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Les châteaux des Croisés et des Ordres Militaires

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Château fortin de Sarc
Nous n'avons que très peu de renseignement sur ce fortin, seul ce texte de Paul Deschamps, nous le fait connaître.

Certains fortins n'avaient pour les garder que quelques hommes. Aussi, pour que la petite garnison fût à l'abri d'une surprise, la porte était-elle à plu sieurs mètres au-dessus du sol.

Un texte arabe le dit d'ailleurs à propos du petit château du Sarc situé non loin de la puissante forteresse musulmane de Sheizar sur l'Oronte. Ousama nous apprend que les Francs avaient occupé cette position pour épier la garnison de Sheizar au cas où celle-ci voudrait tenter une incursion sur la grande ville chrétienne de Fémie (Apamée) : « Le fort était inaccessible, juché sur un rocher élevé de tous côtés, on n'y montait que par une échelle de bois qui était enlevée après qu'elle avait servi, aucun chemin ne restant pour y parvenir  »
1. Ousama, Autobiographie, traduction H. Derenbourg, pages 48 et 79, et Revue de l'Orient latin, tome II (1894), pages 376 et 407. - Cf. R. Dussaud, Topographie historique de la Syrie 1927, pages 145-147.
Sources : Paul Deschamps. Les entrées des châteaux des Croisées en Syrie et leurs défenses. In: Syria. Tome 13 fascicule 4, 1932. pages 369-387. Sources Numérique : Persée
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Lors d'un combat entre les Francs et la garnison musulmane de Schaizar


Château de Schaizar
Sources : Johan Peter van der Wielen

Schihâb ad-Dîn se tenait à l'écart du champ de bataille. Et pourtant une flèche lancée de la forteresse l'atteignit et le frappa sur le côté de l'os du poignet, sans pénétrer plus avant que l'épaisseur d'un grain d'orge. Son aide de camp vint me dire de sa part : « Reste à ton poste, afin de rallier les troupes dispersées dans le pays, car j'ai été blessé, et je crois sentir ma blessure jusque dans mon cœur. Je m'en retourne ; veille sur nos hommes. »

Il partit. Je ramenai les hommes, je fis halte devant le château fort de Khouraiba. Les Francs y avaient placé une sentinelle pour nous épier de loin, lorsque nous projetterions une incursion vers Apamée.

J'arrivai au déclin du jour à Schaizar. Schihâb ad-Dîn était dans la maison de mon père. Il avait voulu dénouer les bandages de sa blessure et la soigner. Mon oncle l'en empêcha et lui dit : « Par Allâh, tu ne dégageras pas ta blessure ailleurs que dans ta résidence. » - Il répondit : « Je suis dans la maison de mon père. » C'était mon père (qu'Allah l'ait en pitié !) qu'il désignait ainsi. Mon oncle reprit : « Lorsque tu seras parvenu chez toi et que ta blessure sera guérie, la maison de ton père sera à ta disposition. » Schihâb ad-Dîn se dirigea vers l'ouest et se rendit à Hamâ. Il s'y arrêta le lendemain et le surlendemain. Puis sa main noircit, il perdit connaissance et mourut. Ainsi s'accomplit sa destinée.
Sources : Revue de l'Orient Latin, tome II, page 376. Paris 1894
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Autre combat entre les Francs et la garnison musulmane de Schaizar
Il arriva un épisode semblable dans la forteresse d'Al-Kharba, qui appartenait à Salâh ad-Dîn Mohammad, fils d'Ayyoûb, Al-Yâguîsiyânî. Elle avait pour gouverneur (wâlî) le chambellan (hâdjib) Isa.

La forteresse était inaccessible, juchée sur un rocher élevé de tous les côtés. On n'y montait que par une échelle en bois, qui était enlevée après qu'elle avait servi, aucun chemin ne restant pour y parvenir. Il n'y avait dans la forteresse, outre le gouverneur, que son fils, son écuyer et le portier. Celui-ci avait un camarade nommé Ibn Al-Mardjî, qui venait le voir de temps en temps pour certaines affaires. Celui-ci s'aboucha avec les Ismaéliens et fit avec eux un pacte lui assurant de l'argent et un fief, à condition qu'il leur livrerait la forteresse d'Al-Kharba. Puis il vint, demanda à être admis, monta, commença par le portier qu'il tua, continua par l'écuyer venu à sa rencontre qu'il tua, entra chez le gouverneur qu'il tua, revint vers le fils du gouverneur qu'il tua, et remit la citadelle aux Ismaéliens qui tinrent envers lui leurs engagements. Les hommes, lorsqu'ils prennent une résolution, l'exécutent.

C'est à quoi il faut rapporter la rivalité qui existe entre eux pour faire prévaloir leurs idées et leurs ambitions. Mon père (qu'Allâh l'ait en pitié !) me disait : « Dans toutes les espèces, il y a entre ce qui est bon et ce qui est mauvais la même proportion de valeur qu'entre un bon cheval qui vaut cent dînârs et cinq mauvais chevaux qui valent cent dînârs a eux cinq. Il en est de même pour les chameaux, pour les vêtements de tout genre, mais non pour les fils d'Adam. Car cent hommes mauvais ne peuvent être mesurés avec un seul homme de bien. » Et il avait raison (qu'Allâh l'ait en pitié !).
Sources : Revue de l'Orient Latin, tome II, page 407. Paris 1894

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