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L'Ordre du Temple en Provence
Pendant le 1er siècle de l'existence de l'Ordre, la Provence avec la Catalogne et l'Aragon, demeurait sous l'autorité du « maître des maisons du Temple en Provence et ès parties d'Espagne. » La liste de ces dignitaires suit :
Hugues de Rigaud — 1128-1136.
(Rigaud, Alpes Maritimes, arr. Nice)
Catalogne, Mas Deu, Douzens, Uzès, Dauphiné. Très souvent ne porte pas de titre, ou alors on le nomme « confrère de la compagnie des chevaliers du Temple », « confrère et serviteur des chevaliers du Christ », « procureur de la chevalerie. »

Première mentions 1128, 28 novembre, Pierre Bernard et sa femme donnent à Dieu et à la chevalerie du Temple leurs propres personnes et tous leurs biens, dans les mains de Hugues de Rigaud et de Raymond Bernard (Cartulaire de Douzens).

Le Cartulaire C de Douzens (côte H Malte 2857) comprend onze documents; l'ensemble des actes est rédigé d'une seule main en minuscule de la seconde moitié du XIIème siècle ... Tous les actes se rapportent aux acquisitions réalisées de novembre 1129 à avril 1134 au plus tard, par frère Hugues (de) Rigaud; maître de la province de Provence et d'Espagne, presque uniquement à la suite de dons ... (vraisemblablement) la compilation a été faite à la demande de frère Hugues de Rigaud, qui avait reçu toutes les donations. (Cartulaires des Templiers de Douzens; publié par Pierre Gérard et Elisabeth Magnou, coll. des Docs. inédits, Paris, Bibl. Nat. 1965).

Arnaud de Bedoz 1136-1139
Catalogne, Mas Deu, Villedieu, Douzens, Richerenches, Roaix.
Le plus souvent ne porte pas de titre, parfois « chevalier de Dieu », (ou du Christ), « frère et ministre » (de la chevalerie), « maître de la chevalerie du Temple de Salomon », « frère et bailli des chevaliers de la milice du Temple », « serviteur et bailli et maître de la chevalerie du Temple »

(1135, 5 mars) Raymond-Arnaud de Bedoz fait donation au Temple de ses biens à Osomort, Vilatort, et Folgaroles (Espagne, près de Barcelone, partido judicial de Vich) en la main de son fils Arnaud, confrère de la chevalerie du Temple de Jérusalem. (Cartulaire d'Albon).

(N.d.l.t. d'après les statuts de l'Ordre, chaque Templier devait avoir un « compagnon de rang » (socius) pour qu'ils s'entraident selon le précepte de l'Evangile « vous irez deux par deux. ». . . Hugues de Rigaud agit le plus souvent seul; à partir de 1138 Arnaud de Bedoz a deux « socii », Hugues de Bessan (Hérault, arr. Béziers) et Raymond de Gaure (Aude, arr. Carcassonne). Ils sont ses conseillers et adjoints, très actifs à cette époque où les commanderies se fondent et les donations se multiplient.

Pierre de Rovère 1139-1158
(Ruvira, Espagne, à Santa Perpetua de Moguda, près de Barcelone, partido judicial de Sabadell)
Il parcourt tout le Midi de la France; on le trouve assez souvent à Barcelone: « Pierre, maître de Rovère » 1140. En général, il ne porte pas de titre, surtout dans les premières années; ou alors, on le nomme très vaguement:
« servant des serviteurs de Dieu », « servant de Dieu et des chevaliers du Temple » à Douzens,
« maître de la chevalerie du Temple »; « frère et ministre de la chevalerie »,
« maître des frères (ou de la chevalerie) »;
« maître d'une partie de la chevalerie du Temple »; « grand ministre. »

Ailleurs, son titre est nettement défini: « maître de Provence et de cette partie d'Espagne » 1143, Catalogne; « maître en ce pays de la chevalerie du Temple en Provence et Espagne » 1147, Catalogne; « maître de Provence et d'Espagne » 1153, Catalogne. Ou encore, son titre est restrictif — « maître à Monson » 1144, Catalogne — « Monson et Corbin » 1146, Gérone; « maître du Temple en Espagne » 1155, Lus; « maître en Provence » 1155, Ruou.

Pierre de Rovère a, au début, les mêmes « compagnons » (socii) que son devancier Arnaud de Bedoz; ensuite, son frère Bérenger devient son associé; en 1146, « Pierre et Bérenger de Rovère, frères, qui sont maîtres de la chevalerie du Temple en deçà-mer » (Perpignan). Après cette date, l'un ou l'autre s'appelle « maître » conjointement ou séparément.

Hugues de Barcelone 1159-1162 Catalogne, Mas Deu, Saint Gilles, Marseille;
« Procureur de cette maison ès parties d'Espagne et de Provence », « maître de la chevalerie », « maître ès parties d'Espagne. »

Hugues Geoffroi 1163-1166
De la famille des vicomtes de Marseille (Cf. A.J. Forey, « The Templars in the Corona of Aragon ») « Maître de toute l'Espagne et en Provence », « notre maître. » Commandeur de Mas Deu, 1158-1159.

Arnaud de Torroge 1167-1180
Noté partout dans les territoires de Provence et d'Espagne. Catalogne, Mas Deu, Douzens, Saint Gilles, Arles; porte souvent le titre de « maître », parfois « maître d'Espagne et de Provence », ou « maître sur la province espagnole » (Espalion).

Maître du Temple 1181-1184, ambassadeur de Baudoin IV avec le patriarche Héraclius et le maître de l'Hôpital, pour obtenir du secours pour le Royaume Latin; mort en cours de route, 1184.

Bérenger d'Avignon 1181-1183
Catalogne, Mas Deu, Saint Gilles. « Maître de Provence et de ces parties d'Espagne », « maître. »

Gigue de Selle « de Sellon » (Forey, op. cit.)
(Selonet, Alpes de Haute Provence, arr. Digne).
Serait-ce le même que le « maître » Guigue Lautard, ou Gigue de Selleu, « qui avait alors autorité sur les Templiers » ? (Lus la Croix Haute, 1173).
N.d.l.t. Cette identification semble très probable.

Raymond de Canet 1184-1186
(Aude, arr. Carcassonne)
En 1133 Bernard de Canet et sa famille donnent au Temple, en la main de Hugues de Rigaud, leur château de Douzens, et leur part dans cette ville, avec tout ce qui leur appartient dans la ville et le château — que les Templiers s'empressent de démolir pour bâtir un moulin. (Cartulaire d'Albon) Avant d'être maître en Provence, Raymond de Canet fut commandeur de Mas Deu, 1165-1168, 1172-1177, 1180-1184, et de Sainte Eulalie, 1181 (sic).

Catalogne, Mas Deu, Montsaunès, Douzens, Pézenas, Lunel, Arles. « Maître en Provence et ès parties d'Espagne », « procureur de la maison du Temple ès parties Provence et Espagne. »

Gilbert Erail 1186-1189 (octobre 1185 — août 1193, Forey op. cit.)
D'origine espagnole, commandeur du Royaume de Jérusalem 1184.
Maître du Temple 1194-1201 « Maître en Provence et en (plusieurs) parties d'Espagne. »

Pons de Rigaud 1189-1196, 1206 (février 1195, Forey op. cit.)
Catalogne, Mas Deu, Montsaunès, Saint Gilles. « Maître des maisons du Temple en Provence et ès parties Espagne », « commandeur des maisons du Temple ès parties Provence et Espagne », « maître de la chevalerie. » Il ne fut d'abord que « maître en Provence » 1184-1189; à partir de 1196 et jusqu'en 1202 et peut-être même de 1193 jusqu'en 1207 il était « maître en deçà-mer. » Ne fut-il pas maître en Provence et Espagne jusqu'en 1207 ?
A.J. Forey, The Templars in the Corona of Aragon (Oxford University Press 1973) continue la liste des « Maîtres en Provence et Espagne » comme suit :
Vu l'importance des manuscrits auxquels Mr Forey avait accès, ses conclusions doivent primer celles de Léonard.
Pons de Rigaud septembre 1193-février 1195
Gérard de Caercino février 1196
Arnaud de Claramunt avril-novembre 1196, et août 1199-avril 1200
Pons Marescalci décembre 1196-juin 1199
Raymond de Gure avril 1200-novembre 1201 — (Gurb, Barcelone, prt. juicial de Vich)
Pons de Rigaud avril 1202-juillet 1206
Selon A.J. Forey :
Arnaud de Claramunt était lieutenant du maître en Aragon et Catalogne en 1190 et 1201, et aussi commandeur de Monzon 1191-1194.
Pons Marescalci aurait été lieutenant du maître à de fréquentes intervalles entre 1202 et 1226, et commandeur de Monzon 1196, 1202-1210, 1218-1221, et aussi de Miravet et Ribera 1210-1211.

Pierre de Montaigu juillet 1207-1210 D'origine espagnole, Maître du Temple 1219-1229, élu pendant le siège de Damiette. « Maître en Provence et ès parties d'Espagne », « maître en Espagne. » Guillaume Catel (Cadell) octobre 1212-mai 1213, mars 1229-juin 1232
Commandeur de Monzon avril 1210-juin 1212 (Forey op. cit.) Commandeur de Saint Gilles 1201-1203 Maître en deçà-mer 1216
Catalogne, Pézenas, Montfrin, « maître en Provence et es parties Espagne. »

Guillaume de Montrond 1217
Saint Gilles, « maître du Temple en Provence et Espagne » janvier 1214-septembre 1218 (Forey)

Guillaume d'Alliac
(Alliat, Arriège, arr. Foix)
1222, Saint Maurice, « maître de la chevalerie du Temple ès parties Espagne et Provence. »
Février 1221-juillet 1223 (Forey) Commandeur du château de Barbara 1207-1208 et de Novillas, 1212-1218. (Forey, op. cit.)

Foulques de Montpezat 1224, 1228, 1234
Montsaunès, Brioude, Ruou. « Maître en Provence et Espagne »; « Ministre... en Provence et Espagne »; « maître en Provence » 1224-1227 (Forey).

Raymond Patot 1233
Catalogne, Mas Deu; « maître en Provence et ès parties Espagne » mai 1233-avril 1234 (Forey).

Hugues de Montlaur 1234
Saint Gilles, Arles; « Maître des maisons de la chevalerie du Temple en Provence et ès parties Espagne. »
« Maître en deçà-mer » 1235, Cf. la liste de ces dignitaires.
Les « maîtres en Provence et Espagne » déléguaient l'administration des commanderies de la France méridionale à des « maîtres en Provence » ou « de Provence », dont les noms suivent:

Hugues de Bessan (de Beciano)
(Bessan, Hérault, arr. Beziers. c. Agde)
On trouve le nom de ce bailli, sans titre, de 1134 à 1143, principalement dans les chartes se rapportant au Carcassonnais mais aussi à Mas Deu, Pézenas, et les commanderies provençales telles que Roaix.

(Le 10 mai 1134 Pons de Bessan et sa femme donnent au Temple deux champs près de Pézenas, en la main de Hugues de Bessan. Hugues fut « compagnon » (socius) d'Arnaud de Bedoz, puis de Pierre de Rovère; il agit le plus souvent en compagnie du maître, rarement seul, et rien n'indique qu'il fut jamais maître en Provence. Le 22 juin 1150, il est à Acre (Cart. d'Albon, DXCI).

Bego de Verrières (Bego de Veireriis) 1151, 1152, 1160, 1169
(Verreries-des-Moussans, Hérault, arr. Béziers)
Catalogne, Douzens, La Selve, Jalez, Saint Gilles; souvent sans titre, autrement « maître en Provence. »

Il approuve la donation de deux maisons sises à Cassagne (Aveyron, arr. Millau) faite par Ricardis, femme de Radulf Guillerm, dans un chapitre tenu à Arles (sic) en décembre 1142, en présence de Hugues de Bessan, Pierre d'Arcaz, Pons de Lusençon (Aveyron, arr. Millau) tous Templiers, et beaucoup d'autres.

Hugues de Barcelone 1155, 1163, 1165. . . 1171, 1173
« Maître », sous Pierre de Rovère, « maître du Temple en Espagne », 1155, Lus. Mais Hugues n'était peut-être que maître de certaines parties en Provence, soit les environs d'Orange et de Digne; en tout cas, il ne semble fréquenter que cette région, et plus spécialement Richerenches. Entre 1160 et 1162, il est « maître en Provence et Espagne », q.v.

Bérenger d'Avignon 1179
« Frère et maître en Provence » (En Provence et Espagne 1181-1183)

Pons de Rigaud 1184-1189
Saint Gilles, Arles, « Maître de la chevalerie du Temple en Provence. »

Arnaud de Toulouse 1190
Montsaunès, « maître des maisons du Temple en Provence. » (Arnaud de Toulouse, maître du Toulousain 1221-1224, Commandeur de Pézenas 1225).

Dieudonné de Brissac (Deodatus de Breisacho) 1195-1202
(Hérault, arr. Montpellier)
Montpellier, Saint Gilles, Lus, Marseille; « maître des maisons du Temple dans les provinces de Narbonne, Arles et autres », « maître en (ou de) Provence », « maître. » Commandeur de Richerenches 1205-1212, 1216 ?

Guillaume Catel 1205-1210
Saint Gilles, Jalez, Tarascon, Arles, Valence, Saint Maurice, Ruou, Nice. « Commandeur en Provence », « maître... ès parties de Provence. »

G. de Gralh 1207
Hyères, « maître en Provence. »

Bermund 1210
Nice, « Commandeur des maisons du Temple en Provence »
Commandeur de Richerenches 1200, Ruou 1203, 1211; Toulouse 1205-1206, Jalez 1206.

Jordan 1202
Arles, « maître des maisons de la chevalerie du Temple en Provence. »

Guillaume de Saignon (Guillelmus de Saignone) 1214
(Saignon, Vaucluse, arr. et can. d'Apt)
« Maître en Provence », Avignon.

Guillaume d'Alliat (de Alliaco) 1217-1218
(Alliât, Ariège, arr. Foix, can. Tarascon-sur-Ariège)
Pézenas, Saint Gilles, « maître du Temple en Provence », « maître ès parties de Provence. »

Hugues de Rochefort c. 1218-1219
(Cartulaire du Puy, ed. Chassaing)

Durand Frenaut c. 1218-1219
(Cartulaire du Puy, ed. Chassaing)

Archambaud de Sannis 1229
Saint Maurice, « maître en Provence. »
Archambaud de Sana, châtelain de Monson 1224-1227, lieutenant en Aragon et Catalogne 1226-1227 (Voir A.J. Forey, « The Templars in the Corona de Aragon »)

Raymond de Serta (de Serra) 1234
Arles, « Commandeur de Monson, lieutenant du maître en Provence et ès parties d'Espagne. » (Commandeur de Monson 1231-1234, Forey, op. cit.).

Guillaume Foulques 1234
La Clau, « lieutenant du grand maître de Provence et d'Espagne, videlicet Foulques de Montpezat. »

Giraud 1235
« Commandeur de la chevalerie du Temple en Provence. »

Après Hugues de Montlaur (1234) nous ne trouvons plus de « Maîtres en Provence et Espagne »; ceux qui suivent portent le titre de « Maître des maisons de la chevalerie du Temple en Provence. »

Etienne de Beaumont 1246
Pézenas, « maître en Provence. »

Roncelin de Fos 1248-1250
Maître en Angleterre 1252-1256; le roi Henri III avait provoqué la révolte des barons de Guyenne et de Gascogne, en nommant comme lieutenant son beau-frère Simon de Montfort le jeune, comte de Leicester sans doute sur les conseils de la reine Eléonore de Provence et des membres de sa famille qui l'avaient accompagnée en Angleterre, le roi fit appel à Roncelin de Fos pour servir de médiateur. Les accords furent signes au Temple de Paris sous la caution des Templiers. (Shirley, Letters ...of reign of Henry III)

Raimbaud de Caromb 1251-1253, 1263
(Vaucluse, arr. Carpentras)
La Villedieu, Carcassonne, Pézenas, Le Puy, Palluet, Saint Gilles, Avignon, Bras, Ruou.
« Maître (des maisons de la chevalerie du Temple) en Provence. »
Cf. Trudon des Ormes, « Liste des maisons et de quelques dignitaires du Temple en Syrie, en Chypre et en France d'après les pièces du Procès », p. 236

Roncelin de Fos 1260-1278
Le Port-Sainte-Marie, Marestaing, Laramet, La Villedieu, Martel, Carnac, La Capelle, Loupiac, Drulhe, La Selve, La Clau, *Sainte-Eulalie, Carcasses, *Montpellier, Jalez, *Le Puy, Saint Gilles, Arles, *Avignon, *Richerenches, Valence, *Lus, Gap.

Il est appelé le plus souvent « maître (des maisons de la chevalerie du Temple) en Provence », « maître de la chevalerie du Temple de Saint Gilles, Carnac et Martel »; « maître en Provence. » (Ménard, Finke, Michelet, Trudon des Ormes).
(T.d.l.t. (Une maison de Religieux et à plus forte raison, tout un Ordre, ne pouvait être supprimé à moins d'être prouvé « affreusement corrompu, et cela au-delà de mémoire d'homme. » Les Inquisiteurs cherchèrent donc à porter leurs accusations aussi loin que possible dans le passé, d'où la légende « qu'un certain maître Roncelin a corrompu le Temple. »)

Pons de Brouzet 1280-1292
(Gard, arr. Le Vigan, ou Gard, Brouzet-lès-Alès)
Le Port-Sainte-Marie, Puyfortéguille, Argenteins, Bordères, Golfech, *Toulouse, *La Capelle, La Selve, Sainte-Eulalie, Carcassonne, *Levrettes, *Pézenas, Montpellier, *Saint Gilles, Jalez, *Le Puy, Arles, *Richerenches, Valence, *Marseille, Aix, Ruou.

Appelé le plus souvent « maître » ou « commandeur », « des maisons de la chevalerie du Temple de Provence », « maître du Temple de Saint Gilles » 1292 Golfech; dans le Procès, « commandeur (ou maître) de la maison du Temple de Saint Gilles », « grand commandeur de (ou en) Provence »; « maître du Temple de Provence » (Ménard, Finke, Schottmuller).

Guigue Adémar 1293-1300
*Aiguetinte, *Toulouse, *Le Bastit, *La Capelle, *La Selve, *Espalion, *Montpellier, *Saint Gilles, *Montfrin, *Le Puy, Arles, Richerenches, Montélimar, *Marseille, Peirassou, Nice.
Appelé le plus souvent « maître des maisons de la chevalerie du Temple en Provence »,
« maître des maisons de Saint Gilles en Provence » (sic);
« commandeur de la maison de Saint Gilles, et grand-maître des frères du Temple en Provence » (sic).
Dans le Procès, « grand commandeur dans (ou en) Provence », « commandeur du bailliage. » (Michelet, Ménard, Schottmuller).

Les maisons marquées d'un astérisque (*) sont mentionnées dans les actes du Procès comme celles où le maître fit des réceptions de frères.

Bernard de La Roche c. 1300 jusqu'à la suppression de l'Ordre.
Probablement de la même famille que Amaury de La Roche, maître en France 1265-1271.
Fit des réceptions à *La Capelle, *Sainte Eulalie, *Jalez, *Roaix, *Ruou. « Commandeur de Provence », « grand commandeur en Provence », « maître en Provence. » (Michelet, Schottmuller, Finke)

Les Inquisiteurs n'ayant retenu aucun témoignage de sa part, nous pouvons penser qu'il est mort en captivité — on n'enregistrait que les aveux et non les dénégations. Selon les intentions de Clément V les Templiers qui n'avaient rien avoué devaient être relâchés, mais les Inquisiteurs les condamnèrent à la prison perpétuelle.

Les « parties d'Espagne » jusqu'alors jointes à la Provence sous l'autorité d'un seul maître (et entre les deux, le Roussillon avec la grande commanderie de Mas Deu) furent régies après 1239 par « le maître des maisons du Temple en Aragon et Catalogne. » (Voir A.J. Forey, The Templars in the Corona of Aragon, Oxford University Press 1973, qui remplace Miret y Sans.)

Nous pouvons maintenant définir le territoire des maîtres en Provence, en groupant par régions toutes les commanderies qui lui étaient subordonnées, comme suit :
1. Saint Gilles et les environs de Nîmes.

2. La Provence proprement dite, et le Comtat Venaissin.
Arles, Avignon, Tarascon, Roaix, Richerenches, Montélimar, Valence, Lus, Gap, Marseille, Bras, Ruou, Saint Maurice, Hyères, Peirassou, Grasse, Nice.

3. Jalez et Le Puy en Velay.

4. Les environs de Maugio et de Béziers.
Montpellier, Lunel, Pézenas.

5. Le Narbonnais et le Carcassonnais.
Peyrens, Levrettes, et les commanderies du bailliage de Carcassonne, Perieis, Les Bresines.
(Voir Répertoire 56 H, Grand Prieuré de Saint Gilles. Baratier et Villard — 1966).

6. Les environs de Rodez, d'Albi et de Cahors.
Sainte Eulalie, La Clau, Espalion, La Selve, Drulhe, Loupiac, La Capelle, Carnac, Martel, Vaour.

7. Toulouse et l'Aquitaine.
Toulouse, Laramet, Marestaing, La Villedieu, Montsaunès, Bordères.

8. Gascogne et l'Agenais.
Ayguetinte, Argenteins, Puyforteguille, Golfech, Le Port-Sainte Marie, Brulhe.

Cette liste est en somme, résumée dans le titre de Roncelin de Fos, maître « des maisons de la chevalerie du Temple en Provence, Toulouse, l'Agenais, le Cahors, l'Albigeois, le Rodez, et la sénéchaussée du Venaissin. »

Dans ce titre, le terme « Provence » embrasse Nîmes, Maugio et peut-être le Velay; il ne s'applique pas au comté de Provence, mais à la région soumise aux premiers « maîtres en Provence. » Il est certain que les derniers « maîtres en Provence » exerçaient une autorité beaucoup plus grande que les premiers, qui obéissaient aux « maîtres en Provence et Espagne. » Ceux-là s'occupaient surtout de la vallée du Rhône et de ses environs, tandis que les autres sont en évidence dans tout le Midi de la France. Ceci est dû, probablement à une réorganisation de la province. Aussi longtemps que le pouvoir suprême reposait entre les mains du maître en Provence et Espagne, l'autorité réelle se partageait, dans la France méridionale, entre le maître en Provence, qui commandait à tout le territoire, mais ne s'occupait effectivement que des commanderies de la région est, tandis que des maîtres qui lui étaient subordonnés régissaient des bailliages inférieurs dans le Narbonnais, le Carcassonnais, le Roussillon, le Razès, l'Albigeois, le Toulousain, l'Aquitaine et l'Agenais.

Vers le milieu du XIIIème siècle, on sépara les territoires du maître en Espagne de ceux du maître en Provence. Désormais, ces derniers la dirigèrent indépendamment et de leur pleine autorité. Ils visitèrent la plupart des commanderies, et la fonction intermédiaire des baillis, qui s'inséraient entre le maître et les commandeurs de maisons, fut supprimée ou fortement diminuée.

Chapitre premier Saint Gilles et la région de Nîmes Saint-Gilles (Gard, chef-lieu de canton de l'arr. de Nîmes.) C'est par cette Maison qu'il faut commencer la liste des commanderies du Temple établies en Provence. En effet, avec son port — où les Templiers en transit pour la Terre Sainte embarquent sur leurs propres nefs — elle est la maison-mère ou cheftaine de la région. Nous le savons par les titres de « Maître de la chevalerie du Temple de Saint Gilles » ou « des maisons de Saint Gilles » attribués à de nombreux maîtres en Provence. Sont ainsi désignés, même dans le cas de localités éloignées du Rhône, Roncelin de Fos, Pons de Brouzet et Gigue Adhémar. Plusieurs chapitres généraux furent tenus à la Maison cheftaine, et les Maîtres en Provence, qui visitent fréquemment Saint Gilles, choisissent assez souvent ses commandeurs comme lieutenants. C'est le cas de Raymond de Saint Just et de Ripert du Puy. Dans les documents latins, les commandeurs de Saint Gilles, à partir de 1170 environ, portent le titre de « Praeceptor », tandis que Bernard Catalan est appelé auparavant « Jussor », « Conservator », « Procurator » ou « Regens domus » de Saint Gilles. On trouve ensuite « Commandator », et plus rarement « Magister » (maître ou supérieur). (Comme nous aurons l'occasion de l'observer par la suite, ces termes ne sont que des variantes latines pour traduire le titre de « Commandeur. » En langue vulgaire, les Templiers disent « Maître » et « Commandeur » — en langue d'oc, « Commandador »). Les Templiers venant de l'est et du nord de la France, qui partent pour la Terre Sainte, ainsi que les pèlerins qui les accompagnent, se réunissent à Chalon-sur-Saône sous les ordres d'un « commandeur du passage. » Ils descendent la vallée du Rhône par bateau ou par route jusqu'à Saint Gilles, ce qui explique, en partie, la célébrité de cette Maison.
Sources : E-G. Léonard, Tableau des Maisons du Temple en Provence et de leurs commandeurs (1150-1317) - Traduit du latin par Marion Melville.

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