Cartulaire des Alpes-Maritimes. I. — La formation du domaine

Les premiers établissements

Les Templiers paraissent tout d'abord à Nice, en décembre 1193, comme acquéreurs de certains biens appartenant à Pierre Riquier et contigus à la « maison du Var » (2).

Nous les trouvons ensuite à Grasse où, par acte du 20 mai 1201, Astrugue, veuve de Raimond Bertrand, reconnaît leur avoir vendu tout ce que son mari lui avait donné ou laissé.

Les biens de Pierre Riquier et de feu Raimond Bertrand constituèrent sans doute les possessions fondamentales du Temple dans notre région: on les remit en effet à de simples frères qui, selon toute apparence, ne les reçurent point au nom d'une Commanderie locale (3).

C'est le 10 juillet 1202 seulement qu'un représentant de la maison de Nice (Guillaume Geoffroi « del Muoil ») figure dans une charte sous le titre de commandeur: il procède à un échange de biens avec l'abbé de Saint-Pons (4).

Le second commandeur connu de cette maison (Raimond « de Pamias ») fut chargé par les consuls de Nice, le 3 décembre 1205, d'assurer pendant un an, avec son collègue de l'Hôpital, la garde d'une tour du château (5).

Rien ne permet de préciser l'époque à laquelle la maison de Grasse devint à son tour le siège d'une Commanderie. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'un commandeur (Olivier Audier) était titulaire de ce siège à la date du 23 avril 1208 (6).

Un an plus tard, dans les derniers jours de mars 1209, un événement capital marque l'installation du Temple dans les Alpes-Maritimes: le comte de Provence lui-même donne à l'Ordre l'ensemble des droits qu'il a sur le "castrum", la villa et le territoire de Biot, mettant ainsi à sa discrétion un pouvoir quasi souverain sur la plus grande partie du bassin de la Brague, aux portes mêmes de la vieille cité épiscopale d'Antibes (7). Les Templiers ne tarderont pas à fonder là une maison qui leur fournira d'excellents revenus.

Très important aussi, pour l'histoire locale de l'Ordre, est l'acte du 5 juillet 1211 par lequel Bertrand II, évêque d'Antibes, autorise le commandeur de Grasse à faire construire une église et un cimetière dans cette ville, sous réserve, il est vrai, de 1/3 de certains bénéfices que l'église en question pourra obtenir (8).

Enfin le Temple, à des dates indéterminées, mais postérieures, croyons-nous, à celles que nous venons d'indiquer, prit pied dans les diocèses de Vence (9) et de Glandèves (10). Il y créa plusieurs centres d'activité parmi lesquels nous nous contenterons de mentionner ici: Vence, Le Broc, Rigaud, Annot, Touët-sur-Var et Les Mujouls.

Cette activité consista tout d'abord, là comme ailleurs, à recueillir, par voie de mutations (donations, legs, ventes, etc.), le plus grand nombre possible de biens meubles et immeubles.

1. Cette étude, extraite d'un travail plus étendu sur « Les Templiers en Provence », a été faite principalement d'après les sources manuscrites suivantes
Archives des Alpes-Maritimes: série G, nº 192; série H, nos 516, 1507-1513, 1515.
— Archives des Bouches-du-Rhône: série B, nº8 151. 153, 154, 389, 433; série H(OT), nos 28. 103. 106-113, 121-123, 153; sér. H(OM) nº 793.
— Bibliothèque de la Ville d'Aix (Méjanes): manuscrit 1042.
— Archives municipale de Marseille: registre Cotaron (1 acte publié par R. Aubenas, Documents notariés provençaux du XIIIe siècle).
— Bibliothèque nationale: Nouvelles acquisitions latines, ms, nº 11 (Collection d'Albon).
— Pour les sources imprimées, nous citerons seulement ici: Albon (marquis d'), Cartulaire du Temple.
— LéONARD, Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple du marquis d'Albon.
— Durbec (J.-A.), Monographie de Biot. La 1ere partie, « Antiquité) et Moyen-Age », qui vient de paraître (t. VII, 1935, des Annales Société scientifique et littéraire de Cannes), contient un chapitre où se trouvent analysés et discutés ou transcrits tous les actes relatifs à la Maison de Biot.

2. La « Maison du Var » des Hospitaliers, à notre avis. Installé sur les bords du Var depuis 1164 (Archives-Bouches-du-Rhône, H(OM) 764; Delaville-Leroux, Cartulaire général des Hospitaliers, t. 1, nº 334), l'Hôpital avait arrondi, en effet, en décembre 1185, grâce à la générosité des consuls de Nice, les biens qu'il possédait à cet endroit (Archives-Bouches-du-Rhône), H(OM) 784, copie ; Delaville-Leroux, opuscule cité, nº 765).
Rien ne nous permet de retenir le témoignage des auteurs qui font remonter à l'année 1135 l'arrivée des Templiers à Nice:
P. Gioffredo, Nicea Civitas, p. 166;
Gallia Christiana, t. 3, col, 1279;
Prutz, Entwiclfelung und Untergang des Tempelherrenordens, page 19;
Raynaud, Les Templiers dans les Alpes-Maritimes (Nice historique, 1912, page 7, et suivantes).
Gioffredo dit: « Hoc tempore equites Templarii et Sancti Joannis Hierosolimitani, quorum ordo non multis ante annis fuerit a Sede Pontificia approbatus, in civitate Niciensi multis bonis donati sunt praecipue a Petro episcopo, accipiente Arnaldo equitum Sancti Joannis legato sub anno 1135 ».
Il a sans doute confondu (et beaucoup d'autres avec lui) le Temple et l'Hôpital, en faisant état d'un acte de 1135 qui intéresse ce seul dernier Ordre et que Cais de Pierlas a publié dans le Cartulaire de l'ancienne Cathédrale de Nice (nº 34, page 45): « Petrus Niciensis ecclesie episcopus... dédit Arnaldo legato et sequacibus suis ad onorem Dei et Iherosolimitani Ospitalis, terram sicuri uterque angulus procedit Niciensis Hospitalis usque ad domum Raymundi de Pella... »
J. Raybaud (Histoire des Grands Prieurs de Saint-Gilles, t. I, page 49), signale, de son côté, l'acte de 1135, mais sans faire mention du Temple.
Durante (Histoire de Nice, page 137), parle cependant d'une charte de 1154, d'après laquelle les Templiers auraient eu une maison près de la rue Saleya et deux autres établissements (Voir aussi Raynaud, opuscule cité ?). Et l'on sait, d'autre part, que le grand maître de l'Ordre, Hugues Geoffroi, signa à Nice, en 1176, le traité conclu par les consuls de cette ville avec le comte de Provence (Raynaud, opuscule cité). Mais on ne peut tirer aucune certitude de tout cela.

3. Les biens des bords du Var furent payés 1300 sous génois, ceux de Grasse 2500 sous royaux et raymondins. Ils devaient donc être assez importants. Raimond Bertrand avait été, au XIIe siècle, l'un des personnages les plus en vue de Grasse. On peut l'identifier avec le premier consul connu de cette ville (1155) (Gauthier-Ziegler), Histoire de Grasse, page 367).

4. Cet acte n'est pas au Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Pons (Ed. Cais de Pierlas).

5. « ...Willelmus Raibaudus, Milo Badatus, Stephanus Badatus et Willelmus Bermundus. consules Nicie, volentes paci civitatis Nicie providere, tradiderunt ad custodiendum turrim Bertrandi Desa et Petri Audebrandi R. de Pamias, comendatori domus milicie Templi, et Perilloni, priori de Provincia, necnon et Johanni de Fita, comendatori domus Hospitalis de jherusalem, tali pacto quod nulli persone debent ipsam turrim de castello redere nisi ipsis quatuor durante ipsorum consulatu... »

6. Il acheta les biens de G. de Clermont.

7. Doublet, Actes des évêques d'Antibes, page 174 (fragments);
— benoit (F.), actes des comtes de Barcelone, page 79 (fragments);
— Durbec (J.-A.), Monographie de Biot, page 166 (texte intégral et facsimilé).
8. Doublet, opuscule cité, page 178.

9. Il ne sera pas question des possessions du Temple dans le diocèse de Vence avant 1251. Un acte de 1285 fait cependant allusion aux droits pour le moins quinquagénaires de l'Ordre dans le « castrum » du Broc.

10. La maison de Rigaud est mentionnée pour la première fois le 13 avril 1269.


Les donations et les legs

Parmi les donations qui figurent au cartulaire du Temple, nous distinguons, grosso modo: d'une part les donations simples qui ne comportaient aucune réserve importante, sauf, en certains cas, celle de l'usufruit (1) ; et, d'autre part, les donations conditionnelles qui n'étaient valables qu'autant que leurs auteurs étaient admis dans une maison de l'Ordre comme membres donateurs (2).

Toutes deux procédaient, apparemment, d'une intention pieuse. Cette intention se manifestait tantôt par des formules générales sur lesquelles il est inutile d'insister (pro salute anime mee, in redemptione peccatorum meorum, etc...), tantôt par des voeux particuliers tels que fondations de messe ou élections de sépulture: Etienne de Sartoux, par exemple, réclame pour lui et sa femme, le 17 octobre 1267, une messe anniversairè de 12 prêtres et une flamme éternelle, pendant la nuit, devant l'autel de saint Biaise, en l'église Saint-Jacques de Grasse (3).

Mais il arrivait aussi que la donation fût motivée par un tout autre sentiment: Geoffroi de la Penne donne ses biens au Temple en reconnaissance des bienfaits qu'il a reçus, qu'il reçoit et qu'il espère encore recevoir de la maison de Biot (26 octobre 1288).

Les maisons du Temple de nos régions étaient largement ouvertes à toute personne bien dotée, quelle qu'elle fût: on voit le commandeur y accueillir un enfant mineur présenté par son père (1er octobre 1206), une femme de Villeneuve désireuse de partager la vie des frères de Biot (14 août 1252), un moine transfuge du monastère de Valbonne qui lui apporte des biens ecclésiastiques (28 décembre 1298), et, enfin, plusieurs donateurs qui continueront à « posséder et tenir » leurs terres (dernier acte en date: 23 avril 1301).

Quant aux legs en faveur de l'Ordre, ils étaient infiniment moins nombreux que les donations. Nous dirons ailleurs pourquoi. Contentons-nous de retenir ici que le cartulaire de Grasse ne contient qu'um seul testament original (son auteur, Guillaume Chabert, de Biot, fait élection de sépulture dans le cimetière du Temple, à Grasse; il laisse ses biens, en'échange, aux frères de cette ville: 9 août 1246). Un acte déjà mentionné nous révèle en outre qu'Etienne de Sartoux annula par donation, le 10 octobre 1267, un legs qu'il avait fait au commandeur de Grasse quelques années plus tôt (4) 1. Actes des Ier octobre 1206; 25-31 mars 1209; 26 octobre 1211; 14 mars 1212-1213; 10 août 1213; 7 janvier 1214-1215; 18 octobre 1267 ; 26 octobre 1288; 15 juin 1293; 28 avril 1300; XIIIe siècle (s. d.).

2. Actes des 1er octobre 1206; 21 avril 1240; 14 août 1252; 8 juin 1263; 20 décembre 1283; 28 décembre 1298; 23 avril 1301.

3. Le zèle du peuple était stimulé, on le sait, par la parole de l'Ecriture sainte « sicut aqua extinguit ignem, ita elemosina extinguit peccatum... » et par les indulgences que le Pape avait accordées de bonne heure aux bienfaiteurs du Temple.

4. Par une donation au profit de ce même commandeur, naturellement.


Les achats (1)

La plupart des tenanciers de Biot allaient offrir au commandeur, directement, les biens qu'ils voulaient vendre. Il est donc vraisemblable, malgré le silence des actes sur ce point, que les mutations de certains de ces biens devaient être soumises par avance au contrôle de l'Ordre. On ne saurait admettre, en effet, que presque toutes les tenures du riche bassin de la Brague aient pu être vendues à la maison de ce lieu — et rien qu'à elle — dans des circonstances purement fortuites. Nous pensons d'ailleurs qu'étant assuré de recueillir ainsi, ou par retrait (en cas d'aliénations directes) les propriétés qu'il désirait incorporer à son domaine utile, le commandeur usa des moyens dont il disposait pour amener les hommes placés sous sa haute seigneurie, quels qu'ils fussent, à se défaire de leurs biens (2).

Dans les autres localités, les droits du Temple étaient moindres, ses opérations, moins aisées. Sans doute, des tenanciers peu favorisés pouvaient-ils chercher à devenir ses clients ; ils y avaient quelque avantage: la garantie — à bon compte croyons-nous — d'une situation stable. Mais le commandeur n'avait pas uniquement à acquérir là, comme à Biot, le seul domaine utile de biens dont l'Ordre avait déjà la directe et la seigneurie. Il fallait encore, lorsque ses vendeurs étaient de simples propriétaires, que les mutations fussent homologuées par ceux dont les terres dépendaient. A la vérité, les actes de ventes qui nous sont parvenus (en dehors de Biot) ne nous donnent sur ces points que de faibles indications. Le dominium y est presque toujours aliéné avec la terre. Mais l'Ordre qui, nous le verrons, réussit à acquérir plusieurs centaines de biens dans les seuls diocèses de Vence et de Glandèves, eut sûrement à traiter avec des tenanciers de toutes catégories.

1. Liste des actes de ventes isolés et originaux parvenus jusqu'à nous: mai 1193; 20 mai 1201 ; 10 juillet 1202 ; 20 janvier 1212-1213; 9 mars 1212-1213; 27 mai 1213; 10 septembre 1214; 20 octobre 1218; 1er décembre 1219; 23 mars 1225-1216; 14 août 1233; 4 mars 1235-1236; 14 avril 1235; 31 juillet 1235; 16 mai 1237; 12 novembre 1237; 9 avril 1240; 17 septembre 1240; 12 novembre 1240 ; 2 juin 1241 ; 16 janvier 1247; 11 juillet 1258; 18 juillet 1259; 19 juillet 1277.

1. Durbec, opuscule cité, page 174, 183, et suivantes.


Le retrait féodal

Les tenanciers du Temple qui pouvaient disposer directement de leurs biens étaient obligés d'avertir le commandeur après coup, selon le droit, qu'ils avaient aliéné tel ou tel immeuble, sous telles conditions, à telle personne (1). Le commandeur investissait alors l'acheteur en prélevant un droit de mutation (2), à moins qu'il ne préférât se substituer à lui par voie de retrait. C'est ce qui se produisit à Biot, en 1233: Raimond de Biot ayant vendu à Bertrand II, évêque d'Antibes, le 15 octobre 1227, un des « affars » les plus importants de Biot, le commandeur, Bernard « de Cambolamo », imposa à ce dernier la revente à son profit de l'« affar » en question; et l'évêque, simple vassal de l'Ordre, dut s'exécuter (14 avril 1233) (3).

1. Durbec, opuscule cité, page 182.
2. Actes des 27 octobre 1246 ; 24 avril 1251; 13 août 1288.
3. Doublet, opuscule cité, page 227 et 252. — Durbec, opuscule cité, page 181.


Les échanges

Pour agrandir leur domaine, ou plutôt pour l'arrondir, les Templiers n'hésitaient pas, au surplus, à recourir à l'échange, et cela aussi lorsque les terres à échanger ne se trouvaient pas dans le même groupe de maisons (acte du 18 décembre 1292). Qu'importait à l'Ordre que telle maison s'enrichît aux dépens d'une autre. L'essentiel, pour lui, était que ses propriétés fussent bonnes et bien homogènes.

Les successions en déshérence

Enfin, le Temple exerça dans le diocèse de Glandèves, à partir de 1280 environ, notamment à Rigaud et à Touët-sur-Var, un droit de déshérence sur certains biens dont les tenanciers venaient à mourir sans laisser d'enfants légitimes (1).

Tels furent les principaux moyens par lesquels le Temple arriva à se constituer ou à revaloriser un domaine dont nous allons essayer, maintenant, de définir l'importance.

1. D'après les déclarations faites par les anciens bailes de l'Ordre dans ces deux localités, en 1308, aux officiers de la Cour de Puget. Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre réservé à l'étude des biens.

L'importance du domaine — Evêché d'Antibes-Grasse

La seigneurie de Biot s'étendait, en 1209, sur d'innombrables tenures appartenant à des hommes de toutes conditions (1). Le Temple se hâta de racheter le domaine utile de ces tenures qui, plus ou moins rédimées, ne devaient pas lui rapporter grand chose. Il se constitua ainsi une propriété d'un seul tenant qui comprenait, au XIVe siècle, la presque totalité de son domaine éminent (de 1200 à 1500 hectares, croyons-nous).

A défaut de seigneurie, l'Ordre disposait à Grasse d'une église et d'un cimetière qui ne pouvaient manquer de lui apporter toutes sortes de revenus. Comme il se livrait là, d'autre part, à de nombreuses acquisitions à titre onéreux, nous ne devons pas nous étonner de lui trouver des biens dans la plupart des quartiers, « infra et extra muros »: à la Vieille Boucherie, à la Place Saint-Martin, aux Ribes, à la Marigarde, à Saint-Jacques (au sud de la ville), aux Plans, et jusqu'au passage de la Brague, au lieu dit « las bonas horas... » Le nombre des services que les frères tiraient de ces biens s'élevait à une centaine.

Il ne semble pas que le Temple ait eu des possessions notables dans les autres localités du diocèse de Grasse. Nous ne pouvons lui attribuer, en tout, qu'une dizaine de terres dans trois pays: à Plascassier (acte du 27 mai 1213), à Gourdon (reconnaissance de R. Paul le 11 (?) octobre 1285) et à Châteauneuf (inventaire du 24 janvier 1308).

On ne doit pas cependant considérer ce témoignage comme exclusif. Les procès-verbaux de saisie des biens de Grasse et de Biot ont peut-être été amputés des déclarations faites dans les centres moins importants. Mais cela nous étonnerait: il en subsisterait sans doute quelque autre trace.

1. Durbec, opuscule cité, page 164.

Evêché de Nice

Nous n'avons sur cet évêché, et sur Nice en particulier, qu'une documentation très fragmentaire. Les textes relatifs à la saisie des biens que l'Ordre y possédait ne se trouvent, à notre connaissance, ni à Nice, ni à Marseille, ni à Paris (dans les collections publiques qui sont connues du moins). Cette lacune pourra-t-elle jamais être comblée ? (1).

On peut affirmer cependant, sur la foi des seuls documents parvenus jusqu'à nous, que l'Ordre possédait des biens dans la plupart des quartiers extérieurs de Nice:
Sur les bords du Var (au lieu dit « Alba Lanna » ou « Alba Sanna », Sainte-Marguerite);
Le long du Paillon (ad Palonem);
A Caucade (in Cavalcadis);
A Lympia (Lempeda);
A Longchamp (in Campo Longo);
A « Font Gairaut »;
Au Puy-Saimt-Martin (près de Saint-Pons), « ad Cremat », « ad Bucam Nigram », « in Aura »... Sa maison était parfois designee sous le terme de Cavalaria (actum ad Cavalariarn).

Nous tenons par contre des renseignements précis sur les possessions du Temple comprises dans le diocèse de Nice mais dépendant, administrativement, de la Cour de Puget-Théniers. Ces possessions se trouvaient à Touët-sur-Var (38 services);
A Saint-Dalmas-le-Selvage (23 services);
A Tournefort (15 services); à Villars (3 services);
A Saint-Sauveur (1 service) et,
A Saint-Etienne (I service) (2), en tout 81 services.


1. Il n'existe, en effet, aucune trace de ces documents dans les liasses des fonds de la série H à Marseille ou à Nice ou dans celles du fonds de la série B à Marseille ; et les vieux inventaires français des titres du Temple que nous connaissons ne contiennent aucune allusion à des actes qui seraient perdus.

1. Nous dirons ailleurs ce qu'on peul penser de la présence de l'Ordre dans les pays du comté de Nice où certains historiens signalent quelques vestiges de ses monuments.


Evêché de Vence

Dans l'évêché de Vence, le Temple ne comptait pas moins de 88 services:
40 à Vence, dans la ville même et aux lieux dits le Malbosquet, La Claus, la Croix, al Cayrons, etc...;
21 au Broc et dans le territoire de ce castrum, à la Lausa;
6 à Villeneuve dont 3 au Loubet ;
6 à Tourrettes-sur-Loup ;
5 à La Gaude et à Trigance;
4 à Saint-Paul, mais pour des biens de Tourrettes semble-t-il;
4 à Coursegoules et à Saint-Michel, enfin, à Bezaudun.

Evêché de Glandèves

A Rigaud, l'Ordre avait une part de seigneurie et une maison assez importante. Celle-ci comptait 101 tenures et recueillait 93 services.

Les possessions du Temple étaient également très nombreuses à Annot. Plusieurs d'entre elles jouissaient d'une franchise totale (une vingtaine) ; les autres faisaient une cinquantaine de services.

Nous notons encore:
30 services à Villevieille ;
29 à La Penne ;
24 au Mujouls ;
25 à Saint-Benoit ;
23 à Entrevaux ;
21 à Guillaumes ;
17 à Cuébris ;
17 à Collongues ;
15 au Puy-Figette (aujourd'hui Saint-Pierre, dans le Val de Chanan) ;
14 à Méailles ;
11 à Ascros ;
10 à Braux ;
3 à Puget-Théniers ;
3 à La Sez (Glandèves) ;
3 à La Cainée (Cadanesa) ;
3 à Montblanc ;
2 à La Rochette ;
2 à Tourette-du-Château ;
2 à Fugeret ;
2 à Amirat et
1 à Toudon.
Soit 428 pour l'ensemble du diocèse !

En dehors des droits particuliers, presque toujours invariables, qu'il possédait sur tel ou tel bien isolé, à titre seigneurial ou féodal, le Temple avait des droits généraux de toute nature dans plusieurs localités.

Signalons, à Rigaud: le 1/3 du droit de fournage, le 1/4 environ de tous les droits de ban, et le droit de déshérence (contesté) ; à Annot: la 5e partie des droits de fournage qui n'étaient pas réservés par la Cour royale, la 16e partie des droits de ban et la 16e partie de la moitié des leydes ; aux Mujouls: la (6e partie des droits de ban, les droits de pacage, le cellagium (droit sur les fromages), et la juridiction sur les étrangers; à Touët-sur-Var: le droit de déshérence (contesté); à Guillaume, enfin, des droits non définis en cas de rixes.

Il est à peine besoin de rappeler que l'Ordre jouissait à Biot, dans la première moitié du XIIIe siècle, d'une seigneurie sans partage. Le tiers de cette seigneurie passa ensuite à l'évêque de Grasse.
Sources: Joseph-Antoine Durbec — Les Templiers dans les Alpes-Maritimes — Notice Historique sur les Maisons et Possessions du Temple dans les diocèses de Antibes, Grasse, Nice, Vence et Glandeves — Extraits de la Revue Nice-Historique — 1938 — Imprimerie L'Eclaireur de Nice

Cartulaire des Alpes-Maritimes. II. Le Commandeur et les Frères

On peut supposer que les biens du Temple situés dans la région des Alpes-Maritimes furent tout d'abord administrés par deux commandeurs, celui de Nice (acte du 10 juillet 1202) et celui de Grasse (acte du 23 avril 1208).

La réunion de ces biens sous une seule direction n'eut lieu, selon nous, qu'après 1210, date à laquelle le commandeur de Nice, Pons Fabre, paraît entre deux actes très rapprochés du commandeur de Grasse. Elle était sûrement réalisée le 13 avril 1222. Rostand de Saint-Laurent est désigné, à cette date, sous une formule mixte: « commandeur de Nice-Grasse » ; et Bernard « de Cambolamo », prend, en 1233 (acte du 14 août), le titre de « précepteur des maisons de Grasse-Biot (1) »

Tous ces titres se fondirent ensuite, peu à peu, dans une appellation commune « commandeur (ou précepteur) des maisons de Nice-Grasse-Biot (2) », qui resta sujette, il est vrai, à de légères variantes.

Mais ce n'était là qu'une formule protocolaire peu usitée. La population des localités comprises dans le diocèse de Vence ne connaissait qu'un commandeur: celui de Biot. C'est du moins ce que l'on peut inférer des déclarations qui furent enregistrées, en 1308, par le baile de Villeneuve (3). Le fait n'a rien d'étonnant: Biot était, de beaucoup, la plus importante des possessions du Temple de la région.

Nous avons d'autre part la certitude que la maison de Rigaud, et, avec elle, les biens situés dans le diocèse de Glandèves, étaient rattachés aux maisons de Nice, Grasse et Biot: le seul commandeur connu de la maison de Rigaud (il y était peut-être installé provisoirement) vint en tournée à Biot le 13 avril 1269 (4).

Toutes ces maisons relevaient, administrativement, du grand maître du Temple en Provence, et de lui seul: « frater Rostagnus de Comps, preceptor major domorum milicie Templi in Provincia, a civilate Aquensi usque ad Niciam » (3 janvier 1247).

Voici, dans l'ordre chronologique, la liste des précepteurs connus de Nice, Grasse, Biot et Rigaud. Nous indiquons, pour chacun d'eux, les dates extrêmes de son activité et, entre parenthèses, le nombre des actes dans lesquels il figure (5).

1. Guillaume Geoffroi « del Muoil », précepteur de la maison de Nice, 1202 (1).
2. Raimond « de Pamias », commandeur de la maison de Nice, 1205-1206 (3).
3. Olivier Audier, commandeur de la maison de Grasse, 1208-1210 (2).
4. Pons Fabre, commandeur de la maison de Nice, 1210 (1).
5. Olivier Audier, commandeur de la maison de Grasse, 1211 (3).
6. Bernard Aimic, commandeur de la maison de Grasse, 1212 (1).
7. Olivier Audier, commandeur (ou précepteur) de la maison de Grasse, 1213-1219 (10).
8. Rostand de Saint-Laurent, précepteur des maisons de Nice et Grasse, 1222 (1).
9. B. Saltet, commandeur de la maison de Nice, 1225 (1).
10. Bertrand Faraud, commandeur des maisons de Grasse et Nice, 1226 (1).
11. Bernard « de Cambolamo » (lecture variable), précepteur des maisons de Grasse et Biot (ou de Nice, Grasse et Biot, ou de Grasse et Nice, ou de Nice, ou de Grasse), 1233-1236 (6).
12. Isnard, précepteur de la maison de Grasse (ou de Nice et Grasse), 1237 (2).
13. Bernard « de Cambolamo », précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot (ou de Grasse, Biot et Nice, ou de Grasse et Nice), 1240 (2).
14. Bertrand Austarda, commandeur des maisons de Nice et Grasse, 1243 (1).
15. Geoffroi de Grasse, vice-commandeur de la maison de Grasse, 2 juin 1244, précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot (ou de Nice et Grasse), 1244-1248 (6).
16. Pierre Geoffroi, commandeur de la maison de Grasse, 1251 (1).
17. Raymond « de Amenderio », commandeur de la maison de Biot, 1252 (1).
18. Pierre Geoffroi, commandeur de la maison de Grasse, 1256 (1).
19. Bernard « de Bellano », précepteur des maisons de Grasse et Nice (ou de Grasse), 1258-1259 (3).
20. Geoffroi d'Alançon, commandeur des maisons de Grasse et Nice, 1263 (1).
21. Pierre Geoffroi, commandeur des maisons de Nice et Grasse, 1264 (1).
22. Pierre Girard, commandeur des maisons de Grasse et Nice (ou de Grasse, ou de Nice), 1267-1269 (25 mars) (2).
23. Jean Olier, commandeur de la maison de Rigaud, 1269 (13 avril) (1).
24. ----— J. « de Valono », commandeur des maisons de Nice et Grasse, 1274 (1).
25. Pierre « de Roseto », commandeur des maisons de Nice, Grasse et Biot, 1277 (?) (1).
26. G. Capion, commandeur des maisons de Nice, Grasse et Biot, 1285 (1).
27. Foulques Bérenger, précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot, 1286-1288 (5).
28. Arnaud « de Fonte », précepteur des maisons de Grasse et Biot, 1291 (1).
29. Pierre Geoffroi, commandeur des maisons de Nice et Grasse, 1292 (1).
30. Pierre Ricau, précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot (ou de Biot), 1295-1301 (14).
31. Pierre Balbi (sans date, fin du XIIIe siècle ou commencement du XIVe siècle), précepteur de la maison de Biot (1).
32. Hugolin « de Capite », « commandeur de la maison de Vence (??), 1300 (1).

Cette liste est coupée de nombreuses lacunes: la plus importante est de 8 ans (entre Pierre « de Roseto » et G. Capion); quelques autres atteignent 5 ans; la plupart sont moindres. Mais il est vraisemblable que ces lacunes seraient en partie comblées par les mêmes noms si nous arrivions à compléter notre documentation.

Ajoutons que deux commandeurs, Bernard de Cambolamo et Pierre Geoffroi, rejoignirent leurs maisons à différentes reprises, après de longues absences. Il y a lieu toutefois de se montrer réservé en ce qui concerne l'identification des personnages homonymes (6).

Nous ne pouvons entreprendre ici des recherches sur l'origine et la carrière des commandeurs des maisons de Nice, Grasse et Biot. En restant dans le cadre que nous nous sommes tracé, nous voyons que les uns furent intimement liés à l'histoire de leurs maisons (il faut citer, parmi eux, Olivier Audier et Bernard de Cambolamo qui accrurent leur domaine dans de notables proportions, ou bien encore Foulques Bérenger et Pierre Ricau qui eurent à défendre ce domaine contre toutes sortes d'empiétements). D'autres, au contraire (B. Aimic, B. de Saint-Laurent, Jean Olier, etc.) ne laissèrent qu'une faible trace de leur passage.

Les frères n'étaient pas très nombreux: 2 ou 3 en moyenne par maison (7). On les réunissait en chapitre toutes les fois qu'il s'agissait de prendre ou de ratifier une décision importante touchant le domaine de l'Ordre: quatre d'entre eux furent convoqués à Biot, le 27 décembre 1298, à l'accoutumée, devant le portique de la maison du Temple pour approuver un compromis entre le commandeur et l'abbé de Lérins au sujet de Clausonne. La plupart ne sont mentionnés dans les actes qu'à titre de témoins. Il en est pourtant dont l'activité fut très grande: Bertrand Silvestre et Pons Ycard jouèrent à Biot, vers la fin du XIIIe siècle, un rôle de tout premier plan. Parmi les titres particuliers qu'ils portaient dans notre région, nous retiendrons ceux de chapelains (8), chambriers (9), gonfanoniers (10), et écuyers (11).

1. Biot dépendit dès 1209 du commandeur de Grasse.

2. Les termes de « commandeur » et « précepteur » sont interchangeables.

3. « Guilelmus de Isia, domicellus de Cauda, dixit se tenere unam albergam dicto preceptori de Bisoto ». (Dictionnaire homines de Vencia) « faciunt... preceptori de Bisoto... unam albergam... ». « Petrus Dozoye... dixit se jacere... octavam partem unius albergue preceptori de Bisoto cum uno socio, in dicto castra de Torretis... »

4. Durbec, opuscule cité, page 186.

5. Voir aussi Léonard, Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple du marquis d'Albon, page 46.

6. Il y avait deux Olivier Audier à Grasse, au commencement du XIIIe siècle, et tous deux furent sans doute, à tour de rôle, commandeurs de cette ville. Le premier mourut en 1210 ou 1211 (ses biens furent définitivement remis à l'Ordre le 6 mai 1212 par Pierre Squirp). Le second figure dans nos chartes jusqu'en 1219.

7. Dans les maisons des diocèses sus-indiqués, bien entendu. Ailleurs, — à Ruou, par exemple, dans le Var, — l'effectif était quelquefois plus important.

8. Fraler Guillelmus Cuigonus, templarius et sacerdos domus predicte (Grasse) (acte du 24 janvier 1308).

9. Fraler Egidius, cambrerius de Bisola (acte du 27 décembre 1298).

10. Uni fratri et garanfono: comestionem unam (acte du 28 janvier 1308, La Penne).

11. In quibus habel annuatim comestionem unam uni fratri cum scutifero (inventaire de 1308, passim).


Les donateurs

Les donateurs étaient généralement reçus par le commandeur (ou par son délégué) dans la maison qui bénéficiait de leurs apports: le récipiendaire, à genoux, les mains jointes, s'engageait, sous serment, à observer la règle du Temple ; et le commandeur l'admettait ensuite, cérémonieusement, au sein de la confrérie; il lui promettait notamment de le nourrir et vêtir, sa vie durant, selon les usages de l'Ordre (promitens sibi panem et aquam et victum et Vestitum prout consuetum est in domo Templi in aliis donatis) (1).

Certains membres donateurs se trouvaient dans des pays où il n'y avait pas de maisons conventuelles (à Touët, au Broc, à Ascros); ils y géraient vraisemblablement les affaires de l'Ordre.

Il convient également de noter ici que plusieurs tenanciers du Temple: Lions Chastel et Raymond Gros, de Saint-Pierre-Figette, Boniface et Guillaume Geoffroi, de Collongues, Rostang Remusat et Jacques de Dieu, de Tournefort, etc. (2), bien que jouissant d'une franchise totale, faisaient volontairement un service annuel, au commandeur, « gratis sine causa alia. »

1. Durbec, opuscule cité.
2. D'après les inventaires de 1308.


Les tenanciers

Les tenanciers des biens de l'Ordre peuvent être divisés en deux groupes essentiels: les tenanciers inférieurs et les tenanciers libres (1). Il en était ainsi à Rigaud où 80 services sur 101 étaient faits par des tenanciers inférieurs, à Touët-sur-Var (21 sur 45), à La Penne (10 sur 29), aux Mujouls (19 sur 24), à Collongues (9 sur 17), à Annot (30 sur 70), à Entrevaux (17 sur 23), à Saint-Pierre-Figette (2 sur 15), à Guillaumes (9 sur 21), au Broc (6 sur 21) et à La Cainée (2 sur 3) (2).

Les tenanciers inférieurs, qui dépendaient toujours de l'Ordre, au moins en partie, devaient leurs services pour des biens de caractère servile (3), On les appelait « homines Templi ». Ils étaient beaucoup plus nombreux dans les hautes vallées des Alpes (216 sur 503 dans le bailliage de Guillaumes-Puget), que dans la zone littorale (8 sur 94 dans le bailliage de Vence-Villeneuve).

Quelques-uns d'entre eux étaient affranchis de tous services. Ainsi, Bernard Riquesa, Raimond Zuglar, Georges Sénéchier, Guillaume Sénéchier (4), et les frères Dozol, de la ville d'Annot. D'autres appartenaient à la fois au Temple et au seigneur local: on en comptait 8, à Rigaud, dans cette catégorie ; chacun était partagé indivisément en deux parts, comme un immeuble !

D'une manière générale, les droits de juridiction du Temple sur « ses hommes » (en dehors de Biot bien entendu) ne comprenaient ni les cas royaux, ni « le merum imperium, ni le mixtum imperium ».

Les biens des tenanciers libres étaient placés sous le « dominium directum » et quelquefois sous la seigneurie du Temple ; il n'y avait aucune différence de nature entre les services dus pour ces biens et les services faits par les hommes attachés aux tenures de caractère servile; dans l'ensemble, cependant, le tenancier libre était plus avantagé (5).

Si nous prenons, d'une part, la moyenne des cens et services les plus forts dus dans chaque catégorie par une vingtaine d'hommes, nous obtenons, en chiffres ronds: une redevance annuelle de 4 sous pour les tenanciers inférieurs, de 3 sous pour les tenanciers libres. L'expérience est aussi concluante si nous l'étendons, d'autre part, aux menus services: la moyenne de 20 services était alors, toujours en chiffres ronds, de 1 denier par an pour les tenanciers inférieurs et de 1/2 denier pour les autres.

Un calcul portant sur un très grand nombre de services nous permettrait d'établir que le tenancier inférieur donnait au Temple, en moyenne, environ trois fois plus d'argent que le tenancier libre. Il lui devait, en outre, des corvées et des prestations en nature dont il sera question plus loin et auxquelles ce dernier n'était que rarement astreint.

Les tenanciers libres appartenaient à toutes les classes de la société. On trouvait parmi eux des seigneurs (6), des chevaliers (7), des notaires (8), et des prélats (9).

Comme dans la catégorie des tenanciers inférieurs on trouvait, a fortiori, dans la classe des tenanciers libres des hommes entièrement affranchis. Ils étaient nombreux à Biot avant que le domaine utile de cette localité ne fût acheté par l'Ordre, et l'on en comptait encore 11 à Annot en 1308.

1. Nous reviendrons sur ces termes en étudiant la nature des biens de l'Ordre.
2. A Tournefort, l'Ordre n'avait que des tenanciers personnels.
3. Nous reviendrons sur ce terme en étudiant la nature des biens de l'Ordre.
4. Le texte porte Sénuchier.
5. La formule de reconnaissance pour les tenures libres était souvent celle-ci: « recognovit se tenere et possidere sub dominio et servicio domus milicie Templi ».

6. Guillelmus de Isia, domicellus de Gauda, dixit se tenere quoddam affare... pro dicto Tempio... (1308).
7. A Grasse: dominus Romeus Malvicini, miles, pro medietate cujusdam paratorii. 11 deniers (1234).
8. A La Cainée, le notaire faisait un service de 2 deniers à la maison de Biot (1308).
9. Le prieur de Montblanc (1308).


Le mobilier, les articles de ménage et le trousseau des frères

Les Templiers ne possédaient que des objets de première nécessité dont la facture, semble-t-il, était tout à fait rudimentaire.

Nous notons à Rigaud, dans la cuisine:
1 table;
2 bancs;
1 pétrin;
1 étagère pour les écuelles;
3 chaises;
3 candélabres de bois;
1 paire de chenets;
1 crémaillère;
1 hache;
1 dame-jeanne;
1 broc;
2 petits pots d'airain (de arammo);
1 poêle;
1 chaudron de cuivre;
1 écuelle de bois;
7 jattes (?) de bois (parasides);
1 rasoyram ferream;
7 cisoria lignea (?);
2 cuillers de bois;
8 petites cuillers;
1 mortier de pierre;
3 pilons de bois...;

Dans la cour:
1 tonnelle;
1 corbeille;
1 banc;
1 escabeau;
1 pelle... ;

Dans la chambre:
2 lits;
2 paillasses (dont une seulement garnie);
3 couvertures;
1 édredon;
3 coussins de plume et 3 draps.

Cuisine et chambre n'avaient pas, d'ailleurs, la destination exclusive qu'on serait tenté de leur donner; c'étaient de véritables greniers à provisions.

Dans l'ensemble, rien de plus important à Biot: un peu plus de variété dans les ustensiles de ménage peut-être, mais les couverts faisaient défaut. En ce qui concerne la literie, les frères de cette maison n'avaient rien à envier à leurs collègues de Rigaud; rien, sauf le lit même ! Ils devaient se contenter d'une paillasse ! D'après l'inventaire de 1308, ils avaient surtout des caisses et des coffres (1).

L'église Saint-Jacques, à Grasse, siège de l'Ordre en cette ville, n'était guère mieux fournie. On y trouvait assurément les archives de la maison ainsi que de nombreux vêtements et objets du culte (nous en reparlerons), mais le chapelain et le frère qui résidaient là n'avaient rien en propre, ou presque rien: 2 brocs, 5 vases à vin, 1 crémaillère, 1 siège, de quoi faire une table, un peu de literie et quelques caisses ; ils disposaient cependant d'un cheval maure « cum stella in fronte... » et. « bausanum de uno pede ultima ».

Pour le trousseau, même indigence: les Templiers portaient sur eux à peu-près tout ce qu'ils possédaient; ils n'avaient en réserve, lors de leur arrestation, dans l'ensemble des maisons sus-indiquées, que 2 ou 3 peaux de bêtes, autant de garde-corps, 3 paires de chausses, 2 épitoges, 1 manteau et quelques chemises.
1. Durbec, opuscule cité, page 200 et suivantes. (Inventaire complet).

Le rôle des Templiers

On sait que les consuls de Nice chargèrent le commandeur Raimond « de Pamias », en 1205, d'assurer pendant un an la garde d'une tour de cette ville (1). Il est donc possible que les successeurs de Raimond « de Pamias » aient été appelés, occasionnellement, comme du reste tous les seigneurs de quelque importance, sur tel ou tel point stratégique de la région pour y participer au service du guet. Mais c'est bien le plus qu'on puisse dire.

Tout, en effet, dans notre documentation, s'oppose à ce que nous attribuions aux Templiers installés dans les Alpes-Maritimes le moindre rôle militaire. Le commandeur Geoffroi de Grasse, qui demande à Foulques du Cannet, le 3 janvier 1248, de venir à son secours, en cas de besoin, se contente de lui donner à cet effet une mule appelée Pontia ! Et le frère Bertrand Silvestre refuse de payer 30 sous pour la défense des côtes, « pro custodia maris », le 30 décembre 1291, sous prétexte que sa maison jouit d'un privilège d'exemption (2). Il est certain, d'ailleurs, que les frères de Grasse, Biot et Rigaud, uniquement chargés d'accroître l'importance et le rendement de leur domaine, n'avaient pas même les moyens de se défendre. On comprendra que nous comptions pour rien les quelques armes signalées en 1308 dans leurs maisons:
1 baliste, 1 casque et 1 bouclier à Rigaud ;
1 arbalète « à croc », et 1 bassinet de cuir à Biot.

Ajoutons, par anticipation, afin de lever les doutes que l'on pourrait encore avoir sur le caractère purement administratif de leurs fonctions, que les membres de cette dernière maison assistèrent impuissants, vers la fin du XIIIe siècle, aux diverses rapines commises dans leur territoire par des gens d'Antibes et de Villeneuve (3).

1. Voyez supra, chapitre I.
2. Durbec, opuscule cité, page 205.
3. Durbec, opuscule cité, page 185 et suivantes. Et, Voyez infra: Les conflits.

Sources: Joseph-Antoine Durbec — Les Templiers dans les Alpes-Maritimes — Notice Historique sur les Maisons et Possessions du Temple dans les diocèses de Antibes, Grasse, Nice, Vence et Glandeves — Extraits de la Revue Nice-Historique — 1938 — Imprimerie L'Eclaireur de Nice

Cartulaire des Alpes-Maritimes. III. — L'Exploitation des biens

Nature des biens

Nous distinguerons tout d'abord, parmi les possessions du Temple, un certain nombre de tenures complexes qu'on appelait « affars » et « casements » (1).

Par « affar », il faut entendre un ensemble de biens et de droits assez importants dans la main d'un propriétaire. L'« affar » que Raimond de Claviers et sa femme Raimonde possédaient à Biot, avant 1236, sous la haute juridiction du Temple, comprenait:
1 maison,
1 jardin,
1 condamine,
2 ferrages,
5 terres,
1 pré,

Et même, entre beaucoup d'autres, certains droits non spécifiés de caractère seigneurial (2).

Un propriétaire d'« affar » pouvait concéder ses biens en tout ou en partie à des tenanciers de diverses conditions moyennant une redevance presque toujours annuelle: vers 1250, les frères R. et B. Chabert possédaient à Guillaumes, sous la suzeraineté du comte de Provence, un « affar » dans lequel nous trouvons:
1 maison, de nombreux casaux;
3 jardins;
2 vignobles, diverses terres;
1 pré (en gage), Plusieurs censives roturières et, enfin, une vingtaine de services faits par des tenanciers inférieurs (3).


Le « casement » pouvait se composer, lui aussi, de plusieurs biens, mais il était tenu directement par des personnes qui, d'après leurs propres déclarations, y avaient leur domicile sous la juridiction de l'Ordre (4). Ce n'était pas là, toutefois, une règle absolue: le « casement » des « Ginenti », à Guillaumes, placé comme l'« affar » des Chabert sous la seigneurie du comte, était en partie sous-inféodé (5).

Il ressort au surplus de documents étrangers à notre étude que le « casement », tenure d'origine servile, était très près, en certains cas, de l'« affar », tenure roturière. Il arrivait même que les deux termes fussent confondus.

Tous les biens importants de l'Ordre n'étaient pas compris, du reste, sous les termes d'« affar » et de « casement ». Nous avons déjà vu qu'on les divisait plus généralement en deux grandes catégories selon qu'ils étaient « faits » par des hommes libres ou par des hommes assujettis au Temple. Dans le premier cas, la nature des biens-fonds (ou des bien-fonds) était toujours spécifiée: maison, vigne, champ...; dans le second cas, au contraire, il n'était que très rarement question de la tenure elle-même: la mention de la redevance seule importait. C'est sur ce fait justement que nous nous sommes appuyés pour établir notre classification en tenanciers libres et inférieurs. La qualification d'« homines Templi », fréquemment employée, ne pouvait constituer par elle-même, en effet, un critérium infaillible: à Biot, par exemple, tous les tenanciers, bien qu'ils fussent assujettis au Temple, n'étaient pas de basse condition; d'aucuns appartenaient aux plus puissantes familles de la région. Ne rentraient donc dans la catégorie des tenanciers inférieurs que les « homines Templi » astreints à des services nettement personnels. Ce qu'était la situation exacte de l'« homo Templi » sur les biens non spécifiés pour lesquels il devait ces services, nous l'ignorons; toutefois, le fait que l'Ordre exerçait (à tort ou à raison) un droit de déshérence sur ses tenures de Touët et de Rigaud indique qu'il considérait ces tenures comme mainmortables, c'est-à-dire servîtes.

En dehors des « affars » et des « casements » (domaines formés de biens souvent épars) (6), le Temple possédait un très grand nombre de tenures isolées, de conditions diverses, qui figurent dans les documents sous les termes génériques de maisons, casaux, jardins, condamines, vergers, champs, vignobles, ferrages, cannebières, etc. Et lorsque, par suite de l'extrême morcellement de la propriété, ces parcelles isolées avaient été elles-mêmes divisées en fractions de part, les droits de l'Ordre ne s'appliquaient plus parfois qu'à une de ces fractions: une moitié, un cinquième, voire un quarantième !

La plupart des maisons ou parties de maisons du Temple se trouvaient dans les grandes villes: à Grasse, à Vence, à Nice; dans certaines localités de moindre importance: Entrevaux, Coursegoules, Touët-sur-Var, Braux, Puget-Théniers, Tourettes. ; et, bien entendu, à Biot, où les droits du commandeur, dans la première partie du XIIIe siècle, portaient sur l'ensemble du castrum et de son territoire (7), Les propriétaires et les autres tenanciers de ces maisons donnaient à l'Ordre un cens annuel et promettaient quelquefois, notamment à Grasse, s'ils venaient à élever un ou plusieurs porcs, de faire au commandeur le service d'un jambonneau.

Dans les champs, qui formaient la plus grande partie du domaine de l'Ordre, on semait, selon le climat et la nature du sol, du froment, de l'avoine, du seigle, de l'orge ou du mil. La culture du blé prédominait à Biot, celle de l'avoine dans les pays de haute montagne.

Il nous paraît impossible de confondre les « vinee » du Temple avec de simples campagnes (8). Il s'agissait bien de vignobles; les services en nature de ces « vinee » étaient souvent stipulés en vin et non en céréales comme pour les autres terres. Le vin constituait, du reste, l'une des principales ressources du Temple.

On ne trouve aucune mention de services spéciaux faits à l'Ordre pour des forêts. Celles-ci restaient sans doute dans l'indivision, comme à Clausonne (maison de Biot), parce que l'ensemble des habitants du pays où elles se trouvaient, et peut-être aussi les voisins, y jouissaient en commun de certains droits d'usage. Mais il est vraisemblable que le commandeur affermait les sous-bois aux pâtres. Cela doit s'entendre en particulier des bois de pins, car les forêts comprenaient alors de larges espaces couverts de chênes variés (chênes-verts, chênes blancs et chênes lièges) où les troupeaux de porcs vaguaient en liberté; il en était ainsi du moins à Biot, dans les bois de La Baume, au commencement du XIVe siècle (9).

Les meilleures prairies du Temple se trouvaient dans la plaine de la Brague. Nous verrons qu'elles y faisaient l'objet d'une exploitation très intense. A noter encore que l'Ordre en avait acquis à Grasse, à Rigaud et à Saint-Pierre, au coeur du Val de Chanan.

En ce qui concerne la composition des vergers, nous mentionnerons surtout le figuier, le noisetier, le châtaignier, le noyer et l'amandier, qui donnaient des fruits faciles à conserver et à transporter. La figue devait être déjà la providence du peuple. On la faisait sécher sur des claies, en des lieux qu'on appelait « grasiserios », tout comme aujourd'hui. Nous avons relevé des « figayretos » dans plusieurs localités, notamment à Biot, Entrevaux, Nice et Touët-sur-Var.

Sur les cultures pratiquées dans les jardins, nous ne savons pas grand-chose, mais il est probable que le pois-chiche, la courge et l'oignon venaient au premier rang.
Signalons, enfin, que l'Ordre avait des parts de moulins à farine et à foulon.

1. Le mot de « manse » n'est employé qu'une fois dans nos documents (à Vence, en 1308). Cette « manse » ne faisait d'ailleurs qu'un service dérisoire: 1 obole !

2. Acte du 4 mars 1235-1236: « ...predicte possessions... consistunt in pascuis vel nemoribus, heremis cultis et incultis, aquis et ripis vel dominiis vel signoriis... »
3. Bibliothèque Nationale, manuscrits latins 10125, fº LXXI rº.

4. « Die penultima januarii, Raimondus Blanchi dixit se esse hominem Templi et tenere totum suum casamentum quod habet in castro de Cadanesa, et fovere larem suum seu facere suum domicilium sub jurisdictione dicti Templi... »
5. Bibliothèque Nationale, manuscrits latins 10125, fº LXXI rº.
6. Durbec, opuscule cité, p. 164.
7. Il ne s'agit ici que des locaux d'habitation considérés comme dépendances des véritables maisons de l'Ordre, c'est-à-dire des sièges mêmes du Temple à Grasse, Biot, Rigaud et Nice. L'ensemble des biens bâtis et non bâtis rattachés à l'un de ces sièges formait l'unité administrative que nous appelons également maison. Les Templiers possédaient encore des bâtisses dites casaux et granges qui étaient sises aux abords immédiats des agglomérations, quelquefois même dans l'enceinte.

8. Ainsi que l'ont fait Moris (H.) et Blanc dans le Cartulaire de Lérins (t. i, Introduction p. XLI) pour les « vinee » dépendant de l'abbaye de Lérins.

9. Durbec, opuscule cité, p. 218.


L'exploitation directe

Les Templiers s'y livraient à Biot et, partiellement aussi, dans quelques localités où ils occupaient eux-mêmes une maison. Elle était limitée, dans ces localités, à une faible proportion des tenures: 10 % environ à Grasse, 3 à 4 % à peine à Rigaud.

Nous pouvons admettre, sur la foi de documents postérieurs de quelques années seulement à l'arrestation des frères, que le commandeur de Biot employait des domestiques attachés en permanence à sa maison et, temporairement, aux périodes des grands travaux, un certain nombre d'étrangers ou de personnes de basse condition dont l'obligation essentielle consistait sans doute à répondre à des appels de corvées ou de journée (1).

La maison de ce pays n'était pas encombrée d'instruments aratoires (2). Il faut donc supposer que les ouvriers temporaires gardaient par devers eux, dans leurs casaux, pour l'essartage et le défrichement des lopins de terre qu'on avait dû leur donner, tout ce qui était indispensable à la mise en valeur des biens du Temple. Ce n'était pas, en effet, avec une douzaine d'outils plus ou moins rudimentaires qu'un domaine de quelques centaines d'hectares pouvait être mis efficacement en valeur.

Les frères de Biot exploitaient surtout à fond les ressources naturelles que cette localité offrait à l'élevage. Si les gens de Villeneuve parvinrent à leur enlever une trentaine de juments et poulains, en 1300, dans une seule razzia (3), c'est évidemment qu'ils eurent la possibilité de puiser dans un véritable haras; mentionnons, à ce sujet, qu'un quartier de la plaine de Biot attenant aux biens de l'évêque et au chemin de ce village s'appelait « la Cavalerie » (4). Le dénombrement du bétail fait en 1308 est loin d'infirmer ce qui précède. On utilisait ce bétail aussi bien pour les besoins des champs (22 boeufs de labour et 24 chevaux de trait) que pour ceux du commerce (48 boeufs ou vaches et 16 veaux).

Quant au menu bétail, nous notons à la même date: 56 porcs et 10 pourceaux, simple reliquat d'un troupeau à peine décimé (à la Noël, sans doute) et 250 bêtes à cornes (chèvres et moutons). Mais ce n'était là qu'un troupeau domestique appartenant en propre à l'Ordre. Biot nourrissait, en outre, un troupeau transhumant qui venait de Tende, sous la conduite du pâtre Aubert Bonnard, et qui devait être très important si l'on songe que ce dernier avait acheté les herbages du Temple pour 57 livres de réforciats.

La maison possédait enfin 35 ruches et certainement aussi, malgré le silence des documents, une très belle basse-cour.

On sera peut-être surpris de ne trouver ici aucune allusion à la culture de l'olivier. C'est qu'il n'y avait qu'une olivette, au XIIIe siècle, dans le territoire de Biot, d'après les archives de l'Ordre. Il est certain, d'ailleurs, qu'un « torcular » (moulin à bras) suffisait aux frères de ce lieu pour moudre leurs olives. Et nous avons pu établir que la culture de l'olivier, dans le bassin de la Brague, ne s'étendit vraiment qu'au XVIe siècle (5). L'huile était conservée dans des jarres (à Biot) ou des gourdes (à Rigaud). Les inventaires n'en signalent que d'infimes quantités. Sur ce point, le document et la tradition s'accordent. L'on dit encore, aujourd'hui, à quelqu'un qui risque de perdre gros: « T'en coustera uno cougourdo d'oli ».

Tous les produits agricoles mentionnés dans l'inventaire de 1308 figurent dans des actes antérieurs au XIIIe siècle, et le Temple, au moment de son abolition, ne tirait pas autre chose du vaste domaine de Biot, qualitativement bien entendu, que Bertrand Robert, un siècle plus tôt, de l'« affar » compris dans ce domaine (6). Les frères de l'Ordre se contentèrent donc de reprendre sans changement les cultures des ex-vassaux du comte de Provence (7), On peut supposer toutefois qu'ils firent là, après réduction du morcellement, des essais concluants de culture scientifique: assolement triennal avec combinaison des différentes espèces de céréales. Les Hospitaliers pratiquèrent ce système, en effet, sur le même territoire, au lendemain de l'abolition du Temple, et ils n'obtinrent pas de résultats bien supérieurs à ceux de leurs devanciers (8).

1. Nous n'avons pas de renseignements précis sur la condition de ces hommes. Mais on peut avancer qu'ils n'étaient tenus à aucun service régulier puisque l'inventaire des biens et droits de la maison de Biot n'en parle pas. Pour les travaux qu'ils pouvaient être appelés à faire dans le domaine du Temple, nous nous en rapportons à ce qui se faisait ailleurs, en cas de corvée, et à Biot même, dans la première moitié du XIVe siècle, en ce qui concerne les travaux à la journée. (Voyez Durbec, opuscule cité, p. 224).
2. Durbec, opuscule cité, p. 200 (Inventaire).
3. Voyez infra: Les litiges.
4. Gioffredo, Storia delle Alpi Maritime, t. II, col. 689.
5. Durbec, opuscule cité, 3e partie (L'agriculture).
6. Durbec, opuscule cité, p. 204 (Inventaire).
7. Nous ne parlons ici, bien entendu, que des cultures donnant lieu à une exploitation commerciale. Il se peut, en effet, que les Templiers en aient essayé d'autres. La phrase suivante, qui provient d'une charte de 1235-1236, nous a frappé: « Dono tibi... dornum sitam in Castro de Busoto subtus morerium ». A notre connaissance, le mûrier n'a été signalé, pour la première fois, qu'en 1303 (à Cournonterral, Hérault). On le trouve ensuite à Toulon, en 1354 (de Ribbe, La Provence à la fin du Moyen Age, p. 267). Nous serions donc, à Biot, en avance de près de 80 ans sur la première de ces dates. Comme la date d'introduction du mûrier blanc en Provence est inconnue, le fait a son importance. Rien, il est vrai, ne nous dit qu'il s'agisse à Biot, pas plus d'ailleurs qu'à Cournonterral et à Toulon, de mûriers de cette espèce. Mais nous ne pensons pas que le mûrier noir, très répandu dans le Midi depuis l'époque romaine, ait pu, à cause même de son extension, servir à désigner des emplacements peu communs: une place du castrum, à Biot; une cour où l'on rendait la justice, à Toulon.

8. Il faut également signaler, à propos des cultures, que certaines terres de Grasse étaient irriguées au moyen de canalisations (acte du 19 mars 1258-1259).


L'accensement

D'une manière générale, la plupart des biens du Temple situés en dehors du territoire de Biot étaient « faits » par des tenanciers. On peut ramener à trois ou quatre types les contrats qui liaient ces tenanciers à l'Ordre: le bail à tasque (connu ailleurs sous le nom de champart) qui fixait le taux du prélèvement à effectuer sur les récoltes du bien concédé; le bail emphytéotique, qui déterminait le montant invariable du cens et des services en nature; le bail à temps dont l'échéance se fixait en même temps que la redevance ; enfin, la concession gratuite qui comportait une seule réserve: le lods ou droit de mutation.

Voici, tout d'abord, l'analyse de deux actes qui furent passés à Nice, le 30 novembre 1264, et qui font partie de la catégorie des baux à tasque. Dans le premier, Pierre Geoffroi, commandeur, inféode une terre de Caucade à un habitant de Nice qui doit prendre l'engagement de planter cette terre en vignes et figuiers dans les 4 ans, et de porter chaque année, à la maison du Temple, 1/5 de tous les fruits qu'il en tirera, plus une quantité peu importante mais déterminée de figues, blé ou légumes. Dans le second, il exige que cinq citoyens niçois, auxquels il a concédé, dans les mêmes conditions, une autre terre de Caucade, lui remettent annuellement un quartier du blé, des légumes et de toutes les semences qu'ils feront sur cette terre antérieurement aux plantations prévues par le contrat.

Ces concessions ne comprenaient que des redevances irrégulières, proportionnées au rendement des terres. Elles étaient loin, sans doute, de satisfaire le goût de l'Ordre pour la comptabilité exacte. C'est peut-être pourquoi le nombre des services qu'on lui faisait à ce titre, dans notre région, est tout à fait insignifiant.

Le bail à cens et services « perpétuels » était plus fréquent. Le tenancier, quelle que fût sa condition, devait s'acquitter tantôt en argent, tantôt en nature, tantôt sous une forme mixte: en argent et en nature (1). Pour la détermination des taux, aucune règle fixe n'intervenait. La diversité s'imposait, là comme ailleurs, et en toutes choses. A Grasse, les écarts allaient de 1 à 18 deniers pour les maisons, de 1 obole à 4 deniers plus 8 coupes de vin pour les vignobles, de 1 à 20 deniers plus 30 paires d'oignons pour les jardins, de 1 à 18 deniers pour les terres, etc. (2). Il pouvait certes y avoir de tels écarts dans les estimations des biens accensés, d'autant plus que toutes les inféodations n'avaient pas été faites à une même époque ; mais nous ne pensons pas qu'il y ait lieu d'établir un rapport constant entre la valeur des immeubles et le taux des cens: le service d'une obole pour une maison n'était pas rare (Vence, Touët, Rigaud) et le cens d'un casau était parfois supérieur à celui d'une maison.

Quant au bail à temps, il n'était consenti, semble-t-il, que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles: le 2 octobre 1268, par exemple, l'Ordre loue pour deux termes, à Raibaud de Nice, la part d'un moulin (le 1/3) qu'il possède à Grasse, moyennant 18 sous provençaux, et sous condition que ledit Raibaud emploiera cet argent à la réparation de l'édifice ; le commandeur se réserve le droit de reprendre le moulin à la Pentecôte — 1er terme de la location — sauf à rembourser les 18 sous du 2e terme.

On voit que le prix de la location était versé d'avance et que le commandeur couvrait ses risques en n'engageant pas l'avenir au delà de quelques mois.

Sur les concessions de biens en franchise (on en trouvait encore à Annot en 1308), nous n'avons aucun renseignement. Il eût été intéressant de savoir si les Templiers avaient donné eux-mêmes ces biens ou s'il s'agissait d'anciens « bénéfices » confirmés.

Notons encore que l'accensement des biens de l'Ordre ne pouvait se faire, en cas d'aliénation définitive, qu'avec l'assentiment de plusieurs membres. La concession en emphytéose d'une terre de Nice (acte du 21 octobre 1274) avait été décidée par le commandeur de cette ville « cum consilio fratris Petri de Cassalis, commendatoris de Bras, et fratris Hugonis de Monte Salvo et fratris Bonifacii Berengarii... »

1. Aux Mujouls, par exemple, on faisait des services en argent; à La Gaude, des prestations en nature; à Rigaud, des services mixtes. A Entrevaux, et dans quelques autres localités, le Temple recevait surtout des repas.

2. Nous aboutirions ailleurs à des résultats analogues ; les écarts, à Vence, allaient de 1 obole à 6 deniers pour les maisons, 3 oboles à 18 deniers pour les vignobles, 1 à 12 deniers, pour les terres, etc.


Le rendement (1)

L'exploitation directe du domaine de Biot donnait à l'Ordre, au moment de son abolition: 704 setiers de blé, 264 d'orge, 176 de méteil, 288 d'avoine et 28 de fèves. Nous ignorons quelle était l'importance des cultures du mil et du pois-chiche, mais l'inventaire de 1308 mentionne certaines quantités de ces produits: 90 setiers de mil et 2 setiers l'émine de pois-chiches. Nous savons, par ailleurs, que les 80 « fosserées » de vignes de ce pays rendaient au moins 50 « saumées » de vin. Dans les bonnes années, la récolte devait être meilleure: on trouvait une douzaine de récipients dans les caves du château, dont 10 contenant chacun de 8 à 20 « saumées ». Il est vrai que la maison de Biot pouvait centraliser le vin des localités voisines. Ce qui est certain, c'est que les frères, au moment de leur arrestation, n'avaient plus que 40 « saumées » de vin pur dans 3 cuves. Rien ne nous permet de calculer le revenu annuel que Biot tirait de l'élevage, mais nous estimons au moins à 700 livres la valeur du seul gros bétail équin, bovin et porcin (adulte) inventorié dans cette localité le 25 janvier 1308 (24 chevaux, 70 boeufs ou vaches et 56 porcs) (2), C'était là une somme très importante. Nous croyons pouvoir avancer qu'elle aurait suffi à nourrir, loger et habiller de 70 à 100 bons ouvriers pendant un an (3).

A Grasse même, les cens et services en argent de l'Ordre s'élevaient à 4 livres (exactement 79 sous 5 deniers), dont 30 sous fournis pour 1/3 de moulin. Il faut ajouter à cette somme la valeur de 67 coupes de vin, de 30 « cobles » d'oignons, de quelques jambonneaux, et, enfin, le revenu indéterminé de certains biens. Les ressources de l'église Saint-Jacques ne sont pas connues.

Les 473 cens et services du bailliage de Puget-Thémers formaient un total de 21 livres. Rigaud entrait dans cette somme pour 8 livres.
Touët pour 2 livres 1/2.
Les Mujouls pour 2 livres 1/2.
Annot pour 1 livre 1/2.
La Penne pour 1 livre.
Méailles, Cuébris et Collongues pour 10 sous chacun environ, etc.
Presque toutes les redevances en nature consistaient ici en blé et en avoine: blé, 23 setiers, 12 émines 1/2, 3 quartiers ; avoine, 8 setiers 1/3, 5 civadiers 2/3, 34 émines, 78 quartiers 1/3. Parmi les autres droits, nous mentionnerons:

les corvées (non spécifiées), 6 1/2 par an dont 4 complètes, les autres en fractions de 1/2, 1/3 et 1/4, à faire tous les 2, 3 et 4 ans ; les repas: 38 dont 26 complets (pour 1, 2, 3 ou 4 hommes et quelquefois 2 bêtes), le restant en portions du 1/4, du 1/3 ou de la moitié; enfin, l'albergues: 2 complètes, l'une pour 1 frère, 1 serviteur et 1 bête, l'autre compensée par une somme de 2 sous (4).

Dans le bailliage de Vence, le rendement total, en espèces, des tenures ne s'élevaient qu'à 3 livres. A savoir:
Vence, 1 livre 4 sous;
Le Broc, 1 livre 10 deniers;
Tourrettes, 4 sous 10 deniers, etc.

La Gaude était le seul pays qui fournît exclusivement des prestations en nature. Celles-ci n'étaient pas très importantes d'ailleurs, en tout 3 setiers et 3 émines d'avoine. Pour le reste, nous notons une tasque indéterminée (sur 4 pièces de terre) et 5 albergues dont 2 complètes, les autres en fractions de 1/2, 1/3, 1/4, 1/8 (à 1 ou 2 frères avec ou sans bêtes). Nous n'avons pas le moindre renseignement sur le revenu des droits de coseigneurie que l'Ordre possédait au Broc.

Il ressort de ce bref aperçu: que l'exploitation directe du seul domaine de Biot rendait environ 1168 setiers de céréales (blé, méteil et avoine), c'est-à-dire 13 à 14 fois plus que l'ensemble des services de même nature (2) de toute la Commanderie, — que la valeur de ces céréales (environ 245 livres) était bien supérieure au montant des cens et services en argent (5) des biens inféodés dans les autres localités (environ 28 livres), — et que Biot était, en outre, le seul pays où l'Ordre possédât une très importante quantité de bétail (6).

1. Nous ne chercherons pas à convertir les différentes mesures citées dans ce chapitre. Les éléments nécessaires à l'appréciation exacte de chacune d'elles font en partie défaut. Sans doute l'émine valait-elle la moitié du setier et le quartier la moitié de l'émine, mais il y avait plusieurs setiers et plusieurs émines (mesures de Nice, de Grasse, d Antibes, de Puget, de Thorame), des mesures variables selon le produit (setier du blé et setier de l'avoine: le civadier probablement), selon les circonstances (mesures anciennes et mesures nouvelles), et selon l'usage même qu'on en faisait (mesure rase et mesure comble). Toutes les mesures ici nous sont données sans précision.

2. Nous comptons les chevaux à 15 livres, les boeufs ou vaches à 5 livres, en moyenne, et les porcs à 5 sous. Ces prix arbitraires ont été fixés d'après de multiples renseignements épars; ils sont certainement au-dessous de la vérité.

3. Un bon ouvrier touchait annuellement, pour son salaire, sa nourriture et ses frais d'habillement une somme dont la contrevaleur en blé (à Biot, en 1338) était d'environ 16 hectol. (Durbec, opuscule cité, p. 226). Le setier de blé de 40 litres valait alors environ 5 sous.

4. Un censitaire d'Annot servait à l'Ordre: 1 émine de blé (mesure de Thorame), plus, dans la 3e année qui suivait ce service, la moitié d'un quartier de mouton, 1 « cartaletum » de vin et 1 pain, mais, ajoute la déposition, « ille qui predicta portal fratri dicte Domus prandet cum dicto fratre ».
5. De ceux que nous connaissons, bien entendu.
6. Nous parlons des troupeaux appartenant en propre à l'Ordre, et non à ses tenanciers.

Sources: Joseph-Antoine Durbec — Les Templiers dans les Alpes-Maritimes — Notice Historique sur les Maisons et Possessions du Temple dans les diocèses de Antibes, Grasse, Nice, Vence et Glandeves — Extraits de la Revue Nice-Historique — 1938 — Imprimerie L'Eclaireur de Nice

Cartulaire des Alpes-Maritimes - IV. — Les Litiges

Conflits avec les évêques et le clergé

Il semble bien qu'un conflit assez grave se soit élevé de bonne heure entre l'évêque d'Antibes et les Templiers au sujet de Biot (1). Nous en avons une preuve implicite dans ce fait que le commandeur « Bernard de Cambolamo » reprit à l'évêque d'Antibes, en 1233, les biens que celui-ci avait achetés à Biot six années plus tôt (2), Et il est certain, d'autre part, que l'acte du 3 janvier 1246-1247, par lequel le commandeur Geoffroi de Grasse et l'évêque Raimond décidaient de soumettre la question de Biot à des arbitres, procédait d'une longue mésentente.

De quoi s'agissait-il ? Manifestement gêné par la présence et l'activité des frères de l'Ordre dans le bassin de la Brague, l'évêque d'Antibes revendiquait certains droits sur ce même bassin et notamment, parmi eux, la dîme et la juridiction. Nous ne pensons pas que le commandeur eût la dîme, mais aucune raison ne l'obligeait, semble-t-il, à sortir de sa réserve pour exposer son droit de juridiction. Il tenait ce droit du comte lui-même, par la charte de mars 1209 (3): la demande de l'évêque ne portait pas, en effet, sur le cas spécial de la justice ecclésiastique (privilège de clergie), mais bien sur des points particuliers de la justice seigneuriale: perception des amendes, droits de mutations, etc. Le commandeur n'en accepta pas moins de soumettre le litige à deux arbitres et le grand maître de l'Ordre en Provence s'engagea lui-même, selon la règle, à faire ratifier le jugement par son chapitre: les arbitres, pour des raisons que nous ignorons, se prononcèrent contre le Temple et reconnurent à l'évêque de Grasse le tiers de la seigneurie de Biot (4).

Quatre ou cinq mois après qu'il eut consenti à soumettre les difficultés de Biot à un arbitrage, le Temple fut obligé d'intervenir pour défendre les privilèges de l'église qu'il possédait à Grasse: l'évêque de cette ville ayant fait enterrer un donateur de l'Ordre dans le cimetière de l'église en question, le commandant Geoffroi de Grasse s'en plaignit à l'archevêque d'Arles; et celui-ci, se référant à des instructions générales du pape (lettres du 5 décembre 1246), prit la défense des Templiers: il demanda à l'évêque de Grasse, en juin 1247, de reconnaître ses torts, de ne pas chercher au surplus à imposer une « quiste » de 100 sous à la maison du Temple, et de venir répondre devant lui, à Arles, des faits qu'on lui reprochait. Mais l'évêque de Grasse protesta: on ne lui avait pas montré les instructions du pape, on l'avait fait citer par des intermédiaires (l'abbé de Lérins, qui devait le prévenir au nom de l'archevêque, lui avait délégué son économe de Cannes), on l'avait gravement offensé, etc.

La trêve de quelques années qui fit suite à cette affaire n'existerait pas sans les lacunes qui coupent alors notre documentation: en effet, dès 1269 un acte d'apparence bénigne (la dénonciation comme nouvel oeuvre, par le commandeur de Rigaud, d'un four que l'évêque Dominique avait fait construire à Biot) indique clairement que les rapports des deux coseigneurs de ce lieu sont toujours très tendus (5).

Dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, la tension de ces rapports s'aggrave. Elle se manifeste par des actes dont nous avons signalé ailleurs toute l'importance et sur lesquels, par conséquent, nous n'insisterons pas: notons simplement que l'évêque de Grasse P(ons) ? capte à son profit, le 14 mai 1286, l'instruction d'une affaire soumise au juge de Grasse par le commandeur Foulques Bérenger (6) ; que le viguier de Grasse s'efforce vainement, deux mois plus tard, de rétablir la paix entre les coseigneurs de Biot (7) ; et que le commandeur demande à deux arbitres, le 26 février 1298, de faire citer les témoins qu'il est en mesure de produire pour la défense de ses droits contre l'évêque (il s'agissait toujours de Biot et de Clausonne) (8).

Déjà, le 20 avril 1292, un frère de la maison de Grasse, Bertrand Silvestre, avait prié l'official de cette ville de lui montrer un prétendu titre qu'il disait tenir de l'archevêque d'Embrun (peut-être une sentence compromissoire) et sur lequel il appuyait certaines revendications de l'évêché de Grasse contre l'Ordre. Le frère Bertrand Silvestre avait averti l'official, en même temps, que les privilèges du Temple mettaient la maison de Grasse à l'abri de ses prétentions, et que, si l'on persistait à agir contre elle en violation de ces privilèges, il en appellerait au pape ou à toute autre personne qualifiée pour connaître du litige, sauf toutefois à l'archevêque d'Embrun.

Entre temps aussi, l'évêque de Gap, appelé à trancher un différend entre le commandeur du Temple de Grasse et l'évêque de cette ville comme surarbitre — le commandeur d'Avignon et le sacristain de Grasse, arbitres, n'ayant pas pu se mettre d'accord — avait rendu une sentence qui ne devait pas être favorable aux Templiers. C'est en effet sur cette sentence que le commandeur cherchait à revenir, le 26 février 1298, en demandant une nouvelle audition de témoins.

Un conflit d'une autre nature s'était élevé par ailleurs, aux premiers mois de 1295, entre l'évêché et la maison du Temple de Grasse. Prévenu que l'official de cette ville avait demandé au bras séculier d'arrêter un criminel réfugié dans l'église Saint-Jacques, le commandeur Pierre Ricau exposa au délégué de l'évêque que l'église en question jouissait du droit d'asile et que, par conséquent, le criminel qui s'y trouvait relevait de sa juridiction (12 mars). Mais l'official passa outre: il fit procéder à l'arrestation du criminel et répondit ensuite d'une manière si vague à une nouvelle plainte du commandeur (17 mars) que le litige fut porté devant le grand maître des maisons du Temple de Provence. Celui-ci, Guigues Adzémar, pria l'évêque de faire rendre à l'église du Temple le criminel qui avait été transféré dans la prison épiscopale, de punir ceux qui pour enlever ce dernier avaient violé les privilèges de l'Ordre, et d'excommunier, en outre, les personnes qui avaient été à Biot pour y commettre de multiples exactions (8 avril).

Les rapports du Temple avec les autres ecclésiastiques de la région n'ont pas laissé beaucoup de traces. Nous avons une protestation commune des commandeurs du Temple et de l'Hôpital de Nice contre l'évêque de cette ville qui voulait les faire participer aux frais de passage d'un cardinal (25 mars 1269). Et, d'autre part, un différend entre l'Ordre et l'abbé de Lérins au sujet de Clausonne. Ce différend fut réglé par arbitrage, sans trop de difficulté semble-t-il, et ratifié à Biot, le 27 décembre 1298, par le chapitre de la maison du Temple (9).

1. Un historien d'Antibes (Tisserand, Histoire d'Antibes. p. 124) nous dit que l'évêque Bertrand II et le commandeur Raimond de Grasse (?) firent trancher par compromis, dès 1225, un conflit relatif à la seigneurie de Biot. Ce témoignage assez confus n'est appuyé d'aucune référence et rien, aujourd'hui, ne nous permet de le contrôler. Le fait, cependant, n'est pas invraisemblable: mais le commandeur ne pouvait être Raimond de Grasse qui ne figure pas dans nos chartes et dont le titre paraît également fort douteux au marquis de Grasse, historien de sa maison (communication personnelle).
2. Voyez supra: Le retrait féodal.

3. Durbec, opuscule cité, p. 166. La charte spécifiait, il est vrai, que le comte ne donnait que ce qui lui appartenait, mais cette réserve visait les droits féodaux, en partie aliénés, et non les droits souverains ou seigneuriaux les plus importants.

4. Le texte de cette sentence n'est pas venu jusqu'à nous. Il a dû être distrait des archives du Temple en 1308. On ne le trouve pas, même en copie, dans les documents de l'évêché de Grasse. Il en est fait mention dans la procédure d'une affaire qui se déroula en mai 1286 et sur laquelle nous reviendrons. Les droits de l'évêque à Biot étaient indéterminés. (Durbec, opuscule cité, p. 158).
5. Durbec, opuscule cité, p. 186.
6. Durbec, opuscule cité, p. 186, et suivantes.
7. Durbec, opuscule cité, p. 189.
8. Durbec, opuscule cité, p. 190.
9. Durbec, opuscule cité, p. 190.


Conflits avec les communes

L'un des premiers conflits qui opposèrent les communes au Temple se produisit, à cause de Clausonne, entre les frères de la maison de Biot et les habitants d'Antibes.

Clausonne, fief morcelé indivisément et acheté en partie par les Templiers de cette maison, fut à l'origine de tant de procès que nul ne réussit, jusqu'à la Révolution, à s'y prévaloir de droits nettement établis.

Les premières difficultés relatives à ce fief échappent à notre contrôle, mais nous savons que, s'aggravant, elles obligèrent le comte de Provence à intervenir, vers le milieu du XIIIe siècle, et à placer le territoire en litige sous mandat du viguier de Grasse. Cependant les droits de l'Ordre furent reconnus et Clausonne retourna à la maison de Biot. La rétrocession eut lieu à Clausonne même, en plein champ, le 12 décembre 1258.

Qu'advint-il alors ? Il est vraisemblable que les Templiers défendirent avec plus de rigueur que jamais l'accès des bois de Clausonne à leurs voisins et que les Antibois ne tinrent aucun compte de l'interdiction, d'où saisie-gagerie opérée par les frères de Biot, comme de coutume, sur les délinquants, et représailles de ces derniers:
Le 9 mai 1296, à la tombée de la nuit, plusieurs habitants d'Antibes, attroupés, armés et placés sous la conduite de certains personnages (le baile lui-même était là) se jetèrent sur les campagnes de Biot et les mirent à sac. Après avoir coupé les plantes, abattu les arbres et détruit les récoltes, ils maltraitèrent atrocement les frères de la maison et, l'opération terminée, s'en retournèrent en emmenant quelques têtes de bétail (1). Le commandeur de Biot porta l'affaire devant la cour de Grasse, mais l'évêque de cette ville, nous l'avons vu, se chargea lui-même de l'instruction [...] et les habitants d'Antibes continuèrent de troubler les frères de la maison de Biot (2).

Un conflit de même nature — que nous nous contenterons de signaler en quelques lignes — s'éleva, à la fin du XIIIe siècle, entre le commandeur de la maison de Biot et les habitants de Villeneuve. Ceux-ci furent « pignerés » par les frères du Temple qui les avaient surpris en flagrant délit de « lignerage » dans leurs forêts. Ils répliquèrent aussitôt en venant enlever deux boeufs et une ânesse à l'Ordre. Les cours de Grasse et de Nice, saisies, intervinrent à différentes reprises, mais toujours vainement. Sur requête du commandeur, le sénéchal lui-même, par deux fois, donna des instructions qui restèrent sans effet. Bien pis, le baile de Villeneuve dirigea sur Biot, au mépris de ces instructions, une expédition à main armée qui lui permit de razzier 23 juments et 8 poulains (mai 1300). Il n'avait pas hésité, du reste, à faire enlever, en juin 1298, un homme du Temple sur le chemin royal de Biot, et à le garder comme otage dans sa forteresse. Bref, le litige ne fit que s'aggraver et traîner en longueur. On peut supposer qu'ayant survécu à l'Ordre, il fut réglé, vers 1320, par les soins d'un commandeur de l'Hôpital (3).

Des habitants de Grasse qui étaient venus faire du bois dans les forêts de la maison de Biot (toujours à la même époque) et qui avaient été « pignerés », eux aussi, par les frères de cette maison, se livrèrent à des représailles, tout comme les habitants d'Antibes et de Villeneuve, et provoquèrent ainsi un conflit identique aux précédents. Nous avons pu suivre les différentes phases de ce conflit jusqu'en 1341 (4).

Signalons encore, d'après un historien dont nous n'avons pu contrôler les assertions (5), que le Conseil de Nice se serait opposé à ce que le Temple fît paître son bétail dans les lieux défendus de la ville, en 1306, et que le comte de Provence aurait confirmé cette décision.

1. Durbec, opuscule cité, p. 186, et suivantes; Tisserand, Histoire des Alpes-Maritimes, t. I, p. 244, t. II, preuves; Tisserand, Histoire d'Antibes, p. 139.
2. Durbec, opuscule cité, p. 189, 198.
3. Durbec, opuscule cité, p. 191, et suivantes.
4. Durbec, opuscule cité, p. 212, et suivantes.

5. Gioffredo, opuscule cité, col. 689. Le fait est exact, mais il semble qu'on doive l'imputer aux bergers du Temple et non à l'Ordre lui-même.


Conflits avec les cours royales

Le commandeur du Temple fit appel de toutes les décisions non favorables prises à son égard par les cours de Grasse et de Nice dans les procès qu'il soutenait contre des tiers. Il ne pouvait manquer de porter devant les juridictions supérieures celles des sentences que ces cours. avaient prononcées directement, « motu proprio », contre l'Ordre lui-même ou un de ses membres.

En 1285, par exemple, le juge de Nice, Foulque Ardouin, condamna un membre donateur du Broc, Raymond Jaubert, qui avait empêché un tenancier du Temple de payer la tasque réclamée par la cour royale. Il le condamna « quia talia facere sunt res mali exempli et digne correctione », mais à tort sans doute, car le juge-mage, sur appel du commandeur, cassa son jugement et donna raison, implicitement, au représentant de l'Ordre (18 mai 1285).

Quelques jours plus tard (le 28 mai 1285), le même juge-mage, sur appel du même commandeur, annula une sentence de ce même Foulque Ardouin contre un autre habitant du Broc qui était sujet du Temple: le commandeur avait soutenu que le droit de juridiction qu'il exerçait sur ses « hommes » du Broc remontait à plus de 50 ans.

Enfin, au mois de juin 1306, les officiers de la cour de Grasse ayant fait saisir à leur tour, suivant l'exemple de l'évêque, un criminel qui s'était réfugié dans le domaine de l'église Saint-Jacques du Temple, le commandeur protesta auprès du sénéchal, et le juge-mage, au nom de celui-ci demanda à la cour de Grasse, par lettres du 20 juin, de rendre le prisonnier au Temple. Au frère qui leur présentait ces lettres les officiers de Grasse répondirent que l'arrestation de l'assassin avait été effectuée hors de la maison et de l'église de Saint-Jacques, dans un lieu non couvert par l'immunité. Cependant, le juge, désireux de faire la pleine lumière sur ce point demanda à deux juristes et à plusieurs personnes, le 5 juillet, de se rendre sur place pour y effectuer une enquête très serrée. Les opérations de métrage démontrèrent que le criminel, saisi à moins de 18 pas de l'église, se trouvait bien sous la protection de celle-ci. En conséquence, le juge, « Volens redere que sunt Cesari Cesari et que sunt Dei Deo », s'empressa de faire remettre le prisonnier aux Templiers de Saint-Jacques.

Conflits avec les particuliers

Ces conflits, comme la plupart de ceux que nous avons signalés, étaient presque toujours tranchés par compromis. Il arrivait même que le juge de Grasse fût choisi comme arbitre ! Le cas se produisit le 17 juillet 1243: Foulques du Cannet eut à fixer alors « tanquam arbitrator et amicabilis compositor » les limites des terres sises en un lieu dit « sala Laurens ». Ces terres avaient été vendues au Temple, en 1208, par G. de Clermont.

Nous mentionnerons encore une contestation élevée par R. Geoffroi de Grasse, en 1225, au sujet des biens laissés aux Templiers par Guillaume Badat, et soumise à l'arbitrage de l'évêque d'Antibes: celui-ci reconnut les droits du Temple, mais demanda au commandeur, en échange, de remettre une somme de 13 livres de génois à Geoffroi de Grasse. Si les biens en question avaient été inféodés à Guillaume Badat par R. Geoffroi de Grasse, ainsi que nous le pensons, le présent conflit vient confirmer ce qui a été dit plus haut touchant les difficultés relatives aux biens acquis par l'Ordre en dehors de Biot (1).

1. Cet acte a été publié par Doublet, opuscule cité, p. 227.
Sources: Joseph-Antoine Durbec — Les Templiers dans les Alpes-Maritimes — Notice Historique sur les Maisons et Possessions du Temple dans les diocèses de Antibes, Grasse, Nice, Vence et Glandeves — Extraits de la Revue Nice-Historique — 1938 — Imprimerie L'Eclaireur de Nice

V. Cartulaire des Maisons du Temple de Nice, Grasse et Biot

1. — 1191 (25 avril)
Le pape demande à l'évêque d'Antibes, d'inviter les Templiers à démolir une église qu'ils ont fait construire à Aix malgré l'opposition du prévôt et des chanoines de cette ville (Datum Laterani) — Bibliothèque Méjanes, Aix, manuscrit 1042 folio 3.

2. — 1193 (mai)
Pierre Riquier vend aux Templiers de Nice, pour 1300 sous génois, deux pièces de terres sises à Alba Lanna et contiguës à la « Maison du Var », Frère cité: Ugue « de Salice » (Actum Nice) — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 106.

3. — 1201 (20 mai)
Asturgue, veuve de Raimond Bertrand, de Grasse, reconnait avoir vendu à la milice du Temple de cette ville, pour 2500 sous royaux raimondins, tous les biens qui lui venaient de sont mari. Frère cité: Jean « Callius »
(Actum [Grasse]. Notaire: B. Barba.) — Archives A. M. H 1509.

4. — 1202 (10 juillet)
Le précepteur de la Maison du Temple de Nice, Guillaume Geoffroi « del Muoil », échange avec l'abbé de Saint-Pons un jardin sis à « Lempeda » contre une partie du Puy-Saint-Martin, « ad sanctum Pontium. » L'abbé vend de plus au précepteur, pour 10 livres de génois, une autre partie de ce Puy.
([Actum] ad sanctum Pontium et ad Cavalariam). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 106.

5. — 1203 (3 décembre)
G. Raibaud, Milon Rabat, Etienne Badat et Guillaume Bermond, consuls de Nice, remettent, pour la durée de leur mandat, à R. « de Pamias », commandeur du Temple, et à Jean Fita, commandeur de l'Hôpital, la tour de Bertrand Desa et Pierre Audebrand, Grand Prieur de l'Ordre en Provence: Perillon.
(Actum [Nicie]. Notaire: Raimond Téry). Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 106.

6. — 1206 (1 octobre)
Un certain Chabaud, de Nice, donne à la Maison du Temple de Nice tous les droits qu'il a sur une terre et un jardin sis « in Aura », et qu'il « fait » pour Guillaume Riquier et ses frères.
(Actum in domo militie que est Nicie. Notaire: Raimond Téri). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 106.

7. — 1206 (1 octobre)
Guillaume Ricard, de Nice, voue son fils Isnard à l'Ordre du Temple. Il donne à celui-ci « per elemosinam », la moitié de sa terre de « Font Gairaud. » Commandeur de la Maison du Temple de Nice: Raimond « de Pamias »
(Actum... Nicie. Notaire: Raimond Téri). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 106.

8. — 1208 (23 avril)
G. de Clermont vend à la Maison du Temple de Grasse des terres situées au lieu-dit « Sala Laurens. » Commandeur: G. Olivier Audier. Notaire: Isnard.
(Acte signalé dans le nº XLIII). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 106.

9. — 1209 (25-31 mars)
Le comte de Provence, Alphonse II, donne à la milice du Temple tous les droits qu'il a sur Biot. Grand Maître de l'Ordre en Provence: Guillaume Châtel.
(Actum... apud Grassam. Notaire: Guillaume). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 106.

10. — 1209-1210 (5 mars)
Sentence arbitrale rendue à Grasse, sous le portique d'Olivier Audier, en faveur du « commandeur de la Maison du Temple de Provence. » Frères cités: Olivier Audier, Martin « Crespelli », Etienne Scudier.
(Actum ...apud Grassam. Notaire: Isnard). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 121.

11. — 1210 (21 août)
Le commandeur de la Maison du Temple de Nice, Pons Fabre, est cité comme témoin d'une confirmation des privilèges accordés à cette ville par le comte de Provence. Frère cité: Jean de Galluc ( ?).
(Actum [Nicie] in plano de Arisano. Notaire: Raimond Téri). — Archives des Bouches-du-Rhône B 389.

12. — 1211 (9 avril)
Olivier Audier, commandeur de la Maison du Temple de Grasse, fait citer les témoins d'une donation verbale passée sur la « terrasse » de Biot, en 1210, par Bertrand Robert de Biot en faveur de Guillaume Robert de Biot. Frère cité: Pierre Tasil.
(Actum ad Buzot. Notaire: Isnard). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 112.

13. — 1211 (5 juillet)
L'évêque d'Antibes autorise les Templiers, sous certaines réserves, à fonder une église et un cimetière à Grasse. Commandeur de la Maison du Temple de Grasse: Olivier Audier. Commandeur de la Maison du Temple du Ruou: Bermond. Frères cités: Etienne Scudier, Pierre Tasil et Jean de Gardanne.
(Actum apud Grassiam. Notaire: Isnard). — Archives A. M. H 1507.

14. — (1211 26 octobre)
Guillaume Robert, de Biot, donne une terre sise en ce lieu à la Milice du Temple. Commandeur de la Maison du Temple de Grasse: Olivier Audier. Frères cités: Etienne Scudier et P. Viviani.
(Actum apud Grassiam. Notaire: Isnard). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 108.

15. — 1212 (6 mai)
Pierre Squirp, de Grasse, remet définitivement à la Maison du Temple de cette ville tous les biens de feu Olivier Audier. Commandeur de Grasse: Bernard Amic ? Frères cités: Guillaume Bertrand et Etienne Squdier.
(Actum [Grasse] ...ad malum consilium. Notaire: Isnard). Archives A. M. H. 1509.

16. — 1212-1213 (20 janvier)
Raimond de Biot vend plusieurs parcelles de terre sises en cette localité à la Maison du Temple de Grasse. Prix: 17 livres de raimondins. Commandeur: Olivier Audier. Frères cités: Etienne Scudier, Rostang de Comps, Castelnou ?, Guillaume d'Ybaye (de Hubaia).
(Actum Grasse, in porticu domus milicie. Notaire: Isnard). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 108.

17. — 1212-1213 (9 mars)
Narbonne et ses fils vendent à la Maison du Temple de Grasse, pour 40 sous raymondins, une pièce de terre sise à Biot. Commandeur Olivier Audier. Frères cités: Hugues et Etienne Scudier.
(Actum [Grasse]. Notaire Isnard.) — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 108.

18. — 1212-1213 (14 mars)
Raymonde, veuve guidon, donne à la Milice du Temple une terre sise à « Tocabous », quartier de Biot. Commandeur de la Maison du Temple de Grasse: Olivier Audier.
(Actum Grasse. Notaire: Isnard). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 108.

19. — 1213 (12 avril)
Guillaume Robert, de Biot confirme à la milice du Temple sous certaines réserves (testamentaires !), la donation « post obitum » qu'il lui a faite de ses biens meubles et immeubles. Précepteur de la Maison du Temple de Grasse: Olivier Audier.
(Actum apud Buzot. Notaire: Isnard ). Archives A.M.H. 1509.

20. — 1213 (23 mai)
Raymond de Biot remet définitivement à la Milice du Temple tous les biens que Guillaume et Bertrand Robert, frères, possédaient à Biot. Précepteur de la Maison de Grasse: Olivier Audier. Frère cité: Etienne Scudier.
(Actum in castello Nicie. Notaire: Bertrand Marc [...]). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 108.

21. — 1213 (27 mai)
Isnard Bertrand vend à la Milice du Temple, pour 100 sous Raymondins, une terre sise à Plascassier. Sa femme, Blancarde, approuve la vente. Commandeur de la Maison de Grasse: Olivier Audier. Frère cité: Etienne Scudier.
(Actum Grasse. Notaire: Isnard). Archives A.M.H. 1509.

22. — 1213 (10 août)
Ugue Raimond donne à la maison du Temple de Grasse une terre située en cette ville « Sub Sala Lorenz. » Frère cité: Etienne Scudier.
(Actum Grasse. Notaire: Isnard. Archives A.M.H. 1507.

23. — 1214 (7 janvier)
Jausseran de la Penne se voue à la Maison du Temple de Grasse. Il lui donne toutes ses propriétés de Biot. Commandeur: Olivier Audier. Frères cités: Etienne Scudier et Guillaume d'Ubaye.
(Actum in Penna Sancti Bauli. Notaire: Isnard). Archives Bouches du Rhône H. (OT) 108.

24. — 1214 (10 septembre)
Féraud de Cipières reconnaît avoir vendu à la Maison du Temple de Grasse, en août 1214, pour 100 sous Raymondins, la nue propriété d'un certain nombre de terres et de prés sis à Biot. Commandeur: Olivier Audier. Frères cités: Etienne Scudier, Pierre Viviani et Guillaume, chapelain.
(Actum [Grasse ?]. Notaire: Isnard. Archives des Bouches du Rhône H (OT) 108.

25. — 1218 (20 octobre)
Raymond de Penne vend, au nom de sa femme, à la Milice du Temple, pour 4 livres Raymondins, une terre sise à Biot. Commandeur de la Maison du Temple: Olivier Audier. Frères cités: Pierre Viviani, Geoffroy et Hugon.
(Actum Antipoli. Notaire: Samson. Archives des Bouches du Rhône H (OT) 108.

26. — 1219 (1 décembre)
G. Augier et sa femme vendent à la Maison du Temple de Grasse, pour 4 livres Raymondins, une ferrage et un jardin situés à Biot. Commandeur: Olivier Audier. Frères cités: Taeil et Guillaume, chapelain.
(Actum in Ecclesia Sancti Jacobi. Notaire: Pierre Grasse). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 108.

27. — 1222 (13 avril)
Rostand de Saint Laurent, précepteur des Maisons de Nice et de Grasse, est cité dans une convention passée entre la Milice du Temple et Béranger d'Avignon.
Archives des Bouches du Rhône H (OT) 153.

28. — 1225 (9 octobre)
Arbitrage, par l'évêque d'Antibes d'un différend survenu entre R. Geoffroy de Grasse et les Templiers au sujet de la succession de Guillaume Badat. Commandeur de la Maison de Nice: B. Saltet. Frères cités: Rostand, commandeur de la Maison de Ruou et Guillaume Tornator, chapelain.
(Actum in Castro Antipoli. Acte rédigé par B. Tadeus, canonicus Niciensis). Archives A.M. H. 1512.

29. — 1225 — 1226 (23 mars)
Raymond de la Penne vend, à la Milice du Temple, pour 6 livres Raymondins, une terre sise à Saint Julien de Biot. Commandeur des Maisons de Grasse et de Nice: Bertrand Féraud. Frère cité: Guillaume Tornator, chapelain.
(Actum [Grasse]. Notaire: Isnard). Archives des Bouches du Rhône H. (OT) 108.

30. — 1227 (15 octobre)
Raymond de Biot et ses fils vendent à l'évêque d'Antibes, pour 100 livres Raymondins tous les biens qu'ils possèdent à Biot et à Saint Julien (voyez le numéro suivant).
(Actum in Crota... castelli Antipolitani. Notaire: Petrus). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 108.

31. — 1233 (14-15 août)
Bernard « de Cambolamo », précepteur des Maisons du Temple de Grasse et de Biot, achètent à l'évêque d'Antibes, par voie de retrait féodal, moyennant 110 livres Raymondins les biens que celui-ci avait acquis de Raymond de Biot. Il en prend possession au nom de l'Ordre. Frères cités: Pons Vitrier (vitrarius), Commandeur de la Maison « de Ruete », « viçiani » et G. « adalelmus. »
(Actum [Antipoli ].Notaire: B. d'Escragnoles). Archives des Bouches du Rhône H. (OT) 108.

32. — 1234 (2 août)
Beatrice, épouse de Geoffroy de Revest, avise Bernard de « Chambolato », Commandeur des Maison du Temple de Nice, Grasse et Biot, que son mari et elle, ont échangé avec Raybaud et Geoffroy de la Croix (du « Cros ») des terres sises à Biot et à Saint Paul. Frère cité: Faraud de Conte, chapelain.
(Actum Apud Sanctum Paulum. Notaire: Guillaume Bertrand). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 109.

33. — 1235 (4 mars)
Raymond de Claviers et sa femme vendent au Temple, pour 1000 sous Raymondins tous les biens qu'ils possèdent à Biot. Commandeur des Maisons de Grasse et Nice: Bernard de « Cambolamo. » Frère cité: P. Augier, chapelain.
(Actum in Castro de Claverio. Notaire: Bertrand de Comps). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 109.

34. — 1235 (14 avril)
Par acte passé dans le cimetière de Saint Michel, le nommé Brun, sa femme, Palme et Doulce, fille de Palme, vendent à la maison du Temple de Nice, 3 cesterées d'une terre sise à Cremat. Commandeur: Bernard de « Cambolambo »
(Notaire: Guillaume Téri). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 106.

35. — 1235 (31 juillet)
Bertrand Pandols, d'Antibes, vend à la Milice du Temple, pour 4 livres Raymondins un pré sis à Biot. Commandeur des Maisons de Grasse et de Nice: Bernard de « Chambolato »
(Actum [Antipoli ?]. Notaire: Guillaume Bertrand). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 109.

36. — 1236 (19 août)
Guide d'Ampus, son fils et son neveu, Raymbaud de Grasse, confirment les donations faites à l'Ordre du Temple par leurs ancêtres. Le Commandeur de la Maison de Grasse, Bertrand de « Chambolato », est cité parmi les témoins avec G. « de Vallibus », chapelain.
(Actum Grasse. Notaire: Guillaume Bertrand). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 122.

37. — 1237 (18 mai)
Raymond de la Penne vend à la Maison du Temple de Grasse, pour 20 sous Raymondins, une terre sise à Biot. Précepteur de cette maison: Frère Isnard ; chapelain: G. « de Vallibus »
(Actum [Grasse]. Notaire: U. d'Escragnoles). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 109.

38. — 1237 (12 novembre)
Josserand de Biot vend à la Milice du Temple, pour 20 livres Raymondins et 1 boeuf d'une valeur de 100 sous Raymondins un certain nombre de terres et de casaux sis en cette localité. Précepteur des Maisons de Nice et de Grasse: Frère Isnard. Frères cités: Vézian (Veçiani) et N ... (effacé).
(Actum Nicie, in domo Milicie. Notaire: Hugo Rocha). Archives des Bouches du Rhône H (OT) 109.

39. — 1240 (9 avril)
Bertrande de La Garde, fille de G. de Grasse, vend à la Milice du Temple pour 7 livres 1/2 Raymondins, une terre et un pré sis à Biot, au lieudit « Neguamonegues. » Les membres de sa famille approuvent la vente. Précepteur des Maisons de Grasse, Nice et Biot: Bernard de « Cambolamo »
(Actum ... Antipoli. Notaire: Pierre d'Andon (de Adano). Archives A.M. H.1509.

40. — 1240 (21 avril)
Foulques de la Penne se donne au Temple avec tous ses biens meubles et immeubles. Mais il diffère son entrée dans l'ordre parce qu'il est marié et il retient l'usufruit de ses biens. Commandeur de Grasse: Bernard de « Cambolato »
(Actum Grasse. Notaire: Guillaume Costes). Archives A.M. H. 1507.

41. — 1240 (17 septembre)
Pierre et Guillaume de Caussols, frères, vendent à Frère Rainaud, représentant la Maison du Temple de Grasse pour 9 livres Raymondins et 5 sous, une vigne sise au lieudit « l'Etang. » Frère cité: Martin, chapelain de l'église Sant Jacques.
(Actum [Grasse]. Notaire: U. d'Escragnoles). Archives A.M. H 1509.

42. — 1240 (12 novembre)
Raimond de Penne et son fils vendent au Temple et remettent à Bernard « de Cabalano », précepteur des Maisons du Temple de Grasse et Nice, une pièce de terre sise à Biot. La vente est faite moyennant 6 livres de Raymondins dont 60 sous payable sur le champ et 60 sous deux ans après la fête de Saint-André, sauf rachat par les vendeurs, avant ce terme, de la terre en question.
(Actum [Grasse]. Notaire: d'Escragnoles). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 109.

43. — 1243 (17 juillet)
Bertrand Austrada, commandeur des Maisons du Temple de Nice et de Grasse, et R. Clermont (de Grasse), demandent à Foulque du Cannet (de Caneto), juge de Grasse, d'arbitrer un différent qui s'est élevé entre eux au sujet de certaines terres ayant appartenues à G. de Clermont. La sentence est rendue. Frères cités: Geoffroi de Grasse et feu Olivier Audier.
(Actum in area Clarmontorum. Notaire: U. d'Escragnoles). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 106.

44. — 1244 (2 juin)
Bertrand Calvière et sa femme vendent à la Maison du Temple de Grasse, pour 50 sous raymondins, la part des biens indivis que celle-ci possède à Biot. Vice-commandeur de cette Maison de Grasse: Geoffroi de Grasse.
(Notaire: Andreas Grasse). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 109.

45. — 1246 (9 août).
Guillaume Chabert, de Biot, élit sépulture dans le cimetière de l'église Saint-Jacques, à Grasse, et lègue ses biens à la Milice du Temple. Précepteur des Maisons du Temple de Grasse, Nice et Biot: Geoffroi de Grasse.
(Actum apud Bozotum. Notaire: Pierre d'Andon). — Archives A. M. H 1507.

46. — 1246 (27 octobre)
Geoffroi de Grasse, précepteur des Maisons du Temple de Nice et de Grasse, confirme la vente faite par Raimonde et Guillelma Fournier, à Mathilde de Carras, d'un vignoble sis à Nice, « ad Bucam nigram. » Frères cités: Vézian et Roger (prêtre).
(Actum Nicie. Notaire: Maître Pascal). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 107.

47. — 1246 (5 décembre)
Le pape Innocent IV demande à l'archevêque d'Arles de protéger les Templiers contre les molestations auxquelles ils se disent exposés.
(Datum Lugduni) — (Extrait de la charte nº I.I). — Archives A. M. H. 1513.

48. — 1246-1247 (3 janvier)
L'évêque de Grasse, R[aimond de Villeneuve], et la commandeur des Maisons du Temple de Grasse, Nice et Biot, Geoffroi de Grasse, choisissent l'évêque de Vence, Guillaume, et le Grand Maître de la Milice en Provence, Rostang de Comps, comme arbitre des différents qui les opposent à Biot.
(Actum Antipoli. Notaire: Pierre d'Andon). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 112.

48-bis. — 1246-1247 (3 janvier)-1251
Extrait d'un arbitrage qui donne 1/3 de la seigneurie de Biot à l'évêque de Grasse (S. l. n. d.)
Notaire: Bertrand Martin. (Signalé dans l'acte 139). — Archives A. M. G. 192.

49. — 1247 (10 juin)
L'archevêque d'Arles demande à l'abbé de Lerins, au nom du pape, d'inviter l'évêque de Grasse à comparaitre devant lui, à Arles, pour y répondre d'une violation des privilèges du Temple (enterrement par l'évêque et son clergé d'un donateur du Temple, R. Bonot, dans le cimetière de l'église Saint-Jacques).
(Extrait de la charte nº 51). — Archives A. M. H 1513.

50. — 1247 (10-24 juin)
Ay, abbé de Lérins, transmet au clavaire de Cannes la citation de l'archevêque d'Arles à l'évêque de Grasse.
(Extrait de la charte nº 51). — Archives A. M. H 1513.

51. — 1247 (24 juin)
B. de la Croix, clavaire de Cannes, remet la citation de l'archevêque d'Arles à l'évêque de Grasse. Celui-ci proteste contre une telle procédure.
(Actum apud Antipolim. Notaire: Guillaume Fusier). — Archives A. M. H. 1513.

52. — 1247-1248 (16 janvier)
P. de Mottans (de Morzans) vend aux Maisons du Temple de Grasse, Nice et Biot, pour 8 livres de raymondins, une terre sise à Biot. Sa femme Jaucerande, approuve la vente.
(Actum Antipoli in cortile ante domum dicti venditoris. Notaire: Pierre d'Andon). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 109.

53. — 1248-1248 (16 janvier)
Foulque du Cannet reconnait avoir reçu de Geoffroi de Grasse, commandeur des Maisons du Temple de Grasse, Nice et Biot, une mule appelée « Pontis » Il promet, en échange de venir en aide au commandeur, en cas de besoin, pendant deux ans, sous peine de 30 livres de raymondins.
(Actum Antipoli, in domo P. de Busoto. Notaire: P. d'Andon). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 109.

54. — 1250 (?)
Le [frère] P. (?) Capion [de la Maison du Temple de Biot] est cité dans une enquête sur les droits du comte de Provence.
Archives Nationales, Manuscrit latin 10125.

55. — 1251 (24 avril)
Le diacre Bertrand de Dieu, représentant de Pierre Geoffroi, commandeur de la Maison du Temple de Grasse, approuve la vente, en cette ville, d'un vignoble dépendant de l'Ordre.
Archive communale de Marseille Registre Carton.

56 et 57 — 1251 (4 novembre)
Deux actes de reconnaissance passés en faveur du Frère « Amendarius » par Raymond Revellat (51) et Etienne (52), de la Maison du Temple du Broc.
Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 113.

58. — 1252 (14 août)
Isnarde de La Penne, de Villeneuve, se donne à la Maison du Temple de Biot. R. « Cadellus », Frère de cette Maison, la reçoit au nom de R. « Amenderio », commandeur, et accepte les biens qu'elle apporte en dotation.
(Actum apud Villam novam. Notaire: G. Folco). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 109.

59. — 1256 (29 mai)
Pierre Geoffroi, commandeur de la Maison du Temple de Grasse, est cité comme témoin dans un acte passé à Lorgue.
(Notaire: Bertrand Giraud). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 123.

60. — 1258 (11 juillet)
Raimond de Grasse, vend à la Milice du Temple, pour 20 sous provençaux, tous les biens qu'il possède à Biot. Précepteur des Maisons du Temple de Grasse et de Nice: Bernard de « Bellano » Frères cités: « dominus » Martin, chapelain et Guillaume Albert, Geoffroi de Grasse (dominus) est également cité, mais non comme frère.
(Actum Grasse, in valvis ecclesie Sancti Jacobi. Notaire: Mathieu Bermond). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 109.

61. — 1258 ? (12 décembre)
Guillaume Aicard, baile de Vence, remet au Frère Guillaume Culmans « précepteur de la Maison de Biot », représentant Bernard de « Bellano », précepteur des Maisons du Temple de Nice et de Grasse, le fief de Clausonne que le comte de Provence avait fait saisir.
(Actum in ... territorio de Clausonna. Notaire: Pierre Bonnet). — Archives A. M. H. 516.

62. — 1258-1259 (10 mars)
André Forville (Fora Villa) et Pierre Giraud arbitrent un différent qui s'est élevé entre Frère Guillaume, de la Maison du Temple de Grasse, et plusieurs habitants de cette ville au sujet d'une écluse.
(Actum in terra domini Raymondi de Grassa. Notaire: Raymond Rostang). — Archives A. M. H. 1514.

63. — 1259 (18 juillet)
Jean « Amalvinus », de Grasse, sa mère et son frère vendent à la Maison du Temple de Grasse, pour 11 livres tournois, tous les droits qu'ils possèdent sur un vignoble. Commandeur: Bernard « de Bellano »
(Actum Grasse. Notaire: Guillaume de Caussols). — Archives A. M. H. 1509.

64. — 1263 (8 juin)
Lambert de Saint-Paul se donne à la Milice du Temple avec tous ses biens meubles et immeubles. Il est reçu par Geoffroi d'Alançon, commandeur des Maison de Grasse et de Nice. Frères cités: Jean Bordelli et Martin, chapelain.
(Actum Grasse. Notaire: P. Richelme). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 106.

65. — 1264 (30 novembre)
Pierre Geoffroi, commandeur des Maisons du Temple de Nice et de Grasse, accense à R. Rainoard une terre sise à Caucade. Frère cite: Jean Desdier.
(Actum Nicie. Notaire: Baud, fils de Guillaume). — Archives A. M. H. 1510.

66. — 1264 (30 novembre).
Cinq citoyens Niçois auxquels Pierre, commandeur des Maisons du Temple de Nice et de Grasse a concédé une terre de Caucade, promettent de servir annuellement à ce dernier un quartier de toutes les semences qu'ils feront sur la terre en question avant qu'elle ne soit plantée conformément au contrat d'accensement.
(Actum Nicie ... in domo Cavalarie. Notaire: Baud, fils de Guillaume). — Archives A. M. H. 1510.

67. — 1257 (18 octobre)
Etienne de Sartoux donne à la Maison du Temple, sous certaines conditions, la nue-propriété d'un vignoble sis à Grasse. Frères cités: « Ronsolinus », maître du Temple en Provence (à une date antérieure non précisée), Raimond Astorin et Olivier.
(Actum Grasse. Notaire: Raimond Jaucerand). — Archives A. M. H. 1507.

68. — 1268 (20 octobre)
Pierre Girard, précepteur de la Maison du Temple de Grasse, afferme pour 2 termes, à Raibaud de Nice, la 3e partie d'un moulin que l'Ordre possède dans le domaine de cette Maison. Frère cité: Bernard.
(Actum Grasse, in camera domus Templi. Notaire: Etienne « Solutis »). — Archives A. M. H. 1511.

69. — 1269 (13 avril), 1283 (23 décembre)
Fragment d'une charte de donation au Temple écrite à Biot « in sala in qua fit ignis », par le notaire Guillaume « Sauzatus » ou « Jauzatus »
Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 793.

70. — 1269 (25 mars)
Le chevalier P. Girard, commandeur de la Maison du Temple de Nice, et B. Suca, lieutenant du commandeur de la Maison des Hospitaliers de Nice, protestent contre l'évêque P. qui veut les faire participer aux fris de passage d'un cardinal.
(Actum Nicie. Notaire: Guillaume « Sauzatus »). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 106.

71. — 1269 (13 avril)
Le commandeur de la Maison du Temple de Rigaud, Jean Olivier, dénonce comme « nouvel oeuvre » la construction à Biot, par ordre de l'évêque de Grasse, Dominique, d'un four « ad coquendum panem »
(Actum apud Bizotum. Notaire: Guillaume « Sauzatus »). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

72. — 1274 (21 octobre)
Le commandeur des Maisons du Temple de Nice et de Grasse (... de Valono), donne en emphytéose perpétuelle, à plusieurs habitants de Nice, une terre sise dans le domaine de cette ville, au quartier du Paillon (ad Palonem). Frères cités: Pierre de « Cassalis », commandeur de la Maison du Temple de Bras, — « de Monte Salvo » — et Boniface Bérenger, chapelain de la Maison de Grasse.
(Actum in domo Ospitalis Templi Nicie. Notaire: Pierre Boniface). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 107.

73. — 1277 ? (19 juillet)
Jaucerand d'Antibes vend à la Milice du Temple, pour 30 sous provençaux coronats, une terre sise à Clausonne. Commandeur des Maisons du Temple de Grasse, Nice et Biot: Pierre de « Roseto »
(Actum in castro de Bizoto. Notaire: Rostang de Biot). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

74. — 1283 (20 décembre)
R. Jaubert, de Nice, confirme qu'il s'est donné au Temple depuis plus de 5 ans. Le Frère G. Capion, lieutenant du commandeur, le reçoit à Biot au non des Maisons du Temple de Grasse et de Nice. Frère cités: Pons Bernard, chevaliers ; Bérenger, P. Jean et B. Monnier.
(Actum Apud Bezotum in Curia Templi. Notaire: Guillaume « Sauzarus »)

75 et 136. — 1284 (17 octobre) à 1284-1285 (10 mars)
62 actes de reconnaissance (rouleau) en faveur du Frère Bertrand Silvestre, chapelain de l'église Saint-Jacques du Temple pour des biens sis à Grasse, ou dans les environs et placés sous la directe de l'Ordre du Temple. Les confronts sont indiqués.
(Notaire: Ferrier de Clermont). — Archives A. M. H. 1510.

137. — 1285 (18 mai)
Sur appel du Frère Bertrand Monnier, agissant au nom des Maisons du Temple de Nice, Grasse et Biot, le juge-mage de Provence casse une sentence rendue par le juge de Nice contre le Frère donateur R. Jaubert qui avait empêché un homme du Broc, tenancier de l'Ordre du Temple, d'obéir à la cour de Nice.
(Lata suit hec sentencia in tabula Salini. Notaire: Bertrand Augier). — Archives des Bouches du Rhône H (OT) 107.

138. — 1285 (29 mai)
Sur appel du Frère Bertrand Monnier, le juge-mage de Provence, casse une sentence rendue par le juge de Nice contre un habitant du Broc, P. Transtour, homme du Temple, qui avait frappé Bertrand Canestrier. Commandeur de la Maison du Temple: G. Capiou.
(Lata suit hec sentencia Aquis, in tabula Salini. Notaire: Bertrand Augier). — Archives des Bouches du Rhône H (OT) 113.

139. — 1286 (10-14 mai) Foulque Bérenger, commandeur des maisons du Temple de Grasse, Nice et Biot, demande aux officiers de la Cour de Grasse d'ouvrir une instruction judiciaire contre plusieurs habitants d'Antibes qu'il accuse d'avoir commis toute sorte de méfaits dans le « castrum » et le territoire de Biot. Le juge de Grasse confie l'enquête au notaire Ambroise, puis s'en dessaisit au profit de l'évêque de cette ville, P., qui lui montre un privilège de juridiction. Frères cités: Guillaume Capion, Rostang de Tarascon, et Raymond « Sarpella », donateur. (Actum Grasse, in aula domus domini prepositi). — Arch. A.M., G. 192.

140. — 1286 (29 juin)
Pour permettre au viguier de Grasse de rétablir plus facilement la paix entre l'évêque de cette ville, P., et Foulque Bérenger, commandeur du Temple, le frère Bertrand Silvestre consent à rendre les objets qu'il a fait saisir aux habitants d'Antibes.
(Actum Grasse, in podio beate Marie. Notaire: Guillaume de Sisteron (Sestaroni). — Archives des Bouches-du-Rhône H (OT) 110.

141. — 1288 (13 août)
Le chevalier Foulque Bérenger, précepteur des maisons du Temple de Nice-Grasse-Biot, approuve la donation « in solutum » d'une maison sise à Grasse, près de la Vieille Boucherie et tenue par Pierre Girard sous la directe de l'Ordre. Frère cité: Bertrand « Delamoleta »
(Actum Grasse, in domo milicie. Notaire: Ferrier de Clermont). — Arch. A.M., H. 1520.

142. — 1288 (13 août)
Pierre Girard, marchand boucher, approuve tout ce qui a été dit et fait au sujet de l'acte de donation de sa maison et, notamment, la confirmation de cet acte par le chevalier Foulque Bérenger, précepteur de la maison du Temple de Grasse. (Actum Grasse.
Notaire: Ferrier de Clermont). — Arch. A.M., H. 1520.

143. — 1288 (26 octobre)
Geoffroi de La Penne, de Villeneuve, donne à la maison du Temple, en reconnaissance des services qu'il en a reçus, la 40e partie du territoire de Clausonne. Frères cités: Guillaume Augier et Pierre Aynard.
(Actum Nicie, in domo milicie. Notaire: Raymond Valentin). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

144. — 1288 (28 octobre)
Foulque Bérenger, commandeur des maisons du Temple de Grasse, Biot et Nice, demande vainement au juge-mage de Provence, à Aix, de se prononcer sur l'appel interjeté par deux habitants de Biot contre une sentence de la Cour de Grasse.
(Actum Aquis. Notaire: Bertrand Augier). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) III.

145. — 1288 (23 novembre)
Le même commandeur demande aux officiers de Grasse de protéger la maison du Temple de Biot contre les exactions et les violences de la population d'Antibes.
([Actum Grasse]. Notaire: Guillaume de Sisteron (Sestaroni). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

146. — 1288-9 (23 janvier)
Bertrand de Roquevaire, juge-mage, confie à R. Ruffus (son prédécesseur) l'expédition de certaines affaires qui concernent l'Ordre du Temple et, notamment, le jugement d'un appel interjeté par des habitants de Biot en vue de faire annuler une sentence de la Cour de Grasse.
(Datum Aquis). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 28.

147. — 1291 (30 décembre)
Le frère Bertrand Silvestre, agissant au nom du précepteur de la maison du Temple de Grasse et Biot, Arnaud « de Fonte », fait appel d'une décision du viguier de Grasse qui l'oblige à payer 30 sous au service des galères.
(Actum Grasse. Notaire: Foulques Lambert). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

148. — 1292 (20 avril)
Le même frère capellanus de la maison de Grasse, demande à l'official de Grasse, au nom du précepteur Arnaud « de Fonte », d'exhiber les titres qu'il dit tenir de l'archevêque d'Embrun et sur lesquels il appuie certaines revendications contre le Temple. Il invoque les privilèges de cet Ordre et se déclare prêt à soumettre son différend avec l'official à l'examen de toute personne compétente, sauf à l'archevêque d'Embrun. Frère cité: Pons Aicard ?
(Actum... Grasse, in orto Sancti Augustini. Notaire: Ferrier de Clermont). — Arch. A.M., H. 1515.

149. — 1292 (18 décembre)
Pierre Geoffroi, commandeur des maisons du Temple de Nice et de Grasse, échange des biens avec Isnard de Flayosc. Il lui donne un « affar » de Sclapon et reçoit des terres sises à Nice « in campo longo »
(Actum Nicie. Notaire: Foulques Lambert). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 106.

150. — 1293 (15 juin)
Armande, épouse de G. Agrene, donne tous ses biens meubles et immeubles à la maison du Temple de Grasse. Cette donation est reçue par le frère Bertrand Silvestre.
(Actum Grasse. Notaire: Isnard Calvière, Calveria). — Arch. A.M., H. 1507.

151. — 1295-1301
Fragment de charte relative à une affaire litigieuse et où figure le nom de Pierre Ricau, précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot.
— Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 108.

152. — 1294-5 (12 mars)
Pierre Ricau, précepteur susdit, demande à l'official de Grasse de renoncer à faire arrêter un criminel qui s'est réfugié dans l'église du Temple. L'official réplique en substance qu'il ne croit pas que ce criminel (Hugues Talon, accusé d'avoir tué le notaire Jean Laugier) puisse être protégé par les privilèges de l'Ordre: il doit être arrêté pour répondre de son acte. Frère cité: Bertrand Silvestre.
(Actum Grasse. Notaire: Jean « de Chiriaco ») — Arch. A.M., H. 1508.

153. — 1294-5 (17 mars)
Le même somme l'official de Grasse de rendre à la maison du Temple de cette ville le criminel qu'il a fait enlever de force, par le bras séculier, de l'église Saint-Jacques. L'official répond évasivement. (Il avait demandé au bras séculier d'arrêter Hugues Talon parce que sa propre cour n'avait pas les moyens nécessaires pour opérer elle-même. Celui-ci avait commis son crime « pensato modo, in via puplica que est prope domum predicatorum », maison dans laquelle on l'avait banni. L'évêque était prêt, cependant à réparer les fautes qu'aurait pu commettre le bras séculier).
(Actum Grasse. Notaire: Olivier « Pallonus ») — Arch. A.M., H. 1508.

154. — 1295 (8 avril)
Le chevalier Guigues « Adçemar », précepteur des maisons du Temple de Provence, demande à l'évêque de Grasse, Lantelme, de rendre à l'église Saint-Jacques le criminel qu'il en a fait extraire par la violence. Il le requiert en outre de frapper d'excommunication et les coupables de cet acte et « tous ceux » qui étaient allés à Biot pour y commettre de multiples exactions. Frère cité: Bertrand Guillaume.
(Actum Grasse, in domo milicie. Notaire: Ferrier de Clermont). — Arch. A.M., H. 1508.

155. — 1295-6 (18 janvier)
Le frère Pons Ycard invite Béatrice, veuve de R. Clausonne, de Villeneuve, à se rendre à Biot où Pierre Ricau, précepteur des maisons du Temple de Grasse, Nice et Biot, lui remettra 60 livres de coronats en paiement d'un « affar » qu'elle a vendu à l'Ordre (le 1/5 de Clausonne)
(Actum in Castro de Villenove. Notaire: Véran Ferragut). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

156. — 1295-6 (2 février)
Le chevalier Pierre Ricau, précepteur susdit, présente lui-même à Béatrice de Clausonne, à Villeneuve, 4 sacs de toile contenant la somme qu'il lui doit... mais il l'avise qu'il lui donnerait volontiers cet argent s'il n'était obligé de lui interdire, « pro utilitate liberorum quondam mariti sui », de vendre ses biens autrement qu'aux enchères publiques.
(Actum in Castro Villenove. Notaire: Véran Ferragut). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

157. — 1297-8 (26 février)
Le même chevalier Ricau, agissant au nom de noble chevalier Guigues Adzémar, maître du Temple en Provence, demande à Jean de Mont-Royal (de Monte Regali), commandeur de la maison du Temple d'Avignon, et à Raibaud Clair, sacristain de Grasse, arbitres désignés pour trancher un différend qui l'oppose à l'évêque de cette ville, de faire citer les témoins qu'il produit pour la défense de ses droits à Clausonne et à Biot. Frère cité: P. Aicard.
(Actum Grasse. Notaire: Ferrier de Clermont). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

158. — 1297-8 (26 février)
Le commandeur Jean de Mont-Royal accepte de faire citer les témoins produits par Pierre Ricau. Raimond Clair déclare s'en tenir à ce qui a été ordonné à Aix par l'évêque de Gap, G., et par eux-mêmes. Frère cité: P. Aicard et Martin Girard, chapelain.
(Actum Grasse ante altare beate Marie Sancti Jacobi. Notaire: Ferrier de Clermont). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

159. — 1297-8 (17 mars)
A la demande du précepteur P. Ricau, le juge de Grasse, Jacques « de Vastalla », écrit à son collègue de Nice, Pierre Bérard, pour le prier de faire rendre à la maison du Temple de Biot une ânesse saisie dans les bois de cette localité par les habitants de Villeneuve. (Ceux-ci avaient enlevé 2 boeufs et l'ânesse. Invités à rendre ces bêtes, ils n'avaient restitué que les boeufs).
(Datum Grasse. Extrait du nº suivant). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

160. — 1297-8 (18 mars)
Le frère Bernard, du Temple, présente la lettre du 17 mars au juge de Nice. Celui-ci répond qu'il est prêt à écrire au baile de Villeneuve pour qu'il restitue l'ânesse au précepteur de la maison de Biot.
(Actum in capitulo Nicie. Notaire: P. « de Bergonia »). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

161. — 1298 (21 juin)
Le frère Pons Ycard demande à Paul Fabre, viguier de Nice, au nom du précepteur susdit, Pierre Ricau, de faire libérer un homme du Temple que les officiers de Villeneuve détiennent dans leur forteresse. (Les habitants de Villeneuve, qui avaient arrêté deux hommes sur le chemin royal de Biot en avaient relaxé un ; mais ils s'obstinaient à vouloir garder le second et ils venaient en outre, chaque jour, commettre quelques méfaits — multa alia mala — dans le domaine de la maison du Temple).
(Actum Nicie. Notaire: Guillaume « Pargaminerius »). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

162. — 1298 (4 septembre)
Le même frère, agissant toujours au nom du précepteur Ricau, fait appel d'une sentence du juge de Grasse l'obligeant à rendre les objets qu'il avait fait saisir à plusieurs habitants de Villeneuve.
(Actum... Grasse. Notaire: Olivier « Pallonus »). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

163. — 1298 (27 décembre)
Quatre frères du Temple (Arman « de Vaesco » ?, Hugues Laugier, Gilles « chambrier de Biot », et Bernard de « Albars »), réunis à Biot, approuvent l'arbitrage par Haudebert de Roquebrune, moine de Lérins, et Pons Aicard, membre de la milice, d'un conflit qui s'était élevé entre le commandeur des maisons de Nice-Grasse-Biot, Pierre Ricau, d'une part, et l'abbé de Lérins, de l'autre, au sujet du territoire de Clausonne.
(Actum apud Bizotum ante salam Templi; in porticu. Notaire: Guillaume Zauzatus). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 111.

164. — 1298 (28 décembre)
R. Salmoze, moine du monastère de Valbonne, se donne à la milice du Temple avec tous ses biens meubles et immeubles, ecclésiastiques ou autres (spedaliter totum jus et rationem quod et quam habet seu habere potest ... de dicto monasterio Vallis bone). Frère cité: Arman de Vajesco.
(Actum apud collam de Villabruco. Notaire: Guillaume Zauzatus). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 110.

165. — 1299 (6 septembre)
Sur appel du commandeur de la maison du Temple de Biot, le sénéchal demande au viguier et au juge de Grasse de rechercher si les habitants de Villeneuve ont le droit d'aller « lignerer » à Biot. Il leur ordonne de faire rendre à ces derniers, « sub recredentia, prestita satisdacione de solvendo hanno si per eventum apparuerit ipsos ad banum teneri », les objets qui auraient pu leur avoir été saisis par les frères de la milice.
(Datum Turbie). (Extrait du nº 174).

166. — 1299 (15 septembre)
Le frère du Temple Pons Ycard, délégué du chevalier Pierre Ricau, commandeur des maisons du Temple de Nice-Grasse-Biot, se présente à Grasse devant le sénéchal de Provence, Raynaud « de Lecto. » Il lui montre les différentes pièces de son procès contre Villeneuve et interjette appel d'une sentence rendue en cette cause par la Cour de Grasse. Le sénéchal reçoit cet appel.
([Actum] aput Grassam, in domo domini Gregorii de Placentia. Notaire: Thomas « de Francavilla »). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 111.

167. — 1299 (29 octobre)
Le frère Pons Ycard demande au lieutenant du juge de Nice, Guillaume de Biot, de faire transférer dans la viguerie de Grasse deux hommes qui, relevant de la juridiction du Temple parce qu'ils ont commis un larcin à Clausonne, sont retenus prisonniers dans la forteresse de Villeneuve.
(Actum Nicie. Notaire: Guillaume Convers). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 112.

168. — 1299 (6 novembre)
Le sénéchal Raynaud « de Lecto » charge Geoffroi de Forti, juriste, d'examiner l'appel interjeté par P. Ricau, précepteur de la maison de Biot, le 15 septembre 1299, à la suite d'une sentence rendue par le juge de Grasse en faveur de Villeneuve. Frère cité: Pons Ycard.
(Datum Aquis). Extrait du nº suivant). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 111.

169. — 1299-1300 (24 février)
Geoffroi de Forti, juge-délégué du sénéchal, casse la sentence rendue par la Cour de Grasse. Il ordonne toutefois au frère Pons Ycard, représentant du commandeur des maisons de Nice-Grasse-Biot, Pierre Ricau, de rendre les objets qui avaient été saisis par ordre de sa Cour aux habitants de Villeneuve.
(Actum Draguignani. Notaire: Pierre Bonet). — Archives des Bouches-du-Rhône, H(OT) 111 et H (OM) 793.

170. — 1300 (28 avril)
Jaucerand de La Penne, habitant de Villeneuve, abandonne à la maison du Temple de Biot, entre les mains du précepteur Pierre Ricau, un 40e du fief de Clausonne. Cette fraction de territoire avait été remise temporairement à l'Ordre pour une certaine somme d'argent. Frère cité: Pierre, écuyer du commandeur.
(Actum in Castro de Bizoto, in caméra domini comendatoris. Notaire: Véran Ferragut). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 111.

171. — 1300 (9 mai)
Jean Rodolphe, juge de Grasse, expose aux officiers de la Cour de Nice que plusieurs habitants de Villeneuve ont enlevé 23 juments et 8 poulains à la maison du Temple de Biot. Il les prie de renvoyer les coupables devant sa juridiction et de faire restituer le bétail saisi.
(Datum Grasse). (Extrait du nº suivant). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 111.

172. — 1300 (10 mai)
Les chevaliers Bertrand « de Regio », viguier, et Isnard « de Rosseto », juge de Nice, répondent à Jean Rodolphe qu'ils sont prêts à lui donner satisfaction. Toutefois, désirant entendre, au préalable, les explications des habitants de Villeneuve, ils invitent le frère du Temple Pons Ycard à vouloir bien se rendre en cette localité, le jeudi suivant, pour y recevoir une réponse définitive.
(Actum... Nicie. Notaire: Hugues Martin). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 111.

173. — 1300 (23 mai)
Lettre du sénéchal Raynaud « de Lecto » au viguier de Grasse, au juge de cette ville et au baile de Villeneuve. Ayant appris que le bétail du commandeur de Biot avait été razzié « congregata multitudine et cum armis », il ordonne aux habitants de Villeneuve de restituer ce bétail. Il charge par ailleurs le juge et le viguier de Grasse de rendre la justice non sans avoir fait remettre d'abord, aux gens de Villeneuve, les gages que la maison de Biot pourrait leur avoir pris.
(Datum Massilie). (Extrait du nº suivant). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 111.

174. — 1300 (26 mai)
Le frère Pons Ycard présente au juge et au viguier de Grasse (Jean Rodolphe et Michel « de Cocharello »), au nom du précepteur de la maison de Biot (Pierre Ricau) les lettres des 6 septembre 1299 et 23 mai 1300.
(Actum Grasse. Notaire: Pierre Colombier). — Archives des Bouches-du-Rhône, H(OT) 111.

175. — 1301 (23 avril)
Guillaume de Fraynet, habitant de Biot, se voue à la maison du Temple de ce lieu avec tous ses biens meubles et immeubles. Il retient cependant l'usufruit de ces biens et spécifie qu'il pourra léguer librement jusqu'à concurrence de 100 sous. Frères cités: Pons Séguin; Pons Ycard, chambrier; et Nicholaï, chapelain.
(Actum Grasse, in domo milicie. Notaire: Ferrier de Clermont). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OT) 111.

176. — 1306 (20 juin)
Le juge-mage, Jean Cabassol, ordonne aux officiers de la Cour de Grasse de rendre à la maison du Temple de cette ville un criminel (Petrus Manega, ou Manica) qu'ils y auraient enlevé en violation des privilèges de l'Ordre.
(Datum Aquis). (Extrait du nº suivant). — Arch. A.M., H. 1508.

172. — 1306 (25 juin)
Le frère du Temple Guillaume « de Monte Salvio » présente les lettres du 20 juin aux officiers de Grasse (Companus Ruffus, juge, et Michel « de Cocharello », viguier). Ceux-ci déclarent que le criminel n'a pas été arrêté dans le domaine soumis à la juridiction du Temple ; ils ordonnent quand même un complément d'enquête.
(Actum Grasse. Notaire: Jean de Cavaillon, de Marseille). — Arch. A.M., H. 1508.

173. — 1306 (5 juillet)
La Cour de Grasse fait procéder à une expertise de métrage sur les lieux même où ses hommes avaient opéré l'arrestation contestée (dans les environs de l'église Saint-Jacques). Il en ressort que le criminel avait bien été pris dans la zone couverte par les privilèges de cette église (« ipsum spacium esse infra passus non tantum triginta ymo eciam infra decem octo »). En conséquence le juge prescrit de rendre le criminel à la maison du Temple.
(Actum Grasse. Notaire: Boniface Audebert). — Arch. A.M., H. 1508.

174. — 1306 (19 novembre)
Le comte de Provence prescrit au viguier et au juge de Nice de faire indemniser les habitants de cette ville dont les possessions ont été ravagées par le bétail du Temple et des autres ordres religieux.
(Datum Massilie). — Bibliothèque Nationale N. acq. lat. 1583.

180. — s.d. (av. 1308)
Pierre Balbi, précepteur de la maison du Temple de Biot, restitue des objets qui avaient été saisis par les membres de cette maison à plusieurs habitants de Grasse. Frère cité: Jacques « Vaplonus »
(Extrait d'un acte du XIVe siècle: Archives de l'Hôpital). — Archives des Bouches-du-Rhône, H (OM) 793.

181. — 1307-8 (13 janvier)
Envoi par le comte de Provence au baile et au juge de Puget-Théniers d'un pli cacheté avec ordre formel de ne l'ouvrir que le 24 janvier, avant l'aube, et de se conformer alors, point par point, sans la moindre négligence, aux instructions qu'il contient. (Datum Massilie). Ce pli fut remis le 18 janvier à la Cour de Puget-Théniers.
(Extrait du nº CXCIX). — Archives des Bouches-du-Rhône, B. 154.

182. — 1307-8 (13 janvier)
Lettre tenue secrète jusqu'au 24 janvier et contenant l'ordre d'arrestation des Templiers, adressée par le comte de Provence au baile et au juge de Puget-Théniers.
(Datum Massilie). (Extr. du nº CXCIX). — Archives des Bouches-du-Rhône, B. 154.

183. — 1307-8 (13 janvier)
Lettres identiques aux précédentes et adressées à la cour de Villeneuve.
(Ment, dans le nº CLXXXVII). — Archives des Bouches-du-Rhône, B. 153.

184. — 1307-8 (24 janvier)
Procès-verbal d'arrestation des frères du Temple de la maison de Biot (Hugues Alberge et Jacques « Vilglonus »). Saisie et inventaire des biens de cette maison. Mise en gérance provisoire. Frère cité: Guillaume Fraynet, donateur. (Actum in domo Templariorum (de Bisoto).
— Notaire: Pierre Rebuffel). — Archives des Bouches-du-Rhône, B. 433.

185. — 1307-8 (24-27 janvier)
Procès-verbal d'arrestation des frères de la maison du Temple de Grasse en l'église Saint-Jacques (Guillaume Bérenger et Guillaume Guigonis). Inventaire des biens de cette maison. Déclarations des censitaires.
(Actum Grasse. Notaire: Michel Gauthier). — Archives des Bouches-du-Rhône, B. 433.

184. 1307-8 (24-27 janvier)
Publication, en langue provençale, des ordres de Charles II relatifs à la saisie des biens du Temple situés dans le bailliage de Villeneuve.
(Extrait du nº CLXXXVII). — Archives des Bouches-du-Rhône, B. 153.

187-193. — 1307-8 (24 janvier — 17 février)
Procès-verbal de saisie des biens du Temple dans le bailliage de Villeneuve: à Villeneuve, le 24 janvier (187) ; Saint-Paul-de-Vence, le 26 janvier (188) ; Venee, le 27 janvier (189) ; La Gaude, le 28 janvier (190) ; Le Broc, le 28 janvier (191) ; La Cainée, le 30 janvier (192) ; Tourette-du-Château, le 30 janvier (193) ; Toudon, le 30 janvier (194) ; Tourettes-sur-Loup, le 3 février (195) ; Bezaudun, le 3 février (196) ; et Coursegoules, le 3 février (197). Désignation de l'Administrateur de ces biens, le 14 février (198).
— Archives des Bouches-du-Rhône, B. 153.

199-228. — 1307-1308 (24 janvier — 26 février)
Procès-verbal de saisie des biens du Temple dans le bailliage de Puget-Théniers à:
Rigaud, les 24 et 25 janvier (194) ;
Touët-sur-Var, le 26 janvier: frère cité: Robert, donateur (200) ;
Tournefort, les 27 et 28 janvier (201) ;
Villars, le 28 janvier (202) ;
La Penne, le 28 janvier (203) ;
Ascros, le 28 janvier, frère cité: Robert, donateur (204) ;
Cuébris, le 31 janvier (205) ;
Les Mujouls, le 1er février (206) ;
Collongues, le 1er février (207) ;
La Rochette, le 1er février (208) ;
Puy-Figette (Saint-Pierre), le 3 février (209) ;
Villevieille, le 3 février (210) ;
La Cez (Glandèves), le 4 février (211) ;
Entrevaux, le 4 février (212) ;
Annot, le 5 février (213) ;
Méailles, le 5 février (214) ;
Saint-Benoît, le 6 février (215) ;
Braux, le 6 février (216) ;
Guillaumes, le 7 février (217) ;
Saint-Etienne, le 8 février (219) ;
Saint-Sauveur, le 8 février (220) ;
Puget-Théniers, le 8 février (221) ;
Saint-Dalmas-le-Selvage, le 26 février (222) ;
Montblanc, le 26 février (223).
— Archives des Bouches-du-Rhône, B. 154.

224. — Après 1308
Noms des frères du Temple des bailliages de Grasse, de Nice et de Villeneuve détenus à Mayrargues et à Pertuis.
— Archives des Bouches-du-Rhône, B. 151.
Sources: Joseph-Antoine Durbec — Les Templiers dans les Alpes-Maritimes — Notice Historique sur les Maisons et Possessions du Temple dans les diocèses de Antibes, Grasse, Nice, Vence et Glandeves — Extraits de la Revue Nice-Historique — 1938 — Imprimerie L'Eclaireur de Nice