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Les cartulaires de certaines commanderies de france

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Cartulaire du Temple de Vaux

 

Cartulaire du Temple de Vaulx (38)

Chapitre IV

On ne peut tirer du cartulaire de Vaulx que très peu de renseignements utiles pour l'histoire des moeurs ou des institutions ; je les ai groupés dans un des derniers paragraphes de cette introduction. Malheureusement, ils ne jettent aucune lumière sur les points qu'il y aurait le plus d'intérêt â élucider, en particulier sur la condition des personnes et des terres en Dauphiné. â la fin du XIIe siècle En revanche, le cartulaire donne une idée assez exacte de ce que dut être, â l'origine, le morcellement de la propriété féodale. Entre 1150 et 1200 subsistent encore quantité de petites seigneuries, qui ne tarderont pas â perdre leur existence propre, â se confondre dans les domaines de quelque puissant voisin. Chose singulière, il n'est pas fait mention une seule fois des comtes d'Albon, des barons de la Tour, ni même des comtes de Savoie, quoique Vaulx soit situé dans une région où ils comptaient alors de nombreux vassaux et où leur influence était prépondérante. Mais on peut recueillir sur les seigneurs de différentes châtellenies du Viennois des notions précises qu'on ne trouve point ailleurs. Je prendrai, â titre d'exemple, une localité importante du Viennois, dont les origines sont obscures ou plutôt ignorées, et le nom même insuffisamment expliqué : je veux parler de Bourgoin (6).

On connaît, par le cartulaire des Ecouges, deux des seigneurs primitifs de Bourgoin, Bruno et Siffroi, qui vivaient encore au commencement du XIIIe siècle (7). Leurs noms n'apparaissent pas une seule fois dans les chartes de l'abbaye de Bonnevaux, mais le cartulaire de Vaulx les mentionne fréquemment et donne sur eux quelques renseignements inédits. Il nous apprend notamment que Bruno et Siffroi étaient frères et que leur mère s'appelait Flandina (8). Ils n'étaient pas les seuls seigneurs de Bourgoin. A la fin du XIIe siècle, on trouve établie dans le Viennois une famille, issue peut-être de la Provence, et qui, dans tous les cas, portait l'un des noms les plus illustres de cette province, celui des Baux. Elle est représentée par trois frères, Aimar, Oudry et Guillaume des Baux ou de Baux ; ils ont une soeur appelée Faleva (9).

Le nom de leur père n'est pas indiqué (10) ; on sait celui de leur mère (Guillame ou Villame (11), mais on ne connaît ni sa famille, ni son pays d'origine. Aimar de Baux fut certainement seigneur ou coseigneur de Bourgoin dans la première moitié du XIIIe siècle (12). Son fils et successeur, nommé aussi Aimar, qui fut le dernier de sa race, et auquel sa tante Alice, veuve d'étienne de « Saint-Treu » avait fait l'abandon de ses droits (13), céda, en 1253, â Albert de la Tour tout ce qu'il possédait â Bourgoin (14). Dix ans après, la dynastie des seigneurs primitifs perdait, â son tour, pour des motifs inconnus, ses domaines héréditaires. En 1263, Berlion et Bruno, fils de ce Siffroi dont il est fait mention dans le cartulaire des Ecouges, et Guillaume, qui était leur frère ou leur cousin, vendaient â Pierre de Savoie tous leurs droits sur Bourgoin et sur son mandement (15). Cette aliénation, dont les vraies causes sont encore â déterminer, paraît n'avoir pas été absolument volontaire. Il semble qu'elle ait été la conséquence d'une courte guerre, heureuse pour Pierre de Savoie, et qui, en 1250, le rendit maître de Bourgoin (16). Ce n'est pas le lieu d'exposer ici par suite de quelles vicissitudes cette petite ville passa, â la fin du XIIIe siècle (1293), sous la domination exclusive des barons de la Tour, devenus dauphins de Vienne (17).

En combinant ce que nous apprennent le cartulaire de Vaulx et les chartes de l'abbaye de Bonnevaux, qui concernent la même région, on arriverait â compléter sur plus d'un point la généalogie des anciennes familles du Viennois (Bocsozel, Beauvoir, Fallavier, Septème, etc. (18). C'est un ordre de recherches qu'il suffit d'indiquer; le plus souvent elles seront facilitées par l'annotation du texte. Je me bornerai â extraire du cartulaire les renseignements, fort clairsemés, qui peuvent offrir quelque intérêt â un point de vue plus général.

Organisation et administration du Temple.
A la tête de la commanderie est un commandeur appelé preceptor, ou beaucoup plus rarement procurator (20), ces deux termes étant certainement synonymes. Les frères placés sous ses ordres étaient au nombre de quatre â l'origine ; plus tard le nombre paraît s'en être accru; mais il n'est pas toujours facile de discerner si tous les Templiers, mentionnés dans un acte, appartiennent â la même maison. La distinction entre les chevaliers, d'une part, les frères sergents et les frères de métiers, de l'autre, est marquée dans un seul cas par la qualification de milites Templi donnée â deux témoins (21). Les frères sergents ne sont désignés par aucun terme spécial; il en est de même pour les frères de métiers; toutefois la nature des occupations attribuées â ces derniers ne peut laisser aucun doute sur leur condition : frater Aimo, li bergiers (Chartes 91) ; Ansellmus, pistor, (Chartes 86) ; fratrem Giraudum bulboculum (bubulcum) (Chartes 92). C'est peut-être dans la même catégorie qu'il faut ranger le cellérier cellarers, Chartes 36; claviger, Chartes 86 ; penulius, Chartes 92. Trois des chapelains du temple de Vaulx sont nommés dans le Cartulaire. Ce sont Guillaume (Villelmus, capellanus Templi, Chartes 25, 33, appelé ailleurs Guillelmus, sacerdos ecclesie Templi, Chartes 58), Aymon (Aymo, capellanus Templi, Chartes 38), et Milon (Milo, Chartes 36, 46, 51, 80).

On doit remarquer l'intervention assez fréquente du commandeur de la Valloire dans les actes passés au profit du Temple de Vaulx, lors même que cette maison est déjâ pourvue d'un commandeur propre (Chartes 80). Faut-il en conclure que la commanderie de Vaulx dépendait de celle de la Valloire ? On n'a aucune raison suffisante pour l'admettre. La proximité expliquerait au besoin le rôle joué par le commandeur de la Valloire, qui, â certaines époques, a pu être en même temps commandeur du Viennois et exercer â ce titre une autorité réelle sur les autres commanderies de la province.

Le temple, comme toute famille religieuse, avait ses donnés, oblats ou convers. C'étaient des laïques, qui, pour être associés aux prières des frères et participer aux mêmes faveurs spirituelles, se donnaient â l'Ordre, auquel ils faisaient une aumône plus ou moins importante. La donation de soi-même peut avoir un effet immédiat, c'est-â-dire du vivant des donnés. Souvent aussi elle ne devient effective qu'â leur mort (ad obitum suum (22). La « confrérie », obtenue même après le décès, est encore précieuse â plusieurs égards ; sans parler des prières auxquelles ont droit tous les défunts de l'Ordre, les convers "ad obitum" sont assurés d'être enterrés dans le cimetière de la Commanderie, et ce mode de sépulture les soustrait, en temps d'interdit, â quelques-unes des conséquences les plus rigoureuses et les plus redoutées de la législation ecclésiastique (23). Enfin, si la règle du Temple défend de recevoir des soeurs dans l'Ordre (24), les femmes peuvent, grâce â une sorte d'affiliation posthume, bénéficier, après leur mort, des avantages spirituels auxquels elles ne sauraient prétendre de leur vivant (25).

Circonscriptions ecclésiastiques
Pour désigner une paroisse, le Cartulaire emploie indifféremment les mots parochia et diocesis.
Chartes 9 : « ... unam condaminam que est in diocesi Sancti Boniti... »
Ibid. «... in parrochiam Sancti Germani... »
Chartes 10 : «... in diocesi Sancti Germani.... »
Chartes 25 : «... in parochia S Albani.... »
Nous savons encore qu'il y avait un curé ou desservant (capellanus) dans les localités suivantes :
— Bourgoin (Aymo, Hemo, sacerdos; l'église est sous le vocable de Saint Jean) ;
— Crachier, (Chartes 45); — Fallavier (Chartes 74);
— Four (Chartes 87; — l'Isle-d'Abeau (Chartes 65).


Dans le diocèse de Vienne, comme ailleurs, on constate l'inféodation des dîmes â des laïques; une partie de la dîme de Panossas est cédée aux Templiers de Vaulx, par celui qui en était détenteur, probablement le seigneur du lieu (26).

Condition des personnes
Il est inutile de rappeler qu'au XIIe siècle le servage subsiste â peu près partout en Dauphiné, atténué sans doute déjâ, pour des causes multiples, mais dans une mesure qu'il n'est pas possible de déterminer. En tout cas, le cartulaire nous offre de nombreux exemples d'hommes donnés ou vendus en même temps que le sol qu'ils cultivent et auquel ils sont attachés (27). Le Temple est sur ce point dans les mêmes conditions que tout propriétaire féodal (28). Il a ses a hommes » (homines Templi), ses serfs, si l'on veut, acquis les uns â titre gratuit, les autres â titre onéreux. La protection du Temple devait évidemment être très efficace et partant fort recherchée. Il se peut que plus d'un homme libre ait acheté cette protection au prix de sa liberté, dans l'impuissance où il était de se protéger lui-même. Mais je ne trouve dans le cartulaire de Vaulx aucun exemple d'un semblable contrat (29).

Condition des terres.
Elles sont ou possédées en pleine propriété, en alleu (in alodium, sive in predium, quod idem est (30), ou placées, â quelque titre, sous la dépendance d'un seigneur. Bien que l'on rencontre les expressions in phedu, in feu (31), â côté des mots plus fréquents tenimentum, mas (32), il ne semble pas que les premières désignent une tenure noble, les seconds une tenure servile, une censive ; en réalité, ces termes sont synonymes et s'appliquent indistinctement â toute espèce de tenure (33).

Les redevances censuelles se paient en argent ou en nature. Les termes usités pour ce paiement sont : la Nativité, le 1er dimanche de carême ou Quadragèsime, la « foire des pins » (feira de pins, nundinae de pins), peut-être la foire de la Tour-du-Pin (34).

Monnaie.
Il n'est question dans le cartulaire que de la monnaie Viennoise. Deux fois seulement un prix est évalué en livres (Chartes 47, 54). Habituellement on compte par sous et deniers. Le mot nomnus (nummus), qui n'est employé qu'une fois, doit désigner le denier (35).

Mesures agraires
On distingue la sétérée (sextaria pour sextariata (36), équivalant â un journal et demi (37); l'eminata (38), qui est la demi-sétérée, et la cartalata (39) (Chartes 18), où il faut voir probablement la moitié de l'eminata.

Pour les vignes, l'unité de superficie n'est pas indiquée. Il est possible que ce fût dès cette époque la fossérée, c'est-â-dire le 1/8 du journal (40).

Mesures de capacité.
1° Le sétier (sextarius);
2° la mine, qui est la moitié du sétier ;
3° le cartal ou cartaut (carlale, Chartes 39), appelé aussi bichet, et beaucoup plus souvent métier (meter, maitaer, etc.) ; c'est le 1/8 du sétier (41).

La mesure usitée pour le vin paraît avoir été la quarte (cartam vini, Chartes 3), équivalant peut-être â la coupe ou au 1/16 du sétier (42).

Mentions de voyages ou d'expéditions outre mer.
On n'en relève que deux et elles sont faites en termes trop vagues pour qu'on y puisse voir une allusion certaine â une croisade déterminée (43). Il faut se rappeler toutefois qu'Albert II, baron de la Tour, prit part â la croisade de 1190, — celle de Philippe-Auguste et de Richard Coeur-de-Lion, — et qu'un grand nombre de seigneurs de la région imitèrent son exemple.

Chapitre VI

L'histoire de la commanderie de Vaulx, â partir du XIIIe siècle, n'est guère mieux connue que ses origines. Au cours du long procès des Templiers, — sur lequel les procédures accumulées ne font pas complètement la lumière (44) — le Temple de Vaulx n'est mentionné qu'une seule fois, mais dans l'une des dépositions les plus explicites qui aient été recueillies. Elle émane de frère Raoul de Gizy, jadis commandeur de la maison de Lagny-le-Sec et de Sommereux, au diocèse de Beauvais (45). Lorsqu'il fut interrogé par les commissaires pontificaux (15 janvier 1311), il ne portait déjâ plus le manteau des Templiers, qu'il avait quitté l'année précédente, au moment de sa comparution devant le concile de la province ecclésiastique de Sens, réuni â Paris. Cette assemblée l'avait traité avec indulgence, sans doute â cause de la netteté de ses aveux; il avait été absous et réconcilié par l'évêque de Paris (46). Devant les commissaires du pape, son attitude resta ce qu'elle avait été devant ses premiers juges. Sa déposition, dont on a suspecté la sincérité (47), et qui, dans le fond, ne diffère pas de celle des autres frères, nous révèle un fait intéressant et qui ne saurait ici être passé sous silence. Raoul de Gizy rapporte d'une façon assez dramatique un entretien qu'il eut dans la maison même du Temple de

Vaulx avec le visiteur de France, Hugues de Pérault (ou de Peyraud). Ce dernier est l'un des quatre grands dignitaires de l'Ordre, sur le sort desquels le pape se réserva de statuer, qui, en 1314, furent condamnés devant le parvis de Notre-Dame â une prison perpétuelle, et dont deux, — le Grand-Maître et le commandeur de Normandie, — rétractèrent aussitôt, par un véritable coup de théâtre, leurs précédents aveux (48). On sait que le soir du même jour les malheureux relaps furent brûlés dans une île de la Cité, l'Ile des Juifs. On ignore comment finirent les deux autres dignitaires qui ne s'étaient pas rétractés, — le visiteur de France et le commandeur d'Aquitaine.

Quoi qu'il en soit, Hugues de Pérault s'était rencontré avec Raoul de Gizy, peu de temps avant que les poursuites ne fussent commencées contre l'Ordre. Leur entrevue avait eu lieu dans les environs de Lyon, en 1305, â l'occasion du couronnement de Clément V, auquel ils étaient venus assister (49). A cette époque, Raoul de Gizy, â qui certaines pratiques de l'Ordre causaient des scrupules, s'en était déjâ ouvert, sous le secret de la confession, â un religieux mineur, frère Jean de Dijon, pénitencier du Pape. Les révélations qu'il lui fit étaient de telle nature, que « ledit frère s'était mis â se signer, pris de stupeur. Finalement il lui avait accordé l'absolution, lui imposant pour pénitence de se donner de fréquentes et rudes disciplines, mais secrètement, pour que les autres frères n'en sussent rien ; en cas d'empêchement, elles seraient remplacées par le jeûne et d'autres bonnes oeuvres. A l'avenir, Raoul de Gizy ne devait plus recevoir personne dans la milice du Temple suivant le mode usité, et il s'emploierait, au contraire, de tout son pouvoir, â extirper de l'Ordre les erreurs qu'il dénonçait. Il promit de le faire. A quelque temps de lâ, ayant rencontré, près de Lyon, frère Hugues de Pérault (50), il le pressa d'extirper ces mêmes erreurs. Frère Hugues lui répondit d'attendre l'arrivée du Grand-Maître, qui devait venir d'outre-mer, et il jura, la main sur la croix de son manteau, que, si le dit Maître ne voulait pas accomplir cette réforme, il l'accomplirait lui-même, car il savait bien que dans ce cas tous les frères le suivraient ; et, au moment où ces paroles furent prononcées, les deux interlocuteurs se trouvaient dans la maison du Temple de Vaulx, â six lieues de Lyon ; personne n'assistait â leur entretien.

Après la suppression de l'Ordre du Temple, la commanderie de Vaulx passa aux mains des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Leur entrée en jouissance ne paraît pas avoir été entravée par les usurpations ou les résistances intéressées, qui, sur d'autres points du Dauphiné, les obligèrent â accepter des transactions plus ou moins onéreuses (51). Mais, dans la seconde moitié du XIVe siècle, ils eurent fort â souffrir des entreprises d'un voisin singulièrement incommode et brutal. Je veux parler du seigneur de Maubec, sur les terres duquel le Temple de Vaulx était situé (52). Le traité de 1355, conclu avec la Savoie, venait de céder â la France plusieurs châtellenies voisines de Bourgoin, et où l'autorité royale était encore mal affermie ; au nombre de ces acquisitions figurait la seigneurie de Maubec. Le commandeur de Vaulx, Raymond de Villeneuve, qui perdait l'appui du duc de Savoie et avait sans doute de bonnes raisons pour ne pas se croire en sûreté, se mit sous la protection du Dauphin Charles.

Les lettres de sauvegarde qu'il obtint en 1363 (53) eurent toutefois un effet contraire â celui qu'il en attendait; elles déchaînèrent l'orage qu'elles devaient prévenir. François, seigneur de Maubec, conçut la plus vive irritation de la démarche du commandeur. Très jeune encore, ayant â peine atteint l'âge d'homme (54), il se laissait aller â toute la fougue d'un tempérament, qui eût été mieux fait pour les expéditions lointaines que pour le gouvernement d'une petite seigneurie (55). Fort jaloux de ses droits, il trouvait intolérable qu'une autorité, autre que la sienne, s'exerçât sur ses domaines. Le prévôt de Crémieu, Jean Pastorel, étant venu faire la publication et assurer l'exécution des lettres de sauvegarde, ne put s'acquitter de sa mission. Il eut â subir mille avanies et faillit être retenu prisonnier. La maison du Temple fut envahie par les gens du seigneur de Maubec, que celui-ci conduisait en personne ; elle fut mise au pillage, et il semble que le commandeur ait dû se dérober par la fuite aux pires traitements. La bannière delphinale, qui avait été arborée sur la commanderie, fut arrachée, traînée dans la boue, foulée aux pieds, et remplacée par celle des Maubec. En 1368 et 1370, le Temple fut le théâtre de scènes de violence non moins graves, auxquelles servaient toujours de prétexte les lettres de sauvegarde délivrées â Raymond de Villeneuve. Ces scandales ne prirent fin et l'ordre ne fut rétabli dans la région que par l'emprisonnement de François de Maubec, qui, pour recouvrer sa liberté, dut payer une amende de 2,000 francs d'or, renoncer â ses droits sur la terre de Ruy et consentir â une délimitation des mandements de Bourgoin et de Maubec, effectuée au gré du gouverneur de la province. Des amendes furent également infligées â ses principaux complices; mais, comme tous les coupables avaient réussi, grâce â de hautes inllueuces, â obtenir des lettres de rémission, aucune poursuite criminelle ne put être dirigée contre eux, et la procédure commencée n'aboutit qu'â une réparation très incomplète des excès commis.

Raymond de Villeneuve porte exclusivement, dans les documents qui relatent ses démêlés avec François de Maubec, le titre de commandeur de Vaulx. Mais on sait que son autorité s'étendait également sur une maison que l'Ordre de l'Hôpital possédait â Lyon, dans le quartier Saint-Georges (56). L'union de la commanderie de Vaulx â celle de Saint-Georges est donc fort ancienne, et remonte peut-être â l'époque où les biens du Temple passèrent aux mains des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (57).

Les procès-verbaux dressés par les « Visiteurs de Malte », pendant les deux derniers siècles, contiennent des renseignements assez détaillés, et qui ont leur prix, parce que l'aspect des lieux s'est considérablement modifié depuis, d'importants travaux ayant été exécutés pour transformer le « château » du Temple en une habitation particulière (58). On remarquait dans la « cour », ou dans l'enclos du Temple :

1° La chapelle, autrefois église paroissiale, sous le vocable de Saint Jean-Baptiste. L'abside, qui subsiste seule aujourd'hui, était voûtée en cul-de-four. La nef était recouverte d'une charpente lambrissée ; des « lozes », ou grandes pierres plates, constituaient la toiture. La chapelle renfermait deux autels et était surmontée d'un petit clocher. Au milieu du XVIIIe siècle, l'ensemble de la construction était dans le plus triste état ;

2° Le « château », composé d'une grande tour carrée, â deux étages, qui renfermait quatre chambres, plus les greniers ; une tour plus petite, également carrée, où l'on comptait trois chambres placées les unes au-dessus des autres, faisaient corps avec la première.

3° Les communs ou bâtiments d'exploitation : écuries, poulailler, greniers ou fenils, etc.

En dehors de l'enclos étaient le pigeonnier et un « beau moulin », dit encore aujourd'hui : le « moulin du Temple. » Les « biens fonds » du Temple (bois, prés, terres cultivables), dont il est inutile de donner ici une énumération, étaient situés sur les territoires des communes actuelles de Saint-Alban-de-Roche, Vaulx-Milieu, l'Isle-d'Abeau et Villefontaine. Ils ne formaient cependant, pour ainsi dire, qu'un seul tènement, traversé par la grande route de Lyon â Grenoble (59). L'ensemble du domaine, — bâtiments et enclos compris, — aurait eu une contenance approximative de 200 journaux, au dire de l'expert, qui, le 18 novembre 1792, fit « l'estimation des biens de l'Ordre de Malte appelé (sic) le temple de Vaulx », et destinés â être vendus comme biens nationaux (60).

Le nombre des localités, où la commanderie de Vaulx percevait des cens ou redevances, avait beaucoup diminué du XIVe au XVIIIe siècle, bien que le terrier, en vertu duquel ces redevances étaient exigibles, eût été fréquemment renouvelé. Les paroisses, hameaux ou lieux dits, mentionnés dans les terriers du XIVe siècle, appartiennent â une vingtaine de communes du département de l'Isère (61). A la veille de la Révolution, les indications topographiques fournies par les terriers ne se rapportent plus qu'â huit de nos communes actuelles (62).

A cette époque, et depuis longtemps déjâ, le Temple de Vaulx était affermé par l'Ordre de Malte. Le 19 juin 1790, le bail en fut passé pour une durée de neuf années, dont le point de départ était reporté au 1er mai, et pour le prix de 2.500 livres, payables chaque année en deux termes (63). Bien avant l'expiration de ce dernier bail, le 23 janvier 1793, le temple fut vendu comme bien national ; il fut adjugé définitivement, sur une enchère générale, â Jean Antoine Vachon, de Lyon, pour la somme de 206.700 livres (64).

La publication du cartulaire de Vaulx pourra n'être pas sans intérêt, soit pour l'histoire provinciale, soit plus simplement pour l'histoire locale. Elle se justifie, semble-t-il, pour un autre motif encore. On sait combien sont rares les documents concernant les Templiers, â tel point qu'on a été tenté d'expliquer par une destruction systématique, la disparition d'archives, qui, au début du XIVe siècle, devaient â coup sûr être fort riches (65). La rareté des cartulaires est particulièrement surprenante et regrettable. On n'en a signalé jusqu'ici qu'un petit nombre, et tout porte â croire que la liste de ceux qui ont été conservés, si jamais elle est dressée, sera relativement courte. Le cartulaire de Vaulx avait, par ce fait seul, quelque droit â être tiré de l'oubli. Il est, â peu de chose près, tout ce qui nous reste d'un fonds d'archives, — j'entends les archives de la commanderie antérieurement â la suppression des Templiers, — si appauvri, qu'il ne renferme plus que deux chartes du XIIIe siècle, et pas un seul acte du XIIe. Malgré ses lacunes, malgré la brièveté des notices dont il se compose, il donne une idée exacte de la rapidité avec laquelle s'est constitué le patrimoine du Temple, de la richesse de l'Ordre et de l'action considérable qu'il a partout exercée.
Sources : Roland Delachenal — Cartulaire du Temple de Vaulx, Paris Picard — 1897

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Notes
Je vous renvoie au site d'Archives.org pour lire les textes en latin des notes qui sont â consulter. C'est indispensable pour comprendre le travail de recherches de M. Delachenal et surtout les noms des lieux qui formaient l'ensemble des biens de l'Ordre du Temple en Isère Cartulaire du Temple de Vaulx : Archives.org

6. La forme latine la plus ancienne Bergusium ou Bergusia ne se retrouve, au moyen âge, que dans une charte du cartulaire de Saint-André-le-Bas de Vienne : Berguria (18 novembre 927). De bonne heure a existé une deuxième forme, Burgunduim, dérivée sans doute par analogie de Burgundia, C'est Burgundium que représentent les nombreuses variantes Bergon, Bergun. Burgon, Bergoig, Bourgoin, etc.

7. Académie delphinale. Documents inédits, t. I (Cartulaire de la Chartreuse des Ecouges, publié par M. le chanoine Auvergne), pp. 104, 105, n° 16 (1203) ; « ... Burno et Sinfredus domini de Bergoîn... » Sont encore mentionnés dans le même cartulaire : Guillelmus de Bergom (Chartes 11, sans date, 2e moitié du XIIe siècle), Lodoicus de Bergon et filius ejus (Chartes 9, même date approximative).

8. Chartes 75 : « Borno de Bergon, et frater ejus Sinfredus, et Flandina, mater eorum... »

9. Cartulaire de Vaulx, Chartes 50 « ... domina Willelma dels Balt et Aemarus, filius ejus, et Willelmus et Uldricus, et Faleva, soror eorum... » Il résulte de la Chartes 73 que Faleva n'est pas la seule fille de Willelma d. B. Uldricus est appelé ailleurs Oldricus (Chartes 87) et Hucdricus (Chartes 67 et 72). Quant au nom de la famille, il revêt les formes : del Balz, del Baltz, dels Balt, dels Bals, del Bas (Cartulaire de Vaulx, Chartes 72, 73, 67, 50, 45, 87) ; del Balz (Cartul. des Ecouges, n° 11) ; de Bautio et del Bauz (Cartulaire de Bonnevaux, n° 60). — Un hameau de la commune de Roche s'appelle encore les Baux (écrit â tort les Beaux ; au sud de la commune, du côté d'Arias).

10. Serait-ce Guido dels Bals mentionné dans la charte 45 et dans le cartulaire des Ecouges (Chartes 11) ? Ces deux documents n'étant pas datés, il serait imprudent de se prononcer. Gui pourrait être un frère d'Aimar, d'Oury et de Guillaume.

11. Chartes 50 et 73.

12. Un acte qui va être utilisé parle de lui en ces termes : « ... Alays de Baucio..., soror quondam Ademari de Baucio, domini de Bergon, Viennensis diocesis.... »

13. Archives départementales, du Vaucluse. Fonds de la principauté d'Orange, liasse 16. Vienne, mars 1251 ou 1252. Ce document n'était connu jusqu'ici que par une courte analyse de l'inventaire manuscrit de la Chambre des comptes de Grenoble, où la qualification de seigneur de Bourgoin, donnée â Aimar de Baux, est précisément omise (A. Prudhomme, Notice historique sur la ville de Bourgoin, Vienne, Savigné, 1881, in-8° p. 6). M. Barthélémy (Incent. chronol. et analyt. de la maison de Baux, Marseille, 1882, in-8°, 2e supplément, n° 73, pp. 542, 543) a également analysé cette charte, mais sans pouvoir établir la filiation d'Alice de Baux, veuve d'étienne de Saint-Treu.

14. Inventaire manuscrit de la Chambre des comptes de Grenoble. Bourgoin. Vente passée en décembre 1253 par « Aymar de Baux » en faveur d' « Eynard », seigneur de la Tour, de tout ce qu'il pouvait avoir au château de Bourgoin, tant en hommes, services, cens, prés, bois, terres, juridiction qu'autres, pour le prix de 20,000 sols. Cf. Prudhomme, op. et loc. cit. — Il est â remarquer qu'Aimar de Baux est qualifié de clerc dans la charte de 1251.

15. A. Prudhomme, op. et loc cit.

16. Sur ce point obscur, Voyez Wurstemberger, Peter II, Graf von Savoyen, I, 325, et IV, 144, n° 272. Il se peut que Guillaume de Bourgoin ait été un débiteur insolvable de Pierre de Savoie.

17. A. Prudhomme, op. cit., pp. 7, 8.

18. Voyez pour les Torchefelon, Chartes 63 ; pour les Malet, seigneurs de Villefontaine, Chartes 62; pour les seigneurs primitifs de Saint-Bonnet, Chartes 63.

20. Chartes 75 : « ... Anselmus procurator domus... »

21. Chartes 35. La règle du Temple reconnaît trois catégories de frères (chevaliers, sergents et frères de métiers), mais elle ne les distingue pas très nettement les unes des autres. Voyez H. de Curzon, La Règle du Temple, édit. de la Soc. de l'hist. de France, pp. xx et xxii. L'art. 509 (op. cit., p. 269) semble opposer les frères de couvent (chevaliers et sergents) aux frères de mestier, comme si ces derniers ne faisaient pas partie de l'Ordre.

22. Chartes 24: «... Garinus de Valt dedit Deo et domui Templi se ipsum, et uxorem suam, ad obitum suum, etc. »
Chartes 64 : « ... Boso Boirons et Falca, uxor ejus, in cimiterio Templi de Vallibus seipsos ad sepeliendum concesserunt... »

23. Voyez bulle de 1163-1173 (Omne datum optimum). En temps d'interdit, les inhumations se font dans les cimetières du Temple avec les prières et les cérémonies accoutumées. Enfin, s'il avait été admis â la confrérie du Temple, un excommunié peut, au moins dans certains cas, recevoir la sépulture chrétienne.

24. H. de Curzon, La Règle du Temple, p. 69, art. 70. « Des serors. ... Dames por serors de ci en avant ne soient receues en la maison dou Temple... » M. de Curzon paraît admettre que cette prohibition vise seulement la résidence dans les bâtiments mêmes habités par les frères; il se fonde sur ce que de tout temps « l'Hôpital compta dans son sein des données » (p. 69, note 1).

25. Le cartulaire nous offre un exemple d'une femme qui se donne â l'Ordre; comme elle est mariée et mère de plusieurs enfants, il s'agit ou d'une union de prières ou d'une donation « ad obitum. »
Chartes 62 : « Noverint omnes quod domina de Villa, scilicet uxor Arberti Malezt, quando venit ad ordinem, etc. »
Une charte du cartulaire des Hospitaliers de Saint Paul de Romans fait bien comprendre le caractère d'une semblable affiliation : « Na Guitgeira se dona a Deu et a l'Ospital de Sain-Poul et a povres de Jherusalem per confrairessa, e a sa fin la devon sosterra coma seror et deu l'om mètre josta son paire, etc. » (Chartes 53).

26. Willelmus de Panosas (Chartes 46). L'art. 58 de la règle autorise les Templiers â posséder des dîmes, non seulement lorsqu'elles leur ont été concédées par l'évêque, mais même, du consentement de celui-ci, lorsqu'elles leur ont été abandonnées par des laïques qui n'avaient pas le droit de les détenir.

27. Chartes 11, 40, 45, 57, 63 : « ... Petrus Brun dedit domui Templi ... Petrum Dia et tenimentum ejus » — (Chartes 45) : «... Aimardus Male, et Ugo Malet dederunt Deo et fratribus Templi... Martinum Vola et vineam suam...» (Chartes 57), etc.

28. Règle, art. 57 : «... et poés avoir terres et homes et vilains et chaus tenir et governer justement et vostre droiture prendre d'eauz si come il est establi especiaument... »

29. La charte 38 ( « Aymar Sancti Boneti accepit universas res quas habebat apud S. Bonitum a domo Templi et ipse Aymars devenit homo de domo Templi, etc. » ) vise en réalité une « reprise en fief », comme celle qui est spécifiée beaucoup plus clairement dans les chartes 31 et 41.

30. Chartes 39.

31. In phedu (Chartes 69) ; in feu (Chartes 31).

32. La synonymie de tenimentum et de mas résulte du rapprochement des chartes 28 (in mas Petri Lagerii) et 39, in fine (Petrus Lagiers et Guilelmus, nepos ejus, detbent in suo tenimento).

33. Chartes 40 : «... Aemarus Senioretus dedit Deo et domui Templi de Valt pro sepultura Roberti nepolis sui feodum Alardi et suum tenimentum, et filium fratris Alardi et suum tenimentum, et Macibo et filios ejus, et omnia que habebant ab eo... »

35. Pour ces divers points, voir la charte 39, qui, comme je l'ai déjâ dit, est un véritable censier.

36. Chartes 55.

37. Chartes 18.

38. Archives du Rhône, H. 1352, Toi. 4. « Entente des mesures des fondz, grains et droictz de laudz. — Savoir est qu'aux mandements de Saint-Alban, Maubecq, les Esparres, composantz le marquizat de Maubecq, Vaux, Millieu et Roche, Fallavier, l'Isle d'Abbeaux et Bourgoind, rière lesquels mandements sont assiz les fondz et propriétés subjectes aux servis dudit Temple de Vaux... une sesterée vault ung journal 1/2. Ainsi on la pratique audict mandement de Bourgoind. »
Le terrier H. 1352 est de 1670, mais les renseignements qu'il fournit sur les poids et mesures en usage aux environs de Bourgoin sont la reproduction d'un document plus ancien, qui peut remonter au XVe ou au XVIe siècle. Actuellement, dans cette même région, le journal équivaut â 2,400 ou 2,500 mètres carrés, suivant les localités; la sétérée aurait donc eu une superficie de 3,600 â 3,750 mètres carrés, assez voisine de celle de l'arpent parisien. Le procès-verbal de la revision des feux effectuée en 1702 aboutit â un résultat très différent; mais il est probable que « le journal local » de Vaulx Saint-Alban, estimé dans ce document â 883 toises carrées royales, est la sétérée (Archives nationales, KK. 1191, fol. 1296).

39. Chartes 20.

40. Archives du Rhône, II. 1352.

41. Ibid. «... lequel meytier est autant qu'un bichet.... »— « Ung carial, c'est-â-dire un meytier, ou un bichet, ou deux bichettes.... »

42. Ibid. « Une cope quarte et la cope vault autant l'ung que l'autre, checun 1/2 bichette ou douze escuellées... »

43. Chartes 27. « Quando Girardus de Vallibus perrexit trans mare, dedit Deo et domui Templi unam peci de terra in planiciis Vallium. » Chartes 84. « Idem Armandus (Lumbardus) dedit fratribus Templi hec omnia supradicta que habebat a fratribus Templi, si contingat eum non redire de partibus transmarinis et mori sine herede.... »

44. Voyez Le Procès des Templiers, publ. par Michelet dans la collection des Doc. inédits, 2 vol. in-4, 1851.

45. Michelet, Procès des Templiers, t. I, pp. 394 et suivantes « Radulphus de Gisi, serviens, preceptor domus Templi de Latinhaco Sicco et de Somorens, Belvacensis diocesis, et receptor Campanie pro domino rege Francorum... » (15 janvier 1311).
Lagny-le-Sec, Oise, arrondissement de Senlis, canton de Nanteuil.
Sommereux, Oise, arrondissement de Beauvais, canton de Grand-villiers.

46. Ibid.

47. Lavocat, Procès des frères et de l'Ordre du Temple, Paris, Plon, 1888, in-8°, pp. 152, 153.

48. Continuatio chronici Guillelmi de Nangiaco, édition de la Société de l'histoire de France, I, 402-404.
Ces quatre grands dignitaires étaient le Grand-Maître, Jacques de Molay, le visiteur de France, Hugues de Pérault, les commandeurs ou maîtres d'Aquitaine et de Normandie, Geoffroi de Gonneville et Geoffroi de Charnay.

49. Procès des Templiers, I, 401-402.

50. R. de Gizy avait été reçu dans l'Ordre par H. de Pérault, « per fratrem Hugonem de Peraldo, tunc preceptorem d'Espalhi, in aula domus Tempii de Valleia, Trecensis diocesis, quadam die dominica post festum beati Remigii proximo preteritum fuerunt XXVI anni vel circa. » Sa réception remontait â l'année 1281 environ.

51. Valbonnais, II, 161-162. Lorsque les Templiers eurent été arrêtés, on fit main basse sur leurs biens. On trouve quelques détails intéressants â cet égard aux archives des Bouches-du-Rhône, dans le fonds de la commanderie d'échirolles.

52. Tout ce qui va suivre est extrait des lettres de rémission accordées â François de Maubec en juin 1370 (Archives nationales, JJ. loi, 101. 106 v° — 108, pièce 136) et d'une procédure originale, conservée â la bibliothèque de la ville de Lyon (fonds Morin-Pons, dossier Maubec). Ce dernier manuscrit, — ou plutôt la copie moderne et peu correcte qui y est jointe, — a été utilisé dans la publication suivante : épisode de pillages de la commanderie de Vaulx par le seigneur de Maubec, 1663-1668 (sic), par Bergus, Bourgoin, imprimerie E. Rabilloud, 1889, in-18.

53. Mentionnées dans l'inventaire manuscrit de la Chambre des comptes de Grenoble, article Maubec, sans indication de mois ni de jour.

54. Lettres de rémission accordées â François de Maubec en juin 1370 : «... altento quod ipse tempore articulorum contra ipsum primo traditorum erat etatis decem et octo annorum vel circa, nunc vero viginti quinque vel circa, in qua etate constituti ad procedendum per viam facti vel guerre faciliter inclinantur.... »

55. L'expédition de « Prusse », â laquelle il aurait pris part sous les ordres du sénéchal d'Anjou, Jean de Saintré, n'est qu'une fiction d'Antoine de la Salle, l'auteur de l'Histoire et plaisante chronique du Petit Jehan de Saintré, etc. Voyez sur ce point Alfred de Terrebasse, Le Roman de Prusse, etc., Vienne, imprimerie de Roure, 1856, in-8°.

56. Archives du Rhône. Terrier de Saint-Georges, de 1369 (Grollerii), préambule: «... a directo dominio venerabilis et religiosi viri domini Raymondi de Villanova, mililis hospitalis Sancti Johannis Jherosolimitani, preceptorisque Sancti Georgii Lugdunensis... »
Sur la commanderie de Saint-Georges, voyez une courte notice de M. A. Vachez, Nos monuments lyonnais. L'église et la Commanderie de Saint-Georges, Lyon, in-8°.

57. Le 14 août 1540, Antoine de Grolée, bailli et commandeur de Saint Georges de Lyon, de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, fournit par devant le vibailli de Vienne un dénombrement, par lequel il déclara que ladite commanderie de Saint Georges possédait « les domaines de Montiracle, Charvieu, Pommiers et leurs dépendances, situées en la baronnie d'Anthon, plus le temple de Tirieu au mandement de Serrières, et le temple de Vaulx en la baronnie de Maubec, et le domaine de la Tour-du-Pin, consistant tous les domaines en chapelles, maisons, terres, prés, bois, vignes, cens, services et autres droits » (Inventaire manuscrit de la Chambre des comptes de Grenoble v° Maubec).

58. Consulter surtout les procès-verbaux des visites de 1616, 1641, 1754 (Archives du Rhône, H. 139, 142, 163.)

59. Archives de l'Isère, Q. 151. « Estimation des biens de l'ordre de Malte appelé le Temple de Vaulx-Milieu, du 18 novembre 1792. » « ... cependant il ne forme, pour ainsi dire, qu'une seule pièce traversée par la grande route de Lyon â Grenoble. »

60. Ces 200 journaux se répartissaient ainsi: terres, 73; prés, 27; bois taillis, 100.

61. Terrier de 1352. Communes de Bourgoin, Culin, Diémoz, Domarin, Fallavier, Four, Heyrieu, Illins, l'Isle d'Abeau, Jallieu, Nivolas, Roche, Ruy, Saint-Alban, Saint-Chef, Saint-Marcel, Saint-Savin, Vaulx-Milieu, la Verpillière, Villefontaine.

62. Terrier de 1772. Communes de Culin, Four, l'Isle d'Abeau, Roche, Saint-Alban, Saint-Marcel, Saint-Savin, Vaulx-Milieu.

63. Archives de l'Isère, Q. 151. — Un bail de six ans, commençant le 1er mai 1749, avait été passé pour le prix de 3,000 livres (Archives du Rhône, H. 163, fol. 114 et suivants.)

64. Archives de l'Isère. Registre 21 (Ventes des biens ecclésiastiques), fol. 35 V° et suivants. Ces 206,700 livres étaient payables en assignats.

65. H. de Curzon, La maison du Temple de Paris, pp. 15-17.

Suite Actes du cartulaire du Temple de Vaulx

Sources : Roland Delachenal — Cartulaire du Temple de Vaulx, Paris Picard — 1897
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