappent à jamais. L'étude des hommes qui se succédèrent deux siècles durant dans ces commanderies est un sujet des plus obscurs, du moins jusqu'aux abords du XIVe siècle. En effet, par une paradoxale et cruelle ironie du sort, il aura fallu attendre les tristes circonstances de « l'affaire des Templiers » et la mort programmée de l'Ordre pour que ses derniers membres quittent, pour leur malheur, le paisible anonymat dont jouissaient leurs prédécesseurs.

Les cinq établissements du Temple installés dans les limites du bailliage de Caen, à savoir:
BaugyDomaine du Temple à Baugy
Biens du Temple à Baugy
: Commune de Planquery, Calvados, arrondissement Bayeux, canton Balleroy
CourvalDomaine du Temple à Courval
Biens du Temple à Courval
: Commune de Vassy, Calvados, arrondissement Vire, chef-lieux de canton
Bretteville-le-RabetDomaine du Temple à Bretteville-le-Rabet
Biens du Temple à Bretteville-le-Rabet
: Calvados, arrondissement Caen, canton Bretteville-sur-Laize
VoymerDomaine du Temple à Voymer
Biens du Temple à Voymer
: Commune de Fontaine-le-Pin, Calvados, arrondissement Caen, canton Bretteville-sur-Laize
LouvignyDomaine du Temple à Louvigny
Biens du Temple à Louvigny
: Commune de Ferrière-la-Verrerie, Orne, arrondissement Alençon, canton Courtomer
FresneauxDomaine du Temple à Fresneaux
Biens du Temple à Fresneaux
: Commune d'Aunou-sur-Orne, Orne, arrondissement Alençon, canton Sées
— La petite maison de Louvigny, dépendant de celle de Fresneaux, ne déroge pas sur ce sujet à la règle générale.

Les noms de Templiers relevés dans les actes concernant ces commanderies sont fort rares pour les XIIe et XIIIe siècles. Ainsi peut-on citer à titre d'exemple frère Guillaume Oeil-de-Boeuf maître de la milice du Temple « en deçà de la mer » (Frater Oculus Bovis, militiae Templi citra mare magister humilis) - c'est-à-dire en Occident - qui, à Noël 1206, concéda au chapitre de Bayeux une portion de dîme à Carcagny appartenant précédemment à la maison de Baugy.

En juin 1226, c'est frère Guillaume Aquila, précepteur des maisons du Temple en Normandie, (Fratrem Willelmum Aquila, preceptorem domorum templi in Normannia) qui apparaît dans une affaire opposant l'abbaye d'Aunay à la maison du Temple de Courval, au sujet de deux gerbes de dîme à Vassy.

On peut encore évoquer frère Robert Paiart, exerçant la même fonction (Frater Robertus Paiart, preceptor milicie templi in Normannia), qui est cité à plusieurs reprises entre 1258 et 1261, d'abord dans le différend opposant de nouveau l'abbaye d'Aunay à la maison de Courval, puis dans celui qui opposa le prieuré du Plessis-Grimoult aux maisons de Baugy et Bretteville-le-Rabet.

Il faut cependant remarquer que tous ces personnages sont des dignitaires de l'Ordre, intervenant occasionnellement dans des affaires d'importance impliquant le patrimoine ou mettant en jeu des sommes d'argent conséquentes. Des simples frères demeurant alors dans lesdites maisons du bailliage de Caen, nous ne savons rien, à une exception près: dans une charte non datée, mais attribuable au milieu ou à la seconde moitié du XIIe siècle, confirmant le don des dîmes de la paroisse de Bretteville-le-Rabet au prieuré du Plessis-Grimoult, apparaît en tant que témoin un certain Ranulf templier. On peut logiquement supposer que ce Ranulf était alors précepteur de la commanderie de Bretteville-le-Rabet.

Pour les XIIe et XIIIe siècles, notre information se limite donc à quelques noms et quelques titres, sans autres éléments pour esquisser une biographie, même sommaire. Pour accéder à un niveau supérieur de connaissance sur les frères du Temple, il faut attendre le début de l'affaire des Templiers.

Le procès de l'Ordre du Temple qui dura plusieurs années a donné naissance, ne serait-ce que pour le royaume de France, à une documentation qui devait être considérable à l'origine. Même si celle-ci a connu d'innombrables pertes, elle n'en demeure pas moins importante, quoiqu'assez inégale selon les endroits concernés. De ce point de vue, les maisons du bailliage de Caen sont particulièrement bien servies puisque plusieurs sources documentaires sont encore existantes, cas assez exceptionnel en soi. En ce qui concerne les frères résidant dans ces commanderies, trois documents peuvent nous fournir des informations. Ce sont, en suivant l'ordre chronologique:

— Les inventaires de mise sous séquestre des biens des commanderies du bailliage de Caen effectués par les officiers royaux le vendredi 13 octobre 1307, le jour même de l'arrestation des Templiers.
— Le procès-verbal de l'interrogatoire des Templiers de ce même bailliage, mené à Caen les 28 et 29 octobre 1307 par les commissaires de l'Inquisiteur de France.
— Les procès-verbaux de l'enquête de la commission pontificale qui s'est déroulée à Paris du 8 août 1309 au 5 juin 1311 (J. Michelet).

Des trois sources utilisées, c'est sans conteste le procès-verbal de l'interrogatoire de Caen qui est le plus précieux. Nous ne souhaitons pas nous appesantir plus que nécessaire sur la première partie du procès-verbal qui relate les conditions dans lesquelles se déroula l'interrogatoire et reprend les charges qui pesaient sur l'Ordre. Les Templiers sont accusés d'être hérétiques et idolâtres — entre autres, de renier le Christ, de cracher sur la croix lors des réceptions et d'adorer des idoles — et d'avoir des pratiques obscènes et homosexuelles.

Après avoir commencé par nier, les treize Templiers du bailliage de Caen avouèrent finalement les crimes imputés à l'Ordre. Le chevalier Gautier de Bullens contesta toutefois certaines accusations telles que celles portant sur « l'ydole fait afforme d'une teste d'omme » ou sur le sacrement de l'hostie. Seul le frère Guy Pesnee interrogé le samedi 28 octobre nia toutes ces accusations et persista dans ses dénégations après avoir subi la torture; il n'avoua que le lendemain.

Au-delà de ces soi-disant aveux, l'interrogatoire de Caen apporte énormément à qui s'intéresse aux Templiers. En premier lieu, il nous fournit une liste complète des frères de l'Ordre résidant alors dans les cinq établissements du bailliage: ils étaient treize en tout et pour tout. Ce sont, en suivant l'ordre adopté par le procès-verbal:
— Le chevalier Gautier de Bullens, de la maison de Voymer,
— Matieu Renaut, commandeur de Bretteville-le-Rabet,
— Etienne de Noefcastel, commandeur de Courval,
— Giefroi Hervieu de Bretteville,
— Jehan Challet, de Bretteville,
— Guillaume le Raure, de Baugy,
— Richard Bellenguel de Courval,
— Guillain Tone, de Courval,
— Henri de Rothours, de Voymer,
— Aubin Lenglois, commandeur de Baugy,
— Christofle de Loviers, de Voymer,
— Raoul de Perrousel, de Baugy,
— Guy Pesnee, de Louvigny.

Les autres renseignements portent sur le statut dans l'Ordre de chacun d'entre eux - chevalier, sergent ou prêtre -, le diocèse d'origine, le lieu de réception ainsi que l'identité du frère qui y procéda, et le nombre d'années passées dans l'Ordre. Ces informations ont servi de base à l'élaboration de notices biographiques, qui ont été présentées sous forme d'un tableau de synthèse. Ces données ont pu être vérifiées et complétées ponctuellement par confrontation avec les deux autres sources citées précédemment.

A l'issue de la lecture de ces notices, un commentaire s'impose. La première remarque qui se dégage concerne les effectifs des maisons du Temple: ceux-ci paraissent très faibles. On compte, en effet, treize Templiers en tout et pour tout, répartis dans nos cinq établissements. Le frère Guy Pesnee demeurait seul à Louvigny, petite dépendance de la maison de Fresneaux et les autres commanderies abritaient chacune trois frères, même celle de Bretteville-le-Rabet qui occupait pourtant, semble-t-il, le deuxième rang des commanderies normandes après Saint-Etienne-de-Renneville.

Cette modicité des effectifs ne signifie pas cependant que les biens de l'Ordre étaient sous gérés car chaque établissement abritait une domesticité fort importante, comme en témoignent les inventaires établis le 13 octobre 1307.

A Baugy, du chapelain au gardien des oies, la maisonnée regroupait vingt-sept personnes en plus des trois frères et les maisons de Bretteville et de Courval comptaient au moins treize domestiques chacune.

La remarque suivante porte sur le caractère local du recrutement:
Les frères de nos commanderies étaient très majoritairement originaires de Normandie, neuf sur treize plus précisément (soit 70 %).
— Matieu Renaut,
— Henri de Rothours,
— Aubin Lenglois et
— Chritofle de Loviers.
Tous quatre originaires du diocèse d'Evreux, furent reçus dans la chapelle de Renneville, maison principale de la préceptorie de Normandie, de même qu'Etienne de Noefcastel, Richard Bellenguel et Guy Pesnee, venant, eux, du diocèse de Rouen.

Quant à Giefroi Hervieu et Guillain Tone, originaires du diocèse de Bayeux, ils furent, pour leur part, reçus à Bretteville.

A la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, les réceptions ne semblent plus se dérouler ailleurs que dans ces deux commanderies, alors que la préceptorie de Normandie compte environ douze établissements.

L'indication du nombre d'années passées dans l'Ordre par chacun de nos Templiers permet par déduction de connaître l'année de la réception, mais nous n'avons qu'une seule indication de date précise: le témoignage de Mathieu de Cresson Essart (J. Michelet, Procès des Templiers) nous apprend que Gautier de Bullens fut reçu à Paris le die martis post festum apostolorum Pétri et Pauli (le 29 juin 1294).

Nous connaissons en outre les dates de réception de quelques autres Templiers d'origine normande: furent reçus à Renneville:
— Guillaume Bonchel, circa instans festum Nativitatis beati Johannis Baptiste, erunt XII anni vel circa (24 juin 1299),
— Pierre Agate, neveu de Philippe Agate, in vigilia Symonis et Jude apostolorum, fuerunt decem anni vel circa (28 octobre 1301),
— Raoul Louvet, fuerat [in ordine] nisi per llllor menses ante captionem eorum (juin 1307),
— Thomas Quentin, reçu lui à Bretteville, circa instans festum beati Johannes, erunt X anni vel circa (30 juin 1301).
— Les indications sont peu nombreuses, mais il semble tout de même que juin soit un moment privilégié.
(Le Procès des Templiers, tome 2, pages 26-28, et pages 191-198, tome 1, pages 554-556).

Le privilège de recevoir les postulants revenait le plus souvent à un dignitaire de l'Ordre, généralement au précepteur de la province: à Renneville, deux frères furent reçus par Girart de Villers, maître de France. (Le Procès-verbal de Caen cite également un « Richard de Villers »: il faut y voir une confusion de prénoms. Consulter E.G. LEONARD, Gallicarum militiae templi domorum, Introduction au cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317) constitué par le marquis d'Albon, suivie d'un tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs, Paris, Librairie Champion, 1930, page 115).

Mais la majorité le fut par frère Philippe Agate, qui exerça successivement, ou conjointement, les fonctions de commandeur de Renneville, de précepteur de Normandie, puis en 1307, de commandeur de Sainte-Vaubourg.
(Sur Philippe Agate, voir Introduction au cartulaire manuscrit du Temple..., pages 116, 118 et 119)

La plupart des Templiers du bailliage de Caen n'avaient donc jamais quitté leur région d'origine, voire la commanderie où ils avaient été reçus. Aubin Langlois, reçu à Renneville vers l'année 1283 était déjà commandeur de Baugy vers 1299 (J. Michelet, Procès des Templiers);
Mathieu Renaut, reçu, lui, à Bretteville-le-Rabet aux environs de 1297, y était toujours vers 1301 (J. Michelet, Procès des Templiers); quand il assista à la réception de Thomas Quentin et, en 1307, il était commandeur de la maison.

Cette stabilité des effectifs était de fait nécessaire à une gestion efficace du patrimoine de l'Ordre, qui se constituait principalement de grosses exploitations agricoles.

Nos Templiers normands n'étaient assurément pas des guerriers attendant un départ de plus en plus hypothétique pour la Terre Sainte, mais d'efficaces administrateurs.

Cette transition nous amène au point suivant concernant le statut des frères de nos commanderies. En effet, à l'encontre de l'image bien implantée dans l'inconscient collectif qui représente le Templier comme un chevalier vêtu d'un manteau blanc frappé d'une croix vermeille, chevauchant en armes et toujours prêts à combattre, on constate que la très grande majorité des frères du Temple sont des sergents. Parmi nos treize Templiers, seul Gautier de Bullens se dit chevalier: tous les autres sont frères sergents !

Michel Miguet qui a pu recenser vingt-cinq Templiers pour toute la préceptorie de Normandie au début du XIVe siècle aboutit aux mêmes constatations en comptant pour sa part vingt-deux frères sergents, soit 88 % de l'effectif, deux chevaliers, soit 8 %, et un seul prêtre, soit 4 %. De même, l'étude des dépositions des Templiers des diocèses de Clermont et de Limoges a donné des résultats équivalents: sur un effectif de soixante-six, on a trouvé cinquante frères sergents (75,8 %), neuf chevaliers (13,6 %) et sept prêtres (10,6 %). Les frères chapelains sont encore moins nombreux que les chevaliers.

De fait, l'Ordre avait souvent recours au recrutement extérieur pour desservir ses chapelles: les inventaires des maisons du bailliage de Caen signalent que le 13 octobre 1307 le chapelain de la commanderie de Baugy était Monseigneur Guillaume Duredent et celui de Bretteville Monseigneur Guillebert. A Courval, on signale également un chapelain mais sans le nommer. Aucun de ces trois hommes n'était frère du Temple et ils ne furent nullement inquiétés le jour de l'arrestation. Quant au faible effectif de chevaliers, il s'explique en partie par la disparition d'un grand nombre de combattants au Proche-Orient dans les années qui précédèrent la perte du Royaume latin de Jérusalem, mais il est aussi le reflet d'une désaffection certaine de l'aristocratie pour l'idée de croisade en général et l'Ordre du Temple, de plus en plus critiqué, en particulier.

Les historiens du Temple voient dans la faiblesse du recrutement d'origine aristocratique une des causes du déclin de l'Ordre, tant au niveau spirituel qu'intellectuel, car les frères sergents remplaçaient de plus en plus fréquemment les chevaliers à la tête des commanderies et même des préceptories. Nous avons pu constater pour notre part que Matieu Renaut, Etienne de Noefcastel et Aubin Lenglois, commandeurs respectifs des maisons de Baugy, Bretteville et Courval étaient effectivement frères sergents, et que le chevalier Gautier de Bullens, pour sa part, n'était pas commandeur: le procès verbal des interrogatoires de Caen le désigne comme « compaignon de la maison deu Temple de Vaymer. » Il est par ailleurs établi que Philippe Agate, dignitaire de l'Ordre évoqué précédemment, était lui-même frère sergent.

Pour autant, faut-il en déduire que l'ordre était irrémédiablement en crise ?
Nous n'avons somme toute que peu de renseignements sur les époques antérieures et donc peu de points de comparaison. Après tout, les commanderies d'Occident n'avaient rien de commun avec les « casernes » du front, regroupant plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de combattants. Dans les premières, les frères étaient en petit nombre et ils ne menaient sûrement pas d'activités guerrières.

On peut légitimement penser qu'en Occident on avait le plus souvent affaire, en dehors des chapelains, à des frères sergents plutôt qu'à des chevaliers.
Les frères ayant des dispositions pour le combat étaient envoyés rapidement en Terre sainte, surtout dans les années qui précèdent sa perte définitive, tandis que ceux qui présentaient des dispositions pour la gestion du patrimoine restaient sur place.
La perte de la Terre Sainte en 1291 et le repli sur Chypre ou l'Occident n'a peut-être pas eu une si grande incidence sur l'organisation des maisons rurales.
De plus, jusqu'à ses dernières années d'existence, l'Ordre du Temple attirait encore des vocations, même si elles étaient relativement peu nombreuses. Sept membres de notre groupe de Templiers, soit la majorité, avaient été reçus dans l'Ordre après 1291, dont trois après 1300: ce sont les frères Giefroi Hervieu, Guillain Tone et Guy Pesnee.
Si l'aristocratie boudait l'Ordre du Temple, ce n'était certes pas le cas de toutes les classes de la société !
Qu'advint-il des Templiers de Caen après l'interrogatoire des 28 et 29 octobre 1307 ?
Pour répondre à cette question, nous avons fait appel à un second document: le texte de l'enquête de la commission pontificale.
La mission de cette commission était de convoquer tous les témoins aptes à déposer contradictoirement sur l'ordre du Temple, en sa faveur ou contre lui, de les interroger et de tenir un procès-verbal de ces dépositions. Elle devait siéger dans les limites de la province ecclésiastique de Sens où la plupart des Templiers se trouvaient incarcérés. De fait, elle se tint à Paris, capitale du royaume, dont l'évêché dépendait de la métropole sénonaise. Les travaux de la commission durèrent d'août 1309 à juin 1311.
Environ 550 témoins, la plupart amenés de province, se présentèrent et la majorité d'entre eux voulaient défendre l'Ordre. Finalement deux cent trente-et-un témoins furent entendus par les commissaires du 11 avril 1310 au 5 juin 1311, date de clôture de l'enquête.
L'exemplaire original sur parchemin du procès-verbal fut transmis au Pape en vue de la préparation du concile de Vienne et la copie sur papier, conservée à Paris, finit par aboutir en 1793 à la Bibliothèque nationale.
Entre 1841 et 1851, ce texte a fait l'objet d'une publication intégrale par Michelet sous le titre de Procès des Templiers.
Cette édition demeure le document de travail de référence pour qui s'intéresse à la question, bien que la publication, préparée un peu hâtivement, ne soit pas irréprochable dans le détail. Le texte n'a pas été annoté et aucune table des matières n'a été dressée; par contre, un index des noms de lieux et de personnes a été établi, ce qui peut s'avérer pratique. Ajoutons que le procès-verbal était rédigé, comme il se doit, en latin, ce qui peut poser problème à la nouvelle génération d'historiens dont la formation présente généralement quelques lacunes en la matière.
Pour se repérer, il semble donc indispensable d'avoir recours à l'excellent ouvrage de Raymond Oursel qui traduit et commente de longs passages du texte et qui donne, dans sa table des matières, les concordances avec les pages de l'édition Michelet.

Cette longue mise au point avait pour but de signaler les difficultés qui se sont présentées quand il s'est agi de retrouver la trace des treize Templiers du bailliage de Caen dans ce texte, ô combien rébarbatif. Et finalement, c'est grâce à l'utilisation de l'index que nous avons repéré laborieusement cinq passages où il est fait mention de ces derniers.

Le 26 février 1310, cinquante-huit Templiers amenés de Gisors comparurent devant la commission pontificale; parmi eux se trouvaient assurément onze, probablement douze, des treize Templiers de Caen. Tous acceptèrent de défendre l'Ordre. Ce sont: Galtherus de Bullens, chevalier, du diocèse d'Amiens:
— Stephanus de Novocastello, Ricardus Berlengue et Guido de Panaia, du diocèse de Rouen,
— Anricus des Recors, Matheus Renaudi, Audinus Anglici et Christophorus de Locaveris, du diocèse d'Evreux,
— Gilanus Toe et Guaufredus Cruci, du diocèse de Bayeux,
— Johannes Barbonna, du diocèse de Troyes et
— Radulphus de Perosello, du diocèse d'Amiens.

L'identification n'allait pas de soi car ces noms diffèrent assez sensiblement de la graphie utilisée dans le procès-verbal de l'interrogatoire de Caen. La plupart des différences sont imputables à des latinisations plus ou moins approximatives, mais on note également des erreurs de prénoms assez fréquentes, ainsi qu'une erreur de transcription moderne (cruci pour ervei) qui n'aura pas échappé aux personnes ayant quelques notions de paléographie. Avec de la patience et un peu d'imagination, on peut, par recoupement d'informations, s'assurer de l'identification.

Le 28 mars 1310, les commissaires firent comparaître l'ensemble des Templiers qui acceptaient de défendre l'Ordre, afin qu'ils choisissent parmi eux des procureurs. Parmi les cinq-cent-cinquante Templiers présents, ou environ, nous relevons à nouveau la présence de dix de nos Templiers.

Entre les deux séances, Jehan Challet et Christophe de Loviers ont quitté notre horizon, tout comme Guillaume le Raure a disparu entre Caen et Paris.
Qu'est-il advenu des ces derniers ?
Ont-ils finalement renoncé à défendre l'Ordre, se sont-ils enfuis, ou bien sont-ils décédés ?

Cette dernière hypothèse est malheureusement la plus vraisemblable: lors des interrogatoires, plusieurs frères se plaignirent aux commissaires des conditions d'incarcération ainsi que des mauvais traitements qu'ils avaient subis. Depuis 1307, plusieurs étaient déjà morts en prison et on peut supposer que les frères les plus âgés furent parmi les premiers à partir. Christophe de Loviers et Guillaume le Raure, reçus tous deux en 1282 ou 1283, avaient probablement dépassé la cinquantaine, sachant que les impétrants avaient généralement entre vingt et trente ans.

A la suite de cette séance plénière du 28 mars 1310, les interrogatoires individuels commencèrent. Aucun Templier de Caen ne témoigna, malheureusement, devant la commission; les rares informations supplémentaires ont donc été recueillies indirectement dans les dépositions d'autres frères.

Le témoignage le plus intéressant est celui de Mathieu de Cresson Essart, sergent, originaire du diocèse de Beauvais et précepteur de la maison de Beylleval dans le diocèse d'Amiens.

Il fut reçu à Paris en 1293 ou 1294 en même temps que le chevalier Gautier de Bullens, du diocèse d'Amiens, lequel Gautier « fuit combustus Parisius », selon ses dires. Gautier de Bullens fut donc victime de ce que Raymond Oursel nomme « le coup du 12 mai. » En effet, le 12 mai 1310, cinquante-quatre Templiers qui s'étaient offerts à la défense de l'Ordre et étaient donc revenus sur leurs premiers aveux, furent condamnés à être brûlés vifs comme relaps le jour même.
Ces Templiers étaient « ratione personnae » justifiables des tribunaux spéciaux de la province ecclésiastique de Sens, et l'archevêque qui venait d'être nommé - à savoir Philippe de Marigny, frère d'Enguer-ran de Marigny - s'était hâté de conclure les enquêtes, dans un sens propre à satisfaire le roi. Malgré les protestations des commissaires pontificaux, la sentence fut exécutée et ce bûcher ne fut que le premier d'une série qui devait se continuer les jours suivants.

Les informations extraites de deux autres interrogatoires, ceux de Thomas Quentin et Guillaume Bonchel, sont encore plus laconiques que la première, mais elles ont le mérite de nous fixer une fois pour toutes sur le sort de Mathieu Renaut et d'Aubin Lenglois: ils sont tous deux décédés, mais les circonstances de leur mort ne sont pas précisées. Peut-être ont-ils péri eux-aussi sur les bûchers de mai 1310 ?

Il ne semble pas innocent que les seuls Templiers dont nous ayons confirmation du décès soient justement deux commandeurs ainsi que le seul chevalier de notre groupe de Caen. Plutôt que le fruit du hasard, ne faudrait-il pas y voir la marque d'une volonté délibérée d'éliminer toute velléité de combat de la part des défenseurs de l'Ordre en éliminant ceux en qui pouvait s'incarner l'esprit de résistance ?
Il n'est d'ailleurs pas non plus anodin que, lors de l'interrogatoire à Caen, le chevalier Gautier de Bullens ait été interrogé en premier, suivi des commandeurs de Bretteville et de Courval, les aveux des plus « fortes personnalités » entraînant généralement ceux des autres.

A l'issue de cette étude, l'image finale que nous gardons des derniers Templiers du bailliage de Caen est celle d'humbles frères sergents, administrateurs et frères de métiers dont la tâche était de faire fructifier le patrimoine de l'Ordre, sans grand souci d'activités militaires.

Certains parmi eux avaient-ils même porté les armes et s'étaient-ils rendus en Orient ?
Rien n'est moins sûr. Pour la plupart, le destin ne les avait jamais entraînés au-delà de la limite de leur province, pour certains même, des murs de leur commanderie d'origine. Leur arrestation et l'accusation dont l'Ordre du Temple fut subitement l'objet ne pouvaient que les prendre au dépourvu. Dans l'épreuve, peu résistèrent aussi héroïquement que le frère Guy Pesnee mais le premier choc passé, tous trouvèrent suffisamment de courage pour venir défendre l'Ordre à Paris, au péril de leur vie. Certain comme le chevalier Gauthier de Bullens et peut-être les frères Matieu Renaut et Aubin Lengloi, se comportèrent plus que dignement, en mourant sur le bûcher.
Melle Anne Gilbert-Dony - Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie - Tome LXII, années 1994-1997 - Caen

Les interrogatoires en vieux François
Examination faite le jour de samedi en la feste as sains apostres Cymon et Jude l'an de grâce mil. CCC. et sept pour partie et le diemenche prouchain ensuiant ensement pour partie des frères de la maison deu Temple de la baillie de Caen sur les articles de lour erreurs seelees deu contreseel notre seignor le roi, les quiex articles sont tex.

Cest assavoir, cil qui sont premièrement receu requièrent le pain et l'eaue de l'ordre et puis le commandeour, ou le maistre qui le receoit le meine secreement derrière l'autel ou en revestiare ou aillors en secret et monstre la crois et la figure de nostre seignor jhesu crist et il fait renier le prophète, c'est assavoir nostre seignor jhesu crist de qui celé figure est, par trois fois et par trois crachier sur la crois, puis le fait despoillier de sa robe et cil qu'il le receoit le baise en bout de l'eschine sous le braeul puis en nombral et puis en bouche et li dit que se aucun frère voult gésir charnelment alui que il le seuffre quer il le doit et est tenu a souffrir selonc le statut de l'ordre, et que pluseurs dels pour cen par manière de sodomie que sont l'un oveques l'autre charnelment.

Et ceint l'un chascun quant il est receuz d'une cordele sur lour chemise et la doit le frère touz jours porte sur soi tant comme il vivra, et entent que ces cordeles ont ete touchies et mises entour un ydole qui est en forme d'une teste d'omme a une grant barbe, laquele teste il baisent et aoureent en lour chapitres [...] nos et ne sont pas tint li frères fors li grant maistre et li avoient.

Item les prestres de l'ordre ne sacrent pas sur l'autel le corps nostre seignor ihesu crist.

Laquelle examination fut faite par nous frères Robert souprior, Michel Chouquet lectour, Roger d'Argences et lohan de Margny deu couvent des frères preechours de Caen selonc la forme de la commission sur ceu faite de religieus homme frère Guillaume de Paris, chapelain notre père le pappe, confessour notre sire le roi de France et inquisiteur députe d'iceli nostre père le pappe en roiaume de France de la mauvestie de hérésie et par nous: Hugues de Chastel et Enguerran de Villers, chevaliers notre sire le roi, députez d'icelui seignor quant a ceu, si comme il apparessoit par ses lettres, presenz a ceste examination les tesmoings, des quiex les nons s'ensuivent. Cest assavoir:
monseignor Richard de Breteville chevalier, maistre Robert de Caudebeq clerq notre sire le roi, monsseignor lohan chapelain deu dit monsseignor Hugues, lohan deu Chastel clerq, Raoul Gloi, Thomas deu Toil clerq de la visconte de Caen, Henri Campion, Richart le Tumbeour sergent notre sire le roi, et pluseurs autres.

Et pour cen que nous ne povions traire vérité des diz Templiers sur les erreurs contenus es diz articles, ja soit ceu que il avoient jure par deux fois et este examinez le plus diligemment que nous povions, nous: souppriour, lectour, Roger et lohan desus diz en la présence de nous, les diz Hugues et Eugerran pour ten que iceus Templiers avoient tout mis en nie, lour monsstrasmez singulièrement et a chascun par soi pluseurs raisons et pluseurs voies, par quoi eus povoient avoir sauvement deu corps et de l'âme, se eus vouloient vérité recognoistre et soi repentir des erreurs et retorner a la foi et l'unité de sainte église, et comme sainte église recevoit ceus, qui avoient erre et vouloient retorner a la foi, et lour promeismez a les recevoir a la miséricorde de sainte église, se einsi le vouloient fere; et nous Hugues et Engerran desus diz ensement lour promeismez a quitier toute peine temporel, dont notre seignor le roi les porroit punir de celx erreurs, et meesmement, pour plus mouvoir les, quant a traire vérité dels, lour deismez et monstrasmez, comme il estoit chose notoire et manifeste, que la graignor partie des Templiers deu roiaume de France avoient cogneu et confesse les erreurs et que les oviations et les deffenses proposées de lour partie en contraire n'estoit chose qui lour peust valoir, et que, se eus se parjuraient terche fois, bien si gardassent, que il lour convendroit souffrir tel peine, comme le cas requiert.

Et ceu fait nous alasmez avant a l'examination sur les articles desus diz et oismez les diz Templiers singulièrement l'un après l'autre, et déposèrent sur les diz articles en la manière que il apparet par lour dépositions si dedenz escriptes, et furent les diz Templiers examinez en la sale deu petit chastel de Caen le samedi et le diemenche desus diz en la présence des diz tesmoingz, et a confirmation de vérité, nous souppriour, lectour, frères Roger et lohan devant nommez avons mis nos seaux a cest procès oveques les seaux des diz Hugues et Engerran presenz as chose ci dedenz escriptes.

Frère Gautier de Bullens, chevalier nei de l'eveschie d'Amiens, compaignon de la maison deu Temple de Vaymer, receu et vestu a Paris par frère Hugues de Peraut chevalier, lequel frère Gautier a este en l'ordre l'espace de XIII anz ou environ, si comme il disoit, qui avoit jure par deux fois et este examine diligemment sur les articles dessus diz, les quiex il avoit touz mis en nie, requis, demande et examine derrechef sur les diz articles cognut et confessa touz les erreurs, excepte l'ydole fait afforme d'une teste d'omme, le quel il disoit que il n'avoit onques veu ne aoure ne riens n'en savoit. Et deu sacrement de l'autel disoit, que il creoit que les chapelains deu Temple sacraient le corps notre seignour sur l'autel comme bons crestions, ne ne savoit pas le contraire. Et est bien voir, que il avoit autre fois confesse, que il avoit este chaint, quant il fut vestu, d'une cordele sur sa chemise, en signe de chastee, et disoit, que il ne faisoit nule mauvestie, ne que elle eust ete touchie a l'ydole.

Et des erreurs que il confessoit, se repentoit, si comme il disoit et retornoit a la foi et a l'unité de sainte iglise et requeroit a nous soupprior, lectour, Roger et lohan desus diz la miséricorde de l'église et a nous les diz Hugues et Engerran remission de peine temporel, les quiex choses le furent de nous otreiees.
— Frère Matieu Renaut, commandoour de la maison deu Temple de Breteville la Rabel, recheu et vestu par frère Philippe, lors commandeour de Reneville, a présent commandeour Sainte Waubourg, a este en l'ordre l'espace de x anz ou environ, si comme il disoit.
— Frère Estienne deu Noef Castel, commandoour de la maison deu Temple de Court Val, receu et vestu a Saint Estienne de Reneville, par frère Girart de Villers, lors mestre de France, et a este en l'ordre environ sis anz, si comme il disoit.
— Frère Giefroi Hervieu, compaignon de la maison de Breteville, receu et vestu a Breteville par le dit frère Philippe et a este en l'ordre III anz aura a la mi caresme prochain, si comme il disoit.
— Frère lehan Challet, compaignon de la maison de Breteville, receu et vestu a Barbonne, par frère Robert, commadeour de Barbonne, et a este en l'ordre XVII anz ou environ, si comme il disoit.
— Frère Guillaume le Raure, compaignon de Baugie, receu et vestu a Fontenoi jouste Sablies (Fontenay-près-de-Chablis, yonne, arr, Auxerre, canton de Chablis) par frère Guillaume de Trees, commandeour de Fontenoi et a este en l'ordre XXIII anz ou XXV ou environ, si comme il disoit.
— Frère Richard Bellenguel, compaignon de la maison de Court Val, vestu et receu par frère Aimere, lors commandeour de Reneville, a este en l'ordre XVI anz, si comme il disoit.
— Frère Guillain Tone, compaignon de Court Val, vestu et receu par le dit frère Philipe a Breteville, a este en l'ordre IIII anz, si comme il disoit.
— Frère Henri de Rothours, compaignon de Vaymer, receu et vestu a Reneville, par le dit frère Philipe, et a este en l'ordre IX anz ou environ, si comme il disoit.
— Frère Aubin Lenglois, commandeour de Baugie, receu et vestu par le dit frère Aimere, et a este en l'ordre XXIII anz ou environ, si comme il disoit.
— Frère Christofle de Loviers, compaignon de Vaymer, receu et vestu a Reneville par le dit frère Aimere, et a este en l'ordre XXV anz ou environ, si comme il disoit.
— Frère Raoul de Perrousel, compaignon a Baugie, receu et vestu a Dole par frère Richard de Bonteycourt, lors commandeour de Bourgoigne, et a este en l'ordre XXII anz, si comme il disoit.

Les quiex avoient jure par deux fois et este examinez diligemment sur les articles desus diz singulierement, les quiex articles eus avoient nie a plein, requis, demandez et examinez chascun par soi derrechief sur les diz articles cognurent et confessèrent les erreurs contenus es diz articles en la forme et en la manière que le dit frère Gautier, quant a vray entendement et a sentence, et des erreurs que il confessoient se repentoient, si comme il disoient, et retornoient a la foi et a l'unité de sainte église, requeranz a nous soupprior, lectour, Roger et Tohan desus diz la miséricorde de sainte église et a nous les diz Hugues et Engerran [remission] de peine temporel, les quiex choses lour furent otriees.

Frère Guy Pesnee, demorant a la maison deu Temple de Louvigny tout soul receu et vestu par frère Richard de Villers, lors commandeour de France, et a este en l'ordre environ VI anz, si comme il disoit, le quel avoit este jure par deux fois et este examine diligenment sur les articles desus diz; les quiex articles il avoit nie, mis en gehine le samedi desus diz, en laquele gehine il ne vout riens confesser, en lendemain requis, demande et examine sur les diz articles confessa les erreurs en la manière que il avoient este confesse des autres desus diz quant a sentence et a vrai entendement requérant a nous souppriour, lectour, Roger et lohan desus diz miséricorde, et a nous les diz Hugues et Enguerran remission de peine temporel, la quele chose lui fut otriee.
Sources: Anne Gilbert-Dony - Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie - Tome LXII, années 1994-1997 - Caen

Maison du Temple de Caen
Des historiens recommandables, Huet et l'abbé de la Rue, qui se sont occupés des antiquités de Caen, ne sont pas d'accord sur la question de savoir s'il y avait autrefois dans cette ville une maison de l'Ordre du Temple.

Huet dit que l'hôtel des Templiers était situé dans la rue de Bernières allant au Pont-St-Pierre.
Mais l'abbé de la Rue observe qu'en 1307, lors de l'arrestation des Templiers dans leurs maisons du bailliage de Caen, aucun d'eux ne fut arrêté dans la ville, par la bonne raison qu'ils n'y résidaient pas et qu'ils n'y avaient pas de maison.

Cependant l'abbé de la Rue dit, dans une autre partie de son ouvrage, que du côté du Pont-Saint-Pierre, dans la rue des Quais, il y avait autrefois deux, jeux de paume, qu'on appelait le Grand et le Petit-Roch, du nom de leur propriétaire. Il ajoute que celui qui se trouvait entre la rue Guilbert et la rue des Cordes, était nommé beaucoup plus anciennement le Temple, et que dans le cartulaire de l'église Saint-Pierre, on trouve sous la date de l'année 1467 cette mention: « Maison et place du Temple sur la rive, appartenant à Jacques Dallon, curé de Langrune. »

Ces mots indiquent suffisamment que c'était là l'ancienne demeure des Templiers. Cette maison, il est vrai, pouvait n'être plus occupée par eux en 1307, lors de leur arrestation, mais il n'est pas moins certain que les Templiers de Bretteville l'habitaient de temps à autre au siècle précédent. Elle leur avait été donnée vers le milieu du XIIIe siècle, par une noble demoiselle, du nom de Péronne, fille d'Asselin le Merchier. Nous avons trouvé la charte du mois de juillet 1266, par laquelle la noble demoiselle reconnaissait avoir abandonné aux frères de la chevalerie du Temple, demeurant à Bretteville-le-Rabet, « apucl Bretainvillam la rabel », sa maison située à Caen, « apud Cadonum », dans la paroisse Saint-Pierre de Darnetal, rue Basse, « in bassa rua », et tenue des frères du Temple au cens de 42 sols tournois par an, dans laquelle maison, est-il dit, les Templiers avaient coutume de manger et de loger, lorsqu'ils devaient, pour leurs affaires ou pour toute autre cause, séjourner en ville.
Cette donation portait pour condition, que Péronne recevrait des Templiers, tout ce qui serait nécessaire à sa subsistance, et qu'on le lui ferait porter chaque jour dans celle de ses maisons de Caen qu'elle jugerait à propos d'habiter.

Outre leur maison dans la ville, les Templiers en possédaient une autre en dehors, au hameau de la Folie. C'était une petite métairie avec une dizaine de vergées de terre, longeant la route royale, et qu'on a appelées depuis le Champ du Temple.

Les Hospitaliers fieffèrent en 1413 ce petit domaine, et le donnèrent en arrentement perpétuel à un nommé Paul de Bailly, bourgeois de Caen, moyennant une redevance de 24 boisseaux de froment et de 40 sols tournois par an.

Ils arrentérent également vers la même époque, l'ancienne maison du Temple, que le curé de Langrune, comme nous l'avons vu, tenait d'eux en 1467.

Ils possédaient des cens dans la ville, notamment sur des maisons rue Basse-Saint-Pierre, et sur des terres au Mont-Petoux. Ils avaient le patronage de l'église de Saint-Julien que les Templiers leur avait laissé avec la collation de la cure.

D'après l'abbé de la Rue, le commandeur de Bretteville avait toute la police épiscopale de cette église, droit de visite, etc., comme dépendante de l'Ordre de Malte. Le curé prenait le titre de prieur ou de curé commandataire. Enfin, lorsque l'Ordre de Malte recevait à Caen les voeux de quelque chevalier, c'était toujours dans cette église que la cérémonie avait lieu.

Au commencement du XVIIe siècle, le chevalier Pierre de Caen, commandeur de Bretteville, voulut rétablir dans l'église de Saint-Julien, une charité qui avait été supprimée au temps des guerres, et dont il fit renouveler les règles et statuts.

Cette charité devait se composer d'un échevin, d'un prévôt, d'un sous-prévôt et de douze frères servants. Pour y être admis, il fallait jurer d'être né de légitime mariage, d'être sain de corps et d'esprit, de condition libre et non serf, sans être sujet à un état de gêne ou de pauvreté qui empêchât le service à la dite charité.

Le frère servant devait obéissance à l'échevin, au prévôt, au sous-prévôt et au curé pour tout ce qui regardait la charité. A la première désobéissance, il était mis à l'amende de cinq sols; à la seconde, il se trouvait suspendu de ses fonctions par le curé pendant trois mois; à la troisième, il était révoqué.
Des frères et sueurs non servants pouvaient, par dévotion, se faire recevoir à la charité, moyennant de payer une somme de trente sols, lors de leur admission.

Les échevin, prévôt, sous-prévôt et frères servants étaient tenus, lorsqu'il y avait quelqu'un de la charité malade, de le visiter deux fois par semaine s'il était frère servant, et une fois seulement lorsqu'il était frère ou sueur non servant. C'était là le but de celte société.

Un règlement était fait pour les funérailles des membres de la charité, ainsi que pour les messes auxquelles ils devaient assister dans l'année. Ce règlement se terminait ainsi: Si quelqu'un ou plusieurs des frères servants ou non servants, échevin, prévôt, sous-prévôt, meuz de dévotion, veule pérégrincr pour visiter les lieux saints, Saint-Jacques en Galilée et Jérusalem, lesdits échevin, prevost, sous-prevost et douze frères servants avec le clerc, seront tenus et obligez le conduire hors le terroir de la paroisse du pèlerin, environ un quart de lieue avec croix et bannière; et avant son département, sera chantée une messe à none du Saint-Esprit dans telle église de Caen; à laquelle messe assistera le pèlerin avec les eschevin, prevost et frères servants. Cette charité existait encore à la fin du XVIIe siècle.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Eglise Saint-Julien à Caen
La petite église Saint-Julien, à l'extrémité de la promenade, ressemble plutôt à une église de campagne qu'à une église de ville, et n'offre qu'un intérêt très minime.
L'apside à pans coupés avec des contreforts appliqués sur la jonction des pans, les moulures du portail, enfin tout ce qui offre un peu de caractère dans l'édifice annonce le XVe siècle peut-être de la deuxième moitié.
La tour centrale, d'une forme disgracieuse est plus moderne.
Les templiers avaient possédé le patronage de Saint-Julien presque dès l'origine de leur ordre, c'est-à-dire peu après l'année 1118 après leur suppression en 1312 elle appartint à l'ordre de Malte.
L'abbé De La Rue rapporte que lorsque l'ordre de Malte recevait à Caen les voeux de quelque chevalier, la cérémonie avait lieu à Saint-Julien.
Il y avait à Saint-Julien un curé qui prenait le titre de prieur, un vicaire et deux obitiers.
Sources: Bulletin monumental, publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques; et dirigé par M. de Caumon. Tome 8, page 165. Paris 1842.
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Caestre   (59)
Maison du Temple de Caestre
Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Hazebrouck-Nord - 59


Maison du Temple de Caestre
Maison du Temple de Caestre


Commanderie dont on ignore beaucoup de choses, Caestre ne doit son titre que dans un acte concernant le chapitre général de 1293. La documentation est d'une extrême pauvreté. Un seul acte est signalé et encore le nom de Temple tout comme celui de frère ou de templier n'apparaissent pas. Il s'agit simplement d'une confirmation de libertés et franchises aux habitants de Caestre.

Aucun renseignement ne vient agrandir les données de l'existence de cette commanderie régulière sinon la mention des biens qui passérent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Sources: Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg

La maison du Temple de Caestre
Caestre était un membre de la commanderie de Slype (Slype, Belgique), Flandre occidentale, arrondissement Ostende). Nous n'avons trouvé aucun ancien titre sur cet établissement qui provenait du Temple. Auprès de la maison, se trouvait une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, et qui était desservie, au siècle dernier, par le vicaire de Caestre, moyennant une pension annuelle de 200 florins.

Les terres du domaine comprenaient 128 mesures de terre en labour, prés et bois, situées à l'entour de la maison. Un registre des revenus de la maison en 1370, nous apprend que les terres arables rapportaient alors 18 sols; et les prés, 36 sols, par mesure de la contenance de 300 verges, à raison de 14 pieds la verge.

Le Commandeur était seigneur de Caestre, avec la haute, moyenne et basse justice, moulin banal, cens et rentes seigneuriales à Caestre et:
EeckeDomaine du Temple à Caestre_Eecke
Biens du Temple à Caestre_Eecke
(Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Steenvoorde - 59.
Vieux-BerquinDomaine du Temple à Vieux-Berquin
Biens du Temple à Vieux-Berquin
Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Bailleul - 59).
HazebrouckDomaine du Temple à Hazebrouck
Biens du Temple à Hazebrouck
(Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Dunkerque - 59).
OxelaëreDomaine du Temple à Oxelaëre
Biens du Temple à Oxelaëre
(Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Cassel - 59) et autres lieux.
Il prenait une portion de la dîme d'Eecke.

La seigneurie de Caestre comptait dix-huit hommes de francs fiefs, dont le relief dû à la commanderie était le revenu d'une année de chacun d'eux, à chaque mutation.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Cahagnes   (14)
Fief du Temple de Cahagnes
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Aunay-sur-Odon - 14


Fief du Temple de Cahagnes
Fief du Temple de Cahagnes


A Cahagnes, il y a dans ce village un hameau, nommé le Temple. C'était d'abord un fief qui appartenait aux Templiers, et sur les terres duquel s'élevèrent des maisons, dont chacune devait à l'Ordre un cens annuel de trois quartonniers de froment, mesure de Briquessard, avec le quart d'une poule de rente foncière.

La maison seigneuriale était bâtie dans un enclos de 55 acres de terre, compris entre la rivière, la seigneurie d'Aubigny, et un ruisseau coulant de la Millère vers la Caillerie.

La maison disparut sous les Hospitaliers et ne fut point rebâtie. Les terres furent données à cens, et il n'y eut plus de domaine non fieffé.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Cahaignes   (27)
Domaine du Temple de Cahaignes
Département: Eure, Arrondissement: Andelys, Canton: Ecos - 27


Domaine du Temple de Cahaignes
Localisation: Domaine du Temple de Cahaignes


Ce domaine fut créé par les chevaliers du Temple, au moyen de plusieurs acquisitions qu'ils firent, à partir de la fin du XIIe siècle.

Un seigneur de Cahaignes, Raoul de Cabanes, leur donna, vers 1198, une terre, appelée Millères.

En 1236, un autre seigneur du pays, Guillaume Bengnart de Autevesnes, leur fit don du tiers de son héritage, situé entre Ettan et Andele, consistant en terres, maisons, droits de cens et de champart, sans y comprendre toutefois deux acres de terre et une maison touchant à l'église d'Authevernes, « juxta ecclesiam de Autevesne », avec une rente de dix sols qu'il avait donnée à ladite église.

En 1239, les Templiers firent un échange avec les religieux de la Sainte-Trinité du Mont-de-Rouen. Ils leur cédèrent des biens que leur avait donnés Guillaume d'Authevernes; et ils reçurent des religieux en contre-échange, dix-sept acres de terre dans la paroisse de Cahengnes, sous la condition que le curé du lieu jouirait de la dîme de ces terres.

Mais la principale acquisition que les Templiers firent à Cahaignes, eut lieu au mois de décembre 1240. Une noble dame, nommée Ausende, veuve de Jean de Viane, leur fit don et aumône, cette année-là, d'une maison et de plusieurs pièces. de terre, situées au chemin de GisancourtDomaine du Temple de Gisancourt
Domaine du Temple de Gisancourt
, au-dessus de Carete, sous l'église de Kahengnes, à la Marlette, « apud Malletain », au chemin de Requiecourt, aux terres de Fontenay, « de Fontegneio », etc.

En 1253, Hugues de Grimonval abandonna aux Templiers de Burgout, la haute justice qu'il avait dans une terre à Kahaingnes, tenant au chemin de Cantiers.

La maison de Cahaignes fut détruite pendant les guerres du XVe siècle. Il ne restait plus, en 1495, que les terres réduites à 24 acres, qu'on affermait alors avec les droits seigneuriaux, 24 mines de froment et 4 mines d'avoine.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Cahors   (46)
Maison du Temple de Cahors
Département: Lot, Arrondissement: Cahors, Chef-lieu de cantons - 46


Maison du Temple de Cahors
Localisation: Maison du Temple de Cahors


1181. Les Templiers sont à MontricouxDomaine du Temple à Montricoux
Biens du Temple à Montricoux
, Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Nègrepelisse - 82
1196. Le seigneur de Vayrols cède aux Templiers un grand immeuble situé dans la ville de Cahors.
1209. Les Templiers sont à La BouffieDomaine du Temple à La Bouffie
Biens du Temple à La Bouffie
, Département: Lot, Arrondissement: Cahors, Canton: Castelnau-Montratier, Commune: Saint-Paul-de-Loubressac - 46
1307. Suppression de l'ordre des Templiers. Sept chevaliers arrêtés en Quercy.
1320. Le 26 octobre, Jean XXII achète au grand maître des Hospitaliers tout ce qui avait appartenu aux Templiers à Cahors et le donne aux Chartreux.
1580. Les Chartreux sont en possession du château-fort des Templiers.

La commanderie des templiers, la date précise de l'installation des templiers reste incertaine, même si nous savons qu'ils se trouvent à Cahors à la fin du XIIe siècle. Les bâtiments ne nous sont connus qu'à travers les descriptions qu'en a données Dom Bruno Malvesin à la fin du XVIIe siècle. Pour l'auteur de l'Histoire de la Chartreuse de Caors, lors de la donation aux chartreux, la commanderie comptait l'église dédiée à la Bienheureuse Vierge Marie (vocable qu'elle conserva jusqu'à la Révolution), la chapelle des morts, le petit cloître « qui ne contenait que la moitié de ce qu'il est aujourd'hui », ainsi que quelques logements et jardins qui « n'étoient point de grande étendue. » Il semble donc que la commanderie n'occupait qu'un espace réduit (comparé à l'étendue de la chartreuse) autour de la partie occidentale de l'actuelle rue Gustave-Larroumet, entre la rue Caviole et le Cours de la Chartreuse.

La chapelle des morts était une petite église séparée de la grande où il y avait neuf tombeaux très profonds. Dom Malvesin signale également trois caveaux aménagés dans la grande église, dans lesquels il descendit et qu'il trouva « comme trois petites chambres carrelées, et que par le moyen de deux portes qui sont au côté de celui du milieu l'on entre dans les autres », mais il ne dit rien de l'architecture de l'église.

Malvesin mentionne en revanche une grande salle, en partie amputée à la fin du XVIIe siècle, qui, pense-t-il, pouvait servir de réfectoire ou de salle du chapitre, car il avait tout autour des « bancs-dossiers »; il y distingue encore quinze blasons dont il donne la description.
Sources: Maurice Scelles - mai 2004 - D.R.A.C. de Midi-Pyrénées, Service régional de l'Inventaire, 2004
Juillet (Jacques). Commanderies du Haut-Quercy sur le chemin de Rocamadour. Saint-Yriex-la-Perche: Fabergue, 1975; p. 61-64.


Maison du Temple de Cahors
La commanderie de Cahors prit son essor vers 1194, sous l'épiscopat de Géraud Hector, lorsque les seigneurs de Vayrols, grands admirateurs de l'Ordre du Temple, firent don de plusieurs maisons qu'ils possédaient en ville.

Mais un peu plus tard les Templiers furent invités par les autorités civiles à transférer leur établissement à l'extérieur de l'agglomération. Ils accueillaient en effet des voyageurs et des pèlerins malades ou blessés dont la présence faisait redouter la propagation d'épidémies. Ils se déplacèrent alors à « La Chartreuse » où l'évêque de Cahors leur avait remis de très vastes terrains dont la superficie a été évaluée à cinq hectares.

Si l'on ajoute foi aux assertions d'un moine qui découvrit au XVIIIe siècle les restes de l'établissement templier, ce dernier semblait disposer de deux édifices religieux: une chapelle mortuaire et une église. Il y avait aussi des bâtiments d'habitation et de servitudes et l'ensemble était entouré d'épaisses murailles

Les Templiers de Cahors ne manifestèrent pas une grande reconnaissance envers l'évêque de Cahors qui avait facilité leur nouvelle installation. En 1198 ils ne payaient pas les redevances qu'ils lui devaient et furent rappelés à l'Ordre par le comte de Lusignan.
Aujourd'hui, l'église Saint Barthélemy, anciennement saint Etienne de Soubirou semble être l'un des principaux vestiges qui rappelle l'implantation templière à Cahors.

En 1580, les Chartreux sont en possession du château-fort des Templiers
Cependant Chouppes, le lendemain de son arrivée à Cahors, vint à bout d'emporter quelques-unes des barricades dressées dans la rue de l'église Saint-Pierre. Il se rendit maître ensuite de tout le terrain, jusqu'à l'hôtel de ville qu'il prit avec les trois canons qui s'y trouvaient et dont il se servit contre la Chartreuse qui était assiégée depuis deux jours. Ce n'était pas les cellules de ces religieux qu'on attaquait, mais un château-fort des Templiers qui était de leur dépendance. Chouppes s'en rendit maître malgré la vive résistance de la garnison nombreuse qui le défendait et la prise de ce château.
Sources: Guillaume Lacoste - Histoire générale de la province de Quercy. Tome 4. Cahors 1883 - Bnf

Les Arrestations des Templiers du Quercy
En Quercy, comme partout en France, les Templiers furent arrêtés le 13 octobre 1307. Le pape ClémentV avait écrit à l'évêque de Cahors en lui ordonnant « de faire saisir les biens et les personnes des Templiers » qu'il traitait « d'idolâtres, de sodomistes, d'hérétiques et de corrupteurs des saintes Ecritures »

On sait par exemple pour Montricoux que ce jour là « Jean d'Arreblay, sénéchal du Quercy, agissant en vertu d'ordres secrets transmis par Philippe le Bel, roi de France, envahissait au point du jour, à la tête de ses hommes d'armes, la maison des Templiers de Montricoux, s'assurait de tous les chevaliers et les conduisait chargés de fers dans les prisons de Cahors. Il eut soin avant de partir, de mettre leurs biens sous séquestre et d'en nommer un curateur: Géraud de Salvagnac. »

Jean d'Arreblay fit aussi arrêter les Templiers de Cahors, du Bastit et de Lacapelle-Livron. En ce qui concerne Lacapelle Livron et Cahors, un vieux registre déposé à la bibliothèque de la capitale quercynoise et désigné sous le terme de « Te Igitur » précise: « Les Templiers furent arrêtés. Sachez qu'en l'an de grâce 1307, le vendredi avant la fête de saint Luc l'évangéliste, sous le règne de l'excellent prince sire Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Français, Mgr Betrand Delgot, souverain pontife sous le vocable de pape Clément, furent saisis et emprisonnés dans tout le monde, tous les Templiers et leurs biens séquestrés et spécialement messire Atho de Salvanhac, chevalier du Temple, commandeur de la maison de Lacapelle avec ses confrères de la maison du diocèse de Cahors. »
Les prisons de la ville de Cahors furent les principaux lieux d'incarcération.
Jacques Dubourg - Les Templiers dans le Sud-Ouest - Editeur: Sud-Ouest, Bordeaux - 2001

Les Intérogatoires
On sait les noms des sept Templiers de Cahors qui furent interrogés à Cahors, en présence de Jean d'Areillan, chevalier, et de deux notaires: ils s'appelaient Renaud et Pierre de Teyac freres, Bernard de Cazal, Etienne Sommelin, Gui Cocha, Bernard de Velas et Guillaume Arnaud.

Ils convinrent tous d'avoir renié Jésus-Christ; d'avoir fait et souffert des baisers criminels, quoiqu'avec des circonstances plus ou moins fortes. Ils avouèrent que la sodomie leur avait été permise; Arnaud même déclara, que le supérieur qui le reçut avait abusé de lui. Cet affreux témoignage est d'autant plus concluant, que la force ne pouvait l'obliger à le faire.
Histoire de l'abolition de l'Ordre des Templiers - Paris M DCC LXXIX.

Commandeurs de Cahors
Cette Maison était dirigée en 1279 par Raymond de Bouysson, et par Hugues Santes « commandeur de la Capelle et de Cahors et de La Garde-Roussillon. (Sources - Finke, tome I, page 316) » Et en 1299, par un certain Frère Pierre (Sources - Trudon des Ormes)

Fonds:Archives du Tarn-et-Garonne, A 297 folio 1115 Vº.
Bibliothèque Nationale, collection Doat 155, folio 108.
Trudon des Ormes, page 243.
Esquieu, page 158.

E.-G. Léonard. - Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, suivie d'un Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs. - Paris, E. Champion, 1930. ln-8º, xv-259 pages.

La Maison du Temple de Cahors
Voir l'étude sur la Maison du Temple de Cahors
Les Templiers s'installèrent, à Cahors en 1196, sous l'épiscopat de Géraud. Hector IV.

Ses Origines.
Nous avons vu tout à l'heure que le Quercy avait été favorisé dans la distribution de domaines féodaux faits aux Chevaliers Templiers.
Cependant Cahors ne fut que la deuxième ville dans l'ordre des fondations de Commanderies Quercynoises.

Les puissants seigneurs de Vayrols, admirateurs des beaux faits d'armes des Templiers, firent don à leur Ordre (1194 ou 1196) de plusieurs maisons qu'ils possédaient à Cahors dans une petite rue portant le nom de Rue de Vayrols, (Ce berceau du Temple de Cahors existe encore dans le quartier dit des Badernes et porte le nom de Rue du Temple).

Les frères de la Sainte-Milice vinrent s'installer dans, notre ville et reçurent chez eux, selon les obligations de leur règle, des voyageurs, des pèlerins, des émigrants. En ces temps de troubles, de guerres, d'épidémies, les gens qui couraient les grands chemins étaient au point de vue sanitaire, quelque peu suspects. Un assez grand nombre des hospitalisés du Temple mouraient, et beaucoup par maladies Contagieuses.

On se représente assez facilement les conditions antihygiéniques dans lesquelles, pouvait être établi un hôpital situé au coeur de la ville dans une rue étroite.

Pour éviter une infection qui aurait pu être fatale à la population, les autorités, invitèrent les Templiers à transporter hors ville leur dangereux établissement.

Ils allèrent alors occuper, l'emplacement appelé aujourd'hui la Chartreuse. Qui leur donna ces vastes terrains - L'histoire ne le dit pas; Mais On sait qu'ils avaient jadis été couverts d'établissement, religieux, ruinés lors des incursions sarrasines, et dont les ruines étaient abandonnées depuis le VIe siècle. Il est permis de conjecturer que ces immeubles, autrefois monastiques, appartenaient à la mense épiscopale et que ce fut Géraud Hector IV, évêque de Cahors (1148-1199), qui les remit aux Templiers (2).

On évalue à 5 hectares au moins l'étendue de terres qu'ils eurent ainsi (3). En comparant au plan actuel de Cahors (1880), on voit qu'elle serait bornée approximativement:
Au Nord, par les rues des Augustins et des Gadourques
Au Sud par la rue du Lycée,
A l'Est par la rue Sainte-Claire,
A l'Ouest par l'avenue de la Gare.
Mise à par les rues des Augustins et des Gadourques et la situation de la gare, les autres rues ont visiblement changées de noms.

Ils déblayèrent une partie de ces terrains et y construisirent tout d'abord une chapelle, ensuite une église, puis des bâtiments d'habitation.

Le tout fut protégé par un mur d'enceinte d'une telle solidité que plus tard, pendant l'occupation par les Chartreux, il arrêta durant trois jours les soldats d'Henri de Navarre qui furent obligés de faire un siège en règle (4), (29 mai 1580).

Plusieurs anciens actes font mention de ces terrains. Le nom de « Terroir des Cadourques » (1374, 1452, 1502) est donné plus spécialement aux terres situées près le monastère des Minorettes (Sainte-Claire); celui de « Rivière du Pal » (1371) à celles plus rapprochées, de l'eau; on trouve aussi le nom d' « Ortes de Valentré », cette partie occupe le même emplacement qu'au Moyen Age (5).

« Les Templiers possédaient la majeure partie de ces terrains, et ceux qui les a voisinaient, et qu'on nomme Sainte-Croix, comme le prouvent 37 reconnaissances en faveur des Chartreux du XIVe et du XVe siècles. Ces religieux avaient, spécialement, encore au XVIIe siècle, la terre où sont les ruines de l'amphithéâtre. (Cadastre de 1650). » (6);

A côté de ces quelques lignes de notre érudit compatriote, Emile Dufour, nous devons placer une citation de l'Histoire manuscrite de la
Chartreuse:
« Les curieux seront bien aises de savoir que tout cet espace de terre qui est au-dessus du couvent des religieuses de Sainte-Claire, et dont nous avons en partie la directe, est appelée dans les titres le « Terroir du Temple », non pas qu'il ait jamais appartenu aux Templiers mais par ce que, du tems des païens, il y avait un temple dédié à la déesse Diane, qui selon leur sentiment présidait aux fontaines, et comme celle de Polemius venait se rendre en cet endroit, on y éleva cet édifice à l'honneur de cette divinité » (5).

Description du Temple de Cahors
A défaut de documents descriptifs de l'époque, peut-on, par déduction, se représenter ainsi la Commanderie de Cahors, dite de Sainte-Marie du Temple ?
— Une enceinte de hautes et fortes murailles flanquées de tours de distance en distance.
— Au milieu de cette enceinte: la chapelle mortuaire contenant les sépultures des Templiers et les caveaux de famille des seigneurs de Vayrols et des autres bienfaiteurs de l'Ordre. L'église avec ses vitraux armoriés, ses riches ornements et ses stalles sculptées.
— Le cloître avec ses galeries.
— Son dortoir, son réfectoire, la salle capitulaire.

Les dépendances
— celliers, écuries, étables, granges.
— La tour où se trouvaient le trésor, les archives et l'arsenal.
— Les jardins et les promenoirs où les Chevaliers prenaient quelques distractions.

De nos jours, il ne reste aucun vestige de la Maison du Temple de Cahors.
Sources: Les Templiers de Cahors, par M. L. Esquieu - Bulletin de la Société des Etudes Littéraires, Scientifiques et Artistiques du Lot. Tome XXII, 1898 et tome XXIV 1899. Cahors, Imprimerie F. Delpérier

Maison du Temple de Cahors
Les chanoines réguliers de Saint-Antonin refusent de recevoir l'archevêque de Bourges - Réparation à l'église de la Daurade de Cahors.

L'archevêque de Bourges visita, vers la fin de 1262, le diocèse de Cahors et les autres de la partie méridionale dépendant de sa métropole. Etant venu à Saint-Antonin, le prieur et les chanoines réguliers lui fermèrent la porte et armèrent une troupe de gens pour le repousser. Jean de Sully ne laissa pas impuni cet attentat qui est sans exemple. Il excommunia tout le monastère avec les gens armés qui s'étaient opposés à son entrée. Il en donna avis à l'évêque de Cahors, par une lettre datée du dimanche de la Passion de l'an 1263.

L'évêque faisait faire cette année d'immenses réparations à l'église de la Daurade, bâtie depuis plus de six cents ans par saint Didier, et qui tombait en ruines. Comme cet ouvrage exigeait de grandes dépenses, il accorda une indulgence à tous les ecclésiastiques et fidèles de son diocèse qui voudraient y contribuer. Les lettres qu'il expédia à ce sujet sont datées de la chapelle des Templiers de Cahors, le vendredi avant la fête de l'Assomption de 1263 et non de 1273, comme on le trouve dans une copie de ces lettres.
Guillaume Lacoste - Histoire générale de la province de Quercy. Tome 2, Cahors M. DCCC. LXXXIV.
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Cahuzac-sur-Vère   (81)
Domaine du Temple de Cahuzac-sur-Vère
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Castelnau-de-Montmiral, Commune: Cahuzac-sur-Vère - 81


Domaine du Temple de Cahuzac
Localisation: Domaine du Temple de Cahuzac


La juridiction de Cahuzac comprenait plusieurs paroisses, et notamment celles de:
LintinDomaine du Temple de Lantin
Domaine du Temple de Lentin
, Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Castelnau-de-Montmiral, Commune: Cahuzac-sur-Vère - 81
De LoubersDomaine du Temple de Loubers
Domaine du Temple de Loubers
, Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Cordes-sur-Ciel - 81
Et d'AndillacDomaine du Temple d'Andillac
Domaine du Temple d'Andillac
, Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Castelnau-de-Montmiral - 81
Dans lesquelles la commanderie de Vaour avait des domaines considérables.

La commanderie avait la seigneurie ecclésiastique de l'église de Notre-Dame-de-Lentin, de Lentinhio; elle prenait les dîmes et nommait le desservant, auquel elle faisait une pension de 4 setiers de blé, 4 setiers de seigle mesure de Cordes, 3 pipes de vin et 4 livres, et lui laissait jouir une terre et une vigne. A côté de l'église, elle avait une maison, un chai et plusieurs terres éparses; et dans la paroisse, au lieu du Jouzens, une grande propriété: le tout était quitte et immune de taille, franc et allodial.
En 1554, Pierre de Baulac-Trebons, commandeur, afferma ces deux biens pour le tiers des gerbes de blé et de la vendange, et, de plus, pour celui de Lentin, 7 livres 5 sous tournois (20 sous comptant pour une livre), 1 émine de noix, 1 livre de safran, 1 poysses de chanvre et 2 paires de chapons; et, pour celui de Jouzens, 21 1ivres 17 sous 6 deniers, 3 poysses de chanvre, 3 livres de safran, 6 paires de chapons, 5 sacs de noix, chacun de la contenance de 5 demi-quartes; le preneur devait fournir tout le bétail nécessaire et la semence, et apporter la part du maître à Vaour.

Les deux biens avaient, en 1632, une contenance de 700 seterées mesure de Cordes, qui n'est plus, en 1792, que de 425 seterées 5 mesures: une partie en avait été peut-être inféodée; car, dans le produit du membre de Lentin, figure alors une rente de 6 setiers de blé, 1 setier 7 mesures d'avoine, 3 sous 11 deniers et une géline.
Sources: Toutes ces informations proviennent des dossiers personnels de M. Petitimbert, propriétaires du Relais Templiers de Vaour et cartulaire du Temple de Vaour

Domaine du Temple à Cahuzac
1191. - G. Bigal donne au Temple représenté par le commandeur de Vaour, Arnaud de Bos et le chapelain Pierre, ses maisons de Cahuzac et ses droits sur divers biens et personnes (1)
1. En tête de l'acte: De Cauzac. (Ecrit, du XIVe siècle)

In nomine Domini nostri Jhesu Xpisti. Sia conogut ad aquels que ara so ni adenant serau que eu W. Rigals doni et lauzi et autorgui per salut de m'arma a Deu et a sancta Maria et a totz los fraires del Temple de Jherusalem presens et endevenidors las mias maios d'a Causahc, totas enteirament on meilz las ei ab totas sas aizinas al meu ort d'al toron e la mia boria d'a la Valeta els pratz el erm cl condreg, et tot aquo que ei a far em bosc Rossel, on meilz l'i ei, so es a saber la condamina d'à la Valeta e la terra de sobrel bosc d'a la Beretresca, e la terra d'a pug Gaviol e la terra d'al Albarel et la terra de Belvezer e la condamina de la Deveza et la terra d'a Font-majore la terra d'a la Figareda e la terra d'a Cumbacava e las terras que ei em peinz d'en Pouzo de la Garriga e de sa moiller per XL sols de Ramundenx, so es a saber la terra d'a Negaveilla e la terra d'a Masarenx e las terras d'a V peiras, que ei em peinz de B. d'Amarenx per XXX solidos de Ramundenez, el prat d'a Boscgrailler els eissarlils e las bartas on meils las ei e la bordaria d'al Sesziu, on meilz i es, els homes e las femenas quen so. Et donet atressi W. Rigalz sobredigz als fraires del Temple los seus homes del castel so es saber W. de Molas e B. so fraire e Pouzo et R. lor cosi e Peiro de Causahc que esta a Cabanase Ram. so fraire e Peiro e Duranta, lor sorr, el feu J. de la Bertresca e de sos botz. Tot aquest do enteirament, si co sobrescriut es et on meilz lo pot hom entendre per bona fe lauzet et autrejet et assolz Lombarda, sorr de W. Rigal, e Bec sos flllz, e Lombarda, sa boda, e Bern. Moretz, sos maritz, a Deu et a sancta Maria et alz fraires del Temple presenz et endevenidors, e la ma d'en Arnaut d'a Bos (ou Dabos) que era comandaire de la maio de Vahor, e de fraire Peiro, lo capella, que aquest do receubro e presero ins e la lor maio a Cahusac. De tot aquest do e d'aquest autreiament so testimoni Peiro W., en Ram. Aimeriez e Durantz, sos fraire, en Duranz de Soeil, lo capellas, en W. Frotartz, en Ram. de la Roca, en Azemar de la Garda e d'autres moutz. Anno ab Incarnatione Domini M. C. LXXXX. I., Celestrino (sic) papa Rome, Filippo rege regnante.
Petrus scripsit.

Sources: Cartulaire des Templiers de Vaour (Tarn) publié par Ch. Portal et Edm. Cabié. Page 86. Paris MDCCCXCIV.
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Cailar   (30)
Domaine du Temple de Caylar de nos jour Le Cailar
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Rhôny-Vidourle, Commun: Aimargues - 30


Domaine du Temple de Cailar
Domaine du Temple de Cailar


La famille du Caylar, liée à celles d'Uzès et de Sabran, figure comme ces dernières au nombre des fidèles du comte de Toulouse. Détentrice de droits dans la région de Saint-Gilles, elle rencontre tôt le Temple comme l'Hôpital, ainsi que le prouvent les mentions de ses membres au bas des chartes des deux ordres. Les signes de leur générosité sont implicites, mais l'on imagine difficilement l'installation précoce du Temple au « castrum du Caylar » sans le soutien de ses seigneurs, tandis que le dossier d'actes relatifs à la famille ouvrant le cartulaire de l'Hôpital de Saint-Gilles marque bien l'imbrication d'intérêts entre ce lignage et l'ordre:
Sur la présence templière au Caylar Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 019 (novembre 1161), 035 (septembre 1167) et 037 (janvier 1167/8).

Ces familles, que l'on suit assez laborieusement du fait de la discontinuité de leurs relations avec les ordres militaires et de l'imbrication des liens de parenté et des droits seigneuriaux, appartiennent pourtant à la frange supérieure de l'aristocratie castrale.

Ainsi à partir de Saint-Gilles, très tôt se met en place un réseau de dépendances dans un rayon de dix-quinze kilomètres autour de la maison-mère. Nombre de « castra » ou de « villae » sont en effet investis par les Templiers dans les années 1160-1190, comme Le Caylar et Aimargues, Calvisson, Aubais, Générac et dans le diocèse d'Arles, Saint-Pierre de Campublic, Saliers et Saint-Césaire de Boarenc:
Premières mentions: 1161 au Caylar et à Aimargues, 1166 à Calvisson, 1185 à Aubais, 1193 à Campublic, 1197 à Saliers et 1227 à Saint-Césaire, Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 019, 031, 138, 245, 311 et 397. La maison de Générac est citée tardivement, en 1285, Chartier du Temple de Montfrin et des Maisons du Gard rhodanien, nº 127. Mais les très nombreuses acquisitions dans ce castrum entre 1184 et 1196 laissent croire que celle-ci dut être établie assez tôt.

Cela ne doit toutefois pas occulter le fait que ces maisons de village, comme les granges campagnardes, ont avant tout une fonction économique. Les chartes montrent clairement qu'elles centralisent les produits des redevances en nature apportées par les tenanciers:
Au Caylar et à Aimargues, Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 019; ou à Calvisson, nº 031, 035, 040, 232. De même dans les granges rurales, ainsi à Saliers, nº 418, 466, 468, 471.

Les Templiers ont de même choisi des bourgs castraux pour y percevoir les redevances ou y fonder une « domus », qu'il s'agisse de la rive droite du Rhône (Aubais, Générac, Le Caylar, Calvisson, Meynes) ou de la rive gauche (Méjanes, Lansac, Laurade). Mais les sources écrites ne permettent pas de préciser si ces maisons monastiques se sont implantées au sein du tissu urbain ou légèrement à l'écart.
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Le Caylar, canton de Vauvert.
— Sanctus-Stephanus, 1119 (Bullaire de Saint-Gilles)
— Castalarium, 1134 (Cartulaire de Notre-Dame de Nimes, charte 167)
— Castalarium, 1158 (Histoire de Languedoc, tome II)
— Caslarium, 1243 (Archives départementales, H 2)
— Caslarium, 1384 (Dénombrement de la sénéchaussée)
— Ecclesia de Caslario, 1386 (Répertoire des subsides de Charles VII)
— Le Caylar, 1435 (Répertoire des subsides de Charles VII)
— Locus de Caylario, 1461 (Registres Copies de Lettres Royales, E. v)
Sources: Dictionnaire Topographique du département du Gard, rédigé sous les auspices de l'académie du Gard par M. E. Germer-Durand, membre de cette académie. Paris Imprimerie Impériale M DCCC LXVIII.
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Caillouet (14)   (14)
Fief du Temple de Caillouet
Département: Calvados, Arrondissement: Caen, Canton: Bretteville-sur-Laize - 14


Fief du Temple de Calloué
Fief du Temple de Caillouet


Le fief de Caillouet faisait autrefois partie de la paroisse de Fresney-le-Puceux. C'était un fief noble qui relevait directement de la maison du Temple de Bretteville-le-Rabet. Ce fief ne consistait qu'en domaine fieffé, c'est-à-dire en cens, rentes et autres redevances seigneuriales.

Gaudefroy de Calloué donna, par ses lettres du mois de juillet 1250, aux frères de la chevalerie du Temple de Bretteville-le-Rabet, seize boisseaux d'orge à prendre chaque année sur des terres situées à Caillouet, nommées les Haut-Près et les Houlles.
Le principal revenu du fief de Caillouet était la dîme du fief de Villers dans la paroisse de Fresney-le-Puceux, que Jean de Gouvix, écuyer, avait donnée en 1255 aux Templiers, du consentement de Guillaume de Tournebu, dans le fief duquel cette dîme se trouvait.

La même année, on voit Jean de Gouvix prendre en fief la dîme qu'il avait donnée, pour la tenir des frères du Temple au cens de deux muids de blé par an.

La Fosse du Temple
En 1261, Jean de l'Aumosne de Secqueville remit aux Templiers une terre qu'il tenait d'eux, appelée vulgairement la Fosse du Temple, et située dans la paroisse de Quilly, pour trente-six sols tournois qu'il avait reçus d'eux. Il est probable que cette terre fut ensuite arrentée, car il n'en est plus question dans aucun titre postérieur.
Sources: Etude sur la Commanderie de Breteville-le-Rabet par O. Birè. Editeur: Henri Delesques, Imprimeur-Editeur, 1903. Caen.

Caillouet, hameau sur la commune de Bretteville-sur-Laize, jadis de Quilly.
— Calloey, 1190 (Chartier de la Trinité)
— Calloei, 1237 (Chartier de l'Hospice de Lisieux)
— Qualloé, 1250 (E. Mannier, les commanderies du Grand-Prieuré de France, page 473)
— Caillouay, 1373 (Ibidem, page 465)
— Caillouey, 1668 (Archives d'Harcourt)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Eure, rédigé par M. Le Marquis de Blosseville. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXVIII.
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Caillouet (27)   (27)
Seigneurie de Caillouet
Département: Eure, Arrondissement: Evreux, Canton: Pacy-sur-Eure - 27


Seigneurie de Caillouet
Localisation: Seigneurie de Caillouet


Domaine seigneurial de Callouet
Les Templiers possédaient à Caillouet, dans les enclaves de la paroisse de Mesnil-Jourdain, une seigneurie, qu'on nommait la seigneurie du Temple, laquelle consistait en domaine fieffé, c'est-à-dire en maisons, terres et héritages tenus à cens et devant rentes.
Sous les Hospitaliers, le revenu de cette seigneurie était réduit à fort peu de chose.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Calvisson   (30)
Seigneurie templière de Calvisson
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Sommières - 30


Seigneurie templière de Calvisson
Localisation: Seigneurie templière de Calvisson


Parallélement au réseau de commanderies secondaires longtemps liée à la Maison Mère fondatrice de Saint-Gilles, s'établit à un niveau hiérarchique inférieur une trame d'établissements qui finit de tisser la toile templière dans ce secteur de la Basse-Provence et du Languedoc méditerranéen.

Ainsi à partir de la Maison du Temple de Saint-Gilles, très tôt se met en place un réseau de dépendances dans un rayon de dix à quinze kilomètres autour de cette Maison Mère. Un grand nombre de « castra » ou de « villae » sont en effet investis par les Templiers dans la Basse Vallée du Rhône, dans les années 1160-1190.
C'est le cas de Calvisson, dont la première mention est relevée en 1166 et le premier « rector » en 1181.

Le patrimoine de Calvisson est d'après le Chartier du Temple de Saint-Gilles assez considérable:
Baux à Calvisson - Nº 023, 031, 040, 103, 196, 232, 255, 320, (et quelques achats, donations ou échanges): Nº 002, 021, 025, 044, 194, 287.

Cette Maison du Temple secondaire joua un rôle très important comme centre de recrutement. Ainsi le nombre de Frères attestés à Saint-Gilles sont issus des proches environs de Calvisson, agglomération qui possédait une dépendance templière.

Quelques anthroponymes significatifs: Binesius de Bizac (commune de Calvisson), Estève de Vestric (seigneurie de Calvisson).
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Calvisson, commune de Sommière.
— In terminium de Calvitione, 1060 (cartulaire, de N.-D. de Nimes, charte 76).
— Castrum Calviteonis, 1107 (ibid. charte 138).
— Cauvisson, 1112 (Histoire, de Languedoc II, pr. col. 375).
— Sanctus-Saturninus de Calvicino, 1114 (cartulaire, de Saint-Sauveur-de-la-Font).
— Calvicio, 1125 (Histoire de Langudoc, II, pr. col. 426).
— Ecclesia de Calvitione, 1156 (cartulaire de N.-D.de Nimes. charte 84).
— Castrum de Calvincione, 1157 (chapitre, de Nimes, archives départementales).
— Calvissio, 1310 (Ménard I, pr. page 160, c. 2).
— Calvicio, 1384 (dénombrement de la sénéchaussée).
— Calvitio, 1386 (repertoire du subside, de Charles VI).
— Calvisson, 1433 (Ménard III, pr. page 287, c. 1); 1435 (répertoire du subside, de Charles VII).
— Cauvisson, 1436 (Ménard III, pr. page 256, c. 2).
— Locus de Calvissione, 1461 (registre copie de lette, royale E, v).
— Le prieuré Saint-Saturnin de Calvisson, 1605 (insinuations ecclésiastiques du diocèse de Nimes).
— Calvissac, Caulvisson, 1636 (cartulaire, de Saint-Sauveur-de-la-Font).
— Calvisson faisait partie de la viguerie et du diocèse de Nimes, archiprètré de Sommière.
— On y comptait, en 1322, 40 feux, en y comprenant Bizac, Cinsans et Livières, ses annexes; le dénombrement de 1384 ne lui en donne plus que 36; mais en 1734 Calvisson se compose de 346 feux, en 1744 de 500 et en 1749 de 641 feux et de 2,000 habitants.
— La terre de Calvisson, qui avait d'abord appartenu aux vicomtes de Nimes, était passée sous saint Louis au domaine royal.
— En 1305, le roi Philippe le Bel la donna à Guillaume de Nogaret. Dès le XVe siècle, érigée en baronnie, elle donnait entrée aux Etats. En 1644, elle fut érigée en marquisat en faveur de Jean-Louis Louet de Nogaret, l'un des trois lieutenants du roi en Languedoc. Ce marquisat fut formé des dix-neuf paroisses suivantes: Aiguesvives, Aubord, Aujargues, Bizac, Calvisson, Cinsans, Clarensac, Codognan, Congéniès, Langlade, Livières, Maruéjols-en-Vaunage, Mus, Parignargues, Pondres, Saint-Dionisy, Saint-Pancrace (Blancassi), Uchaud et Vergèze.
— Le prieure de Saint-Saturnin de Calvisson (auquel avaient été annexés, vers la fin du XVIe siècle, ceux de Notre-Dame-de-Bizac et de Saint-Martin-de-Livières) était réuni à la mense capitulaire de la cathédrale de Nimes et valait 3,300 livres; le vestiaire du chapitre en était prieur.
Sources: Dictionnaire Topographique du département du Gard, rédigé sous les auspices de l'académie du Gard par M. E. Germer-Durand, membre de cette académie. Paris Imprimerie Impériale M DCCC LXVIII.
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Cambon du Temple   (81)
Maison du Temple de Cambon-du-Temple
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Villefranche-d'Albigeois, Commune: Le Fraysse - 81


Maison du Temple de Cambon-du-Temple
Maison du Temple de Cambon-du-Temple


Les Templiers avaient dans le voisinage de Rayssac quelques possessions qui furent naturellement unies à la commanderie de Rayssac possession des Hospitaliers de Saint-Jean lors de la suppression de leur Ordre du Temple.

— 1171. Donation par Bernard A. à l'Ordre du Temple de l'église du Cambon.
— 1171. Cession par Izarn de la Valette du mas de Salvagnes au prix de 2,000 sols melgoriens.

Liste des Commandeurs Templiers de Cambon
1176. Guillaume Folquier.
1289. Raymond de Posquières.
1293. Bernard de Rotbald.
1301-1303. Pons de Saint-Just.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Commandeurs Hospitaliers
1314. Etienne Mostier.
1318. Arnaud de Borren.
1330. Raymond de Suejols.
1336. Guiral Jolia.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Maison du Temple de Cambon-du-Temple
Le village de Cambon du Temple et son église, sont attestés dans les textes d'archives depuis le XIIe siècle.
(Titres de donations à l'Ordre du Temple de 1171 et de 1183).
Ce village fut en effet le centre d'une commanderie templière fondée en 1171 par la donation de Bernard At de Cambon au Commandeur et religieux de la maison du dit Cambon, de tout ce qu'il avait dans ce lieu et dans la paroisse.
Les commandeurs se succédèrent à la tête de la commanderie de Cambon du Temple jusqu'en 1336.

Templiers et Hospitaliers à Lanel (Cunac) XIIe - XVIIIe siècle
A Lanel-Haut se trouvent la Route des Templiers et le Square de la Commanderie. Ces deux noms évoquent la présence des Templiers et des Hospitaliers sur les terres de Cunac pendant plus de six siècles. (3)
3. E. Berges - Revue du Tarn, n° 131, page 503 (1988)

Avec l'avènement des Carolingiens en 751, le régime féodal s'établit et Cunac dépendit de la seigneurie de Saint-
Juéry. Cette seigneurie faisait partie au XIe siècle des biens des vicomtes d'Albi. Ceux-ci avaient des possessions très étendues, et, pour y assurer quelque sécurité, ils firent appel, comme les comtes de Toulouse, aux ordres à la fois militaires et religieux des Templiers et des Hospitaliers. Pour les fixer sur leurs territoires, ils leur firent d'importantes donations. (2)
2. A. Bories - Historique de la commune de Cunac (1932)

Dans la région, les Templiers s'établirent dans les communes d'Ambialet et le Fraysse en 1171.
Leur commanderie siégea à Cambon-du-Temple (actuelle commune du Fraysse) de 1260 à 1336.
Après dissolution de l'Ordre du Temple (1118-1312), les possessions des Templiers passèrent à l'Ordre des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (fondé en 1099), appelés Hospitaliers et ayant leur principale commanderie au château de Rayssac (voir carte).

Cette commanderie comportait de nombreuses annexes, dont la principale eut son siège à Lanel: « les Templiers possédaient, à proximité, « la ville » de Lanel et une grande « Maison » (la « Maison des Templiers ») sous l'autorité du commandeur de « Lautrec et Lanel ». (1)
1. S. Jean - Templiers des Pays d'Oc et du Roussillon (1998)

Depuis la fin du XIIe siècle jusqu'à la Révolution, une portion importante de la commune se trouva donc appartenir à l'Ordre des Hospitaliers, qui devint en 1522 celui des Chevaliers de Malte.

Au XVIIe, Richelieu (1585-1642), venant du Languedoc et se dirigeant vers Montauban, passa à Lanel où il fut reçu dans la maison dite « maison templière », alors possession des Hospitaliers de la commanderie de Rayssac. (6)
6. E. Berges - Revue du Tarn, n° 130, p 237 (1988)

Au XVIIIe siècle, la commanderie de Lanel dépendant de celle de Rayssac possédait, d'après un inventaire du 8 juillet 1715, un domaine de deux cents sétérées (environ 100 hectares). Il comprenait le quadrilatère, borné à l'Est par le chemin de Lanel à Cunac ; au Nord, par le ruisseau de Fonfrège ; à l'Ouest, par l'ancien chemin de Saint-Juéry à Lombers, limite actuelle de la Commune, et au Sud par la route nationale. L'autre moitié comprenait de nombreux fiefs s'étendant sur le reste de la commune et notamment dans la partie Sud.

A la Révolution, la seigneurie de Saint-Juéry et la commanderie de Rayssac sombrèrent. Leurs biens furent d'abord saisis ou mis sous séquestre, puis vendus aux enchères par la nouvelle administration de l'Enregistrement et des Domaines. Dans la commune, les biens des chevaliers de Malte furent achetés en grande partie par les familles Cavalié de Cunac et Juéry de Lanel-Haut. Cette dernière famille les avait eus en fermage pendant plus d'un siècle et s'y était enrichie. L'une et l'autre ont disparu.
Sources : Mémoire présenté par Elise Berges - Inventaire Archéologique du canton de Villefranche d'Albigeois 1982-1984 Déposé pour consultation sur place, à la mairie du Frayssé. - Templiers et hospitaliers à Lanel (Cunac): XIIe-XVIIIe siècle. ou le Pdf
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Cambrai   (59)
Maison du Temple de Cambrai
Département: Nord, Arrondissement et Canton: Cambrai - 59


Maison du Temple de Cambrai
Localisation: Maison du Temple de Cambrai


La maison du Temple de Cambrai dépendante de la Commanderie d'Avesnes-le-Sec pris la succession d'une donation faite au mois de Mars 1239 aux Templiers de Coulommiers non loin de Paris, ainsi que le déclare un acte émanant du doyen de l'église de Coulommiers au diocèse de Meaux qui fait savoir que le Commandeur, les frères du Temple de sa ville et Jacques le Fellain de Cambrai se sont mis d'accord au sujet de deux maisons situées dans cette ville et que ledit Jacques possédera moyennant 200 livres parisis par an, payables aux religieux du Temple.

Comme, tous l'avons constaté dans plusieurs commanderies majeures ou non. Cambrai fait partie de cette fournée de donations faisant suite aux nouveaux élans de croisade lancés par le roi de France Louis IX. Après cet acte c'est le grand silence et ce n'est que le 14 avril 1265 que l'évêque du lieu enverra ses Lettres pour témoigner qu'il a concédé au maître de la Milice du Temple, trois bonniers de terre situés à Penois (peut-être Fresnoy) qui faisaient partie de la dotation de l'église de CarnièresDomaine du Temple à Carnières
Biens du Temple à Carnières
. Les Templiers acceptèrent cette offre moyennant un cens annuel de trois deniers blancs en monnaie de Hainaut, payable au début du mois d'octobre.

Les biens situés à Cambrai se bornaient à n'être que des maisons, quoique par démembrement certaines possessions, proches de la ville étaient surveillées par le supérieur de Cambrai. Au travers du commerce dans le nord de la France, la maison du Temple de Cambrai servit de refuge et d'entrepôt. Refuge pour le commandeur: Cambrai étant ville épiscopale et entrepôt sur la route des grandes foires de Champagne et de l'Ile de France.

Toutefois il n'y eut pas de biens épars en terre ou en louages. Les Templiers devinrent propriétaires par acquisition d'obligation ainsi que le signale un acte du mois de mai 1269. C'est encore l'official de Cambrai qui, ce jour-là, faisait connaître que dame Isabelle dite la Pekeresse, veuve de Thomas le Pekeur, avec l'assentiment de Jean li Caudeliers, son père, de Rogier et d'Alix, enfants de ce dernier, a abandonné aux frères de la Milice du Temple cinq maisonnettes situées à Cambrai et pour lesquelles elle leur devait une rente.
Il s'avère que ces maisonnettes ne sont pas des inconnues. Elles furent données aux Templiers par l'évêque de Cambrai en 1267 en échange d'une terre située à Escandoeuvre.

Cambrai fut une maison dépendante sans commandeur titulaire quoiqu'il arriva que des maisons - « la domus Templi » des textes soient dirigées par des titulaires. Très souvent le supérieur de ces établissements étaient des frères sergents supervisés par les sous-commandeurs de la commanderie-mère lesquels avaient les fonctions de trésorier de la commanderie et des annexes.

Le 17 mai 1287, l'official de Cambrai faisait savoir que Marie de Beauchamp donne quatre mancaudées de terre dont elle conserve l'usufruit viager. C'est le dernier acte connu.
Sources: Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg
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Campagnac   (81)
Domaines du Temple de Campagnac
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Castelnau-de-Montmiral - 81


Domaines du Temple de Campagnac
Localisation: Domaines du Temple de Campagnac


Les possessions de la commanderie de Vaour, dans la juridiction de Campagnac, se réduisaient à quelques fiefs donnant de rente 9 setiers 4 rases de blé, 6 rases de fèves, 5 sous 3 deniers, 8 sous d'acaptes et 2 gélives, avec droit de lods au taux de 5 d. un d. - En 1792, la rente, à Campagnac, n'est portée qu'à 5 setiers 4 rases de blé.
Sources: Toutes ces informations proviennent des dossiers personnels de M. Petitimbert, propriétaires du Relais Templiers de Vaour et cartulaire du Temple de Vaour
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Campagne-les-Hesdin   (62)
Maison du Temple de Campagnes
Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Montreuil, Canton: Campagne-lès-Hesdin - 62


Maison du Temple de Campagnes
Localisation: Maison du Temple de Campagnes


La commanderie n'était pas à Campagne même, mais entre cette localité et Beaurain-Château.

Cette maison du Temple, devint après la chute de l'Ordre, la propriété des Hospitaliers; au XVIIIe siècle elle était connue sous le nom de « ferme de l'Hôpital de Campagne. »

Dans le procès de Poitiers, il est dit que Guillaume « Haynues », frère sergent du Temple était garde des clefs, « claviger », de la maison de Campagne au diocèse d'Amiens.
Ce Templier avait été reçu en la maison du Temple de Grand-Selve (1301), par le précepteur du Ponthieu, Guérin de Grandvilliers.

Nous avons eu occasion déjà de mentionner le seul précepteur de Campagne-lèz-Hesdin qui nous soit connu; c'est Pierre le Prévôt « Petrus Propositus » qui avait la garde de cette maison du Temple vers 1299.

Au XVe siècle la maison et la chapelle du Temple existaient encore, mais il est probable qu'elles avaient été réparées. La chapelle était alors sous le vocable de l'Assomption.

A la lin du XIVe siècle le revenu de cette commanderie était, paraît-il, de 200 livres. Mais on ne peut se fier à ces chiffres établis au XVe siècle, car les guerres anglaises avaient ruiné ce pays.

Précepteur de Campagne
Vers 1299. - Pierre Le Prévôt « Prepositus. »

Claviger de la maison
Avant 1307. - Guillaume « Haynues. »
Sources: Trudon des Ormes: Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893
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Campagne-sur-Aude   (11)
Maison du Temple de Campagne-sur-Aude
Département: Aude, Arrondissement: Limoux, Canton: Quillan - 11


Maison du Temple de Campagne-sur-Aude
Localisation: Maison du Temple de Campagne-sur-Aude


1147, 19 juillet - Roger Ier, comte de Carcassonne, donne à la milice du Temple: sa « villa » de Campagne sur les deux rives de l'Aude, qu'elle a dégagée pour une dette de 3.000 sous ugoniens; deux « casales » dans la « villa » d'Arborbel, au terroir de Caudeval; trois hommes avec leurs manses dans la « villa » de Falgayrac; le droit d'avoir un four pour ses usages propres à Carcassonne; l'exemption de toute leude ou péage dans ses terres. Ni lui ni ses agents n'exerceront la justice ni aucune contrainte dans les biens cédés, dont les habitants seront dispensés du service d'ost envers lui. - Cette donation est confirmée par le comte lors de son départ pour Jérusalem, au port de la Tourelle à Agde.
Cartulaires des Templiers de Douzens - Publiés par Gérard et Elisabeth Magnou, sous la direction de Philippe Wolff - Paris, Bibliothèque Nationale - 1965

Campagne-sur-Aude, Cartulaire
Domus « de Campania » (Campagne-sur-Aude, arrondissement de Limoux, canton de Quillan) raro quidem fit mentio.

Domus Templi in Carcassensi (Douzens, Cours, Carcassonne) et in Reddensi pagibus (La Nougarède, Campagne) sitae balliviam constituebant a magistris rectam: hosce a singularium domuum praeceptoribus distinguere oportet, quod non fecerunt auctores optimi qui de domibus his adhuc scripserunt. Hoc equidem nonnunquam facile est, cum satis expressum nomen assumunt:
« preceptor honoris quem fratres mil. T. Jber. habent in episcopatu Carcassensis atque Redensis » (1167);
« magister omnis honoris militio que sunt (sic) in vicecomitatu Carchassensis et Redensis » (1169);
« comendator omnium domorum milicie que modo sunt in patria Carcassensis et Redensis » (1192);
« commendator Carcassensis, Redensis, Minervensis et Narbonensis » (1214, 1215);
« commendator domorum Templi in Redensi et Carchassensi diocesibus » (1227);
« preceptor domorum Templi Carcassensis et Redensis » (1239);
« preceptor domorum Templi in Carcassesio et Redesio » (1274), etc.
Sources: E-G. Léonard, Introduction au Cartulaire Manuscrit du Temple (1150-1317) constitué par le Marquis d'Albon.

Campagne-sur-Aude
En 1147, Roger Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne se prépare pour la seconde croisade, avec Alphonse Jourdain comte de Toulouse. Tombant gravement malade Trencavel, rédigeant son testament, cède aux frères de la milice du temple le lieu de Campanha ainsi que d'autres biens qu'il avait gagé pour financer son expédition.

Les templiers s'y installent et en améliorent les défenses. La forme caractéristique est encore visible au centre du village. Le fort circulaire dominé par un donjon s'élève sur une légère motte dans une boucle de l'Aude, les treize pans de son périmètre de murs à créneaux hauts d'une dizaine de mètres; l'ensemble se développe sur un pourtour de 220 mètres environ, pour une superficie de 2 000 m2.


Plan du domaine du Temple
Plan du domaine du Temple - Sources: templiers.org


Le tout était cerné par un fossé de quatre ou cinq mètres de large, bras détourné de la rivière, que franchissait un pont tiroir (C'est à l'emplacement de ces fossés, comblés, que se trouve la promenade circulaire). La porte, encore en son état d'origine, permettait, par une ruelle étroite bordée de maisonnettes et du logis du commandeur, d'arriver à la cour intérieure, au puits, à l'église (saint Sébastien), simple chapelle à l'origine, devenue, dans l'église rénovée, le transept de celle-ci.

Malgré les apparences, la position du Temple, à Campagne, était assez peu affirmée, même s'ils en étaient les seigneurs dominants. En 1271, par exemple, ils payaient une rente annuelle à l'archevêque de Narbonne. A tout prendre, il semble que le château n'a pu être, non point la caserne brillante et l'école de chevalerie que d'aucuns ont imaginées; mais une perception pour les censives locales, celles d'Espéraza et pour la gestion possible de quelques moulins sur l'Aude, ainsi que les droits de radellerie et autres péages.Malgré certains conflits d'intérêt ponctuels, les Templiers entretenaient de bonnes relations de voisinage, avec les familles voisines de Reda (Rennes) ou d'Albendun (Le Bézu) dont certains membres intègrent l'ordre.
Sources: Mairie de Campagne-sur-Aude

Campagne-sur-Aude
Des recherches qui lui permettent notamment d'affirmer que le fort de Campagne-sur-Aude est bien une construction templière: « Les documents que j'ai pu consulter parlent d'une barbacane à l'entrée du fort, or il s'agit là d'une architecture arabe, qui accrédite bien la thèse templière. » Sur les cartes de l'Institut géographique national (IGN) pourtant, c'est à Saint-Just de Bézu et non à Campagne qu'on signale un fort templier. Une « contrevérité », selon notre « historien »
Sources: Quillan: Centre d'Etudes et de Recherches Templières. Recherches de M. Georges Kiess

Campagne-sur-Aude


église Saint-Sébastien à Campagne-sur-Aude
L'église Saint-Sébastien à Campagne-sur-Aude - Sources: Campagne-sur-Aude


Au VIIe siècle, l'abbaye bénédictine de Lagrasse fonda à Campagne-sur-Aude une cella (tour carrée).

Le Templiers s'y installèrent en 1176, et firent les premières modifications en construisant l'église, le pont levis, le souterrain, la maison du Temple et les remparts à 12 côtés qui s'ouvrent vers l'Est. En 1312, l'Ordre de Malte se fixa à Campagne et refit la chapelle en y ajoutant un choeur gothique.
Sources: Site des Catholiques de l'Aude

Campagne-sur-Aude, commune du canton de Quillan.
— Eglise paroissiale dédiée à Saint Sébastien.
— Ancienne Maison du Temple depuis 1147, puis commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
— Cette maison du Temple dépendait de la Maison du Temple de Douzens.
— Sanctus Sebatianus de Campanea, 1156 (Archives de la Haute Garonne, fonds de Malte, commanderie de Campagne, I, 14)
— Campagna, 1156 (Ibidem, I, 15)
— Sanctus Sabastianus (sic) de Campania, 1216 (Ibidem, IV, 8)
— Castrum de Campanha, 1319 (Archives de l'Aude, E, non inventauriées)
— Campanha, 1347 (Archives Vaticanes, collection)
— Campana, 1360 (Archives de l'Aude, G 2 folio 55)
— Locus de Campanhia, 1373 (Archives de la Haute-Garonne, Malte, fonds de Campagne, I, 11)
— Fort de Campanha, 1554 (Ibidem, I, 21)
— Campaigne, 1571 (Archives de l'Aude, C, assiette diocèse d'Alet)
— Campagne, 1781 (C. diocèse d'Alet)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aude, rédigé par L'Abbé Sabarthès. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXII.
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Campeaux   (60)
Maison du Temple de Campeaux
Département Oise, Arrondissement Beauvais, Canton Formerie - 60


Maison du Temple de Campeaux
Localisation: Maison du Temple de Campeaux


La maison du Temple de Campeaux a été détachée au XVIe siècle de la Maison d'Ivry-le-Temple, par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, pour qu'elle devienne un membre de la commanderie hospitalière de Villedieu-la-Montagne.

Cette maison était un don de Constance, soeur du roi Louis VII. Par ses lettres datées de l'année 1172, cette princesse fit donation aux frères de la chevalerie du Temple, pour le salut de son âme et de celles de ses père et mère et du feu roi Louis, son frère, d'une maison située à Campeaux, « in Campellis », que Béatrix, femme d'Herman, avait tenue précédemment de Durant de Clichy, et que la princesse avait reprise d'elle, à cause de sa pauvreté, pour six livres et demie, après en avoir racheté des héritiers du dit Durant de Clichy les droits de justice et de seigneurie

La maison de Campeaux se trouvait près de l'église, dans la rue qui conduisait à Courcelles; et les terres qui en dépendaient, contenaient 98 mines. « La mine était de 60 perches, la perche de 13 pieds et demi, et le pied de onze pouces. »

Le Commandeur avait le patronage et la collation de la cure de Campeaux, avec la dîme de cette paroisse et celle de Courcelles, hameau en dépendant. Il avait également dans ces deux localités, la haute, moyenne et basse justice; mais, par un arrêt du Parlement de Paris, du 27 mars 1748, le Commandeur fut évincé de la seigneurie de Campeaux et maintenu seulement dans ses droits de basse justice pour le fief de Robert Lyon, situé à Campeaux, par indivis, avec le seigneur de Clermont.

La Maison du Temple possédait des cens à:
CampeauxDomaine du Temple à Campeaux
Biens du Temple à Campeaux

CourcellesDomaine du Temple à Courcelles
Biens du Temple à Courcelles
et à
Canny-sur-ThérainDomaine du Temple à Canny-sur-Thérain
Biens du Temple à Canny-sur-Thérain
.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Campeneac   (56)
Maison du Temple de Campénéac
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Ploërmel - 56


Maison du Temple de Campénéac
Localisation: Maison du Temple de Campénéac


Il ne reste plus que la Chapelle d'origine templière, les templiers étaient présents à Campénéac, le nom de la chapelle ne laisse aucun doute sur l'héritage des Templiers donné aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, cette localité donc cette chapelle est citée dans la charte de Conan IV sur les biens attribués aux Templiers.

Dès l'origine, en effet, une charte de Conan IV, rapportée par D. Morice à la date de 1160, énumère, pour les confirmer, toutes les possessions des Templiers et des Hospitaliers en Bretagne.
Charte de Connan IV et analyse de Jack Bocar

Campénéac, (lieu-dit Saint-Jean)
Chapelle Saint-Jean, époque de construction 13e siècle; 17e siècle. Chapelle qui remonterait au 13e siècle, fondée par les Templiers.


Chapelle de Campénéac
Chapelle du Temple de Campénéac - Sources: Wikipedia


En 1312, leurs biens furent attribués aux religieux de l'ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem. En 1568, la maison, métairie et hôpital Saint-Jean furent concédés à Prigent de Trécesson par lettres patentes de Charles IX. Dès lors, les seigneurs de Trécesson en gardèrent la propriété et s'y firent inhumer. Les murs épais sont en petit appareil irrégulier de pierres de schiste du pays. Le sol intérieur est constitué par la roche qui affleure. La chapelle a été très remaniée au 17e siècle.
Sources: BNF, Base Mérimée Monuments historiques, 1992.
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Campestre-et-Luc   (30)
Domaine du Temple à Campestre-Saint-Luc
Département: Gard, Arrondissement: Vigan, Canton: Alzon - 30


Domaine du Temple à Campestre
Localisation: Domaine du Temple à Campestre


Les Templiers y acquirent des maisons et des domaines, ils ne nous est pas parvenus de documentations sur l'historique de ces biens.

1147, jeudi 6 mars, Sensuda de Novillas donne à l'ordre du Temple, une terre à Campestre.
Sources: Marquis d'Albon, Cartulaire Général de l'Ordre du Temple 1119-1150, fascicule complémentaire, table des sommaires des actes et identification des noms de Lieux - Paris 1922.
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Camps-sur-l'Agly   (11)
Domaine du Temple à Camps-sur-l'Agly
Département: Aude, Arrondissement: Limoux, Canton: Couiza - 11


Domaine du Temple à Camps-sur-l'Agly
Localisation: Domaine du Temple à Camps-sur-l'Agly


Bail à ferme perpétuelle des herbages de Camps-sur-l'Agly, concession de droit de boisage dans la forêt de Peyrosa pour les habitants de Prugnanes

Il y a un acte du 7 novembre de cette année 1268, relatif à la commune de Camps-sur-l'Agly, située en dehors du département des Pyrénées Orientales, et intéressant pour la commune de Prugnanes et pour la question des pacages.

C'est une espèce de bail à ferme perpétuelle des herbages de tout un territoire, moyennant une redevance annuelle, et assez semblable à l'acte que nous avons déjà vu relativement aux herbages d'Ultrera, mais avec cette différence que les seigneurs de Camps-sur-l'Agly ne vendent que les droits d'herbage et de boisage de ce territoire, en se réservant expressément les droits de justice, d'agrier et autres, ainsi que la propriété des terrains qui y sont situés. Il y a donc quelque intérêt pour le Roussillon et la Cerdagne à connaître ce qui se pratiquait dans le pays de Fonollet en matière de pacages.

Par cet acte les donzells Arnaud de Solage et Pierre de Cucugnan vendent ou louent à perpétuité à Raymond dez Bach, commandeur du Mas Deu et à ses successeurs, pour le prix annuel de cent sols tournois, leurs herbages situés au territoire du château de Calms « GalamusDomaine du Temple à Galamus
Domaine du Temple à Galamus
 » (1), pour le pacage des troupeaux des Templiers, ainsi que de ceux de leurs donats, « et même des autres étrangers, » pourvu qu'ils soient dans la « cabane du Temple. » Dans le cas où les Templiers ne tiendraient pas leurs troupeaux dans lesdits pacages, ils auraient toute liberté de les vendre ou affermer à des étrangers et comme ils le jugeraient à propos. Les vendeurs donnent au commandeur du Mas Deu « toute liberté de prendre, pour les besoins et pour l'usage de ses bergers ainsi que de la maison de Prugnanes et des habitants audit lieu, du bois pour le chauffage et la construction (ligna et fustam) dans la forêt de Peyrosa appartenant auxdits seigneurs. »
1. Ce lieu est appelé une fois de Calmut et ensuite de Calmis dans l'acte de vente. C'est peut être la première forme qui a produit le nom de Galamus (commune de Saint-Paul-de-Fenouillet) donné à l'ermitage de Saint-Antoine situé sur l'Agly, à la sortie du territoire de Calms « Galamus » où il prend sa source. Quant à la mutation du C en G, on peut remarquer que l'on mentionne dans ce même document un col de Genternac, qui devrait probablement s'écrire Centernac.

Les vendeurs se réservent ensuite expressément toute juridiction, en ce qui concerne les foriscapis, agrers et autres droits, avec la propriété des terrains, sauf les droits ou usages des herbages et boisages susdits. Ils se réservent en outre, ainsi qu'à leurs hommes de Calms « Galamus », le droit de faire pacager leurs troupeaux dans les susdits pacages, à l'exception du bétail de « trasnueita (2) » mais leurs bêtes bovines pouvaient y rester la nuit pendant l'été.
2. C'est ce qu'on appelait en Roussillon (bestiar de tranuyta), c'est à dire le bétail qui ne rentrait pas la nuit au lieu de résidence.

L'acte donne la délimitation des herbages vendus, correspondant à peu près avec les limites du lieu de Camps-sur-l'Agly, c'est à dire avec les rochers de Bugarag, avec le territoire del Boys (compris aujourd'hui dans le territoire de Candiès) et autres lieux du domaine royal de Fonollet jusqu'au lieu dit (a Campel Redon), et enfin du côté du midi « avec le territoire du château ou lieu de Prunhanes. » Il y a aussi une clause que l'on trouve rarement énoncée dans les actes de ce genre rédigés en Roussillon et Cerdagne, en vertu de laquelle les troupeaux introduits par les Templiers dans lesdits pacages pourront descendre librement pour l'abreuvage aux trois (abeuradors) dits (del Leuder d'Assanas et de la Ola), et les dommages causés par les troupeaux allant à l'abreuvage ou en revenant, seront réparés sans amende aucune, d'après l'estimation de l'un des gardes du troupeau et d'un (prohomen) de Calms « Galamus. »

Cet acte fut reçu probablement à Saint-Paul, par un notaire royal des pays de Pierre-Pertuse et de Fenouillèdes, en présence de trois religieux du Temple qui avaient accompagné le commandeur du Mas Deu, et du jurisconsulte Pierre Roig, de Perpignan, qui lui avait sans doute donné son assistance (3).
3. Pierre Roig porte le titre de juge de Perpignan dans un acte du 23 janvier 1268, ainsi que dans d'autres documents des années précédentes et suivantes. (Archives départementales, Cartulaire du Temple folio 67)
Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.
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Canens   (31)
Maison du Temple de Canens
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Montesquieu-Volvestre - 31


Maison du Temple de Canens
Localisation: Maison du Temple de Canens


Le 27e jour du mois de juin de l'an de l'Incarnation 1156, le chevalier Arramond d'Aspet, accompagné de ses deux fils Arnaud-Arramond et Roger, se rendait au Temple de Montsaunès qu'il avait déjà comblé de ses faveurs. Là, en présence de tous les Templiers de la maison, il fit donation à Dieu, à Notre-Dame de Montsaunès, à Guillaume de Verdun, Commandeur du château, de la ville et des habitants de Canens, de son territoire, de la seigneurie haute, moyenne et basse, « comme il l'avait dans les autres châteaux ainsi que de l'église, des dîmes et des prémisses. Si quelqu'un veut contrevenir à ce don qu'il soit maudit de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de Madame Sainte-Marie, des neufs Ordres des Anges, des quatre Evangélistes, des douze Apôtres, de tous les Martyrs, de toutes les Vierges, de tous les Confesseurs et de toute la cour céleste. »

Entrée de Raimond At d'Aspet au Temple de Montsaunès
1156, 28 juillet, samedi (1)
Entrée de Raimond At d'Aspet au Temple de Montsaunès.
Don par le même aux Templiers de divers fiefs situés à Canens et à La PujoleDomaine du Temple à La Pujole
Biens du Temple à La Pujole
et de l'albergue de l'église de la Pujole.

La pièce ci-dessous contient deux actes distincts :
a. Du premier, entrée de Raimond At d'Aspet au Temple et don des fiefs de Canens et de la Pujole, nous possédons par ailleurs une copie suspecte du XIIIe siècle et une copie gasconne incomplète et également bien sujette à caution.

B1. — Copie latine du XIIIe siècle, Archives départementales de Haute-Garonne, H, Malte, Canens, I, 1B (Caignac, 1. 50) [avec la date 1156, 2 juillet, Prat]
B2. — Copie gasconne du XIIIe siècle ne contenant que la donation de Canens, Arch. dép. Haute-Garonne, H, Malte, Canens, I, 1 (Caignac, 1. 50). Publiée par Du BOURG, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse Paris-Toulouse, 1883, (2e éd.), n° XXXVII [avec la date aux éléments discordants 1156, lune IV, juin, samedi].
C. — Cartulaire jusqu'à ...ire eternum.
b. — Du second, don de l'albergue de l'église de la Pujole, nous avons l'original.
A. — Original sur parchemin, Archives départementales de Haute-Garonne, H, Malte, Montsaunès, I, 2. Publié ci-dessous sous le n° 41a.
C. — Cartulaire, depuis In hac predicta ecclesia...

41a. — Notum sit omnibus hominibus tam presentibus quam futuris quod R. Ato d'Espeg dedit in ecclesia de Puiola unum convivium quod ibi habebat cum tota sua familia annuatim domui militie Templi scilicet Montis Salnensis; pro hoc supra dicto convivio debet dare annuatim monachus d'Aleit qui est prior de Rupe fort II. sestarios de forment ad ipsum de Martras et .III. sestarios vini et .X. sestarios de cibaria et .XVIII. d. morlanis per carnes et .VII. gallinas. Factum fuit hoc mense iulio, die sabbati, luna .IIII. régnante Lodovico rege Francorum, anno ab incarnatione Domini .M°.C°.LVI°. Rotbertus presbiter scripsit.
1 — Cette date est celle de la seconde donation reproduite dans le cartulaire, dont nous possédons l'original. Elle renferme une légère inexactitude : le quatrième jour de la lune tombe au mois de juillet 1156 le 26, un jeudi et non un samedi. Nous avons supposé une erreur dans le calcul de l'âge de la lune, en conservant la férié, écrite intégralement, la plus proche de la lune. Les dates contradictoires données par les copies suspectes de la donation de Canens ne peuvent pas entrer en ligne de compte.
Sources : M. Charles Higounet - Bulletin Philologique et Historique, (jusqu'à 1715) - Comité des Travaux Historiques et Scientifiques - Années 1955 - 1956. Presses Universitaires de France - 1957.

Canens sous les Hospitaliers de Saint-Jean
Après la suppression de l'Ordre du Temple, la ville de Canens et ses dépendances furent détachées de la commanderie de Montsaunès pour être réunie à celle de Caignac dont sa position géographique la faisait dépendre plus naturellement. Nous voyons dans la suite ce membre donné successivement à plusieurs religieux, son éloignement du chef lieu de la commanderie nécessitant cette mesure. Mais cette habitude de distribuer à des chevaliers certains membres des commanderies n'était qu'une simple tolérance et le Grand-Maître Aymeri d'Amboise interdit même complètement cet abus.

Le membre de Canens était alors possédé par Théobald de Verdusan qui en avait été pourvu par un de ses parents, commandeur de Caignac. Ce dernier ferma en sa faveur les yeux sur cette infraction aux règlements; mais il n'en fut pas de même avec son successeur, Géraud de Massas, qui, ne pouvant persuader au chevalier de Verdusan de restituer de plein gré le membre de Canens, porta l'affaire devant le Grand-Conseil de l'Ordre (1513). Une bulle du Grand-Maître Fabrice de Carette obligea Théobald de Verdusan à renoncer au membre de Canens et chargea Jean Salomon, Commandeur de Montsaunès et B. de Golard, Commandeur d'Argenteins de le faire restituer à son légitime propriétaire (10 juillet 1514).

Liste des Commandeurs Hospitaliers du membre de Canens
1491-1495. Pierre de Molis, prêtre.
XXXX-1498. Raymond Gélade.
1508-1514. Théobald de Verdusan.
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
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Cannet-des-Maures (Le)   (83)
Domaine du Temple Le Cannet-des-Maures
Département: Var, Arrondissement: Draguignan, Canton: Le Luc - 83


Le Cannet-des-Maures
Localisation Le Cannet-des-Maures


Le Canet, diocèse de Fréjus, viguerie de Draguignan.
L'Eglise paroissiale est sous le titre de Notre-Dame et de Saint Michel: auprès de la rivière d'Argens, il y a une autre Eglise souterraine, pareillement dédiée à Saint Michel, que l'on croit être du temps des persécutions: son entrée difficile et sa situation semblent autoriser cette croyance.

Les Chapelles rurales sont au nombre de cinq: celle de la Sainte Trinité sur la grande route du Luc à Vidauban, celle de Saint André, Prieuré dépendant du Chapitre de Lorgues.

le Prieuré de Sainte Maxime, dont le Prieur est gros Décimateur; il appartenait anciennement aux Templiers et leur Maison devait être considérable, si on en juge par les débris des murailles qu'on y voit encore.


Eglise du Vieux-Canet
Localisation: Eglise du Vieux-Canet - Sources: Bnf


Celles de Saint Antoine et de Sainte Catherine qui sont deux Bénéfices simples. Cette Terre est érigée en Marquisat: elle appartient à Madame de Colbert Turgis née Rascas, seule héritière de cette famille.
Sources: Description Historique, Géographique et Topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté Venaissin, de la Principauté d'Orange, du Comté de Nice, etc. Par M. Achard, Médecin de Marseille, Membre de plusieurs académies. Aix M. DCC. LXXXVII. Page 401.

Le Cannet-des-Maures
Inventaire général du patrimoine culturel
Chapelle de Templiers Saint-Maisse
Lieu de culte probablement au 9e siècle; mentionné au 11e siècle, au 13e; en ruine fin 16e siècle; aurait appartenu aux templiers au 13e siècle; transformée en magnanerie au 19e siècle, actuellement maison.
Inventaire général, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur 1986
Sources: NBF, Base Mistral
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Canny-sur-Thérain   (60)
Biens du Temple à Canny-sur-Thérain
Département: Oise, Arrondissement: Beauvais, Canton: Formerie - 60


Canny-sur-Thérain
Localisation: Biens du Temple à Canny-sur-Thérain


C'était une dépendance de la Maison du Temple de CampeauxDomaine du Temple à Campeaux
Biens du Temple à Campeaux

Campeaux, Canny-sur-Thérain, possédait à la fin du XIIIe siècle, un moulin avec une maison, un vivier et la rivière, sur laquelle était bâti ce moulin.

En 1387, le commandeur Hospitalier d'Ivry-le-Temple aliéna ce petit domaine qui demandait des frais d'entretien et de réparation trop considérables, et l'accorda à rente perpétuelle à un nommé Henri le Mannier, moyennant une redevance annuelle de quatre muids et demi de blé.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Canohes   (66)
Domaine du Temple de Canohès
Département: Pyrénées-Orientales, Arrondissement: Perpignan, Canton: Toulouges - 66


Domaine du Temple de Canohès
Localisation: Domaine du Temple de Canohès


Le précepteur de ces biens, qui semble être encore le frère Hugues Rigold, le même qui avait emmené la première colonie de Barcelonne, acquérait de l'abbé de Saint-Sauveur-de-Bréda, près de Girone, le prieuré de Cira pour 12,000 sols melgoriens, et vit dès-lors les domaines de la maison s'étendre à Toluges, Canohès, Trullas, Anyils, Pla-de-Cors, etc.

Arrondissement de Perpignan Préceptorie principale du Mas-Deu
Alenya, Bonpas, Cabestany, Canet, Canohès, Castel Roussillo, Cornella del Vercol, Mailloles, Perpignan, Saint-Mamert, Orles, Toluges, Théza, Vernet près Perpignan, Villeneuve-de-la-Raho, Villeneuve-de-la-Rivière, Garrius, Juegues, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Salses, Toreillas, Corbere, Saint-Féllu-d'Avall, Anyils, Bages, Brulla, Camelas, Candell, Forques, Llanro, Llupia, El Camp, Ortafa, Passa, Pollestres, Pontella, Trullas, Terratz, Trasserra, Villamolaça, Vilarmila, Anxonis, Borrat, Calmes, Jonqueroles, Prugnanes, Saint-Arnald, Saint-Etienne de Derg, Mateperuste (bois donné en 1143, par Udalgarius, proconsul Feniolotensis), Tournefort.
Sources: Edouard de Barthélemy - Etude sur les Etablissements Monastiques du diocèse d'Elne (Prepignan) - Membre de la Société d'archéologie, Inspecteur des monuments de la Meuse - Bulletin Monumental ou Collection de Mémoires et de Renseignements sur la Statistique Monumentale de La France - Paris 1857.

Canohès et Toulouges
— Très tôt les Templiers prennent pied à Canohès où ils possèdent des terres dès 1146 puis des hommes « propris » en 1155.

— Mais leurs biens sont plus importants à ToulougesDomaine du Temple à Toulouges
Biens du Temple à Toulouges
:
— 1146 ils reçoivent des terres qui s'étendent sur les territoires de Canohès et de Toulouges,
— 1153 Arnaud de Montescot fait encore une donation au frère Arnaud de Saint-Cyprien.
Ces biens sont conservés, semble-t-il, jusqu'en 1197, année où ils en échangent une partie avec le prieur de Panissars.

— En 1233, Raymond de Vilamau leur vend quelques droits.
— En 1271, ils achètent en même temps qu'Orle la dîme de Toulouges à Bernard d'Oms.

— Mais en 1277, Raymond de Bac, précepteur du Mas Déu, abandonne les possessions de Toulouges. Il échange avec Pierre Rubei (Roitg) de Camprodon tout ce que le Temple possède à Toulouges, sauf la dîme qu'il garde, contre les possessions achetées par ce dernier à l'abbaye de Sant-Pere de Camprodon et situées à Mailloles et à Orle.
Sources: Robert Vinas, L'Ordre du Temple en Roussillon
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Canteloup   (50)
Seigneurie du Temple de Canteloup
Département: Manche, Arrondissement: Cherbourg-Octeville, Canton: Saint-Pierre-Eglise - 50


Seigneurie du Temple de Canteloup
Localisation: Seigneurie du Temple de Canteloup


On lit dans le rapport de la visite prieurale de 1495: « A ung quart de lieue, près de Valcanville, y a ung aultre villaige, nommé Canlelou, de XVIII à XX maisons, tous hommes de la religion subjects à basse justice. »

Comme seigneur spirituel, le Commandeur jouissait de toutes les dîmes de Canteloup et des droits honorifiques dans l'église du lieu, aux fenêtres de laquelle on voyait les armes de l'Ordre.

Le jour de la Noël, les hommes et vassaux de la seigneurie étaient tenus de venir chercher la « chaule » en l'hôtel de la commanderie.

Il y avait plusieurs fiefs qui relevaient de la seigneurie de Canteloup:
Le fief au Comte, qui appartenait, en 1651, à Georges Oger, écuyer, seigneur de la Haulle;
Le fief Bachelier, sur le chemin de la Petite-Lande de Valcanville, allant à l'église de Canteloup;
Le fief Blanchet, au chemin de l'église de Canteloup à Barfleur et à Clitourps;
Le fief du Guert, qui appartenait vers le milieu du XVIIe siècle à Bon Hervé Castel, marquis de Saint-Pierre-Eglise.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Capbreton   (40)
Maison du Temple de Capbreton
Département: Landes, Arrondissement: Dax, Canton: Saint-Vincent-de-Tyrosse - 40


Maison du Temple de Capbreton
Maison du Temple de Capbreton


Si l'on en croit l'Abbé Charles Métais, les Templiers possédaient une Maison près de Capbreton. C'était une Maison d'accueille, une sorte d'hôpital pour aider les pèlerins en route sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

Mise à par, la charte « qui est de la société archéologique du Vendômois » que cite l'abbé Métais, je n'ai aucun renseignement sur cette Maison.

Il est possible de découvrir sur la carte de Cassini, au lieu dit « Commanderie de Bourette », « Boret » ou « Bouret », au nord de Capbreton, les ruines d'une chapelle ayant appartenu aux chevaliers du Temple ou, comme le pensent certains érudits locaux, aux chevaliers de Malte.
Cette chapelle vouée au culte de sainte Madeleine est actuellement totalement disparue, mais une croix subsiste encore, qui en indiquait le lieu précis avant d'être elle-même déplacée quelques mètres plus loin.

De nos jours, la seule trace de cette chapelle est sa cloche, fondue en 1483, montée sur le clocher de l'église du bourg de Capbreton.

Cette commanderie-hôpital, mentionnée comme telle en 1253, fut construite vraisemblablement au XIIe siècle. Elle s'érigeait sur la route littorale de Compostelle, à côté d'un port d'embarquement. Ce port permettait aux pèlerins qui le souhaitaient d'utiliser une embarcation à destination de la Galice, leur évitant ainsi de traverser le pays basque et la chaîne dangereuse des Pyrénées. Le retour du lieu saint se faisait également par ce moyen de transport.

La chapelle de « Bouret » était un lieu voué au réconfort moral et spirituel. Ce lieu de culte n'était pas le seul bâtiment sous l'égide des moines hospitaliers. Dans le bourg, se dressait, depuis le XIVe siècle, une commanderie qui vécut ses derniers instants en l'année 1920.
1- Depart (Abbé A.): « Les Commanderies dans le Département des Landes », in Bulletin de la Société de Borda, 1894 (2e, 3e et 4e trim.)
2. Saint-Jours (Bernard): « Cap-Serbun, Labenne et Capbreton », in Bulletin de la Société de Borda, 1918.


Capbreton
Commanderie de Bayonne - Saint Jean de Marsac (Saint Jean de Rodes) - Capbreton Landes
Sources: Pierre Vidal - Hospitaliers et Templiers en France Méridionale - Le Grand Prieuré de Toulouse de l'Ordre de Malte - Association: Les Amis des Archives de la Haute-Garonne - Editions CNRS.

Capbreton
On peut lire sur le site de la commune de Capbreton: « La voie littorale, entre l'estuaire de la Gironde et Saint Jean de Luz au Pays Basque, une voie parallèle à la via Turonensis ou voie de Tours, était très fréquentée au moyen Age, essentiellement par les pèlerins anglais, hollandais, normands et bretons qui souvent ralliaient Soulac, le point de départ, en bateau. Le tracé de l'itinéraire suivait l'emplacement d'églises célèbres abritant des reliques, mais la présence de gués, d'hospices sûrs tenus par les Templiers ou de voies romaines avait également son importance. »

Capbreton
On peut lire sur le site du journal La Dépêche: « La place des Templiers de Capbreton évoque la Commanderie détruite en 1920. »

J'ai dans mes listes du Grand Prieuré de Toulouse, Membre de la commanderie de Bayonne, Saint-Jean-de-Rodes, près de Capbreton, Landes. « Sources Dubourg, Grand Prieuré de Toulouse - 1883. »

Cette maison de Saint-Jean-de-Rode n'est pas commenté, il m'est donc impossible dans l'état actuelle des documentations de dire si elle est d'origine templière. Faisait-elle parti de l'héritage des Templiers ?

Je n'ai pas eu connaissance de l'acte cité par l'abbé Métais, peut-être est t'il réel, mais, alors pourquoi, cet acte sort-il des documents du Vendômois ?

Voici une partie de l'acte que j'ai découvert sur Internet: Capbreton.
« Capiit bruti », « Cap-Serbun » Saint-Nicolas de Bouret, ancienne maison de Templiers, attribuée aux Chevaliers de Malte, possédée par des séculiers, dès 1345. Il est étayé par une charte de l'Abbé Métais.
Métais (Abbé Charles), Templiers et Hospitaliers dans le Vendômois - Chartes inédites, in Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, t. XXXIII, 1894, pages 47-93.

Capbreton
Voici ce que j'ai découvert: Provinces ecclésiastiques d'Auch et de Bordeaux.

Recueil historique des Archevêchés, Evêchés, Abbayes et Prieurés de France Par Dom Beaunier.
Tome Troisième Provinces ecclésiastiques d'Auch et de Bordeaux. Par Le R. P. Dom J.-M. Besse.

Capbreton. Capiit bruti, Cap-Serbun - Saint-Nicolas de Bouret, ancienne maison de Templiers, attribuée aux Chevaliers de Malte, possédée par des séculiers, dès 1345.
Editeur: Paris, Librairie Poussielgue 15, rue Cassette - 1910.

Capbreton autres informations
cote sud memoire vive
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Capendu   (11)
Domaine ou Maison du Temple de Capendu
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Capendu - 11


Domaine du Temple de Capendu
Localisation: Domaine ou Maison du Temple de Capendu


Les Templiers y possédaient de très nombreux biens en terres, vignes, redevances, pâturages, honneurs, bâtiments et redevances.

— 1163, [8 ou 9] juillet. Pons de Capendu donne aux frères de la milice une vigne qu'il possédait en alleu dans le terroir de Capendu.
— 1163, le 8 avant les ides de juillet, soit le 8 juillet, tombe un lundi.
— 1168, 4 octobre. Gaucelm (Gaucelmus), malade, remet à Dieu et aux frères de Saint-Jean de Carrière son âme et son corps, et leur donne une terre dans le terroir de Capendu, avec le consentement de ses frères.
Sources: Cartulaires des Templiers de Douzens - Publiés par Gérard et Elisabeth Magnou, sous la direction de Philippe Wolff - Paris, Bibliothèque Nationale - 1965
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Carentoir   (56)
Maison du Le Temple de Carentoir
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: La Gacilly - 56


Maison du Le Temple de Carentoir
Localisation: Maison du Le Temple de Carentoir


Carentoir est une des plus anciennes paroisses du diocèse de Vannes. Au IXe siècle elle formait un plou breton gouverné par un « mactiern » et habité par une population parlant la vieille langue celtique.

Lorsqu'au milieu du XIe siècle les Templiers vinrent s'établir en Bretagne, ils fondérent sur le territoire de Carentoir une maison qui prit d'eux le nom de Temple. On ignore la date précise de cette fondation due, d'après la tradition, à la pieuse munificence des ducs de Bretagne, mais la charte de 1182 mentionne sous le nom de « Karantoe », le Temple de Carentoir parmi les possessions des Templiers en Bretagne. Nous ne savons rien par ailleurs du séjour à Carentoir des Chevaliers du Temple.

Le peuple a néanmoins conservé souvenir de la lamentable fin de ceux qu'il appelle encore les Moines Rouges: ils furent tous massacrés, dit-il, au pied d'un gros chêne, près la chapelle de « Fondeliennela chapelle de Fondelienne
la chapelle de Fondelienne
 », à mi-voie entre leur manoir du Temple et le bourg de Carentoir.

Il fallait bien que dès cette époque reculée, le Temple de Carentoir eut une certaine importance, puisque les Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, héritant des biens des malheureux Templiers, firent de cet établissement le chef-lieu d'une commanderie de préférence à leurs propres hôpitaux qu'ils y réunirent.


Chapelle de Carentoir
Chapelle de la commanderie de Carentoir


En 1566 l'Hôpital de Quessoy fut annexé au Temple de Carentoir, et le tout ne forma plus qu'une seule commanderie portant le nom de Temple de Carentoir. Trente ans plus tard le manoir du Temple de Carentoir fut tellement ravagé par la guerre civile que ses commandeurs furent forcés de l'abandonner; ils allérent alors fixer leur résidence au Temple de la Coëffrie, en la paroisse de Messac, dans le diocèse de Rennes.
Par suite nous étudierons tout d'abord le Temple de Carentoir et ses premières annexes - puis l'Hôpital de Quessoy le Temple de la Coëffrie - enfin la juridiction et les revenus de la commanderie.

La commanderie du Temple de Carentoir se composait d'une douzaine de membres qui tous se trouvaient au diocèse de Vannes sauf un seul, le Temple de la Coëffrie, situé en l'évêché de Rennes.
Ils formaient au XVIe siècle cinq groupe:
— Le Temple de Carentoir proprement-dit.
— L'HôpitalLocalisation de l'Hôpital de Malansac
Localisation de l'Hôpital de Malansac
de Malansac et ses annexes.
— L'Hôpital de Saint-Jean de VillenardLocalisation de l'Hôpital Saint-Jean de Villenard
Localisation de l'Hôpital Saint-Jean de Villenard
.
— Le Pont d'OustDomaine du Temple au Pont d'Oust
Biens du Temple au Pont d'Oust
, et
— Le Temple de la CoëffrieDomaine du Temple à La Coëffrie
Biens du Temple à La Coëffrie
.

Le Temple de Carentoir.
Le chef-lieu du Temple de Carentoir se trouvait éloigné d'environ une lieue du bourg de Carentoir. Les Templiers y construisirent une église dont il reste encore un arc roman, séparant le chanceau de la nef, rebâtis l'un et l'autre dans les siècles derniers.


Situation de la Maison du Temple de Carentoir
Situation de la Maison du Temple de Carentoir


Pendant que cet établissement fut habité par des Chevaliers prêtres, les paroissiens de ce quartier s'habituèrent à trouver dans la vaste église du Temple la satisfaction de leurs besoins religieux. Mais comme dans la suite il arriva souvent qu'aucun des Chevaliers n'était prêtre, pas même le commandeur, on se vit dans l'obligation, à une date qui nous est inconnue, d'ériger ce quartier en paroisse démembrée de Carentoir et d'en fixer le siège au Temple même.
Dans la transaction qui créa ce nouvel état de choses et mit l'église conventuelle à la disposition du clergé paroissial et des fidèles, le commandeur se réserva le droit de présenter le vicaire perpétuel, auquel il se chargea de fournir un presbytère et une portion congrue.
Plusieurs aveux nous montrent cette réserve, naturelle d'ailleurs, comme autorisée et confirmée par les Souverains Pontifes et les ducs de Bretagne.
En retour de cette concession, le vicaire perpétuel devait, chaque dimanche, au prône de la messe, prier à haute voix pour le Grand-Maître de l'Ordre et pour le commandeur du Temple de Carentoir.
On ajoute même qu'il était tenu de porter l'habit de frère chapelain d'obédience de l'Ordre et de se faire croiser au premier chapitre qui suivait la date de ses provisions.

Dans toute l'étendue de la nouvelle paroisse, les dîmes perçues à la 10e et à la 15e gerbe, appartenaient au commandeur, ainsi que les oblations faites à l'église paroissiale et les prémices sur les bêtes à laine.
Une partie de ces revenus était parfois abandonnée au vicaire perpétuel pour lui tenir lieu de pension. Dans les derniers temps, ce vicaire était même assez souvent fermier de tous les revenus de la commanderie.

« A différentes reprises, comme en 1641 et 1683, la visite canonique de la paroisse du Temple de Carentoir par l'archidiacre et les délégués de l'évêque de Vannes, fut contestée par les commandeurs, qui ne voulaient reconnaître ce droit qu'au Grand-Prieur d'Aquitaine et à l'évêque en personne. »

Le manoir, résidence du commandeur, se trouvait au bourg du Temple de Carentoir, près de l'église paroissiale; mais pendant les guerres de la Ligue, les partisans du duc de Mercoeur pillèrent et ravagèrent ce bourg en 1596, puis mirent le feu au manoir après l'avoir dévalisé; tout cela en haine du commandeur Jean Le Pelletier qui combattait alors vigoureusement dans le parti des Royaux. Aussi en 1643 ne voyait-on plus « au derrière de ladite église du Temple de Carentoir, vers amont », que de « vieilles mazières où estoit autrefois le logix et manoir du Commandeur, qui a esté desmolli par l'injure des guerres civiles, fors une grange pour serrer les gerbes de la dîme qui appartient du tout en ladite paroisse du Temple audit commandeur, qui se lève pour la pluspart à la dixième, tant de grains que de fillaces. »

On peut voir une très jolie Croix palis trilobée derrière la chapelle à la dite place du manoir des commandeurs.


Croix palis trilobée
Croix palis trilobée monolithe sans base avec pour symbole des 5 plaies du Christ


A la même époque, « à côté dudit logix » (la grange du Temple), se trouvaient des jardins appelés le Clos, « plantés d'arbres fruitiers », un petit bois de haute futaie et une prairie, « le tout se joignant ensemble et pouvant contenir environ huit journaux, le tout bien mesnagé. » Enfin un vivier et une garenne complétaient le pourpris de l'ancien manoir de la Commanderie.

Non loin de là et également près de l'église, le vicaire perpétuel du Temple avait son « logix presbytéral composé de chambres haultes et greniers au-dessus, et au-dessoubs un appart qui sort de cuisine au costé de laquelle est un cellier. et d'aultre costé un étable; le tout couvert d'ardoise en bon estat. Il y a un petit jardin au devant, cerné de vieilles murailles dont jouit ledit recteur avec les oblations pour tout salaire. »

Cette rétribution trop aléatoire fit naître bien des procès aux derniers siècles entre les commandeurs curés-primitifs du Temple et leurs vicaires perpétuels ou recteurs. Ceux-ci exigeaient qu'on leur abandonné, la jouissance des dîmes de la paroisse ou une pension d'au moins 300 livres, ce que refusaient d'admettre les Chevaliers de Malte. A l'origine les oblations du Temple de Carentoir pouvaient être assez considérables pour faire vivre le pasteur, mais il n'en était plus ainsi au XVIIe siècle; toutefois les commandeurs - dont les revenus étaient extrêmement modiques - avaient peine à en convenir.
En dehors de sa dîme le commandeur de Carentoir ne recueillait, en effet, dans sa paroisse du Temple que 16 livres « tant par argent que bleds » plus deux corvées que lui devait chaque tenancier.

« A une mousquetade dudit bourg du Temple » s'élevait un moulin à vent bâti par le commandeur Gilles du Buisson; tous les hommes de la commanderie étaient obligés d'y porter « moudre leurs bleds ô debvoir de mouture qui est le saiziesme, à peine d'amende. » Ce moulin existe encore sur la lande au nord du Temple de Carentoir; au-dessus de sa porte sont les restes d'une vieille inscription et deux écussons portant probablement jadis les armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Du pied de ce moulin l'on jouit d'un admirable coup d'oeil sur la vallée de l'Aff.

Au bourg du Temple le commandeur de Carentoir avait un four à ban, ce four était bâti dans la rue du Chauffault qui en tirait son nom, mais en 1643 il se trouvait « ruisné parce qu'il n'y a point de bois en ce cartier-là pour le chauffer, et aussy que les habitants ont fait accord avec un commandeur de certaine rente de bled pour avoir licence de faire des fours chez eux. »

Notons que le cimetière paroissial du Temple de Carentoir n'entourait point l'église comme c'était alors partout l'usage; on s'y rendait par la rue du Chauffault et il devait se trouver là où il est encore aujourd'hui.


Croix monumentale 15e siècle ?.
Croix monumentale 15e siècle ?.


Quant à l'église même du Temple elle était divisée en deux parties: le chanceau appartenant au commandeur et la nef concédée par lui aux paroissiens; reconstruit aux derniers siècles, cet édifice, subsistant encore, n'offre d'antique que l'arcade ou voûte unissant la nef au choeur. « Est ladite église parochiale et son cimetière dit une déclaration de 1677 - fondée en l'honneur du glorieux patron de l'Ordre, Monsieur Saint Jean-Baptiste. Pour le service de laquelle églize le commandeur substitue un vicaire parce qu'il arrive quelquefois que le dit commandeur n'est pas prestre et peut estre homme portant les armes. Auquel commandeur appartiennent les honneurs et prééminences en ladite églize, au hault de laquelle et à costé du maistre autel est le banc des commandeurs, et les armes de leur Ordre et les leurs sont dans les principales vitres. Et prend ledit commandeur ou son vicaire toutes les oblations qui tombent journellement en ladite église. »

L'église, actuellement chapelle, est l'ancienne église de la commanderie de Carentoir mentionnée depuis le 12e siècle. La commanderie comportait fin 16e siècle: « la mayson et manovayr de la commandrye avecques l'Elise, cimetière et mayson presbytérale... »

Dans l'église Saint-Jean-Baptiste-du-Temple, il y a un rarissime gisant en bois de la fin du XIIIe siècle représentant un chevalier, peut être un chevalier templier.


Gisant d'un chevalier
Gisant, peut-être est-ce un chevalier Templier ?


Le bourg du Temple de Carentoir se composait alors de trois principales rues: « la rue d'Aval » descendant au Midi vers le manoir du Val, - « la rue du Chaffault » conduisant vers l'Ouest au cimetière, au four banal et au manoir de Rollienne, - et « la rue de Marsac » se dirigeant au Nord vers cet antique village de Marsac près duquel le roi gallo-romain Eusèbe avait au VIe siècle son camp reconnaissable encore de nos jours.


Situatuation du village Le Temple
Situatuation du village Le Temple


Il est vraisemblable qu'au moyen-âge la population du Temple de Carentoir jouissait d'une certaine prospérité; elle possédait, en effet, de beaux privilèges malheureusement négligés au XVIIe siècle. Car,- dit la déclaration de 1677, « avoit le commandeur du Temple de Carentoir droit et privilège que tous et chacun ses hommes estoient francs et exempts de tous debvoirs de coustumes, péages et guetz; et mesure portoient une croie cousue sur leurs vestements, comme plusieurs anciens affirment, et mesure encore de présent il y a presque sur toutes les portes des maisons tenues de ladite commanderie une croix gravée dans la pierre pour marque des franchises, lesquels privilèges et franchises se discontinuent presque partout, tant par la négligence des subjets que par celle des officiers. »

Nous avons retrouvé dans plusieurs villages du Temple de Carentoir, des maisons du XVIe siècle présentant sur leurs façades cette croix de la Commanderie, signe de franchise; le logis du Gand Hôtel, au village de la Gillardaye, est particulièrement remarquable; c'était au siècle dernier la demeure de Jean Bouschet, sénéchal de la juridiction du Temple; sur sa cheminée sont sculptés deux écussons portant la crois de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et une inscription de 1516.


Eglise de Carentoir
Eglise de Carentoir


La tradition a également gardé souvenir du droit d'asile du Temple de Carentoir; on y montrait encore naguère l'emplacement d'un arbre appelé le chêne de la Sauvegarde, nul n'avait le droit de saisir l'accusé qui se réfugiait à l'ombre de cet arbre protecteur et en embrassait le tronc.

Mais si les sujets du commandeur de Carentoir étaient privilégiés, celui-ci avait cependant bien des droits sur eux.
Outre ceux que nous avons déjà signalés, on peut encore noter le suivant: « Par tous les lieux de la commanderie où il y a assemblée, à quelque feste de l'année que ce soit, ledit commandeur a droit et est en possession de prendre un pot par pipe sur les vins et cildres, plus les debvoirs de coustumes sur les aultres marchandises et menues denrées qui s'y vendent et debitent. »

Enfin, le Temple de Carentoir jouissait d'un trait de « dîme à la 36e gerbe s'extendant en la paroisse de Plélan, au fief et frairie du Tellin; laquelle dîme se depart annuellement entre ledit commandeur, le recteur dudit Plélan et le prieur de Saint-Barthélemy, tiers à tiers. »

Telle était la physionomie du Temple de Carentoir proprement dit aux XVIe et XVIIe siècles; le commandeur le tenait prochement du roi « à debvoir de prières et oraisons. »
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
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Carlat   (15)
Maison du Temple de Carlat
Département Cantal, Arrondissement d'Aurillac, Canton de Vic-sur-Cère - 15


Maison du Temple de Carlat
Maison du Temple de Carlat


Ce temple, placé dans l'enceinte de la forteresse, trahit son origine. Il ne peut avoir pour fondateur qu'un vicomte de Carlat. Mais, au XIIe siècle, la vicomté était indivise entre le comte de Barcelone et celui de Rodez. De Sartiges d'Angles (1) croit pouvoir attribuer cette fondation à Raymond Bérenger, époux de Douce de Carlat. Nous adoptons son sentiment. Raymond Bérenger visita Carlat en 1133, c'est précisément l'époque où il fit de grandes donations aux Templiers. Et de fait, lui seul avait un réel intérêt à placer des Templiers dans Carlat, parce que, trop éloigné, il ne pouvait surveiller Cette partie de son domaine contre les agissements ou le mauvais vouloir d'un vassal puissant et mal conseillé par les comtes de Toulouse. En créant la maison du Temple de Carlat, il fit à la fois oeuvre politique et religieuse.

Hugues II, comte de Rodez, par son testament en date du 8 octobre 1176, donna aux Templiers et aux Hospitaliers 600 sols à partager et à prendre sur le village de Banassés de Marcolès (2).

L'un de ses successeur Henri I, par son testament du mois d'août 1219, fit héritier la maison de Carlat, de son alleu de Badailhac (3); puis, il partit en Terre Sainte à la suite des Allemands, il fut, l'hôte des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et, leur obligé. Les services qu'il reçut d'eux et des Templiers l'obligèrent à compléter son testament. Ce qu'il fit parmi un codicille daté de Saint-Jean d'Acre, octobre 1221.

Aux Templiers, il donne l'un de ses chevaux, celui qu'il acquit de Guillaume de Rochelaure; il mande à Mir de la Roque de trancher le différend survenu entre lui et Jean de Fontanes, précepteur de la maison de Carlat, à propos de Badailhac, selon les désirs des Templiers; enfin il leur concède les terres qu'il posséde dans le Limousin (4), c'est à dire les membres de Marcheix, du Couderc, d'Orleat et de Corrèze, qui firent toujours partie de la commanderie de Carlat. Ce codicille se termine par une recommandation à son épouse Alcaète de Scoraille et à ses fils de protéger, défendre et conserver le Temple de Carlat. S'il recommande si chaleureusement ce Temple, c'est que son opinion s'est modifiée en sa faveur et qu'il voudrait modifier l'opinion des siens, détruire les préjugés et les rancunes qu'ils pourraient avoir.

1. Dictionnaire statistique du Cantal, art. Carlat.
2. G. Saige el vicomte de Dienne. Documents sur la vicomté de Carlat, tome II, page 9. Le village est aujourd'hui détruit.
3. Archives de Monaco, G. 13, dossier III, nº 42.
4. Lego cidem dommi Templi allodium et herbagium quod habeo cirica et juxta Limosam. Bib. Nat., fonds Boat, t. 169, folio 233.

Sources: Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, tome XVI (1914).


Village forteresse de Carlat
Village forteresse de Carlat - Sources: Histoire de Carlat


Maison du Temple de Carlat
1. Chef. Carlat
Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Vic-sur-Cère - 15


Maison du Temple de Carlat
Localisation: Maison du Temple de Carlat


Carlat, en la Haute-Auvergne, diocèse de Saint-Flour, à 3 lieues d'Aurillac, à 4 lieues de La Salvetat, église paroissiale avec communauté de huit prêtres, dimes, rentes, justice, avec une chapelle au lieu de l'Hôpital. « Revenu 2600 livres »
Les noms latins de Carlat dans le procès: Carlat, Carlatus.

2. Membre. Orléat ou Orliac et Meyrignac-l'Eglise
L'Hôpital Couraise (peut-être est-ce Saint-JeanLocalisation de Saint-Jean
Localisation de Saint-Jean
près de Saint-Salvadour),
OrliacLocalisation d'Orliac
Localisation d'Orliac
: Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Seilhac, Commune: Chamboulive - 19
Ou
Orléat: Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Thiers, Canton: Lezoux - 63
Meyrignac-l'Eglise: Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Corrèze - 19
En bas Limousin, diocèse de Tulle, parlement de Bordeaux, à 3 lieues de Tulle, autant de Treignac et à 12 lieues de Limoges, dimes et rentes.
« Revenu 431 »

3. Membre. Le Coudert
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Seilhac, Commune: Chamboulive - 19


Biens du Temple Le Coudert
Localisation: Biens du Temple Le Coudert


Le Coudert, à 2 lieues de Couraise ?, autant de Tulle, et près du château de Seignères, consiste en une église, dimes, cens, justice basse y compris le cens du village de Breuil.
« Revenu 245 »

4. Membre. Chenailler-Mascheix
Département: Corrèze, Arrondissement: Brive-la-Gaillarde, Canton: Beaulieu-sur-Dordogne, Commune: Chenailler-Mascheix - 19


Chenailler-Mascheix
Localisation: Chenailler-Mascheix


Mascheix (Mascheux), en bas Limousin, diocèse de Limoges, à 2 lieues d'Argentat, à 4 lieues de Brives et de Tulle, consiste en une église, dimes et rentes.
« Revenu 220 livres »

5. Membre. L'Hôpital
Département: Cantal, Arrondissement: Mauriac, Canton: Salers, Commune: Saint-Chamant - 15


Hôpital Champfranchisse
Localisation: Hôpital Champfranchisse


L'Hôpital Champfranchisse, en la Haute-Auvergne, diocèse de Saint-Flour, à 3 lieues d'Aurillac, à 1 lieue et demie de Salers, à demi-lieue de Saint-Martin de Valmevoux, à 7 lieues de Neuville, à 15 lieues de Mascheix, consiste en une chapelle, château, grange, prés, terres, dimes, justice.

Annexe. Dumontel
Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Vic-sur-Cère, Commune: Saint-Etienne-de-Carlat, village: Runhac - 15


Dumontel, annex de l'Hôpital Champfranchisse
Localisation: Dumontel, annex de l'Hôpital Champfranchisse


Dumontel, à une lieue du membre, en la paroisse Saint-Rémy, domaine, prés, bois, justice, pacages, bestiaux de l'Etat, affirmé avec le susdit membre.
« Revenu 1000 livres »

6. Membre. l'Hôpital Barbary


l'Hôpital Barbary
Localisation: l'Hôpital Barbary


Département: Cantal, Arrondissement: Mauriac, Canton: Mauriac - 15
L'Hôpital Barbary, Huschaffont, Hortiges, autrement dit les Annexes de Mauriac, dans la Haute-Auvergne, diocèse de Clermont, à 5 lieues dudit membre, à 1 lieue de Mauriac, et à demi-lieue du château de Miramont à Chalvignac, consiste en cens, justice et un pré. « Revenu 271 »

7. Membre.
Département: Cantal, Arrondissement et Canton: Aurillac - 15
Aurillac, consiste en cens. (Nota. Les Jésuites ont volé (sic) la maison et jardin joignant, situés dans la dite ville d'Aurillac, rue Saint-Jacques).

8. membre. La Salvetat
Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Saint-Mamet-la-Salvetat - 15


La Salvetat
Localisation: La Salvetat


La Salvetat (Saint-Mamet-la-Salvetat), à 2 lieues d'Aurillac, à 3 lieues de celle de Maure, consiste en une maison curiale et église, dimes, rentes.

Annexe. Villedieu
Département: Cantal, Arrondissement: Saint-Flour, Canton: Saint-Flour-Sud - 15


Villedieu
Localisation: Villedieu


La Villedieu, où il y a chapelle et dimes, les susdits 2 membres, compris dans la ferme du Chef.
Le seul Villedieu que j'ai trouvé, il se trouve près de Saint-Flour, ce qui veut dire plus de 30 kilomètres.

Charges. 852 livres »
Commandeur: Mr Du Saillant.
Etat de la commanderie en 1745.
Carlat. Hôpital de Barbary. Marche. Orliat. Couder ou Coudes.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.
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Carnac-Rouffiac   (46)
Maison du Temple de Carnac
Département: Lot, Arrondissement: Cahors, Canton: Luzech - 46


Maison du Temple de Carnac
Maison du Temple de Carnac


La maison de Carnac, et probablement la grange de Rouffiac, ont toujours été subordonnées à la commanderie de La Capelle-Livron, dont les commandeurs s'occupaient des affaires de plusieurs Maison et les dirigeaient souvent sans intermédiaires.
Les commandeurs de la Capelle-Livron étaient pour un grand nombre d'entre eux, aussi commandeurs de Carnac et de Trébaix.

Durant le Procès des Templiers
— Fr. Mariani (P.), presbyter, curatus de Chanaco, Caturcensis diocesis.
— Comparaît le 2 mai 1310, comme Arnaldi, avec lequel il a été amené de Périgueux. Il se porte défenseur de l'Ordre.
Michelet, Procès des Templiers, tome I page 230

« De Chanaco » serait-il « de Chaniaco, de Canihaco » ? Ou bien ne vaudrait-il pas mieux lire « de Carnaco » ? Nous savons en effet que l'église de Carnac dépendait de la Commanderie de Lacapelle-Livron. Un évêque de Cahors, Bertrand de Cardaillac, eut même à s'occuper plus tard d'une affaire pour la solution de laquelle cette dépendance ancienne était invoquée.
(Voir Guillaume de la Croix: Histoire des Evêques de Cahors, traduction AYMA, tome II. page 129)
Sources: Les Templiers de Cahors, par M. L. Esquieu - Bulletin de la Société des Etudes Littéraires, Scientifiques et Artistiques du Lot. Tome XXII, 1898 et tome XXIV 1899. Cahors, Imprimerie F. Delpérier

Commandeurs propres de Carnac
— Gaillard de Pradines (Gaillardus de Pradinis) - 1256-1258.
— Sans (Sans) - 1262.
— Pierre de Lu (Petrus du Lu) - 1265-1266.
— (Le Luc, Var ?)
— B. Tendut (B. Tendut) - 1269.
— Raymond Jordan (Raimundus Jordan) - 1270
— (Le même que Raymond Jordan, commandeur de Jalez, 1238 - 1248 ?)
— Bernard de la Roche (Bernardus de Rupe, de la Roca) - 1278-1279, 1281
— Maître en Provence q.v.
— Ato de Salvagnac gérait ces maisons en même temps que la commanderie de La Capelle: « commandeur de (la maison du Temple) La Capelle et de Carnac (1289, 1299, 1300) » — « commandeur de la chevalerie du Temple de Carnac et de Trebaix (1290, 1294-1298) » — Années pendant lesquelles il était aussi commandeur de La Capelle.
Fonds: Archives Haute-Garonne, Malte, Fonds de La Capelle, Carnac, La Cavalerie, Saint Pantaléon, Trebaix.
Cf. Trudon des Ormes page 249 et Du Bourg, page 554.

E.-G. Léonard. - Tableau des Maisons du Temple en France et de leurs Commandeurs (1150-1317). Et Pour la Provence, traduit par Marion Melville.

Carnac et Trebaix (1179-1313)
— Vestige d'une commanderie des Templiers, la tour date du XIIIe siècle. Elle a subi d'importants remaniements au XIVe siècle.
— Ces deux membres de la commanderie formaient primitivement une circonscription du Temple.
— Vers le milieu du XIIe siècle, Gérard, évêque de Cahors, donna au Temple l'église de Casnac; G. de Gourdon, Izarn de Luzech et Gaubert de Durfort, la seigneurie de ce territoire et plusieurs fiefs qu'ils y possédaient.
— 1242. Donation au Temple par les deux soeurs Magne et Sybille de tout l'héritage de leur père Pons de Genouillac, à l'exception du fief de Capdenac.
— 1255. Barthélemy, évêque de Cahors donne au Temple les églises de Cras et de Saint-Laurent.
— 1301. Raymond, évêque de Cahors, confirme l'Ordre du Temple la possession des églises de Montricoux, de Saint-Benoît de Castras, de Saint-Laurent, de la Capelle, de Jamlusse, de Casnac, de Cras, de Nadaillac, de Loze, d'Alvergne et des Pyliers.
— 1370. Lettres du Sénéchal du Quercy, ordonnant la restitution aux commandeurs des seigneuries de Casnac et de Trévaix dont ils avaient été indûment dépouillés par le sénéchal anglais, Thomas de Balbefère.
— Elle dépendait de la commanderie de La Capelle-Livron
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
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Cassagne (La)   (24)
Grange du Temple de La Cassagne
Département: Dordogne, Arrondissement: Sarlat-la-Canéda, Canton: Salignac-Eyvigues, Commune: Archignac - 24


Grange du Temple de La Cassagne
Localisation: Grange du Temple de La Cassagne


Cassagne (La)
commune, canton de Terrasson
— La Cassaigne, 1251 (Justel. Raym. G)
— Cassanea, 1320 (Abbé de Lespine 37)
— Castrum de la Cassanha, 1365 (Lespine 88, Châtellenie)
— Cassanhe, 1367 (Lespine 88, Châtellenie)
— Cassajpa, 1554 (panc. de l'évêché)
— Prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Amand-de-Coly.
— Patron: saint Barthélémy.
— Paroisse hors châtellenie au XIVe siècle.
— Ancien repaire noble ayant haute justice sur la paroisse 1760 (Alm de Guy, Etat des Juridictions en Guyenne, 1760, imprimé nº40)
— La commune aurait appartenu aux Templiers.
— Il restes les ruines d'une forteresse au lieu-dit « Le Château »
— Il y a une égliseéglise du prieuré, image Jack Bocaréglise du prieuré avec un coeur roman.


La grange de la Cassagne est en partie une habitaion privée
Grange du Temple de La Cassagne
Grange du Temple de La Cassagne


Cassagne (La), lieut-dit Le Temple.
— Il existe un grangegrange dimière, image Jack Bocargrange dimière dimière, elle appartenait aux Templiers. Elle montre encore une architecture rurale de XIIIe et XIVe siècle.
— Elle a été très remaniée, et est de nos jour une habitation privée.

Saint-Amand-de-Coly
commune, canton de Montignac
— Sanctus Amandus prope Montinhacum, 1364 (Lespine, Châtellenie).
— Ancienne abbaye, ordre de Saint-Augustin, de nomination royale.
— Bénéfices qui en dépendaient: Archignac, Aubas, Brenac, la Cassagne, Coly, Marcillac, Nadaillac, Peyzac, Saint-Geniez, Saint-Lazare, Saint-Pierre-de-Montignac, Salignac, Thenon, Thonac et Vitrac, 1411 (Lespine 37)
— Patron: saint Amand.
Sources: M. Le Vicomte de Gourgues - Dictionnaire Topographique du Département de la Dordogne - Paris Imprimerie Nationale - M DCCC LXXIII.

Cassagne (La), lieut-dit Le Temple.
— Cette partie de la grangegrange dimière, image Jack Bocargrange dimière était une salle d'exposition.
— La massive grange à dîmes de la Cassagne est, paraît-il née dans le giron Templiers. La salle basse remonte au XIIIe siècle; sa cheminée d'angle témoigne d'une forge. Un large escalier à vis conduit aux niveaux supérieurs, le premier étage ayant connu une transformation au XVIe siècle. Ce bâtiment rural a de belles proportions. Il accueillait une collection des caricatures de la Belle Epoque signées du périgourdin Georges Goursat - plus connu sous le nom de Sem - entre 1884 et 1934.
Sources: Le petit futé 2009-2010 sur la Dordogne, conseil général de la Dordogne.
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Cassel   (59)
Maison du Temple de Cassel
Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Cassel - 59


Maison du Temple de Cassel
Localisation: Maison du Temple de Cassel


Après le concile de Troyes, certains frères du Temple furent députés dans diverses régions de l'occident. La Provence, l'Aragon et le Portugal se voient gratifiés des premiers envoyés (Laurent Dailliez, Les Templiers en Provence).
Le Nord de la France et de la Flandre eurent l'honneur de voir arriver chez eux les fondateurs eux-mêmes Hugues de Payens et Geoffroy de Saint-Omer accompagnés d'un autre chevalier Payens de Montdidier. Avant d'entreprendre sa chevauchée à travers l'Anjou, la Touraine, la Vendée puis l'Angleterre, le premier maître du Temple s'en alla avec son compagnon dans ses terres où le 13 septembre 1128, ils reçurent certains biens situés à Cassel entre autre certaines offrandes faites à l'église Saint-Pierre de Cassel.
Pouvons-nous dire que ce jour-là la commanderie était créée. C'est difficile, mais il y avait de quoi mettre un pied dans la terre je ne voudrai pas m'avancer à mettre la date de fondation de Cassel cette année-là car nous n'avons rien qui puisse nous donner un quelconque renseignement et il n'est pas de mon devoir de mettre sur papier une chronique du Moyen Age et plus spécialement du début du XIIe siècle à la fin du XXe comme le fait Saint-Hilaire dans ses élucubrations.

Il faudra attendre le mois d'août 1191 pour comprendre que Cassel était une commanderie de juridiction majeure puisque ce mois, il y eut une réception en la personne de Robert Bretus. A cette occasion le nouveau templier qui s'était donné au Temple corps et biens octroie aux frères qui le reçoivent tout ce qu'il possédait sur l'église Saint-Pierre de Cassel.

La commanderie de Cassel est pratiquement une inconnue en dehors des mentions des chapitres généraux. Or on peut constater et il peut paraître curieux que ce sont les commanderies — pas toutes fort heureusement — qui sont le moins fournies en documents, c'est normale. Il s'avère que d'après le droit de l'Ordre les actes n'avaient pas d'effet en tant que tel, mais plutôt les confirmations. Comme les chapitres Canoniaux ou épiscopaux et les seigneurs connaissaient cette clause, surtout depuis la bulle de confirmation « Omne datum optimum » du pape Innocent III, il n'était pas utile, bien souvent, de mettre en valeur certaines donations qui ne portaient pas à contestation. Il y a ensuite la confirmation générale des biens de l'Ordre du Temple qui passèrent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem après la dissolution de l'Ordre. Cette confirmation générale fut faite par le pape Grégoire XI après qu'une enquête qui dura plus de deux ans fut faite sur les dits biens templiers. C'est ainsi que l'on peut comprendre que n'ayant plus besoin d'encombrement et ayant cette charte à l'appui, beaucoup de maisons de Saint-Jean supprimèrent les archives, surtout lorsqu'elles n'étaient plus classées comme commanderies dans leur nouvelle institution.

Il y avait en plus les Records de l'Ordre de Malte qui confirmaient aussi les biens anciens et tout au long de la lecture de ces visites régulières les nouveaux occupants des biens templiers rappelèrent souvent: Jadis du Temple. C'est ainsi que nous savons par les documents conservés aux Archives Nationales de Paris et ce qui a été sauvé à Mons que Cassel possédaient de nombreux biens dans toute la région.

Si certains actes font mention de la commanderie, ils n'ont trait qu'à des possessions extérieures, c'est-à-dire à d'autres commanderies, les maisons ou des fermes comme c'est le cas pour Stenwerke.

En 1127, le chapitre de Cassel et le maître du Temple en France vendent à Hugues de Viry, chanoines de Paris, deux maisons qui avaient appartenu à Etienne le Poitevin. Le même mois, cette vente fit l'objet d'une transaction qui fut passée entre les héritiers d'Etienne le Poitevin et les églises de Cassel, de Fécamp et l'Ordre du Temple. Cette transaction fut passée par devant l'évêque de Poitiers.

Le dernier acte connu consiste en une vente faite entre les Templiers et l'abbaye cistercienne de Clairmarais.
Au mois d'août 1253, l'abbé de Clairmarais et le chapitre conventuel notifient qu'ils possédaient quatre fiefs que l'abbaye avait achetés et qui étaient situées l'un sur la dîme de Renteke (probablement en Belgique) qui fut jadis à Baudouin d'Aire, un autre provenant des hommes d'ArquesDomaine du Temple à Arques
Biens du Temple à Arques
et un autre à Cassel qui appartint au connétable tandis que le quatrième consistait en une somme de trente sous qu'avait reçus ladite abbaye de la part de Baudouin de Mornes, chevalier et qui étaient situés dans le comté de Flandre. Les cisterciens donnèrent ces quatre fiefs aux « religieux hommes, le commandeur et les frères de la Milice du Temple en France » contre la somme de trente cinq livres et demi parisis pour lesquelles l'église de Clairmarais donna quittance.
On ne connaît pas de commandeurs de cette maison du Temple.

Après la dissolution de l'Ordre, les biens de Cassel passèrent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et de Rhodes.
Sources: Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg
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Castelnau-d'Anglès   (32)
Domaine du Temple à Castelnau-d'Anglès
Département: Gers, Arrondissement: Mirande, Canton: Montesquiou, Commune: Castelnau-d'Anglès - 32


Grange d'en Martin
Localisation: Grange du Temple d'en Martin


Au sujet de différends survenus entre les moines de Berdoues, propriétaires de la Grange de Fonfrède, entre Brétous et Montesquiou, et les Templiers de Bordères qui avaient reçu de Bertrand de Montesquiou et de Raymond-Aymeric III, son fils, des terres dépendant de la Grange d'En-Martin dans Castelnau-d'Anglès et Sainte-Arailles.
Sources: Bulletin de la Société archéologique, historique, littéraire et scientifique du Gers. Année 1901 A2. Auch 1900-1924

Ferme de Lagrange
Lagrange (c'est un lieux-dit, sur la commune de Castelnau d'Anglès. Les Templiers avait très probablement une ferme dont il reste la grange (d'Enmartin), qui a été remaniée au fil des siècles. On peut aussi apercevoir une grosse tour carrée que les Templiers édifièrent au XIIIe siècle.
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.

Grange du Temple d'en Martin
En Armagnac, dans le département actuel du Gers, on relève la présence d'une commanderie à La Cavalerie, ou La Cavalerie près de Castéra-Verduzan, et d'une grange à En Martin, dans la commune de Castelnau-d'Anglès.
Sources: Jacques Dubourg, Les Templiers dans le Sud-Ouest, page 35.
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Castelnau-le-Lez   (34)
Moulins du Temple de Castelnau
Département: Hérault, Arrondissement: Montpellier, Canton: Castelnau-le-Lez - 34


Moulins du Temple de Castelnau
Localisation: Moulins du Temple de Castelnau


A Castelnau, les Templiers possédaient les Moulins de Navitau.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Naviteau, moulins, sur le Lez, plus précisément, sur la commune de Bonnier.
— Navitaux, 1696 (Affranchissements des biens nobles, registre VII, 124 vº)
— Les Carte de Cassini et du diocèse de Montpellier portent Moulin d'Inhabitau.
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Hérault. Par M. Eugène Thomas. Paris Imprimerie Nationale, M DCCC LXV.
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Castelnau-Riviere-Basse   (65)
Domaine du Temple de Castelnau-Rivière-Basse
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Tarbes, Canton: Castelnau-Rivière-Basse - 65


Domaine du Temple de Castelnau-Rivière-Basse
Localisation: Domaine du Temple de Castelnau-Rivière-Basse


Les religieux de cette corporation guerrière (les Templiers) n'entrèrent dans le diocèse de Tarbes qu'un demi siècle plus tard que les Hospitaliers de Saint-Jean.

M. A. du Bourg, en son histoire du Grand Prieuré de Toulouse, page 369, rapporte que le comte Pierre de Bigorre, ayant à ses côtés la princesse Beatrix, sa femme, Centulle, son fils, et ses principaux chevaliers, réunis à la grande salle du château de Lourdes, en présence d'une nombreuse et brillante assemblée, fit don à Pierre de Rosière, maître du Temple en Provence, et à Arnaud de Villeneuve, chevalier du même ordre, de sa ville et de son fief de Bordères, en franc alleu, le 7 des Ides de février de l'année 1148.

A la page 376, l'auteur énumère les anciennes dépendances du Temple de Bordères; savoir: Pintac, Gajen, Ossun, Tachoires, Guchen, avec la chapelle de Notre-Dame de Boissel dans la vallée d'Aure, Aureilhan, Campau, Bagnères, Peyriguière, Perroton, Bazillac, La Fitolle, Mengol, Marquerie, Sayaux, Maubourguet, Preychac, Castelnau-de-Rivière-Basse, Geys et Bouchets.
Sources: Abbé P.L. Laplace - Notice sur l'église Saint-André de Luz-en-Barèges. Eudes historiques et religieuses du Diocèse de Bayonne Pau, 1899

Il ne faut pas confondre Castelnau « Castelnau-Rivière-Basse », Hautes-Pyrénées (65), possession de l'Ordre du Temple et Castelnau-d'Estretefonds (31) possession de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean.
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Casterus   (82)
Maison du Temple de Casterus
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin, Canton: Auvillar, Commune: Saint-Loup - 82


Maison du Temple de Casterus
Maison du Temple de Casterus


Dans une charte qui n'est pas datée mais que nous ne croyons pas postérieure aux premières années du XIIIe siècle, nous voyons que Bernard Raymond de Durfort donna à l'Ordre du Temple, entre les mains de Fort Sans de Vidalac, Maître de l'Agenais et de G. de Brasac commandeur de Golfech, la ville de Casterus, son église et une partie de son territoire; cette donation fut faite dans le cloître de Saint-Maurin en présence de MARTIN Bernard, curé de Casterus et de tous les religieux de ce couvent. Cette place se trouvait dans la juridiction d'Auvillar, ce qui fit donner indéfiniment les noms de ces deux villes à cette dépendance de la commanderie de Golfech.

Pendant que les Templiers, jetés dans les cachots subissaient les Interrogatoires et les tortures, qui devaient se terminer par leur supplice, le membre de Casterus était dévasté par les horreurs de la guerre.

Le vicomte d'Hauvillard, dont les fiefs confinaient à la Guyenne, alors sous la domination du roi d'Angleterre, était en lutte avec son puissant voisin au sujet des limites de leurs territoires respectifs; des incursions se faisaient de part et d'autre. Mais, voyant que dans cette lutte inégale tout l'avantage était du côté de son rival et que sa vicomté était dévastée par les hommes d'armes anglais, Auvillar appela à son aide le roi de France et lui adressa ses plaintes sur l'injustice des prétentions de celui, d'Angleterre. Ce dernier, cité à Comparaître devant la cour des pairs, fût condamné par contumace à payer au vicomte et à ses vassaux, en réparation des dommages commis, une somme de 1 000 livres de petits tournois. Sur ces entrefaites, le prince Edouard vint à succéder à son père sur le trône d'Angleterre; désirant ne pas se soumettre à la sentence portée contre lui, et continuer pendant quelque temps encore les bonnes relations avec la France, il entama des négociations avec le vicomte d'Auvillar et conclut la paix avec lui. La transaction signée le 4 mars 1308 à Westminster, accordait au seigneur français les limites qu'il réclamait et qui avaient été la cause des hostilités; le roi déclarait de plus que les habitants de cette vicomté seraient libres de tout droit de « vectigal », de leude et de péage dans son port de « Fondagre » ?; moyennant ces concessions, le vicomte et ses vassaux tenaient le roi d'Angleterre quitte du paiement des mille livres.

Sous les Hospitaliers
Quand les Hospitaliers eurent été mis en possession des biens qui leur avaient été adjugés par le concile de Vienne, le chevalier Albert de Noirchasteau, Grand Précepteur de l'Hôpital au-delà des mers et lieutenant du Grand-Maître, donna au chevalier Bernard de Saint-Maurice, commandeur de Castelsarrasin, le membre d'Auvillar sous la responsion annuelle de 25 livres; la bulle est datée de Montpellier le 21 mai 1314.

Cette séparation fut du reste de courte durée, grâce à la réunion de Golfech à Castelsarrasin qui eut lieu quelques années plus tard, ainsi que nous l'avons déjà vu pour la réunion de Golfech et ses dépendances à Castelsarrasin.

Le reste de ces archives ne contient plus que la sommation faite en 1527 aux consuls d'Auvillar par le sénéchal d'Armagnac, à la requête du commandeur de Golfech, d'avoir à remettre à ce dernier certains extraits des coutumes octroyées aux habitants de cette ville et de son territoire par le roi d'Angleterre en 1278.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
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Castries (Bannières)   (34)
Maison du Temple de Saint-Michel-de-Bannières à Castries
Département: Hérault, Arrondissement: Montpellier, Canton: Castries - 34


Maison du Temple de Saint-Michel-de-Bannières
Localisation: Maison du Temple de Saint-Michel-de-Bannières


Le Temple de Castries date du XIe siècle, elle se composait d'une chapelle ainsi que d'une aile d'habitation et de communs. Elle avait des bâtiments agricoles, une grange, des écuries, des terres, des bois, un étang, un vivier, des rentes, des cens et des dîmes.
Les vestiges actuels témoignent de l'importante activité qui y régnait jusqu'en 1307.

Les Templiers eurent sans doute une maison à Castries « domus Templi de Castriis », dont le précepteur, en 1307, était un sergent nommé frère B. Raymond.

Les Templiers avaient installés un barrage sur un petit ruisseau passant dans leurs terres, de cette façon ils créèrent un étang dans lequel il élevait des poissons pour la nourriture des membres de cette commanderie.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Maison du Temple de Saint-Michel à Castries
Les Templiers eurent sans doute une maison à Castries « de Castriis », dont le précepteur, en 1307, était un sergent nommé frère B. Raymond;
La maison voisine de Bannières fut plutôt une grange « grangia de Baneriis », dont, le gardien, frère Bernard « Marquisus » ou « Marquesii », était un sergent ou servant du couvent du Temple de Montpellier.

Il y avait aussi à Bannières un autre frère nommé Bernard « Alusquerii », qui faisait fonction de bouteiller.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.
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Catelet   (80)
Maison du Temple du Catelet
Département: Somme, Arrondissement et Canton: Péronne, Commune: Cartigny - 80


Maison du Temple du Catelet
Maison du Temple du Catelet


Ce fut la maison du Temple la plus considérable dans cette partie du Vermandois. Elle fut fondée très certainement au XIIe siècle, grâce aux libéralités des sires de Montécourt.

Cependant les documents font défaut sur son origine. Un acte émané de Philippe-Auguste, à la requête de ses bourgeois de Péronne (1217), nous apprend que les Templiers avaient pris possession de pâtures situées près du Catelet et les avaient entourées de fossés, bien que les bourgeois de Péronne en eussent la saisine depuis longtemps. C'est pourquoi, le roi manda à ses amés le maître du Temple et le frère Aimard, qu'ils eussent à détruire les fossés et à remettre les bourgeois de Péronne en bonne saisine comme jadis.

Mais la discorde ne tarda pas à se mettre de la partie, et il fallut encore l'intervention du roi (1218) pour confirmer l'accord survenu entre les Templiers et les bourgeois de Péronne. C'était au sujet de marais, sis entre Cartigny et Doingt.

Ils avaient été donnés jadis par Simon de Montécourt, aux Templiers qui les avaient transformés en prés, contre l'assentiment des bourgeois de Péronne. Il fut convenu alors que le Temple continuerait à faire des prés, selon qu'il le jugerait utile, mais que les animaux du pays pourraient paître librement dans ces prés, une fois par an, après la coupe du foin.

Au mois de février de l'année 1224, dans la maison même du Catelet, un chevalier, Raoul de Brocourt, rendit l'hommage aux Templiers, pour 80 « moiées » d'une terre sise aux alentours de sa maison de « Saint-PrulTemple de Cartelet-Prusle
Temple de Cartelet-Prusle
 », et s'engagea à payer 5 sous de parisis d'amende, toutes les fois qu'il manquerait de comparaître à la citation des frères du Temple.

Un autre vassal du Temple, Jean de Cartigny, chevalier, fit don à la Commanderie, en octobre 1245 d'une masure à Cartigny, avec tous ses droits. Il tenait cette maison en fief, du Temple.

C'est là tout ce que nous avons trouvé sur cette maison du Temple; nous savons cependant qu'elle existait encore à la fin du XIIIe siècle, et nous avons mentionné plus haut Jean de Maimbressy, comme précepteur du Catelet en 1291. Le procès des Templiers nous apprend que cette maison avait une chapelle, mais il ne nous dit pas le nom de son dernier précepteur.

Un frère sergent du Temple, Etienne de Domont, qui avait encore l'habit de l'ordre et la barbe, bien qu'il se fût écoulé déjà plus de trois années depuis l'arrestation mémorable, déclarait en 1311 avoir été reçu en l'année 1281 ou environ, par Jean de Maimbressy, chevalier, précepteur du Vermandois, dans la chapelle du Temple du Catelet, et en présence du frère sergent, Guérin de Grandvilliers, qui fut plus tard précepteur du Ponthieu.

Un autre sergent du Temple fut reçu vers l'an 1300 dans cette même maison par Guérin de Grandvilliers, en présence d'un frère Pierre, berger. Dans sa déposition, il est question d'une grange, de la maison du Temple.

Le domaine du Catelet échut en 1311 aux Hospitaliers d'Eterpigny. Mais les guerres qui ne cessèrent de désoler notre malheureux pays depuis le XIVe siècle et qui éprouvèrent tant la Picardie, eurent bon marché des anciennes commanderies du Temple.

La visite prieurale de 1495, nous apprend que la chapelle de la maison avait été ruinée par les guerres du siècle, attendu que « pendant icelles guerres, l'on se mettait au fort et à sûreté en la dite chapelle. » Sans doute, l'antique maison du Temple était-elle aussi ruinée que la chapelle.

Cependant l'abbé De Cagny, dit que les débris de cette Commanderie existaient encore au milieu du siècle dernier. Dévastée au XVe siècle, elle le fut de nouveau au XVIe, lors du siège de Péronne en 1536, et saccagée encore une fois, un siècle plus tard par les troupes espagnoles.

D'après E. Mannier, le domaine du Catelet se composait, sous les Hospitaliers, d'environ 500 journaux de terre arable, 20 journaux de bois, et 52 de prés.

Précepteur du Catelet
En 1291. - Jean de Maimbressy, chevalier.
Sources: Trudon des Ormes: Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893

Procès des Templiers, Tome II, page 120
Dixit enim se fuisse receptum, in instanti media quadragessima nunc preterita fuerunt XI anni vel circa, in capella domus Templi de Castellorio Noviomensis diocesis, per fratrem Garinum quondam de Grandi Villarii, presentibus fratribus Johanne Godardi et Petro Bergerio servientibus, deffunctis, in hunc modum: nam petitis flexis genibus pane et aqua et societate fratrum ordinis et ei concessis, dictus receptor fecit eum vovere et jurare castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, et servare bonos usus et bonas consuetudines qui tunc erant et qui imponerentur in ordine, et quod non interesset in loco in quo aliquis nobilis exheredaretur injuste.

Procès des Templiers, Tome II, page 323
Item frater Stephanus de Domont dicti ordinis, etatis quinquaginta annorum, juratus eodem modo et requisitus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod ipse fuit receptus apud Castelier in Viromandia diocesis (Saint-Quentin), viginti anni sunt elapsi vel circa, per fratrem Johannem de Maimbressi militem dicti ordinis.

Procès des Templiers, Tome II, page 410
frater Radulphus Moyset dicti ordinis Templi, etatis sexaginta quinque annorum vel circa, morans in domo de Castellario juxta Peronam, dixit per juramentum suum quod bene sunt quadraginta quinque anni vel circa elapsi, quod ipse fuit receptus in domo de Bosco ballivie Viromandie (Saint-Quentin), per fratrem Danielem Britonem presbyterum dicti ordinis, et quod, post multas promissiones factas de statutis et secretis ordinis observandis, predictus receptor posuit sibi mantellum ad collum, et quod nichil aliud fuit sibi factum vel dictum quod esset contra Deum aut bonos mores.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.
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Catillon   (02)
Maison du Temple de Catillon
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Crécy-sur-Serre, Commune: Nouvion-et-Catillon - 02


Maison du Temple de Catillon
Localisation: Maison du Temple de Catillon


La petite Maison du Temple qui s'y trouvait est mentionnée pour la première fois dans une charte de 1204, émanée de Wibert, abbé de l'église de Saint-Martin de Laon, qui, avec l'assentiment de ses religieux, donna alors aux Templiers, demeurant à Catillon, « apud Castilionem commorantes », tout ce que son église possédait au territoire de Richecourt, dépendance de Mesbrecourt, en terres, prés, pâturages, censives, rentes, etc., moyennant une rente ou pension annuelle de 17 « jalois » de froment par an, mais sous la réserve de la pêcherie dans la rivière de la Serre qui coule sous Richecourt.


Chapelle des Templiers de Catillon
Sources: Chapelle des Templiers de Catillon


Mais plus d'un demi-siècle avant, les Templiers avaient déjà à Mesbrecourt et à Richecourt, des terres qui, d'après la charte de l'évêque Barthélémy de Vire leur avaient été concédées par Hescot de Vendeuil et Guy Lecat, « Cattus. »
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Catillon-du-Temple, hameau commune de Nouvion-et-catillon.
— Castellio, 119 (Charte de l'abbaye de Saint-Nicolas-de-Prés de Richemont, LL 1015, folio 62)
— Chastillon-du-Temple, 1409 (Archives de l'Empire, J 801, N. 1)
— Chastillon, 1518 ; Chastellon (Archives communales de Bryères-et-Montbérault)
— Castillon, 1603 (Terrier de la commanderie de Catillon, folio 50)
— Castillon-du-Temple, 1607 (Baillage de Ribemont, B 236)
— Maison du temple établie au XIIe siècle, puis devint commanderie de Saint-Jean de Jérusalem.

Richecourt, hameau, commune de Mesbrecourt-Richecourt.
— Villa que dicitur Rogiscurtis, 1167 ; Regiscurtis, 1197 (Charte de l'abbaye de Saint-Nicolas-de-Prés de Richemont)
— Communitas de Rigescort, 1221 (Charte de l'Hôtel-Dieu de Laon, B 77)
— Rigecort, 1246 (Archives de l'Empire, S 4950, n. 16, sceau)
— Villa de Rigecourt, 1261 (Charte de l'abbaye de Prémontré)
— Regicourt, 1278 (Grand cartulaire de l'évêché de Laon, chapitre 171)
— Rigicourt, 1331 (charte de l'Hôtel-Dieu de Laon, B 11)
— Richecourt, 1700 (Baillage de Ribemont, B 442)
— Ancien domaine des Templiers de Laon, puis des Hospitaliers de Saint-Jean et de Malte.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aisne, par M. Auguste Matton, Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXI
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Cattenom   (57)
Maison du Temple de Cattenom
Département: Moselle, Arrondissement: Thionville-Est, Canton: Cattenom - 57
Maison du Temple de Cattenom


Maison du Temple de Cattenon
Localisation: Maison du Temple de Cattenon


De cette commanderie nous connaissons pas mal de choses mais comme elle ne fut que durant quelques années seulement sous la dépendance de RothDomaine du Temple à Roth
Biens du Temple à Roth
, alors qu'elle resta sous la juridiction de PierrevilliersDomaine du Temple à Pierrevilliers
Biens du Temple à Pierrevilliers
durant plusieurs décades, nous l'étudions dans les Templiers en Lorraine.
Sources: Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg

Maison du Temple de Cattenom
La chute des templiers dut être un événement, cette Chute marquant, une crise violente pour Thionville et ses environs. Ils étaient riches et puissants dans cette province; ils avaient des maisons fortes, des fermes, de vastes domaines à Cattenom, à Richemont, et dans nombre d'autres lieux.

La commanderie la plus voisine de Thionville était celle de Pierrevillers. Il paraît que l'on se contenta de les priver de leurs biens qui passèrent à l'Ordre teutonique a et aux chevaliers de Rhodes; on dispersa les Templiers dans des monastères pour y faire pénitence, avec une pension prise sur les revenus de l'Ordre. L'on n'imita pas les horribles exécutions dont le roi de France, Philippe-le-Bel, montra l'odieux exemple. Les écrivains modernes semblent s'accorder sur ce point que, d'après les faits justifiés de ce grand procès, d'après, les enquêtes des évêques et les actes du concile de Vienne, l'abolition de l'ordre et la dissémination de ses membres étaient nécessaires. Mais qui oserait approuver ou excuser les tortures, préliminaires affreux des arrêts, et les spoliations, et les bûchers ?
Sources: Histoire de Thionville Par G.F. Teissier - Metz 1828

Maison du Temple de Cattenon
Nous ne possédons aucun renseignement sur la fondation du lemple de Cattenom, sur l'importance de cette maison et sur la destination donnée aux biens qui en dépendaient; mais une tradition, que rien ne dément, place dans ce bourg, situé à deux lieues nord de Thionville, une maison de Templiers, et on prétend même que le clocher de l'église paroissiale actuelle est celui de l'église des chevaliers (1). Comme nous n'avons vu ce clocher que de loin, nous n'avons pu déterminer s'il est assez ancien pour qu'on puisse l'attribuer aux chevaliers du Temple.
1. V. Statistique historique, industrielle et commerciale du département de la Moselle, etc., publiée par Verronnais, 2e partie, page 69.
Sources: M. Auguste Didot. Mémoire sur les Etablissements de l'Ordre du Temple en Lorraine (Duchés de Lorraine et de Bar, évêchés de Metz, Toul et Verdun). Tome I, Nancy MDCCCLVI.
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Caumont   (11)
Moulins du temple de Caumont
Département: Aude, Arrondissement: Narbonne, Canton: Lézignan-Corbières, Commune: Luc-sur-Orbieu - 11


Moulins du temple de Caumont
Localisation: Moulins du temple de Caumont


La maison templière de Caumont et la possession de Villalier, avait à ses actifs, deux moulins sur la rivière « L'Orbieu », un terroir de « villa » importantes, des terres cultivées, des « honneurs », elle percevait des cens, des dîmes et des rentes.
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
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Cavaillon   (84)
Maison du Temple de Cavaillon
Département: Vaucluse, Arrondissement: Apt, Canton: Cavaillon - 84


Maison du Temple de Cavaillon
Localisation: Maison du Temple de Cavaillon


Encore une maison dont on ignore la date de fondation. Toutefois on peut imaginer une donation dès le milieu du XIIe siècle, lorsqu'un certain Raimond de Cavaillon se fait templier. Malgré cela, le 3 juillet 1188, le pape Clément III s'adressait aux évêques d'Avignon et de Cavaillon pour qu'ils empêchent les cisterciens, les hospitaliers et les templiers de leurs diocèses de recevoir les dîmes épiscopales et diocésaines de la part des laïques et du clergé. Or, dans le diocèse de Cavaillon, il ne pouvait exister que des templiers puisque les hospitaliers n'arrivèrent que beaucoup plus tard, à partir seulement de 1203, tandis que les cisterciens représentés par l'abbaye de Sénanque ne reçurent jamais de telles dîmes, si nous en jugeons par le cartulaire de l'abbaye.
Par contre, nous savons que les Templiers usèrent de ce procédé avec les moniales bénédictines de Saint-Véran de Vaucluse.
— Le premier commandeur connu est cité dans un acte du mois de janvier 1204, où il assiste à la donation de plusieurs biens faits aux Templiers d'Arles. On retrouve dans un acte de Bertrand des Baux en 1208, puis dans un autre de 1210, le commandeur de Cavaillon assistant à la donation de la maison de Lansac, près de Tarascon.
— En 1217, un autre commandeur, Atanulphe, est mentionné par le cartulaire de Saint-Victor de Marseille dans un acte concernant les moniales bénédictines de Saint-Véran de Vaucluse.
— Nous ne sommes pas plus renseignés sur les biens acquis par les Templiers de Cavaillon tout au moins jusqu'à la deuxième partie du XIIIe siècle. Les actes des évêques de Cavaillon ne nous renseignent pas plus. Nous pouvons signaler malgré tout que les Templiers de Cavaillon possédaient une église et un cimetière et qu'ils avaient une maison située dans la traverse du Temple, ainsi qu'une vigne située sur le chemin public de Vaucluse acquise par Guillaume Clari, commandeur de Cavaillon en 1275.
— En 1286, la vigne des Taillades est donnée au commandeur d'Avignon et de Cavaillon Guillaume lo Cues.

Commandeurs de Cavaillon
Pons de Netra, 1204
Atanulphe, 1217
Guillaume Clari, sous-précepteur d'Arles en 1274, puis commandeur de Cavaillon en 1275 et enfin commandeur d'Arles en 1283.
Guillaume lo Cues, 1284, commandeur d'Avignon
Sources: Laurent Dailliez - Les Templiers en Provence - Alpes-Méditerranée - Editions - Nice 1977

Maison du Temple de Cavaillon
La maison, de Cavaillon, dont un commandeur est cité (fin du XIIe siècle ?)

Si la Maison du Temple de Cavaillon est restée d'une taille modeste, c'est à la fois par les réticences d'un évêque peu enclin à partager son étroit diocèse avec un nouvel ordre et par la concurrence des Hospitaliers qui ont précédés les Templiers en ces lieux.

Dès 1174 en effet, l'évêque Bénézet avait autorisé les Hospitaliers à édifier un oratoire avec un cimetière « in clauso episcopali et alibi nequaquam », donc probablement au plus près du complexe cathédral.

Pourtant, le Temple finira également par obtenir l'autorisation de célébrer le culte dans une chapelle propre attenante à la « domus milicie » qui est mentionnée en 1209: Chartier du Temple d'Arles, nº 050 (janvier 1210).
Il s'agit selon toute vraisemblance de la chapelle connue au XIVe siècle sous le vocable de Saint-Jean, mais les Templiers possédaient encore une église Sainte-Catherine.
Voyez R. Bailly, Les Templiers, pages 127-128.

Certaines églises sont apparues tôt dans l'existence des commanderies, ainsi à Arles (avant 1152) et à Saint-Gilles (1169). La construction de celle d'Avignon n'a au contraire, été concédée qu'en 1273.
La plupart des églises sont citées assez tardivement, sans qu'il soit possible de remonter à leur origine. C'est le cas à Marseille ([1171-1181]), Saint-Paul (1203), Cavaillon (1209).

— Après la chute du Temple, on sait qu'en 1362, les Bénédictines récupérèrent l'église templière de Sainte-Catherine à Cavaillon.
— Parmi les biens laissés au Saint-Siège.
— Dans toutes villes, le fait qu'hôtels et lieux de culte sortirent du patrimoine de l'Hôpital contribua à effacer assez tôt le souvenir des Templier. La conjoncture économique et politique des deux derniers siècles du moyen-âge devait encore contribuer à cet oubli.
— La chambre apostolique a aussitôt affermé les revenus de cette chapelle pour 4800 tournois d'argent.
Archives Segreto Vaticano, collectorie 260, fol. 2v (1317-1318).

— En mars 1338, les cures de Saint-Paul et de Cavaillon relèvent de la collation apostolique.
Gallia Christiana, nº IX, p. 134-136.

Dans le Comtat Venaissin, où le statut des églises rurales est un peu mieux éclairé grâce à la documentation pontificale du XIVe siècle, le Temple et l'Hôpital paraissent avoir détenu beaucoup plus de cures que ne le suggèrent les actes des deux siècles précédents. En 1338, apparaissent ainsi, dans un triangle circonscrit par les évêchés de Saint-Paul, de Vaison et d'Orange, une petite dizaine d'églises passées à la Chambre apostolique par l'intermédiaire de l'Hôpital.

En 1338, lorsque le trésorier du Comtat s'occupe des revenus des desservants des cures qui appartenaient autrefois aux deux ordres, figurent pour le Temple, les églises de Richerenches-Bourbouton, Buisson, Saint-Roman de Malegarde, Villedieu, auxquelles il faut ajouter Saint-Vincent à Saint-Paul-Trois-Châteaux et la chapelle de Cavaillon, alors sans cures: Gallia Christiana, t. I, p. 134-136, nº IX.
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Chartes de l'évêché et des évêques de Cavaillon au XIIe siècle
En 1277, ce fut au sujet de la vente d'une terre sous sa directe que l'évêque eut à réclamer. Dans le contrat, on avait marqué que cet immeuble, sis entre les chemins de Robion et des Taillades, dans le voisinage d'une terre appartenant à l'hôpital des pauvres, était sous la directe du pape Clément IV; aussi les fermiers des revenus pontificaux dans le Venaisssin, Bertrand de Lagnes et Bertrand Vital, avaient-ils encaissé le trézain. Bertrand de Mayrona, prieur des Taillades, fit, au nom de l'évêque, une protestation énergique devant Raimbaud de Sauve, le juge du Venaissin pour le pape, qui présidait aussi la cour des coseigneurs de Cavaillon; il exhiba les titres qui prouvaient son dire et obtint un jugement qui reconnaissait les droits du prélat (5 mai 1277) [1]. Nous n'insisterons pas davantage sur ces actes, mais nous attirerons spécialement l'attention sur ce fait, que le juge pontifical de Venaissin rendait aussi la justice à Cavaillon au nom des coseigneurs de la part de l'évêque et de ceux qui partageaient encore avec le pape la seigneurie de la ville, c'était s'exposer à des confusions de pouvoir et a des empiétements. Le document qui vient d'être analysé nous renseigne encore sur l'endroit où le juge avait établi son tribunal: c'était chez les Templiers [2].
1. Original: Cartulaire de l'évêché de Cavaillon, nº 52.
2. « Factum fuit hoc Cavellione, in plancaio domu Templi Cavellicensis, ubi tunc jus reddebatur a dicio domino judice. »

Sources: Léon-Honoré Labande - Les chartes de l'évêché et les évêques de Cavaillon au XIIe siècle - Revue d'histoire de l'église de France, 1911, volume 2, numéro 12.

Commandeurs de Cavaillon
Pons de Netra (Poncius de Netra) est Commandeur en 1204
Guillaume de Clare (Guillelmus de Clari) en 1275.
(Il est Commandeur d'Arles 1263-1275, et 1284-1285).
Fonds: — Arch. des Bouches-du-Rhône, H2 32 et 164. — Inventaire de l'Archevêché d'Arles.
E.-G. Léonard. - Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, suivie d'un Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs. - Paris, E. Champion, 1930. ln-8º, xv-259 pages.

Maison du Temple de Cavaillon


Maison du Temple de Cavaillon
Localisation: Maison du Temple de Cavaillon


Les Templiers avaient à Cavaillon une Maison hors des murs au même lieu où l'on voit encore la Chapelle de Saint-Jean Baptiste. L'Eglise de Sainte Catherine dans la Ville bâtie suivant la tradition du Pays sur les ruines d'un Temple des faux Dieux appartenait aussi aux Chevaliers du Temple qui la faisaient desservir par des Prêtres séculiers. Les Religieuses Bénédictines fondées à Eygalières et transportées ensuite à Senas, et delà aux Taillades, succédèrent aux Templiers en 1362. Elles se fixèrent d'abord hors des murs, mais les guerres du temps les forcèrent de s'enfermer dans la Ville à leur Maison de Sainte Catherine qu'elles occupent depuis lors. Cette Maison est fort riche: les Religieuses doivent la régularité qu'elles observent aux soins du Vénérable César de Bus, qui rappela dans cette Maison le bon ordre et la pratique des vertus.

Les Freres Pontifes de Bonpas et ensuite les Templiers qui leur succédèrent, avaient un Hospice auprès de Cavaillon, à peu de distance de la Chapelle de Norte-Dame des Vinières. On croit même que C'était un Hôpital; mais les titres qui pourraient autoriser cette conjecture sont absolument perdus.
Sources: Description Historique, Géographique et Topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté Venaissin, de la Principauté d'Orange, du Comté de Nice, etc. Par M. Achard, Médecin de Marseille, Membre de plusieurs académies. Aix M. DCC. LXXXVII. Pages 432-433.
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Cavalerie (La)   (12)
Maison du temple de La Cavalerie
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Nant - 12


Maison du temple de La Cavalerie
Localisation: Maison du temple de La Cavalerie


Cette Commanderie, située dans le comté d'Armagnac, faisait jadis partie, comme son nom l'indique, du domaine des Templiers. Mais sa fondation ne me paraît pas antérieure à l'organisation des différentes circonscriptions administratives du Grand-Prieuré de Toulouse pendant le XIIIe siècle. Elle devait sans doute former dans son origine un membre plus ou moins important de la Commanderie du Temple de Brulhes (Temple-sur-Lot).
Après avoir hérité des domaines des Templiers et les avoir adjoints momentanément à leurs propres Commanderies, les Hospitaliers se virent bientôt après forcés de modifier cet état de choses, en multipliant le nombre de leurs circonscriptions, afin de faciliter l'administration et la surveillance de leurs nombreuses seigneuries. C'est ce qui arriva pour la Cavalerie.
L'ancien château des Templiers devint, vers 1330, le centre d'une Commanderie, qui ne tarda pas à acquérir une très grande importance, grâce à l'adjonction de diverses possessions de l'Ordre de Saint-Jean dans les environs.

Sous l'autorité du Commandeur de la Cavalerie se trouvèrent même réunies pendant toute la durée du XVIe siècle les Commanderies du Temple de Brulhes et de la Capelle-Livron, qu'on rétablit dans le siècle suivant lorsqu'on eut vu les inconvénients produits par cette accumulation de revenus dans la même main.

Nous ne pouvons constater l'existence de la Commanderie pendant les XIVe et XVe siècles que par quelques actes insignifiants et par la mention de quelques-uns des chevaliers qui la gouvernèrent durant cette période. En 1491, nous voyons le Commandeur, Pons de Raffin, octroyant à ses vassaux de la Cavalerie la faculté d'avoir des fours dans leurs maisons pour leur usages particulier.


Maison du temple de La Cavalerie - image Jack Bocar
Maison du temple de La Cavalerie


La petite ville de la Cavalerie, située dans la juridiction de Vic-Fezensac, avait avec cette dernière de fréquent rapports; c'est là que les vassaux des chevaliers allaient vendre leurs denrées et chercher leurs approvisionnements.
Aussi voyons-nous en 1510 le Commandeur, s'appuyant sur des privilèges concédés dans le principe, contraindre les consuls de Vic à alléger le droit de « souquet » qu'ils prélevaient sur ses vassaux quand ces derniers se rendaient au marché de la ville.

Le château et les dépendances de cette commanderie se trouvaient placés sous la suzeraineté des seigneurs de Pardailhan. Nous voyons en l'année 1545 « noble et puissant homme, François de Béarn, chevalier, et noble et illustre dame Amée de Pardaillan », mettre le chevalier Pons d'Urre en possession de la commanderie de la Cavalerie et le sommer, quelques années après, d'avoir à leur rendre l'hommage qu'il leur devait (1548).

Les archevêques d'Auch eurent de temps à autre des démêlés avec les Commandeurs. Déjà, en 1497, ils disputèrent sans résultat aux Hospitaliers le patronat de la cure d'Ayguetinte, dépendance immédiate de la Cavalerie. Mais ce fut surtout au sujet des dîmes de certaines paroisses que le débat fut le plus persistant.

Car ces différents se poursuivirent, malgré un accord conclu en 1510; en 1623, nous trouvons encore la guerre allumée entre les deux partis; l'archevêque d'Auch porta plainte au Parlement de Toulouse contre le Commandeur, dont les gens avaient troublé ses serviteurs dans la perception des dîmes contestées La cour mit un terme définitif à ces longues discussions, en consacrant les droits et les immunités des chevaliers de Saint Jean.

Vers la fin du XVI siècle, la Cavalerie fut érigée en Chambre prieurale; mais elle ne resta pas longtemps dans l'apanage des Grands-Prieurs. Car, en 1620, nous pouvons constater le rétablissement de la Commanderie.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

La Cavalerie (Jacques Miquel)


Maison du temple de La Cavalerie - image jack Bocar
Maison du temple de La Cavalerie


La porte Majeure de La Cavalerie donnant sur la rus Principale, celle des notables. La tour carrée n'a été édifiée qu'au XVIIe siècle.
Cet édifice restauré récemment, assez atypique et lourd de proportions, peut éveiller un certain désappointement. Il ne date que des années 1760-1761, et remplace l'ancienne église romane. Toutefois, en pénétrant à l'intérieur, vous découvrirez, face à l'entrée, les vestiges de l'ancienne église du XIIe siècle dont il ne subsiste qu'un mur et une baie à triple rouleau à fort ébrasement intérieur. C'est presque tout ce qui reste de l'église, mentionnée dès 1180, et élevée par les Templiers qui créèrent le village dans la deuxième moitié du XIIe siècle. Avant l'arrivée des Templiers il existait déjà une agglomération située à 1 km au nord-est, à l'Estrade. Les Templiers choisissent le site du village actuel, un peu plus éloigné de la voie roumive mais plus propice à la défense.

Il y eut après l'installation des Templiers deux agglomérations La Cavalerie Vieille (qui a disparu dans le courant du XIVe siècle) et La Cavalerie Neuve, l'agglomération actuelle (Cavalerie signifiant: chevalerie, lieu où résident les chevaliers du Temple).

L'une des trois tours d'angle conservées de L'enceinte de La Cavalerie, avec ses petites meurtrières défensives.

Après avoir édifié une église, les Templiers construisirent un château, comme à Sainte-Eulalie. Ne le cherchez pas car il a entièrement disparu. Les bâtiments composant celui-ci se trouvaient autour de la place de l'église actuelle. La maison du XVe siècle avec la tourelle d'escalier en saillie en faisait partie. Avec l'église, c'est tout ce qu'il en reste.

Dans les Reconnaissances des habitants de La Cavalerie au prieur de Sainte-Eulalie, en 1687, ceux-ci reconnurent « être tenus faire guet et garde tant de nuit que de jour au château et forteresse de La Cavalerie », ainsi que « de faire manoeuvre en toutes les réparations du château, mur et forteresse dudit lieu. » Mais il ne s'agit plus guère, à cette date, que de reconnaissances formelles. Le dernier souvenir du château disparaît après la vente des biens nationaux de 1794, où l'on parle « d'une petite maison, à La Cavalerie, dite ci-devant le château... »

L'enceinte du village date des années 1435; elle est donc légèrement antérieure à celle de La Couvertoirade et de Sainte-Eulalie. Les trois tours rondes des angles sont conservées, quoique abaissées, la quatrième tour angle était constituée par le donjon carré des Templiers qui s'élevait à l'emplacement du choeur de l'église actuelle. Vous observerez, au-dessous de l'appui de la baie du premier étage, un orifice circulaire pour le tir des arquebuses ou des mousquets. C'est que plus que Sainte-Eulalie, La Cavalerie a souffert des guerres de religion. En 1568, le capitaine protestant Du Ram prend La Cavalerie et bien qu'il « fut blessé d'une arquebuse, il fit grands maux et tyrannie aux paysans car il les grillait et les femmes les mettait dans les citernes pour leur faire dire ou était leur argent. » En 1578, en pleine trêve, le capitaine Ducros prend le village et le pille. Fait prisonnier par les catholiques, il sera exécuté à Rodez.

Vous pourrez faire le tour de l'enceinte spectaculairement réhabilitée. Elle formait un vaste trapèze, dont il subsiste les trois tours circulaires qui flanquaient les angles et la porte principale. On y retrouve les caractéristiques de l'enceinte de Sainte-Eulalie, et la main de Daurde Alaus sans aucun doute.

Le village renferme bon nombre d'éléments intéressants: maisons du XVe siècle, contemporaines de l'enceinte avec des portes en arc en accolade et des fenêtres à meneaux, petits hôtels du XVIIe siècle qui marquent la grande période de reconstruction et de prospérité sur le Larzac. On les découvre au hasard des ruelles silencieuses dans la vieille ville.

Au bas d'une tourelle d'escalier à pans coupés, une porte à pilastres, chapiteaux ioniques et fronton brisé à volutes datée de 1655. Construite après les guerres de Religion, son propriétaire a marqué son attachement au catholicisme en y plaçant les monogrammes de Jésus et de Marie.
Sources: Jacques Miquel

La commanderie de La Cavalerie
Le 16 juin dernier, vivement intéressés par la lecture d'un fort curieux mémoire de leur confrère M. Brégail (1), le président et l'un des vice-présidents de la Société archéologique du Gers sont allés visiter ce qui reste de la commanderie de La Cavalerie, possession des templiers d'abord, puis siège très important des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem dans notre pays (2). N'ayant que peu de temps, les visiteurs se sont contentés d'étudier la chapelle ; et il leur a paru nécessaire de la décrire avec soin.
1. Soirées archéologiques, III, 1894, page 130.
2. Il y aurait à faire une très importante histoire de cet établissement et de ses dépendances. Le très riche fonds de Malte, aux Archives départementales de la Haute-Garonne, fournirait des renseignements considérables et de premier ordre. M. Antoine du Bourg, aujourd'hui Dom du Bourg, n'a fait qu'effleurer le sujet dans son Histoire du Grand Prieuré de Toulouse.


Dans le chapitre XX de cet ouvrage, qui a pour titre Commanderie de La Cavalerie, on peut lire (page 353) :
Les membres de cette circonscription étaient:
1° Ayguetinte, (annexe de La Cavalerie)
2° Sainte-Christie et ses annexes, Saint-André d'Esquerens et Saint-Jean-de-Barcagnères (près de Castillon)
3° Riscle
4° Saint-Jean-de-Somonville
5° Abrin et son annexe Aurens
6° Nom-Dieu et ses annexes: Sainte-Foy, Ponsac, Bonnefond, Saint- Vincens
7° Arpentian et La Grange-Martin.

Dans un autre article, cette énumération sera complétée d'après un magnifique cadastre des dépendances de La Cavalerie en 1780, que possède M. Albert Descamps, ancien député du Gers.


Eglise de la commanderie en 1900
Eglise de la commanderie en 1900 - Sources: Bnf


La petite église romane de La Cavalerie, bâtie sur une hauteur qui domine la vallée de l'Auloue, au nord du Castéra-Verduzan, est d'une austère et robuste simplicité (3). Elle est du XIe ou du XIIe siècle, mais plutôt du XIe. A cette époque les moines guerriers ne songeaient guère à embellir de sculptures délicates leurs maisons ou leurs temples. Bien asseoir leurs possessions, les assortir de chapelles aux murs solides, consacrer leurs revenus à batailler pour la foi en Palestine et partout où il était nécessaire, telle était leur mission.
3. Ce caractère se retrouve dans les petites églises de cet ordre encore debout : l'Hôpital Sainte-Christie (commune de Cravencères), Abrin (commune de Castelnausur-l'Auvignon), et Nom-dieu (Lot-et-Garonne). Voir sur celle-ci l'ouvrage de M. Tholin, l'Architecture religieuse de l'Agenais.

Le sanctuaire attire tout d'abord l'attention. Plus étroit que la nef de quelques centimètres (largeur de la nef 5 m 86, largeur du sanctuaire 5 m 70), il est formé d'une abside voûtée en cul-de-four et d'une travée de chœur à plein cintre (longueur du sanctuaire 6 m 50), Un arc doubleau et un arc triomphal séparent la travée du chœur de l'abside et le sanctuaire de la nef. Ces arcs sont formés par deux fortes plates-bandes concentriques et portées par des pilastres rectangulaires ; à l'arc triomphal, du côté de la nef et du côté de l'abside, la grande arcature repose sur des consoles qui s'amortissent en dentelures. Un simple bandeau chanfreiné suit le haut des murs et des pilastres à la naissance des arcs et des voûtes. L'abside est éclairée par trois fenêtres romanes à plein cintre, étroites et évasées vers l'intérieur et l'extérieur ; celle du milieu est très allongée.

La nef a dix mètres de long ; elle est pourvue de trois fenêtres rectangulaires, une dans le mur du nord et deux dans celui du midi. La porte principale était dans le mur du couchant qui n'existe plus. On voit cependant à droite et à gauche les trous de la barre qui maintenait solidement la fermeture (4). Une petite porte percée dans le mur du nord, carrée à l'extérieur, à plein cintre à l'intérieur, faisait communiquer l'église avec la cour de la commanderie qui tient la place des cloîtres dans les monastères.
4. Ce moyen d'assurer la clôture des églises, des châteaux et des maisons, très commun en Gascogne, a mis en usage le verbe barra (fermer). Aujourd'hui, barra la porto ne signifie point mettre la barre en travers de la porte pour l'assujettir solidement, mais simplement fermer la porte.

Si on fait le tour de l'église on remarque, au rond-point, des contreforts entre les fenêtres en face de l'arc doubleau du sanctuaire et de l'arc triomphal. L'absence de contreforts aux murs de la nef donne à penser qu'elle ne fut jamais voûtée. M. Brégail a observé de nombreuses marques d'appareils ; « celle que l'on rencontre le plus fréquemment, dit-il, affecte la forme d'un A gothique. » Dans les deux encoignures formées par les gros pilastres de l'arc triomphal et les murs de la nef on remarque deux piédestaux rectangulaires sur bases cubiques surmontés, en guise de chapiteau, d'une simple pierre plate chanfreinée ; ils sont contemporains de l'église et portaient des statues.

Un petit autel, bien dans les proportions de l'édifice et de la même époque, occupe le fond du sanctuaire. Sur la table, formée d'une seule pierre au bord inférieur chanfreiné, du côté de l'épître, on peut voir qu'il a été creusé une ouverture cruciforme fermée avec un blocage maçonné. Il est à peu près certain que cette entaille a été faite pour placer des reliques. La liturgie veut, en effet, que l'autel contienne des reliques ; et, quand le prêtre commence la messe, il se met sous la protection des saints dont les reliques sont là (per merita sanctorum quorum reliquia hic sunt)

On a rarement occasion de constater comment les reliques étaient disposées à l'intérieur de nos vieux autels. Les découvertes fort importantes, faites il y a une vingtaine d'années dans l'autel roman de Valcabrère, près de Saint-Bertrand-de-Comminges (5), et aussi la pensée que de pieux chevaliers protecteurs du Saint-Sépulcre et de tous les grands pèlerinages de la chrétienté devaient être riches en reliques, doivent faire désirer qu'on fasse des recherches dans l'autel de l'église de La Cavalerie. Ces recherches doivent être faites par un archéologue, mais assisté d'un membre du clergé, afin que, s'il y a bien là des reliques, elles soient reconnues par l'autorité compétente et traitées avec le respect qui leur est dû.
5. Découverte de reliques dans l'autel de l'église de Valcabrère (Haute-Garonne), par M. B. BERNARD (Caen, 1888, in-8°, 15 pages avec dessins). Extrait du compte-rendu du congrès tenu par la Société française d'archéologie à Nantes, en 1886.)

Deux enfeus ont été largement ouverts en brèche dans les murs de la nef. Sous une arcade en tiers points et à la hauteur d'un autel sont posées des dalles ou pierres plates qui couvrent le tombeau (6). Le plus ancien de ces enfeus, celui du nord, avec son tore sans méplat, ses colonnettes à chapiteaux, le double et robuste relief de son tombeau, est du XIIIe siècle. Celui du midi, avec son mince méplat sur les tores, ses bases prismatiques, est du XIVe siècle. Sur la devanture du tombeau de cet enfeu on a placé une large bande de pierres sculptées à faible relief et qui sont de deux sortes : les unes représentent une arcature trilobée, avec des trèfles ; les autres, des quatre-feuilles dans des losanges par des rectangles. Ces pierres disparates semblent avoir appartenu à deux monuments, en sorte que cet édicule, dont les pierres sont d'ailleurs quelque peu disjointes, pourrait bien n'être pas intact à l'intérieur. Il n'en est pas de même de l'enfeu du nord ; celui-ci semble n'avoir jamais été ouvert. Il y aurait intérêt à voir l'intérieur de ces tombeaux pour constater le mode de sépulture. A Abrin, dans la fosse d'un édicule de ce genre, on a trouvé les ossements de plusieurs cadavres ; il est donc probable que c'étaient des charniers.
6. M. Brégail a donné les dimensions de ces édicules : longueur 2 m 50, hauteur 3 m 50, profondeur 0 m 70.

La voûte de l'abside est ornée de peintures fort bien conservées.
Dans la partie supérieure ce sont des rosaces. Celle du milieu représente le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe entourée de rayons ; les autres nous montrent, attachées à un bouton central, des palmettes recourbées comme si on leur avait imprimé un mouvement de rotation. Plus bas, entre des colonnes torses ornées de pampres et de raisins, on a peint des encadrements contenant des palmettes s'enroulant des deux côtés d'une tige.

Au-dessous de l'imposte qui sépare la voûte du mur, est une bande de palmettes enroulées deux à deux ; enfin, entre chaque fenêtre, deux pilastres accostent un encadrement dont la peinture intérieure a disparu. Un même motif d'ornementation entoure les rosaces et forme les encadrements: des guirlandes de feuilles imbriquées, reliées par des perles. Ces colonnes torses, ornées de pampres et de raisins, et la disposition symétrique de l'ensemble appartiennent à l'art classique et ne paraissent pas remonter plus haut que le XVIIe siècle.

Un tableau peint sur toile, dont il ne reste que quelques morceaux, fut placé au centre du rond-point après la confection des peintures. Il représentait un guerrier en pied, avec casque à plumes blanches : c'était saint Georges, le patron de l'église.

Les visiteurs n'ont pu étudier à loisir les bâtiments de la commanderie ; mais en voici une description faite en 1780, et que nous avons extraite des registres que possède M. Descamps: Avons trouvé ledit château contigu à ladite église situé sur un plateau assez élevé et presque à tenant le village de la cavalerie qu'est aussi sur le même plateau, consistant en une maison de forme de carré long qui est au couchant.

Au midi est l'église, au levant est une belle grange que ledit seigneur commandeur vient de faire construire à neuf, dans laquelle on peut enfermer tout au moins cent quarante charrettes de foin.
Au nord est le logement des bordiers avec les écuries.

Toutes ces bâtisses forment une belle cour carrée dans laquelle on entre par un grand portail entre l'église et le château qui est au midi de ladite cour, que ledit seigneur vient de faire refaire à neuf, au-dessus duquel portail d'entrée sont les armes du roi et de la religion accolées en signe de la sauvegarde et protection spéciale sous laquelle nos rois ont toujours pris et mis les maisons comme les biens de l'ordre de Malte.

Le grand portail construit par le commandeur de Malvin de Montazet n'existe plus ; mais du château il reste une simple tour carrée aux murs épais, a dit M. Brégail.
Au Moyen-âge, l'architecture militaire n'était pas fort compliquée en Gascogne. A l'abri des gros murs, dans la sécurité la plus complète, les moines guerriers, habitués à la vie dure qu'on mène à la guerre, n'avaient pas besoin d'un grand confort. De là ils ont dirigé pendant des siècles les affaires des vastes et nombreuses possessions qui dépendaient de la commanderie. Ils ont centralisé là leurs revenus, pour les employer aux besoins de la guerre contre les mécréants.
Adrien Lavergne - Bulletin de la Société archéologique du Gers. VIe année, IVe trimestre. Auch 1905. Bnf
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Cavalerie (La) (Gers)   (32)
Maison du Temple La Cavalerie ou Claverie d'Armagnac
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Valence-sur-Baïse, Commune: Ayguepinte - 32


Maison du Temple La Cavalerie
Localisation: Maison du Temple La Cavalerie


Entre le Castéra Verduzan et Ayguetinte, la maison templière de la Cavalerie est fondé par les Seigneurs de Pardailhan entre le XIIe et le XIIIe siècle. Austère et d'une robuste simplicité, elle comprend un groupe de bâtiments contiguës et disposés en rectangle pour former une cour intérieure d'une vingtaine de mètres de long. L'un des petits cotés est fermé par une solide tour de garde carrée à trois niveaux; celui qui lui fait face par une grange fortifiée, une écurie et un chai. L'un des grands cotés est occupé par un haut mur rempart tandis que l'autre côté est défendu par une chapelle forteresse. On rentre dans la cour par un lourd portail entre chapelle et tour. L'ensemble défensif permet aux habitants du petit village de la Cavalerie de se mettre à l'abri lors d'un coup de force extérieur; il procure aussi à la petite communauté des frères soldats du Christ toute la quiétude nécessaire à leur mission monastique.


La Claverie d'Armagnac
La Claverie, image d'Archives - Sources: Association Les Amis de la Commanderie


Mais la Commanderie est aussi un petit centre d'économie: exploitation agricole et viticole, halte pour les pèlerins de saint Jacques de Compostelle, élevage et dressage de chevaux combattants; comme quelques centaines d'autres commanderies rurales en France, elle contribue à accomplir l'idéal moyenâgeux de l'ordre Templier: protéger les chemins vers Jérusalem et défendre par les armes, la chrétienté partout où elle est menacée.

La commanderie est dirigée par un chevalier commandeur. Il est de condition noble, organise et gère une petite communauté d'une dizaine de frères. Sous ses ordres, des chevaliers nobles également, sont eux-mêmes assistés de sergents et écuyers de condition plus modeste. Des frères occupent les fonctions essentielles de forgeron, maréchal ferrant, boulanger et chapelain. Les taches agricoles sont organisées par les moines mais laissées le plus souvent à des corvéables ou à une main d'oeuvre extérieure. Il en est de même pour le travail de la pierre dévolue aux compagnons itinérants.


Porte Romane
Porte Romane - Sources: Association Les Amis de la Commanderie


Un frère chapelain est chargé de conduire les nombreux offices et services qui rythment très précisément la vie de ces moines soldats, des matines à 5 heures du matin jusqu'au primes à minuit. On pénètre dans la chapelle par une porte étroite donnant sur la cour. Un gros tore horizontal en pierre sous l'arc en tiers-point impose l'humilité. La porte peut être barrée solidement par l'intérieur grâce à des cavités profondes dans l'épaisseur du mur. L'ornementation est des plus modeste: les badigeons à la chaux sur la pierre obéissent aux règles de simplicité toutes bernardines. Le sanctuaire est formé d'une abside voûtée en cul de four et d'une travée de choeur en plein centre. Le chevet est éclairé par trois fenêtres romanes étroites set évasées intérieurement et extérieurement. Une grande pierre plate au bord inférieur chanfreiné tient lieu d'autel. Dans l'encoignure formée par les gros pilastres et les murs de la nef, deux piédestaux surmontés portent des statues mariales. La nef, d'une dizaine de mètres de long est pourvue de quatre meurtrières rectangulaires largement évasées vers l'intérieur.

L'épaisseur des murs, la rudesse du gré des pierres, l'étroitesse des ouvertures donnent au lieu une rigueur, une austérité à la fois monastique et militaire que la lueur des bougies vient à peine adoucir.
Sources: Association Les Amis de la Commanderie La Claverie d'Armagnac

Commanderie de La Cavalerie (Gers)

Présentation du contenu
Commanderie située à La Cavalerie (commune d'Ayguepinte, canton de Valence-sur-Baïse, Gers; ancien diocèse d'Auch; grand prieuré de Toulouse).
Commanderie templière puis hospitalière. S'est considérablement agrandie avec la réunion de la commanderie de Nomdieu (Lot-et-Garonne, canton de Francescas; ancien diocèse de Condom ? ou d'Agen ?).
Dates extrêmes
Fin 13e siècle, vers 1790
Fonds - Importance matérielle
H Malte La Cavalerie: 55 liasses,
66 registres environ: H Malte registre 494-495, 578-580, 1670-1724, 2656-2659B, 2825.
La Cavalerie, chef de la commanderie : H Malte La Cavalerie 1-5, 43-51 (14 liasses) et 35 registres.
La Cavalerie, ses membres dont Ayguetinte (H Malte La Cavalerie 6-11, 6 liasses),
Abrin (H Malte La Cavalerie 12-13),
Jegun (H Malte 17-19, 53),
Riscle et Nomdieu (H Malte 27-42, 16 liasses et 6 registres), au total 42 liasses et 19 registres.
Conditions d'accès
Communicable sous réserve d'estampillage

Inventaires manuscrits
H Malte inv. 82-83 (inventaires numérisés)
Répertoires numériques dact. et manuscrit :
« H Malte, grand prieuré de Toulouse ».
Tableau de concordance, par G. d'Arcizas, entre les cotes anciennes données par les inventaires du 18e siècle, avec le numéro des pièces, et les cotes provisoires établies par G. Loirette, d'après les fiches d'Adolphe Baudouin, 1936. Pour la commanderie de La Cavalerie, voir pages 123-127.
« Idem. Répertoire des commanderies et membres des commanderies indiquant les inventaires à consulter ».
B. Faucher. « Répertoire des registres contenant les inventaires, comptes, procès-verbaux de visites, améliorissements, procédures, reconnaissances féodales, livres terriers, censiers et arpentements ».

Bibliographie
DU BOURG, A. « Histoire du grand prieuré de Toulouse ». Toulouse, 1883, pages 351-367.
VIDAL, Pierre. « Hospitaliers et Templiers en France méridionale. Le grand prieuré de Toulouse de l'ordre de Malte. Guide de recherches historiques, archivistiques et patrimoniales ». Toulouse, CNRS, Amis des Archives de la Haute-Garonne, [2002], page 149-159.
VIDAL, Pierre. « Seigneurie et pouvoirs : les commanderies du grand prieuré de Toulouse de l'ordre de Malte ». Thèse de doctorat, Université de Toulouse-Le Mirail, 2006, 3 tomes, tome 2, pages 729-730.
SUAU, Bernadette. « Le plan des possessions de l'ancienne commanderie de l'hôpital Sainte-Christie en Armagnac », « Mémoire et actualités des pays de Gascogne », Fédération historique de Midi-Pyrénées, 53e congrès, Auch 2000, paru en 2001, pages 190-211.
Sources: Archives départementales de la Haute-Garonne
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Cazouls d'Hérault   (34)
Maison du temple de Cazouls d'Hérault
Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Montagnac - 34


Maison du temple de Cazouls d'Hérault
Localisation: Maison du temple de Cazouls d'Hérault


Au XIIIe siècle, les Templiers fondérent leur Commanderie. Ce sont probablement eux qui fixèrent à proximité de leur château le noyau de peuplement actuel. Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui les remplacèrent, vendront une partie de la seigneurie à Thimothée de Monchal. Cette co-seigneurie se maintiendra jusqu'à la Révolution.


Cazouls-Héraut
La tour de la commanderie des Templiers - Sources image: Cessenon


Cazouls d'Hérault est la seule commune du département sur laquelle a existé une commanderie des Templiers. On peut voir encore l'imposante tour de la commanderie.

Juste audessus, il y a une autre commanderie, Usclas-d'Hérault, elle est possession des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Sources: Historique ville de Cazouls d'Hérault
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Cellefrouin   (16)
Maison du Temple de Cellefrouin
Département: Charente, Arrondissement: Confolens, Canton: Boixe-et-Manslois, Commune: Cellefrouin - 16


Domaine du Temple de Cellefrouin
Domaine du Temple de Cellefrouin


31. — Les Barrières
La région de Cellefrouin a été possédée simultanément par plusieurs gros propriétaires.

Au début de la Révolution (1789), le notaire tenait ses pouvoirs de la Maison de La Rochefoucauld, pour la baronnie ; du Comte de Sansac, pour le comté ; du Roy, pour l'abbaye.
Au Moyen-Age, il y avait en plus : les Templiers du Breuil ; l'Abbaye de Charroux, qui possédait une partie de Saint-Claud et Chavagnac ; le seigneur de Lesparre, celui de Chabanais et des petits seigneurs locaux indépendants.
En 1770, l'un de ces derniers, un écuyer de La Maingoterie, domicilié à Chaux-Fourgt (Chez-Four), peut encore céder des terres à titre de rentes seigneuriales (m. Col).

3° L'ormeau.
Pré de l'Ormel (cadastre),
— Champ des Oumes (cadastre, Valence),
— L'Roume (cadastre),
— Le Bois des Hommes (cadastre),
— L'Houme de l'Epine (cadastre), dans les archives des Templiers du Breuil, nous trouvons la terre de Lousmède lespine (1688). V. Infra, Buissons, — Loumay (cadastre, Ventouse).
Au Censier :
— Loumeda,
— Ulmis,
— Ulmello,
— Ceraso de ulmelo (le cerisier au milieu des ormeaux).
Sources: Etudes locales : bulletin de la Société charentaise des études locales, Glossaire des noms de lieux-dits de la région de Cellefrouin, pages 183 et 177. Angoulême 1929. - Bnf
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Celles   (15)
Maison du Temple de Celles
Département, Cantal, Arrondissement: Saint-Flour, Canton: Murat - 15


Maison du Temple de Celles
Localisation: Maison du Temple de Celles


Dans cette majestueuse et pittoresque vallée de l'Alagnon, d'où surgissent des géants de basalte, aux cimes couronnées de vieilles ruines féodales, pendant qu'à leurs pieds coulent les eaux babillardes des ruisseaux, qui vont de cascade en cascade se jeter dans la rivière, le château de Celles est assis sur le versant nord de la vallée, à l'ombre des grands bois, dans un lieu plutôt sauvage qui ne permet pas de conclure à une origine se rattachant au « sacellum gallo-romain », mais plutôt à la celle de quelques pieux ermite, qui aurait construit Là sa cellule monacale, d'où son nom de Celles.

En tout cas, au XIIe siècle Celles était un fief seigneurial, qui donna son nom à une famille, dont le dernier rejeton fut Dalmace de Celles. En 1216, il souscrit avec son frère Paterne à la donation des biens de Durand Passire au prieuré de Bredom. Un des rédacteurs du Dictionnaire statistique du Cantal affirme qu'en 1213 il donna ses biens au Temple et se fit donat. Nous n'avons pu retrouver le document sur lequel il s'appuie; mais il demeure acquis que le fief de Celles devint, dès cette époque, une des grandes maisons du Temple.

En 1246 les Templiers sont à Celles et le précepteur Pierre de Lespinasse reçoit de Bertrand de Rochefort, chevalier, la donation de cent sols de rentes assises sur le village de Sévérac (1).
1. Archives du Rhône, H 1, Inventaire Betteney, chapitre 2, n. 1.

Le commandeur et le donateur portent deux noms bien connus dans les archiprêtrés de Brioude, Blesle et Saint-Flour, et sont de races de chevaliers et de moines. Les Rochefort de très haut lignage, divisés en plusieurs branches possédent les seigneuries de Rochefort, Auronse, Mardogne, Moissac, Fortuniers, etc. Riches ils dotent les ordres religieux, les Templiers en particulier, auxquels ils donnent une maison dans « le prieuré de Bonnac », devenu aujourd'hui le village de « Tempel », corruption du mot Temple. Ce Bertrand de Rochefort d'après le Dictionnaire statistique du Cantal aurait succédé à Pierre de Lespinasse en 1247. Cette date rapprochée de celle de 1246 nous étonne un peu, d'autant que l'auteur de l'article a dressé une liste où se sont glissées beaucoup d'erreurs.

Les Lespinasse étaient originaires de Saint-Bauzire. En 1212, Aude, femme de Robert de Lespinasse, donne « les Chazeaux » aux Templiers du Puy.


Clocher de la Chapelle de Celles image Jack Bocar
Maison du Temple de Celles


En 1268, le précepteur de la maison de Celles eut raison des oppositions de Guillelmette, dite la Rodiere de Celeant, et garda toutes les dîmes du village de « Baynac » (2).
2. Archives du Rhône, H 4. Inventaire Batteney chapitre 3. n. 1. Le nom de Celeant est probablement mal orthographié et désigne ou le Sailhens, ou Celant dans la commune de Valuéjol.

L'inventaire de Batteney nous apprend qu'en 1278 le commandeur de Celles fut choisi pour arbitre du différend survenu entre Milon et Hugues de Rochefort, frères, au sujet du partage des biens paternels sis en la commanderie de Celles.

Pierre du Buisson, précepteur de Celles, fut le principal instigateur de l'affaire du Buisson longuement contée par M. Marcellin Boudet dans le « Cartulaire de Saint-Flour. » Nous ne ferons que l'effleurer renvoyant à cet auteur pour le surplus. Le seigneur du Buisson devait l'hommage au prieur de Saint-Flour, Geoffroy le Vert, il ne l'avait pas rendu depuis huit ans et n'avait point l'intention de le rendre, car il était sous l'influence de ses oncles Pierre et Raymond du Buisson, templiers.

En 1281, le prieur somma son vassal de lui rendre les devoirs féodaux. Fulcon du Buisson refusa. Pierre du Buisson, précepteur de Celles, encouragea la résistance. Le prieur déféra le conflit au juge épiscopal Etienne, celui-ci fit immédiatement occuper le château du Buisson. Le propriétaire et le prieur eurent alors recours selon la coutume de l'époque à un arbitrage. D'un commun accord ils désignèrent Guibert de Peyre, seigneur de Pierrefort, qui exigea un gage en cas de dédit. Il fut fixé à cent marcs d'argent, somme relativement élevée pour l'époque.

La sentence obligeait Fulcon du Buisson à l'hommage envers le prieur et interdisait aux deux templiers Pierre et Raymond, de mettre les pieds au Buisson, soit pour leur compte, soit pour celui de l'ordre.
3. Cartulaire de Saint-Flour, page CCLXIII.

Le précepteur de Celles ne se tint pas pour battu, il imagina une nouvelle combinaison; il possédait près des Ternes, le village du « Fayet », il en fit l'aveu au roi et passa avec lui un contrat de pariage par les soins de Pierre de Villemignon, bailli royal des montagnes, le 30 septembre 1282 (4).
4. Saige et comte de Dienne. Documents sur la vicomté de Carlat, charte XVIII.

Le prieur se contenta de parer ce coup en publiant un vidimus de la bulle du pape Nicolas III, excommuniant les usurpateurs des biens de l'ordre de Cluny. Le templier ne se crut pas atteint et fit la guerre au prieur, elle ne cessa que grâce à la haute intervention de Beraud VI de Mercoeur, suzerain en partie de Celles, qui condamna le précepteur à 300 livres de dommages et intérêts et à la restitution de ce qu'il leur avait pris aux tenanciers de l'ordre (5).
5. Cartulaire de Saint-Flour, page CCCLXIII.

Après Pierre du Buisson, chevalier, nous trouvons à la tête de la préceptorie un servant, originaire de Brioude, nommé Durand Charnier. Il reçoit diverses donations de rentes et de dîmes en 1292.

L'année suivante, Pierre et Renaud de Chapelle, exécuteurs testamentaires d'Astruge, épouse de Pierre, transmettent au précepteur tout ce qu'ils possédent de rentes sur le village de « La Chaulou », paroisse de Celles.

Guillaume Charnier, neveu du précédent, fut un de ses successeurs. Il avait été portier du pape Nicolas III, templier à « Civitta-Veechia », enfin précepteur de Celles où il acquit du vicomte Guillaume de Murat, en 1295, le village de « La Champ en Planèze. »

C'est ainsi que par donations ou acquisitions les Templiers reculaient les bornes de leurs domaines. Leur action incessante rencontrait des oppositions, nous l'avons vu pour Pierre du Buisson et Jean de Fontanes, et leurs adversaires avaient difficilement raison de leur ténacité. D'autre part leurs maisons, leurs églises ou chapelles, sur le territoire, formaient de petites enclaves indépendantes de toute juridiction civile ou ecclésiastique. Par deux fois dans le diocèse d'Auvergne, le pape était intervenu en leur faveur contre les évêques, en 1212 et 1290. Aussi avaient-ils de nombreux ennemis, surtout dans le clergé séculier et dans les ordres mendiants, ces rois, alors, de l'opinion.

Le dernier précepteur de Celles fut Hugues Charnier, frère de Guillaume, il fut reçu au Temple de « Chamberaud » par Pierre du Buisson, précepteur de « Palluet », en 1280. Envoyé au temple de Tortosa, il fut à son retour nommé précepteur de Celles.
Sources: Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, tome XVI (1914).

Maison du Temple de Celles


Cloches de la chapelle de Celles image Jack Bocar
Maison du Temple de Celles


Commanderie édifiée en 1260 autour d'une église romane préexistante. Après la dissolution de l'ordre en 1312, les bâtiments, organisés en place forte sur plan carré, autour d'une cour fermée, ont été dévolus aux hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

La maison du Temple de Celles « in domo de Cellis Arvernie »; « apud domum de Celas, Claromontensis diocesis », était située dans le diocèse de Clermont, et son chapelain était en même temps curé de l'endroit.
En 1307, ce chapelain-curé de Celles était frère Guillaume Tixier, dit aussi Guillaume de Celles. Guillaume, bien qu'octogénaire en 1311, appartenait depuis peu à l'Ordre du Temple, ayant été reçu, à Celles même, en 1304, par le commandeur d'Auvergne, Humbert Blanc, en présence de frère Durand Charneyr « Baluze, Procès de Clermont, pièce 10 et Procès des Templiers, tome II, pages 121 et page 129 »

Procès des Templiers, tome II, page 121
Post hec, die Lune sequenti, qui fuit XXVIIII dies dicti mensis Marcii, fuerunt adducti pro testibus, in domo predicta domini Petri de Sabaudia, ad presenciain dictorum dominorum commissariorum, Mimatensis et Lemovicensis episcoporum et Tridentini, aliis excusatis, fratres Bertrandus de Villaribus preceptor de Rupe Sancti Pauli Petragoricensis, Guillelmus Textoris curatus de Sellis, Claramontensis, presbiteri; Guillelmus de Mazayas Claramontensis, Guido la Chastaneda Lemovicensis, milites; Johannes de Mendaco preceptor Marchie, Johannes Senandi preceptor Folhose, Johannes Adam preceptor Turrete, Hugo Charnerii preceptor de Sancto Porciano Claramontensis, Rogerius la Rocha Bituricensis, et Bertrandus de Ansonio Claramontensis diocesium, servientes...

Procès des Templiers, tome II, page 129
Post hec, die Martis sequenti, que fuit penultima dies dicti mensis Marcii, fuit adductus ad presenciam dictorum dominorum episcoporum et archidiaconi Tridentini, aliis légitime excusatis, in domo predicta domini Petri de Sabaudia, frater Guillelmus Textoris presbiter, curatus ecclesie de Cellis Claramontensis diocesis.

Procès des Templiers, tome II, page 237
Per eundem eciam modum vidit recipi per fratrem Guidonem Dalphini militem, testem supra examinatum, fratrem Guillelmum Aynardi servientem, in capella domus Templi de Cellis Claramontensis diocesis, per annum vel circa ante capcionem eorum, presentibus fratribus Guillelmo Mazayas milite, Guillelmo Textoris presbitero, testibus supra examinatis.

Durand Charneyr, que nous venons de nommer, était apparemment le précepteur de la maison; il était à Celles, lorsqu'un autre Durand Charneyr, son neveu, fut reçu, en 1301, par Pierre de Madic, alors commandeur de l'Auvergne « Baluze, Procès de Clermont, pièce 28 et Procès des Templiers, tome II, pages 138 et pages 241 », en présence de divers Templiers dont Guibert de Carlat, curé de la maison, décédé depuis, et le précepteur de La Fouilhouze.

C'est sans doute à la même époque (1300 ou 1301) qu'il faut placer la réception, en cette même maison de Celles, de Pierre de Moncel par P. de Madic, en présence du même précepteur de La Fouilhouze « Baluze, Procès de Clermont, pièce 28 et Procès des Templiers, tome II, page 138 et page 241 »

Procès des Templiers, tome II, page 241
Lectis autem et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur: videlicet quod ipse receptus fuerat, in Paschate proximo preterita fuerunt VIII anni, per fratrem Petrum de Madico quondam, in quadam camera domus Templi de Cellis Claromontensis diocesis, presentibus fratribus Johanne Senandi et Hugone Charnerii, testibus supra examinatis, et Humberto Charnerii, qui aufugit in capcione aliorum, et Durando Charnerii de functo.

Nous avons évoqué le commandeur de Carlat était venu recevoir, en 1306, à Celles, un chevalier du nom de Guillaume de Mazaye, en présence des frères Durand Charneyr et Guillaume Tixier, chapelain « Baluze, Procès de Clermont, pièce 27 »; or, il est probable qu'à cette époque, Durand Charneyr, le précepteur, était mort et qu'un autre, peut-être Gui Dauphin, lui avait succédé.

Le Templier Etienne d'Ydes ou de La Roussille, interrogé à Clermond, prétend, en effet, avoir été reçu, en 1304 ou en 1303, à Charnat, par Gui Dauphin, précepteur de Celles « Baluze, Procès, pièces 4 et 35 »

Précepteurs de Celles
Vers 1301, frère Durand Charneyr, sergent;
Vers 1304-1307, frère Gui Dauphin, chevalier.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les comminssions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.
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Cenan   (79)
Maison du Temple de Cenan
Département: Deux-Sèvres, Arrondissement: Niort, Canton: Coulonges-sur-l'Autize - 79


Maison du Temple de Cenan
Localisation: Maison du Temple de Cenan


La Maison du Temple de Cenan, bâtie sur la commune de Saint-Pompain. Cette importante Maison du Temple, possédait une cinquantaine de fiefs sur les paroisses environnantes dont Cenan, Saint-Pompain, Nieul-sur-l'AutizeDomaine du Temple à Nieul-sur-l'Autize
Domaine du Temple à Nieul-sur-l'Autize
et autres. Saint-Pompain était un fief noble appartenant à la Maison du Temple.
Sources: Bélisaire Ledain, Dictionnaire Topographique du département des Deux-Sèvres, publié par Alfred Dupond archiviste des Deux-Sèvres, Poitiers M. DCCCC. II.

Cenan, village et moulin sur la commune de Saint-Pompain
— Sanans, XIIe siècle (Cartulaire de l'Absie, ap, Dupuis, 828)
— Domus Templi de Thonans cum capella, 1300 (gr-, Gauthier)
— Senans, 1882 (Bulletins des Antiquaires de l'Ouest)
— Lospital de Cenans, 1448; Cenan, 1598; Cenant, 1668; Senan, 1700, 1715 (Archives V. H. 3, L. 319, 323)
— La Maison du Temple de Cenan, puis commanderie de l'Hôpital de Cenan formait avec la commanderie de Sainte-Gemme, son annexe, l'une des quatre chambres prieurales du grand-prieuré d'Aquitaine (Archives D.S H 232)
Sources: Dictionnaire Topographique du Département des Deux-Sèvres, par Bélisaire Ledain. Poitiers M. DCCCC. II

Domaine du temple à Saint-Pompin
Département: Deux-Sèvres, Arrondissement: Niort, Canton: Coulonges-sur-l'Autize - 79


Domaine du  Temple à Saint-Pompin
Localisation: Domaine du Temple à Saint-Pompin


C'était un établissement religieux. Au XIIe siècle elle dépendait de l'Abbaye de Nieul sur l'Autise et formait avec son annexe de Sainte Gemme en Vendée, l'une des quatre chambres prieurales du Grand prieuré d'Aquitaine. A la dissolution de l'Ordre des Templiers, au début du XIVe siècle (1313), la commanderie passa au Hospitaliers.

La maison forte dont la construction remonte au XIIe siècle fut considérablement modifiée à la fin du Moyen Age par la construction de 2 nouvelles tours, une augmentation du nombre des niveaux et le percement d'ouvertures. Elle fut, ainsi que ses bâtiments annexes, très endommagée par de violents orages en 1611 et 1760. Les réparations se firent jusqu'en 1787. Le domaine et la commanderie furent vendus en 1793 comme biens nationaux et acquis par Philippe Maichain.

L'accès se fait par le sud et comprend un soubassement et un étage. Le bâtiment est surélevé de deux niveaux supplémentaires flanqués de deux tours. La partie basse devait servir de cellier. Un escalier à vis logé dans une tour carrée permet d'accéder aux étages dont le premier comme le rez-de-chaussée est voûté. Le second et le troisième étage sont pourvus de pièces inégales, avec cheminées et fenêtres à meneaux et à coussièges.
L'Hôtel de Cenan, à l'enseigne de la Croix-Blanche, accordait depuis toujours le gîte et le couvert aux cortèges seigneuriaux de passage dans la région.

Cenan, mis en vente comme bien national, fut acquis le 18 mars 1793, par André-Philippe Maichain, fermier à Exireuil et père de Désiré Maichain, député des Deux-Sèvres, avec 43 boisselées de terres et la métairie de la Foye pour 112 000 francs.

La Commanderie possédait en outre, aux Grands Chirons (entre Benet et Saint-Pompain), l'Hôpital Cendre dont il ne reste rien.

Cet ensemble mériterait une sérieuse restauration qui le sauverait de la ruine.
Sources: Mairie de Saint-Pompin
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Cenon   (86)
Ferme du Temple de Cenon
Département: Vienne, Arrondissement: Châtellerault, Canton: Vouneuil-sur-Vienne, Commune: Cenon - 86


Ferme du Temple de Cenon
Localisation: Ferme du Temple de Cenon


Temple (Le), ferme sur la commune de Cenon.
— Le Temple, 1480.
— Le Temple de Jumeaux, 1572 (Commanderie d'Auzon, 6).
— C'était alors une métairie dépendante de la Commanderie d'Auzon.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, par M. L. Rédet, Paris, M. DCCC. LXXXI
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Cercueil   (54)
Maison du Temple de Cercueil, de nos jours Cerville
Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Tomblaine, Commune: Cerville - 54


Maison du Temple de Cercueil
Localisation: Maison du Temple de Cercueil


La présence passée des Templiers à Cercueil, à l'Est de Nancy, a été controversée. Il semble bien cependant qu'ils se soient implantés au Nord-Ouest de la localité, au lieu-dit l'Averseau, situé sur le versant d'un coteau faisant face à Amance. Cette version des faits a été retenue par Edouard Salin lors des découvertes qu'il fit surplace vers 1930. L'établissement se serait situé non loin d'un chemin romain qui conduisait à Scarpone.

En 1219, Agnès de Bar, dite Thomasse, duchesse de Lorraine, avec le consentement de son fils Thiébaut, donna en aumône aux Templiers Albert de Harenberviller (Erbéviller), son frère et sa femme.

On retiendra que vers 1218, le grand maître de la maison ducale était Lambirin d'Ourches qui descendait des sires de Joinville dont certains se croisèrent au XIIe siècle et qui épousa une héritière de la maison d'Ourches à condition d'en porter le nom et les armes. Les Templiers de Cercueil ont donc pu bénéficier des libéralités du duc et de son ministre, vraisemblablement au début du XIIIe siècle.

Plus tard, aux assises de Cercueil de 1296, en présence de Vincent Thiériat, bailli du duc de Lorraine, Liébaut de Cercuès fera une déclaration selon laquelle: « la maison du Temple de ce lieu a droit de prendre et lever chacun an, à perpétuité, dix résaux de mouture sur le moulin de Baignerant, le jour de la Saint Martin d'hiver, avec pouvoir d'y moudre sans rien payer, à charge de nourrir le meunier ou le valet qui apportera la farine. »

Par ailleurs, les Templiers auraient possédé dans le village même une maison, dans la rue Haute, où habitait leur fermier et qui fut ruinée pendant les guerres. Ils y avaient le droit de troupeau à part et de bergerie exempte de dîme, un gagnage consistant en terres arables, chènevières et prés, plusieurs pièces de bois taillis, des cens en grains, en argent et en poules.

On a rapporté que la ferme de la Bouzule aurait été une dépendance des Templiers de Cercueil mais elle serait passée aux mains des Hospitaliers au cours du XIIIe siècle. Aucune trace ne subsiste aujourd'hui de cette fondation du Temple.
D'après l'ouvrage: Les Templiers en Lorraine de Michel Mazerand. Edition JMC.

Cercueil, un village de l'ancien duché de Lorraine
Origines. Les origines de Cercueil sont assez obscures. On cite cependant l'existence d'une voie romaine de second ordre qui allait à Scarpone et passait sur les territoires actuels de Lenoncourt et de Cercueil, puis suivait les rives de la Moselle après avoir contourné le camp romain de Dommartemont.

L'auteur de la vie des Evêques de Toul, écrit Henri Lepage, raconte que saint Epvre, qui occupa le siège épiscopal de 500 à 507, guérit une femme de Cercueil (de villa Sarcofago), qui était folle et faisait et disait des choses épouvantables. » C'est la première fois que Cercueil est mentionné dans un écrit; on ne le retrouve plus qu'à la suite des nombreuses guerres féodales entre les membres de la maison ducale de Lorraine, au moment de la création d'importantes seigneuries à Lunéville, Amance, Flavigny, Lenoncourt, etc. De cette dernière dépendait « la ville de Cercueil. » Le village prend une plus grande importance lors de l'apparition des Templiers qui avaient fondé en Lorraine 12 établissements, notamment à Cercueil, Millery, Lunéville, Gelucourt.

Les Templiers, Les Hospitaliers « Les Templiers possédaient à Cercueil, écrit Henri Lepage, une maison dont l'existence est attestée par un titre de 1296: c'est une déclaration faite aux assises de Cercueil, tenues, cette année, pardevant Vincent Thiériat, bailli du duc, par Liébaut de Cercués, et où il est dit que la maison du Temple de ce lieu a droit de prendre et lever chaque année, à perpétuité, dix résaux de mouture sur le moulin dudit Cercueil, le jour de la Saint Martin d'hiver, avec pouvoir d'y moudre sans rien payer, à charge de nourrir le meunier ou le valet qui amènera la farine. »

Les Templiers exploitaient à Cercueil les vastes carrières du territoire fournissant depuis longtemps les dalles mortuaires et les sarcophages; c'est d'ailleurs là qu'on peut trouver l'origine du nom de Cercueil, traduction française du latin Sarcofagus, qui était primitivement le nom du village.

Des fouilles ont fait découvrir en 1838, près du lieu-dit « La Vervaux » dans les champs, près du bois, des débris de dallages, tuileaux et briques, et trois squelettes de chevaliers tournés vers l'orient et placés côte à côte avec des armes. Dans la même direction, mais plus près du village, on raconte qu'on voyait encore quelques tuiles et la base d'une colonne, seuls vestiges de la maison du Temple de Cercueil.

A l'abolition de l'ordre, en 1314, les biens des Templiers de Cercueil passèrent aux Hospitaliers de Saint-Jean-du-Vieil-Aître, près Nancy, de l'ordre de Malte. Ceux-ci habitèrent longtemps l'ancienne maison des Templiers, située dans la rue Haute, au lieu-dit actuellement « au haut chemin. » L'ermitage, avec les chènevières, « contenait 2 jours 7 hommées », et était situé dans l'angle compris entre le chemin de Nancy et celui de Saint-Nicolas toute la propriété était entourée de « hayes vives », de sorte que le commandeur de l'ordre, comme le mentionnent les écrits du temps, « était enfermé dans son contour. »

Les Hospitaliers possédaient à Cercueil des bois, des champs et des prés; ils recevaient des habitants un cens composé de grain, de poules et d'argent. Ils avaient le droit de parquer leurs moutons sur tout le territoire sans rien payer mais, pas plus que les paysans du lieu, ils ne pouvaient « faucher leurs preys ni coupper leurs bleds » que lorsque le seigneur du village avait lui-même commencé à le faire. Les Hospitaliers de Cercueil logeaient les voyageurs et ceux-ci trouvaient en passant « le vivre et le couvert », quelquefois des habits et de l'argent pour continuer leur route ou pour se rendre à un autre monastère où ils recevaient les mêmes secours. La maison des Hospitaliers de Cercueil fut complètement ruinée pendant les guerres du XVIIe siècle.
Sources: M. S. Germain. Le Pays lorrain. Nancy 1924

Maison du Temple de Cercueil
Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Tomblaine, Commune: Cerville - 54


Maison du Temple de Cercueil
Localisation: Maison du Temple de Cercueil


Cercueil (Sarcofagus) est le nom d'un village situé à une lieue et demie au nord-est de Nancy. Un mémoire judiciaire, publié au commencement du XVIIIe siècle, à l'occasion d'un procès entre le comte d'Ourches et le commandeur de Saint-Jean-le-Vieil-Aître, mentionne un acte portant la date de 1296, et par lequel un nommé Liébaut de Cercueil s'engageait à payer aux Templiers une redevance de blé (1). Il est probable qu'une portion des biens dépendant de ce temple fut donnée, vers la fin du XIVe siècle, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Nancy.
1. V. Le département de la Meurthe, par M. H. Lepage, t. II, page 100.
Sources: M. Auguste Didot. Mémoire sur les Etablissements de l'Ordre du Temple en Lorraine (Duchés de Lorraine et de Bar, évêchés de Metz, Toul et Verdun). Tome I, Nancy MDCCCLVI.

Cercueil, canton de Saint-Nicolas (Maison de Templiers)
— La Maison du temple de Cercues, 1296 (Charte de l'Ordre de Malte)
— Cercuel, 1420 (dom. de Nancy)
— Sercuel, 1424 (Ibidem)
— Sercuer, 1492 (dom. d'Amance)
— Sercueur, 1506 (Trésor des Chartes, B. 7614)
— Sercueil, 1550 (dom. d'Amance)
— Sercueulf, 1557 (dom. de Lenoncourt)
— Sercoeur, 1594 (dén. de la Lorraine)
— Sercueul, 1600 (dom. d'Amance)
— Le fief de Cercueil relevait de la châtellenie de Nancy, baillage de cette ville. Il fut érigé en 1765, sous le nom d'Ourches.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Meurthe-et-Moselle, par M. Henri Lepage. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXII
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Ceres-lès-Montceaux   (10)
La Maison du Temple de Cérès-lès-Montceaux
Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Bouilly, Commune: Montceaux-lès-Vaudes - 10


Maison du Temple de Serre

Localisation: Maison du Temple de Cérès


Maison du Temple de Cérès-lès-Montceaux sous les Templiers (1193-1307).

Cette maison de Cérès était une dépendance de la commanderie de Troyes.
Cérès est un hameau du village de Montceaux « La maison de Cérès était située sur le chemin menant au bois de Rumilly-les-Vaudes, près de la Voie-aux-Aniers, elle est indiquée au sud de Cérès sur la carte de Cassini. » village que quelques kilomètres seulement séparent de Verrières, où se trouvait le Temple de Villers, objet de notre dernière Etude Villiers-les-Verrières.

Les Templiers y prient pied dès 1196, c'est-à-dire neuf ans plus tôt qu'à Sancey, et treize ans plus tôt qu'à Verrières, par suite de la donation que leur firent, sous le sceau de Garnier, évêque de Troyes, le chevalier Belin « de Roseio - alias Roseto », et sa femme Pétronille, surnommée Comtesse. Consentie à titre d'aumône perpétuelle, cette donation eut pour objet tout ce que Belin et Pétronille possédaient à Cérès, au PlessisDomaine du Temple à Le Plessis
Domaine du Temple à Le Plessis
(2) et à Fouchères (3), soit en fiefs, en casements (Le casement, casamentum, était, dans le principe, une demeure, une maison donnée à loyer puis convertie en fief, suivant la qualité du locataire, d'où vint l'expression: feoduni casamenti), en domaine et en revenus de toute nature. Les donateurs tenaient une partie de leurs biens de Philippe, frère de Pétronille, et, comme ils n'avaient pas d'enfants, leur donation fut approuvée par leurs proches, c'est-à-dire, du côté de Pétronille, par Philippe et le clerc Nevelon, ses frères, et par Adeline, sa soeur; du côté de Belin, par sa soeur Richol. Elisabeth, femme de Philippe, Guy, époux d'Adeline, Pierre, mari de Richol, ainsi que leurs enfants, intervinrent également dans l'approbation, mais un seul des enfants est nommément désigné dans l'acte, sans doute parce que seul il était majeur, c'est Gobert, fils de Pierre et de Richol.
2. Fresnoy-le-Château: Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Lusigny-sur-Barse - 10
3. Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Bar-sur-Seine - 10


Belin tenait le fief de Cérès, non de son beau-frère Philippe, mais de Milon, seigneur de Mutry (de Mutriaco), qui le tenait lui-même de Gui, seigneur de Montmort (de Montemauro). Ce fut à ce titre qu'en 1211, Milon, du consentement de sa femme Herlevide, ratifia la donation, vieille déjà de dix-sept ans, et en garantit la jouissance aux Templiers, par lettres scellées de son sceau.
Dans la donation de Belin de Roseio se trouvait probablement comprise une partie de la dîme de la paroisse de Vaudes.

Le curé avait également sur les terres de cette paroisse des droits partiels de décimation, et un conflit ne tarda pas à s'élever entre les co-décimateurs. Le différend fut porté à la cour de Rome, qui nomma, pour le trancher, trois membres du chapitre de Paris: le doyen, l'archidiacre et le chanoine Pierre de l'Hôpital. Sans attendre leur décision, les parties chargèrent l'archidiacre de Troyes, Herbert, de les mettre d'accord par un compromis amiable. Après avoir pris conseil d'hommes sages et éclairés, et s'être assuré du consentement des intéressés, Herbert statua ainsi: les Templiers auraient deux parts dans le tiers des dîmes, tant grosses que menues, de la paroisse de Vaudes, et le sixième de la totalité pour la paroisse de Moutceaux, aux cours de Vaudes. Quant aux terres qu'ils cultivaient de leurs mains, ou à leurs frais, la dîme leur appartiendrait intégralement, conformément au privilège qui leur avait été accordé par le souverain pontife. Cependant, en raison des peines que le curé s'était données, et des frais qu'il avait dû faire pour l'acquisition de son droit de décimation, il prélèverait annuellement à la Saint-Remi, dans la grange du Temple de Cérès, et cela tant qu'il desservirait l'église de Vaudes, deux setiers de grain, par moitié froment et avoine.

En outre, pour couper court à tout conflit et empêcher qu'à l'avenir la paix ne fût de nouveau troublée, au sujet du grain que les Templiers réclamaient au curé, ou pour toute autre cause, les parties, sur l'ordre de l'arbitre, se tinrent mutuellement quittes de toute dette. L'acte relatant cette transaction l'ut rédigé dans l'église Saint-Etienne de Troyes, l'an 1203, sans indication de mois.

Les Templiers de Cérès avaient pour voisins, très rapprochés, les moines de Molesme (Côte d'Or), à cause du prieuré de Rumilly-les-Vaudes (1), et, même entre Religieux, un voisin était presque toujours un rival. Comme nous avons eu plus d'une fois occasion de le constater, le voeu de pauvreté, liant seulement les individus, n'était guère qu'une fiction pour la communauté. S'il obligeait chaque religieux au détachement des biens de ce monde, l'obligation ne s'étendait pas à la collectivité. Aussi les couvents non-seulement étaient riches, mais ils veillaient avec un soin jaloux, à la conservation de leurs richesses; ils cherchaient même à les augmenter au détriment de leurs voisins, quand, des titres authentiques et précis faisant défaut, la limitation des droits de chacun restait incertaine.
1. Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Bar-sur-Seine - 10

De là ces discordes, ces querelles incessantes, ces procès continuels, qui ont pris tant de place dans les Cartulaires, qu'il n'en est presque plus resté pour les oeuvres pies.

Fort peu édifiants en général, ces conflits avaient ce pendant leur raison d'être et devenaient plausibles, lorsque, agissant en qualité de seigneurs, les établissements religieux avaient à défendre, ou à revendiquer, les droits de leurs sujets, plus encore que les leurs.

Ce fut dans ces conditions que le Commandeur, seigneur de Cérès, et l'abbé de Molesme, seigneur de Rumilly, entrèrent en contestation. Le premier revendiquait, non seulement pour lui, mais pour tous les hommes de la baillie de Cérès, le droit de conduire leurs bestiaux dans les pâturages de Rumilly, et l'abbé de Molesme le lui contestait. Le différend durait depuis longtemps déjà, lorsqu'on 1238 les parties jugèrent bon d'y mettre fin par un compromis et firent la paix aux conditions suivantes: le Commandeur et les hommes de sa seigneurie auraient à perpétuité le droit de mener leurs bêtes dans les pâturages de Rumilly, mais l'abbé de Molesme et les sujets de la seigneurie de Rumilly jouiraient du même droit dans les pâturages de Cérès, et même sur les autres finages pouvant appartenir à la Commanderie.

Cet accord ne préjudicierait en rien à la juridiction de l'abbé de Molesme à Cérès, à Vaudes et à Rumilly, elles lui seraient payés suivant la coutume du pays. En outre, le Commandeur donnerait annuellement, à la Saint-Pierre, aux religieux de Molesme, dans leur grange de Rumilly, 25 sous, monnaie de Provins à titre d'indemnité. Dans le cas où quelqu'un troublerait le Commandeur dans la jouissance du droit de pâturage, qui lui était ainsi reconnu, l'abbé de Molesme interviendrait et lui prêterait assistance dans la mesure de ses moyens; par contre, la même obligation incomberait au Commandeur, en pareil cas, vis-à-vis des religieux de Molesme. Ce compromis fut notifié sous le sceau de Ponce d'Aubon ou d'Albon, maître du Temple en France, en 1238, sans indication de mois.

En 1242, le domaine de la Commanderie, qui, semble-t-il, n'avait pas varié depuis la donation de Belin de Roseio, s'accrut de deux pièces de terre dont la contenance n'est pas indiquée: l'une sise à Cérès et venant de Durand Charoigne, l'autre sise à Vaudes et venant du clerc Gauthier, fils de Chochart.

Ces deux propriétés furent cédées au Temple, à litre d'échange, par Jobert de Bar-sur-Seine, bailli de Troyes, qui en reçut trois autres en compensation. De ces trois pièces données à Jobert, deux étaient sous « Constance », près des terres du chevalier Huiter, seigneur de Villeneuve (commune de Bar-sur-Seine), et venaient de deux membres de la milice du Temple: frère Guillaume Bérard et soeur Parisie de Bar; quant à la troisième, sise entre Bar-sur-Seine et Villeneuve, les Templiers l'avaient reçue, nous ignorons à quel litre, de Thomas le Desclois.

Les contractants prirent l'engagement réciproque de se garantir, envers et contre tous, la jouissance des dites propriétés, faute de quoi ils en reprendraient possession, et le contrat d'échange serait frappé de nullité.
L'acte, notifié sous le sceau de Jobert de Bar, est daté du mois de février 1241.

Nous n'avons découvert aucun document de nature à nous renseigner sur l'importance de la seigneurie de Cérès dans la première moitié du XIIIe siècle, et sur le nombre, même approximatif, des sujets qui en dépendaient. Seul le nom d'une servante, ou femme de corps, de Vaudes, Costa, veuve de Laurent Pautriel, est venu jusqu'à nous. Taillable à volonté, comme presque tous les gens de sa condition, elle appartenait, pour une moitié, au Commandeur, et pour l'autre, à Geoffroy de Souleaux écuyer (1). En 1248, ce dernier l'admit à la taille abonnée. La somme à payer annuellement, à la Saint-Remi, fut fixée à 5 sols, avec cette clause que, sous quelque prétexte que ce fût, le seigneur et ses héritiers ne pourraient exiger ni « extorquer » davantage.
Hameau, commune de Saint-Pouange, Aube, arrondissement de Troyes, canton de Bouilly

L'acte d'abonnement, passé au mois de mars, sous les sceaux de l'official de Troyes, Jean, et du bailli Oger du Val, fut communiqué au Commandeur, puisque nous l'avons trouvé dans le fonds du Temple. Etait-ce une requête, une mise en demeure de renoncer à la taille à volonté et d'accorder lui-même, pour sa moitié, la taille abonnée ? Peut-être; quoi qu'il en soit, rien ne prouve que l'exemple du seigneur de Souleaux ait été suivi.
Sources: M. l'Abbé Auguste Pétel Curé de Saint-Julien - Aube. Membre résident de la société académique de l'Aube - 1906

Cerres et mieux Cérès, commune de Montceaux.
— Ancienne Maison du Temple, puis Hôpital de l'Ordre de Malte.
— Serra, 1196 (cartulaire du Temple)
— Domus milicie Templi de Serre, 1238 (Cartulaire de l'abbaye de Moleme)
— Serre, 1328 (prise de Villemor)
— Cérès, XVIIIe siècle (Pouillé)
— Cerres, 1705 (rolle des jurés et bourgeoisies d'Aumont)
— Cérès, XIXe siècle (Carte Etat-Major)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Aube, par MM. Théophile Boutiot et Emile Sogard. Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXIV.

Plessis (Le), hameau ferme et château, commune de Fresnois, canton de Lusigny-sur-Barse
— Plessetum, 1196 (Cartulaire du temple)
— Plaisseium, 1274 (charte de l'abbaye de saint-Loup)
— Le Plessy, 1407 (Pouillé)
— Le Plessis, 1705 (rolle des jurées et bourgeoisies d'Aumont)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Aube, par MM. Théophile Boutiot et Emile Sogard. Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXIV.

Fresnoy, canton de Lusigny-sur-Barse
— Fraxinum, 1209 (Cartulaire du Temple)
— Domus Templi de Frenexo, 1309 (Procès des Templiers)
— Frenoium, XVIIe siècle (Pouillé)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Aube, par MM. Théophile Boutiot et Emile Sogard. Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXIV.

Procès des Templiers, tome I, page 580
Nec de aliis illicitis fuit locutus eisdem, de quibus idem testis fuit confessus fratri Johanni conventuali fratrum Predicatorum de Pruino, cujus cognomen ignorat, quem credit esse mortuum infra dimedium annum a recepcione sua, in capella domus Templi de Frenexo Trecensis diocesis, qui absolvit eum, et precepit quod confiteretur de predictis alicui episcopo vel archiepiscopo, quod non fecit, quia non habuit copiam eorum.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.
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Cernay (Ermont)   (95)
Maison du Temple de Cernay-Ermont
Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Pontoise, Canton: Ermont - 95


Maison du Temple de Cernay-Ermont
Maison du Temple de Cernay-Ermont


Maison du Temple de Cernay, sur le territoire d'Ermont, et qui devint sous les Hospitaliers un membre de leur commanderie du Grand-Prieuré de France à Paris.

La terre et seigneurie de Cernay fut donnée par un seigneur du lieu à l'Ordre de la chevalerie du Temple. Nous trouvons des lettres de l'official de Paris, du mois de février 1269, par lesquelles Jean de Cernay, écuyer, a déclaré donner aux frères du Temple, pour les besoins de leur maison à Paris, neuf fiefs qui relevaient de lui, savoir:
Le fief d'Adam d'Essonville, « de Esenvilla », chevalier
Le fief d'Eudes de Sarcelles, « de Sarcellis »
Le fief de La Chaussée, « de Calceia »
Le fief de Gauthier de Dampont
Le fief de Mathieu de Choisy, « de Soysiaco »
Le fief de Jean de Sartrouville, « de Sartrovilla » écuyer
Le fief de Sedile, soeur de Jean de Cernay, donateur
Le fief de Philippe Mayer, chanoine de Montmorency, son petit-fils,
Et le fief de Thomas Minier.

Cette donation comprend encore des cens et des rentes seigneuriales à:
A SarcellesBien du Temple à Sarcelles
Domaine du Temple à Sarcelles
(95),
A Béthemont-la-ForêtBien du Temple à Béthemont-la-Forêt
Domaine du Temple à Béthemont-la-Forêt
(95),
A Villiers-le-BelBien du Temple à Villiers-le-Bel
Domaine du Temple à Villiers-le-Bel
(95),
A SartrouvilleBien du Temple à Sartrouville
Domaine du Temple à Sartrouville
(78),
La maison de CernayBien du Temple à Cernay
Domaine du Temple à Cernay
(Ermont), « domum apud Sarnayum » avec le four et les censives du lieu; douze arpents de terre arable et
Les prés à Béthemont-la-ForêtBien du Temple à Béthemont-la-Forêt
Domaine du Temple à Béthemont-la-Forêt
(95),
Quelques maisons à ChauvryBien du Temple à Chauvry
Domaine du Temple à Chauvry
, « apud Chauvery » (95),
Quatre arpents de vigne au finage de Cernay,
Des terres à Meifin ?, « apud Meiafin », avec tous les droits de justice et de seigneurie que Jean de Cernay avait aux dits lieux.

Des lettres d'amortissement furent accordées, en 1270, aux Templiers, par Mathieu de Montmorency, pour les biens de la précédente donation, qui mouvaient de son fief sur Cernay et Ermont, et qui étaient le manoir de Sarnay avec vingt-cinq arpents de terre, sept maisons à Emon, et toute la voirie que Jean de Cernay avait tenue des seigneurs de Montmorency à Sarnay et à Emon.

Un autre amortissement est accordé en 1274 aux mêmes Templiers, par Robert et Mathieu de Bachival, « de Bachivalle », pour des biens qu'ils avaient achetés à Cernay et au Plessis, « apud Sarneyum et Plesseium » (Plessis-Bouchart 95) provenant de Richard de Banthelu, chevalier, et de Mathieu de Banthelu, écuyer, son frère.

Enfin Robert, sire d'Attainville, par ses lettres du 4 décembre 1284, amortit également divers héritages relevant de son fief, appartenant aux Templiers sur Cernay, savoir:
Une maison derrière le pressoir du Temple.
Une autre appelée la maison Doilée, provenant de Robert de Mauléon, écuyer.
Quatre arpents de terre à Ermont, donnés par Jean de La Chaumette.
Quatorze arpents à Cernay, au terroir de Glatigny, aussi donnés en 1282 par Guillaume de Mauléon.
Et quatre arpents achetés au même lieu par les dits frères du Temple.

Les Templiers ne furent mis en jouissance des biens donnés par Jean de Cernay qu'après sa mort, attendu qu'il s'en était réservé l'usufruit. Ils en étaient en possession en 1284, alors que dans une charte qui porte cette date, on trouve que leur maison avait un frère du Temple, Pierre de Cernay, qui en était le gardien ou commandeur, « custos domus militie Templi Sarneii. »

Le Temple de Cernay qui, sous les Hospitaliers, prit le nom de l'Hôpital de Cernay, comptait plus de 200 arpents de terre. La maison était située dans la rue qui va d'Ermont à Sannois. Elle fut détruite par un incendie, à la fin du XVIIe siècle, et n'a jamais été rétablie.

Le Commandeur avait toute justice et seigneurie dans son domaine de Cernay, et une quantité de cens et de rentes foncières à Ermont, Francoville, Le Plessis-Bouchard, Sartrouville, Bessancourt, Taverny, Saint-Leu, Andely, Deuil, Asnières, Choisy et lieux circonvoisins.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Maison du Temple de Cernay


Domaine du  Temple à Rubelles
Localisation: Domaine du Temple à Rubelles


Fondée en 1269, la maison de Cernay sur la commune d'Ermont avait rang de chef-lieu dépendant directement du Grand Temple de Paris.
Cernay avait une maison à Rubelles sur la commune de Saint-Prix et tenait une autre maison à Sarcelles.

La maison de Montmorency rue de l'étang, donnée aux Templiers en 1260, dépendait de Clichy, tout comme celle de Gonesse, rue des Forges, donnée en 1234.

Frère Bernard « de Brocia, custos domus de Sarnay », reçu vers l'année 1297 au Temple de Maurepas (ou la Villedieu), par Jean de Tour, le trésorier de Paris, avait, en 1307, la garde de ce petit domaine du Temple.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les comminssions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Procès des Templiers, tome II, page 317
In nomine Domini amen. Anno ejusdem millesimo trecentesimo séptimo, indicione sexta, mense octobris, vicésima septima die ejusdem mensis, pontificatus sanctissimi patris domini dementis V divina providencia pappe quinti anno secundo, per presens publicum instrumentum pateat universis quod in religiosi et honesti viri fratris Guillelmi de Sancto Evurcio prioris conventus Predicatorum Parisius, commissarii, religiosi et honesti viri fratris Guillermi de Parisius inquisitoris heretice pravitatis in regno Francie, auctoritate apostolica deputati, nostrum notariorum publicorum et infrascriptorum testium presencia, in domo Templi Parisiensis, personnaliter, constitutus frater Bernardus de Brocia custos domus de Sarnay, etatis quinquaginta annorum, ut dicebat, testis juratus de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, dixit per juramentum suum quod receptus fuit ih domo de Malo Repastu, per fratrem Johannem de Turno thesaurarium tunc Parisiensem, decern anni sunt elapsi vel circa, dixit eciam per juramentum suum quod, post multas promissiones de statutis et secretis ordinis observandis, et mantello sibi ad collum posito, ille qui recepit eum precepit sibi quod oscularetur eum in umbilico, quod fecit, et postea in ore; quo facto, ostendit sibi quamdam crucem in qua erat ymago Jhesu Christi, et fecit eum abnegare Jhesum Christum et spuere semel super crucem.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.
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Cestayrols   (81)
Domaine du Temple à Cestayrols
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Gaillac - 81


Domaine du Temple à Cestayrols
Localisation: Domaine du Temple à Cestayrols


Les rentes de la Maison du Temple de Vaour, dans cette commune, se portaient, en 1632, à 17 setiers de blé, 2 setiers d'avoine, 1 émine de fèves et 3 gélines (les lods de 6 un), et, en 1792, à 16 s. 2 rases de blé, 2 s. d'avoine, 5 sous, 3 mesures de fèves et 4 gélines 1/2.

— Le livre des reconnaissances de 1497 mentionne des fiefs dans:
Castelnau-de-MontmiralDomaine du Temple à Castelnau-de-Montmiral
Domaine du Temple à Castelnau-de-Montmiral
, Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Castelnau-de-Montmiral - 81
BonnevilleDomaine du Temple à Bonneville
Domaine du Temple à Bonneville
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Vaour - 81,
ItzacDomaine du Temple à Itzac
Domaine du Temple à Itzac
, Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Vaour - 81
CordesDomaine du Temple à Cordes-sur-Ciel
Domaine du Temple à Cordes-sur-Ciel
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Cordes-sur-Ciel - 81 et
TonnacDomaine du Temple à Tonnac
Domaine du Temple à Tonnac
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Cordes-sur-Ciel - 81

Ces fiefs ne figurent pas sur l'état de 1632; sur celui de 1792 sont des rentes, dans Montmiral, pour 5 setiers de blé, et dans Itzac pour 2 setiers de blé et 3 setiers d'avoine; et il est expressément déclaré que l'ordre de Malte ne possédait rien dans Cordes, Tonnac et Bonneville.
Sources: Toutes ces informations proviennent des dossiers personnels de M. Petitimbert, propriétaires du Relais Templiers de Vaour et cartulaire du Temple de Vaour
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Chagnolet   (17)
Fief du Temple de Chagnolet
Département: Charente-Maritime, Arrondissement et Canton: La Rochelle-est - 17


Fief du Temple de Chagnolet
Localisation: Fief du Temple de Chagnolet


Ce fief templier paraît avoir pour origine un acte de novembre 1282 par lequel Lambert Le Charretier, de Chagnolet, et Pernelle sa femme, se sont donnés avec tous leurs biens, au Temple de La Rochelle.
Jean-Claude Bonnin - Les Templiers de La Rochelle. La commanderie, la chapelle, les fiefs, seigneureries et maisons templières. La Rochelle : J.-C. Bonnin. 2005
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Chalons-en-Champagne   (51)
Maison du Temple de Chalons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne)
Département: Marne, Arrondissement et Canton: Châlons-en-Champagne - 51


Maison du Temple de Châlons-en-Champagne
Localisation: Maison du Temple de Châlons-en-Champagne


Les Templiers avaient des droits dans la commune de Châlons-sur-Marne, cette charte prouve un droit accordè en avril 1134 par Geoffroi, évêque de Châlons-sur-Marne, concède à l'Ordre du Temple le droit de foulage des draps à Châlons-sur-Marne.

Nous avons dit que Pierre de Torbona avait été à Maucourt, en 1285; deux ans auparavant, en juin, on le trouve recevant à la Neuville-au-Temple, maison voisine de Châlons, sans doute parce que Pierre était Maître de la baillie du Temple de Châlons.

Procès des Templiers, tome II, pages 33
Videlicet quod ipse receptus fuerat, et frater Gerardus de la Chapa serviens Cathalanensis diocesis cum eo, per fratrem Petrum de Torbona militem quondam, preceptorem tunc ballivie Cathalanensis, circa instans festum Nativitatis beati Johannis Baptiste erunt XXVIII anni vel circa, in capella domus Templi de Novavilla prope Cathalanum, presentibus fratribus Andrea presbitero dicte domus, Hugone Sicardi, Vicencio de Possessa, Jacobo Vienensi servientibus, deffunctis, et Raynaudo de Dompierre, qui affugit in capcione eorum, in hunc modum...

Procès des Templiers, tome II, pages 34
Item, dixit quod viderat per eumdem modum, ut sibi videtur, recipi quoad licita, sed primo dixerat in generale fratrem quemdam militem Lotoringum, cujus nomen vel cognomen ignorat, in quadam camera domus Templi de Moncourt Cathalanensis diocesis, per dictum fratrem Petrum de Torbona, sunt XXVI anni vel circa, presentibus dicto fratre Raynaudo et ipso teste.

Le nom de son successeur à la baillie, nous est donné par un chevalier du Temple, qui n'avait guère plus de vingt-cinq ans, lorsqu'il comparut devant les enquêteurs du procès. Reçu à l'âge de treize ans environ (1295, à Noël), par frère « Bellus de Ly », chevalier, précepteur de cette baillie de Châlons, il prétendit que ce chevalier lui aurait parlé, entre autres choses, des rapports charnels que les Templiers pouvaient avoir entre eux; ce qui, soit dit en passant, est bien invraisemblable, quand on songe que le précepteur de Châlons s'adressait à un enfant.

Procès des Templiers, tome II, page 352
Item frater Ansellus de Rocheria miles, Cathalanensis diocesis, etatis XXV annorum vel circa, constitutus, juratus et requisitus eodem modo, dixit per juramentum suum quod in instanti Nativitate Domini erunt XII anni, quod fuit receptus per fratrem Bellum de Ly militem, preceptorem ballivie Cathalanensis, presentibus fratre Hymberto de Cremi et fratre Hugone Cochet milite, qui fuit receptus cum eo, et aliis de quorum nominibus non recolit.

Le dernier précepteur de la baillie fut frère Humbert de Saint-Georges, « Humbertus de Sancto-Jorre » « de Sancto Jorio, miles preceptor ballive Cathelanensis », chevalier du Temple, originaire du diocèse de Vienne, et qui aurait assisté, en qualité de précepteur, à un chapitre général tenu, en 1295, à Paris par le Grand-Maître Humbert avait alors trente-cinq ans.

Procès des Templiers, tome I, page 377
Eisdem die et loco, post examinacionem dicti fratris P. de Boscherres, fuerunt adducti ad presenciam eorumdem dominorum commissariorum, pro testibus in isto negocio, fratres Guido Delphini miles Claramontensis, Addam de Valamanut olim preceptor de Hancuria, Humbertus de sancto Jorre preceptor ballive Garch., Gerardus de Causo miles Ruthenensis, preceptor ballive du Bastre, Petrus de Boneli miles Noviomensis, Hugo de Gamone miles Ruthenensis diocesium, Radulphus de Enesi quondam receptor Campanie, et preceptor balliarum de Latigniaco Sicco et de Somorens, et antequam jurarent, fuerunt protestati coram dictis dominis commissariis quod per ea que deponerent coram eis, vel dicerent, seu facerent, nullo modo intendebant recedere a confessionibus factis per eos coram ordinariis suis, sed in ipsis confessionibus perseverare intendebant, et si contingeret eos per simplicitatem vel aliter aliquid per eos dici vel fieri contra dictas confessiones, quod pro nullo haberetur, et ex nunc revocabant. Qua quidem protestacione premissa, juraverunt tactis sacrosanctis Evangeliis per eosdem dicere totam, plenam et meram veritatem in negocio isto de quo inquiretur, secundum formam juramenti aliorum testium superius registratam vulgarizatam eisdem.

Procès des Templiers, tome I, page 406
Eisdem die et loco, fuit adductus ad presenciam eorumdem dominorum commissariorum frater Humbertus de sancto Jorio miles, preceptor baillive Cathelanensis, testis suprajuratus, ut deponeret dictum suum, etatis circiter L annorum; non deferens mantellum ordinis, quia dimissit ipsum in concilio Senonensi cum pluribus aliis, et postea fecit sibi radi barbam, et fuit inquisitum cum eo per dominum episcopum Parisiensem et absolutus et reconciliatus ab eo.

Procès des Templiers, tome I, page 628
inter quos erant fratres Hugo de Penrando, Gaucherus de Liencourt, Guaufredus le Berroyer preceptor tunc Normannie, Humbertus de sancto Jorio preceptor Cathalanensis, testis supra examinatus, et Hugo de Cabilone preceptor de Spalhi, qui affugit quando alii capti fuerunt, milites; Radulphus de Gisi receptor Campanie, Johannes de Turno thesaurarius Templi Parisius, Guillelmus de Arbleyo elemosinarius domini Regis, testes supra examinati, servientes.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Précepteurs de la baillie de Châlons
Vers 1283-1285, frère Pierre « de Torbona », chevalier;
Avant 1295, frère « Bellus de Ly », chevalier;
Vers 1295-1307, frère Humbert, ou Imbert de Saint-Georges, chevalier.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.
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Chalons-sur-Saone   (71)
Maison du Temple de Châlons-sur-Saône
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement et Cantons: Chalon-sur-Saône — 71


Maison du Temple de Châlons-sur-Saône
Maison du Temple de Châlons-sur-Saône


Le siège de cet établissement fondé par les Templiers, et dont les Hospitaliers héritèrent plus tard, occupait une large place à part, hors de l'enceinte primitive de la ville, sur laquelle place furent élevées d'assez fortes constructions, enfermées dans un enclos bordé par la rivière, et dont il ne reste d'autre témoin qu'une chapelle relevée, en 1407, sur les ruines de l'ancienne, par les soins d'un des commandeurs, Hugues d'Arcy.

La rue où est situé ce petit monument, devenu propriété particulière, ainsi que le port voisin sur la Saône, ont longtemps porté le nom historique du Temple, qu'on n'eût pas dû laisser perdre.

Cette chapelle avait servi de sépulture aux Templiers et ensuite aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem; elle renfermait plusieurs pierres tombales curieuses, que la Société d'histoire et d'archéologie de Châlons-sur-Saône a obtenues du propriétaire et qu'elle conservera avec soin.

Nous n'en citerons qu'une seule, qui, par sa singularité, pourra peut-être intéresser. Elle ne reposait pas, comme les autres, sur le sol, mais elle était appliquée à la muraille, à 1m. 60 de hauteur. Quand on l'enleva, on vit qu'elle cachait une boîte qui tomba en poussière et qui contenait les ossements d'une jambe et d'un pied avec quelques monnaies frustes. Cette pierre portait l'inscription instructive que voici textuellement:


L'AN DE GRACE MVº ET X LE XXIV DE IANVIER FVT ICY MIS LE PIED DROIT ET PARTIE DE LA IAMBE DE R. HELYE DV BOYS GRAND PRIEVR DE CHAMPAGNE ET COMMANDEVR DE CHALON, LAQVELLE LVY FVST CVOUPEE POVR INCONVENIENT DE MALADIE ET MOVRVT LE PENVLTIEME IOVR DE IVILLET EN SVIVANT 1510. PRIEZ DIEV POVR LVY.


Il est probable que ce ne fut pas la vanité de ce digne grand-prieur qui détermina l'érection de ce petit monument, mais plutôt, sans doute, un sentiment de respect et de regret du commandeur du Perron qui lui succéda à Châlons-sur-Saône.

Il est bien constaté que les Templiers étaient venus se poser a Châlons-sur-Saône comme sur les autres points de la Bourgogne dès le XIIe siècle, car de bonne heure ils étaient en discussion avec Jean, comte de Châlons-sur-Saône, qui leur disputait la propriété d'une grande pièce de pré nommée « le Breuil », entre « Saint-Jean-de-Maizel et Saint-Cosme », qui leur avait été donnée, en 1150, par le duc Eudes II. Mais l'évêque Durand parvint à rétablir le bon accord par un traité du mois d'octobre 1234, au moyen duquel les droits des Templiers sur ce pré du Breuil, comme ceux dont ils étaient en possession en vertu de titres anciens sur le village de « Sevrey » et sur leur « fief de Buxy », localités où ils avaient des maisons du Temple, leur furent confirmés par ce comte de Châlons-sur-Saône, qui, repentant et voulant les dédommager du trouble qu'il leur avait causé, leur concéda à perpétuité et par pure aumône l'usage de prendre du bois dans toutes les forêts de son comté, et le droit de pâturage sur ses terres, y ajoutant le procédé honorable de demander à être affilié à la milice du Temple « cum isdem fratrern ad petitionem meam in confraternitatem me recepissent. »

En 1225, il leur fut fait donation par Didier de Châlons-sur-Saône, du consentement de Guilleinette, sa femme, d'un « abergement » et de bâtiments proche les murailles de la ville pour adjoindre à leur maison.

Plus tard, en 1251, le duc Hugues IV, voulant avoir part aux mérites et récompenses des frères de la milice du Temple de Châlons-sur-Saône, leur allouait une rente de 50 livres « digenoises » à prendre sur le produit des foires chaudes. Mais la perception de cette rente sur les foires ayant amené des difficultés, le bon duc Philippe la convertit, en 1429, en une allocation annuelle de 33 livres et un demi-gros vieil sur les produits de ses levées dans le Châlonnais, ce à quoi René Pot, commandeur du Temple de Châlons-sur-Saône, donna son consentement.

En 1307, on trouve encore la mention de cette maison du Temple dans l'instruction du procès, par un certain frère nommé Constant, de Bissey, qui avait été admis dans l'ordre en se soumettant à de curieuses conditions que nous ne traduirons pas pour cause:
« Frater Constantius, de Biciaco la Coste, venditor vinorum domus Templi de Pruvini, dixit quod fuit receptus in domo Templi Cabilonensis per fratrem Odonem de Castronovo, preceptorem BALLIVIE Cabilonensis presentibus fratribus Guillelmo, DISPENSATORE, et Stephano de Buris, BERGERIO dicte domus... »
« Item dixit per juramentum suum quod recipiens fecit se osculari ab eo in ore et in umbilico, et precepit sibi quod oscularetur eum in parte posteriori in fine spine dorsi, sed ipse noluit facere. »
César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.

Châlons-sur-Saône — Cartulaire du Temple
Petrus de Sancto Romano. 1238. Châlons-sur-Saône. « Preceptor domorum mil. Templi in Francia. »
Sources: E-G. Léonard, Introduction au Cartulaire Manuscrit du Temple (1150-1317) constitué par le Marquis d'Albon.

Châlons-sur-Saône sous les Hospitaliers de Saint-Jean
Enfin l'exemption des droits de péage dont les frères hospitaliers, qui avaient alors succédé aux Templiers, jouissaient depuis longtemps ainsi que leurs serviteurs, donna lieu, en 1371, à un jugement par lequel Jean de Fusey, demeurant au pont de Grone, dut faire réparation publique à frère Laurent de Bretenay, commandeur de Châlons-sur-Saône, le genou en terre, en lui présentant une branche de fenouil, pour avoir osé saisir les mitaines d'un de ses valets qui s'était refusé a payer le passage au pont de Grosne, MM. les Hospitaliers étaient aussi fort rigides à faire maintenir les privilèges de leur enclos du Temple.

Deux jugements vont nous en fournir la preuve. L'un, de 1455, Jean de Vienne étant alors commandeur, fit condamner George, bâtard de Namur, et consorts, à faire dire une messe et à offrir une livre de cire, pour s'être permis de frapper de coups de poing, dans la maison du Temple, deux de ses hommes de Givry, nommés Philibert Perret et Guichard Factet.

L'autre est une sentence rendue, en 1522, en la justice de la commanderie, le roi François 1er étant pour lors à Châlons-sur-Saône, contre Jean de Brigny, capitaine de la ville, qui, au mépris des franchises des Hospitaliers, s'était permis d'entrer dans l'enclos du Temple pour y poser des gardes, et d'enlever par violence les clefs des portes allant en Saône que détenait l'agent de la commanderie, ce qui le fit condamner à 8 livres d'amende et à faire réparation au commandeur.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.

Eglise du Temple de Châlons-sur-Saône
L'église du Temple était jadis isolée au milieu des bâtiments de la commanderie qui s'étendait de la rue de Lyon actuelle à la Saône. Transformée en fabrique de liqueurs, elle est enserrée par des maisons, de sorte qu'on ne voit que sa façade, dans la rue qui porte le nom de rue du Temple, et son chevet au fond d'une cour donnant sur le quai Gambetta.

Son plan est un rectangle dont les dimensions extérieures sont approximativement 23 mètres 50 sur 9 mètres. La construction était contrebutée par treize contreforts, deux à la façade, deux au chevet, cinq sur la face nord et quatre seulement à la face sud, le premier contrefort de cette dernière étant remplacé par une tourelle carrée.

La façade a été très modifiée: le premier contrefort de la face nord a disparu et la maison voisine vient s'appuyer sur le contrefort de gauche de la façade.
La porte, de style classique, date sans doute de 1769, année où le commandeur de Dyo-Montperroux fit exécuter d'importantes réparations; son fronton arrondi, aux armoiries martelées, coupe le ressaut à larmier signalé plus haut.

Au-dessus sont percées une ouverture carrée et, plus haut, une fenêtre en plein cintre, qui paraissent très restaurées. Le pignon est peu aigu (90º); à droite un mur le relie à la tourelle qui remplace le premier contrefort de la face méridionale.

La partie inférieure de cette tourelle est à l'alignement de la façade, mais la partie supérieure, à la hauteur du glacis du contrefort de droite, s'avance en encorbellement supporté par des modillons qui ont l'apparence — mais l'apparence seulement — de mâchicoulis.

Sur les deux autres faces de la tourelle, le surplomb est d'ailleurs beaucoup moins prononcé qu'en façade.

Des meurtrières éclairent l'escalier à vis que renferme la tourelle. Pignon, mur de raccord et tourelle sont couronnés par la corniche à modillons concaves, dite corniche bourguignonne; le modillon de l'angle nord-ouest est remplacé par une tête humaine grimaçante.

La façade ayant été remaniée, quelques détails rappellent un état antérieur qu'on ne peut reconstituer: dans l'angle formé par la face interne du contrefort de droite et le mur, au-dessus du ressaut est logé un pan de maçonnerie en surplomb qui correspond à une ouverture murée de l'escalier de la tourelle. A la même hauteur, sur la face interne du contrefort de gauche, est fixé un corbeau en quart de cercle.

Signalons encore qu'à la base de la tourelle a été scellée la pierre tombale du commandeur Calais de la Barre, mort le 22 août 1559, qui a été retrouvée en décembre 1919, au cours de travaux exécutés dans l'église.
Le chevet plat est éclairé d'un triplet dont la fenêtre centrale est légèrement plus large (0 mètre 80) que les fenêtres latérales (0 mètre 70). Le pied des fenêtres repose sur le ressaut à larmier, mais ce dernier est plus bas d' environ un mètre que sur les faces latérales.

Au-dessus du triplet est percée une petite fenêtre en plein cintre, légèrement désaxée à gauche, grossièrement agrandie par l'arrachage de quelques pierres. Le contrefort de droite du chevet a disparu, englobé dans une bâtisse moderne.
Tout l'édifice est construit en petit appareil très régulier, l'encadrement des fenêtres, les angles de la tourelle, la face antérieure des contreforts étant en échantillon plus grand.

L'intérieur du Temple a été complètement transformé. Le sol a été abaissé et deux planchers établis, de sorte que la nef forme aujourd'hui trois étages, dont deux sont plafonnés et le troisième voûté. La voûte est une voûte d'arêtes établie en 1769.

Elle se compose seulement de trois travées, les deux dernières travées de l'église étant couvertes par un seul élément de voûte. Les retombées des voûtes pénètrent dans les murs qui sont aujourd'hui absolument rectilignes, sans trace de colonnettes ni de culots.

On ignore donc comment était supportée la voûte primitive, mentionnée dans les visites du XVIIe siècle. La seule partie intéressante de l'intérieur est constituée par les escaliers à vis. Comme dans tous les escaliers de tourelle, il y en a, en effet, deux: le premier large, d'un mètre, occupe la tourelle de l'angle sud-ouest jusqu'à la hauteur de la voûte de l'église et débouche dans le grenier, sous une voûte d'ogives très simple: les ogives ont une section carrée et la clef, très petite, est ornée d'un feuillage à faible relief; cette voûte est environ à mi-hauteur de la partie en encorbellement de la tourelle.

Au-dessus d'elle se trouve une petite pièce (3 mètres 25 sur 2 mètres), où l'on monte par le second escalier à vis, large de 0 mètre 60, qui commence là où aboutit le premier. Cette pièce est voûtée de la même façon que la cage d'escalier inférieure. Elle a été transformée en colombier à une époque ancienne, une des trois meurtrières qui l'éclairaient, celle du sud, a été élargie à sa base et des pots ont été disposés contre le mur.

La tourelle est couverte aujourd'hui de tuiles creuses; elle l'était déjà au temps de Jules Chevrier, mais ce n'est sans doute pas l'état primitif. Le second escalier permet, en effet, de parvenir au-dessus de la deuxième voûte et les visites des XVIIe et XVIIIe siècles mentionnent un clocher: au devant de la porte et sur le pignon du coté de la cour est un clocher de bois couvert de tuile comme tout le reste du corps de ladite chapelle, dans lequel sont deux cloches presque de mesure grosseur et d'environ chacune de vingt pouces de diamètre.

Nous ne possédons aucun renseignement sur la date de cette église dont on ne connaît même pas le vocable avec certitude: elle est appelée le plus souvent Saint-Barthélemy, mais aussi parfois Saint-Jean-Baptiste.

Cet édifice présente en réalité, tous les caractères du XIIIe siècle, notamment dans ses fenêtres, dans sa corniche analogue à celle du choeur de Saint-Vincent construit vers 1230.

Les ogives des deux voûtes de la tourelle sont assez archaïques, mais c'est là un caractère qu'on retrouve dans toutes les petites églises du XIIIe siècle de la région comme l'a montré encore tout récemment une élève de l'Ecole des Chartes, Mlle Fernillot, dans sa thèse consacrée aux Eglises gothiques dans l'ancien diocèse de Châlons-sur-Saône.

Les éléments qui permettraient une datation rigoureuse: chapiteaux, base de colonnes, faisant entièrement défaut, il faut se contenter de placer vers le milieu du XIIIe siècle, sans préciser davantage, la construction de cet édifice qui est un bon exemple à la fois du style gothique bourguignon et de l'architecture des templiers.
Sources Texte de l'OSJ: Ordre de Saint Jean

Baillie templière de Chalon-sur-Saône
Inventaire de 1698:
— Temple de Chalon, maison, chapelle, moulin sur bateau;

Bois-Verdenay
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Saint-Martin-en-Bresse, Commune: Allériot — 71


Domaine du  Temple à Verdenay
Localisation: Domaine du Temple à Verdenay


— Le Temple de Le Bois-Verdenay.
Bois-Verdenet, hameau, commune d'Allériot.
— Subtus Boscum Verdeneys, 1257 (Cart. Saint-Vincent de Chalon, 749).
— Bos Vertenay, 1284 (Saint-Marcel, H 255).
— Bois Verdenois, 1313 (Niepce, page 213).
— Boscus Verdonay, 1395 (Bellecroix, H).
— Bois Verdenoy, 1415 (Chap. cath. Saint-Vincent de Chalon, G 155).
— Bois Verdenay, 1694 (Bellecroix, H).
— Verdenet, 1759 (Archives de la Côte-d'Or, C 7113).
— Verdener, 1763 (Etats-Cassini).
— Bois-Verdenet, 1844 (Etat-major).
En 1789, membre de la commanderie de Chalon-sur-Saône de l'ordre de Malte, avec chapelle (Carte des Etats).

Loisy
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Louhans, Canton: Cuisery — 71


Domaine du  Temple à Loisy
Localisation: Domaine du Temple à Loisy


— Le Temple de Loisy, maison et terres.

Lessart
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Chagny, Commune: Demigny — 71
— Le Temple de Lessart


Domaine du  Temple à Lessart
Localisation: Domaine du Temple à Lessart



Chauley
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Saint-Martin-en-Bresse, Commune: Saint-Martin-en-Bresse — 71


Domaine du  Temple à Chauley
Localisation: Domaine du Temple à Chauley


— Temple de Chauley, avec maison grange terres.

Le Temple de Sevrey
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement et Canton: Chalon-sur-Saône — 71


Maison du Temple de Sevrey
Localisation: Maison du Temple de Sevrey


— Temple de Sevrey, domaine avec maison et terres.
Le Temple, ferme, commune de Sevrey.
— En 1789, possession de la commanderie du Temple de Chalon-sur-Saône.
— Homines Templi de Siveri, 1234 (Perry, pr., page 63).
— Domo ordinis vocata a Sivre, 1307 (Lavirotte, page 266).
— La maison du Temple de Sevrey, 1360 (Archives de la Côte-d'Or, B 11551, f. 14).
— L'ostel du Temple de Sevrey ferme de foussez, 1470 (Archives de la Côte-d'Or, B 11553, f. 27).
— L'hostel du Temple de Sevrey, 1557 (Archives de la Côte-d'Or, C 5128, f. 26 v.).
— La grangerie du Temple, 1691 (Archives de la Côte-d'Or, C 6770).
— La ferme du Temple, 1757 (Archives de la Côte-d'Or, C 3530, page 281).
— Commanderie, 1783 (Etats-Cassini).
— La Commanderie du Temple, 1780 (Courtépée, III, page 410).
— Le Temple, 1783 (Nouv. état gén., f. 300 v.).

Temple de Buxy
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Buxy — 71


Maison du Temple de Buxy
Localisation: Maison du Temple de Buxy


— Temple de Buxy, avec chapelle, maison, seigneurie, moulin et terres.

Temple (Le), ferme, commune de Jully-lès-Buxy.
— En 1789, maison de la commanderie de Malte de Chalon-sur-Saône, avec chapelle (Archives de la Côte-d'Or, C 3530, page 167 ; Courtépée, III, page 382).
— Preceptor Templi Buxiarum, 1204 (Maiz., H 54).
— Moulin du Temple, 1573 (Temple de Chalon, H).
— Le Temple de Buxy, 1609 (Bellecroix, H).
— Maison du Temple, 1666 (Archives de la Côte-d'Or, C 2887, page 581).
— Ferme de la commanderie du Temple et moulin du Temple, 1757 (Archives de la Côte-d'Or, C 3530, page 167-168).
— Le Temple, 1760 (Etat alph., page 100).
— La Commanderie-du-Temple, 1783 (Nouv. état gén., f. 134 v.).
— Le Temple, 1844 (Etat-major).

Givry
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Givry — 71
— Temple de GivryDomaine du  Temple à Givry
Domaine du Temple à Givry
, avec des maisons et des vignes.
Il y avait aussi un moulin du Temple. (César Lavirotte, page 266)

Saint-Oyen
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Mâcon, Canton: Lugny, Commune: Montbellet — 71
— Le Temple de Saint-OyenDomaine du  Temple à Saint-Oyen
Domaine du Temple à Saint-Oyen
, maison, terres et dîmes.

Saint-Loup-de-Varennes
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement et Canton: Chalon-sur-Saône, Commune: Saint-Loup-de-Varennes — 71
— Domaines et dîmes à Saint-LoupDomaine du  Temple à Saint-Loup-de-Varennes
Domaine du Temple à Saint-Loup-de-Varennes


Saint-Maurice
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Saint-Martin-en-Bresse — 71
— Dîmes de Saint-MauriceDomaine du  Temple à Saint-Maurice
Domaine du Temple à Saint-Maurice
[en Rivière].

Lux
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Chalon-sur-Saône-Sud — 71
— Le pré de LuxDomaine du  Temple à Lux
Domaine du Temple à Lux
.

Lux-Sevrey, commune, canton de Chalon-sur-Saône-sud.
— In villa Sivrei, 1153 (Ferté, H 24).
— Grangia de Siviri, 1234/35 (Perry, pr., page 63).
— Sivere, 1255 (Saint-Vincent de Chalon).
— Sevrel, 1267 (Ferté, H 28).
— Sirve, 1307 (Lavirotte, page 266).
— Sevreyum, 1320 (Longnon, Pouillés, page 175).
— Sirvey, 1360 (Archives de la Côte-d'Or, B 11538, f. 8 v.).
— Cevrey, 1394 (Archives de la Côte-d'Or, B 11540, f. 30).
— Sevrey, 1408 (Archives de la Côte-d'Or, B 11541, f. 22).
— Severey, 1757 (Archives de la Côte-d'Or, C 3530, page 281).
En 1789, Sevrey dépendait des bailliage et recette de Chalon-sur-Saône.
Ancienne commanderie du Temple, réunie à la commanderie de Malte de Chalon-sur-Saône.
Pendant la période intermédiaire, Sevrey a fait partie du canton de Varennes-le-Grand.
La commune de Lux a été réunie à Sevrey de 1823 (ordonance du 26 novembre) à 1867 (arrêté préf. du 24 octobre).

Le hameau de Droux, en partie de Sevrey avant 1823, en 1867 été rattaché à la comune de Lux.
— Le pré de Chalon;
— Le droit de langue de boeuf;
— Les cens sur les maisons de Chalon et du faubourg;
— Les cens des terriers des villages de Saint-Maurice, Chevrey, Damerey, Prondevaux, Chatenay;
— Les bois en coupes réglées;
— Les dîmes des tupiniers de Sevrey.
Ne figurait pas dans cet inventaire pour la raison suivante: ces maisons templières ont été retirées de la langue d'Auvergne pour être intégrées à la langue de France.
— Le Temple de Montbellet, seigneurie, maison, chapelle, bâtiments agricoles, grange, terres dîmes, cens;
— Le Temple de Rougepont, maison, chapelle, bâtiments agricoles, grange, terres dîmes, cens;

Pour les biens ci-dessous, ils faisaient partie de la rive opposée de la Saône dite outre Saône:
Le Temple de Bois-Verdenet
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Saint-Martin-en-Bresse, Commune: Allériot — 71


Maison du Temple de Bois-Verdenet
Localisation: Maison du Temple de Bois-Verdenet


Bois-Verdenet, hameau, commune d'Allériot.
— Subtus Boscum Verdeneys, 1257 (Cart. Saint-Vincent de Chalon, 749).
— Bos Vertenay, 1284 (Saint-Marcel, H 255).
— Bois Verdenois, 1313 (Niepce, page 213).
— Boscus Verdonay, 1395 (Bellecroix, H).
— Bois Verdenoy, 1415 (Chap. cath. Saint-Vincent de Chalon, G 155).
— Bois Verdenay, 1694 (Bellecroix, H).
— Verdenet, 1759 (Archives de la Côte-d'Or, C 7113).
— Verdener, 1763 (Etats-Cassini).
— Bois-Verdenet, 1844 (Etat-major).
En 1789, membre de la commanderie de Chalon-sur-Saône de l'ordre de Malte, avec chapelle (Carte des Etats).

Le Temple de Sirvey il faut lire Sevrey (canton de Chalon Sud).
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement et Canton: Chalon-sur-Saône, Commune: Sevrey — 71


Maison du temple de Sevrey
Localisation: Maison du temple de Sevrey


Le Temple, ferme, commune de Sevrey.
— En 1789, possession de la commanderie du Temple de Chalon-sur-Saône.
— Homines Templi de Siveri, 1234 (Perry, pr., page 63).
— Domo ordinis vocata a Sivre, 1307 (Lavirotte, page 266).
— La maison du Temple de Sevrey, 1360 (Archives de la Côte-d'Or, B 11551, f. 14).
— L'ostel du Temple de Sevrey ferme de foussez, 1470 (Archives de la Côte-d'Or, B 11553, f. 27).
— L'hostel du Temple de Sevrey, 1557 (Archives de la Côte-d'Or, C 5128, f. 26 v.).
— La grangerie du Temple, 1691 (Archives de la Côte-d'Or, C 6770).
— La ferme du Temple, 1757 (Archives de la Côte-d'Or, C 3530, page 281).
— Commanderie, 1783 (Etats-Cassini).
— La Commanderie du Temple, 1780 (Courtépée, III, page 410).
— Le Temple, 1783 (Nouv. état gén., f. 300 v.).

Le Temple de Monteret il faut lire Montot.
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Buxy, Commune: Bissey-sous-Cruchaud — 71


Maison du temple de Montot
Localisation: Maison du temple de Montot


Montot, hameau, commune de Vaudebarrier.
— Montet, 1370 (Archives de la Côte-d'Or, B 955, f. 339 v.).
— Le Montot, 1625 (Lex, Fiefs, page 103).
— Montot, 1648 (Archives de la Côte-d'Or, C 6872) et 1951 (I.N.S.E.E., page 74, col. 1).
— Le Monto, alias Moutot, 1892 (Siraud, page 141, col. 1 et page 150, col. 2).
En 1789, en partie possession de la commanderie d'Epinassy (Archives de la Côte-d'Or, B 11558, f. 6).

Et puis, pour être complet, il faut ajouter à cette baillie de Chalon en 1333, suite à l'inventaire avant sessions des biens:
Le Temple de Dieulegard
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Mont-Saint-Vincent, Commune: Saint-Micaud — 71


Maison du Temple de Dieulegard
Localisation: Maison du Temple de Dieulegard


Chapelle (La), écart, commune de Saint-Micaud.
— Bartholomeus de Genestoy, 1184 (Ferté, H 25).
— Genestei, 1206 (Ferté, H 26).
— La chappelle de Genestoy, 1435 (Archives de la Côte-d'Or, B 964, f. 466).
— Genetoy, 1452/53 (Archives de la Côte-d'Or, B 963).
— Genestoy de Saint Micault, 1476 (Archives de la Côte-d'Or, B 11510, f. 106).
— La Chapelle Genetoye, 1757 (Archives de la Côte-d'Or, C 3531, page 688).
— La Chapelle, 1784 (Archives de la Côte-d'Or, C 6855).
En 1789, du bailliage de Montcenis (B 11510, f. 110).
Chapelle (déjà ruinée en 1666) dépendant de la commanderie du Temple de Chalon-sur-Saône (Archives de la Côte-d'Or, C 2884, page 919).

La Chapelle du Temple de Rully
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Chagny — 71


La Chapelle du Temple de Rully
Localisation: La Chapelle du Temple de Rully


Demigny, commune, canton de Chagny.
— Capella in comitatu Cabillonensi supra fluvium Duinamæ in honore Sancti-Martialis, 877 (Charte pour Saint-Andoche d'Autun, Bibl. Ecole des Chartes, I, page 208 ; Chaume, II, page 1000).
— Villa de Dumigniaco, 1190 (Maiz., H 54).
— Parrochia de Dumenne, 1204 (Maiz., H 54).
— Capella de Demigney, 1212 (Maiz., H 55).
— Villa de Demineyo, 1223 (Pérard).
— Territoriumæ de Deminie, 1294 (Maiz., H 55).
— Villa de Duminiaco, 1225 (Maiz., H 55).
— Parrochia de Demigneio, 1225 (Lavirotte, page 262).
— Parrochia de Dumigni, 1225 (Saint-Andoche, H 930, vidimus 1307).
— Villa de Demigneyo, 1241 (Perry, pr., page 66).
— Dimigniacus, 1252 (Saint-Marcel, H 255).
— Archipresbiter Dimigneii, 1253 (Maiz., H 56).
— Daminhie, 1310 (Lavirotte, page 262).
— Migny, 1313 (Niepce, page 241).
— Demigneyum, archipresbiteratus de Diminieyo, 1320 (Longnon ; Pouillés, page 175 et 176).
— Decima de Demigner, 1323 (Maiz., H 57).
— Demigne, 1334 (Maiz., H 58).
— Demigney, 1360 (Archives de la Côte-d'Or, B 11538, f. 36).
— Villa de Digmeygneyo, 1380 (Maiz., H 59).
— Villa de Dimigneyo, alias Dumigneyo, 1436 (Saint-Andoche, H 930).
— Villa de Demigniaco, 1500 (Bellecroix, H).
— Demigny, 1503 (Archives de la Côte-d'Or, B 11730, f. 352).
En 1789, Demigny dépendait des bailliage et recette de Chalon-sur-Saône.
Ancienne maison du Temple à La Chapelle, possession de la commanderie de Bellecroix.

Le Temple de Launay
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Charolles, Canton: Semur-en-Brionnais, Commune: Sainte-Foy — 71;


Maison du temple de Launay
Localisation: Maison du temple de Launay


Launay, hameau et château, commune de Sainte-Foy.
— Lannoy, 1381 (Archives de la Côte-d'Or, C 6281, f. 5 v.).
— Launois, 1381 (Archives de la Côte-d'Or, B 10529).
— Lanois, 1382 (Archives de la Côte-d'Or, B 10529).
— Lanoys, 1382/83 (Archives de la Côte-d'Or, B 10530).
— Launoy, 1476 (Archives de la Côte-d'Or, B 11510, f. 115 v.).
— Launoys, 1483 (Archives de la Côte-d'Or, B 978 bis, f. 20).
— Lanoix, 1487 (Archives de la Côte-d'Or, B 10583).
— Lannoix, 1533/34 (Archives de la Côte-d'Or, B 978ter, f. 72).
— Lannoys, 1551 (Archives de la Côte-d'Or, B 978ter, f. 302 v.).
— Launay, 1663 (Archives de la Côte-d'Or, C 7426).
— Laulnay, 1666 (Archives de la Côte-d'Or, C 2889, page 241).
— Château-de-Launay ; Lannoy, alias Launay, 1892 (Siraud, page 82, col. 2, page 126, col. 2 et page 127, col. 1).
En 1789, paroisse de Briant, du bailliage de Semur-en-Brionnais.
Château avec chapelle Saint-Jean-Baptiste, à la commanderie de Mâcon de l'ordre du Temple puis de Malte (Courtépée, III, page 96).
Avant 1863, commune de Briant.

— Le Temple de Bellecroix (à ne pas confondre avec la commanderie hospitalière de Bellecroix);

Pour ce que nous avons trouvé sur le précepteur du Temple:
Jean de Troyes (Johannes de Trecis), d'une famille originaire de la Champagne, il était précepteur de la baillie de Chalon et de Rougepont (domus de Rubeo-Ponte).

Il est à remarquer, que les deux Ordres ont cohabités en bonne ammonie jusqu'à la disparition des Templiers et que la baillie templière de Chalon-sur-Saône ne fut pas démantelée, ni intégrée à des biens Hospitaliers très peux nombreux dans la proximité des biens Templiers.

En effet, l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem à Chalon était rattaché à la commanderie et baillie de Bellecroix autour desquelles étaient groupées toutes les anciennes possessions le l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne méridionale, alors que toutes les anciennes préceptorie du Temple étaient réunie autour de la préceptorie et baillie de Chalon-sur-Saône.

Il n'y a pas eut dans les premiers temps réunion des biens des deux ordres, il y eut fusion que plusieurs dizaines d'années après la chute de l'Ordre du Temple.

Une enquête fut faite par Jean de Paroy, juge d'appel de Lyon pour le roi de France sur la valeur des revenus des possessions des Hospitaliers et tout particulièrement des possessions issues des biens de l'Ordre du Temple;

On peut par cette enquête se rendre compte de l'importance du seul Temple de Montbellet dit Sainte-Catherine à l'époque des Templiers, il est improbable que ces biens Templiers aient changé entre 1313 et 1333.

Voici l'extrait de cette enquête concernant Montbellet. C'est la prins de la Maison de Mont-Bellot qui fut jadis du Temple:
— Premièrement en rentes de deniers déhues en divers lieux par menues parties: 6 livres.
— Item 4 bichez de froment de rente, 4 bichez de seigle et 6 bichets d'avoine qui sont estimez, l'un parmi l'autre, à la somme de 100 sols tournois.
— Item 20 gélines, 6 deniers la géline, valant 10 sols.
— Item 12 livres de cire, qui sont converties pour l'usage de la chapelle.
— Item 60 ouvrées de vigne, l'ouvrée 5 sols, valant 5 livres.
— Item 40 soitures de prés, la soiture estimée à 5 sols, valent 10 livres.
— Item environ 70 journaux de terres gaynable, le journal 2 sols, 6 deniers, valent 8 livres, 15 sols.
— Item pour un moulin qui est estimez 6 bichez de blé mouture, le bichet où pris de 6 sols, valent 36 sols.
— Item la dîme déhu en certain lieu à Saint-Ouein, qui vaut environ 5 bichez de blé commun, le bichet estimé à 6 sols, valent 30 sols.
— Item en ladite maison à environ cent journaux de menus bois qui se gastent en l'usage de la maison.
Sources pour Montbellet, Rougepont et la baillie de Chalon-sur-Saône, G. Jeanton
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Chalou-Moulineux   (91)
Maison du Temple de Chalou-la-Reine - Chalou-Moulineux
Département: Essonne, Arrondissement: Etampes, Canton: Méréville, Commune: Chalou-Moulineux - 91


Chalou-la-Reine à Chalou-Moulineux
Localisation: Chalou-la-Reine à Chalou-Moulineux


Après la mort de Louis, la reconnaissance et une fidèle affection ramenèrent bien souvent à Dourdan la reine Alix. Une colline située tout près de la ville, où elle aimait, dit-on, à se promener, a retenu jusqu'à ce jour le nom de Butte à la Reine.
Les bons religieux ses voisins ne furent pas oubliés par elle. Elle acheta la seigneurie de Chalou, nommée depuis Chalou-la-Reine, et la donna aux chevaliers du Temple, à la charge expresse de compter chaque année aux frères de Louye près Dourdan vingt muids de froment à prendre dans la grange de Chalou, à la mesure de l'endroit, le jour de la Saint-Rémi, et dix livres parisis à toucher au Temple à Paris, le lendemain de la Circoncision.
Le grand maître du Temple, en présence de beaucoup de ses chevaliers, passa à l'heure même une reconnaissance de cette riche dotation par acte capitulaire daté de 1183.
Sources: Joseph Guyot - Chronique d'une ancienne ville royale Dourdan : capitale du Hurepoix, page 20. Paris M.D.CCC.LXIX - Bnf

Chalou-la-Reine
Cette Maison a porté différents noms. Sous les Templiers, auxquels elle a d'abord appartenu, on l'appelait Maison du Temple de Chalou-Saint-Aignan, mais plus souvent Commanderie de Chalou-la-Reine. Après être devenue la propriété des Hospitaliers, on la nomma Commanderie de l'Estampois ou du pays d'Etampes, et aussi Commanderie d'Etampes, bien que la maison d'Etampes n'ait jamais été qu'un membre de la commanderie, et que Chalou en fut resté toujours le chef-lieu.

On n'aurait jamais du cesser de l'appeler Commanderie de Chalou-la-Reine, à cause des souvenirs historiques que ce nom faisait revivre; car on saura qu'au XIIe siècle, Chalou était un domaine royal qui appartenait à la reine Alix, mère de Philippe-Auguste. C'est ce qui le fit surnommer Chalou-La-Reine. Alix, après l'avoir donné aux Templiers, sollicita auprès du Roi, son fils, la confirmation de cette donation; et celui-ci, par ses lettres de l'année 1185, ratifia l'abandon fait aux Templiers, de la terre de Chalou-Saint-Aignan, « Chalo Saint Aniani », mais à la condition que ceux-ci ne recevraient à Chalou aucun des hotes ou bourgeois du Roi.


Chapelle de Chalou-Moulineux - image Jack Bocar
Chapelle de Chalou-Moulineux


Le pape Clément III, par une bulle datée de la même année, consentit à ce que les frères du Temple possédassent librement la ville de Chalou, « villam de Chalo », que son cher fils en Dieu, Philippe roi de France, et sa pieuse mère, leur avaient concédée.

Les Templiers et après eux, les Hospitaliers, étaient seigneurs et hauts justiciers de Chalou et de Moulineux. On lit dans le rapport de la visite prieurale de 1195:
« A Chalo la Royne et Molineux, l'Hospital a toute justice, ausquels y a environ LXXXX OU C feuz, et peult valloir par communes années L livres, et le domaine, dismes et cbampars valent XXII muids froment, et XIIII muids avoine. »
« Le molin à bief de molinage est baillié à ferme à XXXV livres, et ung petit moling à draps, baillié à V livres. »
« Audit villaige, a deux petitz estangs qui sont de peu de valloir. »
« La prévosté de Chalo par communes années, vault M livres. »

La maison du Temple avec la ferme qui en dépendait, se trouvait sur le versant de la côte, touchant à l'église. Elle tenait par en haut à la grande-rue, et par en bas à deux étangs, dont l'un était appelé le Petit-Etang, et l'autre, couvrant 44 arpents de terre, se nommait le Grand-Etang de Moulineux. Ces étangs étaient alimentés par la fontaine de Sainte-Appoline, dont les eaux faisaient tourner les moulins de la commanderie. Sur la chaussée du Grand-Etang on voyait un pavillon, appelé le Château-Gaillard, qui servait de rendez-vous de chasse et de pêche au commandeur.

Au XVIe siècle, il y avait à Chalou, dans le village, une chapelle dédiée à sainte Apolline, appartenant à la commanderie. Comme elle tombait en ruines vers le milieu du XVIIe siècle, on la supprima, et on en bâtit une autre plus rapprochée de la demeure du commandeur, et qu'on dédia à la Sainte Vierge. Cette chapelle était comme la précédente, à la collation de l'Hôpital, et bien que la cure de Chalou fût à la présentation du Chapitre de l'église d'Orléans, le Commandeur était tenu aux réparations des églises de Chalou et de Moulineux, parce qu'il percevait les dîmes de ces deux paroisses.

La commanderie avait à Chalou un droit de marché et de foire. Dans l'intérêt des habitants, et naturellement pour le bénéfice que l'Hôpital aurait pu en retirer, le commandeur Edme de Saint-Martin avait, en 1543, sollicité du Roi la création à Chalou d'un marché par semaine, et de deux foires par an. François Ier, faisant droit à sa requête, avait, par ses lettres patentes du mois de janvier 1544, fixé le marché au mercredi de chaque semaine, et les deux foires, l'une au mois de juin, le jour de Saint-Aignan, patron du village, et la seconde le 21 novembre, jour de la purification de Notre-Dame.

Le domaine de Chalou comprenait 250 arpents de terre.
La commanderie jouissait d'un droit de cens et de champart, qui s'étendait à tout le territoire de Chalou et sur plusieurs héritages à Saint-Marc et lieux environnants. Elle avait encore quelques dîmes à Oytreville (sur la route entre Intreville à Angerville), paroisse d'Angerville, et à Chenon-en-Gâtinais.

Le revenu de la maison de Chalou était, en 1493, de 93 livres, 23 muids de froment et 11 muids d'avoine. Il s'élevait, en 1788, à 4,235 livres et 125 sacs de blé.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Chalou-Moulineux dans les actes du Procès
Les Templiers de Chalou-la-reine paraissent avoir eu parfois des prétentions peu justifiées, si l'on en juge par deux arrêts, le premier de 1257 qui proclame que les habitants de Chalou n'étaient pas tenus de cuire et de moudre aux fours et aux moulins du Temple, le second de l'an 1300, rendu en faveur des habitants de Chalou et de Moulineux contre les Templiers, et qui reconnaissait aux dits habitants le droit de se servir de la coutume de Lorris et de profiter de la réduction des amendes accordées par cette coutume « « E. Boutaric, Actes du Parlement de Paris, nº 62 et nº 3014. »

Précepteur de Chalou-la-reine
1307, frère Jean.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Olim 62
Arrêt statuant que les habitants de Chalou (Chalou) ne sont pas tenus de cuire et de moudre aux fours et aux moulins des Templiers.
Olim tome I folio 1 rº
L'an 1256. Saint-Louis.

Olim 742
Arrêt déclarant que les Templiers de Chalo (Chalou) n'ont à Etampes d'autre justice que celle des foires qui leur ont été accordées et qui durent huit jours chaque année.

Les Templiers prétendaient avoir le droit de justice dans toute la châtellenie pendant la durée de ces foires; ils invoquèrent leur possession et une charte royale. La charte les fit condamner, et la Cour déclara que la possession ne valait pas contre ce titre. Cet arrêt fut rendu au sujet de l'arrestation hors d'Etampes par les Templiers d'un homme qu'une femme accusait de l'avoir violée.
Olim, tome I, fol. 104 vº.
L'an 1200, Saint-Louis.
Sources: Les Olim ou registres des arrêts rendus par la cour du roi sous les règnes de Saint-Louis, Philippe le Hardi, Philippe Le Bel, Louis le Hutin, et Philippe le Long, Volume 1, années 1254 à 1273. Par Arthur Auguste Beugnot. Paris Imprimerie Royale M. DCCC. XXXIX
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Chamberaud   (23)
Maison du Temple Chamberaud
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Saint-Sulpice-les-Champs - 23


Maison du Temple Chamberaud
Localisation: Maison du Temple Chamberaud


Chambereaud, dans la Haute-Marche, diocèse de Limoges, à une lieue de la ville d'Ahun, commune de Saint-Sulpice-les-Champs.
Chambereau était une cure de Malte dans l'ancien archiprêtré de Combraille, faisant jadis partie de la paroisse de Fransèche. Son patron était saint Blaise, et précédemment saint Jean. En 1565 et 1572, le commandeur de Chambereau nomma des titulaires à cette cure, et le curé de Fransèche leur conféra leur titre, parce que c'était une annexe de sa cure. Mais le commandeur y nommait seul en 1564, 1572 , 1687,1706, 1710, 1762, 1769.

Une communauté de prêtres y avait été établie en 1564; elle n'existait plus au siècle dernier. On trouve dans l'église des vitraux du XIVè siècle.

La commanderie, qui était pour un chevalier de justice, appartenait aux chevaliers du Temple, ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en 1282: à cette époque, elle est dite sur la paroisse de Fransèches. D'après le procès-verbal de visite de 1617, le chef de la commanderie de Chamberaud consistait « en une église paroissiale dédiée sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, de laquelle le sieur commandeur était seigneur, et une tour ou maison d'habitation des commandeurs. » L'église mesurait treize cannes sur trois (la canne de Malte avait 6 pieds, 5 pouces et 5 lignes, soit 2 mètres 15 centimètres); une grosse tour carrée lui servait de clocher: sur son grand autel on voyait les images de la Sainte Vierge, de Saint Jean-Baptiste, de Saint Blaise et de Saint Roch « relevées en bosse; et au-devant dudit autel, il y a un retable en bois sur lequel sont attachées plusieurs images de cuivre surdorées. »
1. Chef. Chambereaud


Maison du Temple de Chambereaud
Localisation: Maison du Temple de Chambereaud


Le château consistait « en une grosse tour carrée, un corps de logis y joignant, où il y a deux autres chambres, l'une sur l'autre; puis une grande basse-cour, où il y a deux corps de logis servant de ménagerie. Dans la basse-cour et à main gauche, il y a de grandes masures en ruines, démontrant y avoir eu autrefois plusieurs bâtiments « Doit, ladite commanderie, toutes les semaines trois fois l'aumône générale, savoir: le dimanche, le mardi et le jeudi aux pauvres de la paroisse » (A. Veyssière, Ordre de Saint-Jean)

Parmi les commandeurs de Chambereau on trouve:
— Thomas de La Tour, fils d'Antoine, seigneur et baron de Murat, des Quaires, de Saint-Exupéri, qui était chevalier de Jérusalem et commandeur de Chamberaud et de Carlat, le 15 juin 1577.
— Philippe de Saint-Viance avait été commandeur de Chamberaud peu avant 1660.
— Joseph-Guy de Bosredon de Vatanges, commandeur de Chamberaud et de Morterol, prenait possession du Grand Prieuré d'Auvergne en 1760.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Chamberaud, chef-lieu de commune dans le canton de Saint-Sulpice-les-Champs.
— Stagnum de Chamborel, 1221 (cartulaire de Beaulieu)
— Chambereau, 1229 (chef-lieu du Moutier-d'Ahun)
— Proeceptor de Cambarello, 1248 (évêché de Limoges)
— Capella de Camborello, 1282 (Archevêché de la Haute-Vienne)
— Cart. (O Domina, fol. 70 v)
— Cambarellum, 1327 (Pouillé de Nadaud)
— Gregorius de Cambarello, 1350 (chef-lieu des Ternes)
— Chambereau, 1483 (chef-lieu des Ternes)
— Chambereau, 1463 (sénéchaussée)
— Commandeur de Chambereau, 1483 (chef-lieu des Ternes)
— Chambereau, 1556 (territoire de Chambereau)

La commune de Chamberaud a les trois villages suivants:
— Le Chiron
— Le Puy
— La souterraine
Sources: Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de La Creuse, par A. Lecler, Limoges 1902

Chamberaud
Faisant près de 30 mètres de long et presque 8 mètres de large, cette église s'inscrit dans un plan rectangulaire. Ce bâtiment est donc de grande dimension pour son simple statut originel de chapelle d'une Maison du Temple.

Les Templiers ont dû l'agrandir pour que les paroissiens puissent entendre les messes.
Sinon, pourquoi faire une chapelle aussi grande ?

Elle possède deux entrées. Celle orientée vers le sud servait certainement aux villageois désirant écouter les messes ou se recueillir. L'autre était utilisée par le commandeur et les Frères, elle est de plus grande taille et débouche dans le clocher. La nef est unique et ne comporte que quatre travées. Le choeur est surélevé de deux marches et était fermé par un portail en fer forgé. L'autel en bois polychromé, datant certainement du XVIIe siècle.
Sources: Association pour la valorisation du patrimoine historique de Chamberaud.

2. Membre. Sous-Parsat
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Saint-Sulpice-les-Champs - 23


Maison du Temple de Sous-Parsat
Localisation: Maison du Temple de Sous-Parsat


Sous-Parsat, compris avec le susdit chef.
« Revenu 3000 livres »

Sous Parsat
Sous-Parsat ou sous-Parsac, est une commune du canton de Saint-Sulpice-les-Champs.
— Ecclesia de Sos Parsat, 1282 (Archives de la Haute-Vienne, cartulaire O domina, folio 70vº)
— Parrochia de Soubz-Parsiaco, 1401.
— Subtus Parciacum, 1432.
— Soubsparsac, 1490 (Cartulaire des Ternes)
— Parrochia de Sulparceco, 1437 (Charte de Blessac)
— Paroisse de Soubz-Parsac, 1537 (Terrier de Blessac)
— Soubz-Parsat, 1556 (Terrier de Chambereau).


Domaine du Temple de Sous-Parsat
Localisation: Sous-Parsat, Sources image


— Sous-Parsac, dans l'ancien archiprêtré de Combraille, faisait partie de la paroisse de Saint-Sulpice-le-Donzeil au XIIIe siècle. On voit dans l'accord fait, le 23 janvier 1282, entre l'évêque de Limoges et l'Ordre des Templiers, que la chapelle de Sousparsat, dépendant de l'église de Saint-Sulpice, était desservie alternativement par le curé de cette paroisse et par un chapelain qui y était attaché, et qu'il en partageait les revenus, ce qui se pratiquait depuis longtemps.

— Plus tard cette chapelle devint église paroissiale sous le vocable de Saint Thomas de Cantorbéry, qui est encore aujourd'hui son patron, quoiqu'on ait quelques fois désigné la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge.

— Cette dite chapelle dépendait de la commanderie de Chamberaud, et les visiteurs de, 1617 disent que cette « petite église paroissiale mesurait alors huit cannes sur trois et demie, et n'offrait rien de remarquable. » On sait que la canne de Malte était de six pieds, cinq pouces et cinq lignes.

3. Membbe. La Pouge
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Pontarion - 23


Maison du Temple de La Pouge
Localisation: Maison du Temple de La Pouge


La Pouge à 1 lieue du chef.
« Revenu 1700 livres »


La Pouge, Eglise Saint-Georges
Localisation: La Pouge, Eglise Saint-Georges par Aubussonais - Sources


La Pouge, chef-lieu de commune, canton de Pontarion.
— Capella de Podio-Auvernh dependet ad ecclesia sancti Hilarii-lo-Chasteu en 1282 (Archives de la Haute-Vienne, cartulaire O Domina, folio 70 v)
— La Poge, 1379 (Archives de M. Jordand)
— La Poulge, appelée jadis le Puy au Verruh, faisait partie de la paroisse de Saint-Hilaire-le-Château en 1282.
— Elle était une préceptorie de Chambéraud en 1327.
— Le commandeur de Chambéraud, en 1616, était seigneur spirituel et dîmier général de la paroisse.
— Il y possédait quelques immeubles et y levait des rentes.
— La maison de la commanderie comprenait deux corps de logis servant à l'exploitation des terres appartenant au commandeur.
— La cure appartenait aux Chevaliers du Temple en 1282.
— Le commandeur de Maisonnise y nommait un curé en 1660 et celui de Chambéraud en 1693, 1698, 1701, 1744, 1766.
— D'après le procès-verbal de la visite de 1616, l'église de La Pouge mesurait 13 cannes sur 3; elle avait été complètement voûtée, mais sa voûte était tombée.
— On y voyait un reliquaire « faict en forme de coffre esmailhé, où il y a quelques reliques sans escripteau » et le Saint-Sacrement y était conservé dans un ciboire de cuivre « eslevé en hault. »
— Le curé chargé de la déservir recevait une pension de 12 setiers de seigle et de trois livres.
Sources: Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de La Creuse, par André Lecler, Limoges 1902

Charges. 1355 livres »
Commandeur: M. de Saint Germain.
Etat de la commanderie en 1745.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Procès des Templiers d'Auvergne, nous trouvons un Boson de Coheta, qui vivait vers 1281-1311, il était sergent, il fut reçu vers 1281 à Gentioux par Fancon de Bort.
Il fut présent à une reception d'un nouvau templiers à La Pouge, vers 1292.
... Frater Petrus de Madic, preceptor tunc Arvenie, recepit ipsum loquentem in fratrem dicti ordinis in domo templi de La Polgha, lemovicensis diocesis, decem et septem anni sunt elapsi vel sirca, presentibus fratibus Petro Piot et dicto Bosone Coheta...
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève - Le Procès des Templiers d'Auvergne, 1309-1311. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986

Maison du Temple de Chambéraud
Les Templiers y avaient eu un établissement dont la chapelle, en 1282, dépendait de la paroisse de Frauséches, jusqu'au XVIe siècle. En 1221 son nom était « Chamborel. »

Cette chapelle est devenue ensuite une église paroissiale, elle était attenante aux bâtiments de la commanderie.

Pendant la guerre de Cent ans, la Chapelle de Chambéraud a été surélevé et fortifié. Le plan se compose d'une nef à chevet droit précédée d'un porche supportant le clocher. La première travée forme choeur. La façade occidentale est percée d'un portail au cintre brisé, à double voussure avec colonnettes, refait à l'époque moderne. La façade sud conserve des restes de mâchicoulis. Une porte dont le linteau est orné d'un arc en accolade et d'une croix de Malte, donne accès à une salle voûtée, en contrebas, sous le porche. A l'intérieur, la nef est couverte de voûtes d'ogives à liernes en bois, imitant peut-être les anciennes voûtes en pierre écroulées.


Chambéraud
Sources image: Chambéraud


Sur la route de Masgot, cette ancienne commanderie a conservé une église remarquable dont les voûtes d'ogives sont en chêne XVIIIe siècle. Quelques vestiges sont réutilisés dans les murs du bâtiment: cadrans solaires et clés de voûte.
Sources: La base Architecture - Mérimée

Maison du Temple de Chamberaud
Chamberaud dans la Marche, diocèse de Limoges, parlement de Paris, élection de Gueret. On y compte 40 feux. Cette paroisse est située à une petite distance de la rive gauche de la Creuze, à une demi lieue d'Ahun, et à 4 lieues de Gueret. Il y a à Chambaraud une commanderie de l'Ordre de Malte, de la langue et du grand prieuré d'Auvergne, et qui vaut 4000 livres de rente au sujet qui en est pourvu.
Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Volume 2 Par Jean-Joseph Expilly - M. DCC. LXIV. Paris

Maison du Temple de Chambéraud et le Procès
Les Templiers avaient fondés une commanderie à Chamberaud, son origine remonte à l'année 1193. Chamberaud se nommait en 1221 « Chamborel » Il y avait une chapelle dédiée à Saint-Blaise.

Les bâtiments de la commanderie furent dètruits en 1617. Il y avait une grosse tour carrée, un corps de logis où l'on trouvait - 2 chambres, l'une au-dessus de l'autre, il y avait aussi une grande basse-cour attenante à la chapelle.

Le souvenir d'une ancienne commanderie de Malte s'est conservè à Chamberaud, ce qui se conçoit, la maison du Temple étant devenue la propriété des Hospitaliers: « in capella domus Templi de Cambarello, Lemovicensis diocesis »; « Chamberel »

Un des commandeurs ou précepteurs de Chamberaud, fut frère Pierre du Carrefour ou du Carouge « de Quadrivio » ou « Cadruvio », sergent, par qui fut reçu, en 1302 environ, un certain Jean Fabre, qui avait été, pendant dix ans, donné du Temple; cette réception fut faite en présence de trois frères sergents du Temple, de même qu'il n'est question que de trois Templiers à une réception faite par le même, à une époque un peu antérieure; l'un d'eux, frère Jean de Gentioux, tirait sans doute son nom de la templerie du même nom « Procès des Templiers, tome I, page 614 et tome II, page 150 »

Procès des Templiers, tome II, page 150
Requisitus si predicta illicita confessata per eum aut alia inhonesta interveniebant in recepcionibus aliorum vel post, respondit se credere quod illicita confessata per eum communiter intervenirent in recepcionibus aliorum vel post, quia vidit recipi in ordine fratrem Guillelmum Galabrii servientem, preceptorem de Viveriis Lemovicensis diocesis, in capella domus predicte de las Mayhez, infra octo dies a tempore recepcionis ipsius testis, per eumdem presbiterum et presentibus illis qui adfuerunt recepcioni ipsius testis.
Item, vidit recipi quemdam alium fratrem de Borbonesio, cujus nomen et cognomen ignorat, in capella domus Templi de Cambarello Lemovicensis diocesis, sunt X anni vel circa, per fratrem Petrum de Quasto Drunio serviente, quondam preceptorem dicte domus, presentibus fratribus Johanne de Gentils et Guillelmo Lancelot servientibus, Lemovicensis diocesis, de quorum vita vel morte non habet cerlitudinem: in quorum recepcionibus vidit precipi, fieri et servari licita et illicita que in recepcione sua deposuit intervenisse.

Procès des Templiers, tome I, page 614
Frater Johannes Fabri serviens, Lemovicensis diocesis, testis supra juratus, mantellum et barbam defferens, etatis XXXIIII annorum vel circa, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire de eis nisi quod sequitur, videlicet quod nullum alium viderat recipi in ordine nec interfuerat capitulis eorum; ipse tamen receptus fuerat, in festo Magdelene proximo preterito fuerunt novem anni vel circa, per fratrem Petrum de Quadrivio quondam servientem, preceptorem tunc de Cambarello, in capella dicte domus de Cambarello, presentibus fratribus Antonio Burgundo, Hugone de Lata Petra, vivis, et Hugone de Lios, de Suncto, servientibus,....
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Pierre du Carrefour venait, croyons-nous, d'une autre propriété des Templiers, celle de la Marche. Si l'on en croyait même un frère Guillaume Brugiac, enquêté à Clermont, Pierre aurait été précepteur, vers 1290, de l'importante maison de Paulhac, mais il y a èvidemment erreur dans l'attribution « Baluze, Procès de Clermont, pièce 14 »

C'est enfin à Chamberaud que le commandeur de Charrières avait été reçu, en présence d'une dizaine de Templiers, il y avait cinquante ans passés, ce qui nous reporte à la fin de l'année 1258 environ « Schottmuller, tome II, page 64 »

Précepteur de Chamberaud
vers 1301-1302, frère Pierre du Carrefour, sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.
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Chambery   (73)
Maison du Temple de Chambéry
Département: Savoie, Arrondissement et Canton: Chambéry - 73

En 1470, le dimanche 8 juillet, à Lyon Hôtel-de-Ville. Procès-verbal d'une délibération des consuls au cours de laquelle il fut décidé d'accorder au prieur et au couvent des Célestins « ce dit couvent a été construit sur l'emplacement de la Maison des Templiers, vendue par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem au comte de Savoie qui, en 1407, fit don du terrain à l'Ordre des Célestins » 10 livres, en argent ou en chaux, pour les aider à réparer le mur situé devant le couvent, le long de la Saône.
Archives municipales de Lyon, BB 15, fol, 107 vº-108 rº. Pièce Nº 14.
Sources: La Sainte Maison de Thonon et le prieuré de Saint-Jeoire (près Chambéry) - par le chanoine J.-M. Lavanchy. La Révolution en Chablais - par le chanoine L.-E. Piccard. Quelques chartes des archives du château de Viry - par le Contesse Pierre de Viry; Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie - Imprimerie générale savoisienne (Chambéry) - 1918

1. Chef. Chambéry
Département: Savoie, Arrondissement: Chambéry, Canton: Chef-lieu de cantons - 73


Maison du Temple de Chambéry
Localisation: Maison du Temple de Chambéry


Chambéry, capitale de la Savoie, diocèse de Grenoble.
« Revenu 100 livres »

2. Membre. Acoyeu
Département: Ain, Arrondissement: Belley, Canton: Belley - 01


Maison du temple d'Acoyeu
Localisation: Maison du temple d'Acoyeu


Acoyeu au pays de Bugey, diocèse de Belley, au ne lieue de Belley et à 6 du susdit chef, et à demi-lieue de Peyrieux, produit. « Revenu 1000 livres »
(Confiant, ancien membre aliéné).

3. Membre. Le Touvet
Département: Isère, Arrondissement: Grenoble, Canton: Le Touvet - 38


Domaine du  Temple, Le Touvet
Localisation: Domaine du Temple, Le Touvet


Le Touvet ou Fillieule du Touvet sur Montmélian, distant d'Acoyeu de 8 lieues et de 2 de Chambéry (affermé).
« Revenu 192 »

4. Membre. Aiguebelle
Département: Savoie, Arrondissement: Saint-Jean-de-Maurienne, Canton: Aiguebelle - 73


Domaine du  Temple, Aiguebelle
Localisation: Domaine du Temple, Aiguebelle


Aiguebelle, en Savoie, dans la Marquisat de La Chambre, diocèse de Saint-Jean-de-Maurienne, à 1 lieue de Montmélian, s'afferme.
« Revenu 70 livres »

5. Membre. Temple de Saint-Michel
Département: Savoie, Arrondissement: Saint-Jean-de-Maurienne, Canton: Saint-Michel-de-Maurienne, Lieu-dit: Le Temple - 73


Temple de Saint-Michel
Localisation: Temple de Saint-Michel


Temple de Saint-Michel, en Maurienne, pays de Savoie, diocèse de Saint-Jean de Maurienne, distant de son chef-lieu de 16 lieues et du dit Saint-Jean-de-Maurienne 2 lieues, et est sur le grand chemin allant de Lyon à Turin, affermé.
« Revenu 120 livres »

6. Membre. Allevard
Département: Isère, Arrondissement: Grenoble, Canton: Allevard - 38


Domaine du Temple d'Allevard
Sources: Domaine du Temple d'Allevard


Allevard en Dauphiné, diocèse de Grenoble, distant de son chef de 6 lieues de Montmélian 3 lieues, 4 lieues de Grenoble et une lieue de La Rochette.
« Revenu 150 livres »

7. Membre. Mésages
Département: Isère, Arrondissement: Grenoble, Canton: Vizille, Commune: Saint-Pierre-de-Mésage - 38


Notre-Dame-de-Mesage
Chapelle Saint-Firmin ou Notre-Dame-de-Mesage


Mésages, en Dauphiné, du mandement de Vizille, diocèse de Grenoble, distant d'icelui de 3 lieues, de Chambéry 10 lieues, et d'un quart de lieue de Vizille, dans les limites du Grand-Prieuré de Saint Gilles, étant au delà de l'Isère.
« Revenu 250 livres »

Charges. 588 livres »
Commandeur: François de La Barge (visites de 1613 et 1685).
Etat de la commanderie en 1745 Chambéry. Acoyeu. Saint Michel de Maurienne. Thouvet. Allevard. Avalon. Mésages. Vizille.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Les Templiers et les Hospitaliers en Savoie
Si l'histoire générale des services rendus à la chrétienté par ces deux ordres est connue dès leur origine au XIIe siècle, il n'en est pas de même pour leurs établissements qui, échelonnés le long des grandes voies de communication, offraient asile et assistance aux pèlerins et aux pauvres voyageurs se rendant aux lieux saints.

En Savoie, leurs hospices et leurs propriétés étaient divisées en trois commanderies dépendant du grand prieuré d'Auvergne. L'époque de leur création est peu connue, les titres de donation n'ayant pas été conservés; il faut arriver au XIIIe siècle pour trouver mention de leur existence, et au XIVe pour reconnaître leur importance par le dénombrement de leurs établissements et de leurs possessions.

Ces commanderies étaient:
— Chambéry, d'où dépendaient: Acoyeu en Bugey, le Touvet (Isère), Aiguebelle, Saint-Michel, Allevard et Messages (Isère);
— Les Echelles, comprenant: Moirans, Voiron et les Abrets en Dauphiné;
— Le Genevois, dont le chef était Compesières, auquel se rattachaient: Droise, Hauteville, Annecy, Mussy, la Sauvetat, Collogny, Genève, Chesne, le Petit-Collogny, la Verpillière, Clermont, Dorches et Musinens en Michaille.

Les documents que nous avons recueillis nous fourniront les éléments d'une histoire de ces commanderies et des membres qui les composaient; nous en détachons aujourd'hui une partie de ceux qui se rapportent à la maison et à la chapelle des Templiers et des Hospitaliers à Chambéry.

Le nom de Saint-Jean-du-Temple, qui s'est perpétué dans les actes après l'adjonction des biens des Templiers à ceux des Hospitaliers, constate seul l'existence de leur établissement à Chambéry. Cette dénomination est restée attachée à leur chapelle et à la maison de la commanderie situées en rue Saint-Antoine, et à la tour qu'ils possédaient à la Cassine.


Saint-Jean-du-Temple
Saint-Jean-du-Temple - Sources: Notre Famille.com


Les Hospitaliers avaient aussi une chapelle, des bâtiments et une propriété placés entre la rue de Roche, une partie de la rue Croix-d'Or et de la cour actuelle de la caserne d'infanterie. Leur chapelle, appelée Saint-Jean-du-Pré, ne nous est connue que par la mention de sa démolition lors de l'établissement de la nouvelle enceinte de Chambéry, en 1371. Son attribution aux Hospitaliers est basée sur leurs titres de possession mentionnés dans le sommaire des fiefs et dans divers actes de reconnaissance.

Après avoir obtenu les biens des Templiers, les Hospitaliers ne conservèrent qu'une chapelle, abandonnant celle de Saint Jean-du-Pré, moins importante, en mauvais état et qui tombait en ruines lors de sa démolition.

Les comptes des syndics nous ont fourni les principales indications relatives aux Templiers. Ce n'est qu'à dater du XIVe siècle que nous avons rencontré des actes concernant les Hospitaliers; nous les énumérons sommairement dans l'ordre chronologique.

1328. — Des bourneaux (conduites) de terre sont portés de la maison du Temple à la fontaine Saint-Martin.

1374. — Indemnité payée pour dommages causés dans le pré de Saint-Jean-du-Temple lors de l'élargissement des fossés.

1375. — On mure la poterne du temple dans les courtines derrière leur maison.

1381. — Amédée VI transporte à la ville la propriété des glières du Temple, moyennant 20 sol gros d'indemnité, pour les 2 vaissels de blé et les 12 sols gros dus aux Hospitaliers sur 7 journaux de terre dépendant de leur fief.

1382. — Droit du trézain perçu sur une maison nouvellement construite par les Hospitaliers à l'entrée de la maison du Temple; cette petite maison, à gauche en entrant dans la cour de la maison Angleys, n'a subi dès lors que des modifications insignifiantes. (Décembre 1885. Elle vient d'être élevée d'un étage)

1418. — Frère Pierre Poncet, au nom de Jean de Boczozel, commandeur de Savoie, assiste à la vente de l'emphytéose et direct domaine d'une terre située à l'angle du chemin des Fossés et de celui qui dessert les terres du Verney.

1452. — Reconnaissance par Humbert Bernard, notaire et Bourgeois de Chambéry, au profit de Vincent Malet précepteur de Savoie et de la Maison de Saint Jean du Temple à Chambéry. 14 novembre 1452.

1528. — Le grand Prieur d'Auvergne. Philippe de Villiers, vient à Chambéry avec deux évêques et une suite de trente Hospitaliers, pour être l'un des parrains d'Emmanuel-Philibert.

A partir du XVIe siècle, les communautés des commanderies sont supprimées, et les revenus de celles-ci sont accordés comme retraites ou récompenses aux chevaliers les plus fatigués par le service de mer, etc. Les titulaires de la commanderie de Chambéry, ayant fixé leur résidence à Acoyeu, la maison est délaissée, tombe en ruine, et est successivement albergée, puis vendue.

1579. — Charles de Rochette alberge la maison et placéage dépendant de Saint-Jean-du-Temple à la condition de bâtir, contiguë à la sienne, une maison pour le commandeur à titre d'introge.

1605. — Une femme Lombard tient en emphytéose la petite maison à l'entrée du Temple, dont nous avons signalé la récente construction en 1232, pour 4 sols forts annuels et le droit de lods.

1641. — Les héritiers de de Rochette acquièrent la maison du commandeur, construite par leur auteur, moyennant 5,800 florins payés aux Hospitaliers. Les rentes attachées à la chapelle de Saint-Jean-du-Temple obligeant à y célébrer l'office religieux, l'ordre continue à y entretenir un prêtre chargé de la desservir; il traita ensuite avec les Pénitents blancs, qui furent autorisés à s'y réunir pour leurs exercices, à charge de l'entretenir et de payer en partie le recteur, resté d'abord à la nomination de l'ordre de Malte, cédée ensuite aux Pénitents blancs.

1652. — Visite de la petite chapelle en rue du Reclus, desservie par un prêtre. Elle possède des ornements, un clocher et deux cloches.

17.. — Par transaction entre les Hospitaliers et les Pénitents blancs, la chapelle est remise à ces derniers pour y faire leurs exercices; ils seront sous la juridiction de l'ordre de Malte, qui se réserve la nomination du chapelain.

1737. — Les Pénitents blancs obtiennent du commandeur de la Romagère le droit d'instituer le recteur de la chapelle.

1765. — Vente par les Pénitents blancs de la chapelle de Saint-Jean-du-Temple et des maisons voisines dont ils avaient hérité.

1775. — Ensuite d'un accord entre l'ordre de Malte et celui de Saint-Antoine de Viennois, ce dernier est annexé au premier et lui apporte tous ses biens.
Sources: BNF - M. Alain Perrin - Congrès des sociétés savantes savoisiennes: tenu à Montmélian les 10 et 11 août 1885: compte-rendu de la septième session présidé par Pierre Tochon.
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Chambeugle   (89)
Maison du Temple de Chambeugle
Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre, Canton: Charny - 89


Maison du Temple de Chambeugle
Localisation: Maison du Temple de Chambeugle


Cette ancienne Maison du Temple de Chambeugle était située dans la paroisse de Chambeugle (1). La maison se trouvait près de l'église, tenait vers couchant au cimetière, et vers midi au chemin de Chambeugle à Fontenouillet.

Le Temple de Chambeugle existait au commencement du XIIIe siècle. Il en est question dans une décision arbitrale rendue au mois de septembre 1207, par l'évêque de Chartres et un de ses chanoines, sur un différend entre Augalone, seigneur de Prénoy, et les frères du Temple de Chambeugle, « fratres Templi de Campobugle », au sujet d'un droit d'usage que ces derniers prétendaient avoir, eux et leurs hommes, dans le bois de ce seigneur.


Chapelle de Chambeugle
Chapelle du Temple de Chambeugle - Sources: Jack Bocar


— Le domaine de Chambeugle comprenait 150 arpents de terre, labour, prés et bois.
— Le Commandeur était seigneur du lieu, et avait toute juridiction sur ses habitants, qui étaient au nombre de huit en 1495.
— Le revenu de la terre et seigneurie de Chambeugle était, en 1493, de quatre setiers de froment et de 8 livres tournois par an. Il s'élevait, en 1783, à 300 livres.
— Les membres de l'ancienne Maison du Temple de Chambeugle étaient au nombre de trois: Montbouy, Saint-Romain et Gien.

Fief du Temple de Moulin-Rouge
Il dépendait de la seigneurie de Chambeugle un fief, appelé le Moulin-Rouge, avec douze arpents de vigne, situé dans la paroisse de Saint-Martin-sur-Ouanne, sur la petite rivière qui y passe. Ce fief rapportait, en 1783, 260 livres.


Fief du Temple de Moulin-Rouge
Localisation: Fief du Temple de Moulin-Rouge


Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Chambeugle durant le Procès
Yonne, arrondissement de Joigny, canton de Charny à la limite des départements de l'Yonne et du Loiret: « Chambucle », « Chambugle », « domus Templi de Campo bubali. »


Chapelle du Temple de Chambeugle
Chapelle du Temple de Chambeugle - Sources: Jack Bocar


Cette ancienne commanderie du Temple était située dans la paroisse de ce nom. La maison se trouvait près de l'église, tenait vers couchant au cimetière, et vers midi au chemin de Chambeugle à Fontenouillet.

La maison du Temple de Chambeugle, au diocèse de Sens, était peu éloignée de celle de Montbouy sur le Loing, dont elle dépendait peut-être; car il est question, dans le Procès, de réceptions faites à Chambeugle par le précepteur de Montbouy.

L'une de ces réceptions fut faite en la chapelle de la maison, « in quadragesima proxima, ante capcionem », par Jean de Thére, lequel est donné ici comme précepteur de Chambeugle; un prêtre du Temple, Daniel de Paris, se trouvait là.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Procès des Templiers, tome I, page 293
Item, dixit se recepisse fratres P. de Claramonte et Jacobum de Via Parisia inservientes ipsius ordinis, in capella domus Templi de Campo Bubali Senonensis diocesis, et dictum fratrem P. recepit, bene sunt octo anni, presentibus fratribus Guillelmo le Parrier Henrico dicto Bolart servientibus, et Johanne dicto Peynet, et Hugone dicto David presbiteris.

Procès des Templiers, tome I, page 329
Sed nescit certitudinaliter si ita fieret, quia non interfuerat capitulis eorum nec recepcioni alicujus alterius fratris ipsius ordinis nisi semel, quando frater Jacobus de Villa Parisia serviens fuit receptus apud Chambucle Senonensis diocesis, per fratrem Johannem de Tara, testem supra receptum et examinatum, et in recepcione dicti fratris Jacobi fuerunt servata omnia que supra deposuit de se ipso usque ad tradicionem mantelli. Post quam quidem tradicionem idem testis recessit inde, quia habebat curam furni in quo debebat statim panis poni, et non vidit quid fuit extunc ibi actum, ut dixit.

Procès des Templiers, tome I, page 330
Item, super contentis in XCVII, VIII, VIIII et C respondit non esse vera contenta in eis, quia ellemosine ex precepto superiorum convenienter fiebant omnibus transeuntibus, et eciam ter generaliter in septimana, et hospitalitas convenienter servabatur in domibus in quibus moratus fuit, videlicet apud Oysemont et Chambugle, et inhibebatur quod non acquirerent aliquid indebite ordini.

Procès des Templiers, tome II, page 40
Dixit enim se fuisse receptum in capella domus Templi de Campo Bubali Senonensis diocesis, per fratrem Johannem de Tara preceptorem dicte domus, testem supra examinatum, in Quadragessima proxima ante capcionem eorum, presentibus fratribus Daniele de Parisius presbitero, Matheo de Tilheio et Petro de Loyson, qui Matheus et Petrus fuerunt supra examinati.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.
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Chambly   (60)
Domaine du Temple de Chambly
Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Neuilly-en-Thelle - 60


Domaine du Temple de Chambly
Localisation: Domaine du Temple de Chambly


Un fief très important, nommé le fief de Thyboville, il relevait au XIIIe siècle de la Maison du Temple de Bernes-sur-Oise.
Il consistait en terres et censives à Bernes, à Chambly et à Beaumont.

Il appartenait à Robert, sire de Thybouville, en 1282, au moment où celui-ci le cèda aux Templiers. Comme ce fief relevait de Guy, seigneur de la Roche-Guyon, ce dernier leur en accorda l'amortissement en 1281, en les dispensant de tout hommage.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chambon (Charente)   (16)
Domaine du Temple Le Chambon
Département: Charente, Arrondissement et Canton: Confolens, Commune: Saint-Maurice-des-Lions - 16


Domaine du Temple Le Chambon
Localisation: Domaine du Temple Le Chambon


Non loin de Confolens, dans le territoire de la commune de Saint-Maurice-des-Lions, on apercevait encore au siècle dernier la chapelle de la commanderie du Chambon. Les gens âgés du pays se rappellent fort bien avoir vu cette chapelle, construite à l'orée de la forêt avoisinant le village, qui portait le nom de sa commanderie. D'après Touzaud, elle devint commune à la paroisse lorsque celle-ci fut créée après 1282.
Sources: Monographie de Saint-Maurice des Lyons, Mémoire de la Société archéologique et historique de la Charente, 1890-91, page 111

Domaine du Temple Le Chambon
Les Templiers possédaient au Chambon de nombreuses terres et de vastes bois (le bois du Chambon s'étend à l'ouest de cette localité) qu'ils exploitaient eux-mêmes. Le souvenir de leur activité agricole nous est confirmé par une tradition locale suivant laquelle les grands bâtiments, situés près du bourg de Saint-Maurice-des-Lions, auraient servi d'entrepôt à cette maison.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.
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Chambon (Haute-Loire)   (43)
Maison du Temple Le Chambon ou Saint-Jean
Département: Haute-Loire, Arrondissement et Canton: Brioude, Commune: Cohade - 43


Maison du Temple Le Chambon
Maison du Temple Le Chambon


Le Chambon était dans la commune de Cohade
Cette préceptorie se composait d'une église dédiée à Saint-Georges, le saint préféré des Templiers, d'un bâtiment d'exploitation autour duquel se trouvaient Les terres de :
Chaulat,
Vignolon,
Lubère,
La Fontenille,
Les prés du Chambon.
La Commanderie, elle avait également quelques cens et dimes.

Au temps des guerres religieuses les bâtiments furent incendiés et ruinés, ils ne s'en relevèrent pas; seule la chapelle survécut jusqu'à la Révolution.

Le Chambon fut fondé par les comtes Dauphins. En 1295, Hugues Dauphin, seigneur de Léothoing, passa transaction avec Pierre de Madic, précepteur des maisons du Temple en Auvergne, au sujet de la justice du village de Farreyroles.

Guillaume Charnier, précepteur du Temple du Chambon en 1279, y fit recevoir son neveu Hugues par Raymond du Buisson, précepteur d'Auvergne. Barthélémy Vassal y fut reçu en 1304 par Hugues de Peyraud, visiteur de France (1).
2. Trudon des Ormes. Liste de quelques maisons du Temple, et Archives nationales: Procès de Clermont, pièces 3 et 4, de la collection Baluze.
Sources: Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. XVI (1914).

Maison du Temple Le Chambon
— Chambon (Le), village, commune de Cohade.
— Villa de Chambo, 1228 (Spicilegium Brivatensis)
— La Commanderie du Chambon, 1607 (Terrier du Chapitre de Brioude)
— Chambon de Brioude, 1616 (Archives du Rhône, H. 2153)
— Saint-Jean, XVIIIe siècle, (Cartes de Cassini)
— Maison du Temple qui passa, en 1313, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
— Cette Maison du Temple, devint, lors de la réorganisation des commanderies de Saint-Jean de Jérusalem, un membre de la commanderie de Courteserre.
— Eglise dédiée à Saint-Jean Baptiste et à Saint-Georges.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Loire - Par les Auteurs: J-E Dufour, La Diana, IERP - Editeur: PU Saint-Etienne - 2006
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Chambon (Puy-de-Dôme)   (63)
Maison du Temple de Chambon
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Ambert, Canton: Saint-Germain-l'Herm, Commune: Chambon-sur-Dolore - 63


Maison du Temple de Chambon
Localisation: Maison du Temple de Chambon


Le lieu-dit l'Hôpital, à Chambon, dit assez quels furent les successeurs des Templiers en cette localité du diocèse de Clermont:
Domus Templi de Chambo
Apud Chambonium.

Frère Hugues Charneyr, sergent, précepteur du Temple de Saint-Pourçain, interrogé en 1309 à Clermont et en 1311 à Paris, nous apprend qu'il avait été reçu, en 1279 ou même avant, en la chapelle du Temple de Chambon, par Raymond del Boysso « alias de Dumo », chevalier, alors commandeur d'Auvergne, en présence de frère Guillaume Charneyr, son oncle, et de frère Bernard, prêtre; il n'était pas toujours resté en France et avait été outre-mer.
« Procès de Clermont, pièce 12 et Procès, tome II, page 143. »

Ce Guillaume Charneyr, qui vient d'être cité, était sans doute alors précepteur de Chambon; il est certain qu'il le fut et qu'il procéda, en cette qualité, à des réceptions à Chambon, aux environs de l'année 1289.
« Procès de Clermont, pièce 20. »

A propos de Guillaume, le précepteur de La Fouilhouze raconte avoir vu recevoir en Italie, en la chapelle de la maison du Temple Saint-Mathieu d'Orvieto, un compatriote nommé Guillaume d'Alzons, par frère Guillaume Charneyr ou Charnier, sergent, au temps du pape Martin IV, c'est-à-dire entre 1281 et 1285; il ajoute que Guillaume avait été huissier du pape Nicolas III, prédécesseur de Martin « Procès, tome II, page 137. »

Un autre Templier interrogé nous apprend que Guillaume Charneyr aurait été commandeur de la Romagne, vers 1282, ce qui s'accorde d'ailleurs avec l'affirmation précédente « Procès de Clermont, pièce 31. » Or, il est probable que l'ancien huissier du pape Nicolas, que nous avons cité au début de notre travail, et le commandeur de Chambon ne furent qu'une même personne.

Enfin, un prêtre du Temple, frère Barthélemi Vassales, fut reçu également à Chambon, en 1304, par Hue de Perraud, visiteur deçà mer, c'est-à-dire visiteur de France.
« Procès de Clermont, pièce 13. »

Précepteur de Chambon
vers 1279-1289, frère Guillaume Charneyr, sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Frère Hugues Charneyr
Hugues Charnier a des souvenirs assez imprécis. Il a été reçu très jeune dans l'ordre, alors qu'il avait environ douze ans, une trentaine d'années auparavant — il est donné comme âgé de quarante-cinq ans en 1311. S'il se souvient avoir été reçu par le commandeur d'Auvergne, il l'appelle « Raymond del Boysso » en 1309 et « Pierre de Dumo » en 1311 (1). Il a vu recevoir à Tortose par Aymar de Peyrusse un frère Jean, qu'il appelle de Saint-Paul en 1309, « Lo test de Apulia » en 1311. En 1309, il n'a pas mémoire des autres réceptions auxquelles il a assisté, alors qu'en 1311, il se souvient d'une réception survenue vingt ans auparavant au temple de La Ronzière du diocèse de Clermont. De même pour les reproches faits, il admet le baiser sur le ventre nu en 1309 et n'en souffle mot en 1311; il ne se souvient pas en 1309 qu'on lui ait parlé du crime de sodomie, expliquant ce silence par sa jeunesse, mais avance froidement en 1311 qu'à sa réception il lui a été dit qu'il pouvait commettre ce péché; il ajoute qu'il ne croit pas qu'il eût été perpétré dans l'ordre, alors qu'en 1309 il prétendait avoir entendu dire que quelques frères en étaient soupçonnés. Devant l'évêque il rapportait d'autres on-dit, par exemple qu'il ne leur avait pas été enjoint de travailler par n'importe quel moyen au profit de l'ordre, mais qu'il avait entendu dire cela par la suite, alors que devant la commission pontificale il précise qu'il était expressément défendu d'acquérir injustement. En 1311, il ne parle pas de confession des erreurs avouées, mais, en 1309, il avait dit s'en être confessé à plusieurs reprises.
1. En fait, seul le prénom diffère puisque « del Boysso » et « de Dumo » sont l'équivalent roman ou latin de « du Buisson », ce que n'a pas remarqué Raynouard, page 2.
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève - Le Procès des Templiers d'Auvergne, 1309-1311. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986
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Chambre aux Loups (La)   (08)
Maison du Temple de La Chambre-aux-Loups
Département: Ardennes, Arrondissement et Canton: Vouziers - 08


Maison du Temple de La Chambre-aux-Loups
Localisation: Maison du Temple de La Chambre-aux-Loups


Cette Chambres aux Loups était autrefois sur la paroisse de Vouziers, élection de Rethel. C'était, au siècle dernier, une ferme, avec environ 200 arpents de terre. Il en dépendait une chapelle, appelée la Chapelle de Saint-Hubert, chargée de treize messes par an qu'acquittait, au siècle dernier, le curé de Vouziers, qui recevait pour cela de la commanderie une rente de 25 livres.

La fondation de la maison de la Chambre-aux-Loups (Ardennes) par les Templiers au XIIIe siècle, fut l'objet de vives protestations de la part de Hugues, comte de Rethel, qui leur reprochait de l'avoir construite dans son fief, à son insu, et sans lui en avoir demandé l'autorisation. Dans cette affaire comme dans toutes celles du même genre, on finit par s'arranger; et par des lettres de l'official de Reims, du mois d'octobre 1229, le comte de Rethel, et Mabile, sa femme, confirmèrent la possession, et accordèrent l'amortissement aux Templiers de leur maison, nommée la Chambre-aux-Loups, dans la châtellenie de Bourcq, « domus que vocatur Camera Luporum in castellania de Burgo », ainsi que des terres qu'ils avaient achetées près de leur maison, des enfants de Thiery de Sainte-Marie, de Raoul de Vaux, « de Vallibus », de Filiotte de Wouziers, « de Waseriis », de la dame de Wargny, etc. Le comte leur accorda, en outre, le droit d'usage pour leurs bestiaux dans tous les pâturages de la châtellenie de Bourcq, comme il leur confirma celui qu'ils avaient déjà à la Chambre-aux-Loups et à Tellines (à un quart de lieue de Vouziers; carte de Cassini), « apud Thelynes », village voisin.

L'année suivante (1230), Alice, veuve de Morand de Saulces, « de Salceia », augmenta encore le domaine de la Chambre-aux-Loups, en abandonnant aux Templiers sept pièces de terre situées à l'entour de leur maison.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Savigny sur Aisne Ardennes
Guyot (petit fils de Guy (Guido) de Savigny est cité les archives de la commanderie de Boult. Il reconnaît en avril 1323, que les Templier au temps qu'ils régnaient, estaient de grande ancienneté pour cause de la maison de la chambre aux loups, en possession de prendre chaque an sur les terrages de Savigny qui m'appartiennent 8 setiers (entre 150 et 300 litres) de blé (moitié froment, moitié avoine) qui doivent être versé à la maison de la chambre aux loups, laquelle appartient maintenant aux religieux hommes, au maître et aux frères de l'Hospital de Saint-Jean de Jérusalem. Guyot s'engage à payer sa part de ce terrage, soit moitié.


La Chambre-aux-Loups - image OSJ
La Chambre-aux-Loups - Sources: image OSJ


Come (La): « En 1384, les religieux de saint Thierry déclarent:
Item, en la ville de La Comme en Retheillois, ont les diz religieux haulte justice moyenne et basse et si a environ XL jours de terre et ne valent mie le labourage »

Grosse ferme au Nord-Ouest du terroir. Appartenait dès 1209 à l'Abbaye de saint Thierry. Les près du même nom, sous Falaise, étaient vers la même époque aux religieux de saint Remi.
En 1215, ils cèdent aux Templiers ce qu'ils ont à Condé, Claire Fontaine etc. Réserve faite des « Prés de la Come »

En 1214, Henri de Vouziers cède à l'Abbaye de saint Thierry une rente sur les moulins de Vouziers, auxquels les habitants d'Ide et de Sirienne avaient le droit de franche mouture et lui accorde, pour ses troupeaux, des mêmes maisons (Suriana et Ida) la pâture dans les prés au delà de l'Aisne et le droit de parcours dans toute la seigneurie.

Lorsque Thierry échangea les moulins avec les Templiers (1271), ils réservèrent le droit de mouture pour leurs fermiers.


La Chambre-aux-Loups - image OSJ
La Chambre-aux-Loups - Sources: image OSJ


Le nom est encore cité dans les titres du 18e siècle. Don de Aalis, veuve de Morand de Saulx aux Templiers de Serres ans l'une (1230): « Derrière Ide », don aux mêmes du Sieur de Fonteneau de 1 jour et demi de terre au terroir de Ide, près de celui de la Chambre aux Loups.

La Commanderie de Reims était le plus gros décimateur. Voici ce que dit un acte de 1584:

« Sur toutes les dîmes, grosses et menues, le Commandeur a droit de prendre la moitié, un huitième moins, car sur quarante septiers de blé, le dit seigneur commandeur prend 17 septiers et demi et les 22 septiers et demi qui demeurent se partagent entre les autres parsonniers. Toutes les dîmes sont chargées:

Les dites dîmes doivent en commun au seigneur commandeur 15 setiers de blé.
A la Chambre aux Loups: 24 setiers de blé.

On remarquera les parts de la Chambre aux Loups et de sainte Nourrice. La Chambre aux Loups était une possession des Templiers puis des Hospitaliers de Boult. A ce titre, ils percevaient, de grande ancienneté, dit un titre de 1323, 8 sétiers de blé sur les terrages de Savigny, redevance que les seigneurs devaient verser à la Chambre aux Loups.
Sources: Savigny sur Aisne Ardennes
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Chamiot   (08)
Domaine du Temple de Chamiot
Département: Ardennes, Arrondissement et Canton: Vouziers, Commune: Longwé - 08


Domaine du Temple de Chamiot
Localisation: Domaine du Temple de Chamiot


L'établissement que les Templiers avaient là, était une dépendance de leur maison de la Chambre-aux-Loups, et ne se composait plus, au siècle dernier, que d'une chapelle, de deux cellules, pour y loger deux ermites, avec une petite dîme sur les terres environnantes, et quelques cens et droits seigneuriaux.

La chapelle où il y avait grande dévotion, était desservie en 1757, par le vicaire de la paroisse de Ballay (Ardennes), à qui le Commandeur donnait 25 livres par an, pour venir y dire une messe par semaine.

Il est probable que l'ermitage de Chamiot ou Chamiau n'était qu'une partie d'un établissement plus considérable qui existait là autrefois.
Nous trouvons que les Templiers de la maison de la Chambre-aux-Loups possédaient vers le milieu du XIIIe siècle, des terres et des bois à Falaise et à Chamiot ou Chamiau.
Un seigneur, du nom de Robin de Fontenelles, leur donnait, en 1257, sept journaux de terre arable, au territoire de Falaise, « de Faloisia », au lieu dit au ruisseau de la Sourgue, touchant au bois de Chamiot, appartenant aux Templiers de la Chambre-aux-Loups.

La chapelle de Chamiot ou Chamiau n'existait plus en 1788, et ses biens et revenus avaient été réunis au domaine de la commanderie.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Champallement   (58)
Maison du Temple de Champallement
Département: Nièvre, Arrondissement: Clamecy, Canton: Brinon-sur-Beuvron - 58


Maison du Temple de Champallement
Localisation: Maison du Temple de Champallement


Cet ancien membre de la commanderie de Biches se composait d'une maison située à un quart de lieue du village, sur le chemin conduisant à Montenoison.
Dans la cour de la maison, il y avait une chapelle dédiée à Notre-Dame, chargée d'une messe par semaine, et pour laquelle on donnait, en 1495, six livres au prêtre qui venait la dire le dimanche.

Mais à la fin du XVIIe siècle, la maison et la chapelle avaient disparu. Il n'en restait plus que l'enclos et un bois de quarante journaux, appelé le Bois de l'Hôpital, avec quelques censives et portions de dîme à Champallement, Neuilly, Neuville, Taconin (peut-être Taconnay), Montenoison et lieux environnants.

Malgré cela, le Commandeur ne sassait pas que de veiller à la conservation de ses droits, lorsqu'on voulait y porter atteinte. C'est ainsi qu'il poursuivit en 1488, et fit condamner par le Parlement de Paris les sergents du seigneur de Chanteloup, pour être venus faire des exploits de justice dans sa seigneurie de Champallement.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Temple de Champallement par Trudon des Ormes
Cette commanderie, du diocèse de Nevers, ne nous est connue que grâce à la mention faite au Procès d'une réception en la chapelle de la maison du Temple « de Campo Alamani »; le précepteur était un sergent nommé frère Henri Dornarcan ou Donarcan (1299).

Précepteur de Champallement
1299, frère Henri Donarcan, sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Procès des Templiers, tome I, page 510
Lectis autem et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit ad eos, et primo ad primos XIII, se nescire nec credere quod contenta in dictis XIII articulis servarentur in recepcionibus fratrum ordinis, quia vidit recipi fratrem Anricum de Anglesi militem, quondam combustum Parisius, per fratrem Guillelmum de Liris militem, qui auffugit quando alii capti fuerunt, in capella domus Templi de Biciis Nivernensis diocesis, in die Brandonum proxima erunt quinque vel sex anni, presentibus fratribus Guillelmo Gatz milite, qui affugit, Anrico Donarcan serviente quondam, Galtero dispensatore dicte domus; in cujus recepcione nichil fuit factum vel dictum illicitum. Plures non vidit recipi, nec interfuit capitulis eorum; ipse autem testis receptus fuit in capella domus Templi de Campo Alamani Nivernensis diocesis, per fratrem Anricum Dornarcan, quondam preceptorem dicte domus, in quindena festi Omnium Sanctorum proximo venturi erunt XII anni, presentibus fratribus Laurencio de Villa Moson et Raynaudo de Brinone servientibus, deffunctis, in hunc modum: nam peciit ter interpolate panem et aquam et societatem ordinis amore Dei, et ter ei fuit responsum quod bene deliberaret, quia multa dura oporteret eum pati, et non haberet forsitan equos et vestes quos videbat eos habere, et quod rogaret Deum ut eum dirigeret; et cum hoc fecisset, et ipsi deliberassent ad invicem recipere eum, voluerunt scire ab eo per juramentum si erat servilis condicionis, excommunicatus, alteri religioni, matrimonio vel debitis obligatus, et si habebat infirmitatem latentem; quo respondente quod non, fecit eum vovere et jurare castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, servare bonos usus et bonas consuetudines ordinis.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.
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Champbonnois   (77)
Maison du Temple de Champbonnois
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Provins, Canton: La Ferté-Gaucher - 77


Maison du Temple de Champbonnois
Localisation: Maison du Temple de Champbonnois


Le Temple de Champbonnois est marqué sur la carte de Cassini, à une lieue ouest de La Ferté-Gaucher. Cette maison avec la chapelle qui en dépendait, était située sur le chemin Minois.

La chapelle dédiée à la sainte Vierge et à saint Antoine de Padoue, fut détruite pendant les guerres du XVe siècle, et on ne jugea pas à propos de la rétablir.

Les terres du Temple à Champbonnois étaient, en 1474, de 300 arpents, dont la plus grande partie se trouvait en friche et abandonnée. Des habitants de Choisy, village voisin, s'en emparèrent pour les cultiver à leur profit.

Champbonnois sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
Le Commandeur d'alors était celui de Chanfreine, Jacques Caillot. Presque toujours absent, il ne pouvait surveiller les intérêts de sa commanderie de La Ferlé, et savoir ce qui s'y passait.
C'est ainsi qu'il perdit presque toutes les terres de Champbonnois.

Après lui, vint un autre Commandeur, Jean Léonard, qui voulut rentrer en possession de ces biens. Il intenta pour cela un procès contre le prieur de Choisy, seigneur du lieu, dans la mouvance duquel se trouvait la maison de Champbonnois; il l'accusait d'avoir laissé les hommes de sa seigneurie s'emparer des terres de l'Ordre. Le prieur répondait qu'il avait à Choisy et dans ses dépendances, la haute, moyenne et basse justice, et que de tout ce qui s'y trouvait, rien n'appartenait à la commanderie; qu'au surplus, il y avait plus de 34 ans que ses hommes étaient en possession des biens que réclamait le Commandeur, et qu'il y avait en tous cas prescription.

On finit cependant par s'arranger, et le prieur de Choisy restitua au Commandeur le fonds de la maison qui avait été détruite, contenant 9 arpents de terre, et 33 autres arpents qui tenaient à l'ancien manoir.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Champeaux   (87)
Maison du Temple de Champeaux
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Bellac, Canton: Mézières-sur-Issoire - 87


Maison du Temple de Champeaux
Localisation: Maison du Temple de Champeaux


Cette maison du Temple, « de Champeus », située dans le diocèse de Limoges, était voisine de celle de Bussière-Rapy, croyons-nous.

La Maison du Temple de Champeaux avait pour commandeur Guillaume Aymeri, l'interrogatoire qu'il subit, en 1308, à Rome, Guillaume se dit précepteur des maisons de Champeaux et de La Bussière.

Guillaume Aymeri était, il est vrai, un des anciens de l'Ordre, puisqu'il comptait alors trente et un ans de vie religieuse; peut-être exerça-t-il sa suprématie sur le Temple voisin « Schottmuller, tome II, pages 22, 25 »; cependant ceux qui en parlent dans l'enquête faite en 1311 à Paris, le disent seulement précepteur de Champeaux, ainsi à propos d'une réception faite, en 1296, au Mas-Dieu de Loubert et à laquelle Guillaume Aymeri est dit avoir assisté.

Procès des Templiers, tome II, page 230
Requisitus si predicta illicita communiter et ubique interveniebant in recepcionibus aliorum fratrum ordinis vel post, respondit se credere quod sic, sed hoc aliter nesciebat, quia non viderat fieri, licet viderit aliquos recipi in ordine supradicto, et specialiter fratrem Bertrandum de Villaribus preceptorem de Rupe Sancti Pauli testem supra examinatum, in predicta capella de Paulhaco, per dictum fratrem Johannem las Chausadas, sunt circiter XX anni, presentibus fratribus Dionisio predicto, Petro Raynaudi, et Gerardo de Sancto Martineto, in dicta domo residentibus, deffunctis; et fratrem Aymericum de Masualier juniorem servientem, Lemovicensis diocesis, quem receperat frater Aymericus de Masualier senior, avunculus dicti Aymerici, preceptor tunc domus Templi Mansi Dei de Lobertz (Mas-Dieu de Loubet) Lemovicensis diocesis, in capella dicte domus, sunt circiter XV anni, presentibus fratribus Guillelmo Aymerici preceptore domus Templi de Champens Lemovicensis diocesis, detento in Lemovicinio, et Arnaudo de Brolio quondam de Pictavia serviente; sed voto emisso per predictos et imposito eis mantello, ipse testis recessit, quia receptores dicebant quod recederent qui recedere volebant et officia gerebant; et ideo nescit quod extunc agebant, sed credit quod abnegacionem et spuicionem facerent supradictas. Plurium recepcionibus se non recolit adfuisse.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Le précepteur de Champeaux revint d'ailleurs au Temple du Mas-Dieu, par exemple en 1304, pour assister à la réception de son neveu; le commandeur de Saint-Paul-la-Roche, témoin également de la réception, se souvenait de l'avoir vu.

Procès des Templiers, tome II, page 123
Alia illicita non intervenerunt in dicta sua recepcione nec post, et credit quod eadem intervenirent communiter in recepcionibus aliorum fratruin dicti ordinis vel post, quia ipse fecit predicta, et quia vidit recipi fratrem Guillelmum de Masayes militem, testem eri examinatum, per fratrem Bertrandum de Sartiges militem, ad deffensionem ordinis assumptum, in dicta capella, sunt circiter anni, presentibus fratribus Stephano, de Giotonis Lemovicehsis, Guillelmo Aprilis et Petro de Alteyraco Claramontensis diocesium, servientibus, apud Riomum dicte diocesis detentis, et vidit et audivit ipse testis, una cum predictis tribus fratribus, quando dictus frater Bertrandus, post tradicionem mantelli et emissionem votorum precepit eidem fratri Guillelmo de Mazaies quod abnegaret Jhesum, et quod spueret super quamdam crucem quam credit esse illam juxta quam ipse testis spuerat; non tamen recordatur, si dictus frater Guillelmus abnegavit Jhesum et spuit super vel juxta dictam crucem; pocius tamen credit quod sic quam contrarium.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

précepteur de Champeaux
vers 1296-1307, frère Guillaume Aymeri.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Maison du Temple de Champeaux
— Champeaux, sur la paroisse de Gajoubert
— Champeaux appartenait aux chevaliers du Temple en 1282.
— Maison du Temple.
— Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem après 1312.
— P. Ordre de Saint-Jean de Jérusalem pour un frère servant d'armes.
— Cure. 155 communiants.
— Vocable Saint Sixte.
— Membre de Puy-de-Noix, sous les Hospitaliers.
Sources: Pouillé historique du diocèse de Limoges, Manuscrit de l'abbé Joseph Nadaud, 1775. Publié par M. l'abbé A. Leclerc (Table spéciale)
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Champfleury   (77)
Maison du Temple de Champfleury
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Provins, Canton: Villiers-Saint-Georges, commune: Montceaux-les-Provins - 77


Maison du Temple de Champfleury
Localisation: Maison du Temple de Champfleury


C'était, dès l'origine, une grange grange dîmeresse qui avait été donnée avec des terres aux Templiers, par un seigneur de Milly, moyennant un cens annuel de six livres de Provins, et de six muids de grains, moitié froment, moitié avoine. Robert de Milly, à qui cette rente était due en 1227, reçut des Templiers une somme de 40 livres, au moyen de quoi il dèclara, par ses lettres datèes de la même année, les décharger et les tenir quittes du cens qu'il avait sur la grange de Champfleury, près Monceau-les-Provins, « in Grangia de Campo florido juxta Moncellos. »

L'un des Templiers arrêtés en la maison du Temple de la Ferté-Gaucher, avait été reçu neuf mois auparavant en la maison de « Campo Florito », par Gérard de Villiers, le précepteur de France, en présence du frère Jean, précepteur du Temple de Tréfols (51).
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Procès des Templiers, tome II, page 389
Item frater Johannes de Bersees, etatis XXI annorum, morans apud Feritatem Galcheri, eodem modo juratus, constitutus et interrogatus, dixit per juramentum suum quod receptus fuit in domo de Campo Florito, per fratrem Gerardum de Villaribus preceptorem Francie, IX sunt menses vel circa elapsi, presentibus fratre Lamberto de Toisi, fratre Johanne preceptore de Trefou, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit. Dixit eciam per juramentum suum quod, post multas promissiones de statutis et secretis ordinis observandis ab eo factas, quidam frater, de cujus nomine non recordatur, aportavit sibi quamdam parvam crucem de ligno, et tunc dictus frater Gerardus petivit ab eo utrum crederet in eum qui passus fuerat in dicta cruce, et ipse dixit quod sic.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.
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Champgillon   (85)
Maison du Temple de Champgillon
Département: Vendée, Arrondissement: Fontenay-le-Comte, Canton: Sainte-Hermine, Commune: Saint-Juire-Champgillon - 85


Maison du Temple de Champgillon
Maison du Temple de Champgillon


Cette commanderie se composait du château, métairies, four banal et greffe de Champgillon, paroisse du même nom:
Métairies de l'hôpital de ThiréMétairie de l'Hôpital de Thyré
Métairie de l'Hôpital de Thyré
, paroisse de Saint-Valérien
Métairie de l'hôpital de LignéMétairie de l'Hôpital de Ligné
Métairie de l'Hôpital de Ligné
, paroisse de Saint-Valérien (1)
1. Publié dans le volume I, de la Société des Archives Historiques du Poitou, page 85

Métairie de la ToucheMétairie de La Touche
Métairie de La Touche
(Saint-Vincent ?) paroisse de [Notre-Dame de] la Réorthe
Métairie de ManfrayMétaire de l'Hôpital de Manfray
Métaire de l'Hôpital de Manfray
, paroisse de [Notre-Dame de] la Réorthe
Métairie de la BrissonnerieMétairie de La Brissonnerie
Métairie de La Brissonnerie
, paroisse de la Vineuse
Métairie de ChaumesMétairie de Chaume
Métairie de Chaume
, paroisse de Saint-Hermand
De l'hôpital de Saint-Juyre, paroisse Saint-Juire-Champgillon
Des moulins de Cornes et Tamarin, paroisse de Champgillon
Moulin de la fontaine de Thiré
Moulin de Pois le feuMoulin de Poislefeu
Moulin de Pois le feu
, paroisse de [Notre-Dame de] la Réorthe
Moulin de Potays et
Du four banal de la Châtaigneraiefour banal de la Châtaigneraie
four banal de la Châtaigneraie
, paroisse de Saint-Philbert-du-Pont-Charrault (85110)
De terres et bois disséminés à Sainte-Hermine, Bessay, Sainte-Pezenne (Aujourd'hui Sainte-Pexine), Les Moutiers, la Vineuse et Saint-Juyre.

De devoirs, cens et rentes importants à Champgillon et paroisses voisines (3).
3. Le papier censaire se montait à 150 livres 3 sols 9 deniers en argent, 168 poules et chapons, 6 livres, 1 quarteron de cire, une nappe de toile de lin de la longueur de 4 aunes due par te seigneur de la Reintruère, 2 chevreaux à la Touche-Maurice et 2 bécasses à la Châtaigneraie. Des terrages au 1/5 étaient dus sur 895 journaux de vigne en divers lieux. Le moulin de Potays était amodié à 50 boisseaux de blé 1/2 froment 1/2 inéture charge d'acquitter une rente de 5 charges de seigle au seigneur de la Touche-Rambaudière et de la Simonnière.

Les Archives de la Vienne possèdent quarante-et-une liasses et un registre in-folio de titres concernant Champgillon. Les plus anciens sont plusieurs pièces de procédure de 1318 1331, ayant trait à un litige entre le Commandeur et le sire de Craon agissant en qualité de tuteur de Maurice, son fils. Il y en a bien quelques autres du XIIIe siècle, mais ils sont là par erreur et concernent en réalité Féotette.
Possessions territoriales des Ordres Militaires et Religieux en Bas-Poitou, par M. L. de la Boutetière. Société d'émulation de la Vendée. Volume 2, Série 2, La Roche-sur-Yon 1872

Maison du Temple de Champgillon
Les deux derniers commandeurs ou précepteurs de la maison du Temple de Champgillon « de Campo Gillonis » furent P. Mainard et Guillaume de Bléré.

Le nom du premier nous est donné par un sergent du Temple, Jean Bertaud, qui dit avoir été reçu par Mainard en la chapelle de la maison, vers 1292, mais en réalité dés 1290 puisque ce Templier aurait eu le temps d'aller à Acre, et que cette ville fut prise en mai 1291 Parmi les quelques frères qui assistèrent à sa réception, se trouvait un certain Robert, pannetier. Quant à Guillaume de Bléré, qui fut peut-être précepteur de Puyraveau avant de l'être de Champgillon, on le trouve, en 1297, au Temple de Villegats, où le précepteur de Nantes se rappelait l'avoir vu; mais dirigeait-il alors Champgillon ? D'autres eurent également occasion de le rencontrer, à Auzon, en 1303, et en 1306 au Temple des Moulins.

Procès des Templiers, tome I, page 273
Item, ad XCVII respondit quod in locis ordinis in quibus fuit, specialiter in domibus de Campo Gillonis de Montgagniet Pictavensis et de Castro Bernardi Xantonensis diocesium, et ultra mare in Ancon, fiebant bene ellemosine, et hospitalitas servabatur, et dabant decimam fornatam panis pro amore Dei, et ultra hec, fragmenta et reliquias mensarum suarum.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Maison du Temple de Champgillon
Cette Maison du Temple se composait:
D'un château;
D'une métairie;
D'un four banal et greffe de Champgillon;
Des métairies de l'hôpital de Thiré;
De Ligné en Saint-Valérien;
De la Touche-Maurice;
Et de Manfray, paroisse de la Réorthe;
De la Brissonnerie, paroisse de la Vineuse;
De Chaumes, paroisse de Saint-Hermant;
De l'hôpital de Saint-Juire;
Des moulins des Cornes et Tamarin, paroisse de Champgillon;
De la fontaine de Thiré;
De Poislefeu, près la Réorthe;
Du moulin de Potays et du four banal de la Châtaigneraie en Saint-Philbert;
De terres et bois disséminés à Sainte-Hermine, Bessay, Saint-Pierre, Les Moutiers, la Vineuse et Saint-Juire, et de devoirs, cens et rentes et dîmes importants à Champgillon et paroisses voisines.

Précepteurs de Champgillon
Vers 1290, frère P. Mainard,
Vers 1293-1307, frère Guillaume de Bléré.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Maison du Temple de Champgillon - Propriété d'une personne privée
Maison du Temple de Champgillon (ancienne) localisation Pays de la Loire; Vendée; Saint-Juire-Champgillon

Communs; enceinte; colombier; élévation; Terrain; Sol; toiture.
Epoque de construction 14e siècle; 17e siècle; 18e siècle

Précisions:
Terrains nus et bâtis correspondant aux sols de l'ancien domaine des Templiers dont les Chevaliers de Malte ont hérités (AC 185, 187, 190, 192 à 196);
Façades et toitures des bâtiments de l'ancienne Maison du Temple, de ses bâtiments de dépendances comprenant les vestiges de l'enceinte et la fuie (AC 186, 191, 192)
Intérêt de l'oeuvre Ordre des Templiers, puis de Malte;
Logis et jardins tranformés au 19e siècle.
Sources: Bnf - Base Mérimée

Autres lieux Le Temple
Il y a aussi un lieu Le TempleDomaine du Temple à Le Temple
Domaine du Temple à Le Temple
près de Chantonnay (85110)
Un autre lieu Le TempleDomaine du Temple à Le Temple
Domaine du Temple à Le Temple
près de Saint-Philbert-de-Bouaine (85660)
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Champlitte   (70)
Maison du Temple de Champlitte
Département: Haute-Saône, Arrondissement: Vesoul, Canton: Champlitte - 70


Maison du Temple de Champlitte
Localisation: Maison du Temple de Champlitte


A Champlitte, les Templiers y possédaient, la chapelle Saint-Jean, divers droits féodaux, ferme, terres et bois des vignobles. Champlitte était une dépendance de la Maison du Temple de Genrupt qui était elle même une dépendance de la Maison du Temple de La Romagne.

Champlitte à l'image d'Autrey, de nombreuses vignes sont concédées aux Frères de la Maison du Temple de La Romagne.
César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.
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Champniers   (86)
Maison du Temple de Champniers
Département: Vienne, Arrondissement: Montmorillon, Canton: Civray - 86


Maison du Temple de Champniers
Localisation: Maison du Temple de Champniers


Temple (Le), maison rurale sur la commune de Champniers.
— Village du Temple, 1498.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, par M. L. Rédet, Paris, M. DCCC. LXXXI
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Champniers (Le Temple)   (16)
Champniers (Le Temple)
Département: Charente, Arrondissement: Angoulême, Canton: Gond-Pontouvre, Commune: Champniers - 16


Le Temple (Champniers)
Localisation: Champniers (Le Temple)


Tout près de Champniers, un lieu-dit Le Temple. (Carte de Cassini)
Recherches de Jack Bocar, Carte de Cassini
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Chanonat   (63)
Commanderie de Chanonat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont, Canton: Saint-Armaud-Tallende - 63


Commanderie de Chanonat
Localisation: Commanderie de Chanonat


Des recherches faites dans les années 2007, ont abouties à la découverte de plusieurs documents: le premier est un texte émanant de Chanonat et qui cite « l'Hôpital de Chanonat. »

Le deuxième un compte du bailli, qui distingue deux Ordres: ils ne sont pas explicitement cités, mais nous pouvons en déduire ?
Les Bénédictins et les Hospitaliers. En fait, les chanoines de Port-Dieu en Corrèze ont probablement construit le prieuré de Chanonat, Port-Dieu et Chanonat sont des enfants de L'Abbaye de La Chaise-Dieu (des bénédictins).

Le troisième document date de 1305, est un « aveu » qui donne en confins l'Hôpital.
Ce qui prouve que les bâtiments de la commanderie (propriété privée), sont biens des Hospitaliers de Saint-Jean.

Je vous donne la pièce principale où il est fait mention de « La Maison de l'Hôpital de Chanonat »
Sachent tous présents et futurs qui verront ces lettres que devant nous, Maître Etienne officiai de Clermont, ont été présents Amblard de Chanonat, damoiseau, Guillermie, son épouse et Ponce, leur fils, lesquels ont vendu et transmis à titre de vente parfaite et véridique à l'abbé et au couvent de Saint André de Clermont de l'ordre de Prémontré, pour 4 Livres et 13 sous de la monnaie de Clermont, et ont concédé pour l'avoir perpétuellement, 1 setier de froment de cens avec le directum dominium et tout le droit qu'ils avaient sur ce froment et sur la terre pour laquelle était, et est dû, ledit setier.


Commanderie de Chanonat, la chapelle
Sources: Commanderie de Chanonat, la chapelle.


Cette terre est située Al Montât de Chanonat entre des voies par l'une desquelles on va de Chanonat au Crest et par l'autre aussi, l'une étant appelée la Voie du Pont et l'autre la Voie de Vedutrias (des voitures ?), ces deux limites étant du nord et du sud.

Elle est aussi jouxte la terre de la Maison de l'Hôpital de Chanonat et celle de Jean Pecoll du côté de l'occident et la terre de Jean Nerron de l'orient.

Cette terre est cultivée par les Rassac de Jussat à 3 quartes de froment et par Bernard Martin à 1 quarte, à titre du cens et de dominium. Laquelle terre et froment les vendeurs ont affirmé qu'ils ne l'avaient pas sous le dominium de quelqu'un, et ne l'y avaient jamais eu.

A partir de là le texte comprend essentiellement des formules de garantie sans intérêt particulier On n'a relevé que les éléments propres à ce texte.

Il est précisé que cette terre était de la dot de l'épouse. Son mari lui donne en échange tout le droit qu'il avait dans des cortils (espace lié à une habitation), des jardins, des près et des terres situés à Teilz (Theix probablement).

L'argent a été versé. Un garant est institué: Guillaume de Otines lequel n'est pas autrement connu Scellé de la cour de Clermont en l'an 1250 au mois de mai.
Sources: Chanonat sous l'ancien régime des seigneurs aux prêtres communalistes - présenté par Pierre Charbonnier, professeur d'histoire du moyen-âge et d'histoire régionale

Maison du Temple ou Commanderie ?
Reste à élucider les recherches de M. Tardieu, je ne pense pas qu'il ait inventé des documents ou qu'il ait malicieusement dit que les Templiers avaient des biens à Chanonat, de plus, il donne ses sources: Archives départementales du Puy-de-Dôme ?
Inventaire des commanderies de Malte.
Jack Bocar

Possession des Hospitaliers - D'après Pierre Charbonnier
Cette commanderie relevait de l'ordre des Hospitaliers, et non des Templiers.
Déjà en 1250, le document émanant des « Chanonat » mentionne la terre de la maison de l'Hôpital de Chanonat.

Ensuite, le compte de 1293 du bailli royal distingue nettement les deux ordres:
Chanonat relève des Hospitaliers.
Enfin, un des aveux de 1305 donne en confins à l'Hôpital (donc avant la condamnation des Templiers en 1311 à la suite de laquelle les biens des Templiers passérent aux Hospitaliers).
Donc, contrairement à ce que dit Tardieu, malheureusement repris par les auteurs suivants, il n'y a pas eu de Templiers à Chanonat.
La Commanderie avait sa chapelle desservie par un vicaire auquel allaient quelques revenus.
Elle possédait des biens fonds figurés sur un plan, surtout des prairies, au bord de l'Auzon, (marquées en vert turquoise), et une censive.
Sources: Chanonat sous l'ancien régime, présenté par Pierre Charbonnier, professeur d'histoire de Moyen-âge et d'histoire régionale à l'université de Blaise Pascal de Clermont-Ferrand

Chanonat et les Templiers - D'après Ambroise Tardieu
Cette commanderie serait une possession des Templiers
Cannonacus (995); Cannonagus (1040); Canoniacus (1286, 1310); Chanoac (1229).
— L'église, C'est un édifice roman, modifié à diverses époques.
— La cure était à la nomination du prieur du Port-Dieu avant 1789. Saint Etienne était, à cette époque, le patron de la paroisse. En 1535, il y avait des prêtres communalistes dans l'église de Chanonat. Ils n'ont été supprimés qu'en 1789.

Le prieuré
Il en est fait mention dès l'an 1264, et dépendant du prieuré du Port-Dieu en Bas-Limousin (ordre de saint Benoît). Les bâtiments étaient attenants à l'église. On voit encore le vaste corps de logis fortifié qui en faisait partie. Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges, visita ce prieuré, en 1286, dans sa tournée pastorale en Auvergne. Prieurs de Chanonat: Hugues de Montclar, prieur du Port-Dieu, 1284; Etienne Arbert, 1310, chanoine du chapitre de Saint-Genès de Clermont; Guillaume Autier, 1356.

La commanderie
Elle appartenait aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Malte). Ses bâtiments étaient situés en dehors du bourg et accompagnés d'une chapelle; il en reste encore une bonne partie, transformée aux usages d'une ferme. Il est probable que, primitivement, la commanderie de Chanonat appartenait à des Templiers, d'autant plus qu'en 1264, nous voyons à Chanonat, comme témoin, le commandeur Francon de Bort, qui possédait en Limousin une maison de l'ordre du Temple.
En 1309, lors de l'abolition de l'ordre du Temple, la commanderie de Chanonat aurait été donnée aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, comme cela du reste est arrivé pour d'autres propriétés ayant appartenu aux Templiers.

La commanderie de Chanonat était affectée à des chevaliers de Malte servants d'armes, avant 1789.
Les membres, c'est-à-dire les dépendances de la commanderie de Chanonat étaient: Le Temple d'Aulnat, Burdelle et le Temple de Plaine-Colombe. Liste des commandeurs:
— De Benamorel, 1368;
— Martin Bayardol, 1443;
— Jacques de Millij, 1431; il devint grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem;
— Jean Ardier, 1463;
— Pierre du Puy, 1499;
— Jean Bellon. 1526-1558;
— Nicolas de Fremarçon, 1574-1581;
— De Fonlerive, 1614;
— François de Bricard, 1622-1840;
— Charles de Crémeaux, 1641-1668;
— Amable da la Lande, 1692;
— De Panay, 1733-1738;
— De Bourreau du Rateau, nommé en 1762;
— De Tourniol, 1779.
— En 1686, le fief de Chanonat dépendant de la châtellenie de la Cheyre, dont le chef-lieu était Saint-Amand (voir Saint-Amand-Tallende).

Seigneurs
Au milieu du XIIe siècle, la seigneurie de Chanonat qui appartenait au comté d'Auvergne, en fut distraite pour former le Dauphiné de cette province. Lors de la guerre entre le roi Philippe-Auguste et Robert Ier, dauphin d'Auvergne (1196), ce fief avait été confisqué; mais il fut rendu par le roi au fils de Robert Ier en 1229. Robert II, dauphin d'Auvergne, petit-fils du précèdent, rendit foi-hommage à l'évêque de Clermont pour Chanonat (1249). Robert III, dauphin d'Auvergne, fils de Robert II, accomplit la même formalité pour Chanonat en 1263. Il laissa Chanonat en partage à Guillaume, son fils, doyen du chapitre de Chamalières (1291), mort en 1302. Robert IV, dauphin d'Auvergne, frère de Guillaume qui précéde, transmit Chanonat à Jean, dauphin d'Auvergne, qui en était propriétaire en 1340. Marguerite de Roger-Beaufort, fille de Guillaume III, vicomte de Turenne, laissa ses droits sur la seigneurie de Chanonat à Marthe de Roger-Beaufort sa tante, en se mariant (en 1423), à Bertrand de la Tour, seigneur d'Olliergues; Chanonat entra ainsi dans la maison de la Tour d'Auvergne (branche des seigneurs de la Tour), qui fut représentée, plus tard, par la reine Catherine de Médicis, morte en 1589; après cette reine, ce fief eut le même sort que celui de Latour jusqu'en 1789 (v. Latour).

— A diverses dates, plusieurs personnes ont eu des droits féodaux dans le lieu de Chanonat et sa paroisse. Amblard de Chanonat, damoiseau, vivait en 1255. Hugues de Pagnat, damoiseau, possédait des droits à Chanonat en 1264. Sanson de Pagnat, écuyer, est qualifié seigneur de Chanonat en 1322. La dame de Bompare, veuve de Durand Sam, chevalier, seigneur de Chanonat et Blanche de Pagnat, veuve de Falcon de Pagnat, damoiseau, possédaient des droits sur ce lieu en 1327; Robert de Perpézat, seigneur de Chanonat, vivait en 1419.
— Il y avait en outre dans Chanonat des fiefs à divers seigneurs.
— En fait, M. Ambroise Tardieu, aurait visiblement fait une erreur, il est possible que les Templiers aient eu des terres à Chanonat (quoi que nous n'ayons pas de documents pour le confirmer), et qu'il ait dit que les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ont hérité leurs biens des Templiers à Chanonat.
— Cette erreur est compréhensible, dès lors que la chronologie des commandeurs Hospitaliers ne commence qu'à partir de 1368. On est forcément en présence d'un doute: si le premier commandeur connu est de 1368, quand ont-ils créé ces bâtiments ?

Voir aux Archives départementales du Puy-de-Dôme, l'Inventaire des commanderies de Malte.
1. Et d'abord, celui de la « Batisse » (nous donnons l'historique de ce fief. (voyez le mot la Batiste);
2. celui de Tordes (voyez ce mot);
3. celui de la Condamine (voyez ce mot)

Sources: Ambroise Tardieu - Grand dictionnaire Historique du département du Puy-de-Dôme. Moulins - 1877

Maison du Temple de Chanonat
— Les Hospitaliers de Saint-Jean ont-ils construit sur leurs terres ?
— Visiblement oui, si l'on se réfère à ce fameux document de 1250.
— Mais, en 1250, cet Hôpital était-il réellement la possession des Hospitaliers de Saint-Jean ?
— Pour les terres que les Hospitaliers ont occupés à partir de 1368, sont-ils réellement à l'origine de ces terres, nous avons un document qui dit: (ce document émane des Chanoines, et cite la terre de l'Hôpital de Chanonat).
— Mais alors, pourquoi M. Tardieu a-t-il donné avec précision les dépendances de Chanonat indiscutablement d'origine templière rattachées à cette commanderie ?
Il n'est pas évident du tout que cet Hôpital soit des Hospitaliers de Saint-Jean. Les Templiers eux aussi possédaient des Hôpitaux...
— Pour ma part, je reste persuadé que Chanonat était bel et bien une Maison du Temple.
Jack Bocar


Maison du Temple de Chanonat
Cette commanderie était située en Auvergne, près de Clermont-Ferrand. Les membres qui en dépendaient étaient tous hors du Bourbonnais, sauf celui de Lavault-Saint-Jean qui se trouvait sur la paroisse de Viplaix. C'est aujourd'hui un domaine appelé « l'Hôpital » où il reste une grange. A l'intérieur de celle-ci, on peut voir une croix de bois servant de chevron.
Sources: Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

1. Chef. Commanderie de Chanonat


Commanderie de Chanonat
Localisation: Commanderie de Chanonat, image A. Colomb


Chanonat, diocèse de Clermont. Parlement de Paris, chapelle, château attenant à la chapelle plus une grange avec vignes.

Chanonat, chef-lieu de commune.
— Cannonacus (995), Cannonagus (1040)
— Canoniacus (1286, 1310)
— Chanonac (1229).
— L'église. Cest un édifice roman, modifié à diverses époques.
— La cure était à la nomination du prieur du Port-Dieu avant 1789. Saint Etienne était, à cette époque, le patron de la paroisse.
— En 1535, il y avait des prêtres communalistes dans l'église de Chanonat. Ils n'ont été supprimés qu'en 1789.
— Le prieuré. Il en est fait mention dès l'an 1264, et dépendant du prieuré du Port-Dieu en Bas-Limousin (ordre de saint Benoît). Les bâtiments étaient attenants à l'église. On voit encore le vaste corps de logis fortifié qui en faisait partie. Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges, visita ce prieuré, en 1286, dans sa tournée pastorale en Auvergne.
— Prieurs de Chanonat: Hugues de Montclar, prieur du Port-Dieu, 1264.
— Etienne Arbert, 1310, chanoine du chapitre de Saint-Genès de Clermont.
— Guillaume Autier, 1356.
— La commanderie. Elle appartenait aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Malte). Ses bâtiments étaient situés en dehors du bourg et accompagnés d'une chapelle; il en reste encore une bonne partie, transformée aux usages d'une ferme. Il est probable que, primitivement, la commanderie de Chanonat appartenait à des Templiers, d'autant plus qu'en 1204, nous voyons à Chanonat, comme témoin, le commandeur Francon de Bort, qui possédait en Limousin une maison de l'ordre du Temple.
— En 1309, lors de l'abolition de l'ordre du Temple, la commanderie de Chanonat aurait été donnée aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, comme cela du reste est arrivé pour d'autres propriétés ayant appartenu aux Templiers. La commanderie de Chanonat était affectée à des chevaliers de Malte servants d'armes, avant 1789.
— Les membres, c'est-à-dire les dépendances de la commanderie de Chanonat étaient:
— Le Temple d'Aulnat.
— Burdelle et le Temple de Plaine-Colombe.
— Liste des commandeurs:
— De Benamorel, 1368.
— Martin Bayardol, 1445.
— Jacques de Milly, 1451; il devint grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
— Jean Ardier, 1463.
— Pierre du Puy, 1499.
— Jean Bellon, 1526-1558.
— Nicolas de Fremarçon, 1574-1581.
— De Fonlerive, 1614.
— François de Bricard, 1622-1840.
— Charles de Crémeaux, 1641-1668.
— Amable de la Lande, 1692.
— De Panay, 1733-1738.
— De Bourreau du Rateau, nommé en 1762.
— De Tourniol, 1779.
Sources: M. Le Vicomte de Gourgues - Dictionnaire Topographique du Département de la Dordogne - Paris Imprimerie Nationale - M DCCC LXXIII.

2. Membre. Bourdeille
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Issoire, Canton: Saint-Germain-Lembron - 63
BourdeilleBourdeille, Membre de la commanderie de Chanonat
Bourdeille, Membre de la commanderie de Chanonat
, Bordel carte de Cassini, ou Burdelles, paroisse de Chappes, consiste en une dime.

3. Membre. Commanderie Sainte-Anne
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Issoire, Canton: Saint-Germain-Lembron - 63
Commanderie de Sainte-AnneCommanderie de Sainte-Anne
Commanderie de Sainte-Anne
, dit la Bastide, dans la Limagne, à demi-quart de lieue de Saint-Jean-Lambron, chapelle, domaine.

Annexe. Temple de Plaine Combe
Département: Haute-Loire, Arrondissement: Brioude, Canton: Auzon, Commune: Vergongheon - 43
Temple de Plaine Combe Temple de Plaine Combe
Temple de Plaine Combe
, près du château de Luynes, dans la Haute-Auvergne, proche la ville d'Ardes, à huit lieues du chef, consiste en une montagne.

4. Membre. Le Temple
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Pont-du-Château - 63
Le TempleLe Temple, membre de la commanderie de Chanonat
Le Temple, membre de la commanderie de Chanonat
proche la ville du Pont-du-Château, consiste en un domaine et un pré en réserve, avec les susdits membres. « Revenu 1100 livres »

5. Membre. Lavaux-Saint-Jean
(Peut-être l'HopitalDomaine du Temple à Virplaix
Domaine du Temple à Virplaix
), en Bourbonnais, dans la paroisse de Viplaix, diocèse de Bourges, parlement de Paris, juridiction de La Roche-Guilleban, consiste en un domaine, bois, taillis, prés, terre, garennes, dimes et cens. « Revenu 160 livres »
Viplaix: Département: Allier, Arrondissement: Montluçon, Canton: Huriel - 03

6. Membre. Commanderie de Bessamorel
Département: Haute-Loire, Arrondissement et Canton: Yssingeaux - 43
BessamorelCommanderie de Bessamorel
Commanderie de Bessamorel
, en Velay, à 20 lieues du chef, à une lieue d'Yssingeaux, et à 4 du Puy. Parlement de Toulouse, consiste en une église paroissiale, deux maisons, un domaine, dimes, justice et cens. « Revenu 600 livres »

Bessamorel
— Maison du Temple, puis Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
— Bessamorel, commune d'Ynssingeaux.
— Bessa Maurell, 1267 (Archives du Rhône, la Sauvetat, II, 1)
— Bessamaurel, 1281 (Cartulaire de Saint-Sauveur-en-Rue, 140)
— Castrum de Bessa Maurella, 1429 (Archives du Rhône, Bessamorel)
— Domus de Bessamourella, 1430, (Archives du Rhône, Bessamorel)
— Praeceptoria de Bessamorella, 1493 (Archives du Rhône, Bessamorel)
— Le Besset-Moret, 1549 (Savin, n)
— Bessamoreau, 1585 (état civil)
— Bessamourel, 1646 (Archives du Rhône, Bessamorel)
— En 1789, Bessamorel dépendait de la province du Velay, de la subdélégation et sénéchaussée du Puy.
— Son église paroissiale, diocèse du Puy et archiprêtré de Monistrol-sur-Loire, était sous l'invocation de Saint-Jean Baptiste.
— Le commandeur des Hospitaliers de Bessamorel nommait à la cure, dont le titulaire était toujours un religieux d'obédiance de l'Ordre.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, par M. Auguste Chassaing. Paris Imprimerie Nationale MDCCCCVII

Charges. 200 livres »
Commandeur: M. de L'aubespin.
Etat de la commanderie en 1745.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Archives du Rhône
Chanonat: Vaux-Saint-Jean, Temple d'Aunat, Bessamorel, Burdelles, Sainte-Anne ou la Bastide, Temple de Plaine Combe.
Sources: Collection des Inventaires Sommaires des Arcives départementales du Rhône, antérieures à 1790. Rédigé par M. Georges Guigue, archiviste. Lyon 1895
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Chantemerle   (60)
Fief du Temple de Chantemerle
Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Nanteuil-le-Haudouin, Commune: Lagny-le-Sec - 60


Fief du Temple de Chantemerle
Localisation: Fief du Temple de Chantemerle


La maison de Chantemerle et les terres en dépendant, était un fief qui relevait du commandeur de Lagny-le-Sec au XIIIe siècle, partie des chevaliers du Temple, partie du seigneur Hugues de Pomponne. Il appartenait alors à Simon de Poissy, « de Pissiaco », qui en fit l'abandon au mois de juin 1232, à l'Ordre du Temple.

Des lettres de cette année, de Guillaume, évêque de Paris, portent que devant lui, Simon de Marolles ou de Mareuil, « de Marolio », chanoine de Meaux, a confirmé et ratifié la vente faite aux frères de la chevalerie du Temple, par Simon de Poissy et Isabelle, sa femme, d'une maison appelée Chantemerle, « de domo que dicitur Chantemelle », sur laquelle Simon de Marolles, sa mère et ses frères avaient des rentes.

Le même jour que Simon de Poissy cédait sa maison aux Templiers, Jean de Nanteuil, chevalier, et Marguerite, sa femme, leur abandonnaient tout ce qu'ils possédaient à Chantemerle, « apud Cantumerulam. »

On lit dans le procès-verbal de la visite prieurale de 1456: « Y a appartenant à la commanderie de Lagny-le-Secq, ung membre appelé Chantemalle, lequel est en ruyne du temps des guerres; auquel membre appartient ccc arpens de terre, dont la pluspart est en ruyne; lequel membre est affermé neuf escus d'or, qui valent XII livres VII sols VI deniers »

Nous ignorons si cette maison fut rétablie. Ce que nous savons, c'est qu'elle n'existait plus au siècle dernier. Les terres, au nombre de 480 arpents, avaient été réunies au domaine de Lagny-le-Sec sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chantepoule   (24)
commanderie Hospitalière de Chante-Géline ou Chantepoule

Chante-Geline, village secteur de la commune de Mensignac.
— Cantus Gelinae, 1373 (Abbé de Lespine, manuscrit nº1, O.S.J.)
— Cantus Gallinae, 1365 (Abbé de Lespine).
— Chante-Poule (Cadastre).
— Maison donnée par G. de Fayolle aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1175 et qui devint une commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Sources: M. Le Vicomte de Gourgues - Dictionnaire Topographique du Département de la Dordogne - Paris Imprimerie Nationale - M DCCC LXXIII.
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Chantes   (70)
Domaines du Temple de Chantes
Département: Haute-Saône, Arrondissement: Vesoul, Canton: Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin, Commune: Rupt-sur-Saône - 70


Domaines du Temple de Chantes
Localisation: Domaines du Temple de Chantes


Chantes est une dépendance: La ferme de Salles
A l'extrémité Nord-Est du village, au pied d'un coteau, ruines d'un château dont les murs avaient 1m30 d'épaisseur à la base. Du reste rien sur l'époque où cet édifice fut érigé, non plus que sur celle où il fut détruit.
— Auprès de la ferme de Sales, restes des bâtiments de l'ancienne commanderie de ce nom, autrefois possédée par les Templiers (1).
1. Cette commanderie était de celles où l'on n'était admis qu'en faisant preuve de noblesse, à la différence d'autres commanderies moins relevées, pour l'obtention desquelles il suffisait de prouver que, jusqu'a la quatrième génération, les aïeux du postulant n'avaient point exercé de métier mécanique. Les commanderies de la Villedieu-en-Fontenette et de Moutseugny assujettissent aux preuves de noblesse comme la commanderie de Sales.

C'était, avant la Révolution, une des plus belles propriétés de l'ordre de Malte, composée qu'elle était de vastes bois, champs et prés, et placée dans une position à la fois riante et tranquille près de la rive gauche de la Saône. Les bâtiments étaient disposés en fer à cheval fermé par un mur de cour: au levant, les écuries et les greniers à fourrage; au couchant, le logement des chevaliers; au nord, en face de la porte de la cour, l'église, construction de style ogival, avec pavé en briques vernies. L'église a été démolie vers la fin du siècle dernier. Les décombres sont restés sur les pierres tumulaires qu'elle présentait auparavant. Peut-être trouverait-on la plus d'un souvenir artistique et historique.
— Le dernier commandeur de Sales fut Amable de Thiange, grand'croix de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, titulaire en même temps des commanderies de Villefranche et de Montseugny.

— Eglise filiale de celle de Rupt au 18e siècle. Elle existait antérieurement, comme l'indiquent les trois fenêtres ogivales qui éclairaient le choeur, et le millésime 1563 gravé sur les fonts baptismaux (lesquels, pour le dire en passant, sont un remarquable morceau de sculpture sur granit). C'est aujourd'hui une chapelle de tolérance dépendante de la paroisse de Traves.

— Ruines et antiquités près de la Saône, au sud-est de Chantes.
— Gîtes en exploitation de minerai de fer en grains.
— Carrières de moellons ouvertes sur un calcaire appartenant au troisième étage jurassique.
La Haute-Saône, Dictionnaire Historique et Topographique et Statistique des Communes du Département. Par L. Suchaux. Tome II, Vesoul, 1866.
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Chantoin   (43)
Maison du Temple de Chantoin
Département: Haute-Loire, Arrondissement: Puy-en-Velay, Canton: Solignac-sur-Loire, Commune: Bains - 43


Maison du Temple de Chantoin
Localisation: Maison du Temple de Chantoin


Chantoin membre appartenant à la vénérable Langue d'Auvergne, situé dans le diocèse du Puy-en-Velay, à 2 lieues de la dite ville, consiste en trois beaux domaines qui portent le 4e fruit.

Le grand domaine de « Champtoin » est noble et exempt de tailles, dimes, et autres impositions et s'afferme en argent 303 livres; en seigle 80 setiers de 16 quartons, mouture noire 10 setiers: pois, 1 setier; beurre et fromage un quintal.
Le domaine de « Relueseix », à une lieue du dit membre, s'afferme, étant noble et exempt, en argent 530 livres, en fromage et beurre un quintal.

Le domaine de « Garnaux » paye tailles et rentes, et s'afferme en argent 30 livres, en seigle dix setiers. Les rentes et cens de Champtouin, selon l'ancien Terrier sont en argent 3 livres 12 sols, 1 denier en seigle 32 setiers; en avoine 42 setiers, gelines 37, le tout s'affermait 1850 livres.

Le Baillage, en Velay, dont est pourvu M. le Bailly de Saint-Aulaire, paye en charges 2455 livres, 14 sols. 4 deniers et est affermé 14 000 livres; il y a quelques pensions.

« Chantoin, commune de Bains, était dans la plaine qui s'étend au pied des montagnes de Seneijols, et faisait partie des biens des Templiers. »
Les autres possessions de cet Ordre, dans le Velay, étaient:
— Les Bineyres, commune de Bains
— Seneujols, canton de Cayres
— Solignac sur Loire, arrondissement du Puy
— Freycenet, commune de Saint-Jean-de-Nay
— Montredon, commune de Saint-Just-Chomelex
— Belvezet, commune de Saint-Jean Lachalin
— Bessamorel, canton d'Issengeaux
— Malhettes, commune de Marlhes, canton de Saint-Genest-Malifaux (Loire).
« Les biens des Templiers dans le Velay, avaient une importance trois fois plus considérable que ceux des Hospitaliers. »
Cartulaire des Templiers du Puy-en-Velay) par M. Augustin Chassaing, Paris 1882

Chantoin, ferme sur la commune de Bains
— Chantotoen, vers 1170 (Templiers du Puy)
— Villa de Chantoent, 1210 (Templiers du Puy)
— Chantoen, 1214 (Templiers du Puy)
— Domus de Chantohenc, 1285 (Templiers du Puy)
— Praeceptoria Sancti Johannis de Chantoenc, 1499 (Hospitaliers du Velay)
— Membrum de Chantean, 1544 (Hospitaliers du Velay)
— Maison du Temple, elle passe aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1313 et devint un membre de la commanderie de Devesset et fut unie en 1544, à la mense de la Langue d'Auvergne.
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Lyon, 1883

Maison du Temple de Chantoin
Chantoin est un beau domaine à demi caché en un pli de terrain, dans la plaine qui s'étend an pied des montagnes boisées de Séneujols. Au XIIIe siècle, cette vaste plaine était occupée par trois mas, Chantoin, Chazaux et Collanges; le premier, en s'agrandissant, a, depuis, absorbé et fait disparaître les deux autres. Les chartes du rouleau de Chantoin font connaître l'origine et les accroissements de celle importante possession du Temple. Par son testament, Armand II, vicomte de Polignac, avait légué au Temple 50 marcs d'argent. Vers 1170, son fils Pons III acquitta cette dette en donnant aux Templiers tous ses droits sur Chantoin. Après un temps d'arrêt d'environ vingt ans, ce noyau s'arrondit rapidement dans les trente années qui suivirent, par des ventes, des échanges et surtout par les aumônes et les donations dues aux réceptions dans l'ordre des frères ou des donats. Parmi ces libéralités, il suffira de remarquer les donations que firent, en 1210 Armand Portafaix à son admission comme frère et, en 1215, Floque de Mirmande, femme de Beraud de Cordes, « offrant à Dieu et au Temple son fils Pierre avec la terre qu'elle possédait à Chazaux et à Collanges. »
Sources: Augustin Chassaing, Le Cartulaire des Templiers du Puy-en-Velay. Paris 1882.

Maison du Temple de Chantoin
Les templiers fondérent la Maison de Saint-Barthélèmy un peu avant 1170. C'est à cette époque qu'ils reçurent le Mas de Chantoin. Une charte remontant à cette année indique en effet leur présence au Puy à cette date: il s'agit d'une donation de Pons, vicomte de Polignac, faite aux Templiers de Saint-Barthélemy où il leur abandonne tous ses droits sur le mas de Chantoin.
Sources: Albert Chaurand, Les Carmes et les Templiers. L'auteur fait référence au Cartulaire des Templiers du Puy-en-Velay.

Grange du Temple de Chantoin
La Maison du Temple du Puy fondée vers ou avant 1170, nous révéle l'existance de la « Grange de Chantoin. »
Sources: Cartulaire des Templiers de Douzens.

Maison du Temple de Chantoin
C'est vers 1170, que Pons, vicomte de Polignac, cède aux Templiers ce qu'il posséde au manse de Chantoin, en paiement de 50 marcs d'argent donnés à l'Ordre par Armand, son père. Au XIIIe siècle, d'autres donations, achats ou échanges, ne tardent pas à augmenter les possessions primitives, aux lieux des Chazeaux, Collange, les Garnaux, Belvezet, la Glutonie, Rossignol.
Sources: Le diocèse du Puy-en-Velay des origines à nos jours, De Pierre Cubizolles

Maison du Temple de Chantoin
Chantoin, ferme commune de Bains.
— Chantoen, vers 1170 (Templiers du Puy)
— Villa Chantoent, 1210 (Templiers du Puy)
— Chantoen, 1214 (Templiers du Puy)
— Domuns de Chantohenc, 1285 (Templiers du Puy)
— Praecptoria Sancti Johannis de Chantoenc, 1499 (Hospitaliers du Velay)
— Membrum de Chantean, 1544 (Hospitaliers du Velay)
— Maison du Temple de Chantoin qui passa en 1313 aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devint un membre de la commanderie Hospitalière de Devesset et fut unie, en 1544, à la mense de la Langue d'Auvergne.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Loire - Par les Auteurs: J-E Dufour, La Diana, IERP - Editeur: PU Saint-Etienne - 2006

Maison du Temple de Chantoin
— A praeceptoria Aniciensi pendebant: « domus Templi de Chantoen, que subest domui Aniciensi » (1253), de qua vide Chassaing, p. IX.
— En 1313, tous ces biens Templier, passent aux Chevaliers de Saint-Jean.
Sources: Cartulaire des Templiers rédigé par le Marquis d'Albon
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Chanu   (27)
Maison du Temple de Chanu
Département: Eure, Arrondissement: Evreux, Canton: Pacy-sur-Eure, Commune: Villiers-en-Désoeuvré - 27


Maison du Temple de Chanu
Maison du Temple de Chanu


Lorsque les Hospitaliers prirent possession de la commanderie du Temple de Chanu, on n'y comptait qu'un seul membre: la maison d'Heurgeville. C'est pour en augmenter les revenus qu'ils y ajoutérent, au XIVe siècle, la commanderie de Prunay; et au XVIe, celles de la Haie du -Val-Saint-Denis et de Fontaine-la-Cado, appelée depuis Fontaine-Heudebourg.

De ces quatre commanderies réunies en une seule, Chanu reste toujours le chef-lieu de baillie. En 1763, le Commandeur, qui était alors le chevalier de Guines de Bonnières, dans une requête présentée au Roi, pour obtenir des lettres de terrier, se plaignait de la disparition de beaucoup de titres de sa commanderie, et jugeait nécessaire, pour parer à cet inconvénient, de faire reconnaître par ses vassaux les cens et rentes seigneuriales qu'ils lui devaient.

Cela peut expliquer l'absence de documents anciens sur le Temple de Chanu et ses dépendances. Le Livre-Vert nous fait connaître le revenu de cette maison en 1373. II n'était que de vingt livres seize sols huit deniers, à cause de l'état de ruines où la guerre avait plongé la commanderie.

Les 160 arpents de terre qui formaient le domaine de Chanu ne rapportaient alors que huit livres.

« A la maison de Chanu, appartient deux charrues de terre labourable, pour chascun arpent, XII deniers parisis, de quoy il y a VII xx, ainsi valent VIII livres. »


Commanderie de Chanu
Commanderie de Chanu - Sources: Mairie de Chanu


Ces terres étaient situées sur les territoires de Villiers en Désoeuvre (27) et de Bueil (27), et avaient été acquises en partie par les Templiers dans la première moitié du XIIIe siècle. Nous avons trouvé des lettres de Robert, seigneur de Bueil, du mois d'avril 1239, qui confirmaient et amortissaient la vente faite par Jean des Essarts, chevalier, aux Templiers, pour le prix de 173 livres parisis, de quarante-trois journaux et un quartier de terre à semence, au territoire de Bueil, « in territorio de Bouol », aux lieux dits: à la Couture, près du bois d'Halencourt, à la Couture-de-Villiers, à la Pierre-Tournante, à la Grande-Couture, derrière l'église de Villiers, « retro monasterium de Vylers », à la Couture de la Croix-Bejet, et à la Couturelle de Mesler.

Nous lisons dans le rapport de la visite prieurale de 1495:

« Au-dit lieu de Chanu, y a une chappelle fondée de Nostre Dame du Temple, chargée de trois messes par semaine. Auprès de la chappelle et dedens le villaige, est la maison de la commanderie qui a été refaicte à neuf par le commandeur actuel, frère Nicole Louchart, chappelain. »

« En ladite maison, le Commandeur a toute justice, et pareillement sur le villaige où sont environ XXXVI feuz, tous justiciables et subjects de la commanderie et justice levée. »

Le Commandeur était seul seigneur temporel et spirituel de Chanu. Il avait le patronage et la collation de la cure du lieu, comme aussi des cures de Saint-Illiers-le-BoisDomaine du  Temple à Saint-Illiers-le-Bois
Domaine du Temple à Saint-Illiers-le-Bois
(Département: Yvelines, Arrondissement: Mantes-la-Jolie, Canton: Bonnières-sur-Seine - 78) et de BrécourtDomaine du  Temple de Chanu à Brécourt
Domaine du Temple de Chanu à Brécourt
(Département: Eure, Arrondissement: Evreux, Canton: Vernon-Sud - 27)

Deux fiefs relevaient de la seigneurie de Chanu: le fief de Hallot, commune de Villiers en Désoeuvré (27), appartenant en 1761 à Charles de Bence, chanoine d'Evreux, Jean-Baptiste de Bence, curé de Serez, son frère, et autres, et comprenant une maison avec des terres sur le chemin d'Heurgeville (27) à Lommoye (78).


Commanderie de Chanu
Commanderie de Chanu - Sources: Mairie de Chanu


Le second fief, nommé le fief Bataille (27), s'étendait dans les paroisses de Chanu, Villiers en Désoeuvré, Saint-Chéron et Bueil, avec droit de basse justice sur les vassaux tenant héritages, droits de cens, champart, etc.
Il appartenait en 1763, à Louis-Antoine-François Doublet; chevalier, seigneur de Lorey, Saint-Chéron et Villegats.

La maison de la commanderie était située le long du chemin de Vernon à Dreux. Elle avait deux moulins sur un petit étang: l'un appelé le moulin d'en bas; et le second, le Moulin d'en haut, avec logement pour le meunier, et vingt arpents de terre.

Les terres de Chanu, au nombre de 80 arpents, étaient affermées
en 1581, 100 livres, à raison de 25 sols l'arpent.

Maison du Temple de Chanu
Lorsque les Hospitaliers reçurent la Commanderie au début Du XIVe siècle, ils héritèrent d'un domaine de plus de 130 hectares que le Templiers avaient constitué par des défrichements et des dons en terre. Il allaient dès lors la transformer progressivement en une véritable seigneurie en étendant leurs droits et leurs domaines. Celle-ci courait sur les paroisses d'Heurgeville et de Chanu ainsi que sur le fief du Hallot et le fief Bataille, situé dans les paroisses de Bueil, Chanu, Villiers et Saint-Chéron.


Commanderie de Chanu
Commanderie de Chanu - Sources: Mairie de Chanu


Le commandeur, véritable seigneur temporel, y possédait un droit de justice, percevait de nombreuses rentes en nature ou en argent tels les dîmes et le champarts.
Il possédait aussi une grange dîmière à Heurgeville qui lui permettait d'entreposer une partie des récoltes perçues, ainsi que deux moulins situés un peu au nord de Chanu et certainement reconstruits à la même époque que le logis seigneurial.
Ces deux moulins à eau, alors connus sous les noms de Moulin d'en Haut et de Moulin d'en Bas étaient loués par les Hospitaliers.
Peu nombreux, ces derniers préféraient en effet tirer des revenus de leurs terres plutôt que de les exploiter directement; ils les affermèrent progressivement et aux XVIIe et XVIIIe siècles leur domaine avait diminué de moitié.
Seigneur spirituel enfin, le commandeur nommait les desservants des paroisses d'Heurgeville et de Chanu et un passage aujourd'hui dans le mur mitoyen séparant la Commanderie de l'église Saint-Pierre lui permettait d'y accéder directement.
Si les noms des différents commandeurs qui se succédèrent à partir du XVe siècle sont connus, ceux de la période templière sont aujourd'hui oubliés à l'exception du frère Simon de Quincy qui dirigeait la Commanderie à la fin du XIIIe siècle au moment où les Templiers se replièrent en Europe.

Parmi les plus célèbres sans doute faut-il retenir les noms de Claude de la Sangle, commandeur de 1525 à 1533, qui devint le Grand Maître de l'Ordre en 1554 et d'Albert de Roncherolles, commandeur de 1672 à 1697, issu de la famille des seigneurs de Pont Saint-Pierre qui portait le titre de Premier Baron de Normandie. Le dernier commandeur le frère François de Lombelon des Essarts, résidait peu à Chanu et la Révolution vint le surprendre à son domicile parisien juste avant que la Commanderie ne soit déclarée bien national et vendue.
Sources: Pierre MOLKHOU, Les chevaliers du Christ - Les Confluences de la Mémoire - 1996.

Chanu d'après les documents du Procès
Pour expliquer l'absence de documents anciens sur le Temple de Chanu et ses dépendances. Le Livre-Vert nous fait connaître le revenu de cette maison en 1373. II n'était que de vingt livres seize sols huit deniers, à cause de l'état de ruines où la guerre avait plongé la commanderie. Les 160 arpents de terre qui formaient le domaine de Chanu ne rapportaient alors que huit livres.


Commanderie de Chanu
Commanderie de Chanu - Sources: Mairie de Chanu


Nous avons dit que frère Simon de Quincy, précepteur de la baillie du Temple de Prunay, était venu à deux reprises, vers les années 1291 et 1295, en la maison du Temple de Chanu; dans ce second cas, Simon est même donné comme précepteur de la maison, « Procès, tome II, pages 311, 384 »: « de Themis » alias « de Chounes. »

C'est assurément de Chanu dont il est question dans le journal du trésor du Temple:
Le 4 juillet 1295, de preceptore Ville Dei et Chamitarum (sic, pour: Chanutarum) 304 livres, etc.
Le 3 juillet 1296, de preceptore Chamitarum 22 livres, etc.
De Herberto Flamingo 80 livres, super preceptorem Chamitarum, etc.
« Mémoire sur les opérations financières des Templiers, pages 176, 809 »
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Procès des Templiers, tome II, page 341
Item frater Robertus de Momboin, etatis quadraginta annorum, juratus eodem modo de se et aliis in causa fidei plenam, puram et integram dicere veritatem, et requisitus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod fuit receptus in domo de Themis in ballivia de Prunay, per fratrem Symonem de Quinci preceptorem dicte ballivie, sexdecim anni sunt elapsi vel circa, presentibus fratribus Guillelmo de Braie et fratre Egidio Monachi militis, et quibusdam aliis fratribus de quorum nominibps non recolit.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Procès des Templiers, tome II, page 384
Item frater Johannes de Chounes, etatis XXXII annorum, juratus eodem modo de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, et interrogatus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod fuit receptus in domo de Chounes per fratrem Symonem de Quinci preceptorem dicte domus, XII anni sunt elapsi, presentibus fratre Galtero de la Sotiere et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.


Maison du Temple de Chanu

maison d'Heurgeville
Localisation: maison d'Heurgeville


Lorsque les Hospitaliers prirent possession de la commanderie du Temple de Chanu, on n'y comptait qu'un seul membre: la maison d'Heurgeville. C'est pour en augmenter les revenus qu'ils y ajoutèrent, au XIVe siècle, la commanderie de Prunay; et au XVIe, celles de la Haie-du-Val-Saint-Denis et de Fontaine-la-Cado, appelée depuis Fontaine-Heudebourg.

De ces quatre commanderies réunies en une seule, Chanu reste toujours le chef-lieu de baillie. En 1763, le Commandeur, qui était alors le chevalier de Guines de Bonnières, dans une requête présentée au Roi, pour obtenir des lettres de terrier, se plaignait de la disparition de beaucoup de titres de sa commanderie, et jugeait nécessaire, pour parer à cet inconvénient, de faire reconnaître par ses vassaux les cens et rentes seigneuriales qu'ils lui devaient.

Cela peut expliquer l'absence de documents anciens sur le Temple de Chanu (301) et ses dépendances. Le Livre-Vert nous fait connaître le revenu de cette maison en 1373. Il n'était que de vingt livres seize sols huit deniers, à cause de l'état de ruines où la guerre avait plongé la commanderie. Les 160 arpents de terre qui formaient le domaine de Chanu ne rapportaient alors que huit livres. « A la maison de Chanu, appartient deux charrues de terre labourable, pour chascun arpent, XII deniers parisis, de quoy il y a VII xx, ainsi valent VIII livres. »


Domaine du Temple de Bueil

Domaine du Temple de Bueil
Localisation: Domaine du Temple de Bueil


Ces terres étaient situées sur les territoires de Villiers-en-Désoeuvre et de Bueil, et avaient été acquises en partie par les Templiers dans la première moitié du XIIIe siècle. Nous avons trouvé des lettres de Robert, seigneur de Bueil, du mois d'avril 1239, qui confirmaient et amortissaient la vente faite par Jean des Essarts, chevalier, aux Templiers, pour le prix de 173 livres parisis, de quarante-trois journaux et un quartier de terre à semence, au territoire de Bueil, « in territorio de Bouol »

Bueil, commune du canton de Pacy.
— Boolium, 1264 (Cartlaire de Lyre)
— Boele, (Cartulaire de Saint-Taurin)
— Buellum, (Catrulaire d'Ivry)
— Buellium, (prévôté d'Evreux)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Eure, rédigé par M. Le Marquis de Blosseville. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXVIII.

Aux lieux dits:
— A la Couture, près du bois d'Halencourt,
— A la Couture-de-Villiers,
— A la Pierre-Tournante,
— A la Grande-Couture, derrière l'église de Villiers, « retro monasterium de Vylers »,
— A la Couture de la Croix-Bejet, et
— A la Couturelle de Mesler.

Nous lisons dans le rapport de la visite prieurale de 1495: « Au-dit lieu de Chanu, y a une chappelle fondée de Nostre Dame du Temple, chargée de trois messes par semaine. Auprès de la chappelle et dedens le villaige, est la maison de la commanderie qui a été refaicte à neuf par le commandeur actuel, frère Nicole Louchart, chappelain. »

« En ladite maison, le Commandeur a toute justice, et pareillement sur le villaige où sont environ XXXVI feuz, tous justiciables et subjects de la commanderie et justice levée. »

Le Commandeur était seul seigneur temporel et spirituel de Chanu. Il avait le patronage et la collation de la cure du lieu, comme aussi des cures de Saint-Illiers-le-Bois et de Brécourt, sous La Heunières.


Fief du Temple de Hallot

Fief du Temple de Hallot
Localisation: Fief du Temple de Hallot


Deux fiefs relevaient de la seigneurie de Chanu: le fief de « Hallot », commune de Villiers-en-Désoeuvré, appartenant en 1761 à Charles de Bence, chanoine d'Evreux, Jean-Baptiste de Bence, curé de Serez, son frère, et autres, et comprenant une maison avec des terres sur le chemin d'Heurgeville à Lommoye.

Hallot (Le), ancien château et hameau de Villiers-en-Désoeuvré
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Eure, rédigé par M. Le Marquis de Blosseville. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXVIII.

Le second fief, nommé le fief « Bataille », s'étendait dans les paroisses de Chanu, Villiers-en-Désoeuvré, Saint-Chéron et Bueil, avec droit de basse justice sur les vassaux tenant héritages, droits de cens, champart, etc. Il appartenait en 1763, à Louis-Antoine-François Doublet; chevalier, seigneur de Lorey, Saint-Chéron et Villegats.

La maison de la commanderie était située le long du chemin de Vernon à Dreux. Elle avait deux moulins sur un petit étang: l'un appelé le moulin d'en bas; et le second, le Moulin d'en haut, avec logement pour le meunier, et vingt arpents de terre.

Les terres de Chanu, au nombre de 80 arpents, étaient affermées
en 1581, 100 livres, à raison de 25 sols l'arpent.

Le revenu de tout le domaine, avec les droits de justice et de seigneurie, était: en 1624, de 1.100 livres; en 1725, de 1.200 livres; en 1783, de 2.800 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chapelle du Temple (La)   (23)
La Chapelle du Temple
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Bonnat, Commune: Le Bourg-d'Hem ou La Celle-Dunoise - 23


La Chapelle du Temple
Sources: La Chapelle du Temple


— La Chapelle du Temple, métairie, moulins, prés, terres, pâtures, avec la chapelle de Toutavat. « Revenus 550 livres »

La Chapelle du Temple
— Le Temple était une chapelle qui avait pour fête patronale la Nativité de Saint-Jean.
— Elle dépendait de la commanderie La Forêt-du-Temple
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors. Genève 1883
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Chapelle-Lasson (La)   (51)
Domaine du Temple à La Chapelle-Lasson
Département: Marne, Arrondissement: Epernay, Canton: Anglure - 51


Domaine du Temple à La Chapelle-Lasson
Localisation: Domaine du Temple à La Chapelle-Lasson


La Chapelle-Lasson, « Capella lapsonis », pouillé de Troyes, à 57 kilomètres d'Epernay et 56 kilomètres de Châlons, est assise dans une vallée marécageuse qui a été assainie par un canal de dessèchement.

— L'église, assez remarquable, remonte au XIIe siècle, et paraît être la chapelle d'une maison de Templiers dont on a vu les ruines.
— Les dîmes y étaient levées par le commandeur de Barbonne, le chapitre de Sézanne et le doyen de Gayes. Le curé recevait la portion congrue de l'Ordre de Malte qui avait succédé aux Templiers.
— Ce village était du domaine royal.
Sources: Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. Editeurs H. Laurent, imprimeur de la société académique, Châlon 1861.


Chapelle Lasson
Chapelle Lasson - Sources: Dabco


La Chapelle-Lasson
Chapelle-Lasson (La), commune d'Anglure.
— Capelle, Capella-de-Laçon, 1238 (Teulet, trésor des chartes, tome II, page 385)
— Capella-Lapsonis, 1407 (Pouillé de Troyes, N 265)
— Capella Lassonis, 1443 (Evêché de Troyes, G 22)
— Capella-Lassonis, (pouillé de Troyes, N 35)
— La Chapelle-de-Lasson, 1493 (Archives Nationales Q 671)
— Capella-Lassonie, 1532 (Archives de l'Aude, G 671)
— La Chapelle-de-Lasson, 1535 (Sellières, 9 H 1)
— La Chapelle-Lasson était compris, en 1789, dans l'élection de Sézanne et suivait la coutume de Meaux. Son église paroissiale, diocèse de Troyes, doyenné de Sézanne, était consacrée à Saint Pierre, le grand prieur de France, de l'Ordre de Malte, présentait à la cure.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Marne, par Auguste Longnon. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. XCI
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Chapelle-Vallon (La)   (10)
Domaine du Temple de La Chapelle-Vallon
Département: Aube, Arrondissement: Nogent-sur-Seine, Canton: Méry-sur-Seine - 10


Domaine du Temple de La Chapelle-Vallon
Domaine du Temple de La Chapelle-Vallon


C'était un domaine qui provenait en grande partie du couvent de la Charité-sur-Loire, et dont la charte d'acquisition de 1209, porte que Gaudefroy, prieur du dit couvent, cédait aux Templiers tout ce que lui et ses religieux possédaient à la Chapelle-Vallon, « apud Capellam Valonis », en terres, dîmes, droits de justice et de seigneurie.

Eudes Ragoz, chevalier, seigneur de Saint-Sépulcre, par ses lettres du mois de novembre 1231, accorda aux frères de la chevalerie du Temple et à leurs hommes de la Chapelle-Wallon, le droit de mener paître leurs bestiaux dans la prairie de la Chapelle-Wallon, « de Capella Walonis », depuis le chemin conduisant de l'église de Sainte-Maure, « a monasterio de Sancte Maure », jusqu'à Saint-Savinien, « usque ad Sanctum Savinianum », vers la Chapelle-Wallon.

Il y avait à la Chapelle-Wallon une Maison qui fut détruite pendant les guerres du XVe siècle. Les terres qu'elle comprenait, étaient au nombre de 170 arpents.

La Maison étaient affermées avec la justice du lieu et les revenus seigneuriaux, 100 livres; en 1646 et en 1782, 260 livres.

La maison de La Chapelle-Wallon était une possession de l'Ordre du Temple suite à l'achat fait par les Templiers de Laigneville, aux religieux de La Charité-sur-Loire de tout ce qu'ils possedaient.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Chapelle-Vallon, commune de Méry-sur-Seine
— Cappella Vollonis, 1114 (Camusat, Promptuarium, folio 352)
— Capella-Galonis, 1155 (Ordonnances des roys de France, tome VIII, page 1)
— Capella-Gallonis, 1163 (Camusat, Promptuarium, folio 353)
— Cappellae, 1184 (Ibidem, folio 179)
— Chapelle Vallon, 1292 (Fonds de Notre Dame en l'Ile, archives de l'Aube)
— Cappella Volonis, 1314 (Fonds de la commanderie de Troyes)
— Chappelle Vallon, 1641 (Fonds de la commanderie de Troyes)
— Les petites chapelles, Chapelles Vallon, XVIIIe siècle (Cartes de Cassini)
— Chapelles Vallon ou les Petites Chapelles, XVIIIe siècle (Pouillé)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Aube, par MM. Théophile Boutiot et Emile Sogard. Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXIV.
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Charbonnières (Les)   (77)
Domaine du Temple Les Charbonnières
Département:Seine-et-Marne, Arrondissement: Fontainebleau, Canton: Lorrez-le-Bocage-Préaux, Commune: Remauville - 77


Domaine du Temple Les Charbonnières
Domaine du Temple Les Charbonnières


Ce domaine était autrefois de la justice de Bouchereau, paroisse de Remauville. Il se composait d'une maison et de 130 arpents de terre. Il en dépendait un bois de 350 arpents, appelé le Bois de Moliserve, tenant au chemin de Bouchereau à Nanteau, et aboutissant à celui de Nemours à Remauville.

La maison et les terres des Charbonnières faisaient partie des biens qui furent donnés au XIII, siècle à l'Ordre du Temple, par Gauthier de Nemours. Il en était de même du bois ou de la forêt de Moliserve, « foresta de Moriserva », qui avait été cédée pour le prix de 1,300 livres, ainsi qu'il résulte des lettres de l'official de Sens, du mois de juin 1265, portant ratification de cette vente par Alice, épouse du seigneur Gautier.

Le revenu des Charbonnières était,: en 1551, de 800 livres.
En 1626, il ne restait plus de la maison que des ruines, et les terres étaient en friche. Personne ne se présentait pour les remettre en culture, à cause des grands frais qu'il fallait faire pour cela.

Le commandeur Jean de Midorge fut autorisé à donner en arrentement le domaine des Charbonnières, moyennant une redevance annuelle de quinze livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Charcuble   (71)
Seigneurie de Charcuble
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Mâcon, Canton: Lugny, commune Bissy-la-Mâconnaise - 71


Seigneurie de Charcuble
Seigneurie de Charcuble


La censive et la justice, haute, moyenne et basse, qu'avait le Commandeur de Montbellet à Charcuble, devaient avoir également le même point de départ qu'à Senozan et à Farges. Il devait y avoir en ce lieu, situé sur l'ancienne voie romaine de Mâcon à Autun, au col du mont Saint-Romain, un hospice dépendant du Temple de Montbellet.

Le nom caractéristique de Condemine de l'Hôpital porté par l'un des finages de la censive du commandeur est particulièrement à noter.

Cette justice ou censive s'étendait sur les climats de la Condemine de l'Hôpital, du Champ Petit Oeuf, de la Combe, de la Mure Luron.
Sources: G. Jeanton - Annales de l'Académie de Macon - Troisième série Tome XX - 1916-1917 - Protat Frères, Imprimeurs.

Charcuble hameau, commune de Bissy-la-Mâconnaise
— Carcuble (Charcuble)
— Charcuibles, Charculles (Charcuble)
— Charuble (Charcuble)
— Checubles (Charcuble)
— Charculles, 1360 (C.O., B 11538, f. 18).
— Charcubles, 1381-1382 (C.O., B 11539, f. 7).
— Charcuibles, 1394 (C.O., B 11540, f. 48).
— Charcuble, 1443 (C.O., B 535).
— Chercubles, 1530 (C.O., B 537, f. 9 v.).
— Chereuble, alias Chercuble, 1666 (C.O., C 2887, p. 301).
— Chercubles, 1666 (C.O., C 2889, p. 205).
— Carcuble, alias Charcuble, 1760 (Etat alph., pp. 21 et 26).
— Chercuble, 1763 (Etats-Cassini).
— Charuble, 1780 (Courtépée, III, p. 364).
— Charcuble, 1848 (Etat-major).
— En 1789, Charcuble dépendait des bailliage et recette de Chalon-sur-Saône et formait avec Fragnes et Ouxy, com. de Cruzille une communauté; avant 1784, rattaché à Boyé et Bonzon, com. de Saint-Gengoux-de-Scissé (Etat alph. de 1760, C.O., C 6677). Au spirituel, de la paroisse de Bissyla- Mâconnaise (C.O., C 2887 et 2889).
Sources: Dictionnaire topographique de la France Comprenant les noms de lieux anciens et modernes CTHS
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Charmant   (16)
Maison du Temple de Charmant
Département: Charente, Arrondissement: Angoulême, Canton: Villebois-Lavalette - 16


Maison du Temple de Charmant
Localisation: Maison du Temple de Charmant


Le cartulaire de l'église cathédrale (Abbé Nanglard, 1899, page 177) nous fait savoir qu'à la suite d'une donation généreuse du seigneur Ugbert (1060-1075), l'église de Charmant avait appartenu au chapitre de la cathédrale. De ce fait, on éprouve quelque hésitation à la comprendre parmi les édifices possédés par les Templiers. Cette église leur aura-t-elle été cédée par le chapitre ?
Aucun texte ne permet de le dire, mais l'examen du monument le laisse supposer.


Maison du Temple de Charmant
Maison du Temple de Charmant - Source image Jack Bocar


Deux campagnes distinctes peuvent être observées. Dans la première on construisit la nef, simple salle rectangulaire, couverte en bois et éclairée par des fenêtres en plein cintre. Aucune ornementation n'apparaît. Dans la seconde, à la fin du XIIe siècle, l'église fut complétée par un transept et un choeur, l'un et l'autre richement décorés, la disposition des colonnes jumelles au carré du transept est particulièrement heureuse.

L'opposition entre les différentes parties de l'édifice est frappante. Il est donc possible d'admettre que, primitivement, la nef reconstruite par les Templiers, leur avait servi de chapelle et que, par dérogation, quand le sanctuaire devint commun à la paroisse, ces derniers consentirent à y ajouter un transept et un choeur conformes aux traditions locales. La présence du clocher, comme au Grand Mas-Dieu, renforce l'hypothèse.


Maison du Temple de Charmant
Maison du Temple de Charmant- Sources image Jack Bocar


Une confirmation particulièrement suggestive nous est donnée lorsqu'on découvre à la façade, des croix pattées inscrites dans des cercles. Ces croix se voient sur le pilastre gauche du portail et sur le piédroit d'un enfeu qui n'est autre que celui d'un commandeur. Cet enfeu, entouré d'un cordon de palmettes, apparaît également à gauche de la façade. La présentation de ces croix est d'autant plus significative que leur dessin se retrouve fidèlement reproduit au mur de fond de la chapelle de Cressac, dont nous parlerons plus loin. Des cercles crucifères se voient non seulement à Cressac à gauche de l'oculus, mais encore à la chapelle des Templiers de Magrigne (Gironde), notamment près des piscines. La croix pattée apparaît d'ailleurs sur quelques sceaux de l'Ordre.


Maison du Temple de Charmant
Maison du Temple de Charmant - Sources: Image Jacques Filhol


D'autre part, si le rouleau supérieur reste nu, il n'est pas sans intérêt de découvrir à la voussure inférieure (des cordons moulurés s'ajoutent aux rouleaux; celui accompagnant cette voussure est orné de dents de scie) des godrons rappelant ceux qui ornent l'entrée du Saint-Sépulcre. Cette décoration, rare sur les portails de nos églises, n'est-elle pas de nature à rappeler ce prestigieux sanctuaire, avoisinant jadis l'une des plus importantes maisons de l'ordre ?
Tant d'évocations permettent donc de justifier la présence des Templiers à Charmant.

Comme à l'habitude, le logis du gouverneur était situé près de la chapelle, au nord. Il a été intégré dans la construction d'un château construit pendant les dernières années du XVIe siècle. On peut y voir quelques vestiges, notamment un contrefort percé d'une ouverture étroite ressemblant à une meurtrière, à la face septentrionale, et une tour en encorbellement à l'angle nord-est.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.

Charmant, commune sur le canton de Villebois-Lavalette
— Carmento 1060-1075,
— de Carment, de Charmentis 1117,
— de Charment (Cartulaire église d'Angoulême);
— Charmens 1405 (Lib. feodales).
— Caromantia, « la hauteur amie », Caro- (ami) et manti- (grandeur) sont des termes de noms gaulois (Dottin). De manti vient le français maïnt. Comp. Carantona, « la rivière amie », la Charente. Charmant est sur une hauteur. Jean Talbert, 1928.

— Eglise Notre-Dame entourée de tilleuils centenaires.
— Nef triangulairew du XIIe siècle, transept et coupole sur pendentif du XIIIe siècle.
— Abside en cul-de-four.
— Les Templiers avaient installé une commanderie tout au haut du village dont il reste quelques traces près de l'église.
— Clocher gothique octogonal du XIVe siècle détruit par un orage en 1843 et reconstruit.
— Peintures murales.
— Chateau de Charmant XVIe et XVIIe siècle.
— Fut le siège d'une commanderie de Templiers.
— Bâtiments du XVIe siècle fait corps avec celui du XVIIe siècle.
— Porte avec linteau avec fenêtres jumelles décoré de beaux écussons, entourés de pilastres.
— Façade ajourée d'une galerie à arcades en plein cintre, accostée d'une tourelle d'angle en encorbellement. Arcades aussi sur le coté.
G. Delage, Contribution à l'Etude des Noms de Lieux de la Charente, MSAHC, 1965, pages 227-228
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Charmoy   (52)
Seigneurie du Temple de Charmoy
Département: Haute-Marne, Arrondissement: Langres, Canton: Fayl-Billot, Commune: Rougeux - 52


Seigneurie du Temple de Charmoy
Seigneurie du Temple de Charmoy


Charmoy, seigneurie en toute justice, dîmes et un beau domaine. A Bougeux, seigneurie et domaine.
César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Seigneurie de Charmoy
Charmoy, commune de Fays-Billot.
Charmoy était de la province de Champagne, baillage et élection de Langres.
La Seigneurie était partagée entre le commandeur de La Romagne (Côte-d'Or) et l'Abbaye de Beaulieu.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Haute-Marne - Alphonse Roserot - Paris MDCCCCIII.
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Charny (77)   (77)
Domaine du Temple de Charny
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Meaux, Canton: Claye - 77


Domaine du Temple de Charny
Localisation: Domaine du Temple de Charny


C'est par des acquisitions successives que les Templiers formèrent, au XIIIe siècle, leur domaine de Charny, distant seulement d'un quart de lieue du chef-lieu de la commanderie de Choisy-le-Temple.

Simon de Compans, chevalier, et sa femme, Adèle, fille de Guillaume de Cornillon, donnèrent en 1217, aux frères du Temple de Choisy, toute la terre qu'ils avaient au territoire de Charny.

En 1221, Haton de Charny, leur vendit dix arpents de terre au même lieu, pour le prix de 10 livres l'arpent.

Bientôt après, ils acquirent une partie de la terre et seigneurie de Charny, de Guy, vicomte de Corbeil, qui, par des lettres expédiées sous le sceau de l'archidiacre de Meaux, en 1222, donna aux frères de la chevalerie du Temple de Choisy, deux arpents de la terre de Charny, à prendre où ils voudraient, pour bâtir une maison, et leur céda ensuite, pour le prix de 100 livres parisis et 15 livres de Provins, tout ce qu'il possédait au même lieu, en terres, champart, hôtes et censives, avec le consentement de Raoul Chicart, chevalier, et de Pierre de Cornillon, dans le fief desquels les biens donnés ou vendus se trouvaient.

Les Hospitaliers qui remplacèrent les Templiers à Charny, en complétèrent le domaine et la seigneurie, en achetant en 1457, de Jacqueline des Essars, dame de Charny, tous les droits et parts qu'elle avait dans cette terre, avec les fiefs des Rabâches, des Douaires et de Beauvais qui en dépendaient.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Charny (89)   (89)
Seigneurie du Temple de Charny
Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre, Canton: Charny - 89


Seigneurie du Temple de Charny
Localisation: Seigneurie du Temple de Charny


Cette Maison était une dépendance de la Maison du Temple de Chambeugle. Les Templiers de Charny possédaient une douzaine de maisons dont une maison administrative, une grange, des participations à un moulin, (une des maisons jouxte une porte de la ville).

Les templiers possédaient leur faubourg hors de l'enceinte.
L'entrée ouest du pont était gardée par un château, le Bignon. On appelait Bignon une source importante alimentant un plan d'eau. Le château a disparu mais ses dépendances ont survécu, c'est le Clos actuel. Les deux caves, la basse et la haute, dépendaient de la même demeure féodale.
Les seigneurs de Chêne-Arnoult, les Corquilleroy possédaient également une résidence sur la châtellenie de Charny, le château d'Arrabloy devenu Rablay.

Les templiers exploitant les ferriers possédaient, outre la Commanderie de Chambeugle qui était leur camp de base, des extensions locales à:
La Grange-RougeLa Grange Rouge, membre du Temple de Charny
La Grange Rouge, membre du Temple de Charny

A PrunoyPrunoy, membre du Temple de Charny
Prunoy, membre du Temple de Charny
et
A Saint-Martin-sur-OuanneSaint-Martin-sur-Ouanne
Saint-Martin-sur-Ouanne, membre du Temple de Charny


La croix rouge, emblème des templiers, apposée sur la porte de la grange est à l'origine de la dénomination de ces lieux.
A la Grange Rouge de Prunoy les templiers avaient rasé les bois permettant aux chercheurs de fer d'exploiter le minerai sauf le bois de Marolles, réservé comme futaie pour fournir du bois d'oeuvre.

Un chemin, encore existant de nos jours, conduisait de la Grange-Rouge à la forge des Moulins Neufs en passant par Cocico. Les moulins neufs, situés près de la passerelle conduisant aux prés de l'Erable, deviendront par la suite le moulin de la Ville puis l'Ancien Moulin de nos jours.
Le bourg possédait un moulin plus ancien, le moulin de la Gravière.
Les habitations les plus confortables, entourées d'une courtille étaient situées rue Saint-Ladre. Les censives (charges) que les habitant devaient payer à la ville étaient le double de celles réclamées aux demeures plus modestes.

Les Templiers de Chambeugle s'opposèrent dans un procès au seigneur de Prunoy au sujet d'un droit d'usage dans les bois de la Grange Rouge débordant sur Prunoy. Un autre différend intervint entre les mêmes Chevaliers et le curé de Charny au sujet de la perception des dîmes des Cisterciens de Fontaine-Jean.

Au XIIe siècle le passage traditionnel par la Voie Creuse à Ponnessant fut peu à peu délaissé au profit du pont de Malicorne, des Gués et du ravin des Oiseaux pour finalement s'effectuer de façon définitive par Charny et son pont. Les déviations s'effectuèrent alors au bénéfice de Charny. Le passage Sommecaise, Perreux, Ponnessant, entre-autres, sera délaissé par les Templiers et les Cisterciens. Les pèlerins venant de l'est en route pour Compostelle emprunteront le nouvel axe. Le bourg s'allongera en direction du pont et sa population s'agrandira.
Sources: Pierre Jeauneau - Yonne, Terre de Passion - Ouvrage édité par l'auteur en Juin 2003

Domaine du Temple de Charny
C'est par des acquisitions successives que les Templiers formèrent, au XIIIe siècle, leur domaine de Charny, distant seulement d'un quart de lieue du chef-lieu de la commanderie.


Eglise de Charny
Eglise de Charny - Sources: Notre Famille.com


Simon de Compans, chevalier, et sa femme, Adèle, fille de Guillaume de Cornillon, donnèrent en 1217, aux frères du Temple de Choisy, toute la terre qu'ils avaient au territoire de Charny.

En 1221, Haton de Charny, leur vendit dix arpents de terre au même lieu, pour le prix de 10 livres l'arpent.

Bientôt après, ils acquirent une partie de la terre et seigneurie de Charny, de Guy, vicomte de Corbeil, qui, par des lettres expédiées sous le sceau de l'archidiacre de Meaux, en 1222, donna aux frères de la chevalerie du Temple de Choisy, deux arpents de la terre de Charny, à prendre où ils voudraient, pour bâtir une maison, et leur céda ensuite, pour le prix de 100 livres parisis et 15 livres de Provins, tout ce qu'il possédait au même lieu, en terres, champart, hôtes et censives, avec le consentement de Raoul Chicart, chevalier, et de Pierre de Cornillon, dans le fief desquels les biens donnés ou vendus se trouvaient.


Eglise de Charny
Eglise de Charny - Sources: Yves Ducourtioux


Les Hospitaliers qui remplacèrent les Templiers à Charny, en complétèrent le domaine et la seigneurie, en achetant en 1457, de Jacqueline des Essars, dame de Charny, tous les droits et parts qu'elle avait dans cette terre, avec les fiefs des Rabâches, des Douaires et de Beauvais qui en dépendaient.

La visite prieurale de 1495 contient sur Charny, membre de Choisy, ce qui suit: « Empres de Soysy, a ung villaige a deux traicts d'arc, nommé Charny, lequel donna une dame dudit lieu de Charny en partie; auquel a xx a xxv habitans qui sont de la justice de la religion tenue en partie en fief de Monseigneur l'évesque de Meaulx, et à cause de ladite jurisdicion y a justice dressée à troys pilliers. »

La maison de Charny se composait, au XVIe siècle, d'une ferme avec 350 arpents de terre. Le Commandeur avait dans l'église du lieu, tous les droits honorifiques, et la dîme sur tout le territoire. Il possédait encore des terres aux environs de Charny, à Messy, Vineuil, Vinantes, Chaconin, Neufmoutiers, etc. Il avait un moulin à blé à Précy, avec des cens au dit lieu, ainsi qu'à Congy.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Charrieres   (23)
Maison du Temple de Charrières
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Royère-de-Vassivière, Commune: Saint-Moreil - 23


Maison du Temple de Charrières
Maison du Temple de Charrières


1. Chef. Charrières
Charrières, En Poitou, diocèse de Limoges, ressort de Montmorillon, à 8 lieues de Limoges, à 2 de Bourganeuf, à une lieue de Peyrat-le-Château, consiste en une église, un château, étangs, prés, terres, bois, métairie, moulin. « Revenu 290 livres »
Charrière, près de Saint-Maureil, sur la carte de Cassini Charieras.

Charrières, commune de Saint-Moreil.
— Capella de Carreriis, 1282 (Archives Haute-Vienne - Cartulaire O Domina, fº 70, vº).
— Preceptor domus de Carreriis, 1398 (chartier de Charrières).
— Carreria.
— Etait une cure de l'ancien archiprêtré d'Aubusson, qui comptait au siècle dernier 280 communiants. Sa fête patronale était celle de sainte Claire, jadis de saint Jean-Baptiste. Le commandeur du lieu y faisait les nominations (1687-1765).
— Par décret du 30 septembre 1829, la commune de Charrières fut unie à celle de Saint-Moreil. Ses villages étaient:
— Barde (La).
— Champagnat.
— Colomberie (La).
— Faurie (La).
— Montchenis (Le).
— Moulin (Les).
— Prévenchères.

— Charrière était une commanderie des chevaliers du Temple en 1282. L'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem y possédait, à la fin du XVIIe siècle, une grande église et un château. L'église, placée sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, était desservie par un vicaire perpétuel, à qui le commandeur servait un traitement de deux cents livres. La visite de 1684 nous apprend que de cette habitation dépendait une terre de trois quartes, un pâturage de trois sétérées, une forêt d'environ cent cinquante sétérées, le tout contigu, et une petite châtaigneraie. Le commandeur possédait encore les étangs de Charrières, de Monthioux, de Présenchères, et percevait des dîmes sur les lieux de La Faurie, des Moulins-de-la-Barde, de la Colomberie, de Présenchères, de Champagnac, de Montcheny, du Puy, d'Oche, de Truffy, du Petit-Auriat, de l'Estrade, de Saint-Amand-le-Petit, du Vigon et de la Chassagne (A. Vayssières, l'Ordre de Malte).

— Les commandeurs de Charrières dont les noms me sont connus sont:
— Monseigneur de Dio, baron de La Roche, commandeur de Charières, Sainte-Anne et du Nabeiron en 1588.
— Louis d'Aubusson, précepteur de Charrières et de Gentioux, commandeur de Charroux (1445-1468).
— llustrissime seigneur frère Jean de Farsac, commandeur de Charrières (1663).
— Messire Léonard François de Chéniers de Saint-Maurice, grand prieur d'Auvergne, commandeur, seigneur de Bourganeuf, de Belle-Chassaigne et de la commanderie de Charrières (1727).
— Messire Louis-Nicolas Rollat de Marsay, succéda au précédent dans la commanderie de Charrières en janvier 1730, vivait le 15 décembre 1745.
— Au point de vue judiciaire, Charrières dépendait de la justice d'Auriat.
Sources: Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de La Creuse, par A. Lecler, Limoges 1902

2. Membre.
Département: Dordogne, Arrondissement: Bergerac, Canton: Eymet, Commune: Saint-Capraise-d'Eymet - 24
Saint-Maurice, à 5 lieues de Libersac, à 15 du chef et proche le bourg Saint-Robert où il y a église paroissiale, un domaine, vignes, prés, dimes. « Revenu 145 »

3. Membre. Chaumont


Domaine du  Temple à Chaumont
Localisation: Domaine du Temple à Chaumont


Chaumont en Limousin, justice de Pompadour, éloigné d'icelui 1 lieue, 5 lieues de Saint-Robert, à 16 lieues de Limoges, où il y a une chapelle, terres, dimes et rentes. « Revenu 4095 »

4. Membre. Gentioux
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Gentioux-Pigerolles - 23


Maison du Temple de Gentioux
Localisation: Maison du Temple de Gentioux


Gentioux, à 5 lieues du chef, diocèse de Limoges, maison, étangs, près, dimes.

Gentioux
En 1281 on trouve Ecclesia de Gensio (Chartier de Blessac.)
— Praeceptoria de Gensuls en 1398 (Chartier de Charrières.)
— Praeccptor de Gensieux, XIVe siècle (Pouillé)
— Parrochia de Gencioulx 1159, de Gencieux 1492, Gencieulx 1506, (Archives de M. Barjaud.)
— Bourg de Gencioux, 1615. (Généralité La Roche Aymon, 440.)
— En 1484 il y avait à Gentioux une commanderie de Malte qui fut annexée à la grande commanderie de Charrières Elle appartenait, jadis aux Chevaliers du Temple.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Dordogne. Par M. Le Vicomte de Gourgues. Paris Imprimerie Nationale, M. DCCC. LXXIII

Etat de la Commanderie en 1745.
Charrières. Saint-Maurice et Saint-Robert. Gentioux. Palliers. Chaumont.
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Lyon, 1883

Maison du Temple de Charrières
La Maison de Charrières, fut fondée par l'Ordre du Temple en XIIIe siècle, elle possédait une forêt et une chapelle à Bourganeuf.

C'est un vieux chevalier du Temple, frère Géraud de Saint-Martial qui, en 1307, était précepteur de Charrières « de Charreriis de senescallia Pictaviensis, diocesis Lemovicensis »
Interrogè, en 1308, à Rome, il raconta qu'il avait reçu l'habit du Temple, il y avait environ cinquante ans, des mains de frère Etienne de « Loriut », précepteur du Limousin, en une maison du Temple appelée Chamberaud. Peu après son admission, il était allé outre mer et y avait passé vingt-quatre ans.

Pour n'avoir pas compris quel genre d'aveux on attendait de lui, il avait été mis à la torture « in duris tormentis », puis enfermé dans une tournelle trois semaines durant, mis au pain et à l'eau et ensuite amené à Poitiers pour y être incarcéré « Schottmuller, tome II, page 64 »

Précepteur de Charrières
1307, frère Géraud de Saint-Martial, chevalier.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.
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Charroux ou La Marche   (03)
Maisons du Temple de la Marche
Département: Allier, Arrondissement: Moulins, Canton: Chantelle, commune: Charroux - 03


Maisons du Temple de la Marche
Maisons du Temple de la Marche


La commanderie de la Marche (commune de Charroux). On ne sait rien du passé de la Marche, antérieurement aux Ordres Religieux. On ignore même quand et comment les Templiers en devinrent possesseurs et quand cette commanderie fut réunie à celle du Mayet-d'Ecole. On sait seulement qu'en 1513 Antoine de Beauvoir avait le titre de commandeur de la Marche et Mayet. On remarque au fronton d'une ancienne porte deux écussons sculptés, accolés, meublés chacun d'une croix et qui sont ceux des deux ordres militaires qui se sont succédés à la Marche. En janvier 1588, l'armée protestante, vainqueur des catholiques à Cognat-Lyonne, passa par Charroux et ruina la commanderie presqu'entièrement. En 1793, elle fut vendue comme Bien National et fut convertie en exploitation agricole.
Sources: Georges Chatard - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

Maisons du Temple de la Marche
Cette maison du Temple, était située dans le diocèse de Clermont et le pays de Combrailles:
« in domo Templi Marchie », « in domo de la Marcha »

Les enquêtes de Clermont et de Paris nous donnent les noms des trois ou quatre derniers commandeurs de la Marche; le dernier était un prêtre du nom de Jean de Menat ou d'Aigueperse « Procès de Clermont, pièce 4 »

Ce Jean, qui fut enquêté à Clermont et à Paris, a un peu varié dans ses dépositions:
— Une première fois, il prétend avoir été reçu Templier, en 1289, en la maison de la Marche par le précepteur de la maison, frère Pierre du Carrefour ou du Carouge « de Cadruvio », « de Cadrunio », « Pierre du Carrefour fut envoyé ensuite à Chamberaud », sur l'ordre du précepteur d'Auvergne Géraud de Sauzet « Procès de Clermont, pièce 7 ».

« Procès, pièce 21 ».
— Puis il revient sur sa déclaration, et dit avoir été reçu, en 1279, par G. de Sauzet, en présence des frères Pierre du Carrefour, Dalmace « Giri » et d'autres.

— Enfin, à Paris, il maintient la première époque indiquée (1289), désigne comme recevant G. de Sauzet et cite parmi les Templiers présents Durand Matras, prêtre, Géraud de Brive, Pierre du Carrefour, etc.

Procès des Templiers tome II, page 133
Frater Johannes de Menât serviens, preceptor domus Templi de Marchia Claramontensis diocesis, testis supra juratus, quinquagenanus vel circa, mantellum ordinis et barbam defferens, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Claramontensem,. lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur. Dixit nempe se fuisse receptum in capella domus Templi de Marchia, circa instans festum beati Bartholomei erunt triginta duo anni vel circa, per fratrem Gerardum de Sanzeto militem quondam, preceptorem tunc Alvernie, presentibus fratribus Durando Malras presbitero, Gerardo de Briva, Petro de Quadrivio, de Sunctis, et Ademaro la Burgieyra Lemovicensis diocesis, quem credit vivere, iri hune modum nam petita societate ordinis et ei concessafecit eum jurare quod non revelaret secretacapitulorum, et vovere castitatem, obedienciam, et vivere sine proprio, et precepit ei quod servaret bonos usus et bonas consuetudiiies ordinis et imposito sibi mantello, dicti receptor et astantes fuerunt eum osculati in ore.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Procès des Templiers tome II, page 250
Frater Johannes Sarraceni serviens, Bituricensis diocesis, testis supra juratus, Lv annorum vel circa, qui voluntarie mantellum dimiserat et radi fecerat sibi barbam, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Claro montensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur videlicet quod ipse receptus fuerat in capella domus Templi de Turreta Claromontensis diocesis, circa instans festum beati Martini hiemalis erunt circiter x anni, per fratrem Humbertum Blanchi militem detentum In Anglia, presentibus fratribus Johanne de Menac preceptore de Marchia, testé supra examinato, Bonito presbitero de Alvernia, Hugone de Borneto et Stephano de Sanzeto servientibus, deffurictis.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Jean de Menat paraît donc avoir sollicité la robe du Temple à la Marche, en 1289; on sait que les réceptions avaient souvent lieu à la suite de chapitres tenus par le commandeur de la province, et la maison de la Marche était de celles où pouvaient se tenir des chapitres, car Jean, lui même, dit que Pierre de Madic, alors qu'il n'était que lieutenant du précepteur d'Auvergne, tint des chapitres à la Marche.

Procès des Templiers, tome II, page 135
Item, dixit quod bene credebat ecclesiasticis sacramentis, et credit quod alii fratres ordinis eodem modo crederent, et quod eorum sacerdotes debite celebrarerit. In terminacione capitulorum particularium et provincialium quibus adfuit, vidit et audivit quod laici capitulia tenentes absolvebant, auctoritate domini Pape, fratres ordinis ab inobedienciis eorum, et dicebant quod de peccatis occuitis coniiterentur sacerdotibus; et predicta vidit et audivit fieri per fratrem P. de Madito, locum tenentem preceptoris Alvernie, quando tenebat capitulia in dicta domo de Marchia
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

D'après ce qui précède, Pierre du Carrefour était précepteur de la Marche aux environs de l'an 1289; entre Jean de Menat et lui se place frère Géraud de Brive, par qui fut reçu à la Marche, vers 1293, Pierre de Montagnac (ou Montignac), « Procès de Clermont, pièce 33 »

Enfin, en tête des trois maîtres de la Marche, que nous venons de citer, il faudrait placer Francon de Bort, si nous en croyons frère Barthélemi d'Ussel, lequel déclara, en 1309, avoir été reçu, il y avait quarante ans passés, par Francon de Bort, alors précepteur de la Marche, en présence de frère Pierre du Breuil et d'autres « Procès de Clermont, pièce 26 »
— Or la date indiquée par Barthélemi est peut-être erronée, car Pierre du Breuil ne fut reçu à la Marche par le commandeur de l'Auvergne, Raymond del Boysso, que vers 1279 « Procès de Clermont, pièce 31 »

Enfin, un autre Templier, Jean « de Orto », reçu à la Marche par Francon de Bort, vers 1274, le désigne comme précepteur de l'Auvergne « Procès de Clermont, pièce 31 », alors qu'il ne l'était peut-être encore que de la commanderie de la Marche.

Le dernier commandeur de l'Auvergne, Humbert Blanc, vint lui aussi à la Marche, en 1302, pour recevoir Robert Martin « Procès de Clermont, pièce 28 » et en 1304, époque où il reçut Pierre de Bonfont « Procès de Clermont, pièce 27 ».

Procès des Templiers, tome II, page 253
Ipse tamen hoc non fecit, nec fuit requisitus, nec credit quod in ordine fieret, sed credit quod dixerint mendacium; receptor tamen non dixit ei istud, sed de abnegacione et spuicione, et quod erant de punctis ordinis, et credit quod dicta abnegacio et spuicio et non alia illicita intervenirent communiter et ubique in recepcionibus aliorum fratrum ordinis, quia ista et non alia illicita intervenerunt in recepeione sua, et quia vidit per dictum modum recipi fratrem Petrum de Bono Fonte, testem heri examinatum, in quadam camera domus Templi de Marchia Claromonterisis diocesis, per fratrem Humbertum Blanchi militem, sunt circiter quinque anni, presentibus fratribus Johanne de Menat, teste supra examinato, et Johanne Roberti presbitero, detento apud Exodunum Bituricensis diocesis; et fratrem Petrum Poyntet bergerium de Bituria, servientem, de cujus vita vel morte non habet certitudinem.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Un autre Templier, Guillaume Reynier, interrogè à Clermont, nous apprend que ce fut le précepteur de France, Gérard de Villiers, qui le reçut, en 1303, à la Marche « Procès de Clermont, pièce 19 ».

Procès des Templiers, tome, II, page 134
Audivit tamen dici quod quidam presbiter ordinis mortuus perpetrabat dictum crimen cum personis qui non erant de ordine, et credit quod predicta illicita confessata per eum intervenirent comniuniter in recepcionibus aliorum fratrum ordinis, quia vidit et audivit quod intervenerunt in recepcione fratris Guillelmi Raynerii servientis, Claramontensis diocesis, apud Riomum detenti, qui fuit receptus in dicta capella, circa instans festum nativitatis beati Johannis Baptiste erunt circiter decem anni, per fratrem Gerardum de Villaribus militem tunc preceptorem Francie, qui affugit, presentibus fratribus Stephano de Riyo, Petro de Quadrivio, deffunctis, et Petro de Montinhaco Claramontensis diocesis, quem credit vivere, et in recepcione dicti Pétri de Montinhaco, quem primo videratrecipi in dicta capella, sunt circiter xm anni per fratrem Gerardum de Briva tunc preceptorem dicte domus, de cujus vita vel morte non-habet certitudinem, presentibus fratribus Francone de Montinhaco ayunculo dicti Petri, Guillelmo de Mancio servientibus, de Sunctis; plurium recepcionibus dixit se non adfuisse.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Précepteurs de la Marche
Vers 1269, frère Francon de Bort, chevalier.
(Francon de Bort est appelé aussi Francon de la Marche « Procès de Clermont, pièce 32 »)
Vers 1289, frère Pierre du Carrefour.
Vers 1293, frère Géraud de Brive.
Vers 1300-1307, frère Jean de Menat, prêtre.
Pour la Marche, voir encore, Schottmuller, tome II, page 27.
Sources: Trudon-des-Ormes, Liste des Maisons et de quelques Dignitaires de l'Ordre du Temple, en Syrie, en Chypre et en France. D'Après les pièces du Procès des Templiers. Revue de l'Orient Latin, tomes V, VI, VII. Ernest Leroux, Editeur. Paris 1897, 1898, 1899.

Vous pouvez aller sur ce site pour plus d'informations:
La Marche Charroux et La Marche Charroux Historique

La Marche durant les guerres de Religions
1251, Emery, prieur de Chantelle et Guillaume, précepteur de la milice du Temple de La Marche, concluent un échange par lequel le couvent de La Marche donne des cens à Taxat et Sare, contre une dîme à La Clote, aujourd'hui La Flotte, et Eschiat.
La Marche était alors une seigneurie ecclésiastique, dont la chapelle et les bâtiments ont été fortifiés et enfermés dans une enceinte.
Après le Procès de l'Ordre du Temple, La Marche fut attribuée à l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Les structures subsistent encore aujourd'hui, mais les bâtiments sont occupés par une exploitation agricole.
Sources: Abbé Mandet, Charroux d'Allier. Archives Historiques du Bourbonnais, tome I, pages 221 à 225. 1890

La Marche durant les guerres de Religions
Après la bataille de Cognat, près de Gannat, le 6 janvier 1568, où les Catholiques furent malheureusement vaincus, un corps de Huguenots, sous le commandement de Bruniquel et de Paul Richard de Mouvans, dit le Brave, se dirigea vers la ville de Charroux, afin de s'en rendre maître. A son passage au Mayet-d'Ecole, il brûla les bâtiments de la commanderie de l'ordre de Malte, et après avoir traversé la Sioule, à Jenzat, sur le pont de bois qui y avait été jeté depuis longtemps, et qu'il brûla aussi, il prit le chemin de Charroux. Arrivé à la commanderie de la Marche, située sur l'ancienne voie romaine de Augustonemetum Clermont ad Avaricum Bourges, et qui était, dans l'origine une Maison de Templiers incorporés après leur massacre en 1311, sous le règne de Philippe le Bel, aux biens de l'ordre de Malte, il l'envahit, massacra tous ceux qui l'habitaient, la pilla et ensuite l'incendia. Ce que les flammes avaient épargné, tomba sous les coups du bélier ou du marteau. A peine resta-t-il quelques débris du fronton de son élégante chapelle, débris qui se voient encore en partie, et où l'on remarque deux écussons aux armes de l'ordre de Malte, incrustés dans le chapiteau d'une ancienne porte cintrée. A la place de cet antique séjour de preux chevaliers se trouvent les bâtiments d'un beau domaine appartenant à M. Etienne Boirot, député du département de l'Allier, de 1833 à 1837, et maire de Charroux, sa ville natale. Les Protestants, après avoir saccagé et ruiné cette commanderie, s'avancèrent sur Charroux, pour l'investir et en faire le siège.
Sources: Tablettes Historiques de L'Auvergne: Comprenant Les départements du Puy-de-Dôme, du Cantal, de La Haute-Loire et de L'Allier. (Livre numérique Google)


La Marche durant les guerres de Religions
Pendant que l'armée des catholiques gagnait en toute hâte les places fortes d'Auvergne voisines du théâtre de sa défaite, c'èst-à-dire Aigueperse, Riom, Clermont et Montferrand où un triste sort les attendait, l'armée des Religionnaires se dirigeait vers le Berry, laissant elle aussi partout des traces de son passage et notamment à Gannat, Charroux, Chantelle, Le Montet, Hérisson, Cérilly, et Ainay-le-Château. Les vainqueurs se rendirent immédiatement de Cognat à Gannat, dont la châtellenie comprenait en cette même année 1568, quinze paroisses et quatorze cent dix feux. N'ayant plus à craindre de rencontres dangereuses, l'armée s'était divisée probablement afin de pouvoir rejoindre plus vite et plus facilement Condé qui les attendait dans le Berry.

De Gannat, un détachement à la tête duquel se trouvaient Bruniquel et Mouvans, prend le chemin de Charroux; préludant à leur entrée dans cette ville par le pillage et la destruction de la commanderie de la Marche, ancienne Maison de Templiers. lndignée de cet acte de barbarie, malheureusement trop commun alors de part et d'autre, la ville s'apprête à faire une résistance énergique, voulant défendre jusqu'à la mort ses croyances et son roi.
Sources: Assises scientifiques du Bourbonnais 1866. - Les Guerres de Religion et les troubles de la Fronde en Bourbonnais. (Livre numérique Google)
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Chartres   (28)
Maison du Temple de Chartres
Département: Eure-et-Loir, Arrondissement et Cantons: Chartres - 28


Maison du Temple de Chartres
Maison du Temple de Chartres


La maison des Templiers était contiguë à celle des Hospitaliers, dans le Muret également, à l'endroit précis où est actuellement l'ancienne chapelle des Carmélites, aujourd'hui la Cour d'Assises. En 1183, elle était entourée de murs élevés.
Le Chapitre impose alors à l'Hôtel-Dieu de Chartres l'obligation de clore une de ses maisons située près de là, rue des Vasseleurs (ou des Lices), comme l'était la maison voisine des Templiers: « Tali muro qualis est circa domum fratrum de Templo. » (Cartulaire. de Notre-Dame. tome I, page 210).

Deux autres actes précisent l'emplacement de cette maison. Elle était dans le faubourg du Châtelet: « fratribus Templi in vico Casteleti », mais dans la partie neuve dite le Muret: « in novo vico Murioli »
Charte XXII: Guillaume de Chartres, voulant aller combattre en Orient, se fit Templier et donna à l'Ordre 100 sous de cens sur le bourg du Chatelet à Chartres, Robert de Chartres, son frère, ignorant ce fait, avait donné ce bourg en dot à sa soeur. Les Templiers acceptèrent en échange des terres à Bucé et 20 sous de cens sur le nouveau bourg du Muret.
Et du côté de la porte Saint-Jean en Vallée: « juxta portam Valeie », maison d'ailleurs réputée en 1197 comme provenant de la donation récente de Simon de Chevreuse.
Charte CCV: Accord avec l'aumône au sujet de la maison donnée par Simon de Chevreuse.

En 1271, Baudouin de Cornouailles et Culvende, sa femme, augmentèrent l'enclos par l'abandon d'un autre immeuble, également situé du côté de la porte Saint-Jean: « Domum sitam apud portam Sancti Johannis in Valeia, in censiva elicti Templi »
Charte CLXVI: En février 1270, Randoin de Cornouailles et sa femme Culvende se donnent eux et tous leurs biens aux Templiers, en particulier une maison près de la porte Saint-Jean-en-Vallée à Chartre.

Cette maison était appelée la maison de Beauvoir « de Bello videre », distincte des maisons du grand et petit Beauvais appartenant au Chapitre: « In vico magni Bellividere habet Capitulum quasdam domos sitas a parte sinistra dicti vici eundo de porta nova in eumdem vicum, ab appositis domorum Templariorum (Cartulaire de Notre-Dame, II, page 408). »

L'enclos des Templiers était donc plus rapproché de la porte Saint-Jean, et séparé des Jacobins, (aujourd'hui couvent des soeurs de Saint-Paul) par le prieuré des Hospitaliers.


Plan de Chartres au XIIIe siècle
Voir le plan de Chartres au XIIe siècle.



Aux XIV, dès la réunion des biens du Temple aux biens Hospitaliers, et jusqu'au XVIIe siècles, les Hospitaliers en firent la résidence des commandeurs, sans y construire ou améliorer l'ancienne maison des Templiers. La Maison du Temple d'Arville fut restauré au XVIIe siècle, elle fut alors préféré à l'ancienne maison du Temple de Chartres.

Les Carmélites sollicitèrent près du roi et du pape l'autorisation d'acheter les anciens immeubles des Templiers abandonnés, que l'acte d'acquisition nous montre à l'état de ruine.

Voici les principaux passages de cet acte que nous devons à la communication bienveillante de M. Lestrade, notaire à Prunay le Gillon.

« Comme ainsi soit que dans la ville de Chartres, il y ait eu depuis plusieurs siècles un lieu, maison et jardin vulgairement nommé les Hospitaliers, dépendant de la Maison du Temple de Sours, hérité par l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dans lequel autrefois les sieurs commandeurs de Sours faisaient les cens et rentes dues à ladite commanderie et y exerçoient la juridiction qui leur appartient à cause de ladite commanderie, cequi a esté depuis longtemps discontinué, n'ayant ledit lieu été occupé que par de simples locataires, auxquels lesdits sieurs commandeurs ou leurs fermiers en ont fait bail à somme modique, et parce que les bâtiments de ladite maison sont vieux et caducques, les réparations à faire de temps en temps en diminuant le revenu; étant arrivé qu'assez proche de ce lieu les religieuses Carmélites de ladite ville de Chartres auraient voulu s'establir et pour s'accroître auraient traité d'une des maisons appartenantes aux doyen, chanoines et Chapitre de Notre-Dame, contigüe à la maison des Hospitaliers, dont elles auraient aussi souhaité faire l'acquisition.., elles se seraient pourvues par devant M. le grand prieur de France et messieurs les commandeurs... le jour de Saint-Barnabé 1631... Le commandeur de Sours aurait informé... et dressé procès-verbal, le 25 aoust 1635, signé par plusieurs notables... approuvé par l'official de Mgr l'Evêque... contenant que ladite maison ne pouvoit produire plus de 40 ou 50 livres de revenu... Lesdites religieuses ont offert d'abord 6000 livres, mais l'ordre de Malte, selon sa louable coutume, ne pouvoit consentir de faire aucune aliénation de domaines de ses commanderies, dont le fonds est inaliénable et hors de commerce..; lesdites religieuses auraient eu recours à Sa Sainteté et obtenu un bref Apostolique portant permission à l'Ordre de traiter par voie de permutation... Après plusieurs commissions, visites et en dernier lieu par une dernière conclusion de Monsieur de Bussy-Rabutin, grand prieur de France, du chapitre provincial tenu à Paris le 16 juin 1651, Messieurs Louis de la Rivière de Laon, procureur du commun trésor, François Alexandre Delbenne de Villedieu, de Bailleul, de Bellecroix et Castres, receveur dudit commun trésor, Pierre Des Guets Lapotinière d'Estrepigni, Gilbert Dellebenne et Guillaume de la Brosse, tous commandeurs se sont transportés sur les lieux le 22 octobre 1651 et ont fait visite... et reconnu le peu de valeur d'iceux, la ruine et décadence des bâtiments... et par suite que l'aliénation ne pouvoit être dommageable... Les Carmélites ayant offert 9000 livres... le roi et la reine ayant été informés du préjudice qu'en souffroient les religieuses pour le dessin du monastère qu'elles vouloient construire et édifier, leurs Majestés auroient eu la bonté d'en faire la demande instante à son Eminence, Mgr le Grand Maître de Malte, lequel inclinant à une si recommandable prière... auroit fait rendre un décret du 24 avril 1656... et un second décret du 15 juin 1658, en vertu desquels frère Gilbert Delbenne, chevalier commandeur de Sours et Arville... Marie Madeleine de Jésus, humble prieure du grand couvent des Carmélites, dite de l'Incarnation, faubourg Saint-Jacques de cette ville de Paris, au nom des Carmélites de Chartres... le 5 novembre 1658, ont fait les échanges suivants... à savoir: la maison et lieu des Hospitaliers, ainsi qu'il se poursuit et comporte, scitué en ladite ville de Chartres en la rue de... (le nom est effacé entièrement), d'un bout aux dites religieuses Carmélites, d'autre bout à ladite rue, d'un côté et d'autre aux autres rues aboutissants proche le monastère des Jacobins de ladite ville de Chartres, contenant la quantité de 45 perches de terre et consistant en une cour et jardin, entre lesquels sont les bâtiments de la maison, consistant en chambre basse, cuisine, garde robbe, garde manger et petite chambre, joignant une haute chambre, autre garde robbe, cabinet et grenier dessus, et une montée hors oeuvre, sur le haut de laquelle il y a un petit pavillon en forme de guérite, et dans la cour deux espaces de bastimens servant d'escurie, où il y a un grenier dessus, et deux petits espaces d'apentils, le tout couvert de thuile et le lieu enclos de murailles, pour 11,000 livres, pour être employées à l'achat d'une métairie près la commanderie de Sours... Et afin que l'ordre puisse conserver quelque portion du lieu ci-devant échangé, faire connaître que l'aliénation n'en a pas été faite sans cause, mais pour raison de piété et au surplus avec l'avantage notable de ladite commanderie de Sours, aux droits de laquelle l'on n'a entendu déroger, les dites religieuses Carmélites de Chartres seront tenues de faire bastir à leurs despens sur partie du lieu eschangé le moins incommode une sallette de longueur de 12 pieds et large de 10, et de 6 de hauteur avec une autre petite chambre à l'un des bouts de la sallette, de longueur de 8 pieds, grillée de barreaux de fer en forme de prison, des quels lieux le dit sieur commandeur se pourra servir pour y recevoir ses revenus, ainsi qu'il se faisoit dans la maison cy-dessus eschangée et avec les mesmes droits, privilèges auxquels a esté entendu rien innover ni déroger pour lesdits lieux réservés seulement. Seront aussi tenues lesdites religieuses de faire graver sur la porte de laditte sallette en pierre dure les armes de l'Ordre et de ladite commanderie de Sours pour marque des droits de fief, de justice et autres droits qui autrefois s'exerçoient dans ladite maison... Le 6e jours de mars 1659. » Signé: Mougenault et Broyn, notaires.

Il ne reste plus aucune trace de la maison des Templiers ou Hospitaliers. Le couvent des CarmélitesPorte de la prison, ancienne chapelle des Carmélites
Porte chapelle Carmélites
est devenu la maison d'arrêt et leur chapelle la cour d'assises. La communauté des religieuses de Saint-Paul de Chartres occupe l'emplacement du couvent des Jacobins et aussi une partie des jardins des Carmélites. La « Salette » de Saint-Jean-de-Jérusalem avec son écusson a disparu sans laisser le moindre souvenir; mais sa situation est bien indiquée dans le plan de Chartres en 1750, au chevet de l'ancienne chapelle des Carmélites, au côté gauche de l'angle de la rue des Jacobins.
Sources: Abbé Charles Métais - Les Templiers en Eure-et-Loir - Histoire et Cartulaire - Archives du diocèse de Chartres - VII - Chartres 1902

Maison du Temple de Chartres
Les Templiers avaient un assez grand nombre de cens ou de rentes foncières sur des maisons en la ville de Chartres. La plupart de ces cens leur avait été donnée à la fin du XIIe siècle, par Guillaume de Chartres. Ce seigneur, dégoûté des plaisirs du monde, s'était enrôlè sous la bannière des chevaliers du Temple pour aller combattre en Terre-Sainte; et là, se trouvant au moment de mourir, il avait donné à l'Ordre dont il faisait partie, cent sols de cens à recevoir à Chartres sur divers hèritages dans la rue du Châtelet, « in vico Casteleti. » Robert, comte de Chartres, son frère, ignorant cette donation, avait disposé du même cens envers sa soeur, à qui il l'avait donné en dot. Les Templiers consentirent à renoncer au legs qui leur avait été fait, au moyen d'un autre cens que le comte Robert leur accorda sur des maisons dans la rue Neuve, « in vico novo », en leur abandonnant en outre tout ce qu'il possédait à Bucé, « in villa Busillei », sauf ses fiefs, ainsi qu'il est dit dans ses lettres de l'année 1193.

Il y eut une baillie du Temple à Chartres, et nous connaissons déjà le nom de l'un des maîtres de la baillie; c'était un chevalier du Temple que nous avons supposé être parent de l'un des derniers grands-maîtres, à cause de la conformité de nom et de situation, tous deux étant chevaliers du Temple. Ce précepteur était Guillaume Gaud ou Gaudin, sur lequel il nous paraît inutile de revenir.

Avant lui, le précepteur de la baillie « preceptor Carnotensis » avait été Raoul de Boncourt qui, d'après un passage du Procès, fit recevoir son neveu en la maison du Temple de Sours, vers l'année 1278.
« Procès des Templiers, tome I, page 485 »
Lectis autem et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit ad eos, et primo ad primos XIII, se credere quod alii fratres ordinis communiter reciperentur sicut ipse fuit receptus, in festo Assumpcionis beate Marie nuper lapso fuerunt XXXII anni vel circa, in capella domus Templi de Sours Carnotensis diocesis, per fratrem Petrum de Maysonseles quondam presbiterum, de mandato fratris Radulphi de Bonecourt quondam avunculum dicti testis, preceptoris tunc Carnotensis, presentibus fratribus Radulpho preceptore domus Templi Parisiensis quondam, cujus cognomen ignorat, et quodam alio qui fuerat submarescallus ultra mare, et quibusdam aliis quorum nomina et cognomina ignorat

Le dernier précepteur de la baillie, fut un frère sergent du Temple, il s'appelait Gui du Mesnil-Aubry et avait été reçu vers 1289 au Temple de Paris par Jean Ier de Tour.
« Procès des Templiers, tome I, page 599 »
Requisitus si vidit alios recipi in ordine per alios, respondit quod sic multos, inter quos fuit frater Guido de Maynilio preceptor baillivie Carnotensis, quem recepit dictus frater Johannes de Turno quondam, sunt XXII anni et ultra, in magna capella Templi Parisiensis, ut sibi videtur, non recolit quibus presentibus.

Gui eut occasion d'assister à plusieurs réceptions faites à Paris, vers 1291 et vers 1297 ou 1298
« Procès des Templiers, tome II, pages 360 »
Item frater G. de Alto Maynillo miles ordinis predicti, etatis viginti quinque annorum vel circa, juratus eodem modo de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, et interrogatus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod fuit receptus in domo de Lauda de Verti, tres anni erunt circa instans festum Nativitatis Domini, per fratrem Guidonem de Foresta militem, preceptorem dicte domus, non recolit de nominibus presencium.

Sans doute, à la suite de chapitres; mais il dut à son tour aller faire quelques réceptions, entre autres au Temple de Maurepas, vers le mois de novembre 1300 ou 1301, sur l'ordre du trèsorier de Paris
« Procès des Templiers, tome I, page 543 »
Ipse tamen receptus fuerat per fratrem Guidonem de Maynillio Albrici servientem, de cujus vita vel morte non habet certitudinem, tunc preceptorem ballivie Carnotensis, de mandato fratris Johannis de Turno tunc thesaurarii Parisiensis, presentis ibidem, una cum fratribus Petro Ucherii, Renardo le Ganheur servientibus, et Johanne de Bondis presbytero quondam in capella domus Templi de Malorepastu dicte diocesis, in festo beate Catherine proxime preterito fuerunt novem anni vel circa, in hunc modum: nam cum peciisset ter interpolate panem et aquam ordinis, et ter fuisset ei responsum per dictum fratrem Guidonem quod grandem rem petebat, et quod bene deliberaret, rogans Deum ut dirigeret eum, et ipse receptor et fratres astantes deliberassent recipere eum, prestito per juramentum ab ipso teste quod non erat servilis condicionis, matrimonio, alteri religioni vel debitis obligatus, nec habebat infirmitatem latentem, ex qua esset impotens ad servicium ordinis, fecit eum vovere et jurare supra quemdam librum castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, servare bonos usus et bonas consuetudines, et secreta ordinis.

« Procès des Templiers, tome II, pages 288 »
Item anno, indicione, mense, die, pontificatu et anno predictis, in dicta inquisitoris, nostrum notariorum et infrascriptorum testium presencia personaliter constitutus frater Theobaldus de Bafemont Carnotensis diocesis, frater dicti ordinis, et dispensator dicte domus Templi Parisius, etatis triginta annorum vel circa, ut dicebat, eodem modo juratus de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, et interrogatus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod septem anni sunt elapsi vel circa quod ipse fuit receptus in domo de Malo Repastu juxta Trapas, per fratrem Guidonem preceptorem Carnotensis, presentibus quodam fratre nacionis Picardorum, vocato Petro Picardo, clavigerio dicte domus, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit.

« Schottmuller, tome I, page 40: Guido de Carnotesio preceptor de Carnotesio »

Précepteurs de la bailLie de Chartres:
Vers 1278, frère Raoul de Boncourt;
1285-1299, frère Guillaume Gaud ou Gaudin, chevalier;
1307, frère Gui du Mesnil-Aubry, sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Hôpital ancien à Chartres
Les religieux Hospitaliers devancèrent à Chartres les Templiers. En effet, entre 1129 et 1150, un nommé Gauthier, sellier, donna sa maison, sise rue de la Sellerie (aujourd'hui des 3 maillets) à partager entre Saint-Père, Josaphat et l'Hôpital. Les chevaliers avaient fixé leur résidence dans le Muret, près de l'enclos où fut plus tard le couvent des Jacobins.

En 1185, Donation d'une maison à partager entre les abbayes de Saint-Père de Josaphat, et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ils étaient en pleine activité. Forts d'une bulle du pape Lucius III, ils avaient cru pouvoir édifier une chapelle, avec son cimetière, dans la censive du Chapitre, sans la permission de celui-ci. Les chanoines ne purent tolérer une semblable entreprise. Le grand maître de l'Hôpital, Roger des Moulins et le prieur Anselme durent se rendre à Chartres et se résoudre à changer la destination du sanctuaire inachevé. La forme ronde du chevet qui accusait son caractère sacré de chapelle « figuram et formam capelle, » disparut, l'édifice fut décapité pour se terminer par un mur droit et prendre la forme vulgaire d'un carré, et recevoir un usage purement profane: « decapitaretur et reduceretur in formam quadratam et ad alios usus transferretur. »

En retour, le Chapitre lui donna l'église de Villeconin, près Etampes.
Cette église fut rattachée à la Commanderie de l'Hôpital Ancien ou de Saint-Jean de Latran à Paris; le commandeur avait la collation de la cure avec toutes les dimes de la paroisse. De nouvelles maisons également sises dans le Muret furent jointes à ce premier établissement en 1262 et 1264.
Charte CLVII: Bail par Jean de Calinis, bailli de l'Hôpital en Chartrain, d'un emplacement où étaient les étables de la maison de l'Hôpital à Chartre.
Charte CLVIII: Don par Clément Lamberti à Odeline, veuve de Guillaume Poyson, de la cinquième partie d'une maison dans la rue Muret, dans la censive de Cornet d'Orfin.
Sources: Abbé Charles Métais - Les Templiers en Eure-et-Loir - Histoire et Cartulaire - Archives du diocèse de Chartres - VII - Chartres 1902
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Chassagne (la)   (52)
Seigneurie du Temple de La Chassagne
Département: Haute-Marne, Arrondissement: Langres, Canton: Prauthoy, Commune: Isômes - 52


Seigneurie du Temple de La Chassagne
Localisation: Seigneurie du Temple de La Chassagne


La Chassagne, seigneurie avec deux fermes s'étendant sur les communes de Mont-Saugeon, Percey-le-Potel et Prangey.

Les Templiers ont une maison du Temple en ce lieu dès 1189. Divers droits leurs sont octroyés dans de multiple chartes.
César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

La Chassagne
La Chassagne, ferme sur la commune d'Isome
— Ancienne propriété des Templiers puis de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dépendance de la commanderie de la Romagne.
— Chassegna, 1170 (Archives de la Côte d'Or, Temple de la Romagne)
— Frates Templi de la Chassanei, 1189 (Archives de la Côte d'Or, Temple de la Romagne)
— Lachassane, 1231 (Temple de la Romagne)
— La Chasseigne, 1253 (Temple de la Romagne)
— Cassania, 1255, (Archives de la Côte d'Or, Temple de la Romagne)
— La Chassaigne, 1309 (Archives de la Côte d'Or, Temple de la Romagne)
— « Chassegna » (1170), « la Chassanei » (1189), « Lachassanne » (1231), « La Chasseigne » (1253), « Cassania » (1255), « La Chassaigne » (1309).
Sources: Alphonse Roserot. Dictionnaire topographique du département de la Côte d'Or. Paris MDCCCCXXIV.
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Chassagne-de-Jaleyrac (La)   (15)
Maison du Temple de La Chassagne-de-Jaleyrac
Département: Cantal, Arrondissement et Canton: Mauriac, Commune: Jaleyrac - 15


Maison du Temple de La Chassagne-de-Jaleyrac
Localisation: Maison du Temple de La Chassagne-de-Jaleyrac


Lanobre, Trizac et Jaleyrac ont un village de ce nom dans leur territoire; toutefois nous croyons qu'il s'agit ici de « La Chassagne-de-Jaleyrac », la plus rapprochée d'Ydes, dont Etienne La Jarousse était en 1307 précepteur.
Sources: Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. XVI (1914).

Etienne Lajarousse, prêtre, curé d'Ydes
Frater Stephanus Laghariossa, rector ecclesie d'Isde, claromontensis diocesis, in palacio claromontensi existens, die sabbati ante festum beati Barnabe apostoli anno domini millesimo CCCº nono, juratus et diligenter interrogatus, tanquam principalis in facto suo et ut testis in alieno, super dictis articulis et capitulis in eis sibi materna linga expositis, dixit per juramentum suum quod frater Petrus de Madie, preceptor tunc Arvernie, recepii ipsum loquentem in fratrem dicti ordinis in domo templi de La Polgha, lemovicensis diocesis, decern et septem anni sunt elapsi vel circa, presentibus fratribus Petro Piot et dicto Bosone Coheta et pluribus aliis dicti ordinis; et quod in dieta receptione sua osculatus fuit per dictum recipientem in ore.

Lagarossa Stephanus
— [vers 1292-1311]; prêtre, diocèse de Clermont, curé d'Ydes.
— Reçu vers 1292, vers 1299 d'après un témoin à la Maison du Temple de La Pouge, par Pierre de Madic.
— Niant en 1309, les articles lui furent traduits. Amené à Paris en février 1310, pour défendre l'Ordre, il figure sous le nom de « Gardia, Garda », nom vraissemblable de la localité dont il était originaire; plusieur localité du Cantal portent le nom de La Garde.
— Il est présent en mars à la lecture des articles et au Verger, détenu dans la maison de Clairvaux, rue Saint-Martin à Paris.
— En 1311, toujours détenu à Paris d'après un témoin.
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève - Le Procès des Templiers d'Auvergne, 1309-1311. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986

Procès des Templiers, tome I
— Page 59: Stephanus de Gardia presbiter
— Page 110: Stephanus de Garda presbyter Claramontensis
— Page 160: Stephanus de Gardia presbiter
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

La Chassagne, écart commune de Jaleyrac.
— La Chassaigne, 1549 (Terrier de Miremont)
— La Chassagnie (Etat civil du Vigean)
— Las Chassaignes, 1680 (Terrier de Mauriac)
Sources: Dictionnaire topographique du département du Cantal, par M. Emile Amé. Paris Imprimerie de Nationale M DCCC XCVII.
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Chassemy   (02)
Maison du Temple de Chassemy
Département: Aisne, Arrondissement: Soissons, Canton: Braine - 02


Maison du Temple de Chassemy
Localisation: Maison du Temple de Chassemy


Il est fait mention de la maison du Temple de Chassemy dans des lettres de l'official de Soissons, de l'année 1286, par lesquelles un sieur Menier, dit le Gai, « dictus Gaudiens », et Alide, sa femme, à cause de l'affection qu'ils portaient aux Templiers du Mont-de-Soissons, et spécialement à ceux qui demeuraient dans la maison de Chassemy, ont déclaré leur donner une vigne au lieu dit Maillart.

Mais longtemps avant cela, les Templiers avaient des possessions à Chassemy.
Dès 1253, la dîme de cette paroisse leur appartenait, et avait été donnée avec d'autres biens à leur Ordre par les frères Henri et Garin, ainsi que par Alain, leur petit-neveu, alors chapelain dans la maison du Temple du Mont-de-Soissons.
Quelques années plus tard, Renier Mouchet de Chassemy, et Isabelle, sa femme, fille d'Ogier de Voisin, leur avaient fait don d'une maison à Chassemy, au lieu dit en Voisin, dans la censive du Temple, et, d'une vigne située au Mont-de-l'Olivier, ainsi qu'il résulte des lettres de l'official de Soissons, de l'année 1260.

Les acquisitions de biens sur Chassemy par les Templiers se succédèrent jusqu'au XIVe siècle.
En 1309, la maison de Chassemy comptait 36 setiers de terre arable, 42 arpents et demi de vigne et 11 arpents de pré. Les terres arables rapportaient alors 2 sols le setier, les vignes 6 sols l'arpent, et les prés 30 sols. La dîme de Chassemy produisait trois muids d'avoine, deux muids de blé et sept muids et demi de vin; l'avoine à 10 sols le muid; le blé à 43 sols; et le vin à 15 sols.

Il y avait une chapelle à Chassemy, mais elle fut détruite avec la maison pendant les guerres du XVe siècle. Les Hospitaliers n'y conservèrent qu'une grange pour renfermer leur dîme.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chasseneuil-du-Poitou   (86)
Domaine du Temple de Chasseneuil-du-Poitou
Département: Vienne, Arrondissement: Poitiers, Canton: Poitiers - 86


Domaine du  Temple de Chasseneuil-du-Poitou
Localisation: Domaine du Temple de Chasseneuil-du-Poitou


Temple (Le), lieu détruit, commune de Chasseneuil.
— De nos jours (Chasseneuil-du-Poitou)
— Treille du Temple, 1433.
— Vallée du Temple, 1471.
— Maison du Temple, 1516 (Commanderie de Saint-Georges, 8)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, par M. L. Rédet, Paris, M. DCCC. LXXXI
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Chassignelles   (89)
Domaine du Temple à Chassignelles
Département: Yonne, Arrondissement: Avallon, Canton: Ancy-le-Franc - 89


Domaine du  Temple à Chassignelles
Localisation: Domaine du Temple à Chassignelles


La commanderie de Saint-Mard avait pris possession vers le milieu du XIIIe siècle d'une partie de cette terre qui relevait en fief de l'archevêché de Langres et du château de Cruzy.

Chassignelles, conton d'Ancy-le-Franc.
— Chassignole, 1246 (Fonds de la Maison du temple de Saint-Marc)
— Chassigneles, 1256 (Cartulaire de Crisenon, folio 10 v, bibliothèque Impériale)
— Chaisseneles, 1285 (Ibidem)
— Chassineles, 1322 (Cartulaire du comté de Tonnerre, archives de la Côte-d'Or)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Yonne, rédigé par M. Max. Quantin. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXII.

Chapelle funéraire de Chassignelles
L'histoire de cette égliseChapelle de Chassignelles
Chapelle de Chassignelles
, succursale de Sainte-Colombe d'Ancy-le-Franc, est très pauvre.

Le commandeur de Saint-Marc et de Marchesoif, prélevait en les dîmes sur Ancy-le-Franc et sur Chassignelles près Noyers.

Toutefois, sa position solitaire à l'écart du village et quelques découvertes anciennes semblent plaider pour l'hypothèse d'une chapelle funéraire devenue église paroissiale.

Sa construction s'est déroulée en plusieurs étapes. Tout d'abord, dans la première moitié du XIIe siècle, il s'agit d'une petite chapelle avec clocher. Quelques années plus tard, le choeur est abattu et la longueur de la nef est doublée. Puis, deux chapelles latérales sont construites dans un troisième temps. Enfin, à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle, une chapelle située face au clocher et un porche sont élevés.

L'intérieur de égliseChapelle de Chassignelles
Chapelle de Chassignelles
dessine donc une croix de Lorraine imposant quatre chapelles latérales. A la fin du XVIIe siècle, des fenêtres sont murées, d'autres repercées et une tribune est installée. Le clocher, effondré, est reconstruit.

Primitivement, l'église était fortifiée, comme en témoignent les barres de fermeture de la porte et les archères de la partie ancienne du clocher (base de la tour). Il est probable également qu'un fossé défensif entourait le bâtiment.

Autour du porcheChapelle de Chassignelles
Chapelle de Chassignelles
ogival sont répartis des bancs de pierre du goût des Xe et XIe et un lavabo du XIIIe siècle. Le portail est flanqué de pieds droits biseautés, ornés de chapiteaux romans sculptés de chevrons d'un côté et d'un masque à rabats de l'autre. Le doubleau de l'entrée de l'abside est soutenu par des chapiteaux du XIIIe et XIVe siècle. L'église était entièrement recouverte de peintures murales, dont il subsiste encore quelques fragments, dans la chapelle de gauche notamment.

Les plus anciennes, à motifs géométriques ou héraldiques, peuvent dater de la fin du XIIe siècle. Les grands personnagesChapelle de Chassignelles
Chapelle de Chassignelles
que l'on devine dans le choeur peuvent dater du XIVe.
A la fin du XVe ou au début du XVIe siècle sont peints les médaillons représentants les apôtres, l'Annonciation de la chapelle nord-est et les peintures du porche représentant sans doute le « dit des trois morts et des trois vifs », tous sujets très à la mode de cette époque gothique finissante.

Le retable du maître-autel (qui est en marbre) ressemble à une boiserie. Il est sculpté en deux rangs superposés de panneaux et porte au angles deux statues en pierre de Saint-Jean et de la Vierge.
Renseignements - informations Mairie de Chassignelles et Syndicat d'Initiative d'Ancy-le-Franc
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Chastre-aux-Grolles (La)   (37)
Maison du Temple de La Chastre-aux-Grolles
Département: Indre-et-Loire, arrondissement: Loches, Canton: Le Grand-Pressigny, Commune: Saint-Flovier — 37


Maison du Temple de La Chastre-aux-Grolles
Localisation: Maison du Temple de La Chastre-aux-Grolles


Ce non pittoresque et étrange est aujourd'hui celui d'une ferme qui perpétue le souvenir d'une ancienne commanderie des Templiers qui passa ensuite à l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, de la langue de France et du Grand Prieuré d'Aquitaine.

Bien que ce fut jadis, paraît-il, une des forteresses les plus redoutables du pays, ses revenus en 1643 ne suffisaient plus à en assurer l'entretien et à faire vivre le commandeur, les frères servants et le chapelain.

Elle fut alors réunie à la commanderie de Fretay, près de Loches, où l'on peut voir une pierre sculptée portant les armes de Pierre Boussay de La Tour, qui ayant exercé ses fonctions de 1634 à 1660, dut être par conséquent le premier commandeur commun aux 2 maisons. En 1724, le domaine avait une étendue de 25 arpents de terres labourables, vignes et bois. Le moulin de la Chastre à 2 kilomètres de là en dépendait. Vendue à l'époque de la Révolution à Catherine Sarrazin, la propriété fut acquise le 30 novembre 1824 par la famille Jacquet dont les descendants la possèdent encore.

Depuis longtemps, il ne subsiste plus rien des bâtiments et de l'enceinte fortifiée où l'on pénétrait par 2 ponts-levis. Seule une partie importante des douves à l'ouest en indique la trace. Une chaussée la partage en deux et marque peut-être l'emplacement de l'un de ces ponts-levis. Mais si l'on en croit Carré de Buseerolle, la chapelle qu'il datait du XIIe siècle, existait encore en entier en 1856. Il écrivait à son propos: « Elle nous paraît mériter d'être, classée parmi nos richesses archéologiques, tant à cause de son ancienneté que parce qu'elle est le seul monument existant dans cette partie de la Touraine qui nous vienne de l'ordre du Temple. »

Un voeu qui ne devait pas être exaucé ! En 1848, déjà la voûte en berceau avait été détruite. On découvrit alors une inscription signalant que la charpente avait été refaite en 1672, sur l'ordre de René de Sallo, commandeur de Fretay. Des travaux furent entrepris pour transformer en grange le sanctuaire, édifié en bel appareil, sur un plan rectangulaire d'environ 20 mètres sur plus de 7 mètres. A cet effet, un auvent triangulaire lui fut adjoint pour protéger le portail. Une pierre à gauche de la lucarne porte la date de 1849. Le bâtiment fut prolongé à l'ouest par une écurie qui en masqua l'entrée principale. A l'intérieur, on remarque ménagée dans l'épaisseur du mur, une piscine à burettes à double cuvette carrée, formant une niche dont l'arc est mouluré d'un tore. Le mur méridional est percé d'une porte étroite en plein cintre donnant sur le cimetière. Toutes les fenêtres ont été obstruées. La charpente actuelle a réutilisé les chevrons de l'ancienne, ainsi que leurs fermes aux entraits courbes.

Cette chapelle était ornée de statues en bois ou en pierre qui étaient à l'époque où Carré de Busserolle les vit, reléguées dans un grenier. En mauvais état, deux d'entre elles sont décapitées, elles sont depuis 1942 dans l'église de Verneuil-sur-Indre. C'est le curé de cette paroisse qui de 1643 à la Révolution, venait célébrer 1'office une fois par semaine. J.M. Rougé raconte qu'un prêtre réfractaire de Saint-Flovier, l'abbé Fournier, disait la messe pendant la Terreur dans la grange de la ferme de la Perraudière avec les ornements de l'ancienne chapelle de la commanderie de la Chastre aux Grolles.

Un peu à l'écart des bâtiments on remarque le vieux puits, à la margelle cylindrique, couvert d'une petite loge en pierre de taille surmontée d'une croix.

Quelques fragments de colonnes, quelques pierres sculptées un haut pignon triangulaire épaulé d'un contrefort amorti en glacis, c'est tout ce qui rappelle le souvenir des Templiers qui vécurent sur ce coin de terre lochoise en limite de la Touraine. Les corps de beaucoup d'entre eux, allongés côte à côte, la tête tournée vers l'orient, reposent dans le petit cimetière transformé en verger.
Extrait: « Vieux Logis de Touraine » paru en 1974 — La Chastre au Grolles Page 223.

Maison du Temple de la Chastre-aux-Grolles
Seulement deux appellations lui sont connues: l'une de 1247, par le nom de son commandeur, Savary de Sonnay ou Sonay, « praeceptor domorum templi de fretayo et de castra »; l'autre par le cartulaire de l'archevêché de Tours appelant son commandeur « preceptor de lachate. »

C'était, comme son nom l'indique (castrum, chastre, châtre), un des lieux les plus redoutables du pays. On peut en convenir en considérant tout d'abord sa situation: sur une hauteur avec vue générale sur les alentours, peu accidentés. On voit encore, ensuite, l'emprise des douves qui l'entouraient et qui devaient être profondes, au vu des fossés qui encadrent encore la chaussée ayant remplacé le pont-levis franchissant autrefois l'eau du côté occidental. Ces fossés sont encore prolongés par des sortes de mares et chemins creux qui suivent le tracé des anciennes fortifications. La chaussée gravit une pente légère qui aboutit à la plate-forme de la ferme occupant aujourd'hui cet emplacement.

De la maison primitive, seule reste la chapelle datant de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Sa voûte en a disparu, remplacée par une charpente sur laquelle une inscription rappelle qu'elle a été refaite sur ordre du commandeur René de Sallo de Semagne, en 1672. Le plan est rectangulaire, terminé à l'est par un hémicycle. L'édifice mesure 20 mètres sur 8 environ. On y voit encore la trace de deux portes et de deux fenêtres en plein cintre, ainsi que la piscine à burettes, creusée de deux cuvettes.

De cette maison dépendait un moulin, encore dénommé aujourd'hui moulin de la Châtre, dressé sur un petit affluent de la rive gauche de l'Indre, à quelques centaines de mètres de la commanderie.

Celle-ci possédait, dépendant de la maîtrise de Loches, « un canton de futaye âgée d'environ 200 ans et desperissante, estimée 6 000 livres » et « 400 chesnes ou environ, espars sur les bordures et fossés de différents domaines de la dite commanderie, estimés 2 300 livres », en 1734.
Alain Jacquet, Templiers et Hospitaliers en Touraine — Alan Sutton, 2002

Chastre-aux-Crolles (La), hameau, commune de Verneuil-sur-Indre.
— Aucastrum, 1200; Castra, 1246 (Archives de la Vienne, H)
— Ancienne Maison du Temple, puis commanderie de Saint-Jean de Jérusalem, de la langue de France et du Grand Prieuré d'Aquitaine.
— En 1643, ses revenus ne suffisant plus pour l'entretien d'un commandeur, elle fut réunie à la commanderie de Fretay.
— De l'ajncienne forteresse, qui était la plus redoutable du pays, il ne reste aujourd'hui (1890), aucune trace.
— Elle était entourée de douves profondes que l'on franchissait au moyen de deux pont-levis.
— L'Ancienne chapelle seigneuriale subsiste encore presque en entier. La partie la plus ancienne date du XIIe siècle.
— La voûte a été détruite en 1848. L'édifice a une longueur de vingt mètres et une largeur de sept mètres soixante-cinq.
— Une inscription nous apprend que la charpente a été refaite en 1672, par l'ordre du chevalier de Sallo, commandeur de Fretay.
— Avant 1793, labside était ornée de statues de grande dimention, les unes en bois, les autres en pierre.
— Cette chapelle était desservie par le curé de Verneuil qui y célébrait la messe une fois par semaine.
— En 1724, le domaine avait une étendue de vingt-cinq arpents de terres labourables, prés, vignes et bois.
— Un moulin situé à une demie-lieue de Chastre en dépendait.

Commandeurs Templier
— Savary de Saunay était commandeur du Temple de Chastre en 1246.

Commandeurs Hospitaliers
— Jean de Plesneau en 1366.
— Jean Sautour en 1463.
— René de Sallo de Semagne en 1672-1675.
— Jacques de Voyer de Paulmy en 1694.
— Léon-Hyacinthe Lingier de Saint-Sulpice en 1789.

— La Chastre-aux-Grolles formait un fief relevant du château de Loches.
Sources: Archives d'Indre-et-Loire, collège des Bernarbites de Loches, C, 336. — Archives de la Vienne, H. 3. — Rôle des fiefs de Touraine. — Bibliothèque de Tours, fonds Salmon, Commanderie du Temple. — Notes communiquées par M. Verdier, de Saint-Flovier. — Dufour, Direction de l'arrondissement de Loches, II, 441. — Registres d'état(civil de Saint-Flovier.
Sources: Dictionnaire Géographique, Historique et Biographique d'Indre-et-Loire, par J.-X. Carré de Busserolle, tome I à VI. Tours 1881

Recueil de documents sur les établissements des ordres du Temple et de l'Hôpital en Touraine
Les Commanderies
Fretay: Commanderie de Saint-Jean, 1784-1791
— H 1152* Cueilloir 1787-1791
Dénombrement et recette des rentes, 1787-1791.
— 1 registre, 171 folio.

La Chastre aux Grolles: ancienne commanderie 1787-1791
— H 1153*
— Cueilloir des rentes, 1787-1791.
— 1 registre, 106 folio.

Saint-Jean-sur-Indre: ancienne commanderie 1784-1791
— H 1154*
— Cueilloir des cens et rentes, 1784-1791.
— 1 registre, 96 folio, table en fin.

L'Ile-Bouchard: Commanderie de Saint-Jean, 1633-1635
— H 1155 Comptes 1633-1635
— Extraits de comptes, quittances, 1633-1635.
— Série H, supplément — Répertoire: Abbayes, prieurés et couvents, commanderies, hospices et maladreries — H 988-1175
1517-1518. Recueil de documents sur les établissements des ordres du Temple et de l'Hôpital en Touraine, formé par André Salmon.

Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France
Tome I
— 1º. Fol. 1. Analyses, extraits et notes concernant les commanderies d'Amboise, Ballan, Fretay et l'Ile-Bouchard, de la fin du XIIe siècle jusqu'au XVIIIe siècle.
— 2º. Fol. 32. Compte des recettes de la commanderie de Fretay en 1424. Original sur papier.
— 3º. Fol 98. Sentence de la Cour des requêtes dans le procès entre les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, à cause de leur commanderie de l'Ile-Bnuchard, et Louis de La Tréiudille, seigneur de l'Ile-Bouchard. 9 juin 1567.
— 4º. Fol. 104. Aveux et déclarations faits à la commanderie de l'Ile-Bouchard et réunis pour servir de terrier, le 24 mai 1621. Copie du temps, sur papier. Il y aune lacune importante entre les fol. 104 et 105.
— 6º. Fol. 217. Bail à ferme des commanderies de La Rivière et La Haye, membres de la commanderie de l'Ile-Bouchard. 13 octobre 16.. .
— 7º. Fol. 221. Compte des recettes et dépenses de la commanderie de Fretay, pour l'année 1665-1066. Original, du 29 avril 1667.
— 8º. Fol. 280. Compte des recettes et dépenses de la niètne commanderie, pour l'année 1668-1669. Copie du 5 novembre 1669.

Tome II
— 9º-14º. Fol. 1, 65, 102, 133, 176 et 224. Comptes des recettes et dépenses de la commanderie de Fretay, pour les années 1669 et 1673-1676.
— 15º. Fol. 217. Bail des dîmes appartenant à la commanderie de Fretay à Saint-Jean-sur-Indre. 18 octobre 1694.
— 16º. Fol. 271. Bail du moulin de La Chastre-aux-Grolles (commune de Verneuil-sur-Indre). 18 octobre 1694.
— 17º. Fol. 275. Inventaire des biens meubles et immeubles de la commanderie de Fretay. 20 août 1721.
— 18º. Fol. 288. Procès-verbal de martelage des bois de Fretay. 29 mai 1769.
— 19º. Fol. 299. Réparations à faire à Fetay et à ses dépendances. 21 avril 1769.
— 20º. Fol. 311. Biens et revenus de la commanderie de l'Ile-Boucbard. 1774.
— 202º. Bail du moulin de La Châtre, situé paroisse de Fléré-la-Rivière (Indre, canton de Châtillon), appartenant à la commanderie de Fretay, près de Loches. 30 septembre 1701.
Sources: M. Collon. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, tome XXXVII. Tours 1905
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Chateau-Bouchet   (24)
Domaine du Temple Château-Bouchet
Département: Dordogne, Arrondissement: Nontron, Canton: Lanouaille, Commune: Angoisse - 24


Domaine du Temple Château-Bouchet
Localisation: Domaine du Temple Château-Bouchet


Les Templiers possédaient la forteresse de Château-Bouchet, dont il ne reste qu'une tour munie d'une porte qui avait un pont-levis. Le haut de la tour maintenant couvert d'un toit ardoisé était terminé par quatre petites tourelles d'angle.


Château Bouchet - Image Jack Bocar
Château Bouchet - Image Jack Bocar


Hôpital ou Maison du Temple (Heypital), elle a donnée naissance au village qui porte le nom d'Hépital.


Château Bouchet, l'Hépital
Localisation: Château Bouchet, l'Hépital


registre,Les Templiers achetèrent ou reçurent le domaine du Bouchet, une forteresse avec un donjon muni de quatre trourelles crénelées de machicoulis, avec fossés en eau, alimenté par un ruisseau qui se jette dans la Loue.
registre,Cette forteresse de Château-Bouchet, dépendait de la Maison du Temple de Saint-Paul-de-Roche.
Sources: M. Le Vicomte de Gourgues - Dictionnaire Topographique du Département de la Dordogne - Paris Imprimerie Nationale - M DCCC LXXIII.
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Chateau-Landon   (77)
Fief du Temple de Château-Landon
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Fontainebleau, Canton: Château-Landon - 77


Fief du Temple de Château-Landon
Localisation: Fief du Temple de Château-Landon


Château-Landon où une magnifique cave voûtée mérite quelques lignes:
Située rue de la République, ex rue Saint-Pèlerin, elle a gardé aujourd'hui toute son authenticité. Malheureusement, elle ne se visite pas, mais un très beau dessin de M. Roques permet d'apprécier la beauté de l'endroit. Ce lieu est un carrefour de galeries souterraines; il a été probablement utilisé comme lieu de culte d'où son appellation de « Chapelle des Templiers. »

La cave des Templiers — Chapelle souterraine de Château-Landon


Chapelle souterraine de Château-Landon
Chapelle souterraine de Château-Landon - dessin de M. Roques


— Descriptif par la « Société Histoire-Archéologie de Château-Landon. » XIIIe siècle: salle de 8 mètres sur 6.
— D'une colonne centrale jaillissent 8 arcs, 4 ogives et 4 doubleaux de section rectangulaire à arêtes chanfreinées qui retombent sur des culs-de-lampe aux angles de la salle et sur des piles (pilier) accolées aux murs.
— La pile centrale prend appui sur une base rectangulaire placée moins de 75 cm du sol actuel, (pour lui rendre sa beauté initiale, il serait nécessaire de supprimer ce remblai de 75 cm.)
— Un chapiteau à corbeille couronné d'un tailloir octogonal chanfreiné supporte les arcs.
— La clef des ogives est en forme de X, chaque branche constituant l'amorce de la croisée.
— Lieu de rencontre: probablement une chapelle.
Relevé d'un texte - sous verre — accroché au mur de cette salle. « La maison qui existait sur cet emplacement (in vico pérégrini) a été donnée aux chevaliers du temple par Adam de Lalleu « de Allodio » bourgeois de Castro « de allodio » bourgeois de Castro Nantonis, par acte en date du 14 Juin 1278. »

A Château-Landon, les Templiers possédent également le fief de Bethléem, situé dans la vallée du Fusain, au pied des remparts de la ville. Intra-muros, on retrouve une rue du temple, mais plus surprenant, une rue des Barres, du nom de cette famille gâtinaise désormais liée à l'histoire des Templiers.

Un document intéressant prouve que les Templiers procédaient à des achats de biens pour agrandir leur patrimoine: Le 29-01-1291, à Chasteaulandon, rue des Barres, rue du Temple, les Templiers achétent — pour 106 livres parisis — de Robert dit Gaingnart, Chevalier, et à sa femme Jeanne:
Une maison avec une partie de verger; sis à Château-Landon, dite Maison de la Barre, tenant à la maison et au verger de Jean de Cepoy, en la censive des dits Chevaliers du Temple et de Jean de Paley, Chevalier. (Archives Nationales S 5-170, nº 24.)

Les Templiers en avaient une aussi dans la même ville, appelée la Maison de La Barre, qu'ils avaient achetée, en janvier 1290, d'un chevalier nommé Robert Gaingnart, pour le prix de 106 livres paris. Ils possédaient, en outre, dans la paroisse de Notre-Dame de Château-Landon, un fief appelé le fief de Bethléem et de Montfort, consistant en une certaine quantité de cens et de rentes foncières.

Sous les Hospitaliers
Les maisons furent aliénées. Au XVIIe siècle, il ne restait que le fief, dont le commandeur de Beauvais-en-Gatinais recevait les revenus.

Les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem avaient, au XIIIe siècle, à Château-Landon, une maison qui dépendait de leur Hôpital de Pilvarnier, dont nous avons parlé ci-devant. Cette maison, située dans la rue Saint-Pélerin, « in vico sancti Peregrini », tenant à la ruelle dite la Quatresse, leur avait été donnée par un nommé Adam de Lalleu, « de Allodio », bourgeois de Château-Landon, « de Castro Nantonis », par des lettres expédiées sous le scel de l'official de Sens, de l'année 1278.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chateau-Thierry   (02)
Temple de Château-Thierry
Département: Aisne, Arrondissement et Canton: Château-Thierry - 02


Temple de Château-Thierry
Temple de Château-Thierry


Les Templiers possédaient au XIIIe siècle, une maison avec quelques prairies à Château-Thierry. Ils avaient acheté les prairies, d'une contenance de huit arpents, d'un seigneur, du nom de Guillaume de Bergie, et la tradition s'en était faite par Jacques, évêque de Soissons, en vertu de ses lettres du mois de novembre 1227.
Quant à la maison située près du pont de la Marne, ils en étaient en possession auparavant, car Eudes de la Roche, commandeur des maisons du Temple en France, l'accordait à bail en 1225, moyennant une redevance annuelle de 31 sols 7 deniers, monnaie de Provins.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Jeanne de Navarre
Aux avantages d'une beauté physique remarquable, Jeanne de Navarre joignait une grande élévation de caractère, elle tenait, dit Mezeray, tout le monde enchaîné par les yeux, par les oreilles, par le coeur, étant également belle, éloquente, généreuse et libérale. Son mari, qui avait en elle la plus grande confiance, lui témoigna toujours beaucoup de déférence; il lui laissa l'administration particulière de ses Etats et il ne prit jamais le titre de roi de Navarre ni de comte de Champagne.

Le comté de Champagne était alors d'un revenu de quarante-trois mille deux cent quarante livres douze sols deux deniers.

Château-Thierry était une des plus imposantes forteresses de ce comté: La Ville et le château étaient entourés de tours et de remparts et, à côté, le faubourg d'Outre-Marne formait une troisième enceinte fortifiée où venait aboutir la chaussée Brunehaut.

La commanderie des templiers de ViffortDomaine du Temple à Viffort
Domaine du Temple à Viffort
possédait dans la ville une maison ayant l'aspect d'une forteresse et, sur son territoire, quelques prairies qu'elle avait achetées d'un seigneur nommé Guillaume de Bergie, en 1227. La maison leur appartenait depuis plus longtemps, car déjà en 1225, elle avait fait l'objet d'un bail par Eudes de la Roche, commandeur des maisons du Temple en France.

Dans un acte d'arrentement du 5 février 1486, au profit d'un nommé Pierre Mangin, par Le commandeur des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, de la Ferté-Gaucher, à qui les biens des templiers avaient été attribués, cette maison, qui alors tombait en ruine, avait été ainsi désignée:
«  Une masure et place, où il y a deux corps d'hôtel et maison, sise à Château-Thierry, près la porte du pont de Marne, le tout nommé d'ancienneté: Hôtel de la Syrène, tenant d'un côté et devers la porte de Marne, à l'allée commune de la forteresse de la Ville et par-devant à la grande rue. Le bail avait eu lieu à la charge par le preneur de faire construire une maison sur l'emplacement de la masure.  »

Deux siècles plus tard, il n'appartenait plus à cette commanderie que les prairies et quelques pièces de terre, ce qui semble indiquer que la maison n'avait pas été reconstruite (1).
1. Bulletin de la Société archéologique de Château-Thierry, année 1879.
Sources: Annales de la Société historique et archéologique de Château-Thierry. Château-Thierry 1930-1931
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Chateaubernard   (16)
Maison du Temple de Châteaubernard
Département: Charente, Arrondissement: Cognac, Canton: Cognac-Sud - 16


Maison du Temple de Châteaubernard
Localisation: Maison du Temple de Châteaubernard


De l'importante commanderie de Châteaubernard, bâtie par les Templiers à environ trois kilomètres au sud de Cognac, ne subsiste plus aujourd'hui que la chapelle, dédiée à saint Jean-Baptiste, devenue tardivement église paroissiale.

Il n'existe aucun document permettant de situer chronologiquement la fondation de cet établissement. Cependant, une étude stylistique attentive de la chapelle et des éléments sculptés: portail et chapiteaux, autorise une datation approximative aux alentours de 1150-1160.

Sans pour autant manquer d'élégance, l'édifice est encore très roman dans sa structure: murs épais (plus d'un mètre) épaulés par des contreforts plats, ouvertures peu nombreuses, en plein cintre, voûte en berceau brisé soutenue par un arc doubleau à profil carré. Les quatre chapiteaux, à l'épais tailloir en quart-de-rond, portent des sculptures en bas-relief se rapprochant de la gravure et représentent, soit des feuillages stylisés, comme à l'angle nord-ouest, soit des dessins géométriques, comme sur le chapiteau du mur nord, à l'épannelage presque cubique. Le chapiteau du mur sud offre seul une image figurative, de facture extrêmement fruste, celle de deux oiseaux s'abreuvant à une même coupe. Le chapiteau du sud-ouest ne porte qu'une ébauche de décor, exception faite de la volute qui en souligne l'angle. Peut-être n'a-t-il pas été terminé. Quant au portail sud, il comporte deux voussures en plein cintre surmontées d'une archivolte. A l'angle de la première voussure, des losanges formant pointes de diamant créent une ornementation typiquement romane.

Cette chapelle présente des affinités avec celle d'Angles: même sobriété, même plan rectangulaire, même triplet au chevet et, à peu de chose près, mêmes dimensions. Cependant, le souci d'atténuer l'austérité du bâtiment par l'introduction d'éléments décorés et par une réalisation architecturale légèrement différente semble ici évident, qu'il s'agisse des chapiteaux et du portail, du cordon horizontal, orné de pointes de diamant, qui marque la naissance des rampants du clocher et de l'archivolte qui surmonte les deux ouvertures de celui-ci encadrées par des colonnettes, ou encore des contreforts plus nombreux, qui, par les jeux de l'ombre et de la lumière animent et rythment les murs.


Châteaubernard, facade occidentale
Châteaubernard, facade occidentale - Image M. Miguet


Ainsi qu'à AnglesDomaine du Temple à Angles
Domaine du Temple à Angles
, une sacristie fut accolée au chevet, entraînant une modification du triplet. C'est, avec l'adjonction au XVe siècle d'une chapelle contre le mur sud et la transformation (ou le percement ?) du portail ouest, l'un des rares remaniements importants que le monument ait eu à subir depuis sa construction. Tel qu'il nous apparaît aujourd'hui, c'est un très bon exemple du parti architectural que les Templiers avaient adopté pour leurs oratoires de Saintonge.

Le logis du commandeur et les autres bâtiments qui avoisinaient la chapelle étaient déjà ruinés au XVIIe siècle, comme l'atteste le procès-verbal d'une visite prieurale effectuée en 1655: « Et au costé de ladite chappelle et joignant icelle y a de vieilles mazures et vestiges de maison et bastiments au dessoubz desquels y a encore une cave vouttée de pierres, qui estoient antiennement l'hostel et maison de ladite commandrie qui sont en ruyne de temps immémorial comme nous a dit ledit Allenet [le fermier] pour l'avoir ouy dire à des anciens du pays et à ses prédécesseurs et qu'il y avoit plus de centz ans qu'ils estoient ainsi ruynés par les anciennes guerres... »; il s'agit, sans aucun doute, des guerres de religion dont on sait qu'elles ont mis le pays à feu et à sang au XVIe siècle.

Si la charte de fondation de la commanderie fait défaut, les archives conservent plusieurs actes de la période templière. Le plus ancien date de 1220: c'est un accord passé entre les Templiers de Châteaubernard et les religieux bénédictins de l'abbaye voisine de Fontdouce, d'une part, et des particuliers, d'autre part, au sujet de la réédification des moulins de Javrezac, près de Cognac. Moyennant une rente annuelle qui leur sera versée par les intéressés, Templiers et Bénédictins acceptent de reconstruire les moulins en question. L'intérêt de ce document est de mettre en évidence l'attention que les Templiers portaient aux moulins qui, comme les fours et les pressoirs, étaient d'un très bon rapport pour le seigneur qui les possédait.

L'acte suivant, daté de mai 1227, est une concession faite à Geoffroy de Pestieus et à sa femme, par le commandeur et les frères de Châteaubernard, d'une maison située à Cognac. Nous y apprenons qu'en plus de frère P. Bos, commandeur, l'effectif était de cinq Templiers, dont un seul chevalier. Ce nombre relativement élevé peut s'expliquer par l'importance de la commanderie de Châteaubernard.


Domaine du  Temple à Cognac
Localisation: Domaine du Temple à Cognac


Cette maison de Cognac est l'objet d'une autre concession faite en 1242, cette fois par Guillaume de Sonnac, preceptor humilis des maisons du Temple en Aquitaine et futur Maître de l'ordre, moyennant un cens annuel de vingt sous à payer aux Templiers de Châteaubernard.

Quelque cinquante ans plus tard, le 1er septembre 1295, frère Hugues de Narzac, commandeur de Châteaubernard et d'Angles, achète à R. Foucaud, curé d'Arthenac, un moulin dit le moulin de Beaulieu, sur la rivière du Né.
D'après les termes de l'acte:... molendino appellato molendinum de Bello loco, sito in riparia Nedi, il semblerait qu'il se soit agi d'un moulin à eau. Cet acte confirme l'intérêt que le Temple portait aux moulins.

L'un des derniers documents de la période templière, daté de 1297, ne concerne les Templiers de Châteaubernard que dans la mesure où ils sont seigneurs du lieu et possédent la propriété éminente sur les biens que les habitants « tiennent » d'eux. Lorsque, comme c'est le cas ici, un immeuble est vendu par ses propriétaires, ceux-ci se « dévêtent » de ce bien « entre les mains » du seigneur qui en « revêt » l'acheteur, au cours d'une cérémonie qui deviendra avec le temps purement formelle. Le texte est le suivant: « De quibus omnibus supradictis etsingu-lis, nos omnes supradicti venditores nos devestivimus et dissazivimus in manu fratris Hugonis de Narciaco, venerabilis preceptoris domus militie Templi de Castro Bemardi... » Il mentionne donc, une fois encore, Hugues de Narzac en tant que commandeur de Châteaubernard.

Il faut, enfin, citer le testament d'un bourgeois de Pons, Hélie Auribeau, extrait du chartrier de cette ville et très précisément daté du 17 août 1286. Le testateur y fait, in extremis probablement, divers legs à des établissements religieux de Pons et des alentours, parmi lesquels, en bonne place, figure le Temple de Châteaubernard. Il est permis d'en déduire qu'une vingtaine d'années avant sa chute, l'ordre n'avait pas perdu toute popularité, du moins dans cette région.


Templiers.net
Châteaubernard, chevet - Image M. Miguet


Les minutes du Procès recèlent l'ultime trace laissée dans l'histoire par les Templiers de Châteaubernard. C'est tout d'abord la déposition de frère Pierre Thibaud, dernier commandeur; elle nous apprend que celui-ci est, alors, âgé d'une quarantaine d'années, qu'il porte toujours le manteau de l'Ordre et la barbe et qu'il a été reçu dans la maison du Temple de Banes (Beauvais-sur-Matha) vingt-trois ans auparavant.

Un autre frère, Guillaume de Soromina, plus jeune, et qui a conservé lui aussi le manteau et la barbe, déclare avoir été reçu in quadam caméra domus Templide Castro Bemardi..., il y a environ huit ans, par Olivier le Flament, chevalier, mort depuis. Enfin, un Templier du diocèse de Poitiers, Guillaume Audenbon, révèle au cours de son interrogatoire que frère Pierre de Montignac, à cette époque preceptor de Châteaubernard, était présent lors de sa réception dans la maison de Civrac, cinq ans plus tôt. D'après lui, ledit frère Pierre est alors détenu à Saint-Jean-d'Angély.

Après sa dévolution à l'Hôpital, la commanderie eut a souffrir de la Grande Peste de 1348, de la crise économique et, bien sûr, de la guerre de Cent Ans. Seule l'enquête de 1373 apporte quelque lumière sur cette période très tourmentée.

Les enquêteurs pontificaux ne purent d'ailleurs se rendre à Châteaubernard en raison des hostilités et de la présence des ennemis du roi de France qui tenaient la ville de Cognac, le château de Merpins et plusieurs autres forteresses voisines de la commanderie. Les renseignements qu'ils donnent sur celle-ci sont cependant extrêmement précieux: la place n'est plus occupée que par deux frères, un chevalier et un frère prêtre, âgés respectivement de 80 et 70 ans, que les revenus du domaine, très amoindris, suffisent tout juste à faire vivre. Les fléaux de ce siècle terrible eurent raison de la prospérité de la commanderie. Celle-ci cessa d'être un établissement à part entière dès le début du XVe siècle pour devenir un membre de la puissante commanderie de Beauvais-sur-Matha.

En 1655, nous l'avons vu, le logis du commandeur et ses dépendances étaient en ruine, les commissaires qui effectuent la visite notent « qu'au devant, vers le village, y a une petite pièce de terre qu'aultrefois estoit aparamment la basse cour dudit lieu et, au derrière desdites mazures et chappelle y a une pièce de terre labourable entourée de fossez qui s'appelle la Garenne qui peut contenir, ou environ, quatre journaux à la mesure d'Angoumois. » Un peu plus loin, toujours vers le village, s'élevaient les bâtiments de la métairie. L'ensemble des terres, prés, terrages, dîmes, les cens en argent, grain, volailles et les droits de justice de la maison étaient affermés.

La chapelle était bien entretenue, au-dessus de l'autel figurait « ung petit tableau où il est représanté ung crucifix et l'image de saint Jean et sur ledit autel ung petit tabernacle de bois peint. » Elle était convenablement pourvue d'ornements sacerdotaux, linge et vases sacrés, et desservie par un prêtre de Cognac auquel le fermier versait une pension annuelle de 40 livres. La chapelle, comme la commanderie, et le village de Châteaubernard, étaient situés sur la paroisse Saint-Léger de Cognac dont le curé administrait les sacrements aux villageois. Il existait cependant « au costé de ladite chappelle, ung petit cimetière où l'on enterre les habitans dudit village de Chasteau-Bernard. »

Les différents procès-verbaux de visite du XVIIIe siècle notent, de façon unanime, le bon état de la chapelle, desservie par un père Récollet de Cognac. Celui-ci venait y célébrer la messe le dimanche et quatre autres fois dans l'année moyennant 66 livres en 1718 et 100 livres en 1729.

En 1729, les bâtiments se composaient d'un petit logis pour le fermier, qui ne l'habitait qu'au temps des récoltes, d'une grange contenant deux pressoirs et d'une écurie pour les mules. L'ordre de Malte ne fit jamais reconstruire de logis seigneurial à Châteaubernard.

La maison de Châteaubernard était toujours affermée avec son membre d'Angles. Au XVIIIe siècle, le montant du fermage augmenta très rapidement. En 1739, le fermier devait verser 1750 livres par an, financer la desserte des deux chapelles et payer les gages des officiers de justice. En 1762,1e fermage était passé à 2550 livres, plus 300 livres au vicaire d'Angles, 100 au desservant de Châteaubernard, et 24 boisseaux de froment aux officiers de justice. La ferme s'élevait à 3 087 livres 10 sous en 1776, plus 500 livres au desservant des deux chapelles et le paiement des officiers de justice. Ces sommes témoignent de la prospérité économique des deux maisons au XVIIIe siècle.

Le domaine de Châteaubernard connut le sort de toutes les propriétés de l'ordre de Malte et fut vendu comme bien national pendant la Révolution. Le cadastre dit napoléonien, dressé au début du XIXe siècle, montre la chapelle encore entourée de son cimetière. Celui-ci a, de nos jours, disparu. La chapelle de Châteaubernard fut rendue au culte vers 1844, mais elle ne fut érigée en église paroissiale qu'en 1874.
Sources: Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - Anne-Maris Legras - Editions du CNRS - 1983

Maison du Temple de Châteaubernard par Charles Daras


Châteaubernard
Châteaubernard - Sources: BNF


Près de Cognac, à Châteaubernard, ils installérent une commanderie dont la prospérité fut grande au moyen âge. On a voulu voir dans son appellation un hommage rendu à la maison du grand saint qui contribua puissamment à la création de l'ordre (Abbé Cousin, Histoire de Cognac, Jarnac, Segonzac, 1882, p. 312.).

Si respectable que soit cette interprétation, il convient de ne l'accepter qu'avec réserve, aucune trace de château n'apparaissant à Châteaubernard. Il est possible qu'un antique castrum ait existé (P. B. Barraud, La commanderie de Châteauneuf. Bull, de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1890, p. 32), mais le rappel de cette fortification, si lointaine, semble peu probable.

Edifiée au XIIe siècle, la chapelle Saint-Jean reflète, avec plus de sévérité qu'ailleurs, les disciplines observées par les Templiers dans leurs constructions. Ce n'est pas que la conception de ce monument soit différente des autres, mais la sobriété de l'appareil est si accusée qu'une certaine sécheresse se fait sentir.

Le plan de la chapelle, correctement orienté comme tous ceux de l'ordre, dessine un rectangle.
« L'édifice mesure au dehors dix-huit mètres de longueur sur sept mètres quatre-vingts de largeur.
Le choeur est légèrement plus long que la nef. »

Les deux travées étaient jadis couvertes d'une voûte en berceau brisé, s'appuyant sur un doubleau à colonnes, et retombant sur des cordons en quart de rond. On ne voit d'arc d'encadrement qu'au revers de la façade; les chapiteaux nus des pilastres qui le supportent ne viennent pas rompre la ligne des cordons. Ce parti adopté dans la plupart des chapelles de l'ordre est si nettement affirmé à Châteaubernard que ces derniers servent de tailloirs aux chapiteaux des colonnes de la nef.

Toute la lumière vient du choeur, relié directement à la nef; il est éclairé par deux fenêtres latérales et par un triplet au mur de fond.
La baie médiane, plus basse que les deux autres, fut bouchée lorsqu'on aménagea un nouvel autel.
Contrairement à l'usage, également, les fenêtres sont peu allongées.


Châteaubernard
Châteaubernard - Sources: BNF


Il est donc possible de voir, une fois de plus, une variante dans la disposition des ouvertures du chevet. Ajoutons que la grande fenêtre remplaçant l'oculus, souvent reproduit dans les sanctuaires de l'ordre, ne fut percée que lorsqu'on aveugla la fenêtre centrale du triplet.

A la fin du XVe siècle, une chapelle à deux travées agrandit l'édifice au sud. Le visiteur ne manque pas d'être attiré par la voûte d'ogives avec liernes, aux arêtes prismatiques, qui couvre l'une d'elles, et par une inscription du XVIe siècle, relative au Jugement dernier. La porte sud, qui y donne accès, servait autrefois d'entrée à l'oratoire.
« Aux chapelles du Temple de Boixe, d'Ensigné, de Civray, des portes latérales existent pareillement. »

Il est regrettable qu'elle soit ainsi dissimulée, car sa voussure, bordée par une archivolte en feuillages, retombant sur des pilastres, est ornée de magnifiques entrelacs d'inspiration orientale. Cette riche décoration paraît surprenante sur cet édifice où le rôle de la sculpture semblait avoir été volontairement négligé. « Notons, toutefois, la représentation d'oiseaux se désaltérant dans un vase, sur un chapiteau de la nef. »

La façade contraste d'ailleurs par sa nudité. Le portail en plein cintre apparaît sans ornement, et la fenêtre allongée qui l'ajoure se détache avec raideur. Comme à l'ordinaire, le pignon est tronqué pour supporter le clocher-arcade à deux baies, et des contreforts légers épaulent aux angles la façade et le chevet.

Rien n'a survécu du logis du commandeur, si ce n'est un ancien chai, appelé la Commanderie, qui avait fait partie des communs. Le cimetière s'étendait au nord de l'oratoire, il renfermait plusieurs tombes ouvragées du XIIe siècle. (Le cimetière a été récemment déplacé).
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.

Châteaubernard - par l'Ordre de Malte
Près de Cognac, à Château-Bernard, les Templiers installérent une commanderie dont la prospérité fut grande au moyen âge. On a voulu voir dans son appellation un hommage rendu à la maison du grand saint qui contribua puissamment à la création de l'ordre (Abbé Cousin, Histoire de Cognac, Jarnac, Segonzac, 1882, p. 312.).

Si respectable que soit cette interprétation, il convient de ne l'accepter qu'avec réserve, aucune trace de château n'apparaissant à Château-Bernard. Il est possible qu'un antique castrum ait existé (P. B. Barraud, La commanderie de Châteauneuf. Bull, de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1890, p. 32), mais le rappel de cette fortification, si lointaine, semble peu probable.

Edifiée au XIIe siècle, la chapelle Saint-Jean refléte, avec plus de sévérité qu'ailleurs, les disciplines observées par les Templiers dans leurs constructions. Ce n'est pas que la conception de ce monument soit différente des autres, mais la sobriété de l'appareil est si accusée qu'une certaine sécheresse se fait sentir.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Châteaubernard - par Trudon des Ormes
Autre maison du Temple, dans le diocèse de Saintes, mentionnée dès 1220 dans un chirographe, au temps où frère G. Brochard était commandeur de l'Aquitaine.

Il est dit, dans le Procès, qu'à Château-Bernard on faisait l'aumône, ce qui n'avait pas lieu dans les petits domaines du Temple; le précepteur de la Boissière-en-Gâtine, qui y avait séjourné ainsi que dans les maisons de Champgillon, de Montgauguier et outre mer en Acre, dit en effet qu'en ces divers endroits, il avait vu pratiquer l'hospitalité et donner l'aumône.

Le dernier maître du Temple de Château-Bernard fut Pierre Thibaud, de Montignac, sergent; avant lui, vers 1291, on trouve comme précepteur un autre sergent du Temple, Guillaume le Poitevin.

Pierre Thibaud était précepteur de la maison lorsqu'en 1303 frère Olivier le Flamenc, chevalier, devenu plus tard commandeur de Mauléon, vint recevoir à Château-Bernard un certain Guillaume de « Soromina » ou de « Sorolme », qui tenta peu après de s'enfuir, mais à qui Thibaud fit réintégrer la maison, et que Pierre de Benet, prêtre du Temple, se chargea d'absoudre.

Précepteurs de Château-Bernard
Vers 1291, frère Guillaume le Poitevin, sergent.
Vers 1303-1307, frère Pierre Thibaud de Montignac, sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Procès des Templiers, tome II, page 199
Post que immediate coram aliis dominis commissariis predictis dictus frater Guillelmus de Soromina, mantellum ordinis et barbam defferens, XXXa annorum vel circa, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dictum dominum episcopum Xantonensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur, quia non interfuerat capitulis eorum, nec vidit aliquem alium recipi in ordine, licet interfuerit quando duo Picardi, quorum nomina et cognomina ignorat, requisiverunt Andegavis se recipi in ordine, sed recessit propter officia que gerebat ante votum emissum per eos et ante tradicionem mantelli, et nescit quod ibi actum fuit.

Dixit autem se fuisse receptum per fratrem Oliverium Flamentum militem quondam, in quadam camera domus Templi de Castro Bernardi Xantonensis diocesis, in octabis Pasche proximo preteriti fuerunt octo anni vel circa, presentibus fratribus Bartholomeo Morleti tune preceptore domus de Dompno Engolismensis diocesis, Arnuldo de Aldingena, cujus cognomen ignorat, quos credit vivere, et Hugo de Narzac, teste hodie jurato, qui adfuit principio recepcionis sue sed non fini, qui recedens recommendavit ipsum testem dicto receptori;
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Châteaubernard - par l'Abbé Cousin
Près de Cognac, à Châteaubernard, les Templiers installérent une commanderie dont la prospérité fut grande au moyen âge. On a voulu voir dans son appellation un hommage rendu à la maison du grand saint qui contribua puissamment à la création de l'ordre.
Sources: Abbé Cousin, Histoire de Cognac, Jarnac, Segonzac, 1882, p. 312


Procès tome II, page 19
Frater Petrus Theobaldi serviens, preceptor domus Templi de Castro Bernardi Xantonensis diocesis, testis supra juratus, mantellum ordinis et barbam defferens, quadraginta annorum vel circa, absolutus et reconciliatus par dominum episcopum Xantonensem qui inquisiverat cum eo, ut dixit, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur.

Procès tome II, page 200
Dixit autem se fuisse receptum per fratrem Oliverium Flamentum militem quondam, in quadam camera domus Templi de Castro Bernardi Xantonensis diocesis, in octabis Pasche proximo preteriti fuerunt octo anni vel circa, presentibus fratribus Bartholomeo Morleti tunc preceptore domus de Dompno Engolismensis diocesis, Arnuldo de Aldingena, cujus cognomen ignorat, quos credit vivere, et Hugo de Narzac, teste hodie jurato, qui adfuit principio recepcionis sue sed non fini, qui recedens recommendavit ipsum testem dicto receptori; dicens quod de eo faceret sicut de suo, et Guillelmo Bergerii quondam servientibus, in hunc modum: nam cum instructus peciisset ter cum instancia sibi concedi panem et aquam, societatem et vestitum ordinis, et dictus receptor ei concessisset, fecit eum vovere et jurare super quemdam librum apertum castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, et quod obediret omnibus preceptoribus qui proponerentur eidem, et servare precepta eorum quecumque essent; et imposito sibi mantello, ipse receptor et astantes fuerunt eum osculati in ore, et eo instructo de observancia jejuniorum ordinis et de aliis licitis, dictus receptor dixit ei: « Tu jurasti obedire omnibus preceptoribus tuis et preceptis que tibi fierent; ego volo probare si servabis quod jurasti: unde precipio tibi quod abneges Deum. »

Procès tome II, page 203
Ipse autem fuerat receptus, ut dixit, in capella domus Templi de Syourac Xantonensis diocesis, prima Dominica Quadragessime proximo preterite fuerunt V anni vel circa, per fratrem Guaufredum de Gonavilla preceptorem Acquitanie, presentibus fratribus Hugone Raynaudi preceptore dicte domus, qui detinetur Xantonis, Guillelmo Candelarii preceptore domus deu Deffes, qui detinetur apud Sanctum Johannem Angeliaci, Petrum de Montinhaco preceptorem de Castro Bernardi, in dicto loco Sancti Johannis detento, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recordatur, in hunc modum: nam post multas bonas exhortaciones, dictus receptor fecit eum vovere et jurare super quoddam missale castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, et servare bonos usus et bonas consuetudines, et non revelare secreta ordinis.

Procès tome II, page 234
Quo facto, dictus frater Hugo de Jansac, quadragenarius vel circa, qui mantellum voluntarie dimiserat et radi fecerat sibi barbam, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Claromontensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur: videlicet quod ipse receptus fuerat per fratrem Petrum de Madito militem quondam, in capella domus Templi de Folhos diocesis Xantonensis, circa medium Augustum instantem erunt XX anni, presentibus fratribus Ysarno de Petragoricinio serviente, cujus cognomen ignorat, Stephano de Monte Acuto Claramontensis diocesis, quos credit vivere; Guillelmo Pictavini preceptore de Castro Bernardi, et Roberto Guideti servientibus, deffunctis.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.
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Chateaudun   (28)
Domaines du Temple de Châteaudun
Département: Eure-et-Loir, Arrondissement et Canton: Châteaudun - 28


Maison du Temple de la Boissière
Localisation: Maison du Temple de la Boissière


Les Templiers n'eurent pas moins de succès à Châteaudun. Geoffroy de Lisle, en 1181, leur donnait une maison sise dans la ville même et plusieurs vignes (1).
1. Charte X: 1181, Thibaut, comte de Blois, amortit la donation de Geoffroy le Lisle de la Maison du Temple de Châteaudun et de ses vignes aux Templiers.

Cet exemple eut de nombreux imitateurs; en 1207, le chevalier Jodoin Tresiau leur confère une maison, rue de l'Aiguillerie (2).
2. Charte XLIX: Mars 1207, le chevalier Jodouin Tresiau avait donné aux Templiers 12 deniers de cens sur une maison, rue de l'Aiguillerie, à Châteaudun. Pierre de Bullou, seigneur féodal, fait abandon gracieux de tous ces droits.

Une autre maison, même rue, fut donnée en 1286 par Guillaume Petit-Guyot et Agnès sa femme pour la reconnaissance d'une rente de 140 sols (3).
3. Charte CLXXXll: En 1286, Guillaume Petit-Guillot et Agnès, sa femme, se donnent eux et tous leurs biens aux Templiers, et reconnaissent leur devoir une somme de 140 sols pour leur maison, rue de l'Aiguillerie, à Châteaudun.

Ils avaient déjà acquis 10 deniers de cens du chevalier Girard Le Chat sur la maison de Gautier Bernoin, même rue, en 1233 (4).
4. Charte CXIII: En juillet 1233, Girard Le Chat, chevalier, vend aux Templiers dix deniers de cens sur la maison de Gautier Bernoin, rue de l'Aiguillerie, à Châteaudun, pour 6 livres dunoises.

Le marché aux harengs leur devait également 12 sols de rente, grâce à la munificence de Philippe, Eude et Paulin de la Broce, en 1224 (5) que Philippe du Mée leur confirma en 1258 (6).
5. Charte XCIV: En mai 1224, Philippe Eudes et Paulin de la Broce donnent aux Templiers douze sols de rente sur la Harengerie de Châteaudun.
6. Charte CXLVII: En avril 1258, Pierre du Mée approuve les possessions des Templiers de la Boissière dans ses fiefs ou arrières-fiefs, en particulier leurs droits sur le marché aux harengs de Châteaudun.


Les Templiers n'avaient pas attendu si longtemps pour établir à proximité une résidence, ils choisirent un point stratégique, non sans importance pour la défense de la ville.
Répondant à leur désir, le comte de Blois, Thibaud, leur donnait en 1190 le moulin de la Boissière, dans la banlieue de Châteaudun, au bas du Raffaux, paroisse Saint-Valérien, au point le plus resserré entre la colline abrupte et le Loir.
Sources: Abbé Charles Métais - Les Templiers en Eure-et-Loir - Histoire et Cartulaire - Archives du diocèse de Chartres - VII - Chartres 1902

Boissière (La), moulin, commune de Châteaudun
— Maison du Temple, puis commanderie de Saint-Jean de Jérusalem.
— Busseria, 1140 (charte l'abbaye de Thiron)
— Buxeria-juxta-Castridunum, 1230 (Charte du prieuré de Saint-Martin-de-Chamars)
— Boissera-extra-Catridunum, 1231 (Charte du prieuré de Saint-Martin-de-Chamars)
Sources: Dictionnaire Topographique du département d'Eure-et-Loir, par M. Lucien Merlet. Paris Imprimerie Impériale M. DCCC. LXI

Hôpital des Templiers de Châteaudun
Ce fut Thibaud V, qui fit donation d'un lieu qui devint un hôpital que l'on croit avoir été entretenu à Châteaudun par les Templiers de la Boissière (1), qu'il donna à ces chevaliers trois marcs d'argent à prendre sur le revenu de la prévôté de Châteaudun, suivant une lettre qui est conservée dans la chambre des comtes de Blois.
1. Cet hôpital de Templiers dans Châteaudun était dans le faubourg de Saint-Valérien, dit le bourg du Comte, près des fossés dudit faubourg.
Sources: Histoire du Comté de Dunois, de ses comtes et de sa capitale. Par Jean B. Bordas-Demoulin, Achille Guenée. Châteaudun 1850

Maison de l'Hôpital de Châteaudun
Un historien du Pays chartrain, V. Chevard, dit qu'il y avait à Châteaudun une commanderie de l'Ordre de Malte. En effet, nous avons trouvé qu'il se trouvait dans cette ville, au commencement du XIIIe siècle, une maison de l'Hôpital où résidaient un commandeur et plusieurs frères de l'Ordre, prêtres; ce qui doit faire supposer que cette maison avait plus qu'une chapelle, mais bien une église à desservir. C'est au moins ce qui résulte d'une charte de Gaudefroy, vicomte de Châteaudun, de l'année 1208, par laquelle il confirme la donation faite par Robert le Voyageur, « Robertus viator », aux frères de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, d'une rente de deux setiers de grain à prendre sur son moulin du Vivier, pour être apportés chaque année le jour de la Saint-Rémi dans la maison de l'Hôpital de Châteaudun, « in domo Hospitalis Castriduni. » Les témoins de cette charte étaient Guillaume, commandeur de la dite maison, « magister domûs dicti Castriduni », Gervais, Godefroy prêtres, et Robert, frères du dit Hôpital.

Cette maison a été par la suite vendue ou supprimée, car on ne trouve aucun document autre que celui que nous venons de citer, qui la mentionne.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Maison du Temple de Châteaudun
Nous ne pensons pas que les Templiers aient eus un établissement à Châteaudun même, il est possible qu'ils y avaient des biens dans la ville, qu'ils louaient.

Par contre nous sommes sûrs de la présence d'une maison que les Hospitaliers possédaient et qui devait être la résidence du commandeur. Je site: Un historien du Pays chartrain, V. Chevard, dit qu'il y avait à Châteaudun une commanderie de l'Ordre de Malte.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Chapelle des Templiers de La Boissière


Chapelle du Temple de La Boissière
Chapelle du Temple de La Boissière - Sources: L'écho Républicain


La couverture de la chapelle des Templiers sera également refaite
La chapelle de la Boissière sert d'espace de stockage à la municipalité.
Située rue des Fouleries, la chapelle de la Boissière est un joyau méconnu.
Cette ancienne église des Templiers a été fondée au XIIe siècle, dans le plus pur style roman.

Au travers des siècles, elle a connu une existence hors du commun, livrée davantage aux activités industrielles qu'à sa vocation religieuse.

Pourtant, dans les années 1220, les Templiers furent séduits par l'emplacement stratégique de la chapelle. Ils y vécurent en suivant leurs voux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté avant d'être chassés.

La chapelle a été un temps, le siège de la confrérie des Foulons, qui avait installé ses ateliers dans la rue des Fouleries, au bord du Loir.

« En faire un site touristique »
Puis, dans les années 1980, l'entreprise spécialisée dans la téléphonie Picart-Lebas, ancêtre de Nortel et de Flextronics, y a installé l'un de ses ateliers.

Aujourd'hui, la chapelle sert d'espace de stockage à la mairie. Didier Huguet, le maire (sans étiquette) de Châteaudun, reconnaît le caractère exceptionnel de cette chapelle. « Elle possède une charpente classée. L'architecte en chef des monuments historiques, nous a expliqué qu'il y avait peu de charpente de cette qualité. Si aujourd'hui la chapelle est fermée, nous n'excluons pas un jour de la rouvrir et d'en faire un site touristique. »
Déformation de la lucarne sur le côté sud

En attendant, la couverture de l'édifice a besoin de gros travaux de restauration, car elle est très vétuste et hors d'usage. « Nous allons refaire la couverture afin de protéger l'ensemble. » Les liteaux sont en train de rompre. Ils se sont usés au fil du temps, à cause des infiltrations. On observe des ondulations et des trous dans le toit.

Il a été également constaté une déformation, par affaissement, de la lucarne, implantée sur le côté sud de l'édifice.

Le chantier est estimé à 120.000 Euros. Une subvention de 40 pourcent a été demandée à la Direction régionale des affaires culturelles et de 30 % au Conseil général.
Sources: Claire Béguin
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Chateauneuf-de-Gadagne   (84)
Maison du Temple de Châteauneuf-de-Gadagne
Département: Vaucluse, Arrondissement: Avignon, Canton: Isle-sur-la-Sorgue - 84


Maison du Temple, près des Margues
Localisation: Maison du Temple, près des Margues


C'est sous ce nom que la commanderie est mieux connue aujourd'hui. Les Templiers de Provence eurent des possessions à Châteauneuf de l'Isle ou en l'Isle, dès la moitié du XIIe siècle. On ne sait, là encore, en quelle année fut fondée la maison du Temple qui dépendait d'Arles à son origine mais qui eut quelques commandeurs titulaires.
D'ailleurs les trois commanderies de la région:
Bompas, Châteauneuf et Cavaillon furent soumises à Arles puis à Avignon
Le commandeur d'Arles restant juridiquement visiteur des maisons de la Basse-Provence, si nous en jugeons par l'acte du chapitre général de 1253 qui élit Renaud de Vichier comme Grand-Maître du Temple.

Le 30 mai 1170, date du premier document connu, Bernard de Calador, commandeur d'Arles, recevait la donation de Giraud de Châteauneuf qui consistait à tous les droits qu'il avait sur une terre située au-dessous de la maison du Temple et contigüe à la ferrage du Calvet (1).
1. Marseille, Archives Départementales, 56 H. Ancienne cote. Temple-Châteauneuf. 115

Cette indication montre bien une fondation titulaire antérieure. La commanderie de Châteauneuf ou encore de Gadagne eut d'autres commandeurs, même si nous avons la mention au mois d'avril 1209 du frère Vesianus et qu'en 1211 ce soit le commandeur d'Arles qui reçut une donation pour cette maison. Nous ne devons pas oublier que cela était chose courante chez les Templiers. Ne voyons-nous pas le commandeur de Bénévent en Italie recevoir des biens pour le commandeur de Wavre en Belgique, en 1188 (2).
2. Miraeus, Opera diplomatica et Historica. Bruxelles. 1723. tome III. Pars terria caput LXXX. page 1191. Pour l'acte, cf. Marseille. Archives Départementales H 32.

Donc, le fait qu'un commandeur étranger passe un acte pour une autre maison que la sienne n'est pas chose rare et cela n'est-il pas plus normal lorsque les signatures proviennent d'un commandeur régional et même le chef de la juridiction. Le même fait se passera au Ruou et dans d'autres maisons provençales.

Les Templiers de Châteauneuf de Gadagne eurent des biens à l'Isle-sur-la-Sorgues, c'est tout ce que nous pouvons affirmer. Quant à dire qu'ils eurent des biens et des possessions à Caumont-sur-Durance, nous n'en avons aucune preuve (3).
3. Lorsque je dis nous n'avons aucune preuve, il est utile et nécessaire d'ajouter pour l'instant.

Commandeurs de Châteauneuf
Vesianus, 1209
Jacques, 1214
Guillaume de Châteauneuf, 1217-1224
Sources: Laurent Dailliez - Les Templiers en Provence - Alpes-Méditerranée - Editions - Nice 1977.

Maison du Temple de Châteauneuf-de-Gadagne
La commanderie d'Arles est très probablement à l'origine de maisons un peu plus éloignées, comme par exemple à Châteauneuf-[de-Gadagne], dans le diocèse de Cavaillon, dont le statut demeure assez flou:
En 1170, le commandeur d'Arles reçoit une terre dans la localité « subtus domus milicie »
Chartier du Temple d'Arles, nº 013; voyez R. Bailly, Les Templiers, page 78-82

Les maisons castrales nous échappent davantage encore. Seuls les qualificatifs de « stare - maison avec étage ou maison de ville » à Méjanes ou à Aubais ou la mention d'un « solarium » à Châteauneuf-de-Gadagne, renvoient à des édifices de qualité et à étage.
Chartier du Temple d'Arles, nº 071 (in solario majori domus Templi)

Cela ne doit toutefois pas occulter le fait que ces maisons de village, comme les granges campagnardes, ont avant tout une fonction économique. Les chartes montrent clairement qu'elles centralisent les produits des redevances en nature apportées par les tenanciers. Elles devaient donc comporter des annexes agricoles destinées à conserver les réserves. Le rappel de cette fonction nous amène à présenter le système économique mis en place par les Templiers du Bas-Rhône.

Le raisin provenant des vignes concédées à mi-fruit était sans doute apporté dans les maisons templières au moment des vendanges. Il n'est pas rare en effet d'y rencontrer pressoir ou autres instruments à vinifier, tandis que certaines conservaient en 1308 des réserves de vin: il est fait mentions de pressoir à Châteauneuf et dans le cellier de Saliers et de marmites à bouillir le vin à Saliers.
Chartier du Temple d'Arles, nº 071, 172 et 173.

L'enquête de 1308 évoque à Arles deux cuves à vin et, dans le cellier, neuf tonneaux dont trois pleins de vin dit « médiocre » ou « mineur », et à Paulon, trois tonneaux de vin rouge. A Avignon, on trouve aussi deux tonneaux de « vin gros » destinés à la « famlia » et deux autres dans la cour. L'inventaire dressé en 1309 par les commissaires pontificaux cite encore des réserves de vins dans presque toutes les granges du terroir arlésien.

Pour autant, cela ne me semble pas révéler une opposition massive et systématique à rencontre des moines-soldats. J'y verrais plutôt une inquiétude de la part des seigneurs locaux, comme des possédants plus humbles, face à la redoutable concurrence économique des commanderies. Une illustration de cette appréhension peut par exemple être fournie par un conflit entre le Temple et les seigneurs de Châteauneuf-[de-Gadagne], Géraut II Amie puis son fils, qui ont tenté de limiter les acquisitions de l'ordre dans leur territoire.
Le lignage conteste un important legs délivré par Isnart de Robion, Chartier du Temple d'Arles, nº 071 (mai 1221) et 087 (9 mars 1226-67)
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Sénot, quartier des Magues
—1170, une terre aux Ferrailles (ferraio - fourages) c'est-à-dire en bas du village.
—Ce quartier s'étendait à l'est jusqu'à la place du marché, de part et d'autre du Sénot.
—Le commandeur d'Arles reçoit une terre dans la localité « subtus domus militi Templi »
Sources: Robert Bailly Les Templiers, page 78-82.
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Chateauroux   (36)
Maison du Temple de Châteauroux
Département: Indre, Arrondissement et canton: Châteauroux - 36


Maison du Temple de Châteauroux
Maison du Temple de Châteauroux


Les Templiers étaient établis à Châteauroux dès la seconde moitié du XIIe siècle. M. Hubert cite en effet une donation de Pierre de Chanly à l'abbaye de La Vernusse en 1178, donation dans laquelle figurent comme témoins Etienne Raimbaud, templier et Lenoir son frère, prêtre, et la charte fut signée sous le porche de Saint-André de Châteauroux près de la maison du Temple. (Ancienne maison du Temple de Châteauroux, dans la Revue du Berry, 1909. J'ai emprunté beaucoup à ce savant travail).

Cette maison dont il ne reste rien fut remplacée au XVe siècle par un édifice qui existait encore en 1843, époque où il fut exproprié pour l'agrandissement de la place du Marché.

Dans la visite prieurale de 1789, il est dit qu'on entrait dans la maison par un portail voûté en pierre, au-dessus duquel étaient les armes de La Religion; un escalier de pierre conduisait à une chambre située au-dessus du portail et à trois autres chambres avec cheminées à manteau, grenier au-dessus et caves au-dessous. Il y avait une grande cour où se trouvait un cellier, et vis-à-vis du portail un appentis avec une porte donnant sur une basse-cour.

Cette maison qui ne fut jamais occupée par les Hospitaliers que pour y loger les receveurs de l'Ordre ou les fermiers-généraux, servit parfois de lieu de réunion pour les habitants de la ville « discutant du fait commun. » En 1704 elle fut affermée par la ville pour servir d'Hôtel de Ville, puis après la construction d'un Hôtel de Ville elle fut louée à des particuliers jusqu'à la Révolution.

Voici quelles étaient les principales dépendances du Temple de Châteauroux:
— Dix maisons à Châteauroux
— Locatures; (Les locatures étaient des petites fermes louées par Les Templiers)
— Terres
— Vignes, dans les environs de la ville
— Un moulin à la Rochegayne, paroisse d'Arthon
— Deux moulins à Villaines (commune de Condé)
— La métairie de la Rochegayne comprenant 200 boisselées de terre et 5 arpents de pré sur la Bouzanne
— Des rentes et dîmes diverses
— Enfin la forêt du Temple qui comprenait en 1789, 386 arpents de taillis et futaies de chênes, et 126 arpents de brandes.

On voit quelle était l'importance de ce membre de la Commanderie de Lormeteau.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

RochegaygneMoulin de Rochegaygne
Moulin de Rochegaygne
, commune d'Arthon.
— Ancien moulin sur la Bouzanne, appartenant à la commanderie de l'Ormeteau

VillaineMoulin de Villaine
Moulin de Villaine
, commune de Condé
— Moulin de Villaine
Sources: Dictionnaire Historique, Géographique et Statistique de l'Indre, par M. Eugène Hubert, archiviste-adjoint aux Archives de l'Indre. Paris, Châteauroux 1889
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Chatellenot   (21)
Maison du Temple de Chatellenot
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Montbard, Canton: Recey-sur-Ource, Commune: Terrefondrée - 21


Maison du Temple de Chatellenot
Maison du Temple de Chatellenot


Hameau situé à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Bure, sur la commune de Terrefondrée.

En 1189, Manassès, évêque de Langres, fait savoir à tous que Bencelin d'Aprey et Villain, son frère, ont donné aux Templiers tout ce qu'ils avaient à Chatellenot et à Minot, sans aucune rétention et à perpétuité (1).

En 1252, un désaccord étant survenu entre les Templiers de Bure et les Bénédictins du prieuré de Grancey61 au sujet des dîmes de Chatellenot, il fut convenu que chacune des parties en percevrait la moitié, de même pour les champarts (61).

Au début du XVIe siècle, le prieur et commandeur de Bure, frère Jacques Aymer, fait construire, ou reconstruire, la chapelle. Ses armes figurent sur l'une des clés de voûtes.

En 1605, les habitants insistent auprès des visiteurs sur leur misère provoquée par les troubles de la seconde moitié du siècle précédent. Il n'y a plus à Chatellenot que six feux où il y en avait vingt-cinq auparavant, et trois charrues contre seize ou dix-huit. Le finage est en friche pour les trois-quarts. Les dîmes se montent alors à 5 setiers composés de froment, seigle, orge et avoine. Le moulin banal est amodié pour trois ans (2).

Au XVIIIe siècle, la seule possession de Bure à Chatellenot est ce moulin banal « situé au bas du village sur la rivière de Dienne (Digeanne) » et lui aussi représenté par Louis Victor Petitot.

L'architecte Tridon bâtit, entre 1826 et 1830, le narthex précédant la nef de la chapelle (3).
1. Prieuré dépendant de Saint-Bénigne de Dijon.
2. A.D.C.O., 111 H/R 1155-4 folio 31 vº - 32 vº
3. M. Pectot et M Malnoury, Les églises du canton de Recey-sur-Ource, page 20

Sources: Michel Miguet Templiers et Hospitaliers de Bure
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Chatellerault   (86)
Maison du Temple de Châtellerault
Département: Vienne, Arrondissement et Canton: Châtellerault - 86


Localisation possible d'une ancien hôtel des Templiers
Localisation possible d'une ancien hôtel des Templiers


Temple (Bourg du), à Châtellerault, au faubourg Sainte-Catherine.
— Dépendance de la commanderie d'Auzon, 1438.
— De nos jours cet endroit est inconnu.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, par M. L. Rédet, Paris, M. DCCC. LXXXI

Le Temple de Cenon
Département: Vienne, Arrondissement: Châtellerault, Canton: Vouneuil-sur-Vienne, Commune: Cenon-sur-Vienne - 86


Le Temple de Cenon
Localisation: Le Temple de Cenon


Temple (Le), ferme commune de Cenon
— Le Temple, 1480 (Fonds de la commanderie d'Auzon, 6)
— Le Temple de Jumeaux, 1572 (Fonds de la commanderie d'Auzon, 6)
— C'était alors une maitérie dépendante de la commanderie d'Auzon à Châtellerault.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, par M. L. Rédet, Paris, M. DCCC. LXXXI
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Chatenay-Malabry   (92)
Seigneurie du Temple de Châtenay-Malabry
Département: Hauts-de-Seine, Arrondissement: Antony, Canton: Châtenay-Malabry - 92


Seigneurie du Temple de Châtenay-Malabry
Seigneurie du Temple de Châtenay-Malabry


Châtenay-les-Bagneux, plus connu sous le nom de Châtenay-Malabry sur le penchant oriental d'un fertile coteau à 1/2 lieue de Sceaux.
Son nom vient du mot latin castellaum probablement à cause des châtaigniers que produit son territoire. On évoquait jadis une origine liée au mot châtaignier. Mais l'on sait aujourd'hui que la culture du châtaignier est relativement récente dans cette région.

Il est déjà fait mention de ce village sous Charlemagne.
Au XIIIe siècle, la seigneurie de Châtenay appartenait aux Templiers; plus tard elle passa aux mains du chapitre de Notre-Dame-de-Paris, dont la domination aurait réduit les habitants au désespoir sans la pieuse intervention de la reine Blanche, mère de saint Louis.

Les serfs lui durent leur manumission (affranchissement légal d'un serf ou d'un esclave), en 1266 moyennant la somme de 1400 livres tournois, somme énorme pour le temps. Voltaire est né à Châtenay le 20 février 1694. Près de Châtenay se trouve le village de Fontenay, célèbre autrefois parla culture des rosiers.

Etymologie:
— Avant 1793 Châtenay-la-Montagne
— 1793, Chatenay-les-Bagneux
— 1801, Chatenay, Châtenay
— 1920, Châtenay-Malabry
Sources: France pittoresque ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France. Par Abel Hugo

Châtenay-les-Bagneux (Historique)
Châtenay est un joli village dont le nom latin « Castanetum » vient probablement des châtaigniers qui croissaient sur son territoire. Il est agréablement situé, à 3 lieues Sud-Ouest de Paris, sur le penchant oriental d'un coteau couronné de bois, planté de vignes et d'arbres fruitiers, qui domine une campagne fertile et bien cultivée.

Il n'est pas douteux que Châtenay ne soit fort ancien, puisque Irminon, abbé de Saint-Germain-des-Prés, sous Charlemagne, en fait mention; il est au moins certain que son antiquité est égale à celle de Bagneux, dont il paraît avoir été une dépendance, avant que Sceaux, le Bourg-la-Reine et le Plessis-Picquet, qui le séparent aujourd'hui, existassent; car, dans un titre du IXe siècle, Châtenay est nommé « Castanetum », comme un lieu voisin de Verrières.

Les Templiers possédaient, au XIIIe siècle, la seigneurie de Châtenay. Ils la vendirent à Jean de Bercencourt, qui en fit présent au chapitre de Notre-Dame de Paris. Un trait de la vie de la reine Blanche, mère de Saint Louis, cité dans les chroniques du temps 3 nous en fournit la preuve:
« En 1245, pendant la première expédition de Saint Louis dans l'Orient, le chapitre de Paris fit mettre en prison tous les hommes serfs qu'il avait à Châtenay, parce que ces malheureux, écrasés d'impôts, n'avaient point payés la taille attachée à leur état de servitude. Quelques-uns d'entre eux, qui n'avaient point été saisis, vinrent se jeter aux pieds de la reine Blanche, qui gouvernait en qualité de régente du royaume pendant l'absence de son fils, et la supplièrent de s'intéresser au sort de leurs malheureux compatriotes. Cette reine, à qui une piété solide inspirait une généreuse sensibilité, fut touchée de leurs larmes, et fit prier le chapitre de relâcher ses prisonniers. Malgré cette prière, qui eût dû être un ordre pour eux, les chanoines n'en voulurent rien faire; et redoublant au contraire de cruauté, ils firent encore saisir les femmes et les enfants, et les plongèrent dans les cachots, où déjà gémissaient les époux et les pères. Ces cachots étaient si infectes; et ces misérables victimes de l'avarice monastique y étaient tellement entassées, que plusieurs y moururent suffoqués par la trop grande chaleur. Instruite du mépris qu'on avait fait de sa prière, la reine Blanche, irritée d'ailleurs de la mort de ces prisonniers se présenta en personne au chapitre avec des gens armés; elle même frappa la première à la porte de la prison avec un bâton, et la fît rompre à coups de haches. Elle fit aussitôt sortir les prisonniers, les mit en liberté, et se saisit du temporel de l'église, jusqu'à ce que les chanoines eussent dédommagé les habitants de Châtenay des mauvais traitements qu'ils leur avaient fait éprouver. »

Quelques années après, Saint Louis, sollicité par sa mère qui avait appris que, dans d'autres paroisses, les paysans étaient exposés à des vexations semblables, engagea tous les seigneurs de sa cour à accorder la manumission à leurs serfs; ceux de Châtenay l'obtinrent vers l'année 1266, moyennant la somme, très-forte pour ce temps-là, de 1400 livres tournois. Dès 1155, les habitants de Châtenay avaient été exemptés, par Louis-le-Jeune, des droits de gîte, ainsi que toutes les terres du chapitre de Paris.

L'église, sous l'invocation de Saint Germain-l'Auxerrois, est un édifice fort ancien; du moins, des colonnes que l'on remarque dans l'intérieur annoncent le goût du Xe siècle; cependant plusieurs de ses parties ont été rebâties nouvellement. La tour est solidement construite et fort élégamment travaillée. Le savant Malézieu et l'un de ses fils ont été inhumés au milieu de la nef de cette église, en 1727.

Voltaire, l'un des hommes les plus célèbres du siècle dernier, ce génie presque universel, qui a eu une influence si marquée sur les hommes de son temps, est né à Châtenay, le 20 février 1694, dans la maison que possède aujourd'hui madame la comtesse de Boignes. Quelques biographes, cependant, ne sont pas d'accord sur le jour de sa naissance; mais le passage suivant, extrait d'une lettre de Voltaire lui-même, écrite le 20 février 1765, à M. de Cideville, lève tous les doutes à cet égard: « J'entre aujourd'hui dans ma soixante-douzième année; car je suis né en 1694, le 20 février, et non le 20 de novembre, comme le dirent les commentateurs mal instruits. »

La beauté du site de Châtenay, la variété de ses points de vue, y ont fait construire un grand nombre de maisons de plaisance. Celles de M. Mouette, maire du lieu, et de M. Bauvais, propriétaire, sont particulièrement remarquables par leurs charmants jardins. Une autre, située au « Petit-Chambord », hameau de cette commune, se fait aussi remarquer, de la route d'Orléans, par sa position avantageuse. De la même route, on voit encore celle dite de la « Vallée-au-Loup », et, plus loin, celle du « Pavillon-de-Malabry », qui possède de superbes jardins enclavés dans le Buisson de derrières.

Châtenay offre l'heureux tableau d'une population laborieuse; son active industrie a doublé ses revenus, surtout depuis dix ans; et cependant il n'y existe pas d'établissement industriel. Les productions du territoire sont peu importantes en grains; elles se réduisent aux produits de la vigne et des arbres fruitiers.

Le village de Châtenay-les-Bagneux appartient au département de la Seine, arrondissement et canton de Sceaux. Sa population, y compris les hameaux « d'Aunay », de « Malabry », du « Petit-Chambord », et les maisons isolées dites le « Petit-Châtenay », « la Vallée-au-Loup », et le « Pavillon Malabry », est de 575 habitants.
Sources: Jacques-Antoine Dulaure - Histoire physique, civile et morale des environs de Paris, depuis les premiers temps historiques jusqu'au nos jours. Paris 1828
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Chatillon-Coligny   (45)
Maison du Temple de Châtillon-Coligny (Châtillon-sur-Loing)
Département: Loiret, Arrondissement: Montargis, Canton: Châtillon-Coligny - 45


Maison du Temple de Châtillon-Coligny
Maison du Temple de Châtillon-Coligny



Selon Paul Gâche, une commanderie de templiers est construite à Châtillon-Coligny vers 1171, le portail semble effectivement dater de cette période « des sépultures de chevaliers de l'Ordre du temple auraient été trouvées vers 1840 dans le cimetière précédant la chapelle et devenu aujourd'hui une cour. »

La chapelle a été construite au 13e siècle. Après 1312, date de la suppression de l'Ordre du Temple, l'édifice passe aux hospitaliers qui acceptent de le transformer en hôtel-Dieu de la ville vers 1375, le bâtiment situé au nord-ouest de la chapelle pourrait dater de cette époque.

L'hôtel-Dieu est incendié le 30 avril 1569 lors de la prise de la ville par Martinengo.
On le répare à la fin du 16e siècle et dans le 1er quart 17e, ce qui ne ralentit pas son déclin.
En 1685 et 1696, le roi affecte des fonds à son entretien qui est confié aux soeurs de Lorris, puis de Sainville (Eure-et-Loir), les encadrements brique et pierre de certaines baies pourraient remonter à cette période.
En 1796, l'édifice devient hospice aidé par les soeurs de la présentation de Tours. En 1865, on reconstruit la maison d'habitation, qui est actuellement le musée.

Non loin de l'église, le grenier à sel (XVIe siècle) et, à l'entrée de la ville, l'ancien hôtel-Dieu qui est - l'ancienne Maison du Temple, puis commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem -, figurent parmi les édifices anciens de Châtillon-Coligny.


Hôtel-Dieu Châtillon-Coligny
Hôtel-Dieu Châtillon-Coligny Image Monuments de France


Châtillon-Coligny était une très importante Maison du Temple, elle avait une trentaine de maisons, des granges, des secteurs cultivables au Nord, une maison administrative et un hospice avec chapelle (actuellement musée de la ville) et des droits sur plusieurs moulins.
Sources: Monuments de France, rédacteur(s): Bardisa Marie; Billon Claire; Coste Georges; Pouvreau Pascale

Le Seigneur de Châtillon-Coligny
Fils cadet d'un pauvre seigneur de Châtillon Coligny près de Gien, Renaud avait dû faire partie trente ans plus tôt des hommes de la seconde croisade. Il était venu en Terre sainte davantage en quête d'aventures et de preux exploits que pour des motivations religieuses. Par d'extraordinaires circonstances, il devint prince d'Antioche avant d'être retenu prisonnier près d'Alep environ seize années, détention qu'il mit à profit pour apprendre à connaître la langue et la coutume de ceux qu'il venait combattre.
Sources: Saladin le plus pur Héros de l'Islam - d'Albert Champdor - Editions Albin Michel; 1956
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Chatillon-sur-Seine   (21)
Maison du Temple de Châtillon-sur-Seine
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Montbard, Canton: Châtillon-sur-Seine - 21


Maison du Temple de Châtillon-sur-Seine
Maison du Temple de Châtillon-sur-Seine


Elle était qualifiée de petit Temple. Ces chevaliers y avaient une de leurs maisons qui longtemps a été remarquée au faubourg de la Feuillée. Un des évêques de Langres dota cet établissement, en 1145, de la moitié du droit d'éminage qu'il percevait sur les marchés de la ville.
Le duc Hugues V, fit don aux Templiers de Châtillon, en 1232, de terres et de rentes sur:
MassingyDomaine du  Temple à Massingy
Domaine du Temple à Massingy
,
Sainte-ColombeDomaine du  Temple à Sainte-Colombe
Domaine du Temple à Sainte-Colombe
,
BunceyDomaine du  Temple à Buncey
Domaine du Temple à Buncey
, etc.

Ils avaient élevé une chapelle assez élégante à l'entrée de la route de Montbard qui, nous le pensons, existe toujours et qu'on nomme la chapelle de saint Thibaud. On remarque encore sur ses murs des croix de Malte, dit Gustave Laperouse, historien de Châtillon, et on a retrouvé a l'entour, il y a quelques années, les fondations d'anciens édifices.

Mais ce qui confirme l'existence de cette maison du Temple, c'est qu'un frère nommé Aymé de Bure, dans son interrogatoire subi en 1307, lors du procès commencé contre l'ordre, déclara qu'il avait été reçu dans la milice du Temple à Châtillon-sur-Seine, « apud Castellonium super Sequanam », par le précepteur de la maison de ce lieu.

Précepteur de Châtillon-sur-Seine
vers 1306, frère Robert Lescolhe, de Venizy.
Sivre (F. Petrus de), preceptor baillivie de Bures
César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Procès des Templiers, tome I, page 317
L'existence d'une maison du Temple à Châtillon-sur-Seine « apud Castellionem super Secanam, Lingonensis diocesis » est attestée par un passage du Procès, qui nous donne en même temps le nom du précepteur, frère Robert Lescolhe, ou de Venizy.

Procès des Templiers tome 2, page 358
Dixit per suum juramentum quod fuit receptus apud Bures Lingonensis diocesis, decem vel duodecim anni sunt elapsi, per fratrem Petrum de Sivre preceptorem ballivie de Bures, non recordatur de nominibus presencium.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Châtillon-sur-Seine
Les établissements religieux les plus importants étaient:
Notre-Dame, abbaye d'hommes, ordre de saint Augustin, agrégée à la Congrégation de Sainte-Geneviève, tombée en commende, à la nomination du roi.
Une abbaye de femmes, transférée du Puits-d'Orbe en cette ville en 1619.
Il y avait une Maison du Temple.
Un couvent des Cordeliers, couvent des Feuillants, couvent des Carmélites et des Ursulines.

Chapelle Saint-Thibaud
Ancienne chapelle, commune de Châtillon-sur-Seine ; la chapelle est mentionnée dès 1725 (Plan du Petit Temple de Châtillon).
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or, rédigé par Alphonse Roserot. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXXIV.
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Chaubère   (65)
Hôpital du Temple de Chaubère
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Bagnères-de-Bigorre, Canton: Vielle-Aure, Commune: Aragnouet - 65


Hôpital de Chaubère
Hôpital de Chaubère


Si l'on suit cette vallée jusqu'au port de Bielse, on trouve, à cette extrémité, la la maison de « Chaubère », qui sert d'hospice aux voyageurs: cette maison et une vaste prairie qui en était une dépendance, appartenaient jadis aux Templiers: on voit encore leur monogramme sur les ruines d'une chapelle bâtie à l'extrémité de la prairie.

Les aragonais venaient ramasser le foin en France et les français partaient en Espagne cueillir les olives (ou pour échapper à la conscription).


Chapelle des Templiers d'Aragnouet
Chapelle des Templiers d'Aragnouet


Ces échanges se faisaient surtout par le port de Bielsa et le port Vieux, mais aussi par le port de Barroude en passant par l'Hôpital de Parzan et le fond du cirque de Barrosa. Ces trois ports (le port de Barroude sous le nom de « Port de Birousse ») figurent sur la carte de Roussel commandée par le Régent (dressée entre 1716 et 1719, sa première édition est parue en 1730), pour mieux connaître les « cols, passages et ports qui vont de France en Espagne traversant les Pyrénées. » Les chemins qui les empruntent convergent côté espagnol vers « l'Hopital de Bielsa » (plus tard « de Parzan »), et côté français vers « l'Hopital de Chaubère » (attenant à la chapelle des Templiers)

Le Plan: Eths Templiers deth Plan de Shaubèra, « les Templiers du Plan de Chaubère » à cause de l'ancienne commanderie et de l'hôpital du Plan, tenu par la famille de ce nom (Enquête A.L.G.).
Eget: Eths pirons (Enquête A.L.G., non expliqué).
Eths culherèrs (Rosapelly, vers 1910).
Archives départementales des Hautes-Pyrénées
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Chauffour   (77)
Maison du Temple de Chauffour
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Provins, Canton: Nangis, Commune: Jouy-le-Châtel - 77


Localisation du Temple de Chauffour
Localisation du Temple de Chauffour


Il n'y avait là d'abord qu'une simple grange qui servait aux Templiers, pour renfermer leurs dîmes. Des lettres du mois de juin 1212, de Gaudefroy, abbé de Saint-Jacques de Provins, nous font connaître que cette grange leur avait été donnée avec dix arpents de terre et douze deniers de cens, par Hugues de Praières, « de Praeriis » Etienne, Guillaume et Jean, ses frères, qui leur avaient cédé, en outre, moyennant finance, d'autres terres et censives à Chauffour, « apud Chaufor », et le droit de ramasser le bois mort dans le bois Hunaut, « in bosco Hunauldi. »

Des lettres de la même année, d'Eudes, maître de la Maison des pauvres ou de l'Hôtel-Dieu de Provins, portent que Simon Courteron et Helvide, sa femme, ont déclaré en sa présence, avoir donné aux frères du Temple, tout ce qu'ils possédaient à Orbies (commune Jouy-le-Chatel), près de Chauffour, dépendant du fief de Jean Le Gay ou Le Jais, chevalier, avec le tiers de 34 arpents de terre, dont ils leur vendaient les deux autres tiers pour 39 livres 45 sols.

Les Templiers y firent construire tout d'abord une métairie, près de la grange qui existait déjà, une étable, un logis, une chapelle, une cour, un jardin. Le tout sur un arpent de terrain clos de fossés.
Ils avaient fait creuser tout autour un fossé de protection pour ces biens plus ou moins éloignés du plus proche village.

En janvier 1224, l'abbé de Jouy, pour obtenir des Templiers de Chauffour, près de Jouy-le-Châtel, « Templariis de Calido Furno juxta Joiacum castrum » une renonciation à un droit d'usage qu'ils avaient dans ses bois, leur donna trente arpents de terre pour être ajoutés à ceux de leur bois Hunaut.

Vers le milieu du XIIIe siècle, la maison de Chauffour, avec les terres et bois en dépendant, fut donnée à vie à un nommé Adam Bourdon, citoyen de Paris, « civis parisiensis », à la charge et sous la condition d'y reconstruire à ses frais, tous les bâtiments alors tombés en ruines, et d'améliorer la culture des terres. Il paraîtrait qu'à sa mort, les Templiers eurent assez de peine à rentrer en possession de leur maison. Le Roi, par un ordre expédié en 1296, à son bailli de Troyes, lui prescrivit de faire opérer en leur faveur, cette restitution.

Chauffour sous les Hospitaliers
La maison de Chauffour subit de nouveaux désastres à la fin du XVe siècle; car nous voyons Gauthier Goulon, commandeur de Reims et de Chevru, accorder en 1494, en arrentement perpétuel, à Jehan Coulon le jeune, demeurant au Bas-Orbies, paroisse de Jouy-le-Châtel: « les masures du Temple où souloit avoir maison, chapelle, granche, estables, cour, jardin et pourpris, nommé « le Pastis » ou Vieil Chaufour, contenant un arpent, clos de fossés; tenant à la forest de Jouy, avec 80 arpents de terre, sis audit lieu, moyennant le rendage ou canon annuel, pour les masures et accins, de cinq sols tournois, et de soixante sols pour les terres, et en outre à la charge et condition expresse de faire réédifier sur lesdits héritages, une maison de deux travées et deux travées d'estables, dedans quatre ans, et de essarter et mettre en culture dix arpens de terre en dedans six ans.

Deux fiefs appartenaient à la maison du Temple de Chauffour. Le fief de « Lespingaut », consistant en un certain nombre de censives qui se percevaient au Petit-Paris Chauffour, paroisse de Jouy-le-Chatel; et le fief du « Lutz », dans la même paroisse, rue du Lutz, composé de censives sur cent arpents de terre, bornés du nord au midi par un ravin, appelé le ruisseau de Bouilly.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chaugey   (21)
Seigneurie du Temple de Chaugey
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Montbard, Canton: Recey-sur-Ource, Commune: Chaugey - 21


Seigneurie du Temple de Chaugey
Seigneurie du Temple de Chaugey


La moitié de cette seigneurie fut donnée aux Templiers de la maison de Bures, en 1301, par Guy de Villars, qui affecta l'autre moitié à leur établissement de Mormant.
Par la suite, obtiennent une remise de cens sur le moulin de ce lieu en 1301.

Il faut signaler, que sur la commune de Salives, tout près de Chaugey, il y a la Maison du Temple de Montmorot.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Seigneurie du Temple de Chaugey
Ce village aurait été donné aux Templiers par le seigneur Guy de Villars en 1301 (1), mais au XVIIIe siècle le prieur de Champagne n'est seigneur qu'en partie. Il possède à Chaugey le moulin banal et quelques terres, prés et bois (2). Ce village fut ravagé par les guerres de Religion et par des atteintes récurrentes de peste dans la seconde moitié du XVIe siècle. Là encore, les visiteurs de 1605 témoignent de ces désastres. Le village ne compte plus à ce moment que trois feux de « meisnaiges, tous estrangiés » qui tiennent les héritages comme amodiataires et non comme résidents; alors qu'avant les troubles et guerres « les habitants dudit lieu étaient au nombre de trente feux et [possédaient] douze charrues [...] et sont endettés de grandes sommes de deniers, impossibles à eux de les payer » (3).

Entre 1825 et 1829, c'est encore Tridon qui dote l'église de Chaugey d'une façade sans rapport avec le style de l'édifice (4).
1. E. Nesle, « Voyage d'un touriste dans l'arrondissement de Châtillon-sur-Seine », page 300.
2. A.D.C.O., 111 H 1155-35 (améliorissements de 1768)
3. A.D.C.O., 111 H/R 1155-4, folio 25.
4. M Petot et M. Malnoury, les églises du canton de Recey-sur-Ource, page 20.

Sources: Michel Miguet Templiers et Hospitaliers de Bure

Chaugey, canton de Recey-sur-Ource.
— Calgiacus villa, 887 (Roserot, Dipl., p. 22).
— Hugo de Cangié, 1141 (Fonds de la Maison du Temple de Bure-les-Templiers, H 1146).
— Changé, 1172 (Fonds de la Maison du Temple de Bure-les-Templiers, H 1160).
— Chaugé, 1230 (Auberive, l. 4).
— Changey, 1371 (B 989, fº 15 rº).
— Chaugey, vers 1380 (B 11560).
— Saugé, 1635 (C 4816, fº 79 vº).
— Ancienne possession des Templiers de Bure, puis du Grand-Prieuré de Champagne (Saint-Jean de Jérusalem).
Dans le parler local on prononce : Sôgé.
En 1789 Chaugey dépendait de la province de Bourgogne, bailliage de la Montagne.
Son église, sous le vocable de Saint-Sulpice, était succursale de celle de Villars-Montroyer (Haute-Marne), au diocèse de Langres, doyenné de Châtillon.
Pendant la période intermédiaire Chaugey a fait partie du canton de Minot.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or, rédigé par Alphonse Roserot. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXXIV.
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Chaumont   (45)
Domaine du Temple de Chaumont
Département: Loiret, Arrondissement: Orléans, Canton: Artenay, commune: Ruan - 45


Domaine du Temple de Chaumont
Domaine du Temple de Chaumont


Ancienne dépendance du Temple de Bucy. C'était un petit domaine situé dans la paroisse de Trinay, sur le chemin allant à Artenay. Le plus ancien titre qui en fasse mention, est un acte du 12 février 1460, par lequel Jean d'Alzy, commandeur de Saint-Marc d'Orléans, accorde à bail emphytéotique, à un nommé Jean Carré et à son fils, « une mesterie en ruyne et friche, appelée Chaumont, assise en la paroisse de Trinay, avec quatorze muis de terre labourable en trois pièces, au chemin de Maisières et à celui de Genneville, moyennant une rente de 48 sols parisis, mais à la charge de reconstruire en dedans douze ans, la maison et les bâtiments d'exploitation. »

La ferme ayant été brûlée vers le milieu du XVIIe siècle, les terres furent réunies au domaine de la commanderie.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chaumontagne   (08)
Domaine du Temple de Chaumontagne
Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Chaumont-Porcien - 08


Domaine du Temple de Chaumontaigne
Localisation: Domaine du Temple de Chaumontagne


C'était un domaine considérable qui faisait suite à celui de Seraincourt, et qui avait dû, dès l'origine, en faire partie. Il se composait de deux fermes, dans l'une desquelles il y avait une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, et où il se disait encore, au siècle dernier, une messe par semaine.

Les terres qui dépendaient des deux fermes étaient de 756 arpents en labour, et 180 arpents de bois, dont une partie située sur le territoire de Foret.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chaussepierre   (10)
Domaine du Temple de Chaussepierre
Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Bar-sur-Seine, Commune: Rumilly-lès-Vaudes - 10


Domaine du Temple de Chaussepierre
Localisation: Domaine du Temple de Chaussepierre


Par suite de la donation de Clérembaud de Chappes, le fief de Chaussepierre nom ancien: « Chausé Pierre », entra alors dans le domaine du Temple, et fut vraisemblablement rattaché à la Commanderie de Cères.

Il consistait en maison, hommes de corps, rentes, terres et prairie. Le pré était enclavé dans ceux du seigneur de Chappes, sur l'Ozain; quant aux terres, divisées en trois pièces, elles touchaient à celles de Poincet, dit le Moine, écuyer, et de Huet Luiart.

Le fief de Chaussepierre était tenu de Clérembaud de Chappes par le chevalier « Thomas de Busseyo (1) », du chef de sa femme Ermenjarde de Chaussepierre. Au mois d'avril 1247, après la donation de Clérembaud et la mort de son mari, Ermenjarde reconnut le tenir des Templiers. Ayant alors besoin d'argent pour ses affaires, et sachant fort bien qu'ils se livraient volontiers aux opérations de banque, elle eut recours, dans sa détresse, à ses nouveaux suzerains, qui lui avancèrent, sous l'obligation hypothécaire du dit fief, 260 livres 60 sols, monnaie de Provins, aux conditions suivantes: Ermenjarde garderait la jouissance du fief, et on percevrait les revenus sa vie durant, puis, à sa mort, il passerait, de droit, au Temple, mais ses héritiers pourraient, s'ils le jugeaient bon, le revendiquer.
Il leur suffirait alors de rembourser la somme empruntée pour en devenir propriétaires.
Passée sous les sceaux du doyen Raoul et de maître Jean, official de Troyes, cette convention est datée du mois d'avril 1247.
1. Peut-être Buxeuil, Aube, arrondissement et canton de Bar-sur-Seine; Ou Bucey-en-Othe, Aube, arrondissement de Troyes, canton d'Estissac

Ermenjarde mourut deux ans après. Le chevalier Guillaume, dit Le Roi, se présenta comme étant son héritier le plus proche, et, après avoir affirmé ses droits sur tous les biens qu'elle avait laissés à Chaussepierre, il les abandonna spontanément aux Templiers, moyennant 30 livres, monnaie de Provins, qui lui furent payées comptant, sous la réserve que, dans le cas où une autre revendication viendrait à se produire de la part d'héritiers plus rapprochés, Guillaume Le Roi rendrait l'argent.
Milon de Fontette, gendre de Guillaume, renonça à tous les droits qu'il avait, ou pouvait avoir, sur l'héritage, et se porta garant de la cession faite par son beau-père. Tous deux se soumirent à la juridiction de l'official de Troyes, Jean, qui scella la transaction et ils consentirent, quel que fût le lieu de leur résidence, à être frappés d'excommunication par le dit official, ou par ses successeurs, si jamais ils revenaient sur leur parole. Cet acte est daté du mois de novembre 1249.

Un autre, du mois d'avril 1250, rédige sous le sceau de Jean, doyen de la chrétienté à Troyes, dans un français qui ne paraît pas de l'époque et le rend un peu suspect, a absolument le même objet. La seule différence que nous constatons, c'est qu'aux biens laissés par Ermenjarde sur le finage de Chaussepierre, et abandonnés au Temple par Guillaume Le Roi et son gendre, on a ajouté les prés qu'elle possédait sur la rivière d'Oze, depuis Rumilly jusqu'à Vaudes, La somme payée aux héritiers, en vertu de cet acte, n'est que de 7 livres, monnaie de Provins. Elle représentait sans doute l'indemnité versée pour la cession des dits prés, et venait s'ajouter aux 30 livres déjà payées.
Sources: M. l'Abbé Auguste Pétel Curé de Saint-Julien - Aube. Membre résident de la société académique de l'Aube - 1906

Maison du Temple de Chaussepierre
Les Templiers possédaient sur cette localité une maison, des hommes de corps, des rentes, des terres et des prés. Ces dit-prés étaient situés le long de la rivière d'Oze depuis Rumilly jusqu'à Vaudes.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Maison du Temple de Chaussepierre
Un sceau a été trouvé dans les prés du Bas de Chaussepierre; il représente la croix ancrée des sires de Chappes. Il mesure 23 mm de diamètre et n'a plus sa poignée.

Cette découverte nous rappelle qu'au début du XIIIe siècle, avant d'être pris en charge par les Templiers, le domaine de Chaussepierre relevait des seigneurs de Chappes.
Sources: Rumilly-lès-Vaudes Dictionnaire par Jean Daunay

Chaussepierre, ferme, commune de Rumilly-lez-Vaudes.
— Ancien fief.
— Chauchepierre, 1244 (charte de l'Hôtel-Dieu-le-Comte).
— Chaussé Pierre, XVIIIe siècle (Cassini).
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or, rédigé par Alphonse Roserot. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXXIV.
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Chavagnat (Saint-Jean-sur-Veyle)   (01)
Domaine du Temple de Chavagnat ou Saint-Jean-sur-Veyle
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-de-Veyle - 01


Domaine du Temple de Chavagnat
Localisation: Domaine du Temple de Chavagnat


— Nom primitif de la paroisse de Saint-Jean-sur-Veyle
— In villa Cavaniaco; super Chavaigniacum, Chavenna, Chavaigneu, Chavaigna, Chavagnia; parrochia Chavaignaci super Velam; de Chavaigniaco super Velam; caratus Chavagnaci super Velam, Chavagnat-sur-Veyle.
— Ancienne paroisse sous le vocable de saint-Jean-Baptiste, remplacée, vers 1605, par celle de Saint-Jean-des-Aventures ou de Sain-Jean-sur-Veyle.
— Le chapitre de Saint-Vincent de Mâcon nommait à la cure.
— Vers 1020, Otton, comte de Mâcon, se désista des droits qu'il pouvait avoir sur un alleu situé à Chavagnat, alleu donné à l'église de Saint-Vincent par un des chanoines nommé Aimard. Les chanoines de Mâcon possédaient dans la paroisse deux moulins, qui firent le sujet d'une contestation avec Bernard de Mézériat, vers 1074-1096.
Dès le XIIe siècle, les Templiers de Laumusse étaient possessionnés à Chavagnat.
— Les hospitaliers d'Epaissey possédaient aussi deux moulins et un battoir qu'ils avaient reçus en don, en 1250, d'Etienne d'Espeysse.
— Par son testament du 1er septembre 1360, Pierre de Sachins, curé de Chavagnat, fit un legs à l'église.
— Cartulaire Saint-Vincent de Mâcon, page 267, charte 161, et page 323; charte 518.
— Bibliothèque Sebusiana, cent. I, cap. 66, p. 141.
— Cartulaire de Savigny et d'Ainay, p. 929, 950, 977,1006 et 1016.
— Archives du Rhône, titres de l'Ordre de Malte; Ibid., Registre des insinuations de l'officialité A-B, folio 71.
— Visite pastorale de 1656, folio 580.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Chavonne   (02)
Temple de Chavonne
Arrondissement Soissons, Canton Vailly-sur-Aisne - 02


Temple de Chavonne
Localisation: Temple de Chavonne


Le plus ancien document où il est question de la maison du Temple de Chavonne, est une charte de l'archidiacre de Soissons, du mois de janvier 1234, portant que Richer, mayeur de Chavonne, et Roche, sa femme, ont donné à Dieu, à la sainte Vierge et aux frères du Temple, un pichet et demi de terre, situé près de l'Aisne, en la Garenne, contre le champ des Frères et leur part dans une vigne, située en Chancisois, avec une pièce de terre touchant à la maison du Temple de Chavonne, « juxta Templi de Chavunes. »

Cette maison provenait d'une donation qu'un chevalier, du nom de frère Gillon, avait faite aux Templiers, comme on le voit dans des lettres de Carnier, archidiacre de Soissons, du mois de décembre 1230, par lesquelles Robert, commandeur du Temple du Mont-de-Soissons, avait, du consentement du Grand-Maître de l'Ordre, cédé à Etienne de Bray, charpentier, à sa femme et à ses héritiers, une maison, et une vigne sises à la Ruelle, « ad Ruellam », avec un champ situé à la Carrière, « ad Quarreriam », touchant au chemin d'Ostel, « juxta viam de Ostel », quatre setiers et demi de vinage et la douzième partie du four « de Chavones »; lesquels objets avaient été concédés aux Templiers par le dit Gillon, frère de l'Ordre. Cette cession eu lieu moyennant une rente ou pension de trente sols payable chaque année à la Saint-Martin d'hiver, et à la charge d'employer dans les deux premières années une somme de vingt livres aux réparations de la maison.

En 1249, un seigneur, du nom de Raoul de Chavonne, et Lucie, sa femme, donnèrent aux frères de la chevalerie du Temple trois vignes au territoire de Chavonne, « in territorio de Chavoniis », aux lieux dits le Tertre et la vallée de la Mère-Lucie. Il est dit dans l'acte de donation que les donataires cultiveront ces vignes, et y mettront deux cents boitelées de fumier, « ducentas boutalas fimi. » Raoul et Lucie devaient en fournir cent, et partager aussi longtemps qu'ils vivraient les fruits de ces vignes avec les Templiers.

Il n'était pas rare de voir les Templiers pratiquer les prêts d'argent, surtout lorsqu'ils pouvaient tourner à leur profit. C'est ainsi qu'en 1257, un chanoine de Soissons, Gauthier Bouclenay, avait eu besoin d'une somme de 300 livres qu'il avait empruntée au trésorier de l'Ordre du Temple. N'ayant pu remettre cette somme à son échéance, il avait dû, à la demande des Templiers, hypothéquer en garantie de son obligation sa terre et seigneurie de Chavonne, et leur en avait délégué les revenus jusqu'à parfaite libération. A sa mort, arrivée en 1286, son neveu et héritier Jérôme Bouclenay, écuyer, se vit forcé, pour acquitter les 250 livres que son oncle restait devoir, d'abandonner aux Templiers la terre et seigneurie qui avait été donnée en garantie.

Chavonne sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
Nous trouvons dans un terrier de 1392, cette seigneurie ainsi décrite.
« Chest che que nous avons à Chavonnez et au terrouer de ladite ville:
Prismes une maison ainsi comme elle se comporte et avoec che nous sommez viscomte de ladite ville et povons surcheminer en ladite ville et au terroer, jusquez au terroer de Souspy (Soupir);
D'un costé jusquez au terroer de Velli (Vailly);
D'autre costé jusquez au terroer d'Autels (Ostel) jusquez à la rivière d'Enne (Aisne), et aussi nous povons un jour en l'an, faire adjourner tous lez habitanz;
Et à ce jour nous faisons maire et eschevins, s'il nous plais t;
Et au cas qu'aucun desdits habitant deffauroit d'estre audit jour, il seroit queux en amende de XLV deniers s'il nous plaist;
Lesquelz deniers sont partis en trois si nous nous plaignons, che est assavoir: à nous, XV deniers; à nos eschevins, XV deniers; et au prévôt de Velly, XV deniers, et se nous ne nous plaignons, à nous les deux pars, et à nos eschevins le tiers;
Et quant on vent auscune chose en la ville ou terroer, nous en faisons les uez et les desuez, et avoec ce avons en ladite ville rentes, que on appelle petits vignages, lesquelz sont abrégez à VI deniers le sestier, et aussi avons en ladite ville sousvaignages qui se paient en vendanges, à prendre en la cuve, et le nous doit-on en apporter, et monte en somme environ III tonnaux. »

La maison de Chavonne était en ruines au commencement du XVIe siècle, car nous voyons le commandeur Nicole de Melun faire un bail à vie en 1517, à Raoul Lecomte, curé de Chavonne, d'une masure située dans ce village, et nommée le Temple, tenant à une ruelle, et aboutissant au cimetière, avec deux arpents de terre et vingt-cinq setiers de vigne pour en jouir par lui, son neveu et les enfants de ce dernier, pendant leur vie, au canon annuel de 60 sols tournois, et à la charge de reconstruire la maison avec une couverture de tuiles dans les six premières années du bail.
Cette maison, si elle fut rebâtie, n'existait déjà plus vingt-cinq ans après, où nous trouvons les terres qui en dépendaient réunies à la commanderie, et affermées à diverses personnes.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Chaynat   (63)
Maison du Temple de Chaynat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Issoire, Canton: Champeix, Commune: Ludesse - 63


Maison du Temple de Chaynat
Localisation: Maison du Temple de Chaynat


Domus Templi de Chamat, Charnat, Charnaco, Chaynat, Claramontensis diocesis.

Seigneurie de Chaynat
C'était une seigneurie, nous n'avons que peu d'information sur cette localité, juste celle-ci: Chaynat appartenait à l'Ordre de Malte en 1696.

On peut supposer que cette seigneurie était un bien Templiers, comme elle est nommée comme dépendance de Olloix qui appartenait avec certitude aux Templiers au XIIIe siècle.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme - Moulins, 1877

Maison du Temple de Chaynat
La commanderie de Charnat, dans le diocèse de Clermont « de Chanat, Claromontensis diocesis », avait pour précepteur, à la fin du XIIIe siècle, un chevalier, frère Hugues Saycel, qui reçut, entre autres, vers 1293, en la chapelle de la maison, un certain Pierre Blanc, sergent, en présence des précepteurs de La Ronzière et de Montferrand « Procès de Clermont, pièce 17; et Procès, tome II, page 246 »

Procès des Templiers d'Auvergne - Clermont, pièce 17
17. Guillaume d'Espinasse, sergent.
Frater Guillelmus d'Espinassa, claromontensis dyocesis, juratus et diligenter interrogatus super contentis in primo articulo et capitulis contentis in eodem, tamquam principalis in facto proprio et ut testis in alieno, dixit per juramentum suum quod frater Ymbertus Blanc, tunc magister Arvernie, octo anni sunt elapsi vel circa, recepit eum in fratrem ordinis Templi, in domo de Bastida claromontensis diocesis, presentibus fratribus Durando Pinhola et Rotberto Laurencii et pluribus aliis fratribus jam deffunctis; et quod in dicta receptione ille qui eum recepit, [...]
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève. Le Procès des Templiers d'Auvergne 1309-1311. Editions Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986.


Vestiges de la Maison du Temple de Chaynat
c'est ce qui reste de l'église qui avait une importante chambre de défense - Sources Image: Roland Pont


Procès des Templiers, tome II, page 246-247
Post que dixit ei quod secundum dicta precepta ordinis poterat carnaliter commisceri fratribus ordinis, et ipsi cum eo; hoc tamen non fecit, nec fuit requisitus, nec credit quod in ordine fieret. Alia illicita non intervenerunt in dicta sua recepcione nec post, et crédit quod eadem illicita et non alia communiter et ubique intervenirent in recepeionibus aliorum fratrum ordinis vel post, quia intervenerant in sua, et quia per eundem modum vidit recipi fratrem Johannem de Monte Morlhone quondam militem, in dicta capella de Charnaco, sunt circiter XVI anni, per dictum fratrem Hugonem Saycelli, presentibus dictis quatuor fratribus qui adfuerant sue recepcioni, et fratre Stephano de Cellario, teste proximo examinato; plurium recepcionibus se non recolit affuisse.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Hugues Saycel
Selon Pierre Blanc, Hugues Saycel, détenu plus tard à Issoudun dans le diocèse de Bourges, aurait reçu trois ans après ou environ, en sa maison de Charnat, un chevalier, Jean de Montmorillon dont la réception se trouve confirmée par un autre Templier.
Saycelli Hugo
Chevalier du diocèse de Clermont, reçu à Tortose (Syrie - Tartous), après 1286. Fut commandeur de Chaynat vers 1292-1295. Durant le Procès des Templiers, il était présent à Paris, de là, il fut emené à Bourges en février ou mars 1310 pour y défendre l'Ordre; détenu à Issoudun
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève. Le Procès des Templiers d'Auvergne 1309-1311. Editions Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986.

Puis, c'est Gui Dauphin, précepteur de Celles, qui, sur l'ordre du précepteur de France, vint recevoir, en 1303 ou 1304, à Charnat, en présence de Pierre du Breuil, précepteur de la maison et d'autres. « Procès de Clermont, pièce 35; et Procès, tome I, page 418 »


Vestiges de la Maison du Temple de Chaynat
Commanderie de chaynat sur la commune de Ludesse chambre de défense - Sources image: Roland Pont


Procès des Templiers d'Auvergne - Clermont, pièce 35
35. Pierre de Moncel, sergent.
Frater Petrus de Moncel, claromontensis diocesis, juratus et diligenter interrogatus, super contentis in primo articulo et capitulis contentis in eodem, tanquam principalis in facto proprio et ut testis in alieno, dixit per juramentum suum quod frater Petrus de Madic, tunc preceptor Arvernie, recepit eum in fratrem ordinis Templi apud domum de Cellis, ejusdem dyocesis, novem anni sunt elapsi, presentibus fratribus Johanne Cenaudi, preceptore domus de Folhosa, et pluribus deffunctis; et quod in dicta receptione sua ad mandatum recipients, ut dixit, Christum abnegavit ore licet non corde, ut dicebat; super aliis contentis in dicto articulo, dixit idem in omnibus et per omnia quod frater Petrus de Bonofonte supra proximo scriptus.
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève. Le Procès des Templiers d'Auvergne 1309-1311. Editions Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986.

Procès des Templiers, tome I, page 418
Requisitus quos receperit ipse in ordine, respondit quod primo recepit fratres Petrum dictum Lovier et Petrum lo Bergier servientes, diocesis Bituricensis, in domo Templi de Jussiaco le Chandier ejusdem diocesis, cujus domus ipse testis tunc erat preceptor, sunt circiter XII anni, presentibus fratribus Johanne de Manaco vel de Aqua Sparsa presbitero, Raynaido de Bordis subpreceptore dicte domus, Stephano de la Losa Bergerio, Stephano Vessardi, Johanne lo Bergier, qui vivebant tempore quo dictus testis captus fuit, et aliis deffunctis recepit eciam fratrem Stephanum Brolii diocesis Claramontensis, in capella domus Templi de Chamat ejusdem diocesis, die Jovis ante carnisprivium instans erunt octo anni vel circa, de mandato preceptoris Francie, presentibus fratribus Golferio presbitero, Petro Brolii preceptore dicte domus, et Bonaforso, de quorum vita vel morte non habet certitudinem; recepit eciam fratrem Guillelmum Arnaldi servientem diocesis Claramontensis, in domo Templi de Sellis Claramontensis diocesis, in ecclesia, in instante Quadragesima erunt vu vel vin anni, presentibus fratribus Guillelmo, tunc curato dicte domus, Guillelmo Abri, Guillelmo de l'Espinatz servientibus, et audivit dici quod dictus frater Guillelmus Aynardi obierat, de aliorum vita vel morte certitudinem non habens.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Précepteurs de Chaynat
Vers 1293-1296, frère Hugues Saycel, chevalier;
Vers 1303-1304, frère Pierre du Breuil.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.


Vestiges de la Maison du Temple de Chaynat
Tour et un bâtiment avec passage voûté qui devait être l'entrée de la commanderie - Sources image: Roland Pont


Maison du Temple de Chaynat
La première mention de la Maison du Temple de Charnat est apparue en 1277 et 1293, dans les comptes de Jean de Trie, bailli royal d'Auvergne.

Commandeur de Charnat
Géraud du Sauzet, 1284.
Hugues de Sayssel, 1290.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand dictionnaire Historique du département du Puy-de-Dôme - Moulin 1877.

Petrus de Brolio
Petrus de Brolio, Pierre du Breuil. Sergent, diocèse Clermont. [Reçu vers: 1279-1311].
Reçu vers: 1279 à La Marche par Raymond de Boysso.
Commandeur de Chaynat vers 1303 (Michelet tome I page 418 Petro Brolil preceptore de templi de Chaînât, Léonard, 172).
Sources: Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, Année 2000 - Par: André Goineaud-Bérard

Procès des Templiers, tome II, page 244
Dixit eis insuper quod fratribus ordinis poterant carnaliter commisceri, et ipsi cum eis, et quod predicta omnia facta et dicta in presencia aliorum erant et fiebant ex precepto ordinis. Alia illicita non intervenerunt in dictis recepcionibus nec post, et credit quod eadem et non alia intervenerunt communiter et ubique in recepcionibus aliorum fratrum ordinis vel post quia vidit secundum modum confessatum per eum recipi fratrem Johannem de Monte Marlhone militem quondam in capella domus Templi de Chanat Claromontensis diocesis, sunt circiter XX anni, per fratrem Hugonem Saycelli militem, de cujus vita vel morte non habet certitudinem, présentibus fratribus Raymundo Vinee et Petro Pothayro servientibus, deffunctis, et Petro Blavi, teste supra jurato, post hunc examinato.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Maison du Temple de Chaynat
Le logis de l'ancienne commanderie des templiers de Chaynat à Ludesse (Puy-de-Dôme) conserve quelques fragments de décors représentant une scène de chasse très effacée.
Sources: Annie Regond, Maître de conférences en histoire de l'art à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, Conservateur des Antiquités et Objets d'Art de l'Allier.

Maison du Temple de Chaynat
Eglise d'origine romane remaniée par les commandeurs de l'Ordre de Malte qui l'aménagèrent en résidence et en forteresse. L'intérieur du sanctuaire est celui d'une église gothique dotée de son décor et de son mobilier du XIXe siècle. Son originalité réside surtout dans le logis du commandeur dont les peintures murales du XVe siècle représentent des scènes de chasse à la façon d'une tapisserie.
Sources: base Mérimée

Chaynat, village commune de Ludesse.


Dessin du château de Chaynat
Dessin du château de Chaynat


— Cheinac, 1450.
— Cheynat, 1510.
— Le château qui a été démoli était fortifié.
— On en voit un curieux dessin dans l'armorial héraut d'armes G. Revel, en 1450.
— On trouve un Jean Chinhac, seigneur du leiu près de Champeix, en 1523, ce qui doit se rapporter à Cheynat.
— Le seigneurie appartenait à l'Ordre du Temple.
— Puis aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1696, comme en en 1689.
— Cheynat avait pour dépendance la commanderie d'Olloix.
— Voyez Chabrol, coutumes d'Auvergne, de G. Revel, aux manuscrits de la Bibliothèque Nationale, à Paris.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme — Moulins, 1877
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Chazeau   (01)
Domaine du Temple à Chazeau
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Montrevel-en-Bresse, Commune: Saint-Didier-d'Aussiat - 01


Domaine du Temple à Chazeau
Localisation: Domaine du Temple à Chazeau


Chazeau, hameau de Saint-Sulpice.
— Apud Chazaus.
— Ce hameau est mentionné dès 1286.
— Les Templiers de Laumusse y étaient possessionnés.
Archives du Rhône, fonds de Malte, titres de Laumusse, chapitre I, nº 18.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Chazot   (25)
Maison du Temple de Chazot
Département: Doubs, Arrondissement: Montbéliard, Canton: Clerval - 25


Maison du Temple de Chazot
Localisation: Maison du Temple de Chazot


ChazotChapelle de Chazot, image Ordre-Saint-Jean
Chapelle de Chazot
fut un établissement templier, rattaché à la commanderie de Villedieu-en-Varais

— Villedieu-en-Varais (Doubs, canton Vercel, commune Vercel-Villedieu-le-Camp) était sous les Templiers une Maison, une « Domus Templi », ChazotChapelle de Chazot, image Ordre-Saint-Jean
Chapelle de Chazot
(Doubs, canton Clerval) était un de ses membres.

— Après 1312, et sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, la Maison du Temple de Villedieu-en-Varais ainsi que ChazotChapelle de Chazot, image Ordre-Saint-Jean
Chapelle de Chazot
furent ajoutés à la Commanderie d'Arbois (Jura), Franche-Comté. Commanderie d'Arbois affectée aux chapelains conventuels et servants d'armes.

— Cette petite Maison comprenait une chapelle, appelée encore Temple au XVIIe siècle, au moment où elle fut reconstruite en partie.
— La chapelle des templiers était dédiée à l'Assomption. Elle est appelée chapelle des étangs ou chapelle des étains.
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Lyon, 1883
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Chenay (Hôpital de)   (71)
Hôpital de Chenay
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Charolles, Canton: Marcigny, Commune: Artaix - 71


Hôpital de Chenay
Localisation: Hôpital de Chenay


— L'Hospital de Saint-Jean de Chenay, membre de la commanderie Les Beugney (03).
— Hôpital Saint-Jean-de-Chenay, sur la commune, de Chenay-le-Châtel, un hameau porte encore le nom de l'Hôpital.
— Distatnt de Marcigny d'une lieue et demie, et à 5 lieues du chef « Les Beugnay », et à 5 lieues de Roanne (Ancienne commanderie des Templiers).
— D'après Léopold Nièpece, c'était une ancienne Maison du Temple.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Hôpital (L'), hameau, commune de Chenay-le-Châtel.
— Hospitale de Chanoy, avant 1312 (Longnon, Pouillés, p. 75).
— Hospitalis de Channeyo, 1336 (Archives de la Côte-d'Or, B 953).
— Chenay l'Opitaul, 1382/83 (Archives de la Côte-d'Or, B 2293, f. 11 v.).
— Chenay l'Ospitaul, 1384/85 (Archives de la Côte-d'Or, B 2296, f. 11).
— Chenay l'Ospital, 1473/74 (Archives de la Côte-d'Or, B 2474, f. 47 v.).
— L'Ospital de Chenay, 1544 (Archives de la Côte-d'Or, B 11593 bis, f. 27 v.).
— Chenay l'Hospital, 1552 (Archives de la Côte-d'Or, C 7429).
— L'Hospital, 1663 (Archives de la Côte-d'Or, C 7429).
— Chesnay l'hospital, 1666 (Archives de la Côte-d'Or, C 2884, p. 567).
— L'Hospital de Chenay, 1689 (Archives de la Côte-d'Or, C 7429).
— L'Hôpital, 1760 (Etat alph., page 49).
— L'Hôpital-de-Chenay, 1763 (Etats-Cassini).
— L'Hôpital-de-Chenai, 1780 (Courtépée, III, p. 99).
— L'Hôpital de Chenai le Châtel, 1784 (Archives de la Côte-d'Or, C 7440).
— L'Hôpital de Chenay, 1790 (Archives nationales, D IV bis, 89).
— L'Hôpital, 1849 (Etat-major).

En 1789, L'Hôpital-de-Chenay dépendait des bailliage de Mâcon et de Semur-en-Brionnais et de la recette de Semur-en-Brionnais. Son église, sous le vocable de la Nativité de la Vierge, du diocèse d'Autun, annexe de Chenay-le-Châtel. Seigneurie, pour le Mâconnais, à l'ancienne commanderie Saint-Jean de l'ordre Malte, dépendant de la commanderie de Beugnay, qui avait la collation de la cure. En 1790, commune du canton de Melay, réunie à Chenay-le-Châtel en 1792.
Sources: Dictionnaire topographique de la France Comprenant les noms de lieux anciens et modernes CTHS
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Cherval   (24)
Domaine du Temple de Cherval
Département: Dordogne, Arrondissement: Périgueux, Canton: Verteillac, Commune: La Chapelle-Grésignac - 24


Domaine du Temple de Cherval
Localisation: Domaine du Temple de Cherval


— La belle église romane fortifiée de Cherval, vocation Saint-Martin (Monument historique), ainsi que le village étaient une dépendance de la commanderie templière du Soulet, dont le dernier commandeur connu en 1301, était Ysard de Chaussada.

— L'église rectangulaire à quatre travées, construite à la fin du XI siècle, fut voûtée avec quatre coupoles sur pendentifs et fortifiée par les templiers au XIIe siècle et les hospitaliers au XIVe siècle.
— On ne trouve plus l'emplacement de la commanderie templière.


Domaine du Temple de Cherval
Domaine du Temple de Cherval


Balobelia, commune de Cherval.
— Maynamentum (Mainement), vocable Baloberie in loro lou pony de Charcard, 1463 (archives de l'O.S.J.)
— Terrier de la Maison du Temple de Soulet.

Charmandeys, lieu-dit sur la commune de Cherval.
— Termin. Vocable de Charmandeys, 1464 (O.S.J.)
— Terrier de la Maison du Temple de Soulet.

Jarrige (La), (hameau ou lieu-dit), commune de Cherval.
— Maynamentum (Mainement) de la Jarriga (O.S.J.)
— Terrier de la Maison du Temple de Soulet.

Seguenie (La), commune de Cherval.
— Maynamentum (Mainement) de la Seguynia, 1464 (O.S.J.)
— Terrier de la Maison du Temple de Soulet.
Sources: M. Le Vicomte de Gourgues - Dictionnaire Topographique du Département de la Dordogne - Paris Imprimerie Nationale - M DCCC LXXIII.

Maison du Temple de Cherval
Sous les hospitaliers les remplacèrent ils obtinrent les dépendances suivantes:
Paleterbe, commune de Cherval.
— Maynamentum (Mainement) de Paleterra, 1454 (O.S.J.)
— La Peyrieras Locus vocable.
— En las Peyrieras de Mal-Rival 1454 (OSJ Soulet).
— Membre de la commanderie du Temple de Soulet.

Charouffie (La), commune de Cherval.
— Maynamentum (Mainement) de la Charrofie, 1463 (O.S.J.)
— Terrier de la commanderie du Temple de Soulet.

Salajouie (hameau ou lieu-dit), commune de Cherval.
— Maynamentum (Mainement) de la Salajouya, 1463 (O.S.J.)
— Terrier de la commanderie du Temple de Soulet.

Salvamie (hameau ou lieu-dit), commune de Cherval.
— Maynamentum (Mainement) de la Salvamia, 1463 (O.S.J. Terrier de Soulet)
— Membre de la commanderie du Temple de Soulet.

Demarie (La), commune de Cherval.
— Maynamentum (Mainement) de la Deymaria, 1464 (O.S.J.)
— Las Deymarias, XVIIe siècle (O.S.J.)
— Terrier de la commanderie du Temple de Soulet.

Peyrieras (La), commune de Cherval.
— Locus vocable en las Peyrieras de Mal-Rival, 1454 (O.S.J.)
— Membre de la commanderie du Temple de Soulet.

Saint-Sicaire, commune de Cherval.
— Burgarde sancti Sicarii de Charvallo, 1490 (O.S.J.)
— Terrier de la commanderie du Temple de Soulet.

Pont Saint-Martin, commune de Cherval.
— Iter de Charvard versus pontem seniorem Sancti Martini, 1463 (O.S.J.)
— Passage de Charvendo vers le pont du seigneur Saint-Martin.

Sauvanie
— Lieu « la Sauvanie », où la Sauvanie prend sa source.
— Las Salvanhas, XVIe siècle (OSJ)

Jaboys (Les), domaine commune de Cherval.
— La Croix-Panche, XVIIe siècle (O.S.J.)
— Dépendant de la commanderie du Temple de Soulet.
Sources: André Goineaud-Bérard, Templiers et Hospitaliers en Périgord - Editions Pilote 24, février 2002

Chaussade (Ysard de, Ysardus de Chaussada)
Appelé aussi ysardus Petragoricense diocesis.
[1291-1301];
Sergent, commandeur du Soulet en 1301.
Peut-être vivant en 1311;
Est cité comme étant présent en 1291 à la maison du Temple de Folhas (Le Fouilloux, Charente) à la réception de Hugo de Jansac;
Roger Sève, Anne-Marie Chagny-Sève, page 292

Quo facto, dictus frater Hugo de Jansac, quadragenarius vel circa, qui mantellum voluntarie dimiserat et radi fecerat sibi barbam, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Claromontensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur videlicet quod ipse receptus fuerat per fratrem Petrum de Madito militem quondam, in capella domus Templi de Folhos diocesis Xantonensis, circa medium Augustum instantem erunt XX anni, presentibus fratribus Ysarno de Petragoricinio serviente, domus Templi de Bilda Petragoricinio, cujus cognomen ignorat, Stephano de Monte Acuto Claramontensis diocesis, quos crédit vivere Guillelmo Pictavini preceptore de Castro Bernardi, et Roberto Guideti servientibus, deffunctis.
Michelet, Procès des Templiers, tome II, page 234
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève — Le Procès des Templiers d'Auvergne, 1309-1311. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986

Yzarnus de Chaussada
— Preceptor domus Templi de Soloreto.
— Soloreto = Le Soulet: Département: Dordogne, Arrondissement: Périgueux, Canton: Verteillac, Commune: Gout-Rossignol - 24
Sources: E.-G. Léonard. - Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, suivie d'un Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs. - Paris, E. Champion, 1930. ln-8, xv-259 pages.
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Cherves-Richemont   (16)
Templerie de Chèrves-Richemont
Département: Charente, Arrondissement et Canton: Cognac - 16


Templerie de Chèrves-Richemont
Localisation: Templerie de Chèrves-Richemont


Etant donné le rayon d'action de ces derniers à l'ouest du département, les chevaliers de Saint-Jean n'y fondérent aucun établissement. La commanderie dont nous allons parler doit sont existance à l'Ordre du Temple.

Peu d'indications nous sont données sur leur maison de Richemont. L'oratoire Saint-Jean, ainsi que les bâtiments conventuels avaient été édifiés au nord-ouest de cette localité. Cette maison n'était pas sans importance, car la Templerie de Cherves lui était unie. (Abbé Nanglard, tome III, page 530).
Sources: Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.

Templerie de Chèrves-Richemont
Commanderie de templiers Saint-Jean dite la templerie de Cherves, ou templerie Saint-André, Patrimoine classé ou inscrit dit
« Commanderie de Templiers Saint-Jean dite la templerie de Cherves, ou templerie Saint-André » à cherves richemont (charente 16).
Sources: Patrimone de France
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Chevigney   (70)
Domaines du Temple de Chevigney (Sainte-Cécile)
Département: Haute-Saône, Arrondissement: Vesoul, Canton: Pesmes - 70


Domaines du Temple de Chevigney
Localisation: Domaines du Temple de Chevigney


Après avoir été possédée quelque temps par la famille de Belot, et avoir eu pour dernier seigneur de ce nom Henri de Belot, marquis de Chevigney, la terre de Chevigney passa aux Tricornot, aux Montureux et aux Aubert de Résie. Ceux-ci la tenaient encore en 1789.
— Petite église très-ancienne; le clocher a été exhaussé en 1772, et l'ensemble de l'édifice a reçu en 1863 des réparations importantes. On y voit deux tableaux que les connaisseurs apprécient: la Nativité de Notre-Seigneur et la Fuite en Egypte.
— Sur une petite cloche, le millésime 1686, et cette inscription: LAUDATE DOMINUM IN TYMPANO ET CHRONO. JESUS — MARIE — JOSEPH.
— Chevigney fait partie de la paroisse de Vadans. Au XVIIIe siècle, il était desservi par Sauvigney-les-Pesmes.
— Au nord-est du village, dans un canton de champs dit l'Abbaye, ruines que l'on croit être les restes d'une maison de Templiers. A proximité de ces ruines, puits parfaitement construit, qui a été découvert par des extracteurs de minerai de fer, et que l'on a curé jusqu'à la profondeur de 10mètres seulement, l'eau ayant empêché de descendre plus bas.
— Plus près du village, au nord, on a déterré des cercueils de pierre avec ossements humains, des urnes cinéraires, de larges lames d'épée, des agrafes de ceinturon ornées de filets d'argent, des anneaux ayant la forme des bagues à la chevalière d'aujourd'hui.

Au hameau de Sainte Cécile, restes d'une ancienne chapelle à fenêtres ogivales. Ce fut longtemps un but de pèlerinage; on allait puiser de l'eau à la fontaine voisine, on ne dit pas à quelle intention, ni contre quelle maladie ou quelle infirmité. Les pèlerinages ont cessé mais seulement depuis quelques années. La chapelle fut renversée en partie pendant la Révolution.
La Haute-Saône, Dictionnaire Historique et Topographique et Statistique des Communes du Département. Par L. Suchaux. Tome II, Vesoul, 1866.
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Chevru   (77)
Maison du Temple de Chevru
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Coulommiers, Canton: la Ferte-Gaucher - 77


Maison du Temple de Chevru
Localisation: Maison du Temple de Chevru


L'établissement des Templiers à Chevru remonte aux premières années du XIIIe siècle, et résulte de plusieurs acquisitions qu'ils firent alors dans cette paroisse.
Des lettres de Blanche, comtesse de Troyes, du mois d'août 1203, portent qu'en sa présence, Hugues de Chamilly, « de Chamilliaco », et Gille, sa femme, tant en leurs noms qu'en celui et se faisant fort du fils d'Etienne de La Tour, avaient vendu aux frères du Temple, leur part du village de Chevru, « partem suam de villa de Chevrous », moyennant 120 livres, prix pour lequel les frères avaient constitué une rente foncière de 11 livres par an. Cette rente devait être touchée par Hugues de Chamilly et sa femme, jusqu'à ce que le fils d'Etienne de La Tour ait atteint son âge de majorité. Il était convenu que s'il refusait alors de ratifier la vente, le prix en devait être réduit à 60 livres, comme aussi dans le cas où le sieur de La Tour viendrait à mourir avant sa majorité, ses héritiers ne pouvaient rien réclamer, si ce n'est une partie de la rente foncière fixée à sept livres et demie par an.

Quelques années après, les Templiers acquirent par voie d'échange, de Pierre de Cornillon et de Grille, sa femme, la rente d'un muid de blé à prendre chaque année, dans le moulin de Pont-Aufroy, « in molendino de Ponte Aufredi », un pré au Buisson,« apud Buissum », des cens et coutumes à La Bretonnière, « ad Bretoneriam », à Chercot, « Charcot », à l'Essart, « ad Essartum », à la Montagne, « ad Montem », au Bourget, « ad Borgeel », à Chauflery, « ad Escauféries », tout le terrage que le dit sieur de Cornillon possédait aux dits lieux, et tout ce qu'il pouvait avoir entre le chemin ferré, « inter cheminum ferratum », La Vanne, Moret, « Moretum », jusqu'à La Bretonnière, ainsi qu'il résulte des lettres de Gaudefroy, évêque de Meaux, du mois de février 1209.

La même année, les Templiers achetaient des religieux de la Charité-sur-Loire, tout ce que ceux-ci possédaient à Chevru.
La maison de la commanderie était située à un quart de lieue, à l'est du village.

« A ung mille près de ladite maison, est le villaige du dit Chevreu, auquel a de 50 a 60 habitans, desquels les 40 ou environ sont hommes justiciables de la religion, avec que toute jurisdicion et justice levée audit lieu. (Visite de 1495). »

Près de la maison, se trouvait une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, où l'on disait la messe trois jours par semaine.


chapelle de Chevru, image Jack Bocar
chapelle de Chevru - Sources: image Jack Bocar


Le Commandeur jouissait de toutes les dîmes de la paroisse de Chevru, et avait le patronage et la collation de la cure.

Les terres du domaine étaient d'environ 530 arpents, dont la plus grande partie dépendait de la maison de la commanderie, et le sur plus, d'une ferme appelée la ferme de la Maison-Rouge, située à Chevru, près de l'église.

La commanderie avait encore, non loin de Chevru, deux autres domaines. L'un, appelé le Temple, au Fay-BanchelinDomaine du Temple de Fay-Banchelin
Domaine du Temple de Fay-Banchelin
, paroisse de Chailly-en-Brie, où il y avait au XVe siècle, une maison avec une soixantaine d'arpents de terre, tenant au chemin qui conduisait à Marolles.

L'autre, appelé la ferme du Bourget, paroisse de Saint-SiméonDomaine du Temple du Bourget
Domaine du Temple du Bourget
, sur le chemin menant au Grand-Mont, comprenant 100 arpents de terre, et dont les bâtiments n'existaient plus au XVIIe siècle.

Un fief relevait de la seigneurie et commanderie de Chevru, c'était le fief de LhomméFief du Temple de l'Homée
Fief du Temple de l'Homée
, situé dans la paroisse de Choisy-en-Brie, consistant en une maison avec quelques terres, et qui appartenait en 1702, à Charles de Lhommé de la Ruyère, chevalier de Saint-Lazare; et en 1764, aux demoiselles Madeleine et Geneviève de Lhommé, dames de Coffery, Lhommé et La Boulloie.

La commanderie possédait encore indivisément avec les Chartreux de Paris, le fief des « Sommes », situé dans la paroisse de BeautheilFief du Temple de Beautheil
Fief du Temple de Beautheil
, et dont mouvait la terre et seigneurie de Maillard, qui se trouvait dans les environs.

Vous pouvez voir des images de la chapelle de Chevru sur cette page
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Maison du Temple de Chevru et le Procès
Il subsiste encore près de Chevru un lieudit la Commanderie, et ce nom indique suffisamment la place de l'ancienne maison du Temple, peu éloignée de Coulommiers: « apud Chevrutum in Bria juxta Coulommiers, Senonensis diocesis », alias « Meldensis diocesis. » Comme toutes les commanderies de l'Ordre, elle avait une chapelle; le Procès fait mention aussi d'un préau proche la chapelle.

« Procès des Templiers, tome I, page 530 »
Plures autem non vidit recipi, nec interfuit capitulis eorum; ipse autem receptus fuit in capella dicte domus de Cheruto, in proximo festo Ramis palmarum erunt XVIII anni vel circa, per fratrem Godofredum Picardi, quondam tunc preceptorem Brie, presentibus dictis fratribus Gerardo presbytero, et Odone, Petro Rosselli, et Humberto Bergerio, deffunctis...

Les précepteurs de la baillie de Brie y vinrent fréquemment; la Brie elle-même n'étant qu'une dépendance de la baillie du Temple de France, les précepteurs de France la visitèrent parfois. C'est ainsi que frère Hue de Provins, précepteur de France, y reçut vers 1293:
« Procès des Templiers, tome II, page 314 »
Requisitus per juramentum suum qui tenebat capitula, dixit per juramentum suum quod frater G. de Bellojoco tunc Magister, et frater Hugo de Parando aliquociens.

Et après lui, vers fin octobre 1301, Gérard de Villiers chevalier, également précepteur de France:
« Procès des Templiers, tome I, page 571 »
Ipse autem receptus fuerat per fratrem Gerardum de Villaribus militem, tunc preceptorem Francie, in vigilia festi apostolorum Symonis et Jude nuper preterita fuerunt IX anni, in camera domus Templi de Cherruto Senonensis diocesis, presentibus dicto fratre Radulpho et fratre Guillelmo presbytero, capellano dicti receptoris, cujus cognomen ignorat, Petro serviente dicti receptoris, cujus eciam cognomen ignorat...
« Procès des Templiers, tome II, page 405. »
Requisitus per juramentum eodem modo frater Nicolaus de Trecis, etatis XXXVIII annorum vel circa, dixit per juramentum suum quod fuit receptus in domo de Cheuruto diocesis Meldensis, per fratrem Gerardum de Villers, tunc jacentem et infirmitate detentum in lecto, VI anni vel circa sunt elapsi, presentibus fratre Radulpho de Gisiaco, et fratre Guillelmo fratre serviente dicti fratris Gerardi.

Puis c'est le précepteur de la Brie, frère Raoul de Gisy receveur des revenus de la Champagne pour le roi, qui fait, en 1295, une réception en la chapelle du Temple de Chevru:
« Procès des Templiers, tome I, page 578 »
Lectis autem et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire de contentis in eis nisi quod sequitur, videlicet quod ipse testis et frater Jacobus de Parvo Parisius Meldensis diocesis, quem credit vivere, fuerunt recepti simul, in capella domus Templi de Cheuruto, in festo Omnium Sanctorum proximo preterito fuerunt XV anni vel circa, per fratrem Radulphum de Gisi, testem supra examinatum, presentibus fratribus Johanne nacione Burgondo, presbytero, Stephano Burgondo, et Gerardo le Vinhier dicte domus servientibus, quos credit obiisse...

Et qui, au mois de novembre de la même année, reçoit encore à Chevru, celui qui, en 1307, sera lieutenant du précepteur du Temple de Fresnoy non loin de Provins:
« Procès des Templiers, tome II, page 387
In nomine Domini amen. Anno ejusdem millesimo CCCo septimo, indicione sexta, mense novembris, ejusdem mensis die XIIII, pontificatus sanctissimi patris et domini domini Clementis divina providencia pape quinti anno secundo, in presencia religiosi et honesti viri fratris Nicolai de Anessiaco ordinis fratrum Predicatorum, commissarii dati a religioso et honesto viro fratre Guillelmo de Parisius dicti ordinis, inquisitoris heretice pravitatis in regno Francie auctoritate apostolica deputato, existentis in domibus Templi Parisiensis, pro inquirendo contra quasdam personas ordinis milicie Templi eidem supra dicto crimine delatas, nostrum notariorum et testium infrascriptorum, personaliter constitutus frater Egidius de Cheuruto locum tenens preceptoris de Fresnayo juxta Pruvinum, quadragenarius vel circa, juratus ad sancta Dei Evangelia ab eo tacta dicere de se et aliis in causa fidei plenam, puram et integram veritatem; et interrogatus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod fuit receptus apud Cheurutum, XII anni fuerunt in festo Omnium Sanctorum nuper preterito, per fratrem Radulphum de Gisi receptorem Campanie, presentibus fratribus Henrico de Soupir, Petro de Cheuru et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit.

Raoul de Gisy y aurait encore fait des réceptions en 1299:
« Procès des Templiers, tome I, page 521 »
Ipse autem testis receptus fuerat per dictum fratrem Radulphum de Gisi, in capella domus Templi de Cherruto Senonensis diocesis.

Et en 1300 en présence du frère sergent Rémi, alors précepteur de Coulommiers, ainsi qu'en 1302 ou 1303:
« Procès des Templiers, tome I, pages 583 »
videlicet se recipi vidisse in capella Visitatoris Templi Parisiensis, in proximo die Cinerum erunt quatuor anni, per fratrem Hugonem de Penrando, fratres Petrum de Sivri et Gerardum de Castro Novo milites juvenes, presentibus fratribus Radulpho de Gisi receptore Campanie, teste supra examinato, Johanne de Tortavilla et Petro de Tortavilla tunc preceptore domus Templi Parisiensis, et Nicolaum de Sara servientem, Trecensis diocesis, in camera domus Templi de Sanciaco ejusdem diocesis, per dictum fratrem Radulphum de Gisi, per duas septimanas vel circa ante capcionem eorum, presentibus fratribus Symone de Jez presbytero, Stephano de Sanci, Petro de Sercellis preceptore tunc domus Trecensis, teste supra examinato, servientibus;

« Procès des Templiers, tome I, pages 584 »
Ipse autem receptus fuit in capella domus Templi de Cheruto Senonensis diocesis, per dictum fratrem Radulphum de Gisi, in instanti festo Pentecostes erunt VIII vel IX anni, presentibus fratribus Morello de Belna et Remigio preceptore de Colomeriis, servientibus, in hunc modum: nam instructus a dictis duobus fratribus, capellam ingressus, peciit a dicto receptore panem et aquam, societatem et pauperem vestitum ordinis;

« Procès des Templiers, tome II, page 406 »
Dixit per juramentum suum quod fuit receptus in domo de Cheuruto diocesis Meldensis, per fratrem Gerardum de Villers, tunc jacentem et infirmitate detentum in lecto, VI anni vel circa sunt elapsi, presentibus fratre Radulpho de Gisiaco, et fratre Guillelmo fratre serviente dicti fratris Gerardi.

Et enfin en 1305 au dire d'un frère sergent du nom de Jean de Meaux, qui déposa, en 1310, en Chypre, et dit avoir été reçu par Raoul de Gisy, alors précepteur de la Brie en France, en la maison de « Gerrut » (sic), dans le diocèse de Meaux, « Schottmuller, tome II, page 190. »
Autre réception faite à Chevru par Raoul de Gisy:
« Procès des Templiers, tome II, page 395 »
Requisitus utrum viderit aliquem recipi in dicto ordine, dixit per juramentum quod sic apud Chevrutum, scilicet fratrem Jacobum de Chamerot, per fratrem Radulphum de Gisi receptorem Campanie; et vidit quod dictus recipiens traxit eum retro altare, sed nescit quid fecit sibi fieri. Credit tamen quod simili modo eum recepisset. Requisitus utrum vi, vel metu tormentorum aut carceris, seu aliqua de causa, aliquam falsitatem immiscuerit in deposicione sua, aut veritatem tacuerit, dixit per juramentum suum quod non; immo puram veritatem dixerat pro salute anime sue.

Le précepteur de Chevru frère Gérard de Provins, comme la plupart des autres précepteurs de maisons peu éloignées de Paris, était un personnage tout secondaire, et c'est à peine si nous connaissons son nom; cependant il eut occasion, vers 1303, de procéder à une réception en la chapelle de sa maison en présence du précepteur du Temple de Soigny, frère Dreu:
« Procès des Templiers, tome II, page 5 »
Dixit eciam quod vidit recipi fratrem Hugonem de Nantolio Suessionensis diocesis, circa principium hujus Quadragessime fuerunt octo anni vel circa, in capella domus Templi de Cheuruto Senonensis diocesis, quem recepit predictus frater Gerardus de Pruino, tunc preceptor dicte domus de Cheruto, presentibus fratribus Drocone tunc preceptore domus de Scinhi dicte diocesis Trecensis et Johanne Monachi Suessionensis diocesis, servientibus, de quorum vita vel morte non habet certitudinem; in cujus recepcione licita et honesta que fuerunt dicta et facta in recepcione ipsius testis servata fuerunt; illicita tamen confessata per eum vel alia non vidit fieri nec injungi.

Le précepteur du Temple de Provins étant aussi un certain Gérard de Provins prêtre, peut-être y a-t-il confusion ?

Enfin, il y avait, vers 1301 et en 1305, à Chevru, un prêtre du Temple nommé Raoul, originaire de Lorraine:
« Procès des Templiers, tome I, pages 542 »
Item, dixit quod de predictis erroribus fuit, eadem septimana, confessus fratri Radulpho Lotoringo presbytero dicte domus, et absolutus per eum, injuncta ei penitencia quod jejunaret certis diebus, non recolit quot.

Précepteur de Chevru: vers 1303, frère Gérard de Provins.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.
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Chierzac   (17)
Maison du Temple de Chierzac, Charzac
Département: Charente-Maritime, Arrondissement: Jonzac, Canton: Montlieu-la-Garde, Commune Bédenac - 17


Maison du Temple de Chierzac
Localisation: Maison du Temple de Chierzac


Les Templiers avaient implanté une maison à Chierzac, dans les landes de Bussac, à une date inconnue. Le Temple de Chardac apparaît dans les documents en 1304, donc pratiquement à la fin de la période templière, grâce à une transaction conclue entre Hugues Raynaud, commandeur de Chierzac et Bertrand de Monlieu, chevalier, au sujet de la haute justice dudit lieu de Chierzac (94). Hugues Raynaud étant à la même date commandeur de Civrac, on notera que Chierzac, déjà sous les Templiers, était unie à Civrac.
94. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 437.

Les archives restent ensuite silencieuses sur Chierzac pour tout le début de la période hospitalière, jusqu'à l'enquête de 1373 (95) qui mentionne Chierzac comme membre de Civrac et y atteste l'existence d'une chapelle, vraisemblablement construite par les Templiers. L'enquête n'apporte aucune autre information sur Chierzac dont les revenus sont confondus, dans le texte, avec ceux de Civrac. Comme le document indique que presque tous les bâtiments de la baillie de Civrac avaient été détruits par les guerres, il est à supposer que Chierzac n'avait pas échappé au sort commun. Avant 1479, Chierzac devint, avec Civrac, membre de la comman-derie des Epeaux.
95. Archives Vaticanes, Castel San Angelo, AA, Arm. C, 268.


Chapelle de Chierzac, chevet
Chapelle de Chierzac, chevet - Sources: Image M. Miguet


En 1565, la chapelle de Chierzac, qui était dédiée à Notre-Dame, est dite « ruynée » par les visiteurs. Les réparations sont à la charge des paroissiens qui manifestent l'intention de les faire réaliser « quand les troubles seraient appaisez » (96). Ils faisaient allusion, on le devine sans peine, aux guerres de religion.
96. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.

La visite de 1673 (97) fournit des informations un peu contradictoires : d'une part, les commissaires rapportent que la chapelle est « à moitié descouverte, sans clocher et sans vitres aux vitreaux, paraissant avoir esté ruynée d'en temps immémorial » mais, d'autre part, ils mentionnent que « le service divin ce fait à la manière acoustumée » par le prêtre qui dessert également l'église voisine de Bédenac. Ils ont trouvé la chapelle convenablement pourvue d'ornements d'autel, linge et vases sacrés et ont même remarqué deux tableaux, l'un au-dessus de l'autel, représentant la « Passion de Nostre Seigneur », l'autre « Nostre Dame. » A cette date, il n'y avait plus de domaine à Chierzac, dont le revenu n'était constitué que de rentes.
97. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.

Si la visite de 1690 (98) ne donne aucune indication sur l'état de la chapelle, elle rapporte une transaction intervenue entre le curé de Bédenac et les habitants de Chierzac en 1686 : le curé s'engageait à administrer les sacrements aux habitants de Chierzac, à venir célébrer la messe dans leur chapelle un dimanche sur trois ainsi qu'à l'occasion de plusieurs fêtes dans l'année, les gens de Chierzac acceptant, de leur côté, de payer leur part « d'une maison presbitérale » sise à Bédenac, paroisse dont Chierzac était devenue une annexe. Le commandeur des Epeaux laissait au curé de Bédenac le produit de la dîme et les habitants de Chierzac étaient tenus d'assurer l'entretien de la chapelle.
98. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.


Chapelle de Chierzac, facade occidentale
Chapelle de Chierzac, facade occidentale - Sources: Image M. Miguet


En 1755 (99), les visiteurs admettent que la charpente et les murs sont bons, mais ils disent avoir trouvé la chapelle « dans un état afreux et indessant » avec « un très mauvais devant d'hostel, trois mauvaises nappes, un petit crucify de bronze, point de gradins ny tableaux, nous ont dit cependant les habitans qu'on avoit hauté ledit tableau pour le faire racomoder, au dessus l'hostel est un dé tout en bois, très mauvais » ... « avons remarqué que le pavé de l'eglize est tout sans dessus desous. » Les habitants de Chierzac se plaignent du curé de Bédenac qui perçoit 210 livres de dîme par an pour desservir la chapelle, mais ne remplit pas ses obligations ; ils signalent aux visiteurs que ledit curé a emporté une chasuble et enlevé plusieurs pierres tombales du cimetière. Le souhait des habitants de Chierzac, village qui compte environ vingt-deux feux, serait d'avoir leur propre curé auquel ils sont prêts à donner un logement et une rétribution venant compléter la dîme. A cette date, l'ordre de Malte possédait toujours la pleine juridiction sur Chierzac, la justice était exercée par les officiers de l'Ordre siégeant à Chepniers.
99. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.


Chapelle de Chierzac, mur nord
Chapelle de Chierzac, mur nord - Sources: Image M. Miguet


La chapelle de Chierzac est toujours visible de nos jours (100). Elle se dresse au lieu-dit Linière, sur une sorte de tertre, totalement isolée des quelques maisons qui constituent le hameau de Chierzac, situé sur la R.N. 10.
100. Sur la chapelle au XIXe siècle, voir P.-D. Rainguet, Etudes historiques, littéraires et scientifiques sur l'arrondissement de Jonzac, Jonzac et Saint-Fort-sur-Gironde, 1864, pages 390-391.


Chapelle de Chierzac
Localisation: Chapelle de Chierzac


Cette chapelle (101) conserve dans son allure générale les caractères des édifices romans de la région : murs très épais, puissants contreforts à glacis épaulant la façade et les murs gouttereaux. Seuls l'allongement des fenêtres et surtout les supports du voûtement empêchent de la classer dans la catégorie des édifices que l'on pourrait qualifier de néo-romans.
101. Elle mesure 20,15 m de long sur 6,30 m de large intérieurement.

La construction en est simple : une nef unique, à trois travées, la troisième formant le choeur, terminée par un mur plat dans lequel s'ouvre une grande baie en arc brisé, à trois lancettes aux profils lourds et disgracieux surmontées d'une rose.

Les travées sont limitées à l'intérieur par des faisceaux de cinq colonnes engagées dans les murs latéraux et coiffées de chapiteaux à feuillage à corbeille cylindrique légèrement renflée, portant un tailloir peu saillant, à pans coupés pour mieux se prêter à la retombée des nervures de la voûte. De celles-ci subsistent des départs sur chaque faisceau sur une hauteur d'environ deux mètres. Sur les corbeilles sont sculptées des feuilles d'acanthe, de vigne et de chêne. Les tailloirs polygonaux apparaissant vers 1230-1250 à l'époque où l'on assied chaque nervure sur un chapiteau, on peut en déduire que le voûtement ne peut être antérieur au milieu du XIIIe siècle. Sur ces cinq chapiteaux, les deux qui s'engagent dans le mur sont réduits à une moitié de corbeille et recevaient la retombée des formerets, les autres supportant l'arc doubleau et les croisées d'ogives.

Dans le mur sud du choeur sont percées deux petites ouvertures à hauteur d'homme, probablement postérieures à la construction et appelées « fenêtres des lépreux. »

Les deux fenêtres du mur sud, très hautes et étroites, en arc tiers-point, laissent préjuger de la hauteur importante de la croisée d'ogives primitive. Leur ébrasement est court, typiquement gothique.


Chapelle de Chierzac, interieure
Chapelle de Chierzac, interieure - Sources: Image M. Miguet


L'ordonnance de la façade occidentale est très simple et massive. Elle est épaulée au nord et au sud par deux contreforts à glacis très pentus et à l'ouest par deux contreforts de même type, les contreforts nord-ouest formant un seul bloc.

Elle est divisée en trois étages construits successivement en gros, moyen et petit appareil, en décrochement les uns par rapport aux autres par le jeu de deux glacis scindant la façade horizontalement.

Au premier niveau, le portail central en arc très légèrement brisé est composé de trois fortes voussures dont les arêtes sont refouillées en boudin pour en alléger quelque peu la masse. Elles sont prolongées par des piédroits de même profil.

Un enfeu, érodé au moint qu'on n'en lit plus aucun détail, a été placé à côté du piédroit nord sur lequel il empiète un peu.

Le deuxième étage est composé d'un mur aveugle, le troisième par un mur clocher aux deux rampants brisés d'un aspect insolite.

L'ouverture en plein cintre porte actuellement une cloche datant du XIXe siècle. Une croix de pierre sans ornement couronne l'ensemble.

Contre le mur nord de la nef, à l'extérieur, à hauteur de la travée de choeur, on voit les restes d'un enfeu gothique très mutilé surmonté d'une corniche indiquant qu'il était peut-être protégé par un auvent qui y prenait appui.
Sources: Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - Anne-Maris Legras - Editions du CNRS - 1983
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Chilly-Mazarin   (91)
Fief et seigneurie du Temple de Chilly-Mazarin
Département: Essonne, Arrondissement: Palaiseau, Canton: Chilly-Mazarin - 91


seigneurie du Temple de Chilly-Mazarin
Localisation: seigneurie du Temple de Chilly-Mazarin


Il y avait non loin de Balizy un fief qui relevait de la Maison du Temple de Paris. C'était la terre et seigneurie de Chilly, de nos jours Chilly-Mazarin, qui appartenait, en 1386, à Nicolas Basele de Meudon, écuyer.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 Paris
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Choisy-le-Temple   (77)
Maison du Temple de Choisy-le-Temple
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Meaux, Canton: Claye, Commune: Charny - 77


Maison du Temple de Choisy-le-Temple

Localisation: Maison de Choisy-le-Temple


Choisy-le-Temple qui était autrefois, comme son nom nous l'indique, un établissement de Templiers, devint et resta constamment sous les Hospitaliers une chambre prieurale. L'archiviste Jacquemin dont nous avons déjà parlé, traça en 1741 un précis historique de cette commanderie, pour Monseigneur le Grand-Prieur de France, qui était alors le duc d'Orléans. Il nous dit que la terre de Choisy était un des plus anciens fiefs de l'Ordre du Temple et que, bien qu'il n'existât plus de titres primordiaux sur l'origine de ce domaine, il était constant qu'en 1168 les frères de la chevalerie du Temple en étaient en possession d'une grande partie.

En effet, nous avons trouvé un document qui nous montre les Templiers établis à Choisy à l'époque citée par Jacquemin. C'est une charte d'Etienne, évêque de Meaux, de l'année 1168, par laquelle ce prélat approuve et confirme la vente faite par Eudes de Cauz, aux frères du Temple, demeurant en son diocèse à Choisy, « fratribus Templi qui in episcopatu meo apud Soisi manent », d'une pièce de terre se trouvant devant la maison des dits frères, « ante domum dictorum fratrum »

En 1170, un seigneur de Charny, Guy de Charny « Carni », leur vendit un bois qui mouvait du fief de Manasses de Saint-Gobert. Les enfants de ce seigneur, nommés Haton et Simon de Charny, donnérent, en 1181, à la maison du Temple de Choisy, « domui Templi de Soisy », quinze arpents de terre à Chaufose ?.

Un autre seigneur des environs de Choisy, Raoul de Guisy, « de Cuisiaco », chevalier, céda en 1188 aux Templiers, par voie d'échange, des terres situées en avant et en arrière de Choisy et au Champ-Gautier, « rétro et ante Sosiacum et in campo Galteri »

Un autre échange eut lieu en 1200, entre eux et le seigneur Payen, sire de Maucourt, qui leur abandonna trente-neuf arpents et demi de terre au territoire de la maison du Temple de Choisy

Ici, entre au Temple de Choisy, une femme:
Les acquisitions de terre par les Templiers de Choisy continuèrent pendant tout le cours du XIIIe siècle. Parmi elles, nous remarquons la démission faite en 1274, à leur profit, par une noble dame, Isabelle Lallemande de Claye, de tous ses biens, au moment où elle était admise dans la confraternité des religieux du Temple de Choisy.
Dans l'acte de démission, qui est passé devant l'official de Meaux, elle déclare qu'elle agit de sa propre volonté, sans contrainte ni par crainte, et avec le consentement de son mari, Pierre Lhuillier.

Le domaine de Choisy comprenait, au XVe siècle, un château ou maison seigneuriale, « grand et beau édifice, estant en ung clos, contenant environ XL arpens de terre, tous cloz de biaulx murs faiz entièrement de bonne matière et à chascun canton, et au millieu desdits murs a neuf tournelles couvertes de tuilles »

Près du château se trouvait la chapelle, « belle et notable a troys croisiés de voultes, couverte de tuille, voirée de neuf voirrières, adornée d'ymages et de tableaux et de quatre angles sur pilliers de boys autour de l'ostel; sur lequel ostel a ung ciboire de boys voirré auquel repose le begnoist corps de N. S. Dieu, lequel est en une couppe de léton doré bien et notablement entretenue »

Cette chapelle avait été reconstruite au XIVe siècle, par Guillaume de Mail, Grand-Prieur de France, qui donna pour la faire desservir, cinq arpents de terre qu'il avait au terroir de Maneurre, à la charge par le chapelain d'y dire « chascune sepmainne une messe en l'onneur de M. ST Jacques l'apostre, laquelle sera dicte du Saint-Esprit au jour de mardi »

Ici, vous avez un exemple précis des pertes et vols volontaires réalisés par les gens du roi l'hors de la captivité des Templiers:
La commanderie de Choisy perdit beaucoup de biens qu'elle ne put jamais recouvrer. Un agent du Grand-Prieur, M. Maupetit, constata que, d'après les anciens titres, il lui manquait plus de neuf cents arpents de terre en divers lieux, à: Villemareuil, à Nanteuil, à Villiers-sur-Morin, à Dinville, à Saint-Pathus, etc., etc.
Ces pertes avaient eu lieu depuis longtemps. Elles provenaient en grande partie de l'infidélité ou de la négligence de ceux qui eurent l'administration des biens des Templiers, pendant leur procès et leur longue captivité. En remontant à des temps aussi éloignés, il était fort difficile de retrouver les auteurs de ces usurpations; c'était, en outre, entreprendre une foule de procès dont l'issue, en pareille matière, est toujours douteuse. On ne donna donc aucune suite aux découvertes de M. Maupetit.

Les terres qui dépendaient, au XVIe siècle, de la maison de Choisy, comptaient environ 600 arpents.
Plusieurs fiefs et arrière-fiefs relevaient de la commanderie, savoir:

Domaine du Temple autour de Charny
Domaine du  Temple autour de Charny
Localisation: Domaine du Temple autour de Charny

A Charny même;
Le fief de Valbardin ou VaubardinDomaine du Temple à Vaubardin
Domaine du Temple à Vaubardin
, « de valle Bardino », acquis par les Templiers en 1262 d'Adam de Charny;
Les fiefs des Douaires;
Des Rabâches;
De Beauvais;
De la Motte;
De la Pierre, etc.

Domaine du Temple autour de Montgé-en-Goël
Domaine du  Temple autour de Montgé-en-Goël
Localisation: Domaine du Temple autour de Montgé-en-Goël

A Montgé-en-Goël même;
A Vinantes et aux environs;
Les fiefs de Lieurville;
De Berchières;
De Nantouillet;
De Brezé;
De Maillet;
De Michel-Rebout;
De Bureau du Menil;
De Robert de Fresnes;
De Raoul Archembaut;

Domaine du Temple autour de Monthyo
Domaine du  Temple autour de Monthyon
Localisation: Domaine du Temple autour de Monthyon

A Monthyon même;
Les fiefs de Jossigny;
Et du Verger.

Domaine du Temple autour de Messy
Domaine du  Temple autour de Messy
Localisation: Domaine du Temple autour de Messy

A Messy même;
Le fief de Fregenville, consistant en une grange et vingt-quatre arpents de terre, acquis par voie d'échange, en 1338, de Hugues de Pomart, chanoine de Paris.

Au XVIIe siècle, quelques-uns de ces fiefs avaient été réunis au domaine de la commanderie. Il y en avait beaucoup qui n'étaient plus servis, et se trouvaient perdus en quelque sorte pour l'Ordre.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Maison du Temple Choisy-le-Temple et le Procès
« Apud Scesiacum Meldensis diocesis »
« in domo Templi de Soysiaco Meldensis diocesis »
« in capella domus Templi de Soysiaco »
« Procès des Templiers, tome I, pages 424, 433, 517, 590 »

Près de Meaux, sur la commune de Charny, la commanderie de Choisy-le-Temple. Nous avons trouvé un document qui nous montre les Templiers établis à Choisy à l'époque citée par Jacquemin. C'est une charte d'Etienne, évêque de Meaux, de l'année 1168, par laquelle ce prélat approuve et confirme la vente faite par Eudes de Cauz, aux frères du Temple, demeurant en son diocèse à Choisy, « fratribus Templi qui in episcopatu meo apud Soisi manent », d'une pièce de terre se trouvant devant la maison des dits frères, « ante domum dictorum fratrum »

En 1170, un seigneur de Charny, Guy de Charny « Carni », leur vendit un bois qui mouvait du fief de Manasses de Saint-Gobert. Les enfants de ce seigneur, nommés Haton et Simon de Charny, donnérent, en 1181, à la maison du Temple de Choisy, « domui Templi de Soisy », quinze arpents de terre à Chaufose.

Le nom même de cette localité indique une possession du Temple, et non des moins importantes, puisqu'un Templier nous apprend qu'on y faisait l'aumône, trois fois la semaine, à trois mille personnes environ: Il n'y avait que les commanderies à faire l'aumône, trois fois la semaine.

Il est souvent fait allusion, dans les passages du Procès concernant cette localité, à la chapelle de la maison, au dortoir et aussi à une chambre dite des Cordeliers:
Procès des Templiers tome, I, page 442
Ipse tamen qui receptus fuerat per fratrem Johannem de Turno, thesaurarium quondam Templi Parisiensis, erunt XV anni vel circa inter Pascha et Pentecosten, in capella domus Templi de Soysiaco Meldensis diocesis, presentibus Matheo de Angicuria, Johanne de Crezciaco, Bernerio de Croy servientibus, deffunctis...,

Procès des Templiers tome, I, page 449
« in quaclam camera dicte domus de Soysiaco que vocatur Cordelariorum »

Une des plus anciennes réceptions faites à Choisy, en la chapelle du Temple, l'aurait été vers 1277, par Jean Ier de Tour, trésorier du Temple de Paris, en présence des frères Jean de Montmorency, prêtre prieur de la maison de Paris, Jean de Villeneuve alors précepteur de Paris, Herbert d'Ivry précepteur du Temple de Lagny-le-Sec, et Guillaume le Normand économe à Choisy: « Guillelmo Normanni, dispensator tunc domus de Soysiaco »

Procès des Templiers, tome I, page 627
Arbertus de Juriaco » pour « Ivriaco
respondit se vidisse et audivisse dici quod in recepcionibus fratrum ordinis faciebant eos abnegare Jhesum, et hoc vidit primo in se ipso, qui fuit receptus in capella domus Templi de Soysiaco Meldensis diocesis, in octabis Pasche instantis erunt XXXIIII anni vel circa, per fratrem Johannem de Turno quondam, thesaurarium tunc Templi Parisiensis, presentibus fratribus Johanne de Moranciaco presbitero, priore tunc Templi Parisiensis, Johanne de Villa Nova preceptore tunc Templi Parisiensis, Arberto de Juriaco preceptore de Latigniaco Sicco, Guillelmo Normanni dispensatore tunc dicte domus de Soysiaco

Puis c'est le futur précepteur de la Villedieu-Maurepas qui est reçu à Choisy, vers l'année 1279, par le même Jean de Tour, assisté du prieur de Paris déjà nommé et de frère Jean, précepteur de Choisy: Jean de Tour est encore à Choisy, vers 1291, pour l'admission dans le Temple d'un adolescent; il y est à nouveau vers 1293 et en 1296.

Procès des Templiers, tome II, page 376
Item anno, indicione, mense, die et pontificatu predictis, in religiosi viri fratris Nicolai de Anessiaco commissarii predicti inquisitoris heretice pravitatis auctoritate apostolica deputati, nostrum notariorum publicorum et infrascriptorum presencia personaliter constitutus frater Radulphus de Taverniaco custos domus de Villa Dei juxta Malum Repastum, diocesis Carnotensis, etatis quinquaginta sex annorum vel circa, juratus eodem modo de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, et interrogatus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod receptus fuit viginti octo anni sunt elapsi vel circa in domo de Soisiaco diocesis Meldensis, per fratrem Johannem de Turno tunc thesaurarium Parisius, presentibus fratre Johanne de Monte Morenciaco priore Templi Parisiensis, et fratre Johanne preceptore dicte domus de Soisiaco, et pluribus aliis de quorum nominibus non recolit.

Le frère du Temple reçu en 1293 fut même envoyé en la maison picarde de Fontaine-sous-Montdidier:
Procès des Templiers, tome II, page 325
Item frater Arnulphus de Fontanis subtus Montem Desiderii, etatis sexaginta annorum vel circa, juratus eodem modo et requisitus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod fuit receptus apud Soissiacum, circa instans festum Crucis celebrate erunt quindecim anni, per fratrem Johannem de Turno thesaurarium Parisiensem.

Procès des Templiers, tome II, page 441
Dixit tamen per juramentum suum quod nunquam fecit, nec fuit requisitus. Interrogatus utrum viderit aliquos fratres recipi, dixit per juramentum suum quod sic fratrem Thomam de Rochancourt, per fratrem Gerardum vicarium preceptoris domus de Fontanis, in dicta domo, et fratrem Johannem Dorviller, per eundem, ut credit, et in eadem domo, et fratrem Petrum de Fontanis, per fratrem Johannem de Turno; et dixit quod recipientes duxerunt ipsos receptos ad partem, et credit quod fuerunt eodem modo recepti.

Un peu plus tard, vers 1299, c'est le visiteur de France, frère Hue de Perraud, qui vient à Choisy et qui préside les réceptions:
Procès des Templiers, tome II, page 309
Item frater Petrus de Sivre filius domini Acherii de Sivre militis, etatis sexdecim vel XVII annorum, miles dicti ordinis, morans apud Latigniacum Siccum, juratus de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, et interrogatus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod receptus fuit Parisius, in die Cinerum erit annus, per fratrem Hugonem de Paraudo visitatorem Francie, in camera ipsius. Et dixit per juramentum suum quod postquam juravit servare statuta ordinis, et mantello ad collum suum posito, idem frater Hugo portavit et tenuit ante eum quamdam crucem in qua erat depicta ymago Jhesu Christi, et peciit ab eo utrum crederet in eum cujus ymaginem videbat.

Enfin, à la saint Jean 1306, Jean II de Tour, trésorier du Temple de Paris, est à Choisy, ainsi que les frères Pierre de Montigny, prêtre, et Pierre de Tortainville, précepteur de Paris; il y est une seconde fois en cette même année, toujours pour des réceptions, et le receveur de Champagne pour le roi, frère Raoul [de Gisy], est parmi les assistants:
Procès des Templiers, tome I, page 496
Fuerat autem receptus, circa festum beati Barnabe; per fratrem Johannem de Turno thesaurarium Templi Parisiensis, testem supra juratum, in capella domus Templi de Soysiaco Meldensis diocesis, presentibus fratribus Petro de Montenhi presbytero, P. de Torta Villa preceptore Parisiensi, Petro de Fontanis grangerio dicte domus, et Matheo de Cayneyo servientibus.

Procès des Templiers, tome II, page 307
Item frater Petrus de Arblayo Parisiensis diocesis, etatis XLIIIIor annorum, ut dicebat, eodem modo juratus de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, requisitus de tempore et modo recepcionis sue, dixit per juramentum suum quod annus est elapsus quod receptus fuit apud Soysiacum, per fratrem Johannem thesaurarium, presente fratre Radulpho receptore Campanie, et aliis fratribus dicte domus de quorum nominibus non recolit.

Si le nom du dernier précepteur de Choisy n'a pas encore été prononcé, il n'en est pas moins connu; même, à l'exemple de Raoul de Gisy et d'autres que nous avons cités, il cumulait les fonctions de précepteur de maison du Temple avec celles d'officier du roi. Ce précepteur, frère Guillaume d'Herblay, sergent, âgé d'environ quarante-cinq ans en 1311, était, ainsi que nous l'avons déjà dit, aumônier du roi:
Procès des Templiers, tome I, page 498
Post hec, die Veneris sequenti, que fuit quinta dies dicti mensis Februarii, convenerunt in dicta domo dicti domini episcopi Matheus et archidiaconus Tridentinus, et fuit adductus ad presenciam eorumdem frater Guillelmus de Arreblayo elemosinarius regius, Parisiensis diocesis, preceptor domus Templi de Soysiaco Meldensis diocesis, serviens, testis supra juratus, ut deponeret dictum suum; non defferens mantellum ordinis, quia, cum alii fratres ordinis abjecerint mantellos suos in concilio Senonensi, aliqui, qui recipiebant -499- mantellos aliorum, receperunt absque ejus connivencia dictum mantellum.

Précepteurs de Choisy-le-Temple
Vers 1277, frère Guillaume le Normand
Vers 1279, frère Jean
En 1307, frère Guillaume d'Herblay, sergent.
Sources: Trudon-des-Ormes, Liste des Maisons et de quelques Dignitaires de l'Ordre du Temple, en Syrie, en Chypre et en France. D'Après les pièces du Procès des Templiers. Revue de l'Orient Latin, tomes V, VI, VII. Ernest Leroux, Editeur. Paris 1897, 1898, 1899.
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Chorges   (04)
Maison de l'Hôpital de Chorges
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Chorges — 05


Maison de l'Hôpital de Chorges
Localisation: Maison de l'Hôpital de Chorges


Une église connue, regardée longtemps comme un lieu de pèlerinage des Dauphins, fut la chapelle du Saint-Sépulcre près de Chorges, fondée au retour de la première crisade (1).


Providentissimo
Nero. princ. ac super omnes
fortissimo
Anninus Rufinus Verus
prae Alpium maritimarum
derotus numini
majestatique ejus.


A un prince, pieux, invincible, Auguste, sage restaurateur de l'univers, à Néron, prince de la jeunesse, et le plus courageux de tous; Annius-Rafinus Verus, président des Alpes maritimes, dévoué à sa divinité et à sa majesté.
1. Cette sauvegarde des Dauphins ne fut pas toujours gratuite; un acte de 1301 nous apprend qu'elle coutait aux Hospitaliers un demi-florin d'or.

Une autre inscription à peu près semblable, avec la seule différence qu'on n'y lit point le nom de Néron, et que nous pensons avoir été élevée à la mémoire d'Auguste, a été aussi découverte à Chorges. Quoique ces deux monuments appartiennent à cette ville, il ne faut point en conclure, comme l'ont pensé quelques personnes, que ce lieu fût la résidence du président ou procurateur des Alpes maritimes: la capitale de cette province était Embrun.

Cette chapelle, construite en rotonde dans le genre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, formait, avec les bâtiments voisins et les terres y attenant, une riche commanderie des Hospitaliers, sous la dépendance directe du grand maître. Ses revenus, après la suppression de l'ordre auquel elle appartenait, passèrent aux chevaliers de Malte et successivement aux jésuites du collége d'Embrun.

L'église, à ce dernier changement de maître, n'existait déjà plus; elle venait d'être pillée et ruinée pendant nos guerres religieuses. A peine son emplacement serait-il aujourd'hui connu, si le nom de temple du Saint-Sépulcre donné à quelques décombres au milieu des terres cultivées n'indiquait le lieu où elle s'élevait autrefois. Il n'y reste plus même de pierres de taille: on dit qu'un chef protestant les fit enlever pour servir de façade à une de ses maisons.

Livré à la merci des Lombards, dévasté par les Sarrazins, bientôt après par les Hongres, Chorges dut se ressentir, pendant plusieurs siècles, des déprédations de ces peuples. Cette ville fit tour à tour partie du royaume de Bourgogne, du petit état des anciens comtes de l'Embrunois et du domaine temporel des archevêques d'Embrun, sous la protection des comtes de Forcalquier. Ces comtes et l'archevêque, tout en confirmant ses priviléges, sa commune et ses consuls, s'en érigèrent coseigneurs et hauts justiciers, ainsi qu'il résulte d'un acte de 1177; chacun d'eux se mit en possession de l'une des deux rues dont Chorges se composait alors.

Les Dauphins, héritiers des droits des comtes de Forcalquier sur l'Embrunois, devinrent à leur tour seigneurs pariers de Chorges avec l'église d'Embrun. Leur nouvelle juridiction donna lieu d'abord à quelques difficultés réglées par une première transaction de 1210. Cependant, les archevêques qui craignaient un aussi puissant voisinage entreprirent, en diverses circonstances, de s'arroger la supériorité exclusive. Ils en vinrent jusqu'à contraindre les Chorgeois de leur prêter un hommage particulier à l'insu du Dauphin; mais cette tentative et d'autres de ce genre n'eurent point le résultat qu'ils se promettaient d'en tirer. Chorges resta un partage commun; il y eut un nouvel accord, que ratifièrent depuis les rois de France comme Dauphins, et plus tard Louis XI.
Sources: M. Delacroix, Extrait de la Statistique de la Drôme. Grenoble 1835.

Maison de l'Hôpital de Chorges
L'ordre de Saint-Jean-de Jérusalem posséda, dès la fin du XIe siècle ou le commencement du XIIe, un certain nombre de propriétés à Chorges et y fonda une maison hospitalière, qui devint plus tard le prieuré du Saint-Sépulcre.

L'archevêque d'Embrun donna cet hôpital à l'abbaye de Saint-Victor, en 1136 (quoiqu'une bulle l'attribue encore par erreur à l'ordre de Saint-Jean en 1146).
En 1145, Saint-Victor l'avait cédé à l'abbaye de Boscodon.

Il est à remarquer que le prieur du Saint-Sépulcre prit constamment le titre de preceptor hospitalis Sancti Sepulcri de Caturigis, ce qui pourrait donner à penser que l'ordre de Saint-Jean en était encore le maitre, si on ne voyait pas ces précepteurs assister aux chapitres de Boscodon. Le conseil delphinal prit, le 17 aout 1391, cette maison sous sa sauvegarde, moyennant une pension d'un demi-florin d'or.

Ruinée pendant les guerres de religion, elle fut unie en 1622 au collège d'Embrun.
Sources: PILOT (J.-J.-A.).Chorges (Album du Dauphiné, tome I, page 168).
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Cintrey   (70)
Cintrey et les Templiers
Département: Haute-Saône, Arrondissement: Vesoul, Canton: Vitrey-sur-Mance — 70


Cintrey et Renaud de Vichiez
Cintrey et Renaud de Vichiez


Au sud-ouest de Cintrey, vestiges de voie romaine.
— A 400 mètres à l'Est du village, ruines qui, d'après la tradition locale, seraient les restes d'une Maison de Templiers. Ce qui confirmerait la tradition, c'est que dans un emplacement contigu, aujourd'hui occupé par des maisons, on a déterré des cercueils, et parmi des ossements humains de vieilles armes: sabres, épées, etc. On en infère que là était le cimetière de la Maison.
— Sablière dans le bois de la Salle.
— Deux foires accordées a Cintrey par ordonnance royale du 10 février 1845 se tiennent le 20 avril et le 10 septembre.
— Cintrey est une des sections de la paroisse de Molay.
La Haute-Saône, Dictionnaire Historique et Topographique et Statistique des Communes du Département. Par L. Suchaux. Tome II, Vesoul, 1866.

Cintrey et Renaud de Vichiez
La terre et le château de Chauvirey-le-Vieil ont donné leur nom à une maison qui était florissante dès le commencement du 12e siècle, et qui a fourni un assez grand nombre de dignitaires à l'Eglise et aux ordres militaires: Guillaume, archidiacre et comte de Lyon; Hugues, abbé de Clairefontaine; Renaud de Vichiez, grand-maître des Templiers en 1226.
La Haute-Saône, Dictionnaire Historique et Topographique et Statistique des Communes du Département. Par L. Suchaux. Tome II, Vesoul, 1866.
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Civrac   (17)
Maison du Temple de Civrac
Département: Charente-Maritime, Arrondissement: Jonzac, Canton: Pons, Commune: Mirambeau - 17


Maison du Temple de Civrac
Localisation: Maison du Temple de Civrac


Le Commandeur des Epeaux tient la commanderie de Civrac ou (Cuipsac) en la baronie de Mirambeau, qui lui vaut par an deux cent livres.
Commune de Meursac, Cuipsac c'est Civrac près du Petit-Niort

On peut répèter, pour la maison de Civrac, ce qui a été dit pour la précédente; rarement nom de lieu fut plus mal interprété, aussi bien dans l'édition du procès de Michelet que dans Schottmûller, où l'on trouve des formes telles que:
« domus Templi de Siturat, Xantonensis diocesis », « de Syourac », « de Syomac », « de Surnaco. »

Le précepteur de Civrac, en 1307, fut frère Hugues Raynaud, sergent, dont le frère fut également précepteur dans la même contrée, au Dognon; Hugues, lors de son arrestation, fut incarcéré à Saintes. Il était déjà précepteur aux environs de l'année 1301, à l'époque où Pierre de Madic, lieutenant du commandeur d'Aquitaine, vint recevoir en la chapelle du Temple de Civrac; sa présence est mentionnée aussi à propos d'une réception faite par le commandeur des Epaux, Thibaud de Tours, à Civrac, ainsi qu'en 1306, lors de la réception de Guillaume Audenbon.

Ce Guillaume fut reçu, comme sergent du Temple, à Civrac, le premier dimanche du carême de l'an 1306, par le précepteur d'Aquitaine, Geoffroi de Gonneville, en présence des précepteurs du Deffend, de Château-Bernard et d'autres, sans oublier Hugues Raynaud. Il demeura dans la maison un an et demi environ, assez pour voir qu'on y pratiquait l'hospitalitè et qu'on y faisait l'aumône.

précepteur de Civrac
vers 1301-1307, frère Hugues Raynaud, sergent.
Sources: Chevaliers de Malte, Grand prieuré de France et Trudon des Ormes - les maisons du Temple en France à travers les interrogatoires du Procès

Procès des Templiers, tome II, page 22
Vidit autem recipi fratrem Guillelmum de Fretive Petragoricensis diocesis, vivum ut credit, in capella domus templi de Siturat Xantonensis diocesis, per fratrem Petrum de Madit quondam militem, tunc tenentem locum magistri Pictavie, sunt X anni vel circa, presentibus fratribus Petro Theobaldi, texte supra proximo examinato, Hugone Raynaudi preceptore dicte domus de Siturat, vivis ut credit, et quibusdam aliis de quibus non recordatur. Vidit eciam recipi fratrem Arnaudum nepotem dicti fratris Petri Theobaldi, in predicta capella de Siturat, sunt circiter sex anni, per fratrem Theobaldum quondam militem, tunc preceptorem deus Espans, presentibus dicto fratre Petro Theobaldi, Hugone Raynaudi fratre ipsius testis, preceptore dicte domus, quem credit vivere; plures non vidit recipi, quod recordetur.

Procès des Templiers, tome II, page 199
Nomina vero illorum qui mittuntur sunt hec: frater Guillelmus de Sorolme, frater Hugo preceptor domus deus Espanez, frater Guillelmus Audebon, frater Petrus de Nolhac, frater Petrus de Molendino, frater Helias Gotati, frater Petrus la Vernha. Item, nomina illorum qui infirmi remanserunt sunt hec: frater Hugo preceptor domus die Syomac, frater Petrus Auriol.?

Procès des Templiers, tome II, page 203
Ipse autem fuerat receptus, ut dixit, in capella domus Templi de Syourac Xantonensis diocesis, prima Dominica Quadragessime proximo preterite fuerunt V anni vel circa, per fratrem Guaufredum de Gonavilla preceptorem Acquitanie, presentibus fratribus Hugone Raynaudi preceptore dicte domus, qui detinetur Xantonis, Guillelmo Candelarii preceptore domus deu Deffes, qui detinetur apud Sanctum Johannem Angeliaci, Petrum de Montinhaco preceptorem de Castro Bernardi, in dicto loco Sancti Johannis detento, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recordatur, in hunc modum: nam post multas bonas exhortaciones, dictus receptor fecit eum vovere et jurare super quoddam missale castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, et servare bonos usus et bonas consuetudines, et non revelare secreta ordinis.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Maison du Temple de Civrac
Département: Charente-Maritime, Arrondissement: Jonzac, Canton: Pons, Commune: Mirambeau - 17


Maison du Temple de Civrac
Localisation: Maison du Temple de Civrac


On ne sait à quelle date les Templiers fondèrent un établissement à Civrac, dans une région boisée, entre la forêt de la Lande et les landes de Bussac.

La première mention de la « domus militie Templi de Syvrac » est de 1290, donc tardive (77). Son commandeur était alors frère Hugues Raynaud qui devait être le dernier commandeur de la période templière. Arrêté en 1307, comme la plupart des Templiers de France, Hugues Raynaud était en 1311, détenu à Saintes si l'on en croit un des frères interrogés au cours du Procès (78). Il était le frère d'Hélie Raynaud, commandeur du Dognon (Cressac) (79). Dans leurs interrogatoires, plusieurs Templiers parlent de réceptions de frères qui avaient eu lieu dans la chapelle de la commanderie de Civrac (80).
77. Archives départementales de la Vienne, 3Hl, 434.
78. Michelet, Procès des Templiers, tome II, page 202.
79. Michelet, Procès des Templiers, tome II, page 22.
80. Michelet, Procès des Templiers, tome II, pages 22, 202. Dans le Procès des Templiers, le nom de Civrac est constamment déformé en Syourac ou Siturac.


Il faut attendre l'enquête pontificale de 1373 (81) pour avoir quelques détails sur la composition du patrimoine de Civrac et faire, une fois de plus, le constat des ravages de la guerre de Cent Ans en Saintonge.
81. Archives Vaticane, Castel San Angelo, AA, Arm. C, 268.

Le commandeur était, à l'époque, un frère prêtre de quarante ans environ, Guillaume Bordau. Vivaient avec lui, à Civrac, un autre frère prêtre, un clerc, un domestique et une servante. La commanderie avait deux dépendances : les maisons de la Lande-de-Lorignac et de Chierzac.

En 1373, la baillie de Civrac possédait trois moulins à eau et un moulin à vent ; ces moulins qui rapportaient autrefois annuellement 50 mesures de grain, appelées salmatas (ou saumes), ne procuraient plus aucun revenu quia destructa propter guerras.

La commanderie disposait aussi d'un moulin à tan (ad faciendum pulveres pro coriis preparandis) également détruit au cours des hostilités ce qui privait la maison d'une ressource de 20 livres par an. La mention de ce moulin permet d'avancer qu'il existait vraisemblablement dans la région, au XIVe siècle, une activité de tannerie.

L'enquête insiste sur le fait que presque tous les bâtiments de Civrac et de ses membres ont été ruinés par les guerres. C'est encore aux guerres que les témoins de 1373 attribuent, certainement avec quelque raison, l'affaiblissement considérable des autres revenus de la baillie de Civrac, revenus en argent d'abord, qui sont passés de 31 livres à 10 livres par an, en froment et en avoine ensuite, dont les nombres de setiers sont passés respectivement de 40 à 12 et de 140 à 40.

La commanderie possédait des vignes qui produisaient au temps de la paix 12 tonneaux de vin chaque année. En 1373, à peine récolte-t-on un tonneau, ce qui signifie, quoique l'enquête ne le précise pas, que les vignes sont presque totalement abandonnées. Le paiement des cens et rentes en chapons et poules connaît les mêmes difficultés : il est passé de 105 unités à 25. La commanderie ne perçoit plus les rentes en châtaignes qui atteignaient autrefois 14 boisseaux par an.

Ces informations catastrophiques sur l'économie des commanderies, qui reviennent inlassablement, peuvent paraître répétitives, elles n'en sont pas moins le reflet de la dure réalité vécue par les exploitations rurales et seigneuriales pendant les longues années d'hostilités ouvertes, ou simplement d'insécurité. Civrac, comme beaucoup d'autres petites commanderies, ne devait jamais se relever de cet anéantissement.

Dès la fin de la guerre, les Hospitaliers regroupèrent Civrac et deux commanderies voisines, sorties tout aussi ruinées de cette triste période, Bussac et Le Deffend, pour former une baillie capable de survivre et d'entreprendre la reconstruction de l'économie.

Vers 1475, le revenu global de ces trois commanderies, charges déduites, s'élevait modestement à 43 écus (82).
Avant 1479, toutes trois allaient perdre leur rang de commanderie pour devenir de simples membres de la commanderie des Epeaux.
82. Paris, Bibliothèque nationale, manuscrit latin 13824, folio 77 v.

La chapelle de Civrac, qui avait survécu à la désolation, encore que l'on ignore son état à l'issue de la guerre de Cent Ans, ne fut épargnée ni par les révoltes de la gabelle ni par les guerres de religion. La visite prieurale de 1565 (83) rapporte, en effet, que tout y avait été « rompu du temps des troubles et la cloche emportée du temps des gabelles. » Depuis, les portes avaient été refaites à neuf ; mais il ne s'y célébrait aucun office. Les autres bâtiments de Civrac comprenaient alors un « logis composé d'une salle basse ou il y a quelques vieilh meubles de peu de valleur ; joignant icelle, une cuisine et ung celier et au dessus une chambre ; joignant icelle, un arpentif qui sert de grenier et estude, en laquelle chambre avons veu deux lits, table, banc et ung buffet, le tout de peu de valleur. »
83. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.

A côté du logis s'élevaient une grange, refaite à neuf, une étable et « une fuye (84) laquelle avons veue reblanchie et racoustrée de nouveau. »
84. Pigeonnier.

De la maison dépendaient des prés, champs, vignes et une garenne.
La chapelle et la maison sont dites « ruyneuses » par les visiteurs de 1620 (85).
85. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.

En 1673, le jugement est un peu moins sévère : il est vrai que la chapelle venait d'être recouverte et que le sol avait été carrelé devant l'autel. Les fenêtres avaient été pourvues de vitres, sauf celle au-dessus de la porte. Le logis comptait alors « quatre chambres, sçavoir deux basses et deux haultes, dont les murailles, charpantes et couvertures sont faites a neuf. » Il y avait aussi un four, en bon état, mais la fuye dont la couverture était abîmée, n'abritait aucun pigeon (86).
86. Archives départementales de la Vienne, 3Hl, 422.

Quelques années après, en 1690, les visiteurs confirment le bon état de la chapelle et mentionnent au-dessus de l'autel « un grand tableau représentant Nostre Seigneur en l'arbre de la Croix. »

Le curé de la paroisse de Saint-Martin-du-Petit-Niort venait y célébrer la messe le lundi de Pâques et quatre autres fois dans l'année pour « les quatre festes de saint Jean, patron de ladite église » ; pour ce faire, on lui laissait le produit de la dîme.

La maison du fermier avait été agrandie et le pigeonnier recouvert à neuf, mais il n'y logeait « aucuns pigeons parce que les gens de guerre quy passent souvant les tirent. »

La justice était régulièrement exercée par un juge et l'on voyait, près de la chapelle, « deux grands pilliers de pierre quy marque les fourches patibullaires. »

Le domaine comprenait un pré « a amasser quatre chartées de foin », un champ, un petit bois appelé la Garenne avec quelques petites pièces de terre autour, une vigne abandonnée, et environ 15 journaux de bois en taillis. Le tout était affermé par le commandeur des Epeaux 440 livres (87).
87. Archives départementales de la Vienne, 3Hl, 422.

Les visiteurs de 1716 constatent le bon état de la chapelle qui a été « grifonnée (88) de nouveau, tant au dedans qu'au dherors. » Au-dessus de l'autel, un grand tableau représentant « Saint Jean, la Sainte Vierge et la Magdelaine... qui nous a paru fait despuis peu » a remplacé celui du Christ en croix. Il est dit que le choeur est éclairé par trois ouvertures, une grande et deux plus petites, situées au-dessus de l'autel (89).
88. Enduite de mortier.
89. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.


Cette disposition laisse supposer un chevet plat percé d'un triplet comme dans de nombreuses autres chapelles construites par le Temple.
On sait, par un document de 1769 (90), que la chapelle de Civrac mesurait, à l'intérieur, 56 pieds de long sur 17 de large, soit environ 18 m sur 5,60 m.
90. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.

Le grand-prieur d'Aquitaine payait, en 1718, 12 livres au prêtre qui venait célébrer quatre messes, chaque année.

La visite de 1733 n'apporte que peu d'informations nouvelles sur la chapelle, toujours en bon état, les commissaires remarquent cependant qu'elle ne possédait ni clocher, ni cloche (91).
91. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.

En 1755, il est mentionné que la fermière du lieu gardait chez elle les ornements et vases sacrés de la chapelle « pour plus grande sûreté. » Le montant de la ferme était alors de 750 livres, plus la charge de la desserte de la chapelle (92).
92. Archives départementales de la Vienne, 3H1, 422.

On peut voir, sur la feuille du cadastre de 1825 représentant la partie de la commune de Mirambeau dénommée « Sivrac », un lieu-dit la Commanderie, où sept pièces de terres de grandes dimensions composent un vaste ensemble qui contraste avec les nombreux petits champs en lanières qui l'entourent. A cet endroit qui fut, autrefois, le terroir de la commanderie, le même cadastre indique un bâtiment rectangulaire, orienté en longueur est-ouest, qui pourrait être la chapelle ; mais il ne s'agit là que d'une hypothèse, ce bâtiment pouvant tout aussi bien être une grange.

On sait par contre, avec certitude, que la chapelle n'existait plus dans les années 1860, mais l'endroit où elle s'élevait, entre « Civrac » et « la Ville », était encore connu (93).
93. P.-D. Rainguet, études historiques, littéraires et scientifiques sur l'arrondissement de Jonzac, Jonzac et Saint-Fort-sur-Gironde, 1864, ppage 265.

Aucune trace de construction ne subsiste à l'emplacement de la commanderie de Civrac, aujourd'hui recouvert par des vignes. Il ne reste que le toponyme « La Commanderie » pour en perpétuer le souvenir.
En labourant à cet endroit, des agriculteurs ont mis à jour, il y a une trentaine d'années, plusieurs sarcophages de pierre contenant des ossements. Seule la cuve de l'un d'entre eux, de forme légèrement trapézoïdale, est encore visible dans une pâture voisine où elle sert d'abreuvoir.
Sources: Anne-Marie Legras - Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saintonge et Aunis. Editions du C.N.R.S 1983
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Civray   (86)
Maison du Temple de Civray
Département: Vienne, Arrondissement: Montmorillon, Canton: Civray - 86


Maison du Temple de Civray
Localisation: Maison du Temple de Civray


La Maison de Civray, dépendant de la Maison du Temple d'Ensigné, est bâtie, comme l'ancien château, sur le versant nord du coteau qui borde la rive gauche de la Charente. La première date concernant la Maison figure dans le cartulaire de Montazai qui mentionne, en 1184, un don fait dans la maison même des Templiers. Construite par Guy de Meyos, la chapelle romane, de plan rectangulaire, est transmise des Templiers aux Hospitaliers. La chapelle a été transformée en grange après la Révolution, ce qui a permis sa conservation.

Le chevet plat de la chapelle, orienté, est percé de trois hautes baies en plein cintre, largement évasées à l'intérieur. L'une de ces baies a été obstruée dans sa partie haute et démolie dans sa partie basse. Pierre Amédée Brouillet, fils du découvreur du Chaffaud et père d'A. Brouillet, peintre de la Belle Epoque, a réalisé en 1865 un dessin de la chapelle dans son Répertoire archéologique de l'arrondissement de Civray.

Le Temple de Lizant dépendait du Temple de Civray dans les titres du grand prieuré d'Aquitaine. Léon Faye signale, en 1859 le tombeau d'un commandeur avec une inscription.

Le portail roman, aux arcs légèrement brisés, s'ouvre dans le mur nord. Les murs latéraux sud et nord n'ont pas de fenêtres. Il existait une ouverture sur la façade ouest, avec sans doute une porte, répondant à celle du chevet mais condamnée aujourd'hui par une maison d'habitation. Le grand portail roman est masqué, mais il a été conservé par des bâtiments de servitude, comme l'ensemble de la chapelle.
Sources: Office de Tourisme de Civray

Civray dépendant d'Ensigné
L'origine templière de Civray est attestée par un manuscrit étudié par Dom Fonteneau daté de 1184 (1) L'ensemble des possessions forme un petit ensemble cohérent au Sud du département relié à Poitiers via les terres à l'Est de la commanderie de Roche (et peut être La Villedieu selon l'hypothèse de Longuemar).
1. Dom Fonteneau Tome XVIII page 555

Après 1313 Civray a été annexée à la commanderie templière d'Ensigné (Brioux sur Boutonne 79) pourtant assez éloignée vers l'ouest. Civray est une étape sur la voie moderne de Saint Jacques.

Il reste de Civray (2) la chapelle transformée en grange. De plan rectangulaire, elle mesure 17,50m x 6,30m.
Lizant était une dépendance de Civray (Rédet parle de maison) de même certainement que Fontmorant (3) (la Chapelle Bâton) cité dans Beaunier-Besse et Semur mais pas dans Rédet.
2. J.M. Auzanneau - A la gloire des templiers, page 64.
3. F. Semur - Abbayes, prieurés et commanderies de l'ancienne France, page 289.

Sources: J. F. Lavrard - Association Guillaume de Sonnac. Colloque Templiers - 18 octobre 2008 - Réalisé à la Commanderie d'Auzon - 86

Moulin du Temple, sur la Charente, à Civray.
— Possession des Templiers de Civray.
— 1388, 1403 (gr Gauthier, folios 207 et 224).
— 1498, 1601 (fief de La Chau).
— Ce moulin n'existe plus ou du moins, n'est plus connu sous ce nom.
— Le puy du Temple est mentionné en 1404 (Gauthier folio 195 vº).
— En 1563 (Commanderie de Civary, 1).
— L'Isle du Temple en 1498 (fief de Fayolle).
— Une rue de Civary est appelée rue du Temple.

Il y avait à Civray une maison de Templiers, « domus Templi apud Sivraicum », 1184 (Fonteneau, terrier XVIII, page 555), qui devint une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et dépendit de celle d'Ensigné (Deux-Sèvres).
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, par M. L. Rédet, Paris, M. DCCC. LXXXI
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Claire-Fontaine (Seigneurie de)   (08)
Seigneurie de Claire-fontaine
Département: Ardennes, Arrondissement: Vouziers, Canton: Vouziers, commune: Ballay - 08


Seigneurie de Claire-fontaine
Localisation: Seigneurie de Claire-fontaine


La terre et seigneurie de Claire-fontaine faisait partie au XIIIe siècle, de l'alleu ou terre franche de Condé-les-Vouziers. Elle appartenait alors par tiers et indivisément aux Templiers de Reims, à l'abbé de Saint-Remi de la même ville, et à un seigneur, Gervais de Bourcq. Elle fut ensuite partagée entre eux, à l'exception des pâturages et des dîmes qui restèrent en commun, comme on le voit par des lettres de l'archevêque de Reims, de l'année 1209.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Clairin   (79)
Maison du Temple de Clairin
Département: Deux-Sèvres, Arrondissement: Niort, Canton: Melle, Commune: Saint-Léger-de-la-Martinière - 79


Maison du Temple de Clairin
Localisation: Maison du Temple de Clairin


— On trouve sur le document écrit par les juristes de Philippe le Bel au sujet des rétrocessions des biens des Templiers aux Hospitaliers, le nom de la Maison de Clairin.

— Il est mentionné pour rétrocession, le nom de la Maison de Clairin, (Domus Templi de Clairin).
— Clairin, village, sur la commune de Saint-Léger-lez-Melle.
— Clarens, 1313, (Bulletin des Antiquaires de l'Ouest).
— Clérins sur la carte de Cassini.
— Ancienne maison des Templiers, remise aux Hospitaliers en 1313.
Dictionnaire Topographique du département des Deux-Sèvres. Par Bélisaire Ledain, publié par Alfred Dupond - Poitiers M. DCCCC. II.
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Clairoix   (60)
Domaine du Temple de Clairoix
Département: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Compiègne-Nord - 60


Domaine du Temple de Clairoix
Localisation: Domaine du Temple de Clairoix


Clairoix était un membre de la Maison du Temple d'Ivry-le-Temple, à une demi-lieue de la ville, qui consistait en deux moulins: l'un à blé, et l'autre à tan, sur la rivière d'Aronde, avec 12 mines de pré et 99 mines de terre labourable, plus un bois qu'on nommait l'Ecureuil.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Clamadour   (13)
Maison du Temple de Clamadour
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Arles, Canton: Saintes-Maries-de-la-Mer - 13


Maison du Temple de Clamadour
Localisation: Maison du Temple de Clamadour


L'ordre avait obtenu des seigneurs de Posquières, tout comme l'Hôpital et Franquevaux des droits d'usage dans la proche Sylve Godesque. Il était en outre possessionné dans la forêt de Clamadour, sise autour de l'étang d'Amalbert, à une dizaine de kilomètres au sud-est d'Aigues-Mortes:
Sur la donation des Posquières (1174), cf. dans l'annexe de cet ouvrage, sur la sylve Clamadour, dite aussi d'Albaron, Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 038 bis (mai 1201); et voyez P. Amargier, « La Silva piocha »

La grange de Clamadour, est située dans la Sylve Godesque:
Chartier de Temple d'Arles, nº 038 bis.

La concurrence fut plus vive avec Cîteaux. En effet, l'implantation des deux ordres est contemporaine et les stratégies économiques tout à fait similaires. A partir de 1201, la maison d'Arles s'est opposée au monastère de Silveréal à propos de la forêt de Clamadour. Celle-ci semblait avoir été donnée par Alphonse II d'Aragon à la fois au Temple (1167) et à Cîteaux (1194) afin que ce dernier y fonde un monastère:
Chartier du Temple d'Arles, nº 038 bis (mai 1201). L'abbaye d'Ulmet, primitivement installée au sud de l'étang de Fournelet, se transporte à partir de 1194 dans la sylve d'Albaron, le long du Petit-Rhône, pour y édifier un monastère sur un site plus propice, voyez F. Mazel, La noblesse et l'Eglise, p. 345-346.

L'arbitre, Imbert d'Eyguières, archevêque d'Arles, se rendit sur place pour procéder au partage des terres en cause. La qualité des protagonistes qui intervinrent pour chaque partie - l'abbé de Bonneval, les deux maîtres provinciaux en Provence-Espagne et en Provence - indique assez l'enjeu de l'affaire: pour les Cisterciens, il s'agissait d'obtenir la confirmation du site de leur nouveau monastère, tandis que pour le Temple, il ne fallait pas laisser échapper cette vaste zone de pâture.

Et de fait, le conflit fut rallumé à deux reprises, en 1217 puis en 1225, lorsque les Cisterciens se plaignirent des spoliations du Temple aux lieux-dits « Argenton » puis « Fournel », dans cette sylve d'Albaron qui leur avait été concédée par le roi d'Aragon:
Chartier du Temple d'Arles, nº 066 bis (19 février 1217) et 082 (18 novembre 1225). L'acte de 1217 précise l'étendue de la donation royale qui longe le Petit-Rhône, du castrum d'Albaron jusqu'à la mer.

Sans doute les Templiers durent-ils mettre à profit les limites mal définies de ce milieu fluctuant de forêts et de marais pour accroître leur espace pastoral. Aussi chaque nouvel arbitrage s'appliqua-t-il à préciser encore les bornages, symbolisés par des croix en 1217, puis par des bornes de pierre en 1225. Les modalités de l'exploitation des herbages, mais aussi des palus (roubines, pêche) et de la sylve (chasse aux lapins et ramassage du bois) furent également détaillées. La rivalité éclate donc ici entre deux ordres lancés dans une politique d'exploitation analogue du terroir camarguais, fondée notamment sur l'élevage. Pour autant, ces tensions apparaissent plutôt ponctuelles, en ville comme à la campagne. Il faut donc se tourner vers l'Hôpital pour apprécier l'impact, sur le développement templier, de la présence d'un ordre sociologiquement et idéologiquement identique.

En 1213, les Templiers de Saint-Gilles interdisent aux emphytéotes d'un domaine à Albaron de couper la végétation des palus car ils se réservent l'herbe pour leurs troupeaux:
Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 374.

En 1217, lors d'un accord à propos des pâturages de Clamadour, les Cisterciens d'Ulmet, qui sont les propriétaires éminents, font promettre aux Templiers de ne pas pratiquer l'écobuage pour accroître les friches:
Chartier du Temple d'Arles, nº 064 bis: Et est sciendum quod fratres militie Templi nec alii eorum nomine non debent mittere ignem in predictis pasturis sine consilio abbatis Ulmeti vel ejus bajuli.

En novembre 1225, une controverse avec Ulmet à propos des pâturages de Clamadour déboucha sur l'usuelle procédure de bornage:
Chartier du Temple d'Arles, nº 082.

En 1286, les consuls de Montfrin et la commanderie réglèrent par voie d'arbitrage l'usage des pâturages et des carrières du territoire. Quelques mois plus tard, la maison du Temple de Bellegarde fut, à son tour, confrontée aux habitants du lieu qui, soutenus par le viguier du roi, empêchaient le bétail de l'ordre de paître sur le ténement du castrum228. En 1293-1294, les Templiers de Saint-Gilles résolvèrent leur contentieux avec la communauté des Saintes-Mariés au sujet du territoire de Silveréal et de leur grange de Clamadour.

Tout juste sait-on que la grange et la maison de Clamadour était composée de quatre bâtiments: Clamadour:
Chartier du temple de Saint-Gilles, nº 174 (octobre 1309): dictum mansum seu grangiam cotinentem quatuor domos constructas.

La grange de Clamadour, qui appartient à cette date à la maison de Saliers, n'est inventoriée qu'en 1309:
Chartier du Temple d'Arles, nº 173-174.

Au-delà du terme générique de domus qui revient fréquemment, le vocabulaire qui les désigne comme grangia ou comme mansus ne laisse aucune ambiguïté sur leur statut: Parmi d'autres, sont dits mansus les sites de Trébon, de La Vernède, de Rupta, de Paulon:
Chartier du Temple d'Arles, nº 172 et 173.

On trouve les équivalences de grangia seu domus pour Laurade, de grangia seu mansus pour Paulon et Clamadour, de domus seu mansus pour Rognonas:
Chartier du Temple d'Arles, nº 173-174; et Chartier du Temple d'Avignon, nº 89.
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon
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Clansayes   (26)
Maison du Temple de Clansayes
Département: Drôme,Arrondissement: Nyons, Canton: Saint-Paul-Trois-Châteaux— 26


Maison du Temple de Clansayes
Localisation: Maison du Temple de Clansayes


Clansayes était dans le XIIIe siècle un Maison des Templiers. On y distingue encore, au milieu des ruines de ce malheureux village, celles de La Maison du Temple et de l'ancienne chapelle.

C'est en 1023 que le nom de Clansayes est écrit sur une charte de l'abbaye de Cluny et le 04 août 1164 une donation aux Templiers est signée à « Clarencaias » avec comme témoin Ugo sacerdos de Clarencaias.

Il est question dès 1233 du château de Clansayes dans le cartulaire de Saint Paul-Trois-Châteaux. C'est à partir du XIIe siècle que seront édifiés le donjon et l'église romane. Le donjon est entouré d'une douve sèche où restent encore les traces du pont-levis.
Sources: M. Delacroix, Extrait de la Statistique de la Drôme. Grenoble 1835.
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Clau (La)   (12)
Maison du Temple de La Clau
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Vézins-de-Lévézou - 12


Maison du Temple de La Clau
Localisation: Maison du Temple de La Clau


— Au moment de partir pour Jérusalem (peut-être pour la deuxième croisade, en 1147) Virgile de Vesins et Begon son frère, donnent aux Templiers et à Elie de Montbrun, leur fief de Frontinet et leurs droits sur le territoire d'Asinières.

— 1148. Donation par Pierre, abbé de Vabre, de la moitié de la dîme de la Besse.
— 1171. Donation pas Aimeric de Montclarat et Raolz son fils, de leurs droits sur le fief et la ville de la Besse.

— Le 8 des ides de septembre 1234, Grimald de Salles et Aygline sa femme, fille de Begon de Vezin, donnent à l'Ordre du Temple la ville forte ou bastide de La Clan, avec toutes ses dépendances.

— Toutes ces diverses possessions formèrent une commanderie qui fut conservée même après la chute de l'Ordre du Temple. A la fin du XVIIIe siècle, le vieux château des Templiers subsistait encore avec ses deux grandes tours auprès de la ville de Vesins.

précepteur G. Berardus 1269, 1280-1281.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Maison du Temple de La Clau


Tour de La Clau
Sources: Patrimoine Levezou


Description: Village situé au pied du Pal, sur la rive droite du Viaur, au bord d'un vieux chemin, le « Cami ferral » qui allait de Millau à Espalion par la Glène, Séverac l'Eglise et Laissac. Fortifié, le lieu devint une commanderie des templiers au XIIIe siècle dont il reste la tour du château, rèparée en 1681 et appelée: Tour des Templiers.

Historique et intérêt: La commanderie du temple, réunie à celle de Sainte Eulalie du Larzac fut fondée en 1234. Il existait déjé à cet endroit une bastide fortifiée avec des loges refuges comme à Vezins, et un château qui fut complêté en 1381 par une tour. La commanderie fut unie à celle des Canabières (ordre de Saint Jean de Jérusalem) après la suppression de l'ordre du Temple (1302). Le lieu dépendait de la paroisse de Saint Amans d'Escoudournac.
Sources: Patrimoine Levezou
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Clermont (Ain)   (01)
Fief du temple de Clermont
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Montrevel-en-Bresse - 01


Fief du temple de Clermont
Localisation: Fief du temple de Clermont


— Ce hameau paraît avoir été un ancien fief possédé par des gentilshommes qui en portaient le nom, parmi lesquels on connaît Robert et Humbert de Clermont, frères, qui donnèrent, au mois de septembre 1236, aux templiers de Laumusse, ce qu'ils y possédaient, et Gérard de Clermont qui transigea sur cette donation, en 1250.

— Ce hameau ne figure pas sur la carte de Cassini, il devait être situé entre les lieux-dits: La Lèchère, La Forêt, La Curtillere, Le Carouge.
Inventaire manuscrits de Laumusse de 1627, folio 8, aux archives du Rhône H, 2212.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Clermont (Oise)   (60)
Maison du Temple de Clermont
Département: Oise, Arrondissement et Canton: Clermont - 60


Maison du Temple de Clermont
Localisation: Maison du Temple de Clermont


Clermont possédait, à l'instar de tant d'autres villes, une maison du Temple. Elle dépendait primitivement de la commanderie de Neuilly-sous-Clermont, et fut aliénée ensuite par les Hospitaliers.

Voici ce que nous lisons dans le rapport de la visite prieurale de 1495: « Frère Jehan Perrin, commandeur, apensionna la maison de Clermont par arrêté du chapitre, passé l'an M. CCCC. LXXIII pour X livres tournois pour chascun an, rachestable ladite charge pour C livres et oultre plus est chargée ladite maison par celui qui la donna aux Templiers, de IIII livres X solz à perpétuité et par ainsy payées lesdites charges, ne reste rien de proufit audit Commandeur, réservé la jurisdicion que la religion a dedens le clos et limites de ladite maison. »
Ce que les Hospitaliers avaient à Clermont, provenant de l'Ordre du Temple, était donc réduit à fort peu de chose à la fin du XVe siècle.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Clermont (Savoie)   (74)
Domaine du Temple de Clermont en Savoie
Département: Haute-Savoie, Arrondissement et Canton: Saint-Julien-en-Genevois, Commune: Frangy - 74


Domaine du Temple de Clermont
Sources: Domaine du Temple de Clermont


— Clarusmons, Claromons, Clarmonz, Clermont
— Château des comtes de Genevois, à 2 lieues Sud-Ouest de Frangy [600, 1123,1156, 1158, 1433, 1620, 1677].
— Une maison de Templiers y existe dès 1264 [976].
Sources: Regeste genevois, ou Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312. Genève 1866. - Bnf
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Clermont-Montferrand   (63)
Maison du Temple de Montferrand
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement et Canton: Clermont-Ferrand - 63


Maison du Temple de Montferrand
Localisation: Maison du Temple de Montferrand


— Cette Maison du Temple, d'après M. Ambroise Tardieu, aurait été la plus considérable des maisons des Templiers en Auvergne. Là, dit-il, se tenaient les assemblées; elle était située dans la rue du Temple. La chapelle conventuelle fut détruite en 1787.
— les bâtiments furent vendus en 1793, on les a réparés de nos jours. (1882).
— Commandeurs du Temple: Bernard de Sartiges, 1287-1288;
— Pierre de Madic, 1294;
— Bertrand de Charnier, 1309.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme - Moulins, 1877

Maison du Temple de Montferrand
Dans la ville de Montferrand (Clermont-Ferrand), résidence des comtes d'Auvergne, se trouvait la plus importante maison du Temple du diocèse de Clermont. Cette préceptorie fut choisie comme chef-lieu de la province d'Auvergne.

M. Tardieu signale en outre que les templiers reçurent une donation de dix sous de la « comtesse de Montferrand », par son testament de 1199. Je n'ai pu retrouver le texte sur lequel il s'appuie, mais ces éléments laissent supposer que l'ordre du Temple s'implanta à Montferrand dans les années 1190.

Au cours du XIIIe siècle, le Temple de Montferrand reçut de nombreuses donations et acquit des biens à Montferrand et aux alentours. La plupart de ces titres ont aujourd'hui disparu. Cependant, le fonds de la commanderie hospitaliére de Saint-Jean-de-Ségur, située à proximité de Montferrand, contient une pièce qui en recense une partie. Il s'agit d'un inventaire qui contient des titres de diverses natures (donations, ventes, accords, reconnaissances...), des privilèges apostoliques reçus par l'ordre, et une liste de biens mobiliers. Cet inventaire, composé de deux feuillets autrefois cousus ensemble, est malheureusement incomplet, des feuillets situés avant et après la partie qui nous est parvenue ayant disparu. Sa date de rédaction est inconnue, mais le titre le plus récent contenu dans l'acte date de 1300, et l'écriture est nettement du début du XIVe siècle. Nous pensons que cet inventaire a pu être dressé à l'occasion du procès de l'ordre du Temple, avant ou au moment de la remise de ses possessions aux hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Certains titres concernent d'autres maisons du Temple que celle de Montferrand.


Maison du temple de Clermont-Ferrand
Maison du temple de Clermont-Ferrand - Sources: Monumentum


Quatre actes citent la grange du Temple d'Aulnat; ce qui n'est guère étonnant, car la grange d'Aulnat dépendait probablement de la commanderie de Montferrand.

L'inventaire contient également une vente à la maison de Celles en 1257;
Une donation à la maison de Payrinhat [Pérignat], dont la date est difficilement lisible - probablement 1202. La présence de telles pièces dans l'inventaire de Montferrand s'explique aisément: Montferrand fut choisie comme résidence du maître de la province d'Auvergne, de qui dépendaient toutes les maisons de l'ordre en Auvergne, et qui avait le pouvoir de passer des actes au nom de chacune d'elles; certains titres étrangers à la commanderie de Montferrand ont ainsi pu être intégrés à ses archives, tandis qu'une copie était versée aux archives de la maison concernée au premier chef.

La première trace tangible de la présence de templiers à Montferrand est contenue dans cet inventaire: en décembre 1213, le monastère de Saint-Pierre de Beaumont donne une terre à la maison du Temple de Montferrand.
En mai 1263, c'est le monastère de Saint-Alyre de Clermont qui fait un don au Temple. Les donations affluent de toutes parts: évêques, bourgeois et chevaliers participent à la constitution des domaines du Temple.
Le précepteur de Montferrand passe également de nombreux actes d'échange et d'achat, qui contribuent à agrandir et à consolider le temporel de sa maison.

Ainsi, en novembre 1253, Humbert de Beaujeu, seigneur de Montpensier et de Montferrand, ratifie l'achat par les templiers de plusieurs maisons sises à Montferrand à des bourgeois de la ville.

L'inventaire du Temple est peu discret au sujet des biens sur lesquels portent les actes.
La plupart concernent des terres, des vignes, des pâturages, des jardins, et des cens et rentes.
En plusieurs endroits, les templiers reçoivent des maisons et quelques terres.

L'évêque leur donna la maison et le village de Chanpine.
En 1287, une maison située à Aigueperse leur est donnée. Cette donation, ainsi que plusieurs acquisitions reçoivent une confirmation en 1293, puis en 1295.
Le seigneur de Montferrand avait offert cent sous de rente au preceptor domus militie Templi Montisferrandi.
D'autre part, celui-ci avait acquis des maisons à Montferrand, une viguerie (vigeria), un manse et diverses rentes à Montferrand et à Aigueperse.
Ainsi s'est constitué le temporel du Temple de Montferrand au cours du XIIIe siècle, au gré des donations et des acquisitions.
Sources: L. d'Agostino, Templiers et Hospitaliers en Auvergne au Moyen Age

Maison du Temple de Montferrand
Il y eut une maison de Templiers à Montferrand, au diocèse de Clermont; il en est parlé dans les enquêtes de Clermont et de Paris.

Dans cette ville, les Templiers y possédaient une très grande Maison avec chapelle, jardins cens, rentes et dîmes. Cette maison fut fondée en 1190 (Sources Ambroise Tardieu).

Les membres de la Maison du Temple de Montferrand étaient:
La Ronzière
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Issoire, Canton: Champeix, Commune: Chadeleuf - 63


Maison du temple de La Ronzière
Localisation: Maison du temple de La Ronzière


A 15 lieues, Montferrand avait pour annexes Ponguison « un lieu-dit, qui n'existe plus de nos jours, près de Saint-Germain de Lambron (sources Léopold Niepce) » et Culhat à 4 lieues de Lezoux, dans le baillage de Riom.
Les Templiers y possédaient un très grand domaine tant en bâtiments, près, bois, terres, vignes, dîmes, cens et des rentes considérables. La Ronzière avait pour annexe Ponguison.

Frère Hugues Charneyr se souvient d'une réception survenue au Temple de La Ronzière du diocèse de Clermont. (Procès des Templiers de Clermont Suite)

Ponguison ?
Les Templiers y possédaient plusieurs près, terres, vignes, dimes et cens.

Culhat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Thiers, Canton: Lezoux - 63


Maison du temple de Culhat
Localisation: Maison du temple de Culhat


Dépendait de la Maison du Temple de La Foulhouze jusqu'au XIVe siècle, puis fut réunie à la maison du Temple de Montferrand par les Hospitaliers.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Clermont et le Procès des Templiers
C'est en cette maison du Temple de Montferrand que deux Templiers interrogés à Clermont, Robert Cortesie et Bonafos de Tallende, avaient été reçus quarante ans auparavant, c'est-à-dire vers 1269, par le chevalier du Temple Guillaume de Montgacon, alors commandeur de La Tourette:
« Procès de Clermont, pièces 29 et 30 »
Cortesia Robertus: sergent du diocèse de Clermont
Reçu vers 1269 à Montferrand par Guillaume de Mongacon, chevaliers diocèse de Clermont.
Donné par Bonafous de Talende comme présent à sa réception vers 1269 à Montferrand.
D'après Robert Vigier, sergent du diocèse de Clermont, ces réceptions auxquelles il dit avoir assisté auraient eu lieu vers 1291 (Procès des Templiers, tome I, page 512)
Donné par Jean Limousin comme présent à sa réception avant 1306 à la Ronzière.
Avouant en 1309.
Serait mort en 1311 (Procès des Templiers, tome I, page 512)
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève - Le Procès des Templiers d'Auvergne, 1309-1311. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986

A cette cérémonie auraient assisté les frères Durand Albouin, de Tallende, précepteur de Montferrand, et Durand Malras, prêtre, au dire d'un sergent du Temple, Robert Vigier, témoin qui cependant n'aurait été reçu qu'en 1276 par Francon de Bort, en la chapelle de cette maison de Montferrand, en présence du même frère Durand Malras, des frères Pierre la Rose et Géraud prêtres, de Pierre de Madic, chevalier, et de plusieurs autres:
« Procès des Templiers, tome I, page 512 »
Quibus actis, dictus frater Robertus Vigerii de Claramonte serviens, testis supra juratus, non defferens mantellum ordinis, quia ipsum dimiserat in concilio Senonensi, et postmodum radi fecerat sibi barbam, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Parisiensem, sexagenarius vel circa, premissa et repetita protestacione predicta, lectis et diligenter sibi expositis omnibus et singulis articulis, respondit ad eos, et primo ad primos XIII, quod non viderat et sciverat, nec audiverat dici nec credebat quod in ordine servarentur contenta in dictis XIII articulis; nec in receptione sua fuit aliquid factum vel dictum illicitum, nec in recepcionibus infrascriptorum quos vidit recipi, videlicet Roberti Cortesia de Claromonte et Bonafos Temple de Talende Claramontensis diocesis, quos credit esse mortuos, qui fuerunt recepti in capella domus Templi Montis Ferrandi dicte diocesis, sunt viginti anni elapsi, per fratrem Guillelmum de Monte Gastonis dicte diocesis, militem, quondam preceptorem tunc de Turreta, presentibus fratribus Durando Albuini de Talende preceptore Montis Ferrandi, Durando Malias presbytero, deffunctis.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Le maître de la région avant Francon de Bort était frère Raymond del Boysso ou de « Dumo », par qui fut reçu, en 1275, à Montferrand, le dernier précepteur de La Fouilhouze:
« Procès de Clermont, pièce 6 »
BOYSSO (Raymundus del), [1263-1279]; chevalier.
Il est cité comme commandeur de « Peiracaus » en 1263 (Léonard, Cartulaire du Temple, 70), de La Capelle Livron entre 1265 et 1271 (Léonard, Cartulaire du Temple, 70-71;
En 1267, il scelle l'acte de restitution aux templiers, Pierre-François Fournier et Pascal Guébin, Enquêtes administratives d'Alphonse de Poitiers. Arrêts de son parlement tenu à Toulouse et textes annexes 1249-1271 [Paris, 1959] page 239), de Cahors en 1272 (Léonard, Cartulaire du Temple, 71).
Il est enfin commandeur d'Auvergne entre 1275 et 1279 (Léonard, 165). En tant que commandeur d'Auvergne, il reçut dans l'ordre vers 1275 à Montferrand Jean Senaud (Procès des Templiers, tome II, page 36, de Dumo); avant 1279 au Chambon, Hugues Charnier (Procès des Templiers, tome II, page 143, Pierre de Dumo);
Vers 1279 à La Marche, Pierre du Breuil; la même année il assista à La Marche à la réception de Pierre Rosé, mais c'est Francon de Bort qui est alors cité comme commandeur d'Auvergne.
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève - Le Procès des Templiers d'Auvergne, 1309-1311. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986

« Procès des Templiers, tome II, page 136 »
Post hec, die Mercurii sequenti, que fuit ultima dies dicti mensis Marcii, fuit adductus ad presenciam dictorum dominorum commissariorum et domini Mathei, in domo predicta domini Petri de Sabaudia, frater Johannes Senandi serviens, preceptor domus Templi de Folhosa Claramontensis diocesis, testis supra juratus, ut deponeret dictum suum, quinquagenarius vel circa, mantellum ordinis et barbam defferens, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Claramontensem. Qui, protestacione premissa quod non intendit recedere a deposicione per eum facta coram domino Claramontensi episcopo memorato, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur. Dixit enim se fuisse receptum in quadam camera domus Templi Montis Ferrandi Claramontensis diocesis, prima dominica post instans festum Pentecostes erunt triginta duo anni vel circa, per fratrem Raymondum de Dumo militem quondam, presentibus fratribus Petro Nicolai, Petro Vinha servientibus, et Johanne Blanc presbitero, deffunctis
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Durand Albouin (ou Albouy) habitait encore le Temple de Montferrand, et il paraît avoir assisté en 1278, à Noël, à une réception faite à La Fouilhouze
« Procès de Clermont, pièce 11 »
Albuy (Durandus), [Vers 1269-1278]; commandeur de Montferrand.
Procès des Templiers, tome I, page 512 (Albuini);
Léonard, cartulaire du Temple, page 171 (Albouin).
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève - Le Procès des Templiers d'Auvergne, 1309-1311. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986

Un des successeurs de Durand Albouin, comme précepteur du Temple de Montferrand, fut Bertrand de « Chanrois », sergent, qu'un Templier se souvenait d'avoir vu, au Temple de Charnat, lors de sa réception, en 1293
« Procès des Templiers, tome II, page 246 »
videlicet quod ipse receptus fuerat in capella domus Templi de Chanac Claromontensis diocesis, Dominica ante instans festum beati Martini hiemalis erunt circiter XIX anni, per fratrem Hugonem Saycelli militem, detentum, ut credit, apud Exodunum Bituricensis diocesis, presentibus fratribus Aymerico Deleheyr preceptore de Rauseria, Bertrando de Chanrois preceptore Montisferandi, Petro Porchayro et R. Vinee servientibus, deffunctis. A quo receptore requisita societate ordinis et ei concessa, prestito per juramentum quod non erat alteri religioni, nec matrimonio, nec debitis que non posset solvere obligatus, nec erat excommunicatus, nec habebat infirmitatem latentem, fecit eum vovere et jurare quod non revelaret secreta capituliorum nec precepta ordinis, quod servaret castitatem, obedienciam, et viveret sine proprio, servaret bonos usus et bonas consuetudines ordinis que tunc erant et que in posterum imponerentur per Magistrum et presbiteros ordinis, quod juraret pro posse suo ad acquirendum Terram sanctam, et quod non dimitteret dictum ordinem pro alio.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Enfin un chevalier du Temple, du nom de Pierre de la Colonge, dit avoir été reçu, en 1294, à Montferrand, par le commandeur de l'Auvergne, Pierre de Madic
« Procès de Clermont, pièce 33 »
MADIC, MADICO (Petrus de)
Madic, Cantal, arrondissement Mauriac, canton de Saignes.
[Vers 1276-1303]; chevalier, vraisemblablement du diocèse de Clermont.
Il appartenait à une famille d'ancienne chevalerie (BOUILLET, IV, 8, distingue à tort deux personnages de ce nom dont l'un aurait été commandeur d'Auvergne et l'autre d'Aquitaine).
Ses qualités morales sont soulignées (Schottmuller, I 275).
Il aurait réprouvé les pratiques douteuses et aurait pleuré en les ordonnant (Procès des Templiers, tome II 138);
Il aurait conseillé à Jean Senaud qui l'interrogeait de ne pas se montrer trop curieux car, en tant que frère sergent, il devait être sourd, muet, aveugle (Procès des Templiers, tome II 138).
Lors d'un chapitre général qu'il tenait en Auvergne, il aurait approuvé le départ de l'ordre du chevalier Guillaume de Reses vers 1291-1292 (Schottmuller, II, 19).
Il est cité comme lieutenant du commandeur du Poitou vers 1291 (6 1, Prutz, 330), 1294 (Finke, II, 319), 1300 (Procès des Templiers, tome II 22);
Commandeur du Poitou vers 1300 (M I 193),
Lieutenant du visiteur (Léonard, Cartulaire du Temple, 97) vers 1289 (Procès des Templiers, tome II 90, 96), 1292 (Procès des Templiers, tome II 103), 1294 (Procès des Templiers, tome I 93).
Pour l'Auvergne et le Limousin (Léonard, Cartulaire du Temple, 166), le titre varie;
Il est cité comme commandeur d'Auvergne et du Limousin vers 1291-1292 et 1294 (Schottmuller, II, 19 et 27)
Commandeur d'Auvergne entre 1292 et 1301 (63, 59, 25 fin, 60, Procès des Templiers, tome II 123, 35 1, 36 1, 27 fin;
Un acte daté de 1295 donne une certitude pour le titre, Augustin Chassaing, « Spicilegium », 228),
Commandeur du Limousin en 1300 (Procès des Templiers, tome II 219).
Il est dit en outre commandeur de Montferrand vers 1294 (Léopold Nièpce, 224 n. 2, d'après Tardieu) et de l'Ormeteau en 1299 (Archives départementales du Rhône, 48 H 2417/21, Toulgoët-Treanna, XXXIV, 215; Léonard, Cartulaire du Temple, 163) et vers 1301 (3 fin, Procès des Templiers, tome II 142).
S'il est simple témoin aux réceptions de Robert Vigier, sergent du diocèse de Clermont vers 1276 à Montferrand (Procès des Templiers, tome I 513) et de Guillaume Reynier * vers 1303 à La Marche, il en effectua plusieurs:
Vers 1291 au Fouilloux, Hugues de Jenzat;
Vers 1292 à La Pouge, Etienne Lajarousse;
Vers 1294 à Montferrand, Pierre de la Colonge;
Vers 1294 ou 1295 à Montferrand Pierre Piot;
Vers 1294 à La Marche, Guillaume Maumont, chevalier diocèse de Limoges (Schottmuller, II, 27);
Vers 1297 à Bellechassagne, Jean Adam;
Vers 1299 à La Bastide, Pierre de Brion;
Vers 1299 à Bellechassagne, Géraud de Rupe Apis, prêtre du diocèse de Limoges (Procès des Templiers, tome II 123);
Vers 1300 à Celles, Pierre de Moncel (peut-être à La Fouilhouze, Procès des Templiers, tome II 242);
Vers 1301 à Celles, Durand Charnier;
Vers 1300 ou 1301 à Bellechassagne Gui de La Roche, prêtre diocèse de Limoges (Procès des Templiers, tome II 219);
Vers 1301 à l'Ormeteau, Barthélémy de Pratemi, chevalier, diocèse de Limoges (3 fin, Procès des Templiers, tome II 142).
Entre 1289 et 1294 environ, il effectua quelques réceptions en tant que lieutenant du visiteur dans les diocèses de Poitiers (Procès des Templiers, tome II 90, 96, 93) et Tours (Procès des Templiers, tome II 103) et en tant que lieutenant du commandeur du Poitou vers 1300 dans le diocèse de Saintes (Procès des Templiers, tome II 22, I 193).
Sources: Roger Sève et Anne-Marie Chagny-Sève - Le Procès des Templiers d'Auvergne, 1309-1311. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Paris 1986

Précepteurs de Montferrand
Vers 1269-1278, frère Durand Albouin, de Tallende;
Vers 1293, frère Bertrand de « Chanrois », sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Extrait du Pouillé dressé par M. Chassaing.
Voici le précieux document que M. Augustin Chassaing a bien voulu adresser à M. Léopold Niepce pour la rédaction du Grand Prieuré d'Auvergne:
« Rotulus super acrementis Alvernie traditus per Johannem de Trya, Ballivum Alvernie super hoc inquisitorem deputatum cum Petro dicto Le Gras, in quo nomina et partes summe computate in recepta computorum Alvernie de termino Omnium Sanctorum nonagesimo tercio continentur. »

De préceptoribus milicie Templi et Domorum Alvernie.
De Preceptore de la Fulhosa, XXVII libras V solidos II denarios.
De Preceptore de Vihac, CXLVI libras.
De Preceptore de Chassac, XII libras.
De Preceptore de Parinhac LVII libras, IIII denarios.
De Preceptore de La Mercha, XX libras, II sols.
De Preceptore de Paluel, IX libras, VI denarios.
De Preceptore de Turreta, LXVII libras, XI sols, VII denarios.
De Preceptore de la Ranzeira, XXIIII libras, IX sols, IIII denarios.
De Preceptore de la Bastida, XXI libras, X sols.
De Preceptore Monti Ferrandi, XXXV libras, XIX sols, V denarios.
De Preceptore de Cellis, XX libras, IX denarios.
De Preceptore de la Garda, IIII libras, VI sols.
De Preceptore d'Isda, XXVI libras.
De Preceptore de Montfort, XII libras.
De Preceptore de Chanonac, XLV libras, XI solidos, VI denerios.
De Preceptore de Ponte Veteri, IX libras, VI solidos.
De Preceptore de Pallihac, VI libras, VI solidos, IX denerios.
De Preceptore de La Forest, LXVII libras, VI denerios.
De Preceptore de Chambot, XXXIV solidos.
De Preceptore dal Mahes d'Escola, LVI solidos.
De Preceptore de Oloeus, XXVI libras, XVIII solidos, X denerios.
Sources: M. Augustin Chassaing - Pouillés des diocèses de Clermont et de Saint-Flour du XIVe au XVIIIe siècle, publiés par M. Alexandre Buel, archiviste aux archives nationales, etc., Paris, Imp. Nat. 1882.

Maison du Temple et Commanderie de Clermont
La détermination du site de la commanderie du Temple de Montferrand est problématique. En effet, il semble admis qu'elle ait toujours été incluse dans l'enceinte de la ville, au quartier des Molles ou des Meules, au nord du château. Si cette hypothèse est plausible, aucune preuve tangible ne vient l'étayer avant le XVIIe siècle: en 1615, elle est en effet localisée « en la rue appellée des moulins joignant la muraille de la ville dudit Montferrand, une rue et le jardin de ladite commanderie entre deux ». Cette description de la commanderie correspond à un plan datant du XVIIIe siècle qui place la commanderie entre la rue du Temple et la rue du Ruisseau (auj. rue Parmentier), et dont le cadastre ancien conserve la trace. A cette date, elle était composée de deux bâtiments formant l'angle sud-est d'une enceinte au centre de laquelle se trouvait la chapelle de la commanderie. Au nord, la cour était bordée par la Tiretaine qui séparait la commanderie de son jardin. Au sud, de l'autre côté de la rue du Temple, la basse cour de la commanderie, à laquelle on accédait soit directement de la rue, soit par une galerie couverte, regroupait la grange et les écuries.

La tradition, qui ne repose sur aucune autre preuve que quelques vestiges architecturaux (colonne, éléments de galerie couverte et caves), veut qu'elle ait d'abord été située au nº 4 de la rue Parmentier (cf. Du Ranquet). Or, il s'agit là d'une mauvaise lecture des écrits de Tardieu, puis de Du Ranquet: en effet, il indique que ces bâtiments étaient « dans les dépendances de la commanderie du Temple ». Un important réseau de caves reliait cet hôtel probablement construit pour un dignitaire de l'ordre de l'Hôpital à la commanderie.

Pour éclairer le problème du site de la commanderie du Temple, il faut revenir sur le tracé et l'évolution du rempart de la ville au Moyen-Age. Sur ce point, les données sont des plus fragmentaires. En 1126, le roi Louis VI le Gros intervient dans la querelle qui oppose le comte et l'évêque, et met le siège devant Montferrand. Le récit qu'en donne Suger distingue le château proprement dit et une enceinte extérieure qui englobe des quartiers qui seront détruits pendant le siège. Sa limite nord correspondait à l'actuelle rue du Temple. La ville est prise par Guillaume VIII en 1165. Peut-être la muraille fut-elle alors agrandie. Quoi qu'il en soit, à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle, la muraille de la ville fut agrandie au moment où les habitants de Montferrand reçurent leur charte de franchise: datée entre 1196 et 1199, elle dut précéder de peu la reconstruction et l'élargissement de la muraille le long de l'axe est-ouest menant à Clermont. Sa façade nord longeait la Tiretaine qui servit jusqu'au milieu du XVe siècle de douves à la ville. L'Armorial de Guillaume Revel montre encore ce système défensif (cf. Fournier).

La datation de l'évolution de cette muraille reste floue, de même que la date exacte de l'établissement des templiers dans la ville. Du XIIIe au XVe siècle, le tracé nord du rempart a peu ou pas évolué. Or, ce tracé inclut le site figuré sur le plan du XVIIIe siècle à l'intérieur des murailles, à l'exception du jardin de la commanderie, qui correspond probablement aux douves médiévales.

Plusieurs hypothèses sont dès lors possibles
— la commanderie du Temple fut fondée avant l'extension de la muraille sur l'emplacement du 4 rue Parmentier, ce que rien ne permet d'affirmer en l'état actuel des recherches; après l'extension de la muraille, les templiers étendirent leurs possessions à l'intérieur de la ville en direction du nord; à une date indéterminée, probablement au XIIIe ou au XIVe siècle, les anciens bâtiments furent délaissées et probablement loués; une nouvelle commanderie fut construite le long du nouveau rempart. Dans ce cas, il est difficile de savoir si les deux sites furent occupés par les templiers ou si la translation de la commanderie eut lieu alors qu'elle appartenait déjà aux hospitaliers.

— l'extension de la muraille est contemporaine de l'installation des templiers à Montferrand, auquel cas le site du 4 rue Parmentier ne fut jamais occupé par les moines soldats, et le site figuré sur le plan du XVIIIe siècle correspond avec la seule et unique commanderie du Temple de Montferrand. Celle-ci a cependant dû subir de multiples reconstructions.
Par manque de sources écrites et d'investigations archéologiques, cette question ne peut être tranchée aujourd'hui.

Les bâtiments de la commanderie
Une commanderie répondait à des nécessités diverses: à la fois petit château avec ses murailles, monastère avec sa chapelle, et exploitation agricole avec ses écuries et ses granges, la commanderie du Temple de Montferrand présentait une organisation où se retrouvent nettement ces différents espaces, comme en témoignent les visites de 1615.

La commanderie était composée de deux cours distinctes et d'un jardin (ce dernier ne fut probablement acquis qu'au XVIe siècle après l'agrandissement du rempart). Les deux cours étaient situées de part et d'autre de la rue du Temple et reliées par une galerie couverte qui surplombait la rue.

Plan de la commanderie appelée « du Temple de Montferrand », sous gestion hospitalière au XVIIIe siècle. Le nord est situé à gauche sur le cliché.


Plan de la Commanderie
Archives départementales du Puy-de-Dôme (F-63). Cliché L. d'Agostino.


La cour des logis
La cour principale, au nord, regroupait les logis des habitants de la commanderie (commandeur, chevaliers, sergents, chapelains, donats, domestiques et métayers) et la chapelle. Les côtés sud et est de cette cour étaient formés par deux bâtiments d'habitation. Le bâtiment est était constitué de cuvages, un sellier, une buanderie, un poulailler, des chambres et une cuisine. Le bâtiment sud était constitué au nord d'un portail d'entrée — probablement défendu par une herse et une bretèche — , surmonté de la chambre du commandeur, et au sud par un bâtiment occupé par des cuvages — contenant probablement du vin — au rez-de-chaussée, de la salle où se tenait le chapitre provincial du grand prieuré d'Auvergne jusqu'au XIVe siècle au premier étage: cette description tend à prouver que la commanderie occupait déjà ce site au moins depuis le XIVe siècle, puisque dès cette époque le siège du grand prieuré fut transféré à Bourganeuf.

Au centre de la cour se trouvaient un puits et la chapelle de la commanderie « toute bastie de pierre de taille dedans et dehors entierement pavée et voultée ayant neufs cannes de long et trois de large [18 * 6 m]. Le cœur [était] séparé de barreaux de bois et sièges pour les prebstres.[...] Ung clocher ouvert où il y a trois cloches l'une desquelles est toute neufve ». Chose assez surprenante, « y a ung passage ou gallerie de bois pour aller [du bâtiment situé au sud] au clocher de ladite chapelle couvert de bois et tuilles plates à deux pendants. »

La basse cour
Autour de cet espace conventuel défini par la chapelle et les logis, s'organisaient les organes économiques de la commanderie.
Le jardin de la commanderie avait « vingt deux cannes de long et sept de large » [44 * 14 m = 616 m
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Clichy-la-Garenne   (92)
Domaine du Temple à Clichy-la-Garenne
Département: Hauts-de-Seine, Arrondissement: Nanterre, Canton: Clichy - 92


Domaine du Temple à Clichy-la-Garenne
Localisation: Domaine du Temple à Clichy-la-Garenne


Les Templiers de Paris avaient des biens dans cette paroisse.

Olime 809
Le commandeur du Temple de Paris a la quatriesme partie des prouffitz du bac de Clichy en Garenne, les autres sont à l'abbé Sainct Denys D 38.
Sources: Les Olim ou registres des arrêts rendus par la cour du roi sous les règnes de Saint-Louis, Philippe le Hardi, Philippe Le Bel, Louis le Hutin, et Philippe le Long, Volume 1, années 1254 à 1273. Par Arthur Auguste Beugnot. Paris Imprimerie Royale M. DCCC. XXXIX
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Clichy-sous-Bois   (93)
Maison du Temple de Clichy-sous-Bois
Département: Seine-Saint-Denis, Arrondissement: Le Raincy, Canton: Le Raincy - 93


Maison du Temple de Clichy-sous-Bois
Localisation: Maison du Temple de Clichy-sous-Bois


Clichy était sous les Templiers un chef-lieu de commanderie. La maison se trouvait sur le chemin qui descendait de Clichy-sous-Bois à l'abbaye de Livry. Il en dépendait une seigneurie assez importante en terres, cens, rentes, avec la haute, moyenne et basse justice, tant à Clichy que dans les environs.

L'abbé Lebeuf parle des Templiers comme seigneurs de Clichy, à la fin du XIIe siècle ou au commencement du XIIIe. Nous n'avons trouvé aucun titre qui les concerne avant 1261. C'est 1a vente à eux faite, cette année-là, par Eudes de Bosay et André de Clichy, du fief de Rosay, situé à Clichy-en-Launois, aujourd'hui Clichy-sous-Bois, avec des terres, des vignes et censives à: (Chauconin-Neufmontiers ?), MontfermeilDomaine du  Temple à Montfermeil
Domaine du Temple à Montfermeil
et LivryDomaine du  Temple à Livry-Gargan
Domaine du Temple à Livry-Gargan
, du consentement du comte lie Grandpré qui, la même année, leur accordait l'amortissement de ce fief, relevant de lui.

Mais la terre et seigneurie de Clichy n'acquit quelque importance, que lorsque Henri de Grandpré, seigneur de Livry, et Laure de Montfort, son épouse, eurent donné, en septembre 1267, aux Chevaliers du Temple de Paris, 380 arpents de bois, appelés le Bois du Roi, entre Bondy et LivryBois des Templers entre Bondy et Livry
Bois des Templers entre Bondy et Livry
, franc et exempt de gruerie, avec tout ce qu'ils possédaient à Clichy, en fiefs, arrière-fiefs, pressurages de vins et autres droits seigneuriaux.

C'est alors que les Templiers fondérent leur maison de Clichy. Le premier titre qui en fait mention, est une vente faite au mois d'avril 1270, par Jean Boileau, et Marguerite, sa femme, aux Templiers de Paris, pour les besoins de la maison de Clichy, de cinq arpents de terre pour le prix de dix livres parisis.

En 1277, Philippe le hardi accorda aux hommes du Temple, demeurant à Clichy, le même droit d'usage qu'il avait déjà accordé aux habitants de Livry, dans ses bois de Livry, pour le pâturage de leurs bestiaux et pour y prendre le bois de chauffage, dont ils avaient besoin.

Les Templiers firent encore en 1284, de Jean et de Pierre de Clacy, écuyers, fils de Jean de Clacy, chevalier, une acquisition de soixante-deux arpents de bois, entre Livry et BondyBois des Templiers de Clichy, Livry et Bondy
Bois des Templers entre Bondy et Livry
, près du chemin de Paris à Meaux, pour le prix de 200 livres et 15 sols parisis.
Mais nous voyons en 1290, une grave contestation s'élever entre les Chevaliers du Temple et le seigneur de Livry, qui était alors Pierre de Chambly. Celui-ci prétendait que la haute, moyenne et basse justice de Clichy lui appartenait avec les garennes. Les Templiers soutenaient que tout cela était à eux, comme ayant été compris dans la, donation faite par le comte de Grandpré, en 1267.

Une transaction mit fin à ce débat. On délimita par des bornes la seigneurie des Templiers, où ils conservèrent la haute, moyenne et basse justice, moyennant une indemnité de 800 livres tournois, qu'ils payèrent à Pierre de Chambly. De plus, ce dernier eut le droit exclusif de chasser la grosse bête dans toute la terre de Clichy, et dans les bois du Temple, qui provenaient du comte de Grandpré; les Templiers ne devant avoir que (la garenne et la chace au lievre, au counin, au goupil, et à toutes les aultres bestes au pié clos).

Il dépendait de la maison de Clichy, au XIIIe siècle, la terre et seigneurie de GagnySeigneurie du Temple de Gagny
Seigneurie du Temple de Gagny
, qui avait été donnée en 1272 aux Templiers de Paris, par Pierre, seigneur de Gagny, sous la condition de lui accorder sa sépulture dans leur église.

Le domaine de Clichy comprenait 650 arpents de terre, dont les cinq sixièmes environ étaient en bois:
Le bois Notre-Dame, 43 arpents;
Le bois aux Fontenelles, 22 arpents;
Le bois au Martel, 50 arpents;
Le bois de la Butte, 15 arpents;
Le bois de la Croix-Gaultier, 399 arpents;
Le bois du Château Gobillon, 14 arpents;
Total: 543 arpents.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Maison du Temple de Clichy
Clichy est un domaine sandionysien depuis une donation de Dagobert en 636 (Roblin 1971 page 180). En 1193-1194, Philippe Auguste assigne, en échange de Pierrefonds, des revenus sis à Montreuil et Clichy à Gaucher de Chatillon qui donne le lieu à sa soeur Alix, épouse de Guillaume de Garlande (Delaborde 1916 nº451 page 547).

En 1261, les Templiers achétent à Eudes de Rosay et André de Clichy le fief du Rosay et acquiert l'héritage de Raoul de Marne. En 1267, Henri de Grandpré, seigneur de Livry, cède au Temple 280 arpents de bois et de terres, ainsi que les droits afférants, y compris les droits de justice (Blaise 1962b pages 4-7, Dejouy 1977 page 16).

Le règlement du différent survenu, vers 1300, entre Pierre de Chambly, sire de Livry, et les Templiers de Clichy mentionne le chemin de Clichy à Gagny, entre les bois et les champs, la voie de Clichy à Montfermeil, la voie de Clichy à Chelles, appelée voie Munoise, et le chemin de Clichy à Vaujours (Astruc 1988 page18). En 1319, les Hospitaliers entrent en possession de ce fief (Dejouy 1977 page 16, Peyre 1980a page 14).

La seigneurie est louée toute entière à partir de 1492 (Blaise 1962b page 6). Au 18e siècle, il existe un autre fief: tenu anciennement par le marquis de Livry, il est alors possédé par un fermier général, Le Bas de Courmont (Maréchal 1978 page 7).

La paroisse est attestée à l'époque capétienne.
Le domaine du Raincy est partagée entre Livry et Clichy en 1790, mais une partie du territoire communal est rattaché à la nouvelle commune du Raincy créée en 1869. Des terrains distraits de Gagny sont réunis à Clichy en 1953.
Héron Claude 2007 Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis

Maison du Temple de Clichy
Cette commanderie semble avoir été créé après 1290 car à cette date ses biens étaient encore gérés par le trésorier parisien Jean de Tour (ancien nom de Saint-Prix dans le Val d'Oise) Elle se trouvait sur le hauteur du chemin qui descendait de Clichy-sous-Bois à l'abbaye de Livry. Il en dépendait une seigneurie située à Clichy-en-l'Aunoye avec Justice haute, moyenne et basse justice et droits afférents. Elle avait été constituée en 1261 lors de la vente du fief de Rosay à Clichy-en-l'Aunoye réalisée par Eudes de Bosay et André de Clichy. Les bois, terres, vignes et censives étaient réparties dans les localités de Chauconin (Seine et Marne) Gonesse (Val d'Oise) Gagny, Livry, Montfermeil et Bondy (Seine Saint Denis).

C'est le frère Mathieu de « Bosco-Audemari », originaire du diocèse de Beauvais, que nous trouvons comme maître de la maison de Clichy, en 1307; il raconte cette chose quelque peu étrange, qu'il faisait célébrer la messe trois fois la semaine en la chapelle de sa maison, jusqu'au jour où le visiteur de France, Hue de Perraud, étant venu à passer, avait emporté calice et ornements, et donné l'ordre de ne plus célébrer la messe « Domus de Clichiaco »

Dans le récit d'une réception faite par Hue de Perraud en janvier 1304, en la chapelle de la maison du Temple de Clichy, au diocèse de Paris, nous trouvons le nom sinon d'un autre précepteur de la maison, du moins du « in capella domus Temple de Clichi Parisiensis diocesis », frère Jean de Ménouville. Cette admission aurait eu lieu en présence de Jean de Tour le trésorier, du frère Jean Bouceau, prêtre, chapelain du trésorier, du frère Adam de Sarcelles, oncle du nouveau Templier et précepteur du Temple de Lagny-sur-Marne.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

« Procès des Templiers, tome I, page 101 »
Item, quod fere omnes sunt illiterati et simplices, unde petunt habere consilium virorum prudentum et sapientum. Dixerunt eciam quod muiti sunt qui volunt venire ad defensionem ordinis, sed non permittitur eis, de quibus nominaverunt fratrem Raynaldum de Vossinhaco militem Lemovicensis diocesis, et fratrem Matheum de Clichiaco Parisiensis diocesis.

« Procès des Templiers, tome I, page 102 »
Declaraverunt insuper eis quod facultatem dederant omnibus qui dixerant se velle defendere dictum ordinem, veniendi ad eos, et adhuc dabant; et preceperunt quod prefati fratres, Raynaudus de Vassinhaco et Matheus de Clichiaco, adducerentur ad presenciam eorumdem, quandocumque voluerint.

« Procès des Templiers, tome I, page 126
Post hec, eadem die Mercurii revenimus ad dictam capellam adherentem aule episcopali predicte, ubi convenerunt omnes domini commissarii supradicti. Quibus nos notarii prefati in scriptis reportavimus responsiones quas iidem fratres fecerant nobis notariis antedictis, et ibidem fuerunt adducti ad eorum presenciam predictus frater Matheus de Clichiaco, qui dixit quod volebat dictum ordinem defendere pro posse suo, ac predicti fratres Reynaldus de Pruino et P. de Bononia presbyteri, Guillelmus de Chambonnet, et Bertrandus de Sartigiis milites, et frater Robertus Vigerii.

« Procès des Templiers tome, I, pages 575, 576 »
Vidit eciam recipi fratrem Guillelmum de Gonessa Parisiensis diocesis, servientem, qui fuit missus tunc ultra mare, per fratrem Gerardum de Villaribus militem, tunc preceptorem Francie, circa instans festum nativitatis beati Joannis Baptiste erunt septem anni vel circa, in capella domus Templi de Latinhiaco Sicco Meldensis diocesis, presentibus fratribus Daniele de Parisius presbytero, Radulpho de Taverni tunc preceptore dicte domus, et Humberto de Gayneio Belvacensis diocesis, quos credit vivere, in quorum recepcionibus, vel post, nichil vidit nec scivit fieri illicitum. Ipse autem receptus fuerat in capella domus Templi de Clichi Parisiensis diocesis, per fratrem Hugonem de Penrando, in festo Conversionis sancti Pauli proximo preterito fuerunt VII anni, presentibus fratribus Johanne de Turno tunc thesaurario Templi Parisiensis, Adam de Cercellis tunc preceptore Templi de Lathiniaco super Maternam, avunculo ipsius testis, deffunctis, et Johanne de Menovile custode tunc dicte domus de Clichi, servientibus, et Johanne Bocelli presbytero, capellano dicti thesaurarii, et duobus aliis quorum nomina et cognomina ignorat, in hunc modum

« Procès des Templiers tome, II, page 284 »
Item anno, indictione, pontificatu, anno, mense et die predictis, in ipsius inquisitoris, nostrum notariorum publicorum et infrascriptorum testium presencia constitutus frater Matheus de Bosco Audemari Belvacensis diocesis, magister domus de Clichiaco, eodem modo juratus, et interrogatus de tempore et modo recepcionis sue, dixit per juramentum suum quod receptus fuit apud Latigniacum Siccum Meldensis diocesis, per fratrem Johannem de Turno tunc thesaurarium Templi Parisius, presentibus fratre Johanne de Besencuria et fratre Nicolao Flamingo, fratribus ordinis predicti, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit.

« Procès des Templiers, tome I, page 658 »
Clichiaco voyez Clissi - Frère Matheus de Clissi, page 101, 102, 114, 126
Clissi - Frère Matheus de, voyez Clichiaco

« Procès des Templiers, tome II, page 523 »
Clichiaco - Domus Temple de Clichiaco, page 284
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.
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Clisson   (44)
Maison du Temple de Clisson
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Nantes, Canton: Clisson - 44


Maison du Temple de Clisson
Localisation: Maison du Temple de Clisson


Dans un faubourg de la pittoresque ville de Clisson, sur une colline faisant face aux majestueuses ruines féodales du château d'Olivier l'illustre connétable, se dresse, garnie de lierre et ombragée de chênes, l'abside romane d'une vieille église abandonnée; c'était avant la Révolution tout à la fois la chapelle de la commanderie du Temple de Clisson et l'église de la paroisse Sainte-Magdeleine de Clisson.


Chapelle du Temple de Clisson
Chapelle du Temple de Clisson


On ignore en quelle année et par qui fut fondé le Temple de Clisson, mais il est certain que cette fondation fut une oeuvre du XIIe siècle, puisqu'au commencement du siècle suivant nous voyons ce temple assez solidement établi pour avoir en 1213 son précepteur ou commandeur particulier. D'ailleurs l'architecture de l'église de la Magdeleine dénote une construction du XIIe siècle. Quant à connaître le nom du fondateur c'est plus difficile: « Au premier abord on est tenté de croire que le Temple de Clisson, bâti en face du château des sires de Clisson, devait son origine à ces puissants barons, mais on arrive vite à en douter lorsqu'on considére les commandeurs du Temple de Clisson rendant de tout temps leurs aveux aux ducs de Bretagne, puis aux rois de France, en leur cour de Nantes, et non point aux sires de Clisson. De plus nous allons voir qu'au commencement du XIIIe siècle les rapports étaient très tendus et même hostiles du côté des barons entre les sires de Clisson et les commandeurs du Temple. »

Dès cette époque les Templiers étaient assez puissants pour posséder un « bourg » à Clisson, c'est-à-dire toute une portion de la petite ville à peine naissante, et pour y avoir une église un cimetière et une commanderie. Il est vraisemblable que ce rapide accroissement d'une maison récemment fondée portait ombrage au seigneur de Clisson, car Guillaume sire de Clisson envahit le domaine du Temple et le ravagea en enlevant aux Chevaliers quantité de richesses; bien plus, il poursuivit, les armes à la main, un homme vassal des Templiers et, bravant le droit d'asile unanimement reconnu à cette époque, il ne craignit pas le tuer dans le cimetière même de la Magdeleine.

De tels excès criaient vengeance: les Templiers réclamèrent justice près d'Etienne de la Bruère, évêque de Nantes. Ce prélat prit en mains leur cause et parvint à faire consentir le baron de Clisson à la composition suivante entre lui et les frères de la Milice du Temple: « Fratres Militie Templi »


Maison du Temple de Clisson
Chapelle du Temple de Clisson - image Jack Bocar


Voici ce dont il fut convenu: « Guillaume sire de Clisson restitue au Précepteur de la maison du Temple de Clisson « Preceptori Dornus Tempi Clicii » tout ce qu'il lui a injustement enlevé, et, pour le dédommager du tort causé, il lui abandonne les impôts appelés « devoirs de coutumes » qu'il levait jusqu'à ce jour en toutes les terres d'aumônes appartenant aux Templiers dans l'étendue de sa seigneurie. Il cède aussi au même précepteur les autres droits féodaux nommés « services » que lui devaient les vassaux du Temple, lesquels désormais acquitteront les mêmes services au profit du précepteur. Toutefois le sire de Clisson se réserve un droit de minage dans le bourg du Temple, mais il exempte de cet impôt tous les vassaux de la préceptorerie.

Comme compensation du meurtre commis dans le cimetière du Temple, Guillaume de Clisson donne au précepteur « un homme libre et quitte, appelé Thébaud Le Volant, à posséder à perpétuité. »

Le même seigneur concède aux Templiers permission d'édifier maisons, fours et moulins dans toutes les terres qu'ils possédent en sa baronnie, mais il leur défend d'y tenir foires ou marchés.

Enfin, comme témoignage de la sincérité de ses sentiments, Guillaume de Clisson s'oblige envers les Chevaliers du Temple à leur verser la somme de sept mille sols, s'il ne tient pas ses engagements; il donne pour cautions Guillaume de Clisson le Vieux, Eudon sire de Pontchâteau, Gandin Guerriff, Maurice de Liré et Regnaud Sauvage.


Maison du Temple de Clisson
Chapelle du Temple de Clisson - image Jack Bocar


La famille Sauvage avait à cette époque de l'importance dans le pays de Clisson. En 1235 Guillaume Sauvage et Catherine sa femme, du consentement de leurs enfants Regnaud et Sebile, donnérent à Dieu et aux Frères de la milice du Temple de Clisson « Deo et Fratribus Milicie Templi de Clicio », tout ce qu'ils pouvaient avoir de droits sur les habitants des villages de la Roelère, la Pinelère, la Tarcosère, la Naulère et l'Echacerie; ils y ajoutérent l'hommage et les 5 sols de rente annuelle que leur devait certain chevalier nommé Guillaume Gautier. L'acte de cette donation fut scellé du sceau de Maurice doyen de Clisson.

Précepteur Magister du Temple - Etienne Henry
Ce chevalier est le seul templier de Clisson dont le nom soit venu à notre connaissance. Vers l'an 1300 frère Etienne Henry « Frater Stephanus Enrici », précepteur ou commandeur du Temple de la Magdeleine à Clisson, reçut dans l'église du lieu chevalier de l'ordre du Temple Nicolas Rousseau « Nicolaum Rosseli », en présence de frère Guillaume de Boisperrie « Guillelmo de Boscoperrici » qui résidait avec lui dans cette commanderie.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902

La Chapelle du Temple de la Magdeleine de Clisson
Dédiée de tout temps à sainte Magdeleine, l'église paroissiale du Temple de Clisson était un édifice roman du XIIe siècle, qui demeure encore presque entier quoique menaçant ruine. Comme le manoir de la commanderie, cette église eut beaucoup à souffrir des guerres des XVe et XVIe siècles; elle finit, avons-nous dit, par être incendiée en 1793. La paroisse de la Magdeleine ayant été supprimée par la Révolution, son vieux sanctuaire ne fut point restauré au rétablissement du culte; il demeura dans l'abandon entre des mains séculières; aujourd'hui ce n'est plus qu'un pittoresque et curieux monument délabré.


Chapelle du Temple de Clisson
Sainte-Magdeleine de Clisson au XIXe siècle - Image BNF


L'église Sainte-Magdeleine « la Magdeleine comme en a toujours dit vulgairement à Caisson » se compose d'une nef de trois travées, terminée par une abside en cul-de-four; la voûte est en pierre, en forme de berceau et ogivale, mais les ouvertures de l'édifice sont de simples meurtrières cintrées. La façade occidentale présente quatre contreforts plats avec des meurtrières, le tout surmonté d'un campanile à deux arcades en plein cintre. La porte romane primitive de cette façade a disparu pour faire place à une grande arcade ogivale faisant communiquer la nef romane avec une sorte de vaste portique jadis couvert, formant comme une seconde nef, mais ayant aujourd'hui perdu sa charpente et sa couverture détruites par le feu en 1793.


Maison du Temple de Clisson
Chapelle du Temple de Clisson - image Jack Bocar


Ce portique construit, semble-t-il, vers la fin du XVIe siècle, mais sans caractère architectural, servait avant la Révolution à recevoir certaines inhumations.

Outre le maître-autel dédié a Sainte-Magdeleine, en trouvait en 1789 dans l'église du Temple de Clisson les quatre autels de Saint-Jean, Sainte-Catherine, Saint-Michel et Sainte-Marguerite; mais précédemment il est fait mention en 1592 des chapellenies des Saints-Donatien et Rogatien, et de Saint-Gatien desservies en cette même église à des autels portant ces noms.


Maison du Temple de Clisson
Chapelle du Temple de Clisson - image Jack Bocar


Saint Jean-Baptiste étant le patron des Hospitaliers et sainte Catherine l'une des patronnes chères aux Templiers, en comprend pourquoi des autels leur furent dressés dans cette église. Comme celui de Sainte-Catherine, l'autel de Saint-Michel était en 1562 desservi par un chapelain. Quant à l'autel de Sainte-Marguerite, c'était l'objet d'une grande vénération au siècle dernier. Cet autel occupait même une petite chapelle particulière accolée au sud du choeur et renfermant encore de nos jours un fort joli retable en tuffeau, de style Renaissance; ce petit sanctuaire était la but de nombreux pèlerinages.

Disons aussi qu'il existait en l'église du Temple de Clisson, une pieuse confrérie de Sainte-Magdeleine, dont Henri Le Barbu, évêque de Nantes, avait approuvé les statuts le 5 octobre 1412.


Chapelle du Temple de Clisson   Chapelle du Temple de Clisson   Chapelle du Temple de Clisson   Chapelle du Temple de Clisson   Chapelle du Temple de Clisson
Chapelle du Temple de Clisson - Sources: Jack Bocar


Dans la nef de cette vieille église en aperçoit aujourd'hui, de chaque côté, une « labe » ou tombe-arcade encastrée dans la muraille; au choeur en voyait naguère deux grandes pierres tombales, l'une portant une croix pattée ou de Malte, l'autre présentant une épée; la première subsiste encore, mais nous n'avons pas retrouvé la seconde.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
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Cobrieux   (59)
Maison du Temple de Cobrieux
Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Cysoing - 59


Maison du Temple de Cobrieux
Localisation: Maison du Temple de Cobrieux


Cette Maison dépendait juridictionnellement de celle d'Ypres, mais les regards provenaient de La Haie. Suivant l'acte de donation des lieux le 17 août 1226, la Maison supérieure aurait dû être La Haie, mais le fait que nous ayons un droit direct sur l'ensemble de la donation, la juridiction temporelle allait au commandeur de province qui répercutait sa fonction juridique sur la maison provinciale.

Pour cette Maison, les actes que nous possédons sont des confirmations après la donation. Cela prouve bien que les Templiers y avaient établi une maison régulière car ils s'entourèrent de toutes les garanties.

Ce fut une des forces de l'Ordre comme à Cîteaux ou chez les Prémontrés. Nous ne voyons jamais de contestations sur les domaines occupés par les maisons régulières.

Le 14 août 1226, B. le Franchois, chanoine de Lille notifie qu'il a reçu mandat de R. archidiacre de Flandre et de J. chanoine et hospitalier de Tournai et de p