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Le territoire du Vieux de la montagne.
A l'est de la côte que nous venons de reconnaître, s'élèvent les monts des Nosaïris, vulgairement appelés monts des Ansariyés. Moins élevés que le Liban et plus fertiles, ils ont été l'habitat d'une population qui, de tout temps, a plus ou moins maintenu son autonomie. Ce particularisme, qui s'est affirmé de nos jours au point d'entraîner la constitution d'un État, celui des Alaouites ou « partisans d'Ali », apparaît dès que les géographes font mention de cette contrée, c'est-à-dire depuis Pline. Celui-ci place, en effet, à l'ouest de l'Oronte et en face d'Apamée, la tétrarchie des Nazerini, transcription très exacte de Nosaïri (1). Pline est bien renseigné sur la région, puisqu'il fournit le nom ancien des monts nosaïris : mons Bargylus (2). Au moyen âge, ce dernier se couvrit de nombreuses forteresses, dont plusieurs servirent de repaire au Vieux de la montagne et à ses partisans les Ismaéliens. Elles étaient fortes par leur position plus que par l'excellence de leur construction et, sauf Masyaf, qui n'est d'ailleurs pas de construction ismaéli, elles sont entièrement ruinées aujourd'hui.

C'est notamment el-Kahf (3) « avec une caverne, où se réfugia Rashid Ed-Din et où l'on prétend qu'il est inhumé. D'autres assurent qu'il s'y tient caché et qu'il en sortira un jour (4). » Ce nom de kahf, qui signifie « grotte, caverne » a dû être appliqué à cette forteresse à cause d'une disposition particulière donnée à l'entrée, qui la rendait inexpugnable et qui explique qu'elle fut la dernière à être prise par Beibars en 1273 (5). Dressée sur un piton qui tombe à pic de tous côtés, elle ne possède qu'un chemin d'accès qui mène à une porte creusée en tunnel dans le rocher : on a l'impression d'entrer dans une caverne. On cite un village de Bastaryoun dans le voisinage d'el-Kahf (6).

Khawabi (7), le Coïble des croisés, a étendu son nom au district environnant. Comme toutes les forteresses de ce groupe, elle a été reconstruite par Rashid Ed-Din Sinân (8). Entre Khawabi et Raphanée, il faut rechercher Ladjdjoun (9).

Qadmous (10), un peu plus au Nord, est la première place, avec el-Kahf, où s'installèrent les Ismaélis dans la montagne des Nosaïris. Cette forteresse fut acquise par eux en 1133-1134 d'Ibn 'Amroun qui possédait aussi el-Kahf et Abou Qobeis (11). Boémond II s'en empara (12) ; mais malgré ses vicissitudes, cette ville est restée jusqu'à nos jours le principal centre des Ismaélis. D'après Ibn Esh-Shihna, Qadmous aurait porté en grec le nom de Falatavan ou Falanavan (13). Ce renseignement n'est pas confirmé par ailleurs. Sous toutes réserves, on peut songer à Malavans cité plus haut (14), en supposant une erreur dans la première lettre de l'une des deux graphies. Les documents occidentaux transcrivent généralement Cademois (15).

'Olleiqa (16), dont les ruines sont peuplées d'Ismaélis, commande la vallée du Nahr Djobar, tandis que Maniqa (17) commande celle du Nahr Houreisoun. La prononciation actuelle Maniqa, que nous avons relevée, règle la controverse touchant la graphie de ce nom (18).

Bikisraïl, conquis en 1111 par Tancrède qui, de là, faisait des incursions sur le territoire de Sheizar (19), s'appelle aujourd'hui Beni-Yisraïl (20). De ce vocable Hartwig Derenbourg avait conclu à la présence en ce point d'une colonie juive. Il est certain qu'à l'arrivée de Pompée en Syrie, plusieurs dynastes locaux avaient embrassé le judaïsme, si même ils n'étaient pas juifs d'origine. Le fait qui s'est produit à Lysias et à Tripoli de Syrie, a pu se présenter aussi dans la montagne des Nosaïris. Si l'on admettait une émigration juive de Palestine vers les monts des Nosaïris, on aurait l'explication du vocable de Djebel el-Djalil, affecté à cette montagne par quelques géographes arabes (21) ; mais il n'y eut pas à proprement parler judaïsation ni christianisation de ces régions. Car nous voyons ces Galiléens réclamer contre l'évêque d'Apamée pour le maintien des idoles (22).

Après la prise de Djebelé (juillet 1188) par Saladin, les chefs de la montagne firent leur soumission au sultan et les musulmans en profitèrent pour établir la liaison entre Djebelé et Hama par Bikisraïl. A la vérité, le chemin n'était pas des plus aisés (23). Quant aux deux forteresses de Qaher et de Rosafa (24), nous les avons repérées dans l'ouest de Masyaf.

Il reste à retrouver el-Qolei'a, la Colée des documents occidentaux, car Van Berchem (25) a justement écarté l'identification proposée par Rey (26). A notre passage dans la région de Masyaf, on nous a signalé que cette forteresse se trouvait entre Masyaf et Loqbé, l'ancien castellum de Lacoba, cédé aux Hospitaliers en 1168 par Boémoud III, prince d'Antioche (27). Cette position s'accorde avec l'indication d'el-'Omari qu'el-Qolei'a était le plus septentrional des châteaux-forts Ismaéliens. Après avoir cité les forteresses des environs de Sahyoun et Balatonous en dernier lieu, el-'Omari cite el-Qolei'a comme le premier des châteaux-forts ismaéliens de la région de Tripoli (28), car, à l'époque des sultans mamlouks, ce territoire dépendait de Tripoli (29).

Le nom de Masyaf offre des variantes curieuses : on prononce souvent Masyad, mais on écrit Masyaf, tout particulièrement dans les documents administratifs (30) et dans l'inscription arabe de la porte sud de la ville relatant, en 1249 J.-C., la construction du mur d'enceinte de cette bourgade (31). A côté de ces deux prononciations qui se maintiennent encore et qui sont irréductibles l'une à l'autre, il faut citer la grapbie très fréquente chez les historiens arabes des croisades : Masyath, aussi Masyat. Masyath est tenu pour la forme originale par de Slane dans son édition du tome III, des Historiens orientaux des croisades et par Hartwig Derenbourg (32). Van Berchem remarque que Masyat et Masyaf dérivent l'une et l'autre de Masyath par un procédé fréquent en arabe (33). Les auteurs médiévaux écrivent généralement Messiat. Quant à Masyab, que donne seul Yaqout (34), c'est évidemment une erreur purement graphique, comme en enregistre d'ailleurs trop souvent le célèbre auteur du Mo'djam.

La forteresse de Masyaf, encore en bon état de conservation, mériterait une étude architecturale approfondie. Elle a joué un rôle important sous les Ismaéliens qui s'en emparèrent en 1140-1141 (35).

On ne connaît Qamough que par une prophétie attribuée à Rashid Ed-Din Sinan, le fameux grand-maître des Assassins : « Telle forteresse sera prise ; mais Maniqa, Kahf et Qadmous resteront entre vos mains. Quant à Qamough, elle vous sera enlevée (36). » Le nombre des forteresses aux mains des Assassins, ce qu'on appelait les Qila' ed-da'wa, les châteaux de la secte, a varié suivant les temps et les auteurs. Guillaume de Tyr en compte dix, avec une population de 60.000 habitants.

Aucune forteresse, soit chez les Ismaëlis, soit chez les Musulmans, ne pouvait entrer en comparaison avec Qal'at el-Hosn et Marqab ; aussi les Hospitaliers, qui occupaient ces places, tenaient-ils le pays dans leur dépendance. Le sultan Beibars, seul, put les contraindre à renoncer à la contribution que leur payait la principauté de Hama, s'élevant à quatre mille pièces d'or, au tribut du canton d'Abou Qobeis, montant à huit cents pièces d'or, aussi à celui prélevé sur le pays des Ismaéliens, à savoir douze cents pièces d'or et cent boisseaux de froment et d'orge (37).

Les contreforts des monts Nosaïris, vers la vallée de l'Oronte, étaient occupés tantôt par les Ismaéliens, tantôt par les Musulmans ou même par les Francs. Cette région paraît répondre au Loukhouti des textes assyriens, vocable qu'on retrouve sous la forme Lou'oush dans une inscription araméenne ancienne (38).

Il faut vraisemblablement rechercher dans cette région le casal de Pailes (39), bien que dépendant de Margat, également Logis (40). Il y a des présomptions pour placer dans la même contrée Totomota (41) et Homedinum (42).

Le site d'Abou Qobeis, le Bokebeis des croisades, est bien déterminé (43) ; mais il n'en est pas de même du Hisn el-Khariba sur lequel Ousama Ibn Mounqidh nous a conservé de curieux détails (44).
Ousama nous dit que ce château-fort servait aux Francs pour épier de loin la garnison arabe de Sheizar sur l'Oronte, lorsque celle-ci tentait un raid dans la direction d'Apamée (45).

Ce véritable observatoire se trouvait donc sur un des contreforts orientaux des monts Nosairiyé, avec vue sur les routes qui sortaient de Sheizar dans la direction d'Apamée. Ousama qui a vu le fortin le décrit ainsi : « La forteresse était inaccessible, juchée sur un rocher élevé de tous les côtés. On n'y montait que par une échelle en bois, qui était enlevée après qu'elle avait servi, aucun chemin ne restant pour y parvenir (46). » Ce nid d'aigle dut changer souvent de main. Ousama raconte comment un certain Ibn al-Mardji, qui venait de temps en temps à la forteresse pour affaires, s'aboucha avec les Ismaéliens pour la leur livrer contre de l'argent et un fief. Ayant été admis, il « monta, commença par le portier qu'il tua, continua par l'écuyer venu à sa rencontre qu'il tua, revint vers le fils du gouverneur qu'il tua, et remit la citadelle aux Ismaéliens qui tinrent envers lui leurs engagements (47). » Ce fortin était bien connu des Francs puisque, au dire d'Ousama, ils l'occupèrent, et nous le retrouverons, en effet, dans les textes occidentaux, si nous remarquons qu'il portait encore un autre nom. M. Martin Hartmann a publié une courte notice d'où il résulte que Hisn el-Khariba, qui fut livré en 1105 aux Francs pour 2000 dinars, des chevaux et des vêtements, se trouvait dans le Djebel Bahra (48), qui s'étend au nord de Raphanée. Nous apprenons en même temps que ce fortin était encore connu sous le nom de Hisn esh-Sherqi (la forteresse orientale) (49). Il ne nous paraît pas douteux qu'il faut y reconnaître Eixserc ou Esserk des documents occidentaux, ou sans l'article Sarc (50), forteresse que Guillaume de Maraclée cède à l'Hôpital en 1163. Le site est signalé dès 1138, quand Mou'in Ed-Din Anar cède à l'atabek Zengi son apanage de Homs contre les villes de Barin, el-Lakma et Hisn esh-Sherqi (51). Enfin, il suffirait, pour retrouver notre Khariba, d'ajouter un point diacritique à la première lettre du vocable enregistré par le Merasid (52), d'après el-Bekri qui en fait un lieu de Syrie. Ce site puraît noté dans la carte de l'Etat-Major 1920, dans le voisinage immédiat d'Abou Qobeis, sous la forme Kharayb, vocalisation arbitraire d'une graphie Kharîb pour Khariba.

Dans la même région doit être cherchée une autre forteresse du nom de Hadid. Van Berchem a publié un extrait du Tashrif (Vie de Qelaoun), qui nous apprend qu'en 1118, les Francs de Banyas reçurent Marqab d'Ibn Mouhriz, à condition que sa famille pût continuer à y résider. « Quelques jours après, ils l'en chassèrent et lui remirent en échange le château d'el-Maniqa ; puis ils garnirent Marqab de Francs et d'Arméniens. Après cela, ils prirent les châteaux d'el-Qolei'a et de Hadid dans le Djebel Bahra ; le premier leur fut livré et ils s'emparèrent du second parce qu'il avait été abandonné par ses habitants (53). »

El-Qolei'a n'est autre que la Colée, dont on a discuté ci-dessus (54). Quant à la forteresse Hadid, il faut probablement l'identifier avec le site noté Hadadi, sur la carte de l'Etat-Major 1920, un peu au nord et à mi-chemin de la route de Qadmous à Masyaf.

La position du bourg d'el-Lakma que nous avons cité plus haut n'est pas déterminée. D'après Yaqout, c'est une forteresse dans la région maritime, non loin d' 'Arqa (55). S'appuyant sur ce témoignage, Hartwig Derenbourg cherchait el-Lakma dans les environs de Tripoli (56). Toutefois, le groupement avec Barin et Hisn esh-Sherqi (Khariba) que nous offre le texte de Kemal Ed-Din, permet de conjecturer soit que les trois sites sont assez voisins, soit qu'ils jalonnent une même route. Cette seconde hypothèse peut s'appuyer sur un épisode de la première croisade. Togtaqin, l'atabek de Damas, voulant inquiéter les Francs occupés au siège de Tripoli, mit garnison dans plusieurs citadelles de la région, vraisemblablement pour couper les relations de l'armée franque avec la Syrie du nord. Parmi ces places Ibn El-Athir cite el-Akama (57) qu'Hartwig Derenbourg corrige en el-Alma (58) ; et qu'il retrouve dans un bourg de la montagne à l'est de Tripoli. Cette situation, en dehors de toute route vers l'Est, ne convient pas puisque Togtaqin, à l'approche d'un détachement franc, s'enfuit vers Emèse. Il vaut mieux corriger le texte d'Ibn El-Athir en el-Lakma (59), ou celui de Kemal Ed-Din en el-Akama (60).
Sources : René Dussaud, Topographie Historique de la Syrie antique et médiévale. Librairie Orientaliste Paul Geuthner. Paris 1927
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Le territoire du Vieux de la montagne — Notes
1. Pline, H. N., tome V, 81 : Coele habel Apameam Marsya amne divisam a Nazerinorum tetrarchia ; cf. René Dussaud, Histoire et religion des Nosairis, pages 14 et 17.

2. Pline, tome V, 78.
3. Yaqout, tome I, V, page 229 (Le Strange, page 468) écrit el-Kâf ; Dimashqi, page 208; Ibn Batouta, tome I, page 166 : el-Kahf; Van Berchem, Epigr., pages 39-46 ; M. Hartmann, ZDPV, XIV, page 190 : el-Kâff ; René Dussaud, Revue archéologique, 1897, tome I, page 343 et suivantes, a entendu el-Kaft ; Gaudefroy-Demombynes, La Syrie, page 115.

4. Dimashqi, Traduction Mehren, page 284.
5. Quatremère, Histoire des sultans mamlouks, tome I, 2, pages 80 et 112. Elle appartenait aux Ismaélis depuis 1134 ; cf. Stan. Guyard, Un grand maître, page 71.

6. Stan. Guyard, op. cit., pages 32 et 71. La carte d'Etat-Major 1920 l'inscrit sous Bosteriam et le place au N.-E. de Kahf.

7. Quatremère, Sultans mamlouks, tome I, 2, pages 79-80, page 151 ; Le Strange, pages 36, 39, 81, 352 et 485 ; Rey, colonies franques, page 365 ; René Dussaud, Revue archéol, 1897, tome I, page 343 où la position est fixée pour la première fois ; R. Hartmann, ZDMG, 1906, page 36 ; Massé, éditions d'Ibn Muyassar, page 68 ; cf. G. Wiet, Journal asiatique, 1921, tome II, page 111 : Gaudefroy-Demombynes, La Syrie, page 115.

8. Stan. Guyard, op. cit., page 112.
9. Moqaddasi, pages 54 et 154.
10. Le Strange, pages 352 et 507 ; Benjamin de Tudèle, éditions Asher, page 59 ; Rey, colonies franques, page 334 ; Van Berchem, Epigr. des Assassins, page 46; M. Hartmann, ZDPV, XIV, page 189 et 241; René Dussaud, Revue Archéologique 1897, tome I, page 344; R. Hartmann, ZDMG, 1906, page 36.

11. Historiens Orientaux des Croisades tome I, page 21 et 406.
12. Rôhricht, Kôn. Jerus., page 187, n. 5.
13. Ibn Esh-Shihna, page 265 et suivantes.
14. Ci-dessus, page 130 ; à moins qu'il n'y ait conlusion avec Balatonos.
15. Cartulaire des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem tome I, pages 491-496. Dans cet acte de cession aux Hospitaliers, daté de 1186, il est fait mention de Brahym (pour Ibrahim, position inconnue signalée plus haut ; cf. Rôhricht, Reg., add., n° 568), de Cademois (Qadmous), Laicas ('Olleiqa), Malaicas (Maniqa) et « quod habere debeo in Bokebeis » (Abou Qobeis).

16. Le Strange, pages 352 et 507 ; Maqrizi, dans Quatremère, Histoire des sultans mamlouks, tome I, 2, page 80 (cité avec el-Kahf, Khawabi, Maniqa, Qadmous et Rosafa), page 87 et 100 ; Ritter, Erdkunde, XVII, page 917; Rey, colonies franques, page 345; René Dussaud, Revue archéologique, 1897, tome I, page 341.

17. Defrémery, Journal asiatique, 1848, tome I, page 488 et suivantes, 493; 1855, tome I, page 32; Quatremère, Histoire sultans mamlouks, tome I, 2, page 112, n. 134 (Nowairi) ; Rey, colonies franques, page 345 et suivantes. ; Clermont-Ganneau, Recueil d'archives orientales, tome I, page 170 n. 1. La position a été fixée dans Revue archéologique, 1897, tome I, page 341 et suivantes. ; voir aussi notre Histoire et Religion des Nosaïris, page 23 et 27 ; Massé, éditions Ibn Muyassar, page 68; Wiet, Journal asiatique, 1921, tome I, page 111. La vallée séparant Maniqa d' 'Olleiqa portait le nom de Khasa ; cf. St. Guyard, Un grand maître des Assassins, page 30. Comme Rey l'a vu c'est le Malaicas des documents occidentaux.

18. Contrairement aux conjectures de Mehren dans sa traduction de Dimashqi, Cosm., page 284, n. 3 et de St. Guyard, op. cit., page 68, n. 2, et à la prononciation donnée par Ibn Batouta qu'adoptait Defrémery Journal asiatique, 1855, tome I, page 32; cf. Revue archéologique, 1897, tome I, page 341; Van Berchem, Journal asiatique, 1902, tome I, page 442 et suivante. ; R. Hartmann, Zdaig, 1906, page 36 ; Gaudefroy-Demombynes, La Syrie, page 116.

19. Kemal Ed-Din, Historiens Orientaux des Croisades tome III, page 599; Defrémery, Mémoires d'Histoire orientales, tome I, page 61 ; Hartwig Derenbourg, Vie d'Ousama, page 91.

20. Le Strange, page 422 ; Rey, colonies franques, page 342 ; Martin Hartmann, ZDPV, XIV, page 183 ; Hartwig Derenbourg, Vie d'Ousama, page 91.

21. Le Strange, pages 77, 390 et 452.
22. Sozomène, VII, 15 (éditions Migne). Il n'est peut-être pas besoin de supposer, comme nous l'avons suggéré, Histoire et Religion des Nosaïris, page 17, que Sozomène a remplacé Nazarenôn par Galilaiôn ; mais c'est tout comme, et il est surprenant que le P. Lammens, Les Nosaïris furent-ils chrétiens, dans Revue de l'Orient chrétien, 1901, et Les Nosaïris dans le Liban, ibid., 1902, page 452, ait vu des chrétiens dans ces adorateurs des idoles.

23. Ibn El-Athir, Historiens Orientaux des Croisades tome I, page 719; Abou Shama, ibid., tome IV, page 358.

24. Voir Revue archéologique, 1897, tome I, page 349; Lammens, Musée Belge, tome IV, page 287. Aboulféda, page 271, signale qu'er-Rosafa des Ismaéliens est près de Masyaf. Gaudefroy-Demombynes, La Syrie, page 115. La carte de l'Etat-Major. 1920 situe bien Rosafa sous la forme Rissafï, mais ignore Qaher.

25. Van Berchem, Journal asiatique, 1902, tome I, page 443. Toutefois, il n'y a pas lieu de s'arrêter à l'opinion du savant arabisant, présentée d'ailleurs comme simple hypothèse, d'après laquelle el-Qolei'a dériverait d'el-'Olleiqa par simple erreur de copiste.

26. Rey, colonies franques, page 365 ; Defrémery, Journal asiatique, 1855, tome V, page 48.

27. Cartulaire général des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, tome I, page 267. Rôhricht, ZDPV, X, page 263 propose el-Qubbe, au sud du Theouprosopon, pour Lacoba, ce qui est en dehors de la région des autres donations.
28. R. Hartmann, ZDMG, 1916, page 499.
29. Dimashqi, Traduction Mehren, page 286 et CIA, IIe partie, Syrie, première section (Sobernheim), Tripoli, page 66 : inscription de 1442 J.-C. ; page 69 : inscription de 1447 citant Qadmous, Kahf, Maniqa, 'Olleiqa et Khawabi ; page 80 : inscription de 1485, abolissant la taxe sur les métiers de soie et les boucheries à Kahf et à Qadmous, d'autres taxes à Qadmous et à Khawabi. Qalqashandi, dans Gaudefroy-Demombynes, La Syrie, page 77 et 115 signale que, seule, Masyaf avait été rattachée à Damas.

30. Noté par Burckhardt, Travels in the Syria (1822), page 150 et suivantes. C'est la graphie d'Aboulféda et celle d'el-'Omari ; cf. R. Hartmann, ZDMG, 1906, page 36.

31. Van Berchem, Epigraphie des Assassins de Syrie (ext. de Journal asiatique, 1897, I), page 7 et suivantes.

32. Hartwig Derenbourg, Vie d'Ousama, page 43.
33. Van Berchem, Epigraphie des Assassins, page 9, note 2. Comparer la transcription φépeπ que Nicetas, Histoire gr., tome I, page 217 et suivantes, donne d'Athareb.

34. Yaqout, tome IV, page 556.
35. Ibn El-Athir, Historiens Orientaux des Croisades tome I, page 626 ; Kemal Ed-Din, Traduction Blochet, ROL, tome I,V, page 145 ; Le Strange, Palestine, pages 352 et 507 ; Rey, Archives des missions scient, et litt., 2e série, tome III, page 344 ; St. Guyard, Un grand maître des assassins, page 71 ; Hartwig Derenbourg, Ousama, page 43 ; Van Berchem, Epigraphie des assassins de Syrie (extr. du Journal asiatique, mai-juin 1897), pages 5-39 avec un résumé de l'histoire des Assassins ; René Dussaud, Revue archéologique, 1897, tome I, page 349.

36. St. Guyard, op. cit., page 128. On n'ose penser à Kamouh de la carte d'Etat-Major 1920, sur la côte, un peu au nord de Banyas.

37. Maqrizi, dans Quatremère, Histoire des sultans mamlouks, tome I, 2, page 32 ; cf. ibid., pages 40 et 42.

38. Identification proposée par nous dans Revue archéologique, 1908, tome II, page 222 et suivantes. ; voir ci-après, chapitre III, paragraphe 5. Maspero, Rec. de travaux, X, page 209, plaçait, dans les monts Nosaïris, l'Alasia des tablettes d'el-Amarna par confusion avec aïrsa (cf. Gauthier, Dict. géogr., page 39) ; il n'est pas douteux qu'Alasia désigne Chypre.

39. Rôhricht, ZDPV, X, page 263. Ou dans la région d'Apamée ; l'acte de donation de janvier 1167 le cite entre Farmith — où nous proposerons de reconnaître Kafar-Mit — et Lacoba, c'est-à-dire Loqbé.

40. Rey, colonies franques, page 345 ; Rôhricht, ZDPV, X, page 263 et Reg., add., n° 428 où on identifie avec el-Laudjiyé près Séleucie ; mais est-ce bien dans cette région qu'il faut chercher le site ? L'acte (Cartulaire général des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, tome I, page 267) suit l'ordre géographique et Logis est cité entre Femie (Apamée) et Bochabes (Abou Qobeis). Le vocable arabe el-'Audje conviendrait ; peut-être est-ce la localité mentionnée par Hartmann, ZDPV, XXIII, 30, que nous ne savons où placer.

41. Rey, colonies franques, page 354 ; Rôhricht, ZDPV, X, page 263. Nous proposons de l'identifier avec Tamat (relevé par Burckhardt et inscrit sur la carte de Kiepert) au S.-E. de Djisr esh-Shoghr, sur la route d'el-Bara.

42. Rey, colonies franques, page 342 ne l'identifie pas ; mais Rôhricht, ZDPV, X, page 265, n. 14, y verrait Qal'at el-Moudiq, sur la côte. C'est peu vraisemblable ; le nom arabe sous-jacent est probablement un diminutif.

43. Le Strange, Palestine, page 352 ; Ritter, Erdkunde, XVII, page 953 ; Rey, colonies franques, page 333 ; Rôhricht, ZDPV, X, page 261 et 263 ; Hartwig Derenbourg, Autobiographie d'Ousama, pages 115-116 et Vie d'Ousama, pages 17, 156, 375 ; Rôhricht, Kôn. Jer., page 215 et suivantes. ; carte de l'Etat-Major 1920 : Ebou Kabisse.

44. Nous relevons deux fois la mention de Hisn el-Khariba dans le texte arabe d'Ousama. D'abord éditions Hartwig Derenbourg, page 58, puis ibidem, page 36, tome, i, 6, où le manuscrit porte sans points diacritiques, ce qui paraît être un lapsus calami d'Ousama — si le manuscrit est de sa main. Entraîné par la vocalisation Khariba, il aurait noté Kharîba. Il ne faut donc pas lire Khoraiba, comme le propose Hartwig Derenbourg, Vie d'Ousama, page 130 (la note 3 de cette page n'est pas claire). Les passages correspondants de la traduction se trouvent, pages 79 et 48. Quant au village cité page 60, 1. 19 du texte arabe et page 81 de la traduction, il n'a rien de commun avec notre fortin puisqu'il se place en Palestine.

45. Ousama, Autobiographie, Traduction Hartwig Derenbourg, page 48.
46. Ibidem, page 79.
47. Ibidem.
48. Ce nom de Djebel Bahra doit avoir été donné à cette région par la tribu arabe Bahra. Nous savons (Ya'Qoubi, éditions De Goeje, page 324) que cette tribu s'établit avec celle de Tanoukh dans la région de Homs, er-Restan et Hama jusqu'à Ma'arat en-No'man. Quand Saladin, au cours de son expédition de 1188, se fut emparé de la région de Safitha, les chefs du Djebel Bahra vinrent lui rendre hommage ; cf. Historiens Orientaux des Croisades tome IV, page 353. H. Lammens, Mél. Faculté Orient., tome I, page 272, pense que l'établissement de cette tribu arabe en Syrie est antérieure à l'Islam. Il leur fait occuper le Bargylus, ce qui n'est pas tout à fait exact, le Djebel Bahra ne paraissant en être que la partie orientale.

49. M. Hartmann, ZDPV, XXIII, page 123.
50. Rey, colonies franques, page 371 ; Rôhricht, ZDPV, X, page 225 et 260.
51. Hartwig Derenbourg, Vie d'Ousama, page 171 ; Kemal Ed-Din, Historiens Orientaux des Croisades tome III, page 678 et suivantes.

52. Merasid, I, page 295.
53. Van Berchem, Voyage, 319-320.
54. Ci-dessus, page 142.
55. Yaqout, Mo'djam, tome IV, page 365.
56. Hartwig Derenbourg, Vie d'Ousama, page 171.
57. Ibn El-Athir, Historiens Orientaux des Croisades tome I, pages 270 et 779-780.
58. Hartwig Derenbourg, op. cil., page 76, n. 3.
59. Cela paraît avoir été plus tard l'opinion de Hartwig Derenbourg, op. cit., page 171 n. 5.
60. Ibn Muyassar, éditions Massé, page 68, porte el-Akama. Voir plus haut, page 95.

Sources : René Dussaud, Topographie Historique de la Syrie antique et médiévale. Librairie Orientaliste Paul Geuthner. Paris 1927

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